A comme Adrienne

  • Adrienne fait son cinéma

    Cellule génératrice : une grande pièce nue, presque sans meubles, dans une casbah des premiers contreforts de l’Atlas, à proximité de Marrakech. Des ouvertures de dimensions réduites donnent de différents côtés, fermées par des volets de bois, peut-être à l’Andalouse. Une des parois, dépourvue de la moindre fenêtre, est peinte en blanc cru et sert d’écran pour projeter des diapositives. 

    Cellule génératrice: une petite pièce encombrée, table, six chaises, deux placards, deux fauteuils en skaï bleu, téléviseur, étagère avec poste de radio des années cinquante, gros poêle à charbon. Pas de fenêtre mais un lanterneau et une porte vitrée donnant sur le jardin. Une double porte fermée le soir pour cacher l'arrière-cuisine. 

    adrienne, souvenir d'enfance

    Un Européen d’une quarantaine d’années travaille sur une table basse de dimensions importantes où sont étalés des documents (reproductions de tableaux, livres, manuscrits divers). L’homme, appelons-le John, est assis sur un pouf de cuir. L’ensemble donne l’impression d’un confort très rudimentaire. Mais il y a l’électricité et l’appareil de projection est assez perfectionné, donnant une image brillante en dépit de la médiocrité de l’écran. Dehors, la nuit commence à tomber. 

    Une Flamande d'une soixantaine d'années travaille debout devant la table où sont étalées les différentes pièces d'un patron soigneusement découpées dans du papier de soie puis épinglées sur le tissu. La femme, appelons-la Adrienne, est penchée sur son travail. L'ensemble donne l'impression d'un grand fouillis. La machine à coudre date d'avant la guerre. Au plafond il n'y a qu'un néon de forme ronde. 

    Alain Robbe-Grillet, C'est Gradiva qui vous appelle, ciné-roman, éd. Minuit, 2002, page 9

     

  • Adrienne s'amuse avec François Bon

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    A l'entrée du supermarché, une charmante hôtesse lui tend un boitier qui ressemble vaguement aux anciennes télécommandes, lourdes, épaisses. Elle veut lui expliquer à quoi ça lui servira mais il répond qu'il a compris, qu'il n'a pas de temps à perdre. Justement, ça vous en fera beaucoup gagner, lui sourit-elle, mais il est déjà parti en poussant son chariot du côté des plats préparés. 

    Depuis qu’elle est revenue de Compostelle, elle ne se nourrit plus que de gazpacho, de manchego, de jamòn de Serrano, de pata negra et d’olives vertes d’Espagne. Elle trouve l’assortiment de son supermarché bien pauvre en produits ibériques, si on le compare à tous ces mètres de rayonnages italiens. Tendant le bras vers un chorizo, elle jette un regard de commisération à ce grand type qui semble sortir du film The Matrix et les sept pizzas à l’ananas qu’il se dépêche de rouler vers les caisses. 

    Maintenant qu’elle passe aux caisses automatiques, elle se permet d’écrire encore en plus grand et en plus noir sur tous les billets de banque qui lui viennent en main : jusqu’à présent, jamais la machine ne les a refusés. Elle sait bien que depuis l’introduction de l’euro, elle a encore moins de chance qu’avant de revoir un de ceux-là, un jour, mais elle ne désespère pas, ça finira bien par arriver qu’une main ou une machine lui rende un billet marqué « L’argent c’est de la merde. » 

    *** 

    La consigne numéro 2 proposait de reprendre trois des onze personnages de la consigne numéro 1, vous les aurez peut-être reconnus - ainsi que la photo - si vous êtes passé par ici le 17 août dernier: O comme onze

  • A comme allokataplixis

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    Ça a débuté comme ça. Hector Vanderheiden, coiffé de sa casquette neuve et chaussé des souliers de cuir réservés aux grandes occasions, la moustache peignée et retaillée, un mouchoir propre en poche, s'était rendu dans la capitale à l'invitation d'un notaire. 

