• Z comme zéro

    Jour zéro des vacances puisque normalement elles ne peuvent commencer que le premier juillet.

    Que peut-on faire d'un jour zéro?

    Je commence les rangements ou le farniente? le jardin ou la maison? les bouquins ou l'ordinateur? le travail ou la santé? la famille ou les amis? gastronomie ou pain-fromage? sport ou télé?

    Quelle vie privilégiée si on peut s'occuper à de tels choix...

    Jour zéro des vacances? Jour zéro pour le Carpe diem! Vivons aujourd'hui.

    On relit Ronsard? Clin d'oeil

  • Y comme Yvonne

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    Nous sommes à la fin de l'été 1925. Un dimanche à Knokke. Yvonne porte fièrement son premier-né qui est âgé de six semaines. Elle aura 21 ans le 30 décembre. Il lui reste exactement 9 ans à vivre.

    Mon grand-père a quatre ans de plus. Sa confiance dans le photographe, sa belle-soeur, ne semble pas absolue.

  • X comme inconnus au bataillon

    Deux sacs de vieilles photos. Voilà ce que ma mère allait jeter pour cause de déménagement. Et voilà ce que j'ai récupéré.

    Mais à côté des visages qui me sont devenus familiers à force de les avoir vus en photo depuis tant d'années, les arrière-grands-parents, les arrière-grands-tantes et oncles, il y a tous ces inconnus au bataillon...

    Qui sont ces bébés plus qu'à moitié dénudés? ces communiantes avec leur couronne et leur voile? ces messieurs à grosses moustaches, l'un avec sa lourde chaîne de montre, l'autre avec son cigare? ces petites filles modèles avec leur grand noeud dans les cheveux et leurs souliers vernis? ces soldats en uniforme? ces religieuses aux énormes cornettes? ces mariées qui posent gravement à une époque où on ne se mariait pas encore en blanc?

    Je scrute les visages à la recherche de ressemblances, j'essaie de dater à l'aide d'éléments tels la coupe de cheveux ou de la robe, je me sens l'âme d'une égyptologue d'avant Champollion Clin d'oeil

  • W comme wagon de train

    Il n'y a pas que les liseurs, dans le train, il y a aussi les téléphoneurs. Bon, je sais que là je n'étonne personne.

    Mais l'autre dimanche en revenant de Bruxelles j'ai tout de même été un peu surprise. Un homme (grosse moustache et gros ventre) a sorti l'un après l'autre pas moins de trois portables. Trois portables différents. Trois marques, trois couleurs, trois époques. Et il les a tous utilisés. Deux pour affaires et un pour la famille. En tout cas c'est ce qui m'a semblé parce qu'il parlait une langue que je n'ai pas réussi à situer avec certitude... le turc, peut-être.

    Il les avait posés tous les trois sur la tablette et la jeune fille en face de lui a arrêté de potasser ses cours pour l'observer. Il parlait haut et fort, comme le font beaucoup de gens avec leur portable, surtout dans sa conversation avec la famille qui sans doute se trouvait fort loin et criait fort elle aussi... on entendait une voix de femme, des voix d'enfants.

    J'aime m'imaginer un bout de la vie des gens, rien qu'en les observant (ô! discrètement!) dans un wagon de train.

  • V comme vide

    Fin de l'année scolaire: c'est le moment ou jamais de faire le vide sur mon bureau... grosse corvée que je déteste et que je remets toujours, ce qui fait que j'accumule pendant plus de dix mois et qu'il faut bien, eh oui, s'y mettre un jour... aujourd'hui, par exemple.

    Premier problème: faire le tri. Que vais-je garder? Que vais-je jeter? une page de recettes à la ricotta, une invitation aux 18 ans d'un ancien élève (ça date de septembre 2007!), mon journal de classe de l'année 2006-2007, un tas de petites feuilles avec tous mes codes et mots de passe (de plus en plus de sites demandent de s'inscrire), des brochures de mes visites d'expos, des articles divers découpés dans des journaux et des magazines, un tas de petits souvenirs et de feuilles volantes sur lesquelles sont notées des choses "à ne pas oublier" et plein d'idées pour de futurs cours...

    Deuxième problème: classer et ranger ce que je garde. Les armoires sont pleines et les dossiers divers déjà bourrés à craquer. Bon, je réfléchirai à ça plus tard, pour le moment je n'en suis qu'au tri...

