• Z comme zéro

    Discussion entre profs

    A-t-on le droit ou non de coller un zéro à un élève qui a visiblement "pompé" son travail sur internet?

    je google, tu googles, il google...

    Ou lui donnera-t-on la note 1 "pour l'encre et le papier"?

    ou pour se moquer de lui?

    Ou aura-t-il un zéro "provisoire" et lui proposera-t-on de refaire l'exercice une seconde fois?

    on a le double de travail et on désavantage ceux qui ont fait de vrais efforts mais ne reçoivent pas de deuxième chance 

    Ce zéro sera-t-il accepté par les parents?

    mon fils à moi ne triche pas!

    Y a-t-il des textes de loi ou des directives officielles à ce sujet?

    ...

     

  • Y comme Yvonne

    Yvonne a toujours eu des proportions mythiques (2)

    Comme toutes les personnes mortes beaucoup trop jeunes, Yvonne a été parée de toutes les qualités, de tous les dons.

    Elle était la plus jolie des trois soeurs, ça on le sait déjà.

    La plus optimiste.

    Elle seule avait un don musical. Elle jouait du piano. Comment l'avait-elle appris? Comme ça, un don naturel... et une gentille dame qui vous met un peu sur la voie. Pour rien. Simplement parce qu'elle a vu votre don.

    Elle seule était douée pour le dessin. Quand on lui demandait de dessiner une carafe on voyait une carafe. Et même le liquide qu'il y avait dedans, paraît-il.

    Et au fil des ans on continue à se demander comment aurait été la vie, la sienne, la nôtre, si elle avait vécu.

     

  • Reportage hier soir

    Hier soir aussi un reportage sur l'adoption. On suit une jeune femme d'origine indienne à la recherche de sa famille. Elle est mariée et mère de trois enfants mais espère retrouver sa mère, son père, sa soeur, son frère, qu'elle a "perdus" à l'âge de 5 ou 6 ans. Une histoire tout à fait invraisemblable et pourtant vraie (ah! Boileau!), tragiquement vraie... Comment retrouver dans un pays comme l'Inde une famille dispersée qu'on n'a plus vue depuis 22 ans si on ne se rappelle même plus le nom du village où on a vu sa maman pour la dernière fois?

    Un garçon de 18 ans, abandonné par sa mère dans un orphelinat roumain près de Constanta, a été adopté à l'âge de 6 ans. Ses parents adoptifs l'emmènent pour la première fois en Roumanie pour lui montrer où il a passé ses premières années. Ils espèrent aussi retrouver sa mère et sa grand-mère. Mais ils espèrent surtout que cette confrontation avec ses origines lui ouvrira les yeux et lui fera saisir à pleines mains ses chances actuelles au lieu de continuer à se laisser aller d'échec en échec.

    A suivre...

  • Wagon de train

    Mystère:

    Quand je suis en voiture et que je dois m'arrêter à une barrière de chemin de fer, j'ai toujours l'impression de voir passer un train quasiment vide. Chaque fois je repense à cette phrase de mon amie roumaine Violeta, la première fois qu'elle était en Belgique et qu'on était arrêtés devant une barrière: "Mais où sont les voyageurs?"

    Mais quand je prends le train moi-même, je constate chaque fois qu'il est plutôt bondé.

    Petite liste des voyageurs assis dans mon compartiment lors de mon dernier trajet:

    - une jeune fille qui potassait ses cours; un jeune homme avec son Ipod

    - une maman avec son petit garçon; une autre avec deux petits enfants; une troisième avec bébé et poussette; deux autres poussettes se trouvaient à l'extérieur du compartiment des voyageurs

    - quelques messieurs âgés qui somnolaient chacun dans son coin; deux dames seules qui observaient les autres

    - deux dames voilées qui avaient fait les courses à Bruxelles-Midi et étaient chargées chacune de trois ou quatre gros sacs

    - un groupe de jeunes, bruit, mouvement, rigolade, téléphone, friandises, canettes

    - un homme en costume cravate, avec le journal sérieux et l'ordinateur portable

    - moi avec mon bouquin

    et j'en oublie... toutes les places étaient occupées et toutes les vitres embuées...

    tiens, c'est peut-être pour ça qu'on ne voit pas les voyageurs quand on est devant la barrière du chemin de fer?

