22.05.2012

22 arbres

Je me fais plaisir aujourd'hui avec 22 arbres Cool ou plus modestement une première série de onze.

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Groot-Bijgaarden: la photographe s'est amusée à jouer avec de l'eau Rigolant

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et les canards aussi étaient à la fête!

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le tronc moussu d'un pommier, pour ceux qui ont perdu le nord...

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beaux arbres et beaux rhododendrons devant le donjon du château
(cette phrase ressemble à un virelangue Langue tirée)

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fin avril: les bourgeons étaient magnifiques!

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beaux arbres à l'entrée du château de Laeken (huit heures du soir)

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la foule était dense pour la visite nocturne des serres royales

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devant le château de Laeken, encore de beaux arbres et les ombres du soir

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faudra que j'y retourne pour noter le nom de ce magnifique spécimen Clin d'œil

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le 29 avril, le soleil s'est couché à 21.01 h., heure à laquelle j'ai encore voulu prendre cette photo de cerisier à fleurs, pour sa beauté blanche... j'aime beaucoup les fleurs blanches Sourire

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et voici la dernière, prise au parc des Trois Fontaines (Vilvoorde) le matin...
après quoi la photographe folle (au sens biblique) n'a plus rien pu photographier faute de piles.
Et pourtant, il y en a, de beaux arbres, dans ce parc!

Merci aux amis qui m'ont fait découvrir ces merveilles bruxelloises Bisou

21.05.2012

R comme rhubarbe

Du pain à la rhubarbe, vous n'en trouverez pas beaucoup de recettes sur le net. Et si vous en trouvez, il s'agira en fait de "cake à la rhubarbe".

Mais il en faut plus que ça pour me décourager (1)

J'ai donc pris 500 grammes de farine neuf céréales (2) et au lieu d'y ajouter les habituels 270 ml d'eau, j'y ai mis trois quarts de litre de ma purée de rhubarbe (voir à la lettre D du 5 de ce mois http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/05/05/d-comme...) et bien sûr une mesurette de levure. J'y ai aussi ajouté 200 grammes de poudre d'amandes, pour "anoblir" le produit fini Clin d'œil

Ensuite, hop! c'est la machine à pain qui travaille... mal, d'ailleurs, je crois que j'aurais dû y mettre d'abord la purée de rhubarbe et après seulement la farine, parce qu'en fin de pétrissage il restait une couche de farine dans le fond de la cuve. J'ai dû salir quelques ustensiles pour touiller le tout et remettre en marche quelques minutes.

- Pourquoi trois quarts de litre de purée de rhubarbe? me direz-vous.
- Et bien, vous répondrai-je, tout simplement parce que c'était la quantité qui me restait. Et vu que l'art culinaire est une science plutôt exacte, j'ai eu beaucoup de chance: ces proportions ont donné un résultat valable.

Voici la chose prête à lever:

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Ceux qui trouveraient la couleur peu ragoûtante devraient utiliser de la farine blanche Cool

Ensuite je l'ai mis au four pour trois quarts d'heure et je n'ai pas attendu qu'il soit froid pour en manger - j'étais d'ailleurs tellement pressée d'y goûter que je ne lui ai pas laissé le temps de bien lever, voyez les heures affichées sur les photos - d'où ce résultat-ci:

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- Et au goût, me direz-vous, ça ressemblait à quoi?
- Voilà une question difficile. Je suis persuadée que si je l'avais fait goûter "à l'aveugle", personne n'aurait deviné la présence de ces trois quarts de litre de purée de rhubarbe.

En résumé: ça tenait effectivement plus du cake que du pain, sauf que c'était peu sucré, légèrement acidulé et d'une texture assez compacte.

- Et si tu devais le refaire?
- Si je le refaisais, j'essaierais des variantes. J'y ajouterais probablement des noix ou des pignons de pin... Et surtout: je laisserais à la pâte le temps de se reposer et de lever!

 ***

(1) je crois que c'est exactement ce péché d'orgueil dont je souffre et que les anciens Grecs désignaient par le mot hubris (ὕϐρις) Langue tirée

(2) je n'ai que ça, j'aime le pain foncé avec plein de petites graines dedans, ce qui faisait dire à l'homme-de-ma-vie que je me nourrissais de "vogelzaad" (du grain qu'on donne aux oiseaux en cage)

20.05.2012

Le bilan du 20

"Dis Adrienne, il me semble que tu parles souvent de choses que tu n'aimes pas manger (ou boire)", écrivait Anémone dans un commentaire vendredi dernier.

Incontinent, qui fut bien étonné ?
Ce fut Marot, plus que s'il eût tonné.

Enfin, dans ce cas-ci, l'étonnée s'appelait Adrienne Clin d'œil

Voici donc, en guise de bilan du 20, tout ce que j'aime manger (ou boire):

1.tous les légumes frais ... mais un peu moins le chou rouge, il est vrai (1)

2.tous les légumes secs... même le pois chiche que j'ai appris à manger grâce à mes amis nord-africains

3.tous les fruits frais... donc pas tellement sous leur forme déshydratée, comme les raisins secs

4.tous les fruits à coque (noix, amandes...)... surtout en pâtisserie

5.tous les poissons... mais pas trop secs-salés-fumés, comme le hareng saur (2)

6.tous les crustacés... miam le homard, le crabe, les crevettes grises (bof les roses)

7.tous les produits laitiers... même si mon médecin trouve qu'il vaut mieux ne pas manger trop de fromage

8.toutes les céréales... mais pas vraiment dans leur version sucrée

9.le riz et les pommes de terre sous toutes les formes et de toutes les couleurs: ce n'est pas moi qui ferai du Montignac ou d'autres genres de régimes sans glucides!

10.toutes les sortes de pain... du moment qu'il a du goût (3)

11.toutes les sortes de pâtes... quasiment à toutes les sauces, de la plus blanche à la plus noire, ou même sans, juste arrosées d'une bonne huile d'olives... hmmm...

