• Les derniers jours de Pompéi

    Le 9 avant les calendes de septembre [24 août], aux environs de la septième heure [13 heures], ma mère apprend [à mon oncle, Pline l’Ancien] qu’on voit un nuage extraordinaire par sa grandeur et son aspect. [...] Une nuée se formait [...] ayant l’aspect et la forme d’un arbre, et faisant surtout penser à un pin [...]. Elle était d’un blanc brillant, ailleurs poussiéreuse et tachetée, par l’effet de la terre et de la cendre qu’elle avait emportées. Mon oncle trouva tout cela curieux et bon à connaître de plus près, en savant qu’il était. Il fit mettre en état un bateau liburnien, il m’offrit, si cela me plaisait, de venir avec lui ; je lui répondis que je préférais rester à mon travail [...]. On lui remet un billet de Rectina, femme de Cascus, effrayée du danger qui la menaçait [...]. Mon oncle change son plan, et ce qu’il avait entrepris par amour de la science, il l’achève par héroïsme. [...]

    À ce moment, de la cendre, mais encore peu serrée ; je me retourne : une traînée noire et épaisse s’avançait sur nous par derrière, semblable à un torrent qui aurait coulé sur le sol à notre suite [...]. À peine étions-nous assis et voici la nuit, comme on l’a, non point en l’absence de la lune et par temps nuageux, mais bien dans une chambre fermée, toute lumière éteinte. On entendait les gémissements des femmes, les vagissements des bébés, les cris des hommes ; les uns cherchaient de la voix leur père et leur mère, les autres leurs enfants, les autres leurs femmes, tâchaient de les reconnaître à la voix. [...] Il y en avait qui, par frayeur de la mort, appelaient la mort. Beaucoup élevaient les mains vers les dieux ; d’autres, plus nombreux, prétendaient que déjà il n’existait plus de dieux, que cette nuit serait éternelle et la dernière du monde.

    Enfin la traînée noire dont j’ai parlé s’éclaircit et s’évanouit à la manière d’une fumée ou d’un brouillard ; puis brilla le vrai jour, même le soleil, mais avec la teinte jaunâtre qu’il a lors des éclipses. Aux regards encore mal assurés, les objets s’offraient sous un nouvel aspect, couverts d’une cendre épaisse comme d’une couche de neige. pompei

    Pline le Jeune, Lettres, tome II, livres IV-VI. Texte établi et traduit par Anne-Marie Guillemin, Les Belles Lettres, 2002. Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.

    Pour en savoir plus: Un guide de visite très clair du site de Pompéi, une navigation simple, de belles photographies. http://jpdruine.free.fr/pompei/guide.htm  

  • Zut à l'heure d'été

    Les jeunes mères se plaignent, les autres aussi, les éleveurs râlent, les non-éleveurs aussi, les personnes âgées sont perturbées, notre horloge interne aussi, les petits sont difficiles, les grands aussi, les travailleurs sont mécontents, les chômeurs, les retraités et les ménagères aussi… le passage à l'heure d'été est une des rares choses à faire l'unanimité. Et tout ça pour une terrasse qui nous recevra lors d'une hypothétique, longue et chaude soirée d'été. Rappelez-vous l'an dernier… Ça ne serait pas un oxymore, "chaude soirée d'été", ou j'en rajoute, là?

  • Zaventem

    Hier soir, on nous annonce aux nouvelles que ce week-end connaît le plus gros trafic aérien avec son chassé-croisé de départs et de retours de vacanciers. Mais c'est dans les semaines et les mois qui viennent qu'on pourra véritablement parler de foule... Pour échapper à une nouvelle taxe sur les vols, nos voisins du nord migrent de plus en plus sur Zaventem pour leurs destinations de vacances.

  • Yvonne a toujours eu des proportions mythiques

    On a 5 ou 6 ans et on se demande qui c'est, sur cette vieille photo.

    - C'est la maman de ton papa.

    Mais il en a une, de maman, puisqu'on a deux grands-mères, une de chaque côté?

    Oui, mais celle-là sur la photo, c'est la vraie. Elle est morte quand ton papa était petit. Alors son papa s'est remarié.

    Voilà qui demande réflexion. Et qui amène d'autres questions:

    - De quoi elle est morte, maman Yvonne?

    - Elle est morte à la naissance de son quatrième bébé.

    Eternellement jeune sur les photos. Souriante entre ses deux soeurs. Elle est l'aînée mais paraît la plus jeune. Jeune et belle au bras de son mari. C'est grand-père, ce beau jeune homme qui est mince et qui a des cheveux? Jeune et heureuse avec ses enfants. Sur le pas de sa porte ou en vacances à la mer.

    Yvonne, c'est celle qui, à vos 5 ou 6 ans, vous confronte définitivement avec les mystères de la mort et de l'amour.

  • Reportage hier soir

    Où on apprend que dans ce merveilleux pays qu'est la Chine des bébés sont arrachés à leurs parents pour être offerts en adoption. Comment ça, vous préférez dire vendus? Aux couples qui ont adopté un(e) petit(e) Chinois(e) on avait dit que c'étaient des enfants trouvés. Mais qu'on se rassure, les autorités compétentes feront tout ce qui est en leur pouvoir pour examiner l'affaire. Les services d'adoption occidentaux vont poser la question suivante aux autorités chinoises: est-il vrai, oui ou non, que les enfants proposés en adoption ne sont pas tous des enfants trouvés? Mais bien sûr que ce sont tous des enfants trouvés! Trouvés dans leur berceau, dans leur petit village de paysans pauvres, dans leur famille qui avait déjà - ô flagrant délit! - deux autres enfants...

  • On est allés voir l'expo sur l'Europe

    Le choix du train offre plusieurs avantages par rapport au voyage scolaire 'classique' (si j'ose dire) en autocar.

    On peut circuler librement dans le wagon. Je ne suis apparemment pas la seule à apprécier cette liberté de mouvement...

    On n'est pas en vase clos: des gens vont à leur travail ou en reviennent, on s'arrête à des quais de gare, des voyageurs montent et descendent, chacun a sa vie dont on devine quelques aspects. Cravate et ordinateur portable, dreadlocks et I-pod, toute la gamme.

    On reçoit même des commentaires élogieux sur la bonne tenue de nos élèves Sourire 

    Vive le train!