• Dernier jour

    Un dernier jour de vacances baigne déjà dans une ambiance de retour et de nostalgie, avant même qu'on soit parti.

    Dernier cappuccino, dernière glace 'nocciola', voir une dernière fois la mer...

    Et puis prendre une dernière fois le train et un dernier bus. Quelle différence avec le jour de l'arrivée! Maintenant, on est une pro des machines qui distribuent les tickets ou qui les valident et on s'y retrouve très bien dans les horaires, les lignes et les arrêts.

  • Z comme zaino

    "Zaino", est un mot italien que j'ai appris récemment et qui signifie sac à dos.

    Ce sac qu'il faut porter finit toujours par être trop lourd et trop encombrant. Même s'il ne contient que le strict minimum, on préférerait voyager tout simplement sans rien.

    Alors on étudie soigneusement son contenu avant de se mettre en route, on pèse le pour et le contre de chaque objet qu'on décide d'emporter ou de ne pas emporter.

    Même s'il ne s'agit que de 150 ml de crème solaire, d'un paquet de mouchoirs en papier ou d'une bouteille en plastique vide qu'on pourra remplir à une fontaine...

  • Y comme Yvonne

    Un des documents les plus touchants de mes 'archives', c'est ce menu du mariage d'Yvonne. Il s'agit d'un simple carton portant le mot 'Menu' en lettres dorées et décoré d'un trèfle à quatre feuilles... porte-bonheur qui n'a fonctionné que 10 ans.

    Yvonne y a écrit le menu à la main et par endroits l'encre est un peu effacée; on sait comme les menus sont exposés à tous les dangers, sur une table de fête, et surtout à celui des verres renversés.

    Nous sommes en 1924 et la famille est modeste. Voici ce qu'on a servi:

    Potage aux tomates

    Bouchées à la Reine

    Aiglefin au beurre

    Filet de boeuf à la jardinière

    Poulets - poires - salades

    Fruits - Desserts 

    Les bouchées à la Reine, c'était un des plats préférés de mon grand-père, qui n'était pas un gros mangeur.

  • X comme X et X

    L'amie qui est venue vider ma boîte aux lettres pendant mon absence m'apprend qu'il y a deux lettres qui m'attendent chez elle.

    Comme je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui demander tout de suite de qui ça venait, et d'où, j'en suis quitte à me perdre en conjectures...

  • W comme wagon de train italien

    Quand j'arrive à la gare de Pisa Centrale, j'ai un train qui part dans deux ou trois minutes. Mais au guichet, il y a bien une dizaine de personnes avant moi.

    Je cours tout de même jusqu'au quai dès que j'ai mon billet, un quart d'heure plus tard - on ne sait jamais - et hop! je peux encore sauter dans le train puisque par bonheur pour moi il a apparemment exactement 15 minutes de retard!

    Mais avant de ranger mon ticket, je l'examine, saisie d'un doute... et oui, en effet, voilà ce que je craignais: "da convalidare prima della partenza"

    Comme pour les tickets de bus, il faut le valider soi-même dans un appareil ad hoc et ça aurait dû se faire à la gare. Trop tard donc.

  • V comme voyage, voyage

    corniglia

     

    Quand on arrive en vue de Corniglia, un grand panneau engage le randonneur à monter au "centro storico" car, affirme le texte, ça vaut vraiment la peine de faire ces 365 marches pour aller au village.

    "Les grandes personnes aiment les chiffres", comme le dit si bien Saint-Exupéry dans Le petit Prince...

    Mais moi, pour me donner du coeur au ventre et aussi parce que ce chiffre me semblait trop beau pour être vrai - précisément 365 comme les jours de l'année - je les ai comptées. En fait, il y en a bien 384. Mais la municipalité de Corniglia aura sans doute estimé que ce nombre de 384 marches n'avait rien d'engageant...

  • U comme uliginaire et uligineux

    Je n'aime pas me plaindre du temps qu'il fait. Je ne me joins que très exceptionnellement au concert des lamentations sur les pluies passées, présentes et à venir. Je donne rarement raison au commerçant qui entame le débat sur les températures trop basses ou trop élevées, aux collègues qui voudraient qu'il fasse beau le dimanche mais pas le lundi et à ceux qui, en hiver, se plaignent qu'il ne neige plus et râlent quand la neige est là.

    Mais voilà qu'aujourd'hui je découvre dans mon petit Robert le mot uligineux ou uliginaire: "1° Humide. Terrains uligineux. 2° Qui vit dans l'humidité. Plantes uliginaires, uligineuses."

    Un mot savant me consolera donc des pelouses détrempées où l'herbe pousse sans qu'on puisse la tondre, des salades qu'il faut s'ingénier à protéger des limaces de manière écologique - limaces grises, beiges ou oranges qui croissent et se multiplient, grosses et grasses habitantes de mon terrain uligineux - et des meubles de jardin qui ont une fonction purement décorative.

