• Les derniers romans d'Italo Calvino comme hypertextes

    Je viens de trouver encore un site intéressant:

    Les derniers romans d'Italo Calvino comme hypertextes

    et c'est ici: http://hypermedia.univ-paris8.fr/Groupe/documents/Calvino.htm

    Voilà, je partage ;-)

  • ZUT et ZERO

    Je suis absente un jour de classe.

    Je préviens mes élèves que l'interro prévue aura lieu malgré tout.

    J'en préviens la direction. Qui me dit de ne pas m'inquiéter.

    J'en préviens le secrétariat: celle qui répond au téléphone, celle qui règle les surveillances quand un prof est absent, celle qui prend les photocopies. Je les préviens par téléphone et par mail. Pour plus de sécurité.

    J'en préviens deux ou trois collègues.

    Je demande à une collègue qui habite tout près de m'apporter les copies à corriger.

    Le lendemain, pas de copies.

    Les élèves n'ont pas fait d'interro.

    Pourquoi le prof qui surveillait n'a-t-il pas distribué mes interros?

    La secrétaire qui devait les copier ne les a-t-elle pas copiées?

    La secrétaire qui devait les remettre au prof de surveillance ne les a-t-elle pas trouvées?

    La direction?

    Les collègues?

    Je dis zut à l'organisation et je lui donne zéro.

  • Y comme Yvonne

    Chère Yvonne

    ça fait trois semaines exactement que ton fils est installé dans son appartement. Il vit comme dans la chanson de Brel:

    "Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
    Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit"

    Je ne sais pas si tu peux comprendre ça, toi qui n'as connu ni Jacques Brel ni la vieillesse. Tu n'avais pas seize ans quand ton père est mort et ta mère n'était pas âgée quand toi tu as quitté le monde des vivants.

    Mais ton fils aujourd'hui approche des 81 ans, ça tu dois le savoir puisque tu l'as mis au monde le 2 décembre 1927.

    Il est malade, très malade, je te l'ai déjà dit. Et il a envie d'abandonner la lutte. Je le comprends. Il a montré déjà assez de courage.

    Ce serait une pensée consolatrice de savoir que tu l'attends, quelque part, et que je pourrais te le confier.

  • X et les joies du portable

    Je reçois un SMS en néerlandais: "Kunnen we bellen?", traduction libre: "Est-ce que je peux t'appeler?", traduction littérale: "Est-ce qu'on peut s'appeler?", traduction dans ma tête: "Est-ce que la voie est libre?"

    Le message vient d'un numéro que je ne connais pas, mais on ne sait jamais, alors je réponds. On verra bien.

    Je tapote donc: "Oui, mais qui êtes-vous?"

    Je veux bien comme Prévert dire tu à tous ceux que j'aime, mais pour s'aimer il faut se connaître, n'est-ce pas. Donc j'utilise encore pas mal le vouvoiement.

    Et bien vous n'allez pas me croire - ou trouver la chose bien regrettable - mais la conversation s'est arrêtée là.

    Hahaha, c'est beau la technologie!

  • W comme wagon de train

    Retour de Bruxelles, un dimanche un peu avant midi. Quand je suis dans le wagon, je vois sur la banquette de l'autre côté du couloir un homme et son chien. L'homme porte des lunettes et regarde par la fenêtre. Son chien est un berger allemand. Il a un harnais. Je vois l'inscription. Je vois la canne blanche. Ce chien accompagne un aveugle.

    Je me demande alors si cet homme n'aimerait pas savoir qui se trouve dans son compartiment. Ne devrais-je pas lui dire 'bonjour', de sorte qu'il entende au moins le son de ma voix?

    Nous qui sommes dans le monde des 'voyants', nous levons la tête quand le train s'arrête et quand quelqu'un part ou s'installe. Nous observons les autres. Nos yeux nous disent un tas de choses sur tous ces autres. Mais lui, comment ressent-il cela?

    J'éprouve une certaine gêne à le regarder alors que lui ne peut pas me voir.

    Je me sens comme dans un tableau d'Edward Hopper: on est à la fois dedans et observateur du dehors...

    hopper_nighthawks

     

  • V comme vide

    Stéphane Mallarmé, Brise marine

    La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
    Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
    D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
    Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
    Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
    Sur le vide papier que la blancheur défend,
    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
    Lève l’ancre pour une exotique nature !
    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
    Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
    Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
    Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

  • U comme Ulrike

    Ulrike est Allemande et habite à Kassel. Elle est si gentille, le courant passe si bien, nous avons tant en commun que je finirai par faire l'effort de parler sa langue.