    Troisième problème (et ça je le sais à l'avance): être capable de retrouver un de ces précieux documents que j'aurai soigneusement classés...

    Quatrième problème: je prévois que comme chaque année j'aurai deux ou trois piles de choses déclarées "inclassables mais indispensables", de sorte que le vide de mon bureau sera quelque chose de très relatif... mais bon, j'arriverai peut-être à atteindre la fenêtre, qui a bien besoin d'être lavée...

    V comme vivent les vacancesMoqueur

  • U comme ubiquité

    Avoir le don d'ubiquité: voilà un mot que j'ai appris en lisant Le Ménage de Caroline, de Ghelderode. Et voilà qui souvent me viendrait bien à point...

    Comme l'explique le personnage du Gendarme dans le Ménage de Caroline, "Ubiquité veut dire: faculté de se trouver au même moment à plusieurs endroits éloignés l'un de l'autre..."

    Ainsi donc, samedi dernier j'aurais pu être en même temps à mon cours d'italien et à un enterrement, à une grande exposition de roses et à la journée de la musique, à faire mon marché, à défricher le jardin et à nettoyer la maison... et à l'ordinateur en plus!

    menagecaroline

  • T comme touriste

    Touriste à Bruxelles, le temps d'un week-end.

    Première étape en sortant de la gare Centrale: la petite rue au Beurre, quatre macarons de chez Darcis. Moment historique: ce sont les premiers-macarons-de-ma-vie. Un euro la pièce mais il y en a qui ont des folies plus coûteuses, n'est-ce pas...

    Deuxième étape, l'expo Jean-Michel Folon à l'Espace Wallonie-Bruxelles, rue du Marché-aux-Herbes. Gratuite.

    Je note ces quelques phrases parce que je les trouve si justes pour tout ce qui concerne l'art en général et l'iconographie en particulier:

    "Je n'ai rien inventé, puisque je dois tout à tout le monde. Je ne comprends pas mes images, et chacun est libre de les comprendre comme il veut. J'ai seulement essayé de fixer mes propres rêves, avec l'espoir que les autres y accrochent les leurs."

    Troisième étape, mon hôtel, pour y déguster un premier macaron (nougat-amandes). La décence m'interdit de m'étendre sur le sujet.

    Après quoi les plaisirs s'enchaînent, un bon bain chaud, une séance de shopping (moi, ce sont les livres; et une barquette de framboises), un cappuccino au bar de la Monnaie, une salade, deux autres macarons en dessert (framboise et coquelicot), Verdi et La Forza del Destino, magnifique et brûlant d'actualité... 

    Dimanche matin, viennoiserie au chocolat, le dernier macaron (cassis-violette) et visite de l'expo The British Royal Collection que je vous recommande vivement aussi, de même que le museum café Clin d'oeil

    Ah! j'aime Bruxelles!

  • Stupeur et tremblements de prof

    Un jeune prof sur quatre quitte l'enseignement dans les cinq premières années de sa carrière. Définitivement. Ce problème concerne un jeune prof sur cinq dans l'enseignement primaire et un sur trois dans le secondaire. Il s'agit ici de chiffres pour la Communauté flamande mais je suppose qu'on arrive aux mêmes conclusions du côté francophone.

    Pourquoi cette défection? Alors qu'ils ont été formés pour l'enseignement, ont suivi des stages et se sont probablement lancés dans la carrière avec l'enthousiasme de la jeunesse.

    La plupart du temps les élèves sont mis en cause: le bras de fer quotidien use les plus motivés. Les parents aussi: qui jugent, jaugent, évaluent et critiquent les jeunes profs. La direction et les collègues qui laissent faire et se démerder tout seul le débutant.

    Quel drame pour l'enseignement qui manque déjà de profs! Toute une génération part en retraite et peu de jeunes sont intéressés par la carrière. Comment pourrons-nous continuer ainsi à garantir l'excellent niveau de notre enseignement?

    Pour le ministre la réponse est simple: les profs en fonction n'auront qu'à rester fidèles au poste plus longtemps! Si tout va bien, je serai devant la classe jusqu'à mes 60 ans. Mais si j'ai bien compris le ministre, j'y serai peut-être encore 7 ans de plus.