    "S'il pleut, ça fera du bien aux légumes" dit Faust dans son prologue, juste avant de déclarer: "Hélas! Ma mère, pourquoi fîtes-vous si maladroitement l'amour?" (La Mort du docteur Faust, de Michel de Ghelderode)

     

  • T comme téléphonophobique

    Je ne sais pas si le mot existe mais pour moi il faudrait l'inventer: la phobie du téléphone.

    Depuis toujours, irrémédiablement, je suis je reste téléphonophobique.

    Toute petite déjà. Quand le téléphone sonnait, on se criait l'un à l'autre "Téléphone!" et le scénario-catastrophe-phobique était que ma mère me dise: "Décroche!"

    Alors que tous les autres enfants, à ma connaissance, se ruent sur le combiné à la première sonnerie. J'ai même vu des frères et soeurs se le disputer et se l'arracher.

    Aujourd'hui encore, tous les symptômes de la véritable phobie sont toujours réunis, ce qui fait que quand mes amies entendent mon "allô?" elles me demandent souvent avec inquiétude comment je vais et me disent que ma voix est bizarre... ben tiens!

    Mais le pire de tout, c'est quand je dois appeler moi-même quelqu'un. Il y a toujours mille bonnes raisons de ne pas le faire ou de le différer: n'est-ce pas bientôt l'heure de la popote, du repas en famille, du feuilleton préféré, du journal télévisé, du match de foot, du coucher des petits? n'est-il pas trop tôt, ils font peut-être la grasse matinée? ou trop tard, ils vont se demander qui ose les déranger à cette heure?

    Alors voilà ma question: d'autres se reconnaissent-ils ici ou suis-je vraiment un cas pathologique?

     

  • Stupeur et tremblements de petit Belge

    Quand les camionneurs, les taximen ou les fermiers viennent protester à Bruxelles contre la vie chère, comme le 18 juin dernier, le pays entier retient sa respiration pour les dégâts que cela pourra (encore!) causer et on conseille à chacun de prendre les transports en commun ou de carrément éviter la capitale ce jour-là.

    En Inde début juillet ce sont quatre millions de routiers qui ont manifesté et bloqué le pays. Quatre millions.

    Pour comparaison, selon le site du journal Le Soir, le 18 juin dernier à Bruxelles il y avait de 90 à 150 taxis, 174 camions et entre 500 et 1000 tracteurs.

    Ouf! Vive la Belgique!

  • C'est arrivé un 22 juillet

    le 22 juillet 1944: les accords de Bretton Woods (USA) préparent la réorganisation et la reconstruction économique du monde après la 2e guerre mondiale.Les accords de Bretton Woods, préparés essentiellement par l’économiste britannique John Maynard Keynes et le secrétaire au Trésor américain Harry White, ont permis de créer un nouveau système monétaire international basé sur la stabilité des monnaies rattachées au dollar américain, devise de référence indexée sur l’or (dont les USA détiennent alors 75 % du stock mondial).2 organismes affiliés à l’ONU ont été créés à l’issue des accords : le FMI (Fonds Monétaire International) et la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement) basés à Washington. Plus tard, en 1947, le GATT (General Agreement on Tariffs & Trade), ancêtre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a été mis en place pour réguler les échanges commerciaux.Ces accords consacrent la prééminence de l’économie américaine et du système capitaliste de libre-échange dans le monde d’après 1945. (source: http://lewebpedagogique.com)

    le 22 juillet 1946: fondation de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

     

    Le 22 juillet 1969, Maurice Schumann, ministre français des Affaires étrangères, prononce son premier discours au Conseil des ministres de la Communauté économique européenne (CEE) pour souhaiter que les Six définissent clairement les conditions d'adhésion au Marché commun. (www.ena.lu)
  • R comme Roumanie

    Puisque ce sont les vacances, je vous propose d'aller regarder un petit film en roumain sous-titré en français. Je laisse la parole au réalisateur: 

    "Chers amis, je suis Alexandru MITA, metteur en scène et professeur de FLE, directeur de la troupe de théâtre et de cinéma de l'Association Culturelle Europea. Je vous invite à découvrir le site du film artistique "Un Jeu", le premier film avec ados que j'ai réalisé voilà 3 ans, adaptation d'après un roman pour les jeunes de l'écrivain roumain Alexandru MITRU et, en même temps, modèle de lecture plurielle. J'ai sous-titré en français pour l'instant seulement la première partie (vous verrez qu'il y a les trois parties du film sur le site). Je veux savoir vos opinions sur ce film et j'attends de la part des profs qu'ils me contactent pour réaliser ensemble des projets Comenius avec des films (dans ce domaine j'ai une riche expérience, récompensé avec 4 prix Label Européen dans les 5 dernières années).
     Je vous attends donc sur http://www.films.uv.ro , le site du film artistique "Un Jeu".
     Merci d'avance pour vos opinions!
     Alexandru MITA - Roumanie "

    Allez donc prendre un petit bain de langue en roumain!