    A mon propre étonnement.

    Et puis voilà, nous avons décidé de nous associer dans le projet Turquie-avec-Tijen!

  • T comme Tijen et la Turquie

    'Turkish cuisine is not all about recipes, but of traditions too'

    Turkey has a very rich and profound food culture, which is not all about recipes. Instead it is a whole consisting of several pieces such as an exclusive table etiquette including serving the elders first, distributing food to the needy at celebrations and feasts and collective work during funerals and death anniversaries, according to expert Tijen İnaltong.

    Tijen est Turque et avec elle je me verrais bien visiter son pays, découvrir sa culture, ses sites archéologiques et sa cuisine. Un projet en chantier pour l'année 2010!

  • Stupeur et tremblements

    Hambourg, ruines de l'église Saint-Nicolas. Dans l'abside, une sculpture intitulée Prüfung, porte une citation de Dietrich Bonhoeffer. Je vous la donne dans sa version anglaise:

    No man in the whole world can change the truth. One can only look for the truth, find it and serve it. The truth is in all places.

    Dietrich Bonhoeffer, pasteur et résistant allemand, a été exécuté à Flossenbürg le 9 avril 1945, c'est-à-dire trois semaines avant la libération de Berlin et un mois avant la capitulation des nazis.

    Dénudé, torturé, conspué puis pendu à des crochets de boucherie...

    Je vous épargne les détails. La mort par asphyxion mettait une demi-heure à venir.

    DietrichBonhoeffer

  • 22 octobre

    L'an dernier, pour le 22 octobre, chaque école de France était tenue de commémorer la mort de Guy Môquet, un lycéen parisien qui avait été arrêté à la gare de l’Est où il distribuait des tracts et qui avait été fusillé le 22 octobre 1941 avec 26 de ses camarades en représailles de l’assassinat de l’officier Karl Hotz. Guy Môquet était le plus jeune des vingt-sept otages assassinés du camp de Châteaubriand.

    Voici la fameuse lettre de Guy Môquet, écrite de Châteaubriand, camp de Choisel (Loire-Inférieure) le 22 octobre 1941 et qui devait être lue dans toutes les écoles de France le 22 octobre 2007:

    Châteaubriand, le 22 octobre 1941

    Ma petite maman chérie,

    Mon tout petit frère adoré,

    Mon petit papa aimé,

    Je vais mourir ! Ce que je vous demande, à toi en particulier petite maman, c’est d’être très courageuse.

    Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et René (1). Quant à mon véritable (2), je ne peux le faire, hélas ! j’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.

    À toi, petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

    Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup, qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.

    17 ans et demie (sic), ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.

    Je vais mourir avec Tintin, Michels (3). Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.

    Je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d’enfant. Courage !

    Votre Guy qui vous aime.

    Guy.

    (1) Jean Mercier, Roger Semat, Rino Scolari.

    (2)Serge, le frère de Guy Môquet.

    (3) Jean-Pierre Timbaud, ami de Guy Môquet [...], et Charles Michels, trente-huit ans, député communiste de Paris, fusillés à La Sablière le 22 octobre 1941.

    Mais dans ce document on peut trouver d'autres lettres d'adieu, toutes aussi émouvantes ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2007/30/encart30.pdf

    Lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko (2003), La vie à en mourir. Lettres de Fusillés (1941-1944), Éditions Tallandier, Paris, p. 85.

  • R comme réunion des anciennes

    Après toutes ces années sans se revoir, on a parfois du mal à reconnaître certaines de nos anciennes condisciplines. Les épaisses tresses noires de K***, les longs cheveux blonds de M***, la frange jusqu'aux yeux de P***, les queues de cheval, tout cela a fait place à des coupes courtes, et parfois même assez masculines. Pour les vêtements aussi nous n'avons plus l'allure légèrement hippie de nos 17 ans...

    Mais ce qui nous a toutes frappé, c'est que dès que nous parlons, nous reconnaissons parfaitement les voix.

    Et dans les visages aujourd'hui un peu ridés ;-) il y a les yeux, qui n'ont pas changé.

  • bilan d'une réunion d'anciennes

    Samedi 4 octobre, pour la deuxième fois en 30 ans nous nous revoyons pour une réunion d'anciennes élèves. Nous étions une petite classe de 10 en rhétorique et nous nous entendions bien. Cette fois-ci, c'est K*** qui a pris l'initiative de nous inviter chez elle.