    Il est plus que temps de mener une campagne dans le genre de celle-ci:

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  • c'est arrivé un 22 juin

    le 22 juin 841, l'empire de Charlemagne est l'objet d'une bataille entre ses trois petits-fils (bataille de Fontenay-en-Puisaye, dans l'Auxerrois). Lothaire, héritier légitime, est vaincu par ses frères Louis le Germanique et Charles le Chauve. Il devra accepter le traité de Verdun de 843, par lequel Charles obtient la partie francophone et Louis la partie germanophone. Les nations qui ressortiront de ce conflit seront les embryons de l’Allemagne, de la France et de l’Italie.  

    le 22 juin 1633, le savant italien Galileo Galilei, alors âgé de 70 ans, est condamné à la prison à vie par la congrégation du Saint-Office, le bras judiciaire de l'Inquisition. Il a été obligé d’abjurer le système héliocentrique de Copernic, dont l'œuvre a été mise à l'Index 15 ans plus tôt. Mais Urbain VII, qui avait au départ soutenu Galilée, transmue cette peine en assignation à résidence. Après avoir renié ses convictions scientifiques et en particulier le fait que la terre tourne sur elle-même, Galilée aurait murmuré "Et pourtant elle tourne". Cependant il est fort probable que cette phrase ne soit qu’un mythe. L'Eglise le réhabilitera en 1992. (source: www.linternaute.com)              

     

    le 22 juin 1941, Hitler déclenche l'opération Barbarossa contre la Russie de Staline, la deuxième des trois décisions qui, selon les spécialistes, l'ont amené à la défaite
  • R comme réunion des anciennes

    Dans ma boîte aux lettres ces jours-ci: une invitation d'une ancienne copine de classe Sourire

    Pour une petite réunion en octobre prochain Cool 

    Boudiou de boudiou, qu'il est loin le temps où on était nous-mêmes sur les bancs de l'école... (petite pensée un brin nostalgique... mais pas trop!)

    Il y a sept ans, nous nous étions retrouvées une première fois pour fêter le quart de siècle de nos adieux à l'école (je sais, ça fait un bail!). Une seule manquait à l'appel: elle vivait en Inde, ça faisait un peu loin, n'est-ce pas.

    Nous avions alors passé un bon moment ensemble à nous raconter notre parcours de vie - les mariages et les divorces - et à remuer quelques souvenirs. C'était un peu bizarre d'ailleurs de constater que chacune avait retenu des anecdotes différentes: ce qui avait frappé l'une, au point de se rappeler le moindre détail, n'avait pas forcément frappé l'autre, ou les autres...

    Je serai contente de les revoir toutes, on s'entendait bien, comme classe.

  • bilan

    Aujourd'hui exactement dix-neuf mois sans lui.

    J'ai survécu. 

    Je ne souffre plus.

    Je vais même bien.

    Enfin Sourire

  • R comme Roumanie

    Désolée! Pas de troisième leçon de roumain... ce mois-ci, je suis légèrement débordée...

    Tu vois bien, Violeta, que j'ai besoin de ton aide!

    En compensation, une photo du musée des Arts de Craiova:

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  • Question existentielle

    "II faut mettre la société au service de l'école et non pas l'école au service de la société."

    Gaston Bachelard (1884-1962)

    Soit je comprends très mal ce que Bachelard a voulu dire, soit je suis obligée de constater que l'évolution de l'école va exactement dans le sens contraire à cet idéal.

    Il me semble que non seulement l'école est de plus en plus au service de la société mais surtout que la société trouve juste, normal et naturel qu'elle le soit.

    La société veut une école qui forme les jeunes à ses besoins, surtout à ses besoins économiques.

    La société veut une école qui prenne en charge tout ce dont elle-même ne veut pas ou ne veut plus s'occuper. Jusqu'à l'obtention du permis de conduire.

    La société veut une école qui résolve ses nombreux problèmes. C'est à l'école de repérer la jeune fille anorexique, le jeune suicidaire, l'accro aux jeux en ligne, l'enfant hyperkinétique.

    La société veut une école qui obtienne de ses jeunes tout ce que de trop nombreux parents ont depuis longtemps abandonné: de l'autodiscipline, de bonnes habitudes alimentaires, une bonne hygiène de vie, de bonnes manières.

    Et en plus de tout ça, il faudrait bien sûr que l'école atteigne le plus haut niveau dans l'enquête PISA de l'OCDE. Ben voyons!