12.la viande... mais ni le cheval, ni les exotiques (genre crocodile) par principe (4)

13.le gibier... hélas, en contradiction complète avec mon dégoût des chasseurs

14.la volaille... mais je préfère être sûre que les conditions d'élevage et d'abattage ont été "correctes"

15.les herbes... ah! les bonnes herbes, l'estragon, le cerfeuil, le persil plat, la ciboulette, le basilic...

16.les épices... pour certaines avec modération parce qu'elles me font pleurer Clin d'œil

17.les desserts, surtout s'ils sont aux fruits, aux amandes ou au chocolat

18.pas de friandises ni de gâteaux secs (j'ai été élevée sans bonbons et je m'en passe facilement) mais du chocolat et des pralines... ahlala!

19.à l'âge de cinq ans, j'ai déclaré la guerre à la soupe, mais j'ai rendu les armes

20.enfin, pour les boissons, je vous accorderai que je suis plus difficile: je ne bois jamais de bière, jamais de cocktails, jamais d'alcool fort, jamais d'apéritifs, jamais de boissons sucrées ni gazeuzes. Les bulles, je les aime dans le champagne. Ma boisson préférée, c'est l'eau plate mais avec le repas j'apprécie un verre de vin. J'aime le thé et il y a des amis qui me font du si bon café que chez eux j'en prends même deux Bisou

***

(1) dans mon billet sur le chou rouge, je m'étais un peu laissé aller, il est vrai Langue tirée

(2) ni de ceux qu'on ne pourrait plus pêcher (pour des raisons écologiques) ou de ceux qui viennent du continent africain et n'ont pas "les mains propres" si je puis dire, en parlant de poissons

(3) petite parenthèse pour reparler de mon père qui, à la clinique, trouvait que la pire chose était le pain,  avec son "goût de carton-pâte"

(4) mais pas le foie de veau parce qu'il me rappelle la souffrance de ma grand-mère Adrienne, qu'on forçait à en manger sous prétexte qu'elle était anémique



06:00 Écrit par Adrienne dans 20 bilans | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liste, 20, père |  Facebook |

19.05.2012

Question existentielle: fille ou garçon?

Fille ou garçon?

Si c'est un garçon, je le garde. Si c'est une fille, je ne la garde pas.

Non, il ne s'agit pas ici du sort réservé à de nombreux foetus chinois, indiens ou autres... mais voilà ce que je me disais en découvrant les bébés chats de mama Moussa.

Comme habituellement la jeune femelle chasse la plus âgée, je ne voudrais pas que ce sort cruel incombe à cette pauvre mama Moussa dans ses vieux jours: où irait-elle, à l'âge qu'elle a? Douze ou treize ans, ça me semble assez vénérable pour avoir le droit de finir ses jours tranquille, dorlotée par son fiston Pipo avec qui elle ne diffère que d'un an.

Il fut un temps où j'étais experte dans la détection, dès la naissance, de ces deux minuscules têtes d'épingle à peine visibles mais qui faisaient toute la différence car elles permettaient de déclarer quel chaton était un futur matou.

Or cette fois-ci, j'ai tourné et retourné les deux petites bêtes plus de dix fois sur le ventre pour observer la chose... pas de petites têtes d'épingle à voir.

Qu'allais-je en faire, si c'étaient deux filles?

D'abord les débaptiser Langue tirée

Les mener chez le vétérinaire pour les euthanasier? En théorie, ça peut marcher, mais en pratique, c'est infiniment plus difficile, surtout que je me promène avec eux dans mes poches et qu'ils commencent à bien me connaître

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là Zeta&Jones n'ont que quatre jours et entrent à deux dans la même poche Cool

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ici Zeta est âgée de 20 jours et il leur faut chacun une poche 

Bon, voilà, vous avez compris, je pense Clin d'œil

Solution numéro deux: les garder quand même? Ce n'est pas vraiment une option, voir plus haut le problème de territorialité chez les femelles.

Solution numéro trois: les proposer à l'adoption? Oui, mais à qui?

Et puis hier, en mettant leurs photos sur fb (of all places!), j'ai eu dans la minute un tas de "j'aime" et de réactions délirantes.

- Ils sont à adopter, ai-je alors écrit.

Et j'ai déjà deux anciennes élèves qui sont candidates à l'adoption...

Mais bon, affaire à suivre: je ne serai tranquille que quand la chose sera faite.

18.05.2012

P comme...

Une nuit, saisie d'une petite faim, j'ai grignoté un morceau de chambre.

La saveur en était doucereuse et vaguement épicée. La cannelle dominait nettement, me sembla-t-il. Mais il devait y avoir aussi de la cardamone et de l'anis étoilé.

Bien sûr, j'aurais aimé gardé la maison intacte aussi longtemps que possible. Mais que voulez-vous... c'était si tentant!

Et puis, ça se verrait à peine.

Ainsi me consolai-je, toute fière de n'avoir pas touché au toit ni aux fenêtres, pourtant bien plus tentants que les murs de la chambre!

Le toit était fait de petites plaques de chocolat et les fenêtres en sucre filé.

***

P comme... peperkoekenhuisje

Langue tirée

j'en ai trouvé une ici qui a l'air délicieuse:
http://www.dominiquecordel.com/l-astuce-du-chef/

17.05.2012

O comme oreille

Quand mon voisin veut bavarder tranquillement au téléphone, loin des oreilles indiscrètes de sa petite famille, il vient le faire dehors.

Ce qu'il oublie, c'est qu'à vingt ou trente mètres de là, il y a moi, dans le silence de mon jardin, en train de gratter la terre.
Ce qu'il oublie aussi, c'est la tendance que tout le monde a de parler à son interlocuteur comme s'il était dur d'oreille. Lui en tout cas n'échappe pas à cette règle.

N'est-ce pas un étrange paradoxe qu'on puisse à la fois faire la sourde oreille et que cependant rien de ce qui est dit ne tombe dans l'oreille d'un sourd? Ou d'une sourde, plutôt, dans le cas présent.

