• Derniers préparatifs

    La trousse avec les stylos et les surligneurs, la montre-bracelet, ma clé USB, le journal de classe tout beau tout nouveau, les copies pour les premières heures, l'horaire, les listes de noms à apprendre (une petite centaine - gloups), le carnet de notes, les clés de l'école, le règlement, les manuels,... j'oublie quelque chose?

    Les élèves ont du mal à croire que les profs sont aussi nerveux qu'eux pour la rentrée des classes ;-)

  • Z comme zut

    Il y a des jours où on ferait mieux de pleurer un bon coup au lieu de garder tous ces sanglots au fond de la gorge et d'essayer de les en déloger avec du chocolat.

  • Lettre d'Yvonne

    Eté 1929. Yvonne est à la côte belge avec ses deux petits garçons: L*** a 18 mois et A*** quatre ans. Le mardi, elle écrit à son mari qui doit rester toute la semaine à la maison; la chapellerie est ouverte, il ne passe avec elle que la journée du dimanche.

    Mon bien-aimé

    Voici quelques lignes pour te faire savoir que nous allons bien et sommes en bonne santé.

    Lundi il a plu toute la journée.

    Il est 19.30 h et j'ai mis les enfants au lit. Je suis ici avec eux dans la chambre pour t'écrire. Je suis très triste, j'aimerais mieux être à la maison. La nuit je ne dors qu'une heure ou deux. Je serai bien contente quand ce sera dimanche. On dirait que les enfants le sentent aussi. Le soir ils sont intenables.

    Chaque fois que L*** voit quelqu'un qui te ressemble un peu il se met à crier "Papa!" et A*** demande tout le temps quand tu viendras. Mais ils s'amusent bien à la plage. Espérons qu'il fasse beau demain.

    Ecris-moi vite comment tu vas, si tu manges bien et si tu te débrouilles; ça me consolera de ton absence. Je m'inquiète quand je suis sans nouvelles et je serai si heureuse quand nous serons à nouveau réunis.

    Les enfants t'embrassent, je leur ai dit que j'allais écrire à leur papa, et moi je t'envoie des milliers de baisers en attendant de pouvoir te les donner.

    Celle qui t'aime tant

    Ivonne

    ivonne1

    Yvonne en 1931: le troisième enfant est une petite fille.

  • X comme mes futurs bataillons

    Bientôt le 1er septembre et l'école, bientôt je ferai la connaissance des élèves avec qui je travaillerai un an.

    Au fil de cette année scolaire, on apprendra à mieux se connaître. On se racontera, un peu à la fois.

    Ils me diront des choses sur leur passé, leur vécu. Des choses graves, le divorce des parents, la mort d'un proche, la maladie. Des choses gaies, des farces, des anecdotes, des incidents comiques.

    Et j'essaierai de toujours les regarder avec l'oeil indulgent d'Arthur Rimbaud: "On n'est pas très sérieux quand on a dix-sept ans"

    J'apprendrai des choses sur leurs capacités et leurs inhibitions. Les forts en tout et ceux qui se croient bons à rien, ceux qui osent tout et ceux qui n'osent rien... et toute la gamme entre ces deux extrêmes.

    Ils étudieront mon caractère et mes réactions et moi les leurs. Petit à petit on s'appréciera. J'aimerai même le vilain petit canard qui ne fait pas ses devoirs et n'apprend pas ses leçons ;-) parce que très souvent ce vilain petit canard, quand il lève la main pour dire un truc, dit quelque chose d'intéressant.

    Et à la fin de l'année on aura un peu de mal à se quitter...

  • W comme Wagon de train

    Sur la ligne Viareggio - Florence, les trains sont tout neufs, avec de bons sièges individuels (et plus d'espace que dans le TGV, il faut le dire!) et une tablette installée dans le dos du siège devant nous et qu'on peut abaisser (comme dans les avions, mais toujours avec plus d'espace pour les jambes, je le redis).