    Chez qui il n'est jamais arrivé. 

    Mais ça, la famille ne l'a su que quand il était trop tard. 

    Hector Vanderheiden, les mains derrière le dos, a pris tout son temps pour flâner. Il était largement en avance pour le rendez-vous et en a profité pour admirer les étalages. Il y avait là des choses inouïes, des choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence et qui le faisaient tomber d'émerveillement en émerveillement. 

    C'est ainsi qu'il s'est retrouvé, sans qu'il ait bien compris comment la chose s'était faite, sur les moelleux fauteuils de la Maison Polant. Où sa naïveté lui a valu un traitement de faveur. C'est bien normal. 

    C'est bien normal aussi que son cœur ait lâché. 

    Bien normal que son fils et sa belle-fille n'aient pas jugé utile de faire des frais pour le rapatriement du corps.  

    En fait, madame Polant, déléguée par la famille, avait seule suivi le corbillard. 

    *** 

    Allokataplixis, le mot vient d'être inventé par un professeur américain pour désigner l'émerveillement, la fascination du touriste devant ce qui est différent de chez lui (donc une notion fort différente du syndrome de Stendhal) - merci à Lakévio pour le tableau, l'incipit et l'expicit imposés!

  • A comme Arthur

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    Bien souvent je rencontre Madame Arthur et son chien. Madame a toujours sa canne et Arthur est toujours aussi beau. 

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    Aujourd'hui encore, il profite de la promenade pour vagabonder un peu, obligeant Madame Arthur à crier son nom, comme la première fois que je les avais croisés au parc et que j'avais craint le pire

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    Aujourd'hui je sais qu'il a ses rituels, cet arbre-là, ce détour-ci, puis le chemin du retour et hop un petit saut dans la prairie, peu avant de bifurquer vers la maison. 

    C'est là qu'il a mal calculé son coup. Qu'il a oublié son âge. 

    - On dirait qu'il boite, dis-je à Madame Arthur. 

    - Il a mal atterri en sautant. Il a douze ans, vous savez. Et ces chiens-là, normalement ça vit neuf ans, douze est un grand maximum! 

    Je compatis. Je pense à Chien Parfait, unique et irremplaçable, jamais remplacé. 

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    Et je me demande ce que fera Madame Arthur. 

    Sans compter le chagrin qu'elle aura.

  • Adrienne à Amsterdam

    Vous le savez déjà, l'Adrienne a passé une semaine à Amsterdam. 

    Elle y a dépensé plus d'argent en musées qu'en nourriture: le billet d'entrée coûte plus cher qu'un plat du jour. 

    Un musée par jour donc, pas d'overdose, et chaque fois un endroit qui puisse intéresser également Monsieur Neveu. 

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    Découverte d'un peintre que je ne connaissais pas, le Bruxellois Colijn de Coter (né entre 1450/55 et décédé entre 1522/32), huile sur panneau, Bewening van Christus.   

    Monsieur Neveu n'a été que fort peu impressionné par les Rembrandt, Vermeer, Van Dijck, Jordaens. Par contre, en bon petit Français, il s'est extasié devant cette toile-ci tongue-out. De même qu'il trouvait nulles les sculptures dans le jardin du musée et qu'il a complètement changé d'avis quand je lui ai dit qu'elles étaient de Dubuffet. 

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    Comprenne qui pourra, au Rijksmuseum on peut photographier toutes les œuvres grandioses exposées, mais le lendemain, au musée Van Gogh, les photos sont interdites. Je le déplore. La photo ci-dessus a été prise au Rijksmuseum, c'est un "jeune" Van Gogh qui, à peine arrivé à Paris, peint la butte de Montmartre dans un style encore très classique, naturaliste. 

