• Les derniers rois de Thulé

    Si vous trouvez qu'il fait froid ces jours-ci, qu'il est bien temps que janvier se termine, que les jours rallongent, que le gel cesse, lisez ou relisez ce livre de Jean Malaurie, Les derniers rois de Thulé (première parution en 1955). Rien que la lecture de la table des matières (voir ci-dessous) me fait trouver nos zéro à moins deux degrés tout à fait supportables, que dis-je, tiédasses.

    Pour toutes les infos sur le livre, l'auteur et sa collection (qui a aussi édité Tristes Tropiques, de Lévi-Strauss ou le Cheval d'orgueil, de Pierre Jakez Hélias), allez voir ici: http://www.comme-un-roman.com/auteur/jean-malaurie/jean-malaurie.htm

    - Tamanrasset-Thulé
    - Le Groenland est un pays vert
    - Les rois de Thulé
    - Les hommes du Pôle
    - Siorapaluk
    - L'installation de la cabane d'hivernage
    - Le cycle de Térianniaq
    - Pualuna
    - Chasse au morse
    - L'hiver
    - Quatre mois de nuit polaire
    - À la rencontre du soleil
    - Quinze cent kilomètres d'exploration en terres d'Inglefield, de Washington et d'Ellesmere
    - L'Âge de fer

    malaurie


  • Z comme Zérard

    Il était une fois un prof de gym qui zézayait et qui - malheureusement - s'appelait Gérard. Ce qui fait que ses élèves - et même souvent aussi ses collègues, ce monde est sans pitié - l'appelaient Zérard.

    Je pense à Zérard à peu près trois fois par semaine, c'est-à-dire chaque fois que je suis à la piscine en train de faire mes longueurs. Car que disait Zérard? Que grâce au chlore qui lui entrait par tous les pores, il n'était zamais malade.

    Zamais.

     

  • Y comme Yvonne

    Chère Yvonne

    et moi qui croyais que ton prénom était complètement ringard! Voilà que des artistes de chez nous font une belle tentative pour le remettre à la mode ;-)

    Du bon et du belge à l'Opéra national de Paris pour cette Yvonne princesse de Bourgogne, puisque la musique est de Philippe Boesmans et que la direction musicale est confiée à Sylvain Cambreling. La première a eu lieu samedi dernier (le 24 janvier)http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/site/saison/operas/operas_details.php?event_id=103&CNSACTION=SELECT_EVENT

    Quelques extraits video pour te faire une opinion: http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/site/actu/personnalia/personnalia_details.php?lang=fr&news_id=61&CNSACTION=SELECT_NEWS

    On en reparlera!

    YvonneprincessedeBourgogne

  • X est un charognard

    Soyez très attentifs:

    1.un lundi 20, elle dit à son mari: cette situation n'est plus tenable pour moi, reste donc chez elle la semaine aussi. Et elle lui sort tous les vêtements de son armoire, pour bien montrer que ce ne sont pas des paroles en l'air. Il comprend, prend la pile de vêtements, et retourne là où il passait déjà ses week-ends.

    2.ni lui ni elle n'en parlent à personne dans leur entourage. Lui parce qu'il n'en est pas très fier, elle parce que son père est gravement malade et va bientôt fêter son anniversaire. On craint que ce ne soit le dernier. Même les voisins ne se sont pas rendu compte du va-et-vient des dernières semaines.

    3.le samedi suivant, une superbe mercedes gros calibre monte sa petite rue en cul-de-sac, tourne dans son allée de garage. Encore des gens qui se sont égarés et vont me demander le chemin, pense-t-elle. Une dame qui coûte aussi cher que sa voiture vient jusqu'à la porte:

    - C'est bien ici que la maison est à vendre?

    - Une maison? à vendre? ici?

    Car comme chacun sait, au plus une question étonne, au plus on réagit avec acuité.

    Le dialogue se poursuit sans grande variation dans le vocabulaire: maison, à vendre, ici. Il apparaît que la dame avait été renseignée que notre maison était à vendre. Ce qui n'était absolument pas le cas. Mais elle refuse de divulguer ses sources et s'enfuit dans sa belle mercedes.

    Alors voici la question pour un champion: Par qui a-t-elle su qu'il y avait un futur ex-mari à mon adresse et que peut-être ça signifiait qu'une maison serait mise en vente?

