• Le dernier jour d'un condamné

    Le dernier jour d'un condamné – Victor Hugo – 1829        Condamné à mort !      Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !      Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre.      Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !      Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.      Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : – Ah ! ce n'est qu'un rêve ! – Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entrouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille : – Condamné à mort !  

    lire la suite sur

    http://lettres.ac-rouen.fr/francais/dernier/dernier0.htm 

    ou en Librio à 2 €

    hugo

     

  • Z comme zut

    Je suis appelée à faire partie d'un jury d'assises.

    Non pas pour un procès retentissant - genre Fourniret ou Ait Oud - mais pour un de ces procès qui sont probablement la routine des tribunaux: un homme, poussé à bout, a fini par tuer sa femme. Puis s'est assis sagement à côté du cadavre à attendre l'arrivée de la police. Aveux complets.

    Quand j'ai reçu ma convocation, il y a quelques mois, ça m'a fait un choc, bien sûr. Puis je me suis renseignée sur l'affaire: de qui, de quoi s'agissait-il? J'ai pu constater ainsi que j'avais donné cours, il y a quelques années, à la fille cadette du prévenu et de la vicime. Je me souvenais très bien de cette jeune fille.

    J'écris donc une belle lettre à la présidente du tribunal pour lui signaler la chose et lui demander si en de telles circonstances il m'est encore possible de figurer dans un jury... supposé neutre. On me répond par lettre que ma demande "pour raison professionnelle" est rejetée et que je suis attendue au tribunal lundi à 9.00 h.

    Ce lundi donc je me retrouve dans la salle d'audience avec les 59 autres personnes convoquées pour la même raison. Je me dis que, vu qu'il faut constituer un jury de 12 personnes (plus deux suppléants) parmi ces 60, j'ai de fortes chances d'y échapper. D'ailleurs n'ai-je pas un argument en béton?

    Chacun passe à son tour une petite entrevue avec la présidente du tribunal. Les objections sont exposées en présence des deux assesseurs, des avocates de la défense et du Ministère public. On discute un moment de ma lettre et de ma question restée sans réponse: puis-je figurer dans ce jury si je connais personnellement une des principales intéressées? La présidente me renvoie ma question... apparemment, c'est à moi d'y répondre!

    Vers midi et demi la Cour réapparaît avec la liste de ceux qui ne seront pas retenus et les noms de ceux parmi lesquels on fera un tirage au sort. Mon nom entre ainsi avec 27 autres dans une urne d'où il ressort parmi les premiers.

    La défense et le Ministère public peuvent récuser chacun 7 candidats. Mais même le représentant du Ministère public ne voit aucun problème dans ma présence parmi le jury. Pourtant j'ai déclaré en toute loyauté que quand la jeune femme - que j'ai eue en classe il y a quelques années - témoignerait, cela aurait pour moi une importance particulière, que je ne l'écouterais pas d'une oreille "neutre"...

    C'est ainsi que ce vendredi 30 mai j'aurai à statuer sur diverses questions concernant la culpabilité et la peine d'un homme. Et c'est une responsabilité qui me pèse énormément.

  • Y comme Yvonne

    Yvonne en chiffres

    Trente ans à vivre.

    Dix ans de mariage.

    Quatre enfants.

    Ses deux fils atteignent l'âge adulte.

    Les deux petites filles meurent peu après leur maman, l'une dans l'année - elle n'a que quatre ans - et la petite dernière à l'âge de huit ans.

  • X comme mystère et boule de gomme

    Jeudi 22 mai je trouve une plante en pot sur la table de la terrasse, dans le joli emballage du magasin de fleurs. Pas de petite carte attachée, pas de petit mot glissé dans la boîte aux lettres ni sous la porte, rien qui puisse me mettre sur la piste...

    Rien dans la messagerie, rien dans la boîte vocale, pas de SMS, pas d'e-mail, rien. Ni le jeudi, ni les jours suivants, pas la moindre trace de celui ou celle qui m'a fait ce cadeau.

    J'aimerais tout de même bien savoir qui je dois remercier!? C'est énervant à la fin!