    Nous parlons du métier que nous exerçons et nous nous faisons la réflexion que seulement la moitié d'entre nous exerce le métier pour lequel elle avait entamé des études, à l'âge de 18 ans: M*** a fait le droit et travaille comme juriste pour une banque, K*** a fait la philologie classique et est prof de latin et de grec, moi les Romanes et donc prof de français, M*** est kiné et L*** pédagogue.

    L'autre moitié a commencé par faire un mauvais choix. I*** a suivi des études d'infirmière pendant un an, n'a pas réussi et est entrée dans une administration. Grâce à sa connaissance des langues, elle a régulièrement trouvé du boulot. L*** a aussi abandonné les études, elle est partie en Inde où elle vit et travaille la majeure partie de l'année. A*** avait pensé devenir assistante sociale mais elle est prof de morale, I*** a fait une année de médecine mais a aujourd'hui une fonction de cadre supérieur chez IBM et P*** a le parcours le plus chaotique, médecine, géographie, psychologie... elle a aujourd'hui un mi-temps comme institutrice maternelle et l'autre mi-temps comme pédagogue.

  • Question existentielle

    Les ruines de l'église Saint-Nicolas sont dédiées à la paix.

    Une sculpture, "Angel of the Earth" porte une inscription en plusieurs langues. L'anglais "Take my hand and let me lead you back to yourself" n'est à mon sens pas pareil au français "Prends ma main et je te conduirai d'où tu viens".

    Pourquoi cette interprétation différente? et qu'en est-il des autres langues?

    HamburgAngel

  • P comme Privilège

    Dans l'avion qui nous mène de Bruxelles à Hambourg, nous ne sommes qu'une vingtaine de passagers. Quelques-uns sont disséminés sur les rangs 1 à 7. Ce sont les "Privilèges": on leur offre un journal avant le départ. Je me demande pourquoi on ne distribue pas ceux qui restent car il est déjà relativement tard et après notre arrivée à Hambourg ces nouvelles n'intéresseront plus grand-monde et iront sans doute tout droit à la poubelle.

    Ensuite on leur offre aussi un plateau-repas.

    A partir du 8e ou du 9e rang (moi, par exemple) on observe. Et on se demande combien ils ont payé en plus pour avoir le journal et le plateau.

  • O comme oui

    Oui j'aime la ponctualité, le sourire, la bonne humeur, l'humour, la décontraction.

    J'aime que ceux qui me demandent d'où je suis, en Belgique, soient au moins capables de situer trois villes belges... sinon que leur vaut ma réponse?

    J'aime les villes de bord de mer, les ports, les bateaux.

    J'aime les villes où on a laissé des arbres, beaucoup d'arbres. De grands arbres qu'on ne se sent pas obligés de mutiler chaque année sous divers prétextes.

    Héhé je finirai par dire j'aime Hambourg...

  • N comme non

    Non je n'aime pas les avions qui partent avec une heure de retard (surtout pour un vol qui ne dure qu'une heure!).

    Je n'aime pas l'exiguïté des places qui fait que des gens obèses débordent largement de leur siège et qu'il leur faut une bonne partie du mien.

    Je n'aime pas que les gens qui sont fâchés avec leur brosse à dents viennent me parler sous le nez.

    Je n'aime pas les prix qui se pratiquent dans les aéroports, d'autant plus qu'avec tout le temps qu'on est obligé d'y passer, on n'échappe pas aux petites faims et aux grandes soifs.

    Je n'aime pas la cuisine allemande, le poisson beaucoup trop cuit, le rôti noyé dans une sauce brune, les haricots verts détrempés, les plats de saucisses.

  • M comme Maulwurf

    Maulwurf veut dire taupe, en allemand. C'est le pseudo que Martina s'est choisi parce que de formation elle est archéologue.

    Peut-être bien qu'elle ferait un bon guide pour Ulrike, Tijen et moi en Turquie dans un an ou deux...

  • L comme Lars

    Lars et sa femme Ingrid sont Suédois. Non, ça ne s'invente pas!

    Lui est très grand, très maigre et très calme. Rien ne parvient à ébranler sa sérénité, ni les ordres (que dis-je, les ukazes) de Martina, ni ses "surprises" au programme qu'ils ont pourtant en principe préparé ensemble.