  • W comme wagon de train

    Encore un extrait de La maîtresse au piquet, parce que je suis bien contente de m'y reconnaître...

    "[...] je pris le train en gare d'Issoire. Changement à Clermont. Compartiment bien occupé. Dans mes déplacements ferroviaires, j'emporte toujours un livre; mais j'y picore à peine, distraite que je suis par le paysage, par mes voisins, par les incidents de parcours. Quand j'ai l'occasion de le faire sans offenser, j'aime regarder les gens que je côtoie. J'essaie de deviner ce qu'ils sont, les relations qu'ils peuvent avoir entre eux."

    Jean Anglade, La maîtresse au piquet, Presses de la Cité 1996, p.281

    anglade

     

  • V comme Vous voyez bien que je suis géniale!

    Quand nous étions en première année à l'école secondaire, nous sommes tout de suite devenues amies. Nous avions des choses en commun mais en même temps nous étions très différentes de caractère.

    En fait, c'est elle qui est devenue mon amie, dans le sens que c'est elle qui a fait le pas vers moi, qui s'est en quelque sorte imposée à moi. J'étais nouvelle, je ne connaissais personne. Elle connaissait tout le monde. Elle m'a adoptée.

    Elle bavardait en classe. Au début, j'étais effrayée à l'idée qu'un prof se fâcherait. Mais au fil du temps nous avions développé une technique infaillible, nous lisions pour ainsi dire sur les lèvres, personne ne nous entendait discuter. Il fallait juste faire attention de ne pas se laisser déborder par un accès de fou rire.

    Un jour, nous avions déjà 17 ans, un prof s'est rendu compte de ce manège et nous a appelées près de lui en fin de cours.

    - Vous semblez pas mal vous amuser en classe..., a-t-il commencé d'un ton sévère.

    - Oui, ça va, pas mal, a répondu mon amie, du tac au tac, sans lui laisser le temps de finir sa phrase et d'en venir au point essentiel, la menace, la sanction.

    Croyez-le ou non, mais cette réaction l'a complètement désarçonné. Il a juste trouvé à dire "Bon, bien, mais à l'avenir, je ne veux plus vous voir bavarder."

    Nous, on a continué comme avant. Et au plaisir de n'être entendues de personne s'ajoutait la sensation délicieuse de braver un interdit.

    Il ne nous a plus jamais fait de remarque.

    "Vous voyez bien que je suis géniale", a dit mon amie. Elle disait cette petite phrase à tout propos et surtout pour s'en convaincre elle-même.

    Et puis la vie, le temps, a fait son oeuvre. Et ne lui a pas fait de cadeaux.

     

  • U comme Un verre, ça va?

    Un verre, ça va, deux verres, bonjour les dégâts, dit le slogan bien connu.

    Un verre de vin par jour, c'est bon pour la santé, disent les médecins et les professionnels du vin.

    "Ce n’est pas rien que de prendre en mépris, de bonne heure, à la fois ceux qui ne boivent pas de vin et ceux qui en boivent trop." dit Colette dans Prisons et Paradis" (1932)

    Mais voilà un extrait d'une lettre (en chaîne) que m'envoie un de mes élèves, qui est musulman, gentil garçon, poli, bien élevé et tout à fait comme il faut:

    When much wine is drunk; red wind or the earth swallow them, or to be transformed into animals.' 'IMRAN IBN HUSAYN SAID: 'THE PROPHET (AS) SAID, 'SOME PEOPLE OF THIS UMMAH WILL BE SWALLOWED BY THE EARTH, TRANSFORMED INTO ANIMALS, AND SOME WILL BE BOMBARDED WITH STONES'. ONE OF THE MUSLIMS ASKED, WHEN WILL THAT BE O MESSENGER Of ALLAH?' HE SAID, 'WHEN SINGERS AND MUSICAL INSTRUMENTS WILL BECOME POPULAR, AND MUCH WINE IS DRUNK.''

  • T comme Tout le monde il est beau

    C'était en 1972, nous étions enfants, mon frère et moi, et chantions cette chanson sans tout comprendre, mais on en saisissait tout de même l'essentiel. Et ça avait une douce saveur contestataire, on riait de voir notre mère mi-inquiète, mi-choquée par ces paroles. Je crois bien qu'elle ne comprenait pas tout non plus;-)

    C'était l'époque où il y avait encore une vraie salle de cinéma à l'ancienne dans notre petite ville de province. On a tout de même eu l'autorisation d'aller voir le film.