    Mais le top, c'est l'écran qui vous apprend la date, l'heure (exacte, cette fois), la vitesse du train (de zéro à 120 km/h), la température extérieure (déjà 27° à 9.00 h du matin, encore 34° vers 17.00 h) et intérieure (climatisation réglée sur 25° presque chaque fois que j'ai pris un de ces trains, parfois 23), si les toilettes sont libres ou occupées, le prochain arrêt (où et quand), le numéro du train et du compartiment (comme ça vous ne vous perdez pas) et puis aussi très humblement le nombre de minutes de retard qu'a votre train (ça variait entre 5-6 et 10-11 minutes)

    Et ça occupe le voyageur qui en oublie sa lecture.

  • V comme Vernazza

    La deuxième fois que je vais manger au Gambero Rosso, à Vernazza, le garçon m'appelle par mon prénom (il l'avait vu deux jours avant sur ma carte de crédit) et le patron m'offre un verre de sciacchetrà comme dessert.

    Questo è l'Italia!

  • U comme Un verre, ça va...

    Ouverture du magasin Conad à Montecatini. Il est encore très tôt. Un homme pressé s'impatiente à la caisse. Son seul achat: une grande bouteille d'alcool blanc.

    Aussitôt sorti du magasin, il jette son ticket de caisse et décapsule sa bouteille.

    Chaque fois que je vois quelqu'un qui est accro à l'alcool, ça me rend toute triste et je me sens tout à fait impuissante.

  • T comme Tintoretto

    Dans la cathédrale Saint-Martin, à Lucca, les oeuvres d'art sont accrochées les unes à côté des autres mais dans une relative obscurité. Pour les plus 'courues' il y a un tronc dans lequel on peut mettre quelques pièces qui donnent droit à une ou deux minutes d'éclairage.

    Ainsi La dernière Cène de Tintoretto. Elle date de 1590. J'apprends que l'artiste s'appelle en fait Iacopo Robusti, mais soit, je ne retiendrai pas ce nom-là.

    tintoretto

    Comme vous pouvez le constater, la perspective est originale: la table n'est pas montrée dans sa longueur, comme c'est le plus souvent le cas.

    Le regard suit la ligne de la table: il va monter vers le Christ en bout de table et redescendre jusqu'à Judas (qui tient déjà la bourse avec l'argent de sa trahison dans la main droite) et à la femme allaitant à l'avant-plan.

    Les guides touristiques qui se succèdent dans la cathédrale avec leurs groupes de touristes ne viennent que pour ce tableau et pour le "Volto santo" (dont je parlerai peut-être une autre fois).

    J'en ai entendu ainsi quatre différents, ce qui m'a permis de voir le tableau bien éclairé mais aussi de constater que les guides racontent souvent n'importe quoi!

    Pour les touristes américains, la guide ne parlait qu'en fonction du Da Vinci Code de Dan Brown: ce qui les intéresserait, devait-elle penser, c'est la question de savoir si ce tableau cachait un personnage féminin qui serait Marie-Madeleine. Et bien oui, bingo! il s'agit du personnage le plus à droite. La preuve? Il/elle porte une robe rouge et un manteau bleu, exactement comme Jésus!

    Une autre a surtout parlé de la femme qui allaite, prétendant que c'était un gros scandale de peindre un tel sujet mais que Tintoretto l'avait fait sur toutes ses Dernières Cènes. Et bien, j'ai vérifié, ce n'est pas vrai.

    Mais ce qui m'aurait bien intéressée, c'est de comprendre ce que racontait la guide asiatique...

  • Stupeur et tremblements

    Orage, vent, tempête... un arbre est tombé dans le jardin. Un grand frêne.

    Heureusement, il s'est écrasé sur la pelouse et sur la touffe de kerria, qui s'en remettra, et pas sur l'abri de jardin qui est juste à côté, et qui ne s'en serait pas remis.