  • W comme wagon-salon de lecture

    Les gens ne lisent plus, entend-on souvent. Les jeunes ne lisent plus, affirme-t-on. Souvent ces déclarations viennent de gens qui ne sont pas de grands lecteurs eux-mêmes ou qui ne connaissent pas tellement de jeunes.

    Mais prenez donc le train.

    Je suis toujours curieuse de voir ce que les autres lisent. Et parfois étonnée.

    Ainsi ce monsieur d'un certain âge (d'un âge certain) qui lisait un gros pavé dans son coin. C'était un roman d'amour, une de ces histoires romantiques qu'on appelle aujourd'hui de la 'chick lit' (selon la règle numéro 1: toujours dénigrer ce que lisent les femmes).

    Ce jour-là, aucune femme, aucune fille du wagon ne lisait de la 'chick lit'. J'ai repéré un syllabus, un journal, un thriller et une revue spécialisée en informatique.

    Et moi? je relisais Un secret, de Philippe Grimbert, parce que je le fais lire à quelques élèves et que je leur prépare un questionnaire de lecture. Donc peut-être que dans un autre train, une autre voyageuse a repéré un jeune qui lit L'étranger de Camus ou Gigi de Colette et qui s'en étonnera sur son blog.

    grimbert

  • V comme vacances et voyages

    Les projets de vacances se précisent. Je constate que la plupart des gens ont aussi des habitudes bien ancrées en ce qui concerne le choix de la destination.

    E. ira à la côte belge, elle a deux petits enfants, c'est la destination idéale et nous avons tous notre station balnéaire "coup de coeur" liée à notre propre enfance.

    F. découvrira le pays des Cathares. Il est amoureux de la Provence mais lui fera une infidélité cette année, juste "une fois" aller voir ailleurs.

    B. ira en Italie. D'abord parce qu'elle n'en a pas encore fait le tour et ensuite parce qu'elle aime retrouver les endroits qui lui ont plu.

    P. retournera dans la région de Saint-Vith où il a une résidence secondaire.

    S. sera en Tunisie. Comme chaque année.

    M. et D. poursuivent leur exploration du continent asiatique: après la Chine, la Thailande, le Vietnam, Myanmar

    Villégiature en Ardèche pour mes parents. Depuis l'an de grâce 1970. On devrait leur offrir une décoration un de ces jours.

  • U comme utopie

    Mes 5 utopies du mois 

    Je gère mes affaires bancaires comme une vraie pro et jongle avec tous les termes économiques que je dois toujours me faire expliquer (pour les oublier aussitôt).

    Remplir ma feuille d'impôts est un jeu d'enfants.

    Je réussis à me passer du chauffagiste, du plombier, de l'électricien, du garagiste (ou alors ils me proposent spontanément une réduction de 50% sur leurs tarifs)

    Tous mes élèves ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour leurs examens de fin d'année et ceux qui sont en terminale ont fait le bon choix pour leurs études supérieures.

    Pour les vacances il ne fera ni trop chaud ni trop froid, ni trop sec ni trop humide. Il ne pleuvra pas le jour où j'aurai des invités mais le jour où j'ai repiqué des salades.

  • T comme tricot

    Je me suis remise au tricot.

    Entre ceux qui trouvent ça ringard et mémé au possible et ceux qui veulent nous faire croire qu'à Paris, Londres et New York c'est hyper-branché, il y a moi, qui trouve ça tout naturel de prendre de la laine et des aiguilles et d'en faire un pull, tout simplement.

    Et d'y trouver du plaisir.

    Tout en pensant à ma grand-mère Adrienne qui m'a appris le tricot à l'âge où je savais à peine écrire mon nom et qui a eu la patience de ramasser chaque maille qui filait.

    tricot

  • Témoins de Jehovah

    Stupeur d'apprendre qu'une amie qui m'est chère est témoin de Jehovah. Stupeur de l'apprendre par une autre qu'elle-même. Stupeur et peur.

    Peur de la perdre. Peur que son engagement et sa foi lui feront peu à peu prendre ses distances par rapport à ceux qui l'aiment mais ne partagent pas ses convictions. Peur que peu à peu sa foi l'isole socialement. Peur - osons le mot - de l'endoctrinement. Peur que tôt ou tard elle n'aura plus le choix.