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    Le troisième jour, nous l'avons passé entièrement au Tropenmuseum et nous en sommes partis à regret. La riche collection permanente, les expos temporaires, tout nous a intéressés. La photo ci-dessus représente un "tablier de danse" porté par les femmes du nord de la Papouasie, autour du lac Sentani. Ces motifs peints sur les écorces d'arbre ont inspiré des artistes européens comme Henri Matisse et Joan Miró. En voici un autre exemple: 

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    Par contre, le lendemain au musée de l'Hermitage, nous nous sommes juste contentés d'y prendre un repas. Payer 17,50 € par personne et par expo nous semblait prohibitif, surtout que Monsieur Neveu ne montrait que peu d'intérêt pour le dernier des Romanov ou pour les Hollandais du 17e siècle. 

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    Que peut-on conclure en voyant cette photo d'un plat principal au café-restaurant du musée de l'Hermitage? 
    1.qu'il est normal que le billet d'entrée coûte plus cher que le plat, vu la taille du saumon et les quantités de légumes qui l'accompagnent 
    2.qu'on peut facilement passer huit jours en Hollande sans prendre un gramme 

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    Par contre, la visite des établissements du diamantaire Gassan sont gratuites (sur réservation) et dans la langue de votre choix. 

    La visite se termine évidemment par d'alléchantes vitrines devant lesquelles Monsieur Neveu a eu bien du mal à résister à l'achat d'une montre. 

    voyage,peinture,art,amsterdam

    Touchante visite - en tout cas pour l'Adrienne - de la maison où a vécu Rembrandt de 1639 à 1658. Ce coin de cuisine a rappelé des souvenirs à l'Adrienne, dont la chère grand-mère a eu le même genre de "pompsteen" avant que le grand-père ne décide qu'il était temps d'avoir une cuisine "moderne", c'est-à-dire un affreux évier en inox au lieu du vaste bac en pierre naturelle... 

     *** 

    petite note pour ceux qui ont compté jusqu'à sept: oui, il en manque deux: le musée des sciences NEMO et le petit musée archéologique Allard Pierson

    cool

     

     

  • Adrienne est choquée

    Hier, l'Adrienne était à l'enterrement d'une ancienne élève. Une jeune femme de 27 ans. L'église était bondée et bien qu'elle soit arrivée un gros quart d'heure à l'avance, elle a dû rester debout. Il y avait foule jusque dehors, sur le parvis. 

    Assises côte à côte sur toute une rangée, il y avait les meilleures amies du temps de l'école, accompagnées de leur conjoint. 

    Six personnes qui, pendant la cérémonie, tapotaient leur smartphone pour dire sur fb combien elles ont de la peine pour la pauvre Cynthia. 

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    photo prise le 29 juin où dans le jardin tout desséché de l'Adrienne a poussé ce merveilleux pavot rose

  • Adrienne aime Ostende

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    Je sais, ce n'est pas un scoop, mais que voulez-vous, c'est plus fort que moi: en ce week-end de l'Ascension, il y avait la mer, le ciel, le vent qui rendait la chaleur supportable et beaucoup, beaucoup de jolis bateaux à voile rassemblés dans le grand bassin. 

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    De ceux qui font rêver de premières traversées de l'Atlantique 

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    De ceux qui font rêver d'aventures et de pirates 

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    De ceux qui font rêver les petits garçons d'aujourd'hui 

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    Et puis à côté de ça, d'autres rêves, des rêves d'adultes qui ont des sous 

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    pour s'offrir des uniformes anciens 

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    de pompier, d'aviateur ou de saint-cyrien

  • Adrienne a comme un doute

    Après ce "mois belge", se dit l'Adrienne, si je faisais un "mois italien"? 

    Car elle n'aime rien tant que s'imposer des contraintes d'écriture, il y a longtemps que l'alphabet ne lui suffit plus. 

    Alors elle a cogité - elle adore ça, elle n'a que ça à faire, même la nuit tongue-out - et pensé à diverses possibilités, n'écrire que des vers, se concentrer sur une couleur, un autre pays, un thème? 