    "Martina a gardé cet aspect-là du programme totalement secret même pour nous", dit-il simplement. Laconique.

    Mais on voit bien qu'il n'en pense pas moins Clin d'oeil

  • K comme Kindersurprise

    Je risque de me faire éjecter du groupe "voies alternatives de consommer" maintenant que j'ai acheté un oeuf en chocolat Kindersurprise!

    Mais je peux dire pour ma défense que c'était la première fois de ma vie, que j'y étais contrainte et forcée par Martina, Allemande et Autoritaire, Entrez dans le rang et Faites comme on vous dit sans protester.

    Il y a tout de même encore des clichés sur l'Allemagne qui tiennent ;-)

  • J comme Jingjun

    Jingjun est notre "native speaker" pour la visite de Hambourg. Alors qu'elle est Taiwanaise, donc de langue maternelle chinoise et que sa seconde langue est l'anglais. Mais elle a épousé un Allemand et vit à Hambourg.

    Jingjun est tout à fait charmante et nous fait les honneurs de sa ville d'adoption avec une gentillesse infinie, à l'écoute de nos moindres désirs.

    Je lui souhaite tout le bonheur du monde...

  • I comme Isabel

    Isabel vient de Malaga. C'est pourquoi elle est aussi bien emmitouflée qu'Elena (Costa Rica, voir mon billet du 6).

    HamburgIsabel


    L'avoir avec soi pour la visite d'une ville est une sorte de cauchemar: on la perd tout le temps. Elle n'en fait qu'à sa tête. S'arrête sans prévenir si une chose l'intéresse. Vous quitte de même pour toutes sortes de raisons. Admirer des jeunes qui font de la breakdance. Fumer une cigarette. S'acheter une bouteille d'eau. A vous de voir qu'elle n'est plus dans les parages et à attendre qu'elle revienne.

    Quand un passant fait une chose qui lui déplaît, elle pousse un gros coup de gueule et lui crie des injures. Heureusement, me dis-je, c'est en espagnol.

    A part ça, c'est une personne fort sympathique. Tout d'un bloc. Et moi j'aime ça!

  • H comme Heidi

    Heidi est Allemande et la personne la moins complexée que je connaisse. Ne se laisse impressionner par personne, fait exactement ce dont elle a envie, ne craint pas de se faire remarquer, de s'enlaidir, de grimacer, de faire du bruit, d'émettre des opinions.

    Je voudrais être un tout petit peu plus comme elle. Juste un tout petit peu.

    HamburgHeidi

  • G comme groupe

    Je ne suis franchement pas faite pour les activités de groupe. Un moment, ça va, mais ma bonne volonté s'émousse devant les exigences contradictoires des uns et des autres. Les retardataires. Les indécis. Les capricieux. Les traînards. Les mécontents.

    HamburgGroupe

     

    Il y a aussi plein de gens charmants, la majorité, en fait. Mais pour bien faire connaissance, le temps est trop court.

  • F comme Flamkuche

    Le samedi midi à Hambourg, Ingrid et Hartmut mangent une Flamkuche. Nous à la table à côté, on discute de son origine alsacienne ou en tout cas rhénane.

    Voici ce qu'en dit le site Wikipédia:

    "La tarte flambée (en alsacien Flammekueche ou flammenkueche ou encore flammenkuche) est un plat traditionnel alsacien composé d'une abaisse de pâte à pain rectangulaire recouverte de fromage blanc parfois additionné de crème et garnie de lardons, d'oignons puis cuite au four. Des variantes existent, elle est parfois servie gratinée, au munster ou aux pommes pour le dessert, voire additionnée de diverses garnitures, mais s'écartent en cela de la recette traditionnelle. Son nom est une mauvaise traduction : elle n'est pas flambée avec de l'alcool, elle est cuite à la flamme.

    Au contraire du baeckeoffe, qui est d’origine urbaine et relativement bourgeoise, la tarte flambée remonte à l’habitude des paysans de faire cuire leur pain tous les quinze jours ou toutes les trois semaines. C’était alors une petite fête et, pour la marquer, on étalait la pâte qui restait, on la recouvrait de fromage blanc et de lardons, on assaisonnait à l’huile de colza et l’on passait au four. On présentait ensuite chaque tarte flambée sur une plaque de bois et on la découpait ; chacun roulait sa part et la mangeait avec les doigts. C'est d'ailleurs toujours ainsi que les Alsaciens la mangent, même au restaurant : avec les doigts."