  • P comme poèmes pour la postérité

    Récemment, un prof de Lettres (c'est comme ça qu'on dit en France, hein) posait la question suivante sur notre liste d'échanges: "Si on ne pouvait garder que 10 poèmes de la littérature française, lesquels retiendriez-vous?"

    Voilà le genre de question que je DETESTE. Presque autant que celle des 3 (ou 5) objets qu'on emporterait sur notre île déserte... est-ce qu'il y aura l'électricité, sur mon île? est-ce que j'aurai besoin d'un précis de botanique pour savoir quelle plante manger ou est-ce que ce sera le moment de lire A la recherche du temps perdu? hamac ou moustiquaire? crème solaire ou boîte à outils?

    Enfin bref, je n'ai malgré tout pas pu m'empêcher d'y réfléchir, à cette horrible question des 10 poèmes à sauver pour l'éternité.

    Serons-nous équitable et en prendrons-nous un ou deux par siècle? Bernard de Ventadour, Charles d'Orléans, François Villon, Christine de Pisan,... faut déjà que je m'arrête, désolée Marie de France, pauvre Rutebeuf, le 16e siècle m'attend.

    Clément Marot, Ronsard, Du Bellay, ne pas oublier ma chère et folle Louise Labé, zut, ça en fait déjà quatre.

    Pas grave, au 17e siècle je ne prendrai que La Fontaine et au 18e juste André Chénier.

    Bon, ça en fait déjà 10 quand même. Et on n'a pas encore décidé quel poème UNIQUE on garderait de chacun!

    Alors le 19e siècle, Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé... ?

    Et le 20e? Verhaeren! Jammes, Apollinaire, Eluard, Aragon, Prévert, Michaux, Senghor, Césaire... ?

    Help! je veux les sauver tous, moi! même cette pauvre Marceline Desbordes-Valmore et sa couronne effeuillée...

     

  • O comme ou

    Aujourd'hui ou demain (promesse)

    Le bien ou le mal (jeu vidéo)

    Oui ou non (vas-tu nous dire où tu as caché Bolivar? Montserrat, Emmanuel Roblès)

    L'un ou l'autre (François Coppée)

    Mort ou vif (The Quick and the Dead)

    Vaincre ou mourir (bataille des Thermopyles, 480 a.C.)

    L'aile ou la cuisse (Claude Zidi)

    Le Tartuffe ou l'imposteur (Molière)

    Le mariage de Figaro ou la folle journée (Beaumarchais)

    Ici ou là-bas (Diden Zegaoui)

    Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée (Alfred de Musset)

    L'oeuf ou la poule (Ménandre 1er et Nagasena)

    C'est lui ou moi (complexe d'Oedipe)

    Ici ou ailleurs (IAM)

    Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir (La Fontaine)

  • N comme ni... ni...

    Ni Dieu ni maître, chante Léo Ferré

    Ni vieux ni traîtres, titre le film 

    Ni putes ni soumises, crie Fadela Amara

    Ni claques ni fessées, clame le site contre les punitions corporelles

    Ni d'Eve ni d'Adam, écrit Amélie Nothomb

    Ni vu ni connu, grimace Louis de Funès

    Ni oui ni non, prescrit le jeu auquel je perds toujours

    Ni pour ni contre, réalise Eric Klapisch

    Ni blanc ni noir, chante Henri Tachan

    Ni l'un ni l'autre, s'accorde au singulier

    Ni plus ni moins, joue à Vannes et se lit en BD

    Ni héros ni zéros, titre l'Equipe 18 mai

    Ni bon ni mauvais, boire du café après l'infarctus

    Ni feu ni lieu, écrit Nicolas Boileau

    Ni foi ni loi, ça marche pour le Roi Soleil

    et maintenant c'est à Sarkozy

     

  • M comme le mot de Cambronne

    Pas pu travailler au jardin ces derniers mois, comme je l'aurais dû (et voulu) donc il s'est transformé en une friche insurmontable

    Fait du pain au son sans vérifier ma recette donc mis 150 gr de son au lieu des 50 requis... c'est compact et ça a un goût de paille sèche

    Tondu la pelouse en vitesse un soir, mais je me suis blessé l'oeil à une branche de rosier

    La radio ne marche plus et je ne comprends pas pourquoi

    Le facteur ne m'apporte plus de journal

    Le cancer est en train de gagner la bataille contre mon père

  • L comme liste

    Liste de tout ce qu'il y avait dans mon frigo un mardi comme les autres, du haut en bas:

    8 pots de yaourt (entier, le yaourt)

    1 boîte de café moulu (c'est ma mère qui tient absolument que le café moulu soit conservé au frigo)

    1 Saint-Marcellin

    1 rouleau de pâte feuilletée

    6 asperges blanches déjà cuites, un reste de pommes de terre à la crème et un carré de côtes d'agneau grillées 

    deux raviers de fraises (oui, vous avez bien lu, ça fait un kilo que je déguste en quatre jours)

    deux bottes de radis

    deux concombres

    une botte d'oignons verts (pour prouver que je n'achète pas tout par paire)

    un kilo de carottes (celles-là sont bio)

    Et dans la porte, du haut en bas:

    un bloc de parmesan

    deux petits bricks de crème fraîche

    une boule de mozzarella di bufala (j'en mangerais toutes les semaines, en salade ou en tartes aux légumes)

    1 pot de confiture de framboises (mmm... maison!)

    1 pot de Nutella (je sais, on ne peut pas mettre le Nutella au frigo)

    1 pot de moutarde à l'ancienne

    1 bouteille de vin de pêche presque vide

    1 bouteille de vin blanc (presque vide aussi)

    1 bouteille d'eau gazeuse (pour les invités qui n'aiment pas l'eau plate)

    1 bouteille de jus d'oranges

    Et tout ça pour moi toute seule.

    Comment, ça n'intéresse personne?

     

  • K comme Kamut

    Des amis connaissant ma récente passion pour ma MAP m'ont offert de la farine de Kamut.

    Kamut

     

     

     

     

    A ceux qui lèveraient un sourcil interrogateur à la lecture de ce mot, je copie-colle ci-dessous une petite explication trouvée sur le site Supertoinette (www.supertoinette.com):

    "Farine de Kamut®, originaire de Mésopotamie depuis plus de 5000 ans...

    Le Kamut®, ("âme de la terre" nom du blé en égyptien ancien) est considéré comme l'ancêtre du blé, mais contrairement à celui-ci, il n'a jamais subi de modification génétique.
    Sa culture avait périclité faute de rendement, mais au milieu du XXè siècle, quelques grains furent ramenés dans le Montana (USA) et sont maintenant une variété protégée. Sans besoin de fertilisants ni pesticides, sa culture biologique est d'un volume limité ce qui la rend assez onéreuse. Le nom Kamut® est en fait devenu un nom commercial.
    Grande céréale dont l'épi peut porter 3 fois plus de grains que le blé, ses gros grains longs et bosselés donnent une farine jaune au goût de beurre noisette qui ressemble plutôt à une fine semoule qu'à de la farine de blé."

    J'ai donc fait mon premier pain à la farine de Kamut. Après avoir longuement hésité - l'employer pure? la mélanger à d'autres? si oui, à quelle(s) autre(s) farine(s)? y ajouter des noisettes? des graines de sésame? de pavot? et autres questions existentielles - j'ai opté pour la recette suivante:

    200 gr de farine de Kamut et 300 gr de farine 6 céréales, 300 ml d'eau, de la levure comme d'hab' et 50 gr de graines de sésame. La farine de Kamut demande de l'eau dans des proportions de 700 ml pour 1000 gr alors que les autres farines sont dans des proportions de plus ou moins 550 pour 1000.

    Le résultat est excellent mais la prochaine fois je ferai un pain à la farine de Kamut pure (ou presque), pour en avoir le goût sans aucun mélange.

     

  • J comme jeudi

    Est-ce que le jeudi serait le jour le plus banal dans la vie des autres aussi?

    Pour moi, il me semble que le jeudi n'est jamais qu'un point de transition entre un mercredi  (je suis libre le mercredi après-midi, donc je peux parfois projeter autre chose que du travail pour l'école) et un vendredi (fin de la semaine de travail et soirée où on aime faire un truc sympa).

    Mais le jeudi? Il me semble que ce jour-là il n'y a jamais eu piscine, restaurant, cinéma, soirée entre amis, activité délassante...

    Petit coup d'oeil à mon agenda 2008: ah ah! un petit voyage à Paris un jeudi de janvier et une soirée au restaurant un jeudi du mois de mai...

    Bon, d'accord, je ne dis plus rien contre les jeudis!