  • 20 mois sans lui

    En novembre 2006 j'essayais de dresser ce bilan positif:

    1.ma vie ne sera plus une attente continuelle et j’aurai l’ordinateur pour moi toute seule

    2.je voyagerai seule

    3.je mangerai à l’heure que je veux et pour moins cher

    4.je boirai encore moins de vin, c’est meilleur pour la santé

    5.je mangerai moins de viande, c’est meilleur pour la santé

    6.je déménagerai

    7.je sortirai ‘entre filles’

    8.je garderai les vrais amis et m'en ferai d'autres 

    9.je me consolerai en me disant que le Trasimeno est presque à sec

    (le lago Trasimeno, en Ombrie, c'est l'endroit où on avait passé deux fois de merveilleuses vacances)

    En relisant ce bilan 20 mois après, je constate que j'avais vu juste, sauf pour le numéro 6, puisque je reste dans 'notre' maison. Et sans doute qu'un jour je retournerai voir le lago Trasimeno...

  • Pourquoi on n'apprend pas aux filles les choses vraiment utiles?

    C'est bien beau de savoir faire un ourlet, monter des mailles, cuire une soupe et repasser un chemisier à festons

    MAIS

    pourquoi n'apprend-on pas aux filles les choses vraiment utiles?

    Car en effet me voilà toute démunie quand des arbres doivent être abattus (janvier), le chauffage tombe en panne (février), mes finances doivent être réglées (mars), mon pneu de voiture me lâche (avril), ma télé se brouille (mai), ma radio reste sans voix (juin), je voudrais installer des panneaux solaires (juillet)

    Je veux savoir tout faire, moi!

  • P comme putois

    Douce euphorie, naïf enthousiasme et optimisme écologique dans notre petite réserve naturelle: notre conservateur a observé la présence d'un putois!

    putois

    Comme il ne boit pas d'alcool (notre conservateur, hein! pas le putois) et qu'il était accompagné d'un deuxième témoin, nous ne mettrons pas sa parole en doute Clin d'oeil

    Instant de bonheur... pourvu que les fermiers et les chasseurs du coin lui laissent vie!
     

  • O comme oser

    J'ai osé, j'ai enfin osé, il y a une quinzaine de jours, entrer dans un restaurant, un vrai restaurant, toute seule, et dire avec l'aplomb nécessaire au garçon qui s'avance vers vous: Une table pour une personne s'il vous plaît (ou quelque chose dans le genre)

    Et bien figurez-vous que ce jeune homme n'a pas trouvé ça anormal et qu'il s'est montré courtois et prévenant jusqu'au bout.

    Incroyable, non?Clin d'oeil

  • N comme Non aux cyclotouristes

    Ras-le-bol.

    Ras-le-bol de ceux qui dévalent nos petites routes de campagne. Les autos n'ont que quelques endroits où elles peuvent se croiser, ça monte, ça descend, ça tournicote, on ne voit rien venir et tout à coup PAF! un homme-vélo-maillot vous tombe sur le capot de voiture.

    Ce qui fait que maintenant je claxonne avant les tournants, quand je monte et quand je descends. Parce que l'homme-vélo-maillot qui monte en danseuse a besoin lui aussi de toute la largeur de la route et que, la langue pendante, il ne regarde qu'une chose: sa roue avant. Hélas je me demande aussi s'il entend encore quelque chose parce que je constate de plus en plus souvent que l'homme-vélo-maillot pédale avec des écouteurs dans les oreilles. Peut-être que désormais il faudra que je donne DEUX coups de klaxon.

    Ras-le-bol de ceux qui sont en groupe. Par bandes entières mais sans l'accompagnement pourtant obligatoire. Et qui ont le culot de vous faire de grands gestes pour vous intimer de rouler moins vite - alors que vous faites à peu près du 25 à l'heure - et d'occuper toute la largeur de la route. Eux aussi sont des automobilistes pourtant? Eux aussi prennent leur voiture pour aller au travail et pour rentrer chez eux? Mais peut-être pas avec des yaourts en train de tourner de l'oeil dans le coffre ou du jambon qui sera recuit.

    Ras-le-bol de tous ceux-là qui choisissent nos petites routes de campagne et qui jettent au fossé les vidanges de leurs boissons énergisantes. De tous ceux-là qui organisent des courses ou des circuits par chez nous chaque week-end et dont les flèches et autres signalisations s'accumulent sur le tronc des arbres. Et qui hurlent parce que vous avez le culot de promener Marthe (10 mois) ou Arthur (8 mois) au moment précis où eux sont de passage.