    Ingrid et Hartmut, quant à eux, l'ont mangée avec le couteau et la fourchette ;-) et elle n'était pas non plus garnie de fromage blanc. Je suppose qu'un Alsacien qui l'aurait vue aurait eu le même sentiment que le Napolitano vero qui voit partout dans le monde comment on malmène sa pizza natale...

  • E comme Elena

    Elena est venue du Costa Rica. Tout droit. Il faisait 40° là-bas. Et ce samedi matin à Hambourg presque 10.

    Elena ne réussit pas à s'y faire et n'a pas vraiment prévu les vêtements qu'il faut. Aussi a-t-elle dû emprunter un bonnet de quelqu'un, les gants d'une autre, un pull, une veste, des chaussettes...

    Où avait-elle la tête en faisant sa valise pour le nord de l'Allemagne? Personne ne lui pose cette question.

    Seules ses chaussures, nous dit-elle, sont vraiment à elle.

    HamburgElena

  • D comme départ en avion

    Au départ de Bruxelles, tout le monde est embarqué bien à l'heure et vous vous en réjouissez, car les avions pour Athènes, Heraklion, Stockholm, ont dû attendre des retardataires.

    Mais du retard, vous en aurez quand même. La raison en est donnée par le commandant de bord lui-même: "Sur la demande de la tour de contrôle, et à cause du trafic aérien intense". Ben tiens. L'aéroport était si vide qu'une équipe de cinéma pouvait faire son boulot en toute quiétude et dans cet avion vous êtes à peine 20 personnes...

    Heureusement, le capitaine pédale un peu plus vite et on arrive tout de même presque dans les temps.

    Mais au départ de Hambourg, au moment où l'avion devrait décoller, vous êtes encore dans la salle d'attente. Vous finirez par partir à l'heure où vous deviez atterrir à Bruxelles. Sans explication.

    Encore un cliché sur l'Allemagne et la ponctualité allemande qui tombe au panier!

  • C comme cinéma

    Vendredi après-midi à Zaventem au Terminal A, une équipe de cinéma en pleine action. Deux chariots de matériel. Trois habilleuses-retoucheuses pour une seule actrice qui va se changer dans les toilettes. Quatre acteurs déguisés en agents de la sécurité. Cinq ou six hommes en noir, techniciens, metteur en scène, qui sait? En tout cas, tous Hollandais.

    Et zéro intérêt de la part des touristes et autres voyageurs.

  • B comme Bee Fang

    A Hambourg, je logeais à l'hôtel Bee Fang.

    L'accueil n'est pas très sympa: on me demande de payer mes deux nuitées à l'avance et quand je sors ma carte de crédit - celle avec laquelle j'ai fait la réservation par internet! - on m'annonce froidement qu'il y aura une majoration de 3 %.

    Je proteste: ni le site ni le contrat ne stipulent ce supplément! Libre à moi, me dit le monsieur, de payer au comptant. Oui mais voilà, si je l'avais su, je me serais munie du cash nécessaire... seulement pour ce court week-end, je n'ai pris qu'un minimum, plus ma carte de crédit et même pas de carte bancaire.

    Après cet accueil, plus rien n'a droit à mon indulgence: la chambre exigüe sous les toits, ses forts relents de tabac froid et de moisissure, la lampe au-dessus du lavabo qui ne marche pas, la douche et les toilettes qu'il faut aller chercher à l'étage inférieur - et non pas "on the floor", comme le disait le site - la flaque devant la douche qui rend impossible de déposer ses affaires au sec, le vacarme nocturne causé par les autres clients de l'hôtel...

  • Adrienne et les Allemands

    Ma grand-mère Adrienne se souvenait très bien de leur passage en 1914-1918. Ils sont liés à ses peurs d'enfant: elle avait juste 8 ans à leur arrivée.

    Quand ils sont revenus en 40, elle a de nouveau eu peur. Très peur. Elle avait alors elle-même une petite fille (âgée de 7 ans) et elle avait un mari pour lequel elle tremblait. Tous les jours, toutes les nuits.

    Après la guerre, mon grand-père et elle sont allés voir l'Allemagne démolie, écrasée par les bombardements. Je crois que ça a eu un effet thérapeutique: ils n'avaient aucune haine envers l'ancien ennemi, contrairement à un cousin qui avait tant souffert comme prisonnier de guerre que de sa vie il n'a plus jamais rien voulu acheter qui soit allemand.