Alors je ne sais jamais si je dois me manifester - tousser bien fort? converser avec mes chats? faire cliqueter quelques outils? pousser la chansonnette? - ou au contraire rester accroupie sur mes mauvaises herbes pour ne pas le mettre mal à l'aise en lui faisant comprendre qu'il est sur écoute...

Mais qu'il dorme sur ses deux oreilles: je sais fermer les miennes Langue tirée

06:00 Écrit par Adrienne dans O | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jardin, telephone, voisins |  Facebook |

16.05.2012

N comme "no message today"

... ou pour les francophiles: "Nul message aujourd'hui"

parce qu'avant-hier (lundi soir) j'ai eu l'examen d'italien

et hier (mardi soir) l'examen d'espagnol.

Alors vous comprenez, je suis un peu vidée et complètement itagnolisée.

Heureusement, le mal n'est pas contagieux.

A demain pour un billet qui sera intitulé O comme oreille Cool

15.05.2012

M comme monologue

Un ami est juge en correctionnelle. Jamais il ne nous raconte d'anecdotes de prétoire ni ne nous abreuve de ses connaissances juridiques.

Un ami est fou de moto et sillonne la planète sur son deux-roues. Jamais il ne nous impose ses histoires de voyages ni ne discourt sur la meilleure façon d'entretenir la mécanique.

Un ami a un bureau d'assurances et d'investissements. Pensez-vous qu'il m'entretienne des cours de la bourse ou me raconte ses visites chez ses clients?

Mais l'autre jour autour de la table il y avait parmi nous un vrai pro. Dans deux domaines.

D'abord, il est bricoleur: il nous a entretenus pendant plus d'une demi-heure sur l'acquisition et l'utilité de sa nouvelle machine à raboter, expliquant longuement comment tenir les planches et quelles courbes parfaites il pouvait obtenir.

Ensuite, il lui arrive de préparer le repas. Sa spécialité, c'est le riz: il lui a fallu une autre demi-heure pour nous exposer l'art de bien cuire le riz (en général) et le riz au lait (en particulier).

Cependant personne, autour de la table, ne pourra mettre à profit ses conseils d'expert car il a conclu en nous disant:

- Evidemment, l'essentiel dans cette recette, c'est d'avoir du bon lait. Et ça ne se trouve pas dans le commerce.

Lui, par contre, a sélectionné une fermière qui a sélectionné ses vaches et qui lui sélectionne son lait pour la bonne cuisson du riz.

- C'est du lait, nous dit-il d'un air docte et l'index levé, qui fait 60 % de matière grasse!

***

Il faut, dit Jules Renard, pour soutenir une conversation en société, savoir une foule de choses inutiles.

Alors pour ceux qui voudraient à leur tour faire un exposé sur le lait, voir ici: http://www.fao.org/docrep/T4280F/T4280F04.htm, histoire d'être correctement documenté Innocent

14.05.2012

L comme lettre

Ferney, le 27 mars 1762

Vous me demanderez peut-être, mes divins anges, pourquoi je m'intéresse si fort à ce Calas, qu'on a roué ; c'est que je suis homme, c'est que je vois tous les étrangers indignés, c'est que vos officiers suisses protestants disent qu'ils ne combattront pas de grand cœur pour une nation qui fait rouer leurs frères sans aucune preuve.

Je me suis trompé sur le nombre des juges, dans ma lettre à Monsieur de la Marche. Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent. S'il avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous. À quoi tient donc la vie des hommes ? À quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi parce qu'il ne s'est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille ! On l'aura accusé d'avoir pendu son propre fils, tandis que ses quatre autres enfants crient qu'il était le meilleur des pères ! Le témoignage de la conscience de cet infortuné ne prévaut-il pas sur l'illusion de huit juges, animés par une confrérie de pénitents blancs, qui a soulevé les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la roue qu'il était innocent ; il pardonnait à ses juges ; il pleurait son fils auquel on prétendait qu'il avait donné la mort. Un dominicain, qui l'assistait d'office sur l'échafaud, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement qu'il est mort. Il ne m'appartient pas de condamner le Parlement de Toulouse ; mais enfin il n'y a eu aucun témoin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu'à des juges prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient pénitents blancs ; ils peuvent s'être trompés. N'est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins représenter les motifs de l'arrêt ? Cette seule démarche consolerait tous les protestants de l'Europe et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? Ne pourriez-vous pas engager Monsieur le comte de Choiseul à s'informer de cette horrible aventure qui déshonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu'il soit innocent ? Il y a certainement, d'un côté ou d'un autre, un fanatisme horrible ; et il est utile d'approfondir la vérité.

Mille tendres respects à mes anges.

Lettre de Voltaire au comte et à la comtesse d'Argental

13.05.2012

K comme keyword activity

Une fonctionnalité me permet de voir par quels mots de recherche on arrive sur mon blog.

C'est fascinant Surpris

Première constatation, les gens semblent surtout être en quête de photos.
Ce qui veut donc dire qu'on pille allègrement.
Parfois des blogueurs mentionnent que leurs photos ne sont pas libres de droit: aucune photo ne l'est, en fait, mais je me demande qui ça retient.

Ainsi, ceux qui cherchent des photos d'orties, de chat roux, de Bruxelles ou de Venise arrivent chez moi. Pareil pour la ouate thermogène, El Desdichado, Ostende ou Louvain. Jusque-là, rien que de très normal, on trouve effectivement ces choses sur mon blog. Le dernier best-seller (si j'ose dire) étant le sonnet en X de Mallarmé. Mais au top trois de la recherche de photo il y a sans conteste le calendario romano (avec ses prêtres sexy), les fresques de Ghirlandaio (chapelle Tornabuoni) et les gondoles de Venise (de préférence sous un pont).