    Ras-le-bol, vous dis-je.

  • M comme mardi

    Mardi 15 juillet : saint Bonaventure!

    Je prends ce nom comme étant de bon augure pour ce jour où je pars en vacances et confie ma précieuse personne à une compagine aérienne très low cost Sourire

    D'autant plus que le brave homme est Italien (né pas loin de Viterbo au 13e siècle) et que c'est précisément en Italie que je vais (à retenir pour ma rubrique H comme le hasard n'existe pas!)

    Voici ce que le peintre Zurbaràn en a fait:

    Bonaventure

  • M comme mer

    A la mer

    "Comme on va à la cour, à la côte, à la montagne, à la pêche, à la poste, à la cuisine, à la foire, à l'armée, au lit, à l'assaut, à l'aveuglette, à l'abattoir, à la guerre, à la Mecque, à la messe, à la morgue, à la mort, à la police, à la queue leu leu, le Belge, n'ayant pas le choix et sûr qu'elle est vraiment la sienne, éprouve un tel sentiment d'accord avec les vagues, les marées, les brise-lames, le sable, les dunes et la digue, qu'il se réjouit d'aller, le plus souvent en famille, A LA MER car en Belgique il n'y en a qu'une (...)"

    Patrick Roegiers, Le mal du pays, autobiographie de la Belgique, éd. du Seuil, coll. Points, 2005, p.21

    roegiers

  • L comme Liste des choses à faire avant le départ en vacances

    Pêle-mêle parce que je n'ai pas le temps de tout mettre dans l'ordre alphabétique:

    1.tondre la pelouse (heureusement la météo s'y prête)

    2.vider le frigo

    3.arroser les plantes à l'intérieur et à l'extérieur

    4.cueillir les derniers fruits mûrs

    5.prévoir la nourriture des chats

    6.ranger la maison pour ne pas trouver de bordel en rentrant

    7.sortir les poubelles

    8.faire une dernière lessive, un dernier repassage, une dernière vaisselle

    9.faire la valise et la peser

    10.vérifier qu'on a tous les papiers nécessaires, réservations, bonnes adresses, lecture, etc.

    11.remercier la bonne copine qui viendra vider la boîte aux lettres et parler aux chats et aux plantes pendant mon absence

    12.et ne pas oublier d'éteindre l'ordi avant de partir

    héhé, moi je ne suis pas Hercule mais j'arrive facilement à douze Clin d'oeil

     

  • L comme Liste des choses que l'homme de ma vie faisait et qu'il faut que je fasse moi-même maintenant

    Dans l'ordre alphabétique, les 12 travaux de mon (ex-)Hercule à moi:

    1. aiguiser les couteaux: je ne suis pas encore arrivée à le faire correctement

    2. attraper des souris au grenier et des taupes au jardin: un ami m'a montré comment installer le piège pour les souris mais avec moi les taupes peuvent croître et se multiplier en toute quiétude!

    3. couper du bois: je dois me satisfaire des petits diamètres, je n'ose pas manipuler la grosse tronçonneuse

    4. déboucher les bouteilles de vin et faire le sommelier quand il y a des invités: ça va, j'ai appris

    5. fendre du bois: moi pas cap de soulever l'outil ad hoc

    6. griller au feu de bois: je grille tout dans le four, il a emporté son barbecue

    7. prendre des photos: faudra d'abord que je m'achète un appareil

    8. remplir la feuille d'impôts: j'y suis arrivée

    9. tondre la pelouse: je fais - c'est dur mais je fais 

    Tiens, je n'arrive qu'à 9... mais bon, n'est pas Hercule qui veut, n'est-ce pas!

  • K comme kilo

    Il y a toutes celles qui estiment qu'elles ont un, deux ou quatre kilos à perdre (jamais trois, c'est bizarre...) que ce soit avant ou après les fêtes, à l'arrivée du printemps et de ses tenues légères ou en vue de l'été et de la plage.

    Et puis il y a celles qui fondent littéralement en quelques semaines. De (très) jeunes filles, généralement. A l'école, j'en vois une de temps en temps qui est dans ce cas. J'en suis toujours véritablement et profondément alarmée.

    J'observe un moment son comportement: comment fonctionne-t-elle dans le groupe? comment réagissent ses amies? y a-t-il d'autres indices? d'autres collègues ont-ils remarqué quelque chose?

    Après vient le plus dur. Le plus difficile, ce n'est pas d'en parler ouvertement avec la jeune fille en question. Souvent elle est soulagée de pouvoir (enfin) en parler, se raconter et déverser le trop-plein de toutes ses émotions.