     

  • V comme vendredi

    Je constatais hier encore chez mes élèves et chez mes collègues qu'il existe une sorte de syndrome du vendredi. C'est un des points sur lesquels profs et élèves sont apparemment assez d'accord...

    Le vendredi, c'est le jour où on est le plus fatigué et où on a le moins envie de se forcer... Qui donc travaille pour l'école un vendredi soir? Qui noue son tablier et s'attaque à la préparation d'un dîner gastronomique?

    Le vendredi, c'est aussi le jour des rituels. Surtout sur le plan culinaire. Il y a les familles où c'est le jour des frites. Ou le jour des pâtes. Ou la soirée 'exotique'. Parfois aussi au niveau du programme de la soirée: la soirée cinéma grand écran, la soirée vidéo en famille, le pot avec les collègues, la piscine avec les enfants...

    Et chez vous, c'est comment?  

  • U comme Utopie

    Tous mes élèves étudient consciencieusement tout ce que je leur demande d'étudier, remettent leurs devoirs au jour dit et font tout leur travail sans aide extérieure.

    Les limaces ne dévorent pas mes salades, les chats ne grattent pas mes semis et le chien des voisins ne batifole pas dans mes petits pois.

    La prêle qui envahit le jardin disparaît spontanément et les mauvaises herbes ne se ressèment plus.

    Le téléphone ne sonne jamais au beau milieu d'un film romantique.

    (pour les grandes utopies comme la paix des peuples il faudra revenir ici une autre fois)

  • T comme Taalsalon

    Définition: le "Taalsalon" est un lieu de rencontre pour néerlandophones et non-néerlandophones.

    But: les non-néerlandophones y trouvent l'occasion d'exercer leur connaissance du néerlandais.

    Public: des "vrais" (ou "faux", comme moi) Flamands s'y retrouvent avec des Wallons, un Français, un Allemand, une ex-Yougoslave, une Sud-Américaine et quelques Belges issus de l'immigration.

    Mais on y apprend bien plus que la langue puisque chacun y apporte sa propre histoire et sa culture.

  • Stupeur et tremblements

    Je crève un pneu un dimanche vers les dix heures et demie du soir, à mi-chemin entre la petite ville où je suis allée voir un spectacle avec une amie et la campagne plutôt retirée où j'habite.

     

    Stupeur: comment cela peut-il arriver avec une voiture qui n'a pas fait quinze mille kilomètres?

     

    Tremblements: depuis ce dimanche, je guette la prochaine panne... lequel de mes pneus me lâchera encore? quand? où?

     

  • c'est arrivé un 22 avril

    cabralLe 22 avril 1500, douze caravelles portugaises arrivent en vue de côtes inconnues au sud-ouest de l'océan Atlantique. Pedro Alvares Cabral et ses 1200 hommes viennent de découvrir par mégarde ce qui deviendra le Brésil. Le navigateur projetait en fait de contourner l'Afrique et de gagner les Indes. La nouvelle terre, baptisée Santa Cruz par son découvreur, est ultérieurement dénommée Brésil d'après un bois local couleur de braise, le pao brasil, dont les Portugais feront le commerce. source: Marie Desclaux, sur www.herodote.net  C'est le 22 avril 1915 que les Allemands utilisent pour la première fois des gaz asphyxiants. C'était à Ypres…

    On estime que ces gaz ont causé la mort d'environ 100 000 soldats entre 1915 et 1916

    ypérite
  • r comme roumain

    Première leçon de roumain

    Nu sînt român              Je ne suis pas Roumain

    Nu sînt româncă           Je ne suis pas Roumaine  Toutes les lettres se prononcent

    - u se prononce ou

    - ă ressemble plus à un e muet ou à l'article anglais comme dans "a dog" par exemple

    - î et â ont à peu près la même prononciation; ce son n'existe dans aucune autre langue que je connais et je n'ai pas encore réussi moi-même à bien le dire… mais vos interlocuteurs roumains comprendront et applaudiront vos efforts

     

  • bilan de jardinage

    monique c1.4.07 005 Pour la saison 2007, mes activités de jardinage ont commencé le 1er février: ce jour-là, j'ai passé une première heure à enlever des ronces.