    Par bonheur aussi les vents dominants venaient de l'ouest, sinon il s'écrasait sur la maison des voisins. Ils auraient eu une belle surprise en rentrant des gorges du Tarn...

  • c'est arrivé un 22 août

    le 22 août 1812, l'explorateur suisse Jean Louis Burckhardt redécouvre Pétra – ce site était tombé dans l'oubli dans le monde occidental. Petra (de πέτρα petra, « rocher » en grec ancien ; البتراء Al-Butrāʾ en arabe), de son nom sémitique Reqem ou Raqmu (« la Bariolée »), est une ancienne cité troglodytique située dans l'actuelle Jordanie, au cœur d'un bassin bordé par les montagnes qui forment le flanc oriental de l'Arabah (Wadi Araba), grande vallée prolongeant le grand rift vers le nord et qui s'étend de la mer Morte au golfe d'Aqaba.

    Créée dans l'Antiquité vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le VIe siècle av. J.-C. par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l'encens, les épices et d'autres produits de luxe entre l'Égypte, la Syrie, l'Arabie du Sud et la Méditerranée. Vers le VIIIe siècle, la modification des routes commerciales et les séismes entrainent l'abandon progressif de la ville par ses habitants.

    Les nombreux bâtiments, dont les façades monumentales sont directement taillées dans la roche, en font un ensemble monumental unique qui, depuis le 6 décembre 1985, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique.

    source: wikipedia

  • R comme rire toute seule

    Je me suis acheté Il secondo diario minimo d'Umberto Eco. C'est un ouvrage qui regroupe des petits articles qu'il a écrits pour un quotidien et un hebdomadaire et qui sont tous plus hilarants les uns que les autres.

    Par exemple: Comment éviter les maladies contagieuses, comment passer des vacances intelligentes, comment voyager avec un saumon, comment manger en avion, comment ne pas savoir l'heure... Bref, que du vécu ;-)

    Alors je l'ai lu pendant mes attentes sur les quais de gare, et je riais toute seule, pendant les trajets en train, et je riais toute seule, sur un banc public, et je riais toute seule...

    C'est ainsi que j'ai fait la pub pour le bouquin - Eco pourrait me remercier - parce que je devais expliquer aux gens assis près de moi pourquoi je riais si fort.

    eco1

     

  • R comme Remo

    Au bar de Remo, il y a un homme qui prend la commande, une jeune fille qui fait les cafés et la mamma à qui il faut payer.

    N'essayez pas de commander votre cappuccino à la jeune fille ou de donner votre 1,10 euro au monsieur.

    Le patron est là aussi. Il supervise en lisant son journal ou en regardant la télé.

  • bilan de fin de vacances

    En ce 20 du mois, jour des bilans, (j'aspire au jour où je ne saurai même plus pourquoi j'ai choisi la date du 20 pour faire mes petits bilans...) il me reste tout juste assez d'euros pour aller encore passer un jour ou deux à la côte belge.

    Ce qui est, finalement, ma destination préférée Rigolant

    Comme disait Fernand Raynaud, vous pouvez pas savoir ce que c'est, vous, à Paris...

     

  • Question existentielle : quand naîtra-t-il?

    Le 9 juillet, j'ai déjà parlé des galloways qui pâturent dans notre petite réserve naturelle: depuis avril dernier, trois vaches dont deux avec leur veau ajoutent encore à l'ambiance bucolique qui règne déjà naturellement ici.

    Mais voilà que nous avons constaté que la troisième de ces dames va vêler elle aussi.

    Enfin, quand je dis 'nous' je ne parle pas pour moi, je ne suis même pas fichue de voir la moindre différence entre le ventre de celle qui va vêler et celui des deux autres, mais bon bref... ça ne m'empêche pas d'aller lui rendre une ou deux visites par jour pour voir si l'heureux évènement n'est toujours pas arrivé.

    Grosse surprise pour notre petit groupe que cette naissance, d'ailleurs, car on nous avait certifié cette troisième 'vierge' (oui, riez) et légère euphorie aussi à l'idée de voir naître ce petit veau.