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    A comme arancini 

    la photo est de l'Adrienne et la recette est ici 

    Les arancini, si on est fan de la série télévisée Montalbano, on se doit tôt ou tard d'y goûter. 

    Comme on peut le lire ici cool 

    Et si on a appris l'italien, on peut écouter l'auteur, Andrea Camilleri, qui lit très bien sa nouvelle: 

    sur les 36 minutes, les dix dernières ne sont que silence: pour connaître le dénouement, il faudra lire le livre ou regarder l'épisode tongue-out

     

     

     

     

  • Adrienne aime Bruxelles

    Place de la Liberté, les bourgeons sont pleins de promesses 

    bruxelles,printemps

    les parterres devant la cathédrale sont pleins de jonquilles 

    bruxelles,printemps

    rue de l’Écuyer, Gaston est plein de facéties 

    bruxelles,printemps

    la terrasse du musée des Beaux-Arts est pleine de soleil 

    bruxelles,printemps

    le MIM est plein de musique 

    bruxelles,printemps

    les chocolatiers sont pleins d'ambiance pascale 

    bruxelles,printemps

    et la Grand-Place était pleine de supporters grecs 

    bruxelles,printemps

    photos prises à Bruxelles le 25 mars 2017

     

  • Adrienne est un âne

    La bonne personne qui t'en parle au bon moment, et hop! tu es repartie pour un tour, alors que tu t'étais juré qu'on ne t'y prendrait plus. 

    "Een ezel stoot zich geen tweemaal aan dezelfde steen", dit le proverbe en néerlandais, "un âne ne se cogne pas deux fois à la même pierre", autrement dit: si tu te laisses prendre deux fois, tu es plus bête qu'un âne. 

    Il y a quelques années, je m'étais engagée dans une action "panier de légumes bio", pour un prix fixe le fermier bio du coin proposait un petit assortiment. Les inconvénients étaient nombreux - pas de choix, parfois c'est trop ou trop peu ou pas intéressant ou pas ce qui était annoncé ou pas de la fort belle qualité - bref au bout d'un an j'avais décroché et juré que (etc. voir plus haut) 

    Il y a un mois, sous l'impulsion d'une gentille ancienne élève, je me suis réengagée pour un nouveau panier bio. 

    Autre fournisseur et mêmes désagréments mais au prix fort: j'avais cinq petites pièces pour 13,50 €, c'est-à-dire le double de ce que ces mêmes légumes, même en bio, m'auraient coûté au supermarché. 

    expert,vie quotidienne,élève

    vous voulez que je vous dise? 

    c'est du BROL!

  • Adrienne et Mamaie

    C’est une petite vieille dame toute menue, toute voûtée, toute souriante. C’est Mamaie, la maman de Violeta. Entre l’Adrienne et cette petite grand-mère, c’est le coup de foudre, l’amour pour la vie. Mamaie lui tient le bras, lui fait la conversation, lui raconte sa nostalgie. 

    Autrefois, mot magique ! 

    Autrefois… Avant le communisme, avant la guerre, avant les destructions, les restrictions, les pénuries… 

    Autrefois, raconte Mamaie, son mari et elle avaient une jolie maison entourée d’un jardin plein de fleurs et d’arbres fruitiers. 

    Démolie, la jolie maison, rasé, le beau jardin, pour y construire des blocs de béton. 

    Autrefois, raconte Mamaie, nous avions un roi, nous aussi. 

    Mamaie connaît son Gotha sur le bout des doigts, en tout cas celui d’avant-guerre. Ah ! qu’il était beau, le roi Mihai, qu’elle était belle et digne, sa mère Elena, quel malheur le communisme ! Les Hohenzollern-Sigmaringen, les Saxe-Cobourg-Gotha, tu vois, dit-elle, nous sommes de la même famille que ton roi Baudouin. 