La deuxième catégorie (j'aime classer les choses, en tout cas sur mon blog, si pas sur mon bureau Langue tirée) est formée par les écoliers et étudiants apparemment en quête de résumés, d'analyses de texte et autres incipits. Arrivent ainsi chez moi des gens à la recherche d'une "analyse du temps chez Orlanda de Jacqueline Harpman" ou du "résumé du poème de Verlaine L'ombre des arbres". Quelques fois je me suis demandé si ceux qui cherchaient une "rédaction souvenir d'enfance" avaient trouvé parmi mes souvenirs celui qu'il leur fallait...
C'est bien pour ça que je ne parle quasiment jamais ici des textes que je lis en classe ni des devoirs que je donne, j'aurais bien trop peur qu'un de mes élèves trouve mon blog Embarrassé

Et puis... et puis il y a tout le reste.

Les touristes qui cherchent des chocolatiers à Jette, la maison natale de Raphaël à Urbino, les heures de visite du château de Laken...

Ceux qui s'inquiètent pour la famille: qui est le père de Joachim Du Bellay? comment s'appelle la cousine de Mozart? ("avec qui il sentent très bien", ajoute-t-on)

Les apprentis bricoleurs, qui veulent "retirer des taches blanches sur les tuiles romaines" (moi je leur ai retiré quatre fautes d'orthographe et de grammaire), "piéger une porte de garage contre le vol" (trois pièges orthographiques dans leur question) ou "des trucs en fer forgé".

Ceux qui cherchent la potion magique pour faire pousser la pelouse ("pourquoi ma pelouse ne pousse pas bien?") ou les cheveux ("recettes de grand-mère pour faire pousser les cheveux")

Les herboristes en herbe, à la recherche de photos d'égopode, d'aspérule, de rhodo (ah mon yakushimanum doit fleurir déjà sur mille autres blogs!), de graines de muguet et d'une "herbe sauvage sans feuille et sans racine qui naît au coeur des plantes".

Les clients de toutes sortes, qui veulent les toilettes de Kennedy (ne me demandez pas comment ça arrive chez moi!), un bureau rangé (LOL), du pastador côte d'or, des filles nues, une femme de ménage qui débarrasse la table (LOL bis), des "spots pour une terrasse extérieure" (!), des "trains hollandais" ou un "passe-temps lucratif"!

Je passerai pudiquement sur le chapitre de la nudité, je vous dirai simplement que quelqu'un cherchait une "Adrienne à poil" et que les voies googliennes l'ont dirigé sur mon manteau en poil de chameau.

Bref, je crains fort d'en avoir déçu plus d'un, celui de l'"Adrienne à poil" comme celui de "la nunuche qui a froid" ou du "proverbe du nez qui chatouille".

Mais si vous, chers lecteurs, avez moitié ri en lisant tout ceci que moi en l'écrivant, je serai une blogueuse comblée Sourire

Ceci étant dit, bonne fête à toutes les mamans de Belgique... et aux autres, d'où qu'elles soient!

12.05.2012

J comme jolis, jolies...

Jolis, les deux montages avec des gloriosa (Groot-Bijgaarden)

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Jolies, ces fleurettes blanches inconnues (Groot-Bijgaarden)

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Joli, cet arrangement printanier et parfumé en rose et blanc (Groot-Bijgaarden)

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jolis dans leur pleine floraison et leur doux cadre vert, ces arums (Laeken)

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jolis, les boutons de la glycine et le bleu du soir qui tombe (Laeken)

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joli aussi le bleu de Parme de l'hortensia (Laeken)

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jolie, la blancheur en profusion des azalées parfumées (Laeken)

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et joli, le rose si délicat du pelargonium First Love (Laeken)

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Merci aux amis qui m'ont offert cette beauté

11.05.2012

I comme inspiration chez Lali (5)

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Il lui avait dit:
- Tu gardes le vélo et tu m’attends là! Je reviens tout de suite.
Et il s’était engouffré dans le bâtiment.

Elle ne savait pas au juste ce que c’était que ce rendez-vous “très très important”, mais ce qu’elle savait, c’est que deux heures étaient passées depuis et qu’elle commençait à avoir drôlement froid.

Elle s’était faite belle, pourtant, avec ses collants noirs et sa minirobe de laine blanche, mais elle aurait mieux fait de prendre sa grosse doudoune…
Enfin, heureusement qu’il lui avait laissé le journal. OK, c’étaient les pages sportives, mais quand on n’a vraiment rien à faire, c’est mieux ça que rien du tout, n’est-ce pas?
Et puis, de cette façon, elle n’était pas obligée de voir les rares passants qui la dévisageaient.

- Un quart d’heure, se dit-elle. Je lui laisse encore un quart d’heure et je rentre chez moi.
Avec son précieux vélo!

tableau de Marina Zhgivalyova pris chez Lali dans sa rubrique "En vos mots" n°239.
http://lali.toutsimplement.be/index.php?s=en+vos+mots+239
 

10.05.2012

H comme histoire à dormir debout

Appelée à coboïndre devant le tribunal, la victime s'était vulturnée avec le plus grand soin. Fulpageant ses chaussures neuves, elle se leva à l'appel de son nom, toute bétourdie.

- Est-il vrai, lui demanda le juge de son air le plus paterne, que l'accusé vous obligeait à vous fornidre?

La pauvre petite voulut commencer sa triste histoire mais elle se mit à mouligner si fort que trois ou quatre bras se tendirent pour lui offrir un mouchoir.

Sur le banc de la presse, les crivanosses noircissaient leur papier, épuisant les synonymes dépréciatifs pour ce gnomide, cette gavalouse, qui avait sali la mignonne. Le colbasson à vie, voilà tout ce qu'il méritait.

***

ces irrésistibles petits mots appartiennent à Léon-Paul Fargue
http://books.google.fr/books?id=Fvzkwu6FTV0C&pg=PA201...

06:00 Écrit par Adrienne dans H | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élucubrations, jeu |  Facebook |

09.05.2012

G comme grimper aux rideaux

- Un mot de travers, me dit-elle, et le voilà qui grimpe aux rideaux.

Voilà. Vous en savez autant que moi. V*** a un mari qui grimpe aux rideaux.