    Galloway

    Je vous remets la photo de nos galloways mangeant des orties. En ce moment elles mangent même les ronces, pourtant fort épineuses!

    Ha! Les braves petites bêêêtes!

  • Question existentielle: quelle heure est-il?

    Je voyage toujours sans montre. Pas très malin, me direz-vous, pour des vacances où on compte sur les trains et les bus pour les déplacements. En effet, je comptais qu'il y aurait bien partout des montres et des horloges, aux clochers, aux maisons communales et dans les gares.

    Erreur donc, si le pays de destination est l'Italie.

    Mais parfois il y en a une.

    A Pise, sur la piazza dei Miracoli (voir mon message de vendredi 15 août) un bâtiment est orné d'une horloge qui marque deux heures pour toute éternité.

    A la gare de Lucca, l'horloge extérieure marque 20.50 h, les écrans lumineux à l'intérieur 17.55 h et les montres sur les quais 18.05 h.

    Sans doute qu'ils ne se sont pas fournis en Suisse.

  • P comme Pietro Paleocapa

    A La Spezia, la via Pietro Paleocapa est bordée d'une magnifique rangée d'orangers. Ils sont pleins de gros fruits mûrs... qui tombent à terre, pourrissants.

    Pourquoi personne ne les cueille?

    Aucun rapport avec Pietro Paleocapa qui, selon Wikipedia, s'est occupé principalement de politique et d'hydraulique.

     

  • P comme Pomone et Pub

    J'étais à la recherche de recettes pour utiliser les baies de sureau qui mûrissent en ce moment dans la haie et voilà que je tombe sur un beau blog bien belge, Les Jardins de Pomone.

    Je sais bien qu'avec mes 3800 et quelques visiteurs en cinq mois, ce n'est pas la pub placée ici qui leur apportera la foule, mais bon bref, pour ceux que la nature et les bonnes recettes intéressent, allez-y donc faire un tour!

    Légumes anciens, biodiversité, fleurs sauvages et un brin de militantisme, j'aime!

  • O comme Osteria dei Cavalieri

    scamorza

     

    Osteria dei Cavalieri, via San Frediano, Pisa

    Je me régale un mercredi midi du mois de juillet pour 16 € avec un des trois plats du jour proposés (11 €)

    J'ai choisi la tagliata di manzo (du boeuf grillé) qui est servie avec le scamorza al forno (le fromage à droite sur la photo) et verdure grillate (voir photo).

    Questo è l'Italia!

  • N comme nocciola

    J'ai tant aimé la glace aux noisettes que j'ai mangée pour la première fois cet été que je suis allée chercher la recette sur des sites italiens. Alors voici ce qu'il vous faut pour régaler 4 personnes de véritable "gelato alla nocciola":

    50 cl de lait à faire bouillir avec une gousse de vanille

    4 jaunes d'oeuf à fouetter avec 150 gr de sucre jusqu'à obtention d'un mélange clair et mousseux

    100 grammes de noisettes très finement moulues (le site préconise de les faire légèrement griller dans le four pour en retirer la peau) qu'on ajoute au mélange lait - oeufs - sucre quand celui-ci aura refroidi

    Il ne reste plus qu'à mettre au congélateur et attendre le temps qu'il faut Sourire et vous pouvez enfin y enfoncer la cuiller...

    nocciola

     

     

     

     

     

     

    PS: Attention, la couleur sur cette photo est trompeuse: l'assiette contenait aussi de la glace au chocolat. Les connaisseurs auront deviné ;-)

  • M comme Miracoli

    Je ne vais pas parler de pâtes mais de la piazza dei Miracoli. La place des miracles.

    C'est à Pise et c'est là où se trouve la fameuse tour. Là où a lieu le même miracle tous les jours de l'année: vendre de tout et n'importe quoi aux hordes de touristes qui y défilent.