  • I comme incipit

    Voici les premières lignes d'un roman. Ceux qui veulent "jouer à trouver la bonne réponse" ne lisent pas la dernière ligne...

    « Monsieur,
    « Vous me demandez de venir passer une huitaine de jours chez vous, c’est-à-dire, auprès de ma fille que j’adore. Vous qui vivez auprès d’elle, vous savez combien je la vois rarement, combien sa présence m’enchante, et je suis touchée que vous m’invitiez à venir la voir. Pourtant, je n’accepterai pas votre aimable invitation, du moins pas maintenant. Voici pourquoi : mon cactus rose va probablement fleurir. C’est une plante très rare, que l’on m’a donnée, et qui, m’a-t-on dit, ne fleurit sous nos climats que tous les quatre ans. Or, je suis déjà une très vieille femme et, si je m’absentais pendant que mon cactus rose va fleurir, je suis certaine de ne pas le voir refleurir une autre fois…
    « Veuillez, donc, accepter, Monsieur, avec mon remerciement sincère, l’expression de mes sentiments distingués et de mon regret. »
    Ce billet, signé « Sidonie Colette, née Landoy » fut écrit par ma mère à un de mes maris, le second. L’année d’après, elle mourait, âgée de soixante-dix-sept ans.
     Colette, La naissance du jour

  • H comme le hasard n'existe pas?

    Il y a 337 ans, Vatel se suicidait. Je sais bien que normalement on ne célèbre pas les 337e anniversaires et encore moins les suicides, mais cette histoire-ci a toujours frappé mon imagination. Si on relit la lettre dans laquelle Madame de Sévigné relate le triste événement (voir mon message d'avant-hier), on constate surtout qu'il s'agit d'une suite de coïncidences fatales qui viennent accabler un homme surmené et exténué de fatigue.Une suite de hasards malheureux…

    Tout d'abord, il y a plus de convives que prévu, de sorte qu'un premier problème se présente: on manque de rôti à quelques tables. Ensuite, les préparatifs des festivités coûtent le sommeil à Vatel, qui affirme ne plus avoir dormi depuis douze nuits… Douze nuits! Le jeudi soir, le feu d'artifice ne réussit pas à cause du mauvais temps, il y a trop de nuages. Encore une nuit sans dormir. Puis arrive l'aube du vendredi, jour maigre, d'où l'importance d'avoir cet arrivage de poisson. Et il y a ce malentendu fatal: "Est-ce là tout?"…

    Par deux fois, il signale son mal-être à Gourville, annonce en quelque sorte son suicide: "Monsieur, je ne survivrai pas à cet affront-ci; j'ai de l'honneur et de la réputation à perdre", mais Gourville ne le prend pas au sérieux. En outre, Vatel dispose d'une arme dans sa chambre. Lui qui est roturier a obtenu, en l'honneur de son talent, le droit de porter l'épée. Pas facile de se transpercer d'une épée qu'on a calée contre la porte: il a besoin de trois tentatives. Enfin, au moment où il baigne dans son sang, la marée "arrive de tous côtés"…Au lieu de dire que Vatel s'est suicidé parce que la marée n'arrivait pas, je pencherais pour l'explication suivante: Vatel s'est suicidé parce qu'il était tellement perfectionniste qu'il ne pouvait rien déléguer. Comme dirait mon père, les cimetières sont pleins de gens qui se croyaient irremplaçables, indispensables…
  • G comme gastronomie et décadence

    MENU du DINER de GALA servi le week-end du 10-11 février 2007 à Bangkok  

    Crème brûlée de foie gras aux fèves de Tonga
    Champagne Louis Roederer Cristal 1990
      

    Tartare de bœuf de Kobe au caviar Impérial Béluga et aux huîtres de Belon
    Champagne Krug Clos du Mesnil 1995
      

    Mousseline d'écrevisses pattes rouges à l'infusion de morilles
     Corton-Charlemagne 2000 de Jean François Coche-Dury
      

    Tarte Fine de coquilles Saint-Jacques à la truffe noire
    Le Montrachet 1996 du Domaine de la Romanée-Conti
      

    Osso Bucco de homard
    Romanée-Conti 1985
      

    Ravioli de pintadeau au fromage burrata et fond de veau
    Château Palmer 1961
      

    Selle d'agneau "Leonel"
    Château Mouton Rothschild 1959
      

    Sorbet "Dom Pérignon" Suprême de pigeon en croûte aux cèpes, sauce aux cipollotti
    Château Haut-Brion 1961
      