    Peu de mots – le français de Mamaie date des années 30 – beaucoup de gestes, quelques larmes et de gros câlins, Mamaie et l’Adrienne se comprennent parfaitement. 

    - Plus jamais, dit Mamaie, plus jamais je n’ai mangé de bons abricots comme celui de l’arbre de notre jardin d’autrefois. 

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    assise à gauche, à l'avant-plan, petite Mamaie (prononcer Mama-yé) 
    debout, Violeta, assis dans le fauteuil, son fils (22 ans) 
    les lunettes et la queue de cheval sont à l'Adrienne 

  • Adrienne ronronne

    L'Adrienne a passé le week-end à ronronner 

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    à boire et à manger 

    à papoter 

    à pianoter 

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     Dix ans qu'elle est heureuse d'avoir sa nipotina pour l'aider à passer ce genre de journées

  • Adrienne s'amuse

    L'Adrienne s'est bien amusée, le week-end dernier, sur les bancs de l'université. A observer les profs, les doctorants, les étudiants. Surtout les étudiants, à dire vrai, au comportement infiniment intéressant. 

    Ils étaient une quinzaine à être assis tous ensemble sur un rang, juste devant elle. A tapoter plus ou moins discrètement leur Smartphone. Parfois si complètement pris par fb qu'ils en oubliaient toute prudence. 

    Pourtant, les intervenants, au cours de ces deux jours, étaient des gens passionnants. Chacun spécialiste de sa matière, à laquelle il consacre tout son temps, son énergie, son amour de l'histoire. D'un petit pan d'histoire.

    Chacun apportant sa petite pierre à une immense et fascinante mosaïque. 

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    L'affiche de l'événement 

    source 

    Les étudiants de 2e année d'histoire, tous aussi motivés que mon jeune homme d'hier, apparemment, ne sont restés qu'une après-midi. Le samedi, ils ont pu tapoter tranquillement leur smartphone chez eux.
    Ce serait trop bête de rater un truc intéressant 

    tongue-out

  • Adrienne aime les arbres

    C'est tout de même incroyable, se dit l'Adrienne, 

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    de se promener en plein Bruxelles 

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    et de ne voir que des arbres! 

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    Bien verts encore, fin octobre 

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    et sur tout ce long parcours, du centre ville jusqu'au Cinquantenaire,  

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    épuiser sa batterie à ne photographier que des arbres 

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    avec des jets d'eau 

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    et avec quelques "vieilles pierres" 

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    et pour terminer, un clin d’œil à Walrus: 
    le promeneur-du-petit-matin-avec-son-chien 
    (le chien est petit, on ne le voit pas sur la photo)

    cool

  • Adrienne et ses addictions

    Avec le billet du 25 septembre, les lecteurs de l'Adrienne ont pu prendre connaissance de sa dernière addiction, le café. (1) 

    Ceux qui viennent depuis plus longtemps savent qu'il y a également l'addiction à internet. No comment tongue-out 

    Mais la toute première, l'initiale, la primo-arrivée, concerne les lettres, les mots, les phrases, les langues: savoir écrire, savoir lire, raconter des histoires. (2) 

    Alors vous pensez bien que l'annonce d'un marathon de lecture chez Margotte a fait tilt dans la tête de l'Adrienne: elle s'est inscrite sans réfléchir. Elle est allée à la bibliothèque. Elle en a rapporté quelques kilos de livres. (3) Elle s'est installée et a lu, bu des cafés et écrit des billets de blog, réunissant ses trois addictions qui ont l'avantage de coûter bien moins cher que si elle était accro au shopping, aux jeux de hasard ou aux chaussures. cool 

    lire,lecture,lecteur,défi,adrienne,souvenir d'enfance,belge,belgique,litterature

    Un des livres rapportés de la bibliothèque est La Belgique en toutes lettres, tome 3, Tranches de vie (4) éd. Luc Pire, Espace Nord, 2008. 

    lire,lecture,lecteur,défi (5)

    Premier arrêt de lecture à la page 28, sur un extrait d'un roman de Marie-Claire Blaimont, Black Lola, paru en 1994 aux éd. Le Cerisier. 