Le mien heureusement ne l'a jamais fait. Enfin, heureusement, je ne sais pas: il m'aurait bien fait rire s'il avait voulu escalader les rideaux. Surtout qu'avec son mètre nonante (je ne traduis pas, d'accord?) il touchait le plafond sans effort. Et puis les rideaux sont d'une étoffe si légère que s'il avait voulu y grimper, il les aurait déchirés. Ou arrachés de leurs rails.

Mais V*** a donc un mari qui grimpe aux rideaux.

***

- Celui-là, me dit ma mère en désignant un homme assis deux tables plus loin dans ce petit restaurant italien, celui-là il a un verre dans le nez!
- Ah bon! dis-je en me retournant légèrement pour voir de mes propres yeux ce phénomène.

Mais j'ai été déçue. Son nez avait l'air tout à fait normal.

***

Ça me rappelle le jour où mon père a utilisé devant moi pour la première fois une expression qu'il affectionnait. Ma mère trouvait qu'il rentrait un peu tard, ce soir-là, alors il lui dit:

- Qu'est-ce que tu veux, j'ai rencontré André Machin et il m'a tenu la jambe pendant plus d'une demi-heure!

Alors moi j'imaginais André Machin, un gros monsieur à moustache, se plier en deux pour tenir la jambe de mon père. Ça me faisait rire aussi, mais j'ai toujours eu le rire facile Rigolant

- Tu sais qu'il aime tailler une bavette, disait-il encore.

Et de bavettes, à l'époque, je ne connaissais que celles qu'on mettait autour du cou de mon petit frère, qui avait deux ans.

***

Alors vous comprendrez que moi qui ai l'imagination très visuelle, ça me fait vraiment beaucoup rire si on me dit de quelqu'un qu'il "lèche les bottes" ou qu'il "se casse le cul".

C'est bien pour ça que personnellement, je "pèse mes mots" Clin d'œil

08.05.2012

F comme fromage

Lundi soir:

- Faut manger moins de fromage, dit le docteur M. C'est mauvais pour le cholestérol.

- Comment sait-il que j'aime le fromage? se demande Adrienne en sortant de la consultation ce soir-là.

Justement, elle avait prévu de faire des tomates mozzarella. Un grand pot de basilic l'attendait. Et du pain aux noix.

- Et alors, qu'est-ce que je vais manger, moi, le soir, si je ne peux plus manger de fromage? se demande-t-elle encore en tournant la clé de contact.

Surtout qu'elle vient justement de faire le plein au supermarché samedi dernier: reblochon appellation contrôlée, mozzarella di buffala, saint-marcellin, brie au lait cru, parmeggiano reggiano, brique de brebis, bloc de comté...

***

- Faut manger du fromage, dit le docteur V. Du vrai, avec un maximum de matières grasses. C'est bon pour le calcium, c'est bon pour vos os.

Le docteur V. soigne la mère d'Adrienne... et il lui certifie qu'elle vivra centenaire Cool

***

Et notre Adrienne, vous demandez-vous, a-t-elle suivi les conseils de son médecin?

Oui, oui! Ne vous inquiétez pas!

Elle a cessé de manger du fromage...

Pendant presque deux jours Langue tirée

***

Faudra bien mourir de quelque chose, disait mon père.
Et une chose est sûre: ce n'est pas sa grande consommation de fromage qui l'a tué.

07.05.2012

7 fois des tulipes

J'avais dit que j'aimais les tulipes: j'ai été servie!

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Des beautés d'un rose nacré

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des parterres multicolores, soit contrastés, soit en camaïeu

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le parc du Grand Bigard (Groot Bijgaarden) en était recouvert par vagues successives

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des élégantes au feuillage assorti à leur corolle

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toute la palette des violets

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toutes les formes

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Le croirez-vous, toute cette beauté vivante m'a émue comme Stendhal l'a été par celles de Florence et de l'Italie Bisou

***

MERCI

06.05.2012

E comme exercice de style

 Dix petits nègres

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait les mains dans les poches

Je sulfatai ce méchant gardien
Qui signalait les mairies dans ses podzols (1)

Je superposai ce méconnaissable gargantua
Qui signait les maïs dans ses poêles

Je supervisai ce mécontent garibaldien
Qui signifiait les maisons dans ses poèmes

Je supplantai ce mécréant garnement
Qui silhouettait les majordomes dans ses pognes

Je suppléai ce médicamenteux gaspilleur
Qui simplifiait les majorettes dans ses poignes

Je suppliciai ce médiocre gâte-papier
Qui simulait les majuscules dans ses poïkilothermes (2)

Je suppliai ce médisant gâteux
Qui singeait les makis dans ses poils (3)

Je supportai ce méditerranéen gaucher
Qui siphonnait les malagas dans ses poings

Je supprimai ce mauvais gaulois
Qui sirotait les malandrins dans ses poisons

***

(1)    sol cendreux des climats humides  et souvenir d’un défi du samedi

(2)    comme on peut s’y attendre avec un médiocre gâte-papier

(3)    ça ne s’invente pas !

***

écrit pour les Impromptus littéraires; les deux premiers vers d'Apollinaire étaient imposés.

05.05.2012

D comme débauche(s)

L'histoire commence en Ardèche. D'où mes parents, chaque année, nous ramenaient un kilo de miel. Une année du miel de châtaignier, une autre du "toutes fleurs". Sous prétexte que l'homme-de-ma-vie en mettait une cuillerée (à café) dans son grog, l'hiver, quand il "sentait venir le rhume". Ou plutôt "le rhum", parce que c'était là l'ingrédient principal.

Année après année, les pots de miel se sont accumulés. J'avais beau dire "Merci! mais maintenant on en a assez!" ma mère me répondait qu'à part ça elle ne savait pas quoi nous rapporter - même si je lui suggérais de nous ramener de l'huile d'olive du moulin d'Olivier (le bien-nommé) ou du fromage de chèvre de chez Pierre Rabhi, oui celui-là même qui aujourd'hui écrit des bouquins et donne des conférences de par le monde, mais ceci est une autre histoire.