    Je me demande par exemple qui (mais qui?) achète toutes ces affreuses tours penchées en porcelaine, en plastique, en bois, en terre cuite, en verre, en paillettes... et pour les offrir à qui?

    miracoli

    Miracle aussi de voir comme bon nombre de ces touristes se métamorphosent en metteur-en-scène-cadreur-spécialiste des effets spéciaux. Incroyable le nombre de gens de tout âge et de toutes les nationalités qui veulent se faire prendre en photo "truquée" pour donner l'impression qu'ils empêchent la tour de tomber. Dans toutes les poses: le macho qui retient la tour d'un index nonchalant, les jeunes arc-boutés comme si la chose leur coûtait un effort surhumain, ceux qui la soutiennent des deux mains mais n'oublient pas de faire un radieux sourire, le regard tourné vers la caméra, ceux qui veulent y mettre une touche d'originalité et qui font la photo contraire: ils poussent la tour vers la chute fatale...

    J'ai même vu un Asiatique couché dans l'herbe qui la retenait - ou la poussait? - avec les pieds!

    miracoli1

     

     

    miracoli2

  • L comme Livorno

    Per fortuna non sono di Livorno!

    J'étais à Pise et sur la piazza dei Miracoli, parmi toutes les marchandises qu'on veut fourguer au touriste, il y avait un stand avec des T-shirts portant cette inscription: quelle chance, je ne suis pas de Livourne!

    Je me dis tiens, quelque chose m'échappe, là... Pourquoi est-ce mal d'être Livournais?

    Après j'ai commencé à remarquer des graffitis du même ordre, mais en plus cru. Jusqu'au "Livorno è la merda". Je ne dois pas traduire, je pense?

    Je finis par en être tellement intriguée que je pose ma question à une dame. D'ailleurs c'est quand on est en Italie qu'il faut en profiter pour s'exercer à parler italien, n'est-ce pas? C'était dans le train de Pisa à La Spezia.

    - Madame, savez-vous pourquoi les gens à Pise sont si fâchés contre ceux de Livourne?

    - Ah non, je ne sais pas. Moi je suis de Carrare*.

    - J'ai vu des T-shirts, des graffitis, toutes sortes d'inscriptions contre Livourne.

    - Oui, je sais, c'est quelque chose qui remonte à très loin dans l'histoire. C'est historique!

    - Ah bon? Depuis le moyen âge alors, peut-être? Ce n'est pas quelque chose de politique? ou une rivalité dans le football?

    - Oh la politique, non, non, ce n'est pas politique. Le football, oui, bien sûr, mais la rivalité dans le foot continue quelque chose qui est en fait historique... Mais je ne sais pas pourquoi.

    Comme cette réponse ne me satisfaisait pas, j'ai un peu googlé mais ça ne m'a pas trop avancée non plus. L'enquête suit son cours.

    * Carrare, c'est juste à côté, hein!

     

  • K comme Kandinsky

    Ce qui me coûte le plus, c'est entrer seule dans un café, bar ou restaurant. Même si ce n'est que le premier pas qui coûte, il y a toujours un peu d'appréhension à surmonter.

    Rien de cela à l'enoteca Kandinsky, à La Spezia.

    Tout d'abord, parce que le personnel est uniquement féminin: il y a la dame derrière le comptoir, sans doute la patronne, et il y a la jeune fille qui sert, une "belle plante", aurait dit Adrienne.

    Ensuite parce que c'est un tout petit bar, dans une petite rue piétonnière et que les quelques tables qui se trouvent dehors sont encore inoccupées au moment où j'arrive, vers 18.30 h.

    Vous avez le choix entre plusieurs bons vins servis au verre et on vous apporte une belle assiette garnie d'alléchantes petites choses, une bouchée de pizza, de foccaccia, un toast à la mortadelle, au jambon, au saucisson, quelques légumes crus...

    Dès votre deuxième visite, le lendemain à la même heure, on vous reçoit comme un client de longue date et vous sirotez votre verre de vin blanc en lisant le journal local.