    Joue de veau aux truffes du Périgord

    Château Latour 1955

    Pyramide impériale de pain d'épices au caramel et glace au beurre salé
     Château d'Yquem 1967

     

    Vous aurez remarqué que je ne vous dis pas le prix de ces agapes, je tiens trop à votre santé mentale, morale et physique… Pour moi ce sera juste une 'Tarte Fine de coquilles Saint-Jacques à la truffe noire' et le 'Suprême de pigeon en croûte aux cèpes', merci!
  • F comme fait divers

    Lettre de Madame de Sévigné à sa fille Madame de Grignan À Paris, ce dimanche 26e avril [1671]       

    Il est dimanche 26 avril; cette  lettre ne partira que mercredi; mais ceci n'est pas une lettre, c'est une relation que vient de me faire Moreuil, à votre intention, de ce qui s'est passé à Chantilly touchant Vatel. 

    Je vous écrivis vendredi qu'il s'était poignardé: voici l'affaire en détail.   

    Le Roi arriva jeudi au soir; la chasse, les lanternes, le clair de la lune, la promenade, la collation dans un lieu tapissé de jonquilles, tout cela fut à souhait. On soupa; il y eut quelques tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîneurs où l'on ne s'était point attendu. Cela saisit Vatel; il dit plusieurs fois: «Je suis perdu d'honneur; voici un affront que je ne supporterai pas.» Il dit à Gourville: «La tête me tourne, il y a douze nuits que je n'ai dormi; aidez-moi à donner des ordres.» Gourville le soulagea en ce qu'il put. Ce rôti qui avait manqué, non pas à la table du Roi, mais aux vingt-cinquièmes, lui revenait toujours à la tête. Monsieur le Prince alla jusque dans sa chambre, et lui dit: «Vatel, tout va bien, rien n'était si beau que le souper du Roi.» Il lui dit: «Monseigneur, votre bonté m'achève; je sais que le rôti a manqué à deux tables. - Point du tout, dit Monsieur le Prince, ne vous fâchez point, tout va bien.» La nuit vient: le feu d'artifice ne réussit pas, il fut couvert d'un nuage; il coûtait seize mille francs. À quatre heures du matin, Vatel s'en va partout, il trouve tout endormi; il rencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée; il lui demande: «Est-ce là tout?» Il lui dit: «Oui, Monsieur.» Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. Il attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne viennent point; sa tête s'échauffait, il croit qu'il n'aura point d'autre marée; il trouve Gourville, et lui dit: «Monsieur, je ne survivrai pas à cet affront-ci; j'ai de l'honneur et de la réputation à perdre.»  Gourville se moqua de lui. Vatel monte à sa chambre, met son épée contre la porte, et se la passe au travers du cœur; mais ce ne fut qu'au troisième coup, car il s'en donna deux qui n'étaient pas mortels: il tombe mort. La marée cependant arrive de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer; on va à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte; on le trouve noyé dans son sang; on court à Monsieur le Prince, qui fut au désespoir. Monsieur le Duc pleura; c'était sur Vatel que roulait tout son voyage de Bourgogne.  Monsieur le Prince le dit au Roi fort tristement: on dit que c'était à force d'avoir de l'honneur en sa manière; on le loua fort, on loua et blâma son courage. Le Roi dit qu'il y avait cinq ans qu'il retardait de venir à Chantilly, parce qu'il comprenait l'excès de cet embarras. Il dit à Monsieur le Prince qu'il ne devait avoir que deux tables et ne se point charger du reste. Il jura qu'il ne souffrirait plus que Monsieur le Prince en usât ainsi; mais c'était trop tard pour le pauvre Vatel. Cependant Gourville tâche de réparer la perte de Vatel; elle le fut: on dîna très bien, on fit collation, on soupa, on se promena, on joua, on fut à la chasse; tout était parfumé de jonquilles, tout était enchanté. Hier, qui était samedi, on fit encore de même; et, le soir, le Roi alla à Liancourt, où il avait commandé un médianoche; il y doit demeurer aujourd'hui. Voilà ce que m'a dit Moreuil pour vous le mander. Je jette mon bonnet par-dessus les moulins, et je ne sais rien du reste.

    sévigné

          portrait de Madame de Sévigné au musée Carnavalet

  • Les 7 péchés sociaux

    Début mars, nous avons appris qu'il y avait aussi des péchés sociaux. Comme par hasard, ils sont également au nombre de 7:

    1.les violations bioéthiques, comme le contrôle des naissances.