    Peur des Témoins comme organisation. Très à l'américaine. Très structurée. Très hiérarchisée. Avec apparemment un fort contrôle, un fort impact sur ses membres.

    Peur d'une religion basée sur la peur. Il me semble malsain d'annoncer encore et encore une fin du monde imminente et apocalyptique. Il me semble que la peur n'engendre pas d'actions positives.

    Peur d'une religion basée sur l'exclusion. Pourquoi seuls les Témoins seront-ils sauvés? Si Dieu existe, n'est-il pas unique? Donc par définition le même pour tous, quels que soient les rituels, quel que soit le nom qu'on lui donne? 

    Et peur, en écrivant ce billet, de heurter la sensibilité d'une amie qui m'est chère.

     

  • C'est arrivé un 22 mai

    On vit, on meurt

    - le 22 mai 337, l'empereur Constantin se fait baptiser sur son lit de mort

      

    - le 22 mai 1885, Victor Hugo meurt d'une congestion pulmonaire. Il était âgé de 83 ans.

      - le 22 mai 1927, environ 200 000 personnes meurent à cause d'un tremblement de terre à Xining dans le centre ouest de la Chine. Il s'agit là d'un des plus terribles bilans humains de l’histoire des séismes.  source: www.linternaute.com
  • R comme Roumanie

    Deuxième leçon de roumain

    Allons tout de suite à l'essentiel:

    Mi-e sete!   (tous ces e se prononcent é)                

    Ce qui veut dire: J'ai soif!

    Une fois le verre en main, vous dites: Noroc!

    Ce qui est l'équivalent de notre : Santé! mais qui en fait signifie 'bonne chance'

    Si on remplit votre verre une seconde fois et vous ne voulez pas passer pour un poivrot fini, vous dites: Puţin                (prononcer poutsine)

    Ça veut dire: un peu.

    Et finalement n'oubliez pas de remercier: Mulţumesc!      (moule-tsou-mesque)

  • Bilan des réponses à ma question du 11 mai

    A la question posée le 11 mai

    L. a répondu oh non, K. a dit non, tu te sens trop mal avec ça, A. a dit c'est tout de même bizarre ça, non, B. a dit non, surtout pas, on n'est pas dans une série télévisée américaine. Ve. a dit il te plante un couteau dans le coeur et après il te demande "dis-moi ce qui te ferait plaisir pour ton anniversaire"...

    Toutes les femmes ont dit non. Sauf toi, VioletaBisou: c'est toi qui as probablement l'âme la plus romantique puisque tu trouves qu'il faut accepter au nom de l'amour passé.

    Les hommes ont dit faut voir, ça dépend, je ne peux pas me mettre à ta place, je ne connais pas assez ton histoire pour juger, mais c'est tout de même étrange comme proposition. Etrange, bizarre, curieux, voilà le mot du côté des hommes.

    On est tous d'accord, finalement: c'est du passé.

    Mais quel long chemin il me reste à parcourir pour arriver à la sagesse de Sénèque quand il écrit "Ne pas être vaincu, être quelqu'un contre qui la Fortune ne peut rien, c'est appartenir à la république du genre humain."

    stoïciens

    (in De la constance du sage, De constantia sapientis, Sénèque, 52-53; traduction par E. Bréhier, revue par L. Bourgey, rubriques, notice et notes par L. Bourgey in Les Stoïciens, Gallimard, 1962, Bibliothèque de la Pléiade n° 156; 1504 p., 52,90 €).

    Ou en Folio à 2 €!

    sénèque

  • Deuxième question

    Pourquoi un bébé qui ne reçoit pas d'amour, pas de soins et parfois même pas de nourriture est-il gardé si longtemps, trop longtemps auprès de ses parents biologiques? Uniquement parce qu'ils sont ses parents biologiques. Et entre-temps le mal est fait.