Cette histoire-ci commence donc par une débauche de pots de miel que j'utilise depuis pour sucrer certains desserts, je fais par exemple une glace au miel qui est devenue au fil des ans un des desserts que tous mes invités ont fini par recevoir, un jour ou l'autre.

En ce début du mois de mai, je peux y associer une seconde débauche, due à la générosité des possesseurs de rhubarbe: "Tu ne veux pas un peu de rhubarbe?" me disent-ils, alors que quelques kilos de tiges se trouvent déjà dans le coffre de leur voiture... Le moyen de dire non?

J'ai donc préparé des litres de sorbet à la rhubarbe.

C'est archi-simple:

Peler et émincer finement la rhubarbe, la mettre à étuver quelques minutes avec un peu de jus d'orange (une grosse orange pour un kilo et demi de rhubarbe) et du miel (à votre goût) puis la mixer finement, la laisser refroidir et la mettre au congélateur.

Si vous avez une sorbetière, elle turbinera pour vous.

Si vous n'en avez pas, comme moi, vous voilà réduit(e) à aller touiller de temps en temps votre (futur) sorbet jusqu'à ce qu'il soit idéalement onctueux et glacé.

***

La débauche, dit le Petit Robert (page 404), c'est un usage déréglé de quelque chose, un étalage, un luxe, une profusion, une surabondance.

06:00 Écrit par Adrienne dans D | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : recette, amitié |  Facebook |

04.05.2012

C comme couleurs

En plus des beautés propres au lieu, à son architecture, à son environnement et à ses arbres, le parc et le château de Groot-Bijgaarden (Grand-Bigard) offrent ces jours-ci une splendide exposition florale.

Une orgie de couleurs!

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à commencer par le bleu céruléen des orchidées exposées dans la chapelle

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la blancheur parfaite du lilas

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des chrysanthèmes verts

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des arrangements floraux à dominante rouge

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parme

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rose

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et pour terminer, un vivifiant orange spécialement photographié pour I Cool

***

Que les amis qui m'ont emmenée
voir toutes ces beautés colorées
en soient infiniment remerciés

03.05.2012

B comme Bruxelles ma belle

Découvertes tout récemment à Bruxelles, les beautés du parc et du château de Groot-Bijgarden (Grand-Bigard, 17e siècle)

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Deux cars pleins de touristes anglais venaient de déposer leur flot devant la majestueuse entrée

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L'endroit est éminemment romantique, avec son pont, ses douves, ses tourelles d'angle

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son parc aux beaux arbres centenaires

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le bâtiment principal et la chapelle, à droite

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l'imposant donjon, séparé du corps du bâtiment

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Bref, heureusement qu'on est à l'ère du numérique, sinon j'y aurais épuisé trois films de 36 photos Langue tirée

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deux pigeons

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des rhododendrons

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de belles allées d'arbres

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et des tulipes partout.

Encore merci aux amis qui m'ont fait découvrir toute cette beauté en ce dernier dimanche d'avril!

02.05.2012

Adrienne et son cabinet de curiosités (5)

Quand la petite s'ennuyait vraiment très fort, qu'elle avait fait l'inventaire du tiroir aux photos et de l'armoire aux chapeaux, qu'aucune visite de la cave ou du grenier n'était prévue et que l'arrière-grand-père n'avait pas besoin de ses services au potager, il lui restait encore l'examen minutieux des quelques bibelots qui ornaient les deux appuis de fenêtre du côté de la rue.

Deux appuis de fenêtre en marbre noir et sur chacun d'eux, trois bibelots sans la moindre valeur. C'est bien pour cela que la fille d'Adrienne les a tous jetés quand elle a entrepris de vider la maison pour la mettre en vente. Il n'en reste que les souvenirs que la petite a gardés en mémoire.

Il y avait bien sûr l'inévitable petit moulin en faïence de Delft rapporté d'un voyage en Hollande par des amis peu inventifs. Ainsi que deux petits Hollandais de porcelaine, avec les sabots aux pieds et dans les mains de minuscules petits seaux de métal jaunâtre.

C'était toujours de ce côté-là que la petite commençait son inspection, s'assurant que tout était resté dans son ordre immuable, bien posé sur des petits napperons de fin tricot ajouré. Pour elle, tout était infiniment précieux et elle osait à peine y toucher, juste vérifier du bout du doigt si les petits seaux bougeaient encore. Oui, on pouvait légèrement les faire tinter contre la porcelaine bleue et blanche.

Mais l'objet qui la fascinait le plus se trouvait devant la fenêtre de droite. Il n'était pas très joli et représentait trois fruits ronds de faïence peinte. Dans le plus gros, celui qui avait une joue rose et deux feuilles vertes, il y avait une fente. En soulevant l'objet, on pouvait entendre le tintement d'une petite pièce de monnaie qui se trouvait à l'intérieur.

Cet objet-là était le plus sacré pour grand-mère Adrienne et par conséquent pour la petite aussi, qui caressait la courbe froide des faux fruits en pensant à la jeune fille de vingt ans, la grande amie de coeur d'Adrienne, qui y avait déposé cette piécette, et puis qui était morte.

01.05.2012

Première minute

Ne me demandez pas pourquoi ça porte ce nom-là, pour moi très souvent les voies du marketing sont impénétrables:

PREMIERE MINUTE: Billet non échangeable, non remboursable.

Première minute, peut-être parce qu'il faut être rapide si on veut profiter des places les plus économiques?

Première minute, parce que dès que le train s'ébranle on se rend compte que ces places pas chères sont celles où on est installé dans le sens contraire à la marche?

Première minute, parce que tout de suite la nausée vous prend, comme quand vous étiez enfant et assise à l'arrière de la voiture familiale qui vous emmenait à Westende?

Bref, ce billet de première minute réglé samedi dernier me permettra de passer la fête nationale belge à Paris Cool

http://www.youtube.com/watch?v=QYZXTPa5lUI

30.04.2012

Z comme Zulma

C'était au début des années 80, donc bien avant l'ère du numérique et nous n'avions même pas d'appareil photo digne de ce nom quand Zulma est entrée dans notre vie.