    Les derniers travaux de la saison ont eu lieu le 22 septembre 2007. Entre le 1er février et le 22 septembre, j'aurai passé environ 106 heures de travail essentiellement dans le potager. Pour la saison 2008, mes activités de jardinage ont commencé le 4 février: j'ai passé une première heure à désherber au potager et à tailler les rosiers. monique c1.4.07 010

    Pour la saison 2007, les tontes du gazon ont commencé le 22 février: ce jour-là, j'ai passé une demi-heure à tondre la première des trois pelouses.

    La dernière tonte de la saison a eu lieu le 20 octobre 2007 et a duré une heure. Au total les tontes auront pris environ 16 heures. C'est tout de même moins que ce que j'aurais évalué. Pour la saison 2008, les tontes du gazon ont commencé le 31 mars, donc largement un mois plus tard: ce jour-là, j'ai passé une demi-heure à tondre les touffes plus longues que les autres.  J'ai toujours le sentiment que noter et comptabiliser sont des tentatives dérisoires de donner un sens à la vie. 
  • Première question

    Pourquoi est-ce que je réponds "ça va" quand on me demande "comment ça va?"

    Pourquoi est-ce que j'ai peur d'embêter les autres avec mes problèmes?

    Pourquoi est-ce que j'ai peur, en début de conversation, que ce soit en face à face, à un 'chat' ou au téléphone, de voir arriver cette question: "ça va?" et de m'entendre répondre, comme d'habitude, oui oui ça va...

    même si je déprime à donf

  • P comme poésie

    Ballade – Christine de Pisan (1364-1431)

    Pisan

    Christine de Pisan offre son livre à Isabeau de Bavière (miniature du XVe siècle)


    Seulette suis et seulette veuil être,
    Seulette m’a mon doux ami laissée,
    Seulette suis, sans compagnon ni maître,
    Seulette suis, dolente et courroucée,

    Seulette suis en langueur mésaisée[1],
    Seulette suis plus que nulle égarée,
    Seulette suis sans ami demeurée.

    Seulette suis à huis ou à fenêtre,
    Seulette suis en un anglet muciée
    [2],
    Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
    Seulette suis, dolente ou apaisée,
    Seulette suis, riens n’est qui tant me siée,

    Seulette suis en ma chambre enserrée,
    Seulette suis sans ami demeurée.
     
    Seulette suis partout et en tout être,
    Seulette suis, ou je voise
    [3] ou je siée,
    Seulette suis plus qu’autre rien terrestre,
    Seulette suis, de chacun délaissée,
    Seulette suis, durement abaissée,
    Seulette suis souvent toute éplorée,

    Seulette suis sans ami demeurée.

    Princes, or est ma douleur commencée :
    Seulette suis de tout deuil menacée,
    Seulette suis plus teinte que morée
    [4],
    Seulette suis sans ami demeurée.



    [1] malheureuse, qui a de la peine, qui souffre
    [2]cachée, soustraite aux regards
    [3]où que j'aille
    [4]plus sombre que le brun
  • O comme ortie

    La quiche à l'ortie (ou tarte à l'ortie) On en trouve une variation infinie sur les sites et blogs culinaires. Voici la mienne.Garnir un moule à tarte de pâte feuilletée. Hacher grossièrement 250 à 300 grammes de jeunes pousses d'ortie et les mettre deux fois une minutes au micro-ondes. En garnir la pâte feuilletée et ajouter par-dessus un œuf battu avec deux décilitres de crème et du parmesan à volonté. Enfourner pour 30 minutes.Simple, rapide et excellent!

  • N comme Le Nozze di Figaro

    Il ne s'est pas trop foulé pour cet opéra, monsieur Lorenzo da Ponte! Il faut croire que Beaumarchais avait fait du beau travail... Juste un petit extrait de la première scène de l'acte I pour que vous puissiez en juger vous-même:

    FIGARO       
    Ma non capisco
    perché tanto ti spiace
    la più comoda stanza del palazzo.
    SUSANNA Perch'io son la Susanna, e tu sei pazzo. FIGARO
    Grazie; non tanti elogi! Guarda un poco
    se potriasi star meglio in altro loco.
    Se a caso madama
    la notte ti chiama,
    din din; in due passi
    da quella puoi gir.
    Vien poi l'occasione
    che vuolmi il padrone,
    don, don; in tre salti
    lo vado a servir.
    SUSANNA
    Così se il mattino
    il caro Contino,
    din din; e ti manda
    tre miglia lontan,
    don don; a mia porta
    il diavol lo porta,
    ed ecco in tre salti ...
    Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, ou La folle Journée Figaro Tu prends de l’humeur contre la chambre du château la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit, si madame est incommodée, elle sonnera de son côté ; zeste, en deux pas tu es chez elle. Monseigneur veut-il quelque chose : il n’a qu’à tinter du sien ; crac, en trois sauts me voilà rendu. Suzanne Fort bien ! Mais quand il aura tinté le matin, pour te donner quelque bonne et longue commission, zeste, en deux pas, il est à ma porte, et crac, en trois sauts...

    Tous à la Monnaie en juin 2009! 

  • M comme mer

    Verhaeren

    (…)
    Dites pourrais-je un jour,

    En ce port calme, au fond d'un bourg,

    Quoique dispos et clair,

    Me passer d'elle ? La mer ! la mer !  Elle est le rêve et le frisson Dont j'ai senti vivre mon front. Elle est l'orgueil qui fit ma tête Comme de fer, dans la tempête. Ma peau, mes mains et mes cheveux Sentent la mer Et sa couleur est dans mes yeux ; Et c'est la houle et le jusant Qui sont le rythme de mon sang !


    Émile Verhaeren,

    "Au bord du quai", dans Les Villes tentaculaires

  • L comme lunettes

    Pourquoi ai-je acheté des montures hypra-solides? Pourquoi j'en prends tellement soin depuis plus de douze ans? Pourquoi je ne réussis pas à jeter ces reliques? C'est selon, c'est pas sûr.
    C'est pas à cent pour cent.
    On le dit,
    Mais quand même, enfin bon, ça dépend.
    Il faut voir les montures.

    Femmes à lunettes,
    Pas forcément roulures
    Les faibles en mirettes.

    Pas si vite,
    Pas toujours, mais souvent, c'est très net,
    C'est la folle aventure.

    Femmes à lunettes,
    Légère fixette
    Sur les noisettes.
    Femmes à lunettes, Richard Gotainer (paroles de Richard Gotainer, musique de Claude Engel)

  • K comme Kubrick

    Je parle à ma télé

    Non pas comme Marcel Michon, le père du protagoniste génialissime du livre de Cauvin, E=MC², mon amour, qui apostrophe le speaker et s'énerve de ne pas recevoir de réponse…

    cauvin

    Non, ma télé et moi, ces derniers jours, nous conversons par écran interposé. Dès que je l'allume, au lieu de me brancher sur le programme que j'ai choisi, elle me pose des questions du genre: "Voulez-vous reconfigurer les chaînes?" (ou quelque chose dans ce goût-là) et je lui réponds en sélectionnant parmi les réponses qu'elle me propose.

     

     Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'en réalité je n'ai pas du tout le choix de la réponse. Et que je n'ai pas le droit à l'erreur. Une fausse manipulation des boutons de la télécommande, et qui sait ce qui arrivera?

    Tout ça nous rapproche vertigineusement de 2001, a Space Odyssey

    Kubrick nous aura prévenus,

    et moi aussi Clin d'oeil

    2001

  • J comme jeux

    Que faire avec les quelques malheureux élèves qui ne participent pas au voyage scolaire à Paris ou à Londres?

    Ben voyons, tu es prof de langue, joue quelques jeux de langue!

    En panne d'idées? Regarde-moi cette petite liste (et dis merci à monsieur Landroit!):

    1.Abréviations 2.Acrostiches 3.Alphabet parlant 4.Anacycliques 5.Anagrammes 6.Antonomases 7.Boules de neige 8.Cacographie 9.Cadavres exquis 10.Caviardages 11.Centons 12.Chronogrammes 13.Collages 14.Combinatoire 15.Contraires 16.Contrepèteries 17.Définitions nouvelles 18.Demi-lettres 19.Diminutifs 20.Écriture abécédaire 21.Enchainements 22.Faire-part 23.Faux proverbes 24.Histoires à tiroirs 25.Hommes aux faux nœuds 26.Homographes 27.Inventaires 28.Lettre à introduire 29.Lipogrammes 30.Liponymies 31.Littérature définitionnelle 32.Logogriphes 33.Logorallyes 34.Masculins nouveaux 35.Métagrammes 36.Méthode S+7 37.Mots à rallonge 38.Mots-valises 39.Néologismes 40.Noms cachés 41.Oxymorons 42.Palindromes 43.Pangrammes 44.Parlez-vous français ? 45.Pluriels singuliers 46.Sans en avoir l’air 47.Slogans 48.Textes-gruyère 49.Textes-hasard 50.Zygomar