    Comment apprendre l'amour et la confiance à une petite qui n'a pas deux ans et qui n'a même jamais reçu de câlins? Sa famille d'accueil réussira-t-elle dans cette entreprise? Et combien de temps lui laissera-t-on l'enfant? Pourquoi ses parents biologiques ont-ils le droit de "changer d'avis" et de reprendre leur enfant? Pour recommencer le cycle infernal?

    Les droits de l'enfant, est-ce que ça ne devrait pas être d'abord le droit à l'amour, à l'éducation, à la sécurité?

  • P comme poème, parodie et pastiche

    A  16 ans, j'étais complètement sous le charme du Desdichado de Nerval, je croyais même que je le comprenais... d'autant plus que l'ami Gérard est né le même jour que moiClin d'oeil

    Je vous remets le fameux poème ci-dessous pour rafraîchir vos éventuels souvenirs scolaires.

    Mais le top du top, c'est le site de Nicolas Graner, où vous trouverez, par les bons soins de l'Oulipo, une centaine de réécritures (parodies, pastiches) toutes plus hilarantes les unes que les autres. Je vous en offre une aussi, en guise d'apéritif...

    Bon amusement à tous les Nervaliens!

    nerval

      

      

      

      

      

    El Desdichado

    Je suis le ténébreux, — le veuf, — l'inconsolé,
    Le prince d'Aquitaine à la tour abolie :
    Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé
    Porte le soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
    J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

    Gérard de Nerval

    http://graner.net/nicolas/desdi/textes/begu.php3 

    Bègue
    Alain Chevrier  

    El Begueyado

    Je suis le thé, le tétée, le tes nez, le tes nénés, le ténébreux, - le voeu, le veuf, - l'incon, l'inconcon, l'inconsolé,
    Le prince d'à qui, d'acquitter, d'Aquitaine - à la toutou, à la tour à bobo, abolie :
    Ma seule est toi, ma seule étoile, est momo, est morte, - et mon lu, mon lulu, mon luth, zut, non, pas ma flûte, mon luth con, mon luth constellé
    Porte le sot, le sol, le soleil noir, - de la mémé, de la mélancoco, de la mélancolie.

    Dans la nu, dans la nuit du tonton, du bobo, du tombeau, toi qui m'as con, toi qui m'as con sot, toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le pot, le pause, le Pausilippe et la merde, oui, la mer, dix tas, d'Italie,
    La fleur qui plaisait tante à, tant à mon c..., à mon coeur, des eaux, des zozos, désopilé, pardon, désolé,
    Et la treille ou le paon, où le pan pan, ou le pampre, à l'art, à la rose sale, à la rose s'allie.

    Suis-je à mou, Amour ou foetus, fardon, Phoebus, lulu, l'usine, Lusignan, gnan gnan, ou bibi, Biron ?
    Mon front est rouge enc..., encor du b..., du bey, du baiser, de la raie, de la reine...
    J'errais, j'ai rêvé dans la crotte, pardon, dans la grotte, où nana, où nage la sissi, la cirée, la sirène,

    Et j'ai deux fois vingt, quarante, pardon, deux fois vains coeurs, vainqueur, trave, traversé la, l'à quai, l'Achéron :
    Momo, modulant toutou, tour à tour sur la la, sur la lie, sur l'hallali, sur la lili, sur la lyre d'or, dort, d'Orphée,
    Les sous, les sourires, non, les soupirs de la s..., de la sainte, et l'écrit, les cricris, les cris de la f..., de la fée.

    Gégérard de Nénerval


    Nénervant, non ?
  • O comme oui oh oui!

    Oui j'aime les fruits, les fleurs, les arbres, les animaux, et même les humains la plupart du tempsClin d'oeil.

    J'aime la poésie, la peinture, l'histoire, l'archéologie. La mer! Oh la mer par tous les temps! J'aime avoir une bonne conversation avec les gens, apprendre plein de choses, d'autres idées, d'autres cultures, d'autres langues, d'autres cuisines. J'aime vivre là où je vis. Mon chien qui est mort. Les voyages qui font découvrir d'autres lieux et d'autres gens. Marcher dans la neige. Écouter une belle musique. Lire un bon livre. Prendre un bain chaud. Allumer un feu. Boire un litre de thé. Dormir toute une nuit. Entendre des enfants qui jouent. Voir des gens qui s'aiment. Admirer le jardin quand la pelouse est fraîchement tondue. Faire une bonne promenade dans la nature. Manger un bon petit plat, boire un bon vin. Faire des projets. L'odeur du foin coupé. L'odeur du bébé. J'aime que la vaisselle se fasse toute seule dans la machine pendant que j'écris mes bêtises sur mon blog.
  • N comme non, non et non!