    Vous êtes si bien là qu'aucun fait divers ne réussit plus à vous émouvoir...

  • J comme Jeri

    A l'époque où on passait toutes nos vacances en France, on partait armés. On avait le Michelin rouge et les guides verts ad hoc ainsi que le dernier Gault et Millau. Après on avait également découvert le Routard. Toutes nos haltes étaient soigneusement préparées et sélectionnées sur base de nos bibles comparées: la fiabilité du Michelin, le commentaire du Gault et Millau, l'humour et le no-nonsense du Routard.

    Pour l'Italie, je fais un peu pareil. Je me base sur le Gambero rosso et le Slow food, je lis le Routard et le petit Fûté.

    Et puis finalement, le repas le plus mémorable, je l'ai fait chez Jeri, Da Jeri. Il n'est dans aucun guide à ma connaissance, mais il m'a été recommandé par la serveuse de l'enoteca bar Kandinsky, dont je parlerai demain.

    Chez Jeri, c'est à Lerici, et il faut bien le chercher pour le trouver. Prière de réserver, on refuse du monde.

    Dès qu'on est installé, la fête commence. On ne vous demande rien, on vous apporte les plats. Ah si! vous pouvez choisir si vous allez vous contenter du vin du patron ou si vous préférez une bouteille de la carte et si vous voulez de l'eau plate ou pétillante.

    On appelle ça le menu a prezzo fisso. Tout est compris et tout le monde mange pareil.

    Les plats se succèdent et tout est succulent. La foccaccia est irrésistible, vous vous ruez dessus. Après les pâtes vous commencez à suivre de plus en plus anxieusement ce qui arrive sur la table des dîneurs qui sont en avance sur vous, histoire de voir ce qui vous attend encore. Mais vous en faites un point d'honneur: vous finirez tout! Encore une chose que vous devez à votre grand-mère Adrienne, ce sentiment que gâcher de la nourriture équivaut à un péché.  Mortel (le péché).

    Ci-dessous j'essaie de reconstituer ce qu'on m'a apporté:

    Antipasti

    sept très bons petits plats se succèdent, du chaud et du froid:

    1.la toute grosse crevette avec un coulis de courgette - 2.du thon grillé et sa sauce - 3.une insalata mista di mare - 4.des crevettes roses avec une sauce parfumée à l'orange - 5.des moules et des coques sautées aux tomates et aux herbes - 6.filetto di cernia (du mérou, selon mon dico, mais j'ai un gros doute sur cette traduction) - 7.du poulpe mariné au chou vert

    La pasta

    des pâtes aux fruits de mer

    I segondi

    on vous apporte deux grands plats: une grillade (parfaite!) de thon et de langoustines, avec une salade et une grande friture mixte, vraiment excellente. C'est ici que j'ai perdu la bataille mais Adrienne me le pardonnera.

    I dolci

    Heureusement le dessert est léger: un sorbet au citron, une tranche de pastèque et une belle grosse figue.

    Avec le café on vous propose une liqueur au citron ou un verre de grappa. Avant de sortir (en titubant) n'oubliez pas d'aller au comptoir pour payer 35 € 

     

  • I comme Italie

    Il y a de ces moments où je regrette particulièrement de ne pas avoir d'appareil photo.

    A Corniglia, le propriétaire de la petite Fiat rouge immatriculée AJ-382-EL a fermé son réservoir à essence à l'aide d'un bouchon de liège.

    Questo è l'Italia!

  • H comme Herbol

    L'été dernier, pour mon premier été sans l'homme de ma vie, j'avais décidé de remettre une couche protectrice sur le bois extérieur. Trois bidons de la marque Herbol n'attendaient que ces bonnes dispositions depuis environ cinq ans.