    Le plus dur, ce sont les parents.

    Il y a les mamans qui n'ont rien remarqué (ou qui veulent vous le faire croire, car ça me semble difficile de ne pas voir que votre fille passe brutalement de la taille 40-42 à un 34) et qui vous certifient que leur fille mange beaucoup - "Elle mange plus que moi", me disait une maman il y a quelque temps. Elle omettait de dire qu'elle-même suivait un régime draconien. - "Je lui fais un repas chaud complet tous les midis", me dit une autre, comme si je mettais en doute ses qualités de cuisinière. - "Ce matin nous avons mangé une tranche de pain avec des fraises nature et hier soir des asperges..." - silence de ma part - "... mais c'est vrai que ma fille n'a pas voulu prendre de beurre fondu et qu'elle n'a pas non plus mangé d'oeuf." Bon, nous y sommes.

    Il y a les mamans qui applaudissent des deux mains et félicitent leur fille pour sa force de caractère: pour elles, perdre tous ces kilos est la preuve que leur fille a de la volonté. Et elles sont fières de l'exhiber: nouvelle garde-robe, séance de soins de beauté, séance de photos chez un "vrai" photographe pour mannequins. Bon, vous y êtes aussi, je suppose?

    Il y a les mamans qui s'accrochent à l'idée que la cause ne peut être que médicale: un méchant virus? une vilaine maladie? couverait-elle quelque chose? "On devrait peut-être aller voir un médecin?" me disent-elles. Bon, nous y sommes.

    Et puis il y a les mamans qui sont soulagées de pouvoir enfin en parler. De leur inquiétude. Des conflits. Du mal-être. Des parties de bras de fer que sont devenus les repas. Ou comment être sûre qu'elle ne se fait pas vomir après avoir mangé. Du tabou et du sentiment de culpabilité. Celles-là, je les admire.

    Et les pères? me direz-vous. Etrangement, jusqu'à ce jour, les pères ont été totalement absents dans ce débat.

  • J comme Jacqueline

    "C'est Jacqueline qui a préparé votre chambre" dit un petit carton posé sur la table de nuit.

    Elle a l'air en ordre, d'ailleurs, cette chambre. La moquette est propre, le lit est fait, le papier toilette avec les deux coins de la première feuille savamment repliés pour bien montrer que Jacqueline est passée par là aussi...

    Tiens un sachet de thé usagé dans le lavabo? Des cercles bruns sur la table?

    C'est donc Jacqueline qui s'est fait du thé dans "ma" chambre? 

    Jacqueline, c'est comme le gentleman-cambrioleur, elle signe ses méfaits d'un joli bristol à son nom.

  • I comme Italie

    L'Italie, c'est dans quatre jours! Alors je chante à tue-tête avec Toto Cutugno

    http://www.youtube.com/watch?v=zRDVQT_MT-o&feature=related

    Voici les paroles pour tous les autres amoureux de la bella Italia qui voudraient se joindre à moi:

    Lasciatemi cantare
    con la chitarra in mano
    lasciatemi cantare
    sono un italiano

    Buongiorno Italia gli spaghetti al dente
    e un partigiano come Presidente
    con l'autoradio sempre nella mano destra
    e un canarino sopra la finestra
    Buongiorno Italia con i tuoi artisti
    con troppa America sui manifesti
    con le canzoni con amore
    con il cuore
    con piu' donne sempre meno suore
    Buongiorno Italia
    buongiorno Maria
    con gli occhi pieni di malinconia
    buongiorno Dio
    lo sai che ci sono anch'io

    Lasciatemi cantare
    con la chitarra in mano
    lasciatemi cantare
    una canzone piano piano
    Lasciatemi cantare
    perche' ne sono fiero
    sono un italiano
    un italiano vero

    Buongiorno Italia che non si spaventa
    e con la crema da barba alla menta
    con un vestito gessato sul blu
    e la moviola la domenica in TV
    Buongiorno Italia col caffe' ristretto
    le calze nuove nel primo cassetto
    con la bandiera in tintoria
    e una 600 giu' di carrozzeria
    Buongiorno Italia
    buongiorno Maria
    con gli occhi pieni di malinconia
    buongiorno Dio
    lo sai che ci sono anch'io

    Lasciatemi cantare
    con la chitarra in mano
    lasciatemi cantare
    una canzone piano piano
    Lasciatemi cantare
    perche' ne sono fiero
    sono un italiano
    un italiano vero.

    La la la la la la la la...

    Lasciatemi cantare
    con la chitarra in mano
    lasciatemi cantare
    una canzone piano piano
    Lasciatemi cantare
    perche' ne sono fiero
    sono un italiano
    un italiano vero.

  • H comme le hasard chez Montaigne

    Le texte est un peu long, mais les anecdotes sont amusantes...