    Non, je n'aime vraiment pas les conflits, le mal qu'on fait aux enfants, les prétentieux, les malhonnêtes, les jaloux, je n'aime pas l'américanisation de notre mode de vie, le fast-food, les sucreries dans toute leur horreur artificielle, je déteste ceux qui voient tout en noir, se vautrent dans le noir, clament haut et fort que tout est noir, (mais j'aime le chocolat noir), ceux qui s'enivrent, braillent, vocifèrent, j'ai horreur du matraquage publicitaire pour A*** qui "chaque matin vous aide à être plus résistant", d'ailleurs la pub en général ne me fait plus du tout rire (c'est grave, docteur?), je n'aime pas le sport à la télé ni surtout le ton héroïco-tragique que prend le moindre reportage sportif, je déteste qu'on mette des animaux en cage (et qu'on expose des bébés au soleil), je n'aime pas qu'on dise du mal de mes élèves, je n'aime pas que certains sujets soient tabous, je n'aime pas le mal qu'on fait aux femmes.

  • M comme mille

    Le 11 mai dernier je constate tout à coup qu'il y a eu 1006 visiteurs sur mon blog. Ce qui donne pour ses 45 jours d'existence une moyenne de 22 à 23 par jour.

    (hé oui, cher Antoine, cher Petit Prince, les grandes personnes aiment les chiffres Embarrassé)

    Aussi, je m'interroge: qui sont ces visiteurs? et comment arrivent-ils ici? qu'étaient-ils en train de chercher? ceux qui sont venus, reviennent-ils? et surtout qu'en pensent-ils?

    Toutes questions sans réponses puisque personne (ou presque) ne laisse de commentaires... Et d'ailleurs, pourquoi personne ne laisse de commentaire?

    A peine quatre ou cinq amies ont reçu l'adresse de mon blog, alors qui sont ces visiteurs?

  • L comme liste, livres et lecture

    Liste des livres que je suis en train de lire:

    Andrea De Carlo, Giro di vento (lu 137 pages sur les 317) et Alessandro Piperno, Con le peggiori intenzioni (lu 120 pages sur les 304) que j'aimerais terminer cet été sur une plage italienne...

    Anna Enquist, De Thuiskomst lu 41 pages des 411, bof

    Carlo Levi, Le Christ s'est arrêté à Eboli et moi à la page 198 sur les 303 mais mon arrêt à moi n'est pas définitif

    Monaldi et Sorti, Imprimatur page 104 sur les 568

    Dan Brown, Il codice Da Vinci même en traduction italienne c'est tellement tiré par les cheveux que je me suis arrêtée à la page 248 et que ça ne m'intéresse pas de savoir la fin (p. 523)

    Patricia Highsmith, The talented Mister Ripley avec arrêt à la page 38, ça me rappelle trop quelqu'un que j'ai connu

    Amin Maalouf, Léon l'Africain encore 427 pages à lire

    Christian Jacq, Mozart, le Grand Magicien me rappelle trop Dan Brown pour que je l'apprécie: construction, complot, agissements, secrets... J'aime aussi trop Mozart pour le cantonner dans cet univers, mais bon, je ne suis qu'à la page 40 et il y a trois gros volumes!

    Umberto Eco, L'île du jour d'avant 460 pages à peine entamées, juste pour en humer l'atmosphère... à lire sur un transat au jardin les vacances prochaines!

    eco

     

  • K comme Khatchatourian

    Laurence a un chien. Khatchatourian. En l'honneur du compositeur mort il y a 30 ans.

    Khatchatourian

     

     

     

     

     

     

    J'attends la photo du chien pour voir s'il y a une ressemblance.