    Mais voilà, je n'avais même pas réussi à ouvrir un de ces pots. (oui, riez)

    herbol
    Cet été, je m'y suis mise avec un peu plus de détermination et un gros tournevis. A l'intérieur du pot, la mixture était de couleur changeante et j'ai dû pas mal touiller pour la rendre fluide, caramel uniforme et de texture 'onctueuse'.

    Début des opérations un beau matin côté jardin, exposition sud-est, donc il faut s'arrêter quand le soleil devient trop fort. On passe alors côté rue, exposition nord-ouest. En fin d'après-midi on peut recommencer côté jardin.

    Le lendemain, j'avais le dos cassé et je n'avais même pas encore donné une première couche à toutes les fenêtres, vu qu'il faut aussi consacrer pas mal de temps à la préparation du support.

    Depuis, j'y travaille une paire d'heures presque quotidiennement matin et soir, admirant longuement les planchettes sous le rebord du toit, comparant les parties qui sont faites à celles qui ne le sont pas encore: c'est très bon pour la motivation et pour la satisfaction du devoir accompli.

    Et comme tout travail mérite salaire, je repars en Italie pour six joursRigolant

  • G comme gare

    Sur les quais de la gare de La Spezia, deux jeunes gens. Pantalon bleu gris avec un liséré rouge, chemise bleu roi avec des boutons dorés, épaulettes et insignes rouge et or, ceinture blanche avec le pistolet à droite et une bourse à gauche. Blanche aussi la bourse et blanc l'étui pour le pistolet. Des gants de cuir noir sont passés dans la ceinture.

    L'un a son képi sous le bras. L'autre, le plus Italiano, cheveux longs et bouclés rejetés en arrière, barbe de deux jours, n'a pas de képi.

    Ils devisent. Pendant des heures. De temps en temps ils connaissent un voyageur et lui lancent un 'Ciao!' puis ils reprennent leur conversation. Et se baladent un peu le long de la voie ferrée.

    A intervalles régulier, une voix féminine dans les haut-parleurs nous avertit que si nous laissons un bagage sans surveillance, la police le confisquera.

    Je ne sais pas pourquoi, mais tout ça ne fait pas très sérieux. Je me souviens tout à coup de Berlin-Est avant la chute du mur. On voulait prendre une photo de groupe devant la porte de Brandebourg, donc quelques-uns d'entre nous étaient montés sur un muret. Tout de suite des policiers sont arrivés en courant et en criant qu'on devait en redescendre. Schnell.

    Je ne suis plus jamais retournée à Berlin. Viva l'Italia ;-)

  • G comme gratuit

    Pour nous, en Belgique, la gratuité de l'accès aux plages est une chose évidente. Mais en Italie, c'est plutôt l'exception. Les plages sont généralement bien délimitées, les transats bien alignés, les parasols ouverts et le balnaio jeune, bronzé et musclé surveille son petit monde.

    Ici et là, un petit bout de plage est gratuit. C'est là où je vais: pas besoin de transat, je veux juste me baigner et jouer un peu avec les vagues.

    La petite plage gratuite de Monterosso, c'est un tas de caillasse. A côté, sur les deux plages payantes, chaque balnaio ratisse soigneusement les galets le matin tôt, les entasse dans une brouette et les rejette à la mer. Car sous la caillasse, il y a le sable.

    Le balnaio de la plage gratuite est un monsieur grisonnant. Il n'a pas ratissé les galets. Il est assis à une petite table de camping et lit son journal sous un parasol. C'est son chien qui surveille les baigneurs, me semble-t-il.

    La plage gratuite dispose aussi de sa douche. Elle coûte un euro et l'eau est bien froide.

    Encore une raison, donc, pour préférer Vernazza: pas de caillasse mais de gros rochers et une douche aussi gratuite que la plage On est juste à côté de la placette du village, avec son bar, ses deux restaurants, ses petits commerces, ses bancs publics. Le clocher de l'église sonne les heures et les demies, c'est bien pratique pour savoir quand c'est l'heure de l'apéro.

  • F comme faux bond!