    2.les recherches à moralité douteuse, comme la recherche cellulaire

    3.l’abus de drogue

    4.la pollution de l'environnement

    5.Contribuer à élargir le fossé entre les pauvres et les riches

    6.Trop de richesse

    7.Contribuer à la pauvreté

    Conclusion: tous coupables! Car en effet, comment échapper au numéro 4, par exemple? Vivre, c'est polluer... et mourir aussi, d'ailleurs. C'est sans issue.

  • E comme école, élèves, enseigner

    C’est bien quand le rang est complet et qu’on dit « On y va ».

    C’est bien tous ces accords qu’on voit et qu’on fait.

    C’est bien de pouvoir se faire plaisir aussi avec une belle chanson.

    C’est bien les anciens élèves et les retrouvailles.

    C’est bien de voir des notes de cours bien complètes et bien classées.

    C’est bien un examen, les feuilles qui tremblent et qui respirent.

    C’est bien de dire c’est mieux.

    C’est bien de dire c’est bien.

    C’est bien beau tout ça.

    C’est bientôt fini.

    D’après "C’est bien... " de Philippe Delerm lies1

  • D comme décision définitive

    C'est décidé, le choix est fait!

    monnaie 

     

    A la Monnaie pour la saison prochaine je m'organise une sélection sans trop de risques, La Cenerentola de Rossini pour commencer dans la joie et la bonne humeur, le Requiem de Verdi aux alentours de la Toussaint, c'est approprié, Rusalka de Dvorak, il faut tout de même un peu enrichir sa culture Clin d'oeil n'est-ce pas...

    Ensuite deux opéras que je reverrai avec plaisir, La Calisto de Cavalli et les Nozze di Figaro, de Mozart, je me réjouis déjà!

    Enfin, un récital de Noël, les Liebeslieder de Brahms et deux spectacles de danse, l'un sur des suites pour violoncelle de Bach et l'autre sur des Impromptus de Schubert...

    Mais - ô honte sur moi - je boude nos deux grands auteurs belgo-belges au programme, Maeterlinck avec Pelléas et Mélisande et de Ghelderode avec le Grand Macabre: pardon, professeur Beyen! Je sais que je suis impardonnable...

  • C comme confidences

    Il y a celle qui a des problèmes au boulot. Il y a celle qui a des problèmes conjugaux.

    Il y a celle qui voudrait avoir un enfant. Il y a celle qui a perdu un enfant.

    Il y a celle qui a un cancer. Celle dont le père a un cancer. Celle dont le fils a un cancer.

    "Si on ne voulait qu'être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont." Montesquieu

     

  • B comme brol

    Le mot 'brol' est un mot flamand intraduisible et indispensable.

    Dans le dictionnaire traducteur, vous trouverez 'camelote' mais ce n'est qu'un tout petit aspect de la large gamme que ce mot peut couvrir.

    J'ai besoin du mot 'brol' pour désigner

    - le tas de choses qui encombrent mon bureau ou les greniers de mes parents, que ce soient des paperasses, des fleurs séchées, de la laine à tricoter, des verres ou des pots de peinture

    - une machine qui ne fonctionne pas comme elle le devrait, un produit quelconque qui ne correspond pas à l'attente ou qui ne remplit pas ses promesses

    - les choses désagréables que je suis obligée de faire, professionnellement ou non, et plus généralement tout ce qui me déplaît

    Tout ça, c'est du 'brol'... et si quelqu'un a une bonne suggestion pour traduire, je suis preneuse.

  • A comme Adrienne

    A comme Adrienne, mais aussi comme acceptation et accommodement.  

    A force d'accepter les autres comme ils sont, surtout ceux qu'elle aimait, Adrienne baissait la tête et supportait tout. Pour ne pas les fâcher. Pour ne pas discuter.

    Jamais, quand j'y repense, je n'ai été témoin de la moindre dispute. De ma plus petite enfance jusqu'à mes 35 ans, l'âge que j'avais quand elle est décédée. Jamais un mot plus haut que l'autre.