  • I comme incipit et italien

     Primo

    Primo Levi, Se questo è un uomo (1946)

    Voi che vivete sicuri
    Nelle vostre tiepide case,
    voi che trovate tornando a sera
    Il cibo caldo e visi amici:
    Considerate se questo è un uomo
    Che lavora nel fango
    Che non conosce pace
    Che lotta per un pezzo di pane
    Che muore per un sì o per un no.
    Considerate se questa è una donna,
    Senza capelli e senza nome
    Senza più forza di ricordare
    Vuoti gli occhi e freddo il grembo
    Come una rana d'inverno.
    Meditate che questo è stato:
    Vi comando queste parole.
    Scolpitele nel vostro cuore
    Stando in casa andando per via,
    Coricandovi alzandovi;
    Ripetetele ai vostri figli.
    O vi si sfaccia la casa,
    La malattia vi impedisca,
    I vostri nati torcano il viso da voi.

    Primo Levi, Si c'est un homme (1946)

    levi2Vous qui vivez en toute quiétude
    Bien au chaud dans vos maisons,
    Vous qui trouvez le soir en rentrant
    La table mise et des visages amis,
    Considérez si c'est un homme
    Que celui qui peine dans la boue
    Qui ne connaît pas de repos,
    Qui se bat pour un quignon de pain
    Qui meurt pour un oui ou pour un non
    Considérez si c'est une femme
    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux           
    Et jusqu'à la force de se souvenir,
    Les yeux vides et le sang froid
    Comme une grenouille en hiver.
    N'oubliez pas que cela fut,
    Non, ne l'oubliez pas.
    Gravez ces mots dans votre cœur.
    Pensez-y chez vous, dans la rue,
    En vous couchant, en vous levant,
    Répétez-les à vos enfants.
    Ou que votre maison s'écroule,
    Que la maladie vous accable,
    Que vos enfants se détournent de vous.

    Primo Levi est décédé le 11 avril 1987. Survivant du camp de Auschwitz.

  • H comme hasard

    Certains disent que le hasard n'existe pas...

    En décembre 1989, les Roumains se débarrassent de leur Conducator. En janvier 1990, un professeur de français et de roumain décide, avec sa classe, d'envoyer une lettre à une ville choisie au hasard, tout simplement en pointant un doigt sur un atlas ouvert à la page de l'Europe de l'Ouest.

    Cette ville sur laquelle un doigt innocent s'arrête, c'est la ville où j'enseigne.

    Le prof en question s'appelle Violeta. D'une belle écriture calligraphiée, elle écrit sur l'enveloppe:

    Aux enfants de l'école de *** en Belgique

    Et c'est tout.

     

    Dans la ville où j'enseigne, il y a une bonne vingtaine d'adresses où cette lettre pourrait être déposée: de nombreuses adresses d'écoles primaires, par exemple. Mais elle arrive dans mon casier. Dans mon école d'enseignement secondaire (uniquement général, à l'époque). Où il y a tout un bataillon de profs. Et autant de casiers.

    Mais le hasard fait bien les choses: cette lettre est arrivée dans le bon casier. Elle a pour moi quelque chose d'infiniment émouvant. Je la lis avec des tremblements dans la voix à toutes mes classes. Nous commençons une correspondance. Et je rencontre Violeta à Craiova en juillet 1990. Aujourd'hui encore, elle est mon amie.