  • J comme Jules

    La maman de Jules est morte peu après sa naissance. Heureusement, madame Moussa venait juste d'accoucher elle aussi. Ses boss-sans-coeur lui avaient permis de garder un de ses fils, le petit roux. Et puis voilà qu'ils lui amènent ce noiraud et trouvent tout naturel qu'elle l'adopte.

    Ce qu'elle fait, finalement...

    Dix ans plus tard, madame Moussa et son fils vivent toujours ensemble, mangent, dorment, rentrent et sortent ensemble. Sont gros et gras ensemble.

    jules-moussa-pipo

     

     

     

     

    Et Jules? Ben, voilà où est sa place dans ce petit ménage... On ne le connaît pas. On ne le regarde pas. Et il ne grossit pas.

  • I comme invitation, incertitude et idées confuses

    Invitation

    Un presque ex-mari invite sa presque ex-épouse au restaurant pour fêter l'anniversaire de ladite presque ex-épouse alors que leur couple vit séparé depuis un an et demi et que le presque ex-mari a une autre femme dans sa vie depuis presque deux ans... vous suivez toujours?

    Incertitude

    Faut-il oui ou non accepter une telle invitation? Fête-t-on un anniversaire en tête-à-tête avec un presque ex-mari?

    Idées confuses

    Pourquoi cette invitation de sa part? Quelle conversation peut-on avoir? Qu'en pense sa nouvelle femme?

    Help! Aiuto! Ajutor!

  • H comme le hasard n'existe pas?

    M. et Mme W*** habitent une jolie maison à la campagne. M. W*** s'est retiré des affaires, a quitté la grande ville et s'adonne avec passion aux joies du jardinage. Il découvre la vie rurale et la fabrication du vin de fruits.

    M. et Mme T*** louent une maison mitoyenne où ils bichonnent leurs 9 m² de potager en rêvant du jour où ils auront un vrai jardin, des poules et des canards. M. T*** aimerait faire son propre vin.

    M. W*** meurt inopinément. Mme W*** ne veut pas rester seule dans une maison isolée à la campagne, elle retourne en ville et met la maison en vente.

    Le propriétaire de M. et Mme T*** refuse de prolonger leur bail d'année en année (c'est trois ans, ou six, ou neuf) ce qui les incite à partir plus tôt que prévu à la recherche de la maison de leurs rêves.

    Mme W*** place une petite annonce de trois lignes dans un toutes-boîtes de la région.

    Mme T*** épluche les petites annonces dans le toutes-boîtes de sa région.

    Je dois continuer ou vous avez deviné la suite et fin de l'histoire?

  • G comme gastronomie et littérature

    Parce que j'ai beaucoup aimé le livre, et même aimé le film, ce qui n'arrive pas souvent, voici quelques extraits du chapitre 18 d'Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda

    - Faut y aller là... On boira un café là-bas.
    - Mais je flotte complètement dans ce pantalon !
    - C'est pas grave.

    Ils traversèrent le Champ-de-Mars au pas de course.

    Camille fut surprise par l'agitation et la concentration qui régnaient déjà dans la cuisine.
    Il faisait si chaud tout à coup...
    - Voilà, chef. Un petit commis tout frais.
    L'autre grommela et les chassa d'un revers de la main.
    Franck la présenta à un grand type encore mal réveillé:
    - Alors, lui, c'est Sébastien. C'est le garde-manger. C'est aussi ton chef de partie aujourd'hui et ton big boss, OK?
    - Enchantée.
    - Mmmmm...
    - Mais c'est pas à lui que t'auras affaire, c'est à son commis...
    S'adressant au garçon : Il s'appelle comment déjà ?
    gavalda- Marc.
    - Il est là ?
    - Dans les chambres froides...
    - Bon je te la confie...
    - Qu'est ce qu'elle sait faire ?
    - Rien. Mais tu verras, elle le fait bien.
    Et il partit se changer aux vestiaires.
    - Il t'a montré pour les châtaignes ?
    - Oui.
    - Ben, les v'la, ajouta-t-il en lui indiquant un tas énorme.
    - Je peux m'asseoir ?
    - Non.
    - Pourquoi ?
    - On pose pas de questions dans une cuisine, on dit "oui monsieur" ou "oui chef".
    - Oui, chef.
    Oui gros con. Mais pourquoi avait elle accepté ce boulot ? [...]
    Personne ne parlait. On entendait seulement le tchac-tchac des couteaux, le glop-glop des gamelles, le blam-blom des portes battantes et le téléphone qui sonnait toutes les cinq minutes dans le bureau du chef. [...]