    Chapitre 34 - Le hasard va souvent de pair avec la raison 


    montaigne 
                          Le hasard est tellement sujet à variations qu’il se présente à nous sous de multiples aspects.Y a-t-il justice plus expéditive que celle-ci ?Le duc de Valentinois ayant résolu d’empoisonner Adrian, cardinal de Cornete, chez qui le pape Alexandre VI son père et lui allaient souper au Vatican, lui fit porter auparavant une bouteille de vin empoisonné, et ordonna au sommelier qu’il la garde bien soigneusement. Le pape étant arrivé avant son fils et ayant demandé à boire, le sommelier, qui pensait que ce vin ne lui avait été recommandé que pour sa qualité, en servit au pape, et le duc lui-même, arrivant au moment de la collation, et persuadé qu’on n’avait pas touché à sa bouteille, en but à son tour, de sorte que le père en mourut brutalement, et que le fils, malade, après avoir longtemps souffert, connut un autre sort, bien pire encore.
                          Il semble parfois que le hasard se joue de nous à point nommé.Ainsi le seigneur d’Estrée, alors porte-enseigne de Monsieur de Vendôme, et le seigneur de Licques, lieutenant de la compagnie du duc d’Ascot, alors qu’ils étaient tous deux les soupirants de la sœur du sieur de Foungueselles, bien que de partis opposés (comme cela arrive chez des gens voisins de la frontière), ce fut le sieur de Licques qui l’emporta. Mais le jour même des noces, et qui pis est, avant d’aller se coucher, le marié eut envie de rompre une lance en l’honneur de sa nouvelle épouse, et sortit pour prendre part à une escarmouche près de Saint-Omer. Or le sieur d’Estrée, qui s’y trouvait et y fut vainqueur, le fit prisonnier. Et pour ajouter encore à son avantage, il fallut que la demoiselle,Contrainte de s’arracher aux bras d’un jeune épouxAvant qu’un autre hiver et puis un autre encoreEussent en de longues nuits rassasié leurs feux…[Catulle, LXVIII, 81-83]lui présente elle-même la requête, en invoquant sa courtoisie, de lui rendre le prisonnier. Ce qu’il fit, la noblesse française ne refusant jamais rien aux Dames. 

                          Le hasard ne se fait-il pas parfois artiste ? Constantin, fils d’Hélène, fonda l’empire de Constantinople ; et bien des siècles plu tard, ce fut Constantin, fils d’Hélène, qui l’acheva.