    C'est elle qui t'a fait goûter les couques, le pain perdu, (...) le boudin avec de la compote (...) Le laitier passait et, ta cruche en main, tu le regardais verser le lait blanc qu'on allait ensuite faire bouillir, en surveillant sa montée. Si elle ne trouvait pas la monnaie, elle appelait au secours saint Antoine de Padoue. A deux ans, à cinq ans, à huit ans, tu ne rêvais que d'une chose, (...) c'était te blottir contre sa grosse poitrine et l'écouter te raconter, la regarder vivre, sentir l'odeur de cuisine calfeutrée, cette chaleur du poêle à charbon, étouffante, qui poussait à la somnolence. 

    Tout ce que tu sais d'ici, tout ce qui t'a finalement servi à vivre chez nous, c'est d'elle que tu le tiens, elle t'a fait pousser des racines (...). 

    La vierge de Lourdes sous son globe, entre deux obus bien astiqués de la guerre de 14-18, les rameaux sur la croix, les napperons de dentelle, la loque à poussières qu'on secoue sur le seuil, l'entrée de la cave avec le beurrier, la cruche à lait (...), le lait qui bout sur le poêle, les murs encombrés de photos, les meubles encombrés de bibelots de bazar, les galettes dans une vieille boîte à biscuits dont le couvercle coinçait, (...) la lampe qu'on allume le plus tard possible le soir, alors que la cuisine est depuis longtemps plongée dans la pénombre et qu'on continue à attendre, attendre quoi, tranquillement... Comment aurais-tu su tout cela? 

    lire,lecture,lecteur,défi

    dans cet extrait, tout correspond parfaitement à grand-mère Adrienne... 

    ***

    (1) Il n'en a tout de même fallu que deux pour la rédaction de ce billet.

    (2) A l'âge de cinq ans, mini-Adrienne était bien meilleure en fiction qu'elle ne l'est aujourd'hui tongue-out 

    (3) les livres se comptent en kilos pour deux raisons: ça dit plus sur le nombre de pages ainsi que sur l'effort qu'il y aura à fournir pour les trimbaler à pied sur un kilomètre, à l'aller et au retour. 

    (4) toujours les voies de la bibliothécaire en chef sont et restent impénétrables: pourquoi ce troisième volume et pas les deux premiers? Mystère! 

    (5) info trouvée dans le journal La libre Belgique du 23 septembre 2008:

  • Adrienne aime Léon

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    Il aime la mer, surtout quand la nuit tombe 

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    Il aime les dunes et la douceur du sable 

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    Il aime les ombres mystérieuses sous la lune 

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    Il aime ces ruelles d'Ostende qu'on appelle des "rampes" vers la mer 

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    Il aime les arbres sous la neige 

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    Il s'appelle Léon comme mon père 

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    et il est Ostendais 

    tongue-out 

    Léon Spilliaert (1881-1946) 

    L'autoportrait date de 1906

     

  • Adrienne et les frelons

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    - C'est tout de même incroyable! dit l'Adrienne à sa mère, en voyant la cathédrale Saint-Jean et la colline de Fourvière en contrebas.

    C'est tout de même incroyable qu'hier on a pris le funiculaire, parce qu'on jugeait la montée à pied jusqu'à Fourvière trop ardue, et qu'aujourd'hui on a grimpé bien plus haut encore... et sans funiculaire!

    ***

    photo prise à Lyon le 16 juillet

    pour le projet du Hibou

    semaine 31 - relief

    ***

    Et les fous, les plus ingambes
    Montent et descendent le long
    De mon cou comme des frelons

    écrit Maurice Carême dans son joli poème sur la tour Eiffel.