  • G comme gastronomie

    Il y a exactement deux ans, Ann Frankie, présidente d'une association flamande qui lutte pour promouvoir notre culture de la bière, lançait l'idée de proposer de la bière de table aux enfants des écoles plutôt que des sodas. Son argument numéro un: «La bière de table est très bonne pour la santé car elle est beaucoup moins sucrée». Selon les spécialistes, il s'agirait ici d'un malentendu car de nombreuses bières de table sont sucrées artificiellement et sont par conséquent aussi mauvaises que le coca ou les autres 'soft drinks'.De plus, "ce n'est certainement pas une bonne chose pour les enfants que d'apprendre si jeune le goût de la bière. Et le goût du sucre, ils s'y habituent autant avec la bière que le coca. C'est l'eau qu'il faut promouvoir auprès des jeunes, et non la bière. Car actuellement, cela devient de plus en plus difficile de faire boire de l'eau à un enfant", dit Astrid Vanoppen, diététicienne à l'hôpital Virga Jesse de Hasselt.Deux ans plus tard, je peux rassurer les 'estrangers' qui me liraient: il n'est pas question qu'on trouve de la bière de table dans nos cantines et réfectoires scolaires belges, bien au contraire, on y promeut de plus en plus l'eau, tout simplement. Un des articles de l'époque: http://www.dhnet.be/infos/societe/article/146417/choisir-la-biere-plutot-que-le-coca-a-l-ecole.htmlNos élèves devront donc découvrir les qualités gastronomiques de nos bières ailleurs qu'à l'école. Colette aurait sûrement trouvé cela dommage, elle qui affirmait:    "J’ai été très bien élevée. Pour preuve première d’une affirmation aussi catégorique, je dirai que je n’avais pas plus de trois ans lorsque mon père, partisan des méthodes progressives, me donna à boire un plein verre à liqueur d’un vin mordoré, envoyé de son pays natal : le muscat de Frontignan.    Coup de soleil, choc voluptueux, illumination des papilles neuves ! ce sacre me rendit à jamais digne du vin. Un peu plus tard j’appris à vider mon gobelet de vin chaud, aromatisé de cannelle et de citron, en dînant de châtaignes bouillies. A l’âge où on lit à peine, j’épelai, goutte à goutte, des bordeaux rouges anciens et légers, d’éblouissants Yquem. Le champagne passa à son tour, murmure d’écume, perles d’air bondissantes ; à travers des banquets d’anniversaire et de première communion, il arrosa les truffes grises de la Puisaye… Bonnes études, d’où je me haussais à l’usage familier et discret du vin, non point avalé goulûment, mais mesuré dans des verres étroits, absorbé à gorgées espacées, réfléchies."  Pour ceux qui veulent lire la suite de cette belle éducation des papilles gustatives: Colette (1873-1954), Prisons et Paradis (1932)

  • F comme farces et attrapes

    Tous Feux qui élèvent quelques Foules Fondeuses en sont pour leurs (oeuFs) Frais: voilà que des tests hautement scientiFiques viennent de démontrer que les œuFs de vos Fondeuses à domicile contiennent de 3 à 5 Fois plus de dioxines que ceux que vous achetez dans le commerce. Un Fournal Férieux comme le Standaard l'annonce à la une de son édition du 1er avril… et ce n'est pas une Farce.Cette inFo est donc à ajouter à la liste-de-tout-ce-qui-nous-donnera-le-cancer.Ainsi, on en proFite pour me rappeler que le potager que je bichonne le plus écologiquement du monde ne m'oFFre lui aussi, paraît-il, que des légumes douteux… et moi qui étais si Fière d'avoir enFin semé mes Fadis et mes Fèves!

    faison 

    Faudra que je prévienne le Faisan qui vient se nourrir de mes Falades qu'il ne Fera pas long Feu s'il continue… (un Faisan averti en vaut deux)

  • Les 7 jours de la semaine

    On se pose une question simple et puis on va chercher la réponse sur Wikipedia. Par exemple: pourquoi la semaine compte-t-elle 7 jours?

    D'après Wikipedia, ça nous viendrait déjà du temps des Chaldéens. Par contre, les Égyptiens, les Chinois et les Grecs groupaient les jours en décades.

    Sept jours correspondent approximativement à un « quartier » de lune. Ensuite bien sûr vient la Bible et la tradition judéo-chrétienne. Six jours pour la création du monde et le septième on se repose. Je cite Wikipedia:

    "L’Ancien Testament et le quatrième commandement : «Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier» fondent la pratique juive du Shabbat sur le récit de la Création du monde en six jours. La Genèse fait d'ailleurs venir Abraham de Chaldée. Traduite en grec puis en latin, la Bible a répandu la pratique de la semaine, dans le monde monothéiste. Scandée par un jour de repos ou de réunion, la semaine permet un repérage commode des six autres jours.