Mon facétieux beau-père avait bien préparé son coup: il a déposé entre mes mains une adorable petite tigresse grise et a expliqué à l'homme-de-ma-vie qu'il l'avait gardée spécialement pour lui.

Les pourparlers ont été fort courts: à tous mes arguments contre l'adoption d'un chat, j'ai eu l'opposition de deux hommes farouchement décidés, l'un à se débarrasser d'une petite bête devenue encombrante, l'autre à montrer qu'il était le maître dans son jeune ménage... et tombant ainsi dans le piège tendu (facétieux et malin, mon beau-père Langue tirée)

Ce soir-là, nous sommes donc revenus d'Ostende avec une passagère de plus dans la voiture. Mon beau-père l'avait mise dans une boîte en carton où elle n'est pas restée dix minutes: à l'arrivée, nous avons eu beaucoup de mal à la retrouver, tapie sous un des sièges dans le coin le plus inaccessible.

A la maison, rien n'était prévu pour accueillir un chat: nous n'avions ni un bac pour ses besoins, ni de la nourriture. Je ne me souviens plus comment nous avons résolu ces problèmes en attendant de trouver un magasin ouvert.

Zulma a vécu chez nous toute sa vie de chat, d'abord trois ans en ville, où elle ne faisait pas la joie de certains de nos voisins, car c'est dans leur jardin qu'elle allait gratter la terre, puis à la campagne.

Je me souviens qu'elle avait l'oreille musicale. Quand elle "dormait" dans son panier, elle se redressait dès qu'elle entendait une fausse note. Aucun de ses descendants chats qui ont accompagné notre vie après elle n'avaient cette particularité.

Si je me souviens d'elle aujourd'hui, c'est parce qu'à la xe génération sont enfin nés des chatons qui lui ressemblent, petit tigre gris ou petite tigresse grise. 

Je crois que je l'appellerai Zêta.

Parce qu'il sera le dernier.

 

chat


06:00 Écrit par Adrienne dans Z | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chat |  Facebook |

29.04.2012

Y vomme Yvonne

Beverloo, le 16 avril 1925

Ma bien-aimée,

Je me dépêche de t'envoyer ces quelques lignes pour te dire que je suis bien arrivé, que je me porte bien, et j'espère que toi aussi tu vas bien.
Nous sommes arrivés à T*** à neuf heures du matin et nous en sommes repartis à huit heures du soir pour aller à Beverloo, où nous sommes arrivés à cinq heures ce matin.
Il fait froid.
Je n'ai pas d'autres nouvelles, ma chère petite femme, sinon que je suis caporal.
Garde le courage comme moi et tout ça sera vite passé et nous serons réunis pour toujours.

Ton mari qui t'est tout dévoué

***

Voici mon adresse:
3e chasseurs à pied, 1er bat. 2e comp.
Camp de Beverloo

Je t'envoie mille et mille baisers de loin

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Yvonne était mariée depuis un an et était enceinte de son premier bébé quand mon grand-père le chapelier a été rappelé sous les drapeaux et obligé de passer quelques semaines au camp de Beverloo. Ils s'écrivaient une lettre par jour et s'envoyaient des cartes postales avec des mots d'amour...
Je crois qu'avec cette première lettre, je vais commencer une série: on continue le mois prochain avec une carte d'Yvonne ?

***

Et ce jour-là ailleurs dans le monde, des terroristes étaient au travail: le jeudi 16 avril 1925, à l'heure où mon grand-père écrit cette lettre, le dôme de la cathédrale de Sofia explose et retombe sur la foule venue à l'enterrement d'un général assassiné par les bolcheviks lors d'un autre attentat deux jours avant. Ils faisaient ainsi coup double. Dans la cathédrale, il y eut environ cent cinquante morts et 500 blessés, mais pas le roi Boris III, la cible principale, vu qu'il est arrivé en retard à la cérémonie.

06:00 Écrit par Adrienne dans Y | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lettre, yvonne, histoire |  Facebook |

28.04.2012

XXX ou XX ?

Elle m'envoie un message et au lieu d'y mettre sa signature elle écrit:

XX

Tiens, me dis-je.

D'habitude elle signe en mettant:

XXX

Elle est si malheureuse, me dis-je encore, qu'elle n'a plus la force que de me faire deux bisous au lieu des trois habituels.

C'est sûr, elle ne va pas bien.

Espérons que les prochains messages ne se terminent pas par

X

Si ça arrivait, il faudrait que je saute dans ma voiture pour faire vite les cent kilomètres qui nous séparent et la serrer contre mon coeur.

Parce que les gros câlins virtuels, c'est sûrement moins efficace que les vrais.

06:00 Écrit par Adrienne dans X | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amitié |  Facebook |

27.04.2012

Wagon de train

Quatre dames d'un âge qu'on appelle certain, quatre vélos, quatre gros sacs au dos, huit sacoches de vélo. Ce sont de ces fortes femmes qui balancent les lourdes sacoches dans les espaces prévus, au-dessus de leur tête, à bout de bras. J'admire des femmes comme ça. Ça rigole, ça parle fort, ça vit.

A côté de moi, un homme à la peau très noire lit un manuel d'apprentissage de l'anglais tout en écoutant de la musique que ma grand-mère appelait "kerdjing kerdjing". Le niveau sonore est plus que dommageable pour les oreilles. Les siennes et les miennes.

En face, une dame avec un siège spécial pour le dos qu'elle a sorti d'un grand sac en plastique. Va-t-elle trimbaler ça toute la journée à Bruxelles aussi? L'homme à côté d'elle regarde dans le vague et se contente de faire "Mmm" à tout ce qu'elle dit. Elle parle si bas que je me demande s'il entend ce qu'elle lui raconte.