    A voix basse, elle demanda à son compagnon d'épluchures :

    Gavalda2- Il fait quoi, Franck ?
    - De qui ?
    - Lestafier.
    - Il est saucier et il supervise les viandes...
    - C'est dur ?
    Le boutonneux leva les yeux aux ciel :
    - Carrément. C'est le plus dur. Après le chef et le second, c'est lui le numéro trois dans la brigade...
    - Il est bon ?
    - Ouais. Il est con mais il est bon. Je dirais même qu'il est super bon. D'ailleurs, tu verras, le chef c'est toujours à lui qu'il s'adresse plutôt qu'à son second... [...]

    Franck passa près d'eux en fronçant les sourcils. Il les trouva bien dissipés. Ou bien gais.
    Ça ne lui plaisait pas trop cette affaire-là...
    - On s'amuse bien ? demanda-t-il moqueur.
    - On fait ce qu'on peut...
    - Rassure-moi... ça se réchauffe pas au moins ?

    - Pourquoi il t'a dit ça ?
    - Laisse, c'est un truc entre nous... Ceux qui font le chaud se sentent investis d'une mission suprême, alors que nous, là, même si on se donne un mal de chien, ils nous mépriseront toujours. On touche pas au feu, nous... [...]

  • F comme...

    françois

     

     

     

     

    Le 27 mai il y aura deux ans que F*** est mort, vaincu par un cancer. Il n'avait pas 19 ans. Cette photo est une des dernières, elle date de moins d'un mois avant sa mort.

    F*** savait qu'il allait mourir. Et pourtant il a continué. Continué sa première année de médecine et réussi brillamment ses examens aux environs de Pâques, alors qu'il était terriblement malade. Passé le permis de conduire. Testé un nouvel appareil photo.

    Il savait qu'il allait mourir. Et pourtant il s'inquiétait des bobos des autres. "Comment va ton genou?" demandait-il à un copain qui avait eu un petit problème de ce côté-là, alors que lui-même n'avait plus qu'un quart de poumon qui fonctionnait. 

    Il savait qu'il allait mourir. Mais il est pour moi le plus bel exemple du Carpe diem: vis pleinement ta vie, vis bien chaque journée qui t'est offerte.

    Et moi deux ans après j'enrage encore à ne pas comprendre pourquoi, pourquoi oui pourquoi un jeune comme lui devait nous être enlevé.

  • Les 7 péchés capitaux

    Petit cours d'instruction religieuse: qui peut nommer les 7 péchés capitaux? 

    L'ORGUEIL, L’IMPURETÉ, L’ENVIE, L’AVARICE, LA COLÈRE, LA GOURMANDISE et LA PARESSE.

    L’orgueil c'est quand je m'aime trop moi-même.

    L’impureté, c'est si je recherche le plaisir sexuel immédiat et pour moi-même.

    L’envie, c'est quand je ne supporte pas qu'un autre connaisse plus de bonheur que moi, ou quand je me moque de son malheur.

    L’avarice c'est quand j'aime trop la richesse.

    La colère c'est quand j'utilise de la violence physique ou verbale.

    La gourmandise c'est la gloutonnerie.

    La paresse, c'est quand je refuse de faire le travail ou l'effort que je dois faire.

    Il y a quelqu'un ici qui se sent encore bien, après cette lecture? Clin d'oeil

  • E comme école, élèves, enseigner

    C’est bien les photocopies toutes chaudes.

    C’est bien un(e) collègue qui est un(e) ami(e).

    C’est bien l’émotion de « Demain dès l’aube... »

    C’est bien d’avoir sa classe et tout le matériel qu'il faut.