    En Occident, l'emploi du découpage en semaines date seulement du IIIe siècle après J. C. L'adoption du dimanche chrétien comme jour de repos, au lieu du samedi juif, est officialisé par un décret de l'empereur Constantin Ier en 321. Le décompte romain en ides et calendes fut remplacé par la semaine telle que nous la connaissons aux alentours du IIIe siècle.

    Les astronomes de l'époque comprenaient dans les planètes aussi bien le Soleil que la Lune. Ils ne connaissaient pas les planètes au-delà de Saturne : Uranus et Neptune. Ils considéraient ainsi sept planètes dans l'ordre établi par les Chaldéens, c'est-à-dire : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne.

    Chaque planète, ou plus exactement le génie ou l'esprit associé à la planète, régnait à tour de rôle sur une heure du jour, dans un cycle continu, mais en commençant par les planètes les plus lentes, soit de Saturne vers la Lune.

    Chaque jour, à son tour, était dominé par l'intelligence planétaire régnant sur sa première heure. Donc, si une première journée est régie par Saturne, la première heure de cette journée, qui est un samedi, sera régie par Saturne, la deuxième heure sera régie par Jupiter, la troisième sera régie par Mars, et ainsi de suite jusqu'à la septième heure qui sera régie par la Lune, la huitième heure sera de nouveau régie par Saturne, de même que la quinzième, et on continue ainsi jusqu'à la vingt-quatrième heure qui sera régie par Mars, la vingt-cinquième heure qui est en fait la première du jour suivant sera celle du Soleil, et comme la première donne son nom au jour cela sera un dimanche (Sonntag, Zondag).

    Le processus se poursuit pareillement pour les autres jours."

    On en apprend des choses, n'est-ce pas…

  • E comme école, élèves et enseigner

    C’est bien les exposés bien faits et que tout le monde écoute avec intérêt.

     C’est bien le bruit de la pluie quand il fait bon en classe.

    C’est bien le verre d’eau pendant la pause.

    C’est bien les pièges grammaticaux dans lesquels on ne tombe pas.

    C’est bien la confiance.

    C’est bien l’élève qui emploie un subjonctif.

    C’est bien quand ils imitent l’accent de Paris-eu, la tour Eiffel-eu elle est pas belle-eu... (merci, Sttellla!)

    C’est bien un sourire complice.

    C’est bien un fou rire partagé.

    C’est bien le match profs-élèves et le tournoi de foot du 3e trimestre.

    D'après "C'est bien" de Philippe Delerm.elvan3

  • D comme distraite

    Quel est le comble de la distraction? Vous pouvez voter:

    1.Me tromper d'heure et arriver quand mon cours est presque terminé… Heureusement je n'ai que des élèves modèles qui m'attendaient gentiment dans ma classe. C'est assez fort (non, je ne veux pas influencer les votes) mais ce n'est arrivé qu'une seule fois.

    2.Donner un somnifère à ma chatte au lieu de sa pilule contraceptive… La pauvre ne tenait plus sur ses guibolles pendant une paire d'heures et traînait son ventre sur le carrelage.

    3.Me verser de l'eau dans une tasse… et de nombreuses variations sur le thème mais je ne vais tout de même pas me ridiculiser totalement.

    4.Acheter du poisson le matin, ne pas l'oublier dans le frigo de l'école, ne pas l'oublier dans le frigo des parents où je passe arroser les plantes etc. et puis le soir me faire une tartine au fromage… et oublier le poisson dans mon propre frigo… Nombreuses variations aussi sur le thème du frigo dans lequel on oublie les bons petits plats qu'on avait mitonnés dans le but de gagner du temps les jours suivants.

    5.Ouvrir le coffre pour en sortir mes affaires et trouver par hasard le coffre encore ouvert des heures après et avec toutes les affaires encore dedans… Le plus grave, c'est quand les affaires sont des achats qui requièrent la température du frigo et qu'on est en plein été.