    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

    Quand les pavés volent, comme de grands oiseaux gris,
    en plein dans la gueule des flics au regard surpris.
    Quand ça Gay-Lussac, lorsque partout l'on entend
    le bruit des matraques sur les crânes intelligents.

    Dans la douceur de la nuit, le ciel m'offre son abri,
    et je pense à Jésus-Christ, celui qu'a dit :
    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

    Le monde est beau, tout le monde il est gentil (4x)

    Quand dans le ciel calme, l'avion par-dessus les toits,
    verse son napalm sur le peuple indochinois.
    Quand c'est la fringale, lorsqu'en place d'aliments,
    les feux du Bengale cuisent les petits enfants.

    Dans la tiédeur de la nuit, la prière est mon appui,
    car je pense à Jésus-Christ, celui qu'a dit :
    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

    Le monde est beau, tout le monde il est gentil (4x)

    Quand ça jordanise, quand le pauvre fedayin
    copie par bêtise la prose à monsieur Jourdain.
    Quand le mercenaire ne songe qu'à vivre en paix
    et se désaltère avec un demi Biafrais.

    Dans la fraîcheur de la nuit, je me sens tout attendri
    en pensant à Jésus-Christ, celui qu'a dit :
    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

    Le monde est beau, tout le monde il est gentil (7x)

    toutlemondeilestbeau

  • Stupeur et tremblements de bloggueuse

    Trois jours sans rien poster, et ce n'est pas par manque d'inspiration.

    Mais voilà, je ne sais plus ni pour qui, ni pour quoi je fais ce blog.

    Pour qui? Il n'y a que trois personnes de mon entourage qui connaissent son existence. Je garde le silence, autour de moi, sur cette "activité". Sur le blog, je fais tout ce que je peux pour garder un anonymat absolu. Qui est-ce que je veux, comme lecteur? Qui me lit? La petite centaine de visites chaque jour, ne sont-ce que des passagers tombés ici par les hasards de google?

    Pour quoi? Pour me raconter? J'essaie de ne pas trop me laisser aller dans ce sens. Pour faire découvrir des choses à mes lecteurs? Je n'ai pas ce talent ni cette culture. Mon blog n'est ni thérapeutique, ni humoristique, ni artistique, ni gastronomique, ni scientifique, ni politique.

    Alors... conclusion? Blog de rien pour rien et pour personne?

  • En janvier on fait le bilan financier

    Il faut que j'économise. Pour m'acheter une maison à moi. Pour mes vieux jours ;-) Pour mes envies d'Italie. Pour me rassurer.

    Mais voilà que ces trois derniers mois il m'a fallu tout mon salaire. Pas pu mettre un sou de côté. Des appareils qui rendent l'âme. Du mazout à rentrer. Des tas d'assurances et d'impôts à payer. Des nouvelles lunettes.

    Et en faisant mon bilan financier, je constate qu'en 2008 j'ai dépensé environ 5500 euro de plus qu'en 2007. Sans pourtant faire de folies.

    Je voudrais bien me serrer encore plus la ceinture en janvier, février et mars. Mais voilà qu'il me faut une nouvelle télé. Une nouvelle radio. Un nouveau frigo.

  • Question existentielle

    Pourquoi certains conflits sont-ils si fortement médiatisés qu'on peut les suivre au jour le jour et faire le compte des victimes et des dégâts, alors que d'autres tout aussi ravageurs (plus même, souvent) se retrouvent à peine dans nos journaux, qu'ils soient papier, radio ou télé?

    Pourquoi nous désintéressons-nous du Darfour, du Congo...?

    Pourquoi ne savons-nous rien sur ceci, par exemple:

    COLOMBIA       Members of organizations involved in demonstrations organized by the National Movement of Victims of State Crimes (Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado, MOVICE)


    On 6 March, a coalition of human rights organizations, trade unions, indigenous groups and other organizations participated in a series of demonstrations in Colombia and around the world. The demonstrations condemned human rights violations committed by the Colombian security forces and army-backed paramilitary groups. Those who belong to organizations believed to have been involved in the demonstration have been threatened or killed, both before and since the march.