                        Quelquefois il se plaît à rivaliser avec les miracles. On dit que lors du siège d’Angoulême par le roi Clovis, les murailles de la cité tombèrent d’elles-mêmes par la faveur divine. Et Bouchet emprunte à quelque auteur ce récit : le roi Robert assiégeant une ville, avait quitté le siège pour aller à Orléans et donner de la solennité à la fête de saint Aignan. Comme il était dans ses dévotions, à un certain moment de la messe, les murailles de la ville assiégée s’effondrèrent d’elles-mêmes.Dans les guerres d’Italie, ce fut tout le contraire : le capitaine Rense assiégeant pour nous la ville d’Éronne, avait fait mettre une mine sous un grand pan de mur. Mais le mur se trouvant brutalement projeté en l’air, retomba d’un bloc tout droit dans ses fondations, tant et si bien que les assiégés n’en furent pas moins protégés.                    Parfois aussi, le hasard se fait médecin. Jason de Phères, abandonné par les médecins, à cause d’une tumeur qu’il avait dans la poitrine, résolut de s’en débarrasser, même par la mort, et se jeta à corps perdu dans une bataille au beau milieu des ennemis. Il y reçut une blessure qui le transperça, et tellement au bon endroit, que sa tumeur en fut ôtée, et qu’il en guérit.                    Le hasard ne surpassa-t-il pas le peintre Protogène dans la maîtrise de son art ? Celui-ci ayant achevé l’image d’un chien las et épuisé, se trouvait satisfait de toutes les parties du tableau sauf de celle où il ne parvenait pas à représenter comme il l’aurait voulu l’écume et la bave de la bête ; fort dépité à cause de cela, il prit son éponge, et comme elle était imbibée de toutes sortes de teintes, il la jeta sur le tableau, pour tout effacer. Et voilà que par un hasard extraordinaire, l’éponge frappa le tableau exactement à l’endroit de la bouche du chien, et y porta la touche finale, ce à quoi l’art n’avait pu parvenir.                     Le hasard ne dirige-t-il pas aussi parfois nos projets pour les corriger ? Isabelle, reine d’Angleterre, devait revenir de Zélande vers son royaume avec une armée en faveur de son fils et contre son mari. Elle eût été perdue si elle était arrivée au port qu’elle avait choisi, car ses ennemis l’y attendaient. Mais le hasard l’entraîna ailleurs contre son gré, et elle toucha terre en toute sécurité. Que l’on pense aussi à cet homme de l’Antiquité qui, croyant jeter une pierre à un chien, en frappa et tua sa marâtre… N’eut-il pas raison de prononcer ce vers :Le hasard est plus sage que nous.[Ménandre, in Poètes gnomiques, édit. Crispin, 1569]                    Icetès avait suborné deux soldats pour assassiner Timoléon, qui séjournait à Adrane, en Sicile. Ils décidèrent de le faire au moment où celui-ci procéderait à quelque sacrifice. S’étant mêlés à la foule, et comme ils se faisaient signe que l’occasion était favorable à leur entreprise, voici un troisième homme qui, d’un grand coup d’épée frappe l’un d’eux à la tête, le laisse mort à terre et s’enfuit. L’autre, se croyant alors découvert et perdu, cherche refuge auprès de l’autel, supplie qu’on le protège, en promettant de dire toute la vérité. Et comme il faisait le récit de la conjuration, voici qu’on se saisit du troisième homme, et que le peuple le pousse et le malmène, comme meurtrier, à travers la cohue, pour le conduire à Timoléon et les membres les plus importants de l’assemblée.                     Arrivé là, il demande grâce, et dit qu’il n’a fait que justice en tuant l’assassin de son père. Il prouve sur le champ, grâce à des témoins qu’un heureux hasard lui fournit fort à propos, qu’en la ville des Léontins, son père avait vraiment été tué par celui dont il venait de tirer vengeance. On lui accorda dix mines attiques pour avoir par bonheur, à cause de la mort de son père, sauvé de la mort le « père de tous les siciliens ».Ce hasard-là dépasse en efficacité les dispositions de la sagesse humaine.                    Et pour finir, ne découvre-t-on pas dans ce qui suit une remarquable manifestation de sa faveur, d’une bonté et d’une bienveillance singulières ?Les Ignatius, père et fils, proscrits par les triumvirs de Rome, se résolurent à accomplir ce noble devoir : remettre leurs vies dans les mains l’un de l’autre, et en frustrer ainsi la cruauté des tyrans. Ils se précipitèrent les uns sur les autres, l’épée au point, mais le hasard dirigea leurs pointes et en fit deux coups également mortels ; mais il fit aussi que, en l’honneur d’une si belle amitié, il eussent encore tout juste la force de retirer des plaies leurs bras ensanglantés et armés pour s’étreindre en cet état, et si fortement, que les bourreaux durent couper ensemble leurs deux têtes, laissant leurs corps unis par ce noble nœud, leurs plaies jointes aspirant avec amour l’une de l’autre leur sang et leurs restes de vie.

     Michel de Montaigne, Les Essais, Livre I, traduit en français moderne par Guy de Pernon d'après le texte de l'édition de 1595 
  • G comme Galloway

    galloway3
    Les Galloways qui pâturent depuis fin avril dans notre petite réserve naturelle devaient déménager jusqu'à une prairie un peu plus loin, histoire d'entretenir un peu la totalité des hectares qui sont à leur disposition.

    Nous voilà donc un dimanche matin, quatre hommes, deux femmes et quatre enfants, armés d'une longue corde et de nos bras pour mener en douceur notre petite troupe là où nous voulons qu'elle aille...

    Galloway

    Comme vous pouvez le constater, ces braves bêtes mangent même des orties! Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir de la bonne herbe à leur disposition.

    Bref, le déménagement a pris une bonne demi-heure, sans un cri, sans un coup, sans stress ni pour nous ni pour les bêtes.

    Dans deux mois on refait l'opération en sens inverse!

    galloway2

  • F comme Faceb... (oups)-Folie

    Je me suis inscrite sur FB

    à mon corps défendant...

    mais bon voilà... depuis quelque temps déjà des anciens élèves veulent "devenir mes amis" (lol) et finalement celle qui me le demande aujourd'hui décroche la timbale Clin d'oeil

    je me suis inscrite!

    Advienne que pourra...

    Moi qui me considère comme déjà passablement accro à internet et mon ordinateur... ça ne va sûrement pas arranger les choses, mais bon, si c'est le prix à payer pour garder le contact avec un grand nombre d'anciens élèves...

    Lien permanent Catégories : F 0 commentaire
  • 7 notes de musique

    Voici le début d'un article intéressant trouvé sur un site pédagogique:

    http://irem-fpb.univ-lyon1.fr/feuillesprobleme/feuille7/7notes/7notes.html

     

     

    7 notes dans la gamme... Toujours ? Pourquoi ?