    6.Partir un matin en laissant la porte du garage grande ouverte et s'en étonner le soir en rentrant… ça c'est vraiment d'un banal, c'est au moins une ou deux fois la semaine que je dors avec une ou deux portes ouvertes. Je sais bien pourquoi je ne vous donne pas mon adresse ;-)

  • C comme cuisine (suite)

    Allez, encore une petite recette aux orties: les pâtes aux orties! Je vous le dis tout de suite, c'est excellent!

    Vous remettez encore une fois vos si seyants gants de ménage rose fluo et vous hachez grossièrement 200 gr de jeunes pousses d'orties, vous les mettez dans un récipient allant au micro-ondes, deux minutes, on touille, encore une petite minute et hop, les orties dont prêtes.

    Vous passez également deux à trois minutes au micro-ondes: deux carottes et un oignon coupés en julienne. Vous ajoutez le tout aux pâtes de votre choix et vous le servez avec ou sans crème selon que vous voulez garder le côté diététique ou pas. Délicieux avec une darne de saumon et un bon petit verre de vin blanc.

  • C comme cuisine

    Je continue les expériences culinaires avec les orties.

    Sur des sites où on semble s'y connaître drôlement, on certifie qu'il n'y a que du bon dans l'ortie, plus de fer que dans le foie de veau, plus de calcium que dans le camembert… d'autre part, il y en a tellement au jardin, et de la plus pure qualité biologique (hahaha) alors poursuivons notre exploration avec ce pain aux orties.

    Pour 500 gr de farine on ajoute 200 gr d'orties hachées, toujours les jeunes pousses, bien sûr, 275 ml d'eau et une mesurette de levure sèche. Je ne mets pas de sel dans le pain; à ceux qui vous feraient des commentaires là-dessus, utilisez l'argument du pain italien. On ne peut rien répondre à cela ;-)

    Bon, le jour où j'aurai un appareil photo, je ferai comme dans les "vrais" blogs et je vous mettrai une illustration de mes recettes… c'est promis juré!

    Première remarque: 200 gr d'orties fraîches, ça fait un demi-sac de courses comme on les donnait dans les supermarchés avant l'époque où ils ont découvert les vertus économiques de l'écologie… Bref, allez donc faire rentrer tout ça dans la cuvette de votre MAP chérie! Donc au lieu de hacher le tout grossièrement, il faudra aussi mettre en œuvre le hachoir électrique…

    Deuxième remarque: j'ai ajouté 60 gr de graines de tournesol, c'est bon et c'est joli en plus.

    Une dernière chose: servez-le avec un bon reblochon, une petite salade et un petit verre de Côtes-du-Jura blanc ;-)

  • B comme Béjart

    Est-il permis de déclarer qu'on préfère Béjart à Anne Teresa De Keersmaeker? Tant pis, je prends le risque. Le risque de passer pour plouc – ringard total – has been… et mauvaise Flamande en plus.

    D'Anne Teresa, j'ai vu le spectacle de danse Bach – Webern, début mars. De Béjart, j'ai vu le spectacle L'oiseau de feu – Elton-Berg – Suite de danses, fin mars.

    Pardon, Anne Teresa, si je n'ai rien compris (moi j'aime comprendre) et si j'ai trouvé ça répétitif, très répétitif. Béjart, j'ai compris, j'ai aimé et le temps a passé très vite, trop vite.

  • Adrienne était une grande philosophe

    Il faut prendre les gens comme ils sont, disait Adrienne. Et on l'a toujours admirée pour tant de sagesse philanthropique. Mais la mise en pratique de ce beau précepte pose des problèmes.

    Petite liste non exhaustive des gens qu'on a du mal à prendre comme ils sont:

    1.ceux qui vous offrent leurs relents de tabac froid et de dents mal soignées mais tiennent absolument à vous parler sous le nez

    2.ceux qui vous postillonnent les restes de leur déjeuner à la figure et qui en plus vous tiennent le bras de peur que vous y échappiez

    3.ceux qui râlent sur tout, cherchent la petite bête, coupent les cheveux en quatre, dénigrent, éructent, cassent les pieds, l'ambiance et le moral

    Mais Adrienne avait raison: il faut prendre les gens comme ils sont puisque de toute façon on ne peut pas les changer...