    C'est exactement ce que l'Adrienne et sa mère ont fait, en parfaites touristes: monter et descendre comme des frelons...

    cool 

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    famille de frelons belges rencontrés en montant vers la Croix-Rousse

    "Kijk papa! daar is België!" criait le cadet en montrant l'horizon

    tongue-out

  • A comme Adrienne

    "Tout ce qu'on n'a pas eu, on ne l'aura plus", disait grand-mère Adrienne quand elle jugeait que l'été manquait de chaleur et de soleil.

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    Pourtant, entre deux averses, ça fait de très jolis ciels, colorés, mouvementés.

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    Et ça n'empêche pas l'herbe de pousser

    cool

  • Adrienne et Charles

    Le temps a gardé son manteau 
    De vent de froidure et de pluie, 

    N'est pas vêtu de broderie 
    De soleil luisant clair et beau 

    Il n'y a bête ni oiseau 
    Qu'en son jargon ne chante ou crie: 

    Le temps a gardé son manteau! 

    Rivière, fontaine et ruisseau 
    Gonflent leur livrée jolie. 
    Chacun s'enferme bien au chaud: 
    Le temps a gardé son manteau. 

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    Charles prisonnier dans la Tour de Londres
    source wikipedia

  • Adrienne gratte

    L'Adrienne est têtue, c'est là son moindre défaut.

    Il y a deux ans, elle a acquis une maison que les propriétaires précédents avaient entièrement peinte en beige. A l'extérieur comme à l'intérieur: cuisine beige, des murs au plafond, et vinyl beige cachant le carrelage, salon beige avec moquette beige, bureau beige, couloir beige, portes beige...

    Depuis deux ans, l'Adrienne s'acharne à gratter pour retrouver le bleu des faïences:

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    la situation en août 2013

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    c'est à peine mieux aujourd'hui: la peinture est tenace

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    sous la moquette, la plage

    cool

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 18 - peinture

  • Adrienne aime le chocolat

    Adrienne aime le chocolat
    noir

    noir
    noir

    en barres, en truffes, en pralines, en gâteaux, en glaçage, en mousse, en crème... 

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    Mais ça, c'est du pain. 

    Noir
    noir
    noir

    Sans un gramme de chocolat

    tongue-out

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 13 - chocolat 

  • A comme Accra et Alkmaar

    Rosemund dort dans le canapé, les mains agrippées à la chemise de Muanza sur qui elle est à moitié couchée. Sa première journée de flânerie dans une ville européenne l'a épuisée. Accra est loin d’être un endroit calme mais baguenauder dans Alkmaar l’a exténuée.

    Accra, Alkmaar. Même si tout est tellement différent ici, elle voit dans la similitude des noms un signe divin, une intervention céleste. Elle se dit que dans ce pays de vertes prairies et de vaches girondes, le bien-être les attend. Un grand enthousiasme s’est mêlé à son étonnement devant les canaux rectilignes, les maisons serrées dont les fenêtres à petits carreaux sans rideaux laissent voir la vie à l’intérieur.

    Tout ici a ce parfum de liberté et de bohème proprette.

    Muanza la regarde dormir et sourit dans l’ombre de leur petit studio au troisième étage sous les toits. Ce n’est peut-être pas encore la fin de l’errance, les circonstances sont loin d’être idéales mais il n’est plus prisonnier de son passé, il n’est plus un paria. Jeter son passeport et ses papiers a été le geste libérateur.

    fiction,muanza,jeu

    libellule rouge du Ghana (Trithemis arteriosa mâle)

    Par Sandy Rae — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17932001

    écrit avec quelques mots d'Asphodèle

    Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier, errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.