    C’est bien l’Esprit des Lois : "Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu …"

     C’est bien quand tout le monde a son manuel!

    C’est bien un tableau propre, une classe propre, des bancs propres…

    C’est bien une belle histoire comme Oscar et la dame rose.

    C’est bien un gentil courrier dans mon casier.

    C’est bien d’être à son bureau et de contempler ses troupes.

    D’après "C’est bien... " de Philippe Delerm oscar

  • D comme décolleté

    Sur un forum, une jeune femme s'insurge contre le fait que des hommes lui font des "propositions malhonnêtes". Quelqu'un lui répond que ce n'est pas étonnant, vu la pose sexy qu'elle prend sur les photos qui ornent son profil, sans parler de la vue imprenable sur son décolleté plongeant...

    S'ensuit une discussion assez acharnée entre deux partis opposés:

    - il y a celles qui trouvent qu'une femme a le droit de montrer toute la chair qu'elle veut sans que pour cela des hommes doivent se croire permis de lui faire des propositions sexuelles

    - et celles qui pensent que l'image qu'une femme donne d'elle-même a son importance et qu'il est en effet dangereux de se la jouer sexy, que ce soit sur internet ou dans la vie réelle.

    Cependant une chose met tout le monde d'accord, les Américaines, les Européennes, les Asiatiques, les bouddhistes, les musulmanes... : il paraîtrait que les hommes sont pareils partout Clin d'oeil

    Ben tiens, tu m'étonnes!

  • C comme chien

    Les voisins avaient un chien. Ou plutôt une chienne. Jeune, fofolle, attachante, très douce de caractère. Idéale pour les enfants. Pas une once d'agressivité. De la vraie bonne graine de bon chien qui ne demande qu'à être éduqué.

    Et voilà justement où le bât blesse...

    La jeune fofolle attachante s'attachait en effet. A tout le monde ou presque.

    A moi, par exemple... des amis en visite me disaient: "Tiens, tu as un chien?" ou "Ah! il y a un chien là, sur la terrasse". Mademoiselle batifolait dans mon jardin et faisait connaissance avec mes chats. Je peux même dire qu'à ma grande surprise, ça ne se passait pas trop mal entre eux...

    Elle suivait aussi les promeneurs qu'elle trouvait sympathiques. Faisait avec eux la balade dans le bois et les alentours. Comme un fidèle toutou.

    Les voisins avaient donc un chien. Ils l'ont gardé presque un an. Mais ne se sont pas occupés de l'éduquer. Ont-ils pensé que ça s'éduquait tout seul? Qu'il suffisait de lui crier dessus? De l'attacher à une chaîne?

    Aujourd'hui les voisins se sont débarrassés de leur chien. Retour à l'expéditeur, comme une marchandise à laquelle on aurait trouvé un défaut de fabrication.

  • B comme Bruxelles

    Bruxelles est une ville que j'aime. Je réussis à ne pas trop m'y perdre, j'aime arpenter ses rues, mon petit plan à la main. La journée que j'y passe est toujours trop courte. Même pas le temps de faire du shopping Moqueur il y a trop de choses à voir et à faire...

    En ce moment par exemple ceci: une belle rétrospective Jean-Michel Folon: http://www.fondationfolon.be/folon2008/parcours_bruxelles_7_fr.html 

    et quelques balades à faire dans la ville pour découvrir ses sculptures, comme l'Oiseau, place du Grand Sablon, ou le Messager qui se trouve au Parc de Bruxelles: http://www.fondationfolon.be/folon2008/parcours_bruxelles_2_fr.html

    Allez, on y va!

  • Adrienne était une grande philosophe (2)

    Comme je l'ai déjà écrit dans mon premier billet sur Adrienne, sa principale leçon a été: "Il faut prendre les gens comme ils sont".

    Mais bien sûr, il y a encore bien des choses à retenir... par exemple ceci:

    "Si une autre est capable de le faire, alors moi aussi je dois en être capable"

    Malheureusement, cette petite phrase ne m'a jamais aidée au cours de gym: j'échouais lamentablement malgré tous mes efforts à ce que toute la classe (ou presque) était capable de faire...