Un couple avec un bébé de deux semaines pour qui son père a ce regard mi-étonné, mi-amoureux qu'on voit parfois chez les nouveaux papas et qui les rend presque plus attendrissants que leur poupon. Surtout que celui-ci en a marre d'être dans les bras de sa maman et qu'il crie de toute la force de ses petits poumons (et de ses cordes vocales! si je faisais pareil pendant cinq minutes, je me péterais les miennes. Définitivement). Ça rend le papa un peu nerveux et il n'arrête pas de donner des conseils à sa compagne. Mais jamais ce ne sera lui qui prendra la petite dans les bras.

Trois jeunes qui sont passés au Q**ck avant de monter dans le train et qui sortent chacun d'un énorme sac en papier brun un tas de petites boites: hamburgers, frites, maxi-sodas, petits raviers de sauce mayonnaise, serviettes en papier, ... je ne crois pas que la planète et leur estomac s'en portent mieux. Des pommes allumettes, une feuille de salade et une rondelle de tomate, ils doivent se dire qu'ils ont pris déjà trois de leurs cinq fruits et légumes du jour.

Une forte odeur de friture envahit tout le wagon.

J'ai faim.

26.04.2012

V comme vieux jours

Je n'y croyais plus.

Voilà bien longtemps que je pensais que la chose était impossible. A oublier définitivement... D'ailleurs, c'est ce que je disais et répétais à tout le monde - enfin, à tous ceux qui s'en enquéraient et me demandaient mon avis sur la question - que j'étais bien tranquille et que jamais, jamais plus ça n'arriverait!

J'en étais tellement sûre...

Mais voyez ce que valent nos certitudes.

Car en effet, voilà que la nuit dernière, contre toute attente, malgré son grand âge, chez mama Moussa sont nés des jumeaux!

Après tous les problèmes qu'elle a eus ces dernières années...

Vous vous en souvenez? J'en avais déjà parlé longuement en juillet dernier. C'était une histoire à vous mettre le moral à l'envers, à vous faire désespérer de la marâtre nature et à remettre en question toutes vos certitudes Langue tirée

Vous la trouverez ici : http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/07/09/g-comme... mais je la déconseille vivement aux âmes sensibles...

Cependant les voilà, les jumeaux, et bien là! Ils gigotent, ils pleurent, ils tètent, ils dorment, ils sont pleins de vie et mama Moussa est déjà complètement submergée. Elle n'ose pas les quitter une minute et voudrait tout le temps les tenir tout contre elle.

Ces miracles de la nature qui cette fois-ci lui a été clémente Cool

Deux petites boules de duvet gris et banc. Cent dix grammes environ chacun.

 

 

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06:00 Écrit par Adrienne dans V | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chat |  Facebook |

25.04.2012

U comme: Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras!

- Si je meurs avant toi, me disait-il, je trouverai un moyen de te faire un signe de l’au-delà.
- Si je meurs avant toi, lui disais-je, je viendrai te jouer des tours. Ça te fera rire et tu seras tout de suite consolé de ma mort.

Voilà ce que nous nous disions et nous réfléchissions aux moyens pour atteindre ce but .

- Si je meurs avant toi, je déplacerai des objets, me dit-il. Toi qui vois toujours tout, tu le remarqueras tout de suite. Ne cherche pas d’explication : ce sera moi.
- Et si ça t’est impossible ?
- Je trouverai bien un moyen.

Car il est l’Homme, toujours si sûr de son fait.

- Si je meurs avant toi, lui disais-je, je serai toujours là. Je ne te quitterai pas.
- Je veux y croire, disait-il.

***

Je me demande s’il a déjà pris les mêmes arrangements avec celle qui partage sa vie aujourd’hui.

écrit pour le défi 190

24.04.2012

T comme tulipes

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Pour la toute première fois de ma vie, ma mère m'a offert des fleurs.

De wonderen zijn de wereld nog niet uit
dit le proberbe en néerlandais
ce qui veut dire

qu'un miracle est toujours possible

Sourire

mere

06:00 Écrit par Adrienne dans T | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mere |  Facebook |

23.04.2012

Stupeur et tremblements de blogueuse

Peut-on demander de l'argent pour ce qu'on publie sur son blog ou sur son site perso?

Voilà une question que je me pose depuis une quinzaine de jours.

La première fois que j'ai vu un appel à faire un don en échange du "travail" qu'on fournissait sur son site perso, j'ai été un peu choquée. La personne se plaignait qu'un an de maintenance de son site lui coûtait 172 € et que l'appel aux dons, qui se trouvait dans sa colonne de gauche, n'était pas là juste pour la déco.

Le premier choc passé, j'ai failli sortir ma carte de crédit, me sentant coupable de "profiter" de billets si généreusement écrits et qui n'avaient reçus en retour de ma part que de simples commentaires... gentils, certes, mais ne permettant pas de mettre du beurre dans les épinards.

Puis je me suis ravisée, un peu méfiante tout de même devant ce procédé. En effet, n'étions-nous pas tous logés à la même enseigne, tenant un blog ou un site pendant notre temps libre, surtout pour notre plaisir personnel et fort heureux d'y voir venir des lecteurs en nombre? Même si ces lecteurs - je le vois depuis que j'ai installé un compteur - viennent surtout pour s'y servir en résumé de livre, analyse de texte et autres incipits Incertain, sans compter la majeure partie qui vient juste "piquer" une photo.

De plus, pourquoi aurais-je payé pour des infos compilées d'autres sites et que je trouvais facilement ailleurs, souvent sur des blogs très bien faits et dont peu à peu j'avais appris à connaître et à apprécier le maître ou la maîtresse du lieu?

Mais il y a une quinzaine de jours, ce même site annonçait qu'au bout de 12 mois d'existence, il cesserait toute activité: malgré deux appels aux dons, l'argent récolté ne suffit pas à payer le montant dû pour l'an prochain.

Le ton du dernier billet est très amer et culpabilisant pour les "utilisateurs" qui, par leur radinerie, obligent la personne à cesser cette activité dont tous ont pourtant "bien profité"...

Alors oui, stupeur, perplexité... et tremblements, si c'était ce tour-là que prendrait la blogosphère.