  • Adrienne aime les nuages

    Les couleurs du temps 

    Ciel rose et bleu de janvier 

    Au petit matin 

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     Fins moutonnements 

    Dans le ciel bleu de décembre 

    Beauté de l'hiver 

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    pour le projet photo du hibou

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 5 - nuage

  • Adrienne admire le ciel

    Le matin il suffit de trois ou quatre minutes 

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    pour que le ciel passe du violet 

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    au rose 

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    et à l'or 

    ***

    en attendant que Ma' affiche le programme 

    du projet 52 pour l'année 2016 

    cool

  • Adrienne aime les arbres

    A Turin aussi, les arbres ont été dûment photographiés Cool

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    D'abord, un magnifique camélia, piazza Carlo Alberto

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    puis les ors de l'automne, piazza Cavour

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    enfin, en allant vers le Po

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    le beau rouge de la vigne vierge sur le pont Umberto I

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    encore des canoteurs

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    et l'étonnement d'être la seule dans ce beau cadre

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    si romantique Langue tirée

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  • A comme Amour

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    © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2015/10/atelier-ecriture-194-une-photo-quelques-mots/

     

    Ce qu'il y a de bien, avec le frère d'Emilie, c'est que sa mère pense qu'il nous chaperonne.

    ***

    et voilà, avec ce texte-là, l'Adrienne a battu son record de concision

    Langue tirée

    Merci Leiloona!

  • Adrienne aime les détails

    Le détail qui donne de l'espoir

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    dans les orchidées défleuries, voir apparaître la prochaine tige à fleurs

    ***

    Le détail qui intrigue

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    Ce qui, de loin, ressemblait à une feuille morte prise dans le voilage, et de près à une tache brune, est en réalité une multitude de tout petits oeufs d'un insecte inconnu.

    (désolée pour la piètre qualité de la photo, l'appareil et sa propriétaire sont incapables de faire mieux Clin d'œil)

    ***

    Le détail qui rappelle l'enfance

     projet 52,photo,jardin,nature

    et qu'au retour de l'école, on alourdissait ses poches de beaux marrons luisants

    ***

    Le détail qui émeut

    projet 52,photo,jardin,nature

    comme ce minuscule géranium vivace qui s'est ressemé dans le trottoir

    ***

     pour le projet 52 de Ma' - thème: détail

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • Adrienne et Roland

    Il s'appelle Roland et il est entré dans ma vie.

    Il y a quelques jours.

    Par la grande porte.

    Celle de devant.

    Je ne sais pas combien de temps notre histoire durera.

    Je ne sais pas si ce sera une réussite ou un échec.

    Ce que je sais, c'est que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça marche.

    On verra bien...

    Voilà la photo la plus récente que j'ai de lui:

     

    expert,musique,vie quotidienne

  • Adrienne aime la Bretagne

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    Ploumanach, le soir du 26 juillet, à marée basse

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     Vivent les clichés bretons

    Langue tirée

  • Adrienne voyage

    "Merci, saint Christophe!", disait ma grand-mère Adrienne, qui avait la piété intéressée et superstitieuse.

    Saint Christophe devait protéger nos voyages et sainte Claire prévoir du beau temps: on peut dire qu'hier ils n'ont pas chômé... et qu'ils ne sont pas rancuniers, vu que je n'ai pas pensé à les invoquer!

    Pourtant, quand mon pneu avant droit a éclaté à 2 kilomètres de la sortie vers Vienne, alors que je faisais presque 140 à l'heure, j'ai réussi à passer de la bande de gauche à celle d'arrêt d'urgence - où je n'ai pas été emboutie - et pour ce qui est du beau temps, n'en parlons pas, sainte Claire aussi fait du zèle.

    Bref, merci, saint Christophe!

    Evidemment, ça m'a coûté cher en temps, en dépannage et en nouveau pneu. Si vous connaissez un saint efficace pour ces choses-là, faites-moi signe.

    Sinon, il me reste sainte Rita pour les causes perdues et les cas désespérés Langue tirée

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    saint Antoine,
    pour les objets perdus,
    c'est celui qui avait le plus de boulot
    Cool

    et contre qui - parfois - elle était fâchée