    Nicolas Minet (Irem de Poitiers)

      

    Do, ré, mi, fa, sol, la, si... On dit aujourd'hui de ces 7 notes qu'elles forment la

    "gamme diatonique de do majeur". Il serait faux de croire que le mysticisme du

    nombre 7 peut seul expliquer le choix. La tradition accorde à la "gamme de

    Pythagore" une place récurrente dans des textes de la Grèce Antique, relayés au

    Moyen Age par des personnages tel Boèce (VIème s.) ; cette gamme, ancêtre

    de nos gammes "diatoniques" aurait été élaborée à l'Ecole Pythagoricienne dans

    le cadre d'un culte voué aux nombres entiers et à la faculté qu'on leur prêtait de

    permettre la compréhension de l’Univers. L'objet de cette feuille à problèmes est

    de faire connaissance avec elle.


    Toujours dans la Grèce Antique, des systèmes finalement proches de la gamme

    de Pythagore ont été proposés par des théoriciens tel Aristoxène (IIème s. av.J.C.),

    par une "division du canon" ; ce canon tout à fait pacifique est un instrument

    rudimentaire également appelé monocorde : le son est produit par une simple

    corde tendue au dessus d'une caisse de résonance en bois. On peut essayer en

    prenant une corde plus courte d'obtenir des sons consonants avec le son de départ;

    des choix (arbitraires ?) de systèmes de base à 4 notes, appelés tétracordes, ont été

    fait, et l’assemblage de deux tétracordes ayant une note commune a fourni des

    gammes à ... 7 notes !


    Des nuances entre les gammes sont apparues (genres, modes,...), qui ont été

    conservées peu ou prou jusqu'au XVème siècle, quand des exigences liées à la

    transposition d'une mélodie sont devenues prioritaires. Pour autant, des gammes

    heptatoniques ont subsisté, même si d'autres nombres que 7 ont été utilisés : les

    pianistes nous étonnent sur un clavier organisé selon un schéma répétitif de 7 notes

    sur les touches blanches, touches blanches elles-mêmes interrompues par 5 touches

    noires selon une périodicité visible à l’œil nu.

  • E comme école, élèves et enseignement

    C’est bien le dernier cours avant les vacances.

    C’est bien, l’émotion partagée de la dernière classe.

    C’est bien les réussites après l’effort.

    C’est bien les perles des élèves ;-)

    C’est bien de leur mettre de bonnes notes.

    C’est bien quand on leur dit "Merci pour cette année"

    C’est bien le malaise de la séparation le jour de la sortie des classes.

    C’est bien les collègues qui partent en retraite et qui n’oublient pas d’offrir un pot.

    C’est bien quand ils discutent sur le « Dormeur du val » dans le couloir le jour de l’examen oral.

    C’est bien d’être prof ! C’est bien ...

    d'après C'est bien de Philippe Delerm

    
    
  • D comme décision définitive

    C'est décidé: je reste!

    Je suis restée longtemps sans savoir si c'était mieux de rester dans ma verte campagne ou d'aller habiter en ville. La ville, ça veut dire être proche de son travail, proche de tout, donc tout faire à pied. Et ça veut dire se trouver une petite maison, un petit jardin, du sur mesure, quoi.

    Ma verte campagne, ça veut dire des déplacements en voiture et un jardin trop grand pour moi.

    Mais j'y suis, j'y reste.

    Même s'il faut nettoyer les corniches à chaque saison, passer vingt fois 90 minutes de mars à novembre à tondre la pelouse (et encore, je ne tonds pas tout!), constamment redéfricher le potager parce que le temps me manque pour l'entretenir correctement, scier du bois "comme un homme"...

    Mais je reste.

    Je reste pour la vue sur les bois et les prairies, le calme, le chant des oiseaux, les petits pois et les fraises du jardin, le bonheur de mes chats et le mien.

  • C comme Courageuse Cynthia

    Cynthia a tout juste 18 ans.

    Elle chatte depuis de nombreux mois avec un jeune Ghanéen.

    Dans quelques jours elle s'embarque pour le Ghana. Toute seule. Elle qui n'a pour ainsi dire jamais voyagé.

    Elle prépare ce voyage depuis des semaines: formalités administratives, visites à l'ambassade pour le visa et au médecin pour les vaccinations...

    Elle a fait des jobs pour pouvoir financer son voyage, car l'avion est cher, les formalités administratives, les visites médicales, tout ça aussi coûte de l'argent; et elle a acheté des cadeaux pour la famille chez qui elle logera et aussi pour les enfants d'un orphelinat qu'elle ira visiter là-bas.

    Elle essaie d'apprendre un peu le twi pour pouvoir communiquer avec ceux qui ne parlent pas l'anglais.

    Aujourd'hui elle est fin prête pour la grande aventure.

    Et moi mon coeur tremble pour elle.