    Des amis devaient venir dimanche dernier. De bons amis, de ceux qui étaient bien présents au moment où j'avais besoin de soutien moral. J'en ai déjà parlé sur ce blog. Pas de ces amis mais de mon besoin de soutien moral, je veux dire.

    Donc la veille je fais mes courses, pour ma "cuisine du marché", comme disaient les chefs que le guide Gault et Millau affectionnait dans les années 80 (oups ça ne nous rajeunit pas). J'aime cuisiner pour mes amis. La cuisine est un acte d'amour.

    Mais voilà qu'au dernier moment je reçois un coup de fil: leur fille aînée est malade, elle a une si forte fièvre qu'ils n'osent pas la laisser seule à la maison, ils ne viendront donc pas.

    Et me voilà avec mes tomates, mes pêches, mes cerises, mes abricots, mes petits pains bio, les blancs moelleux et les multicéréales croquants et dans mon frigo la mozzarella di buffala, la ricotta, la pâte feuilletée, les concombres, les poivrons, les aubergines, le reblochon, la tomme, le Saint-Marcelin, les crevettes grises de la mer du Nord, les "maatjes", les anchois marinés, les anguilles, les radis, la roquette, la laitue feuille de chêne, les carottes, le jambon de Parme, le culatello di Parma, les melons, la crème glacée tiramisù, le vin blanc et le champagne...

    Ceux qui ont déjà un peu pratiqué ce blog auront remarqué que j'aime faire des listes ;-)

    Enfin bref, au lieu d'être six à table dimanche il n'y avait que moi. Moi qui repartais en Italie le surlendemain. Deux jours pour dévorer toute cette nourriture.

    Invite quelqu'un d'autre, me direz-vous. J'y ai bien pensé aussi, mais voilà, mes uniques voisins sont dans les gorges du Tarn, mon frère en Ardèche, mon père trop malade à cause de sa thérapie et preque tous les amis encore en voyage: une amie en Turquie, une autre en Tunisie, une troisième à Copenhague, etc.

    Je sens venir l'inspiration pour un autre post: L comme liste de tout ce que j'ai dans mon congélateur!

  • 7 villages

    Cinque Terre, ce sont bien évidemment cinq villages et non pas sept.

    Depuis La Spezia, le train arrive d'abord à Riomaggiore, appelons-le donc notre village numéro 1:

    riomaggiore

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    puis vous avez Manarola, notre village numéro 2:

    manarola

     

     

     

     

    ensuite Corniglia, village numéro 3:

    corniglia1

     

     

     

     

    Vernazza, peut-être bien mon village préféré (les autochtones prononcent Vernassa), est le numéro 4:

    vernazza

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    et enfin Monterosso, dont j'ai déjà parlé hier et qui a déjà eu droit à sa photo, est le village numéro 5.

    Mais de l'autre côté il y a encore deux très jolis villages que j'ai visités:

    Lerici, dont je reparlerai bientôt (J comme Jeri et son menu à prezzo fisso), ce qui nous amène au numéro 6:

    Lerici

     

    et Portovenere, sans doute le plus touristique mais vraiment très joli aussi, ce qui nous fait le chiffre 7:

    portovenere

  • E comme élégance

    La jeune Italienne élégante, en ville et en cet été 2008, porte des bottes. Stivali, en italien. Qu'il fasse 30° ne change rien à l'affaire: elle met ses bottes pour faire la passeggiata. Avec un vêtement très court: un petit short en peau, un babydoll en soie, une mini mini-jupe en dentelle...

    La jeune Italienne élégante fait fi de toutes les recommandations concernant les chaussures adaptées aux sentiers de randonnée. Sur le GR sentiero azzurro, on en voit parfois en tongs à paillettes, en pieds-nus à haut talon, en mignonnes sandalettes à petites brides dorées. Ici et là on voit aussi une tong abandonnée: la bride a lâché.

    La jeune Italienne élégante, parfois, doit rentrer chez elle pieds nus...

    sentiero