     

    On 11 March a number of organizations, many of which participated in the 6 March events, received a death threat via email, purportedly from the paramilitary Metropolitan Front of the Black Eagles in Bogotá (Aguilas Negras – Bloque Metropolitano de Bogotá). The threat accused the organizations of being "guerrillas" and named them as "military targets". The email said: "You used the march on 6 March this year to bring us down further and turn people against us, we will begin to kill you one by one, we mean business, and we won’t leave any loose ends” (Ustedes utilizaron dicha marcha del 06 de marzo del presente presente (sic.) año para undirnos (sic.) mas y poner la gente en contra nuestra, comenzaremos a matarlos uno por uno. Vamos a ser implacables no dejaremos cabo suelto). It goes on to say “Watch out you sons-of-bitches, your days are numbered” (Ojo hijos de perra que sus dias estan contados). The threat included photographs taken of one of the marches and said “we will start to disappear left-wing leaders such as….” (Comenzaremos a desaparecer líderes y dirigentes de izquierda como…..). It gives a list of 28 individuals18 of whom are women and many of whom belong to human rights, indigenous and other organizations which participated in the march that they say they plan to abduct. The threat also included the names of several human rights organizations, trade unions, and other groups.

     

    A number of trade unionists and human rights activists, some of whom were closely involved in organizing events or whose organizations participated in them, were killed or threatened just before or soon after 6 March. On 4 March, Carmen Cecilia Carvajal, a member of the trade union ASINORT was killed in Ocaña, Norte del Santander Department. On 8 March, Leonidas Gómez, of the UNEB banking union, was found dead in his apartment in Bogotá. On 7 March, Gildardo Antonio Gómez of the teachers’ union ADIDA, was killed in Medellín. On 12 March, the body of Carlos Burbano, a leader from the health union ANTHOC and organizer of the march in southern Colombia, was found dead in San Vicente del Caguán, Caquetá department.

     

    Adriana González, a member of the human rights group CPDH and organizer of the march in Pereira, Risaralda Department, survived an apparent attempt on her life when gunmen fired on her house on 29 February. Iván Cepeda, a leading member of the coalition group, the National Movement of Victims of State Crimes (Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado, MOVICE) and one of the main organizers of the March demonstration also received email death threats before and after the march.

     

     

  • P comme plaisir (minuscule)

    Mouiller ses espadrilles
    PAR PHILIPPE DELERM
    Je ne passe pas ma vie à chasser les plaisirs minuscules. Cette quête serait par définition infructueuse, car ils ne fonctionnent qu'en associant au goût du jour une part de mémoire involontaire. Mais savoir qu'ils existent, d'autant plus désirables qu'ils demeurent secrets, est en soi un plaisir. C'est d'une certaine manière sentir que la terre est habitée, habitée de moi, d'une infime partie de moi qui attend peut-être sa révélation. On a pu comprendre sans souci que j'appelle plaisir la dégustation d'une première gorgée de bière, ou la satisfaction délicieusement inutile de sentir la présence d'un Opinel dans sa poche. J'ai vu qu'on tiquait davantage quand j'évoquais le bien-être causé par le ronronnement d'un réfrigérateur. Le tout premier de mes « plaisirs minuscules », celui qui m'a donné une piste d'écriture, était pourtant d'une essence assez particulière. Une sensation d'été. Traduire l'irrémédiable débâcle occasionnée par le gonflement de la semelle d'espadrilles en train de se mouiller m'a pourtant semblé à la fois être un plaisir et un sujet. Sujet, parce que sans doute personne n'en avait parlé avant moi. Plaisir, parce que la vie la plus banale pouvait receler un secret. Il se passe quelque chose. Le rien devient tout. Pour moi, le plaisir, c'est ça.
    PHILIPPE DELERM, ÉCRIVAIN. DERNIER OUVRAGE PARU : «LA TRANCHÉE D'ARENBERG ET AUTRES VOLUPTÉS SPORTIVES» (PANAMA, JANVIER 07)

  • O comme oublier

    Oublier son odeur, oublier le son de sa voix, oublier comment c'était d'être dans ses bras, oublier le grain de sa peau, oublier sa chaleur, oublier.

    Oublier le début, le milieu et la fin de l'histoire.

  • N comme neuf

    Un matin sans électricité, neuf choses dont il faut se passer:

    1.le radio-réveil (ça ne se trouve plus dans le commerce, le petit réveil qu'il faut remonter soi-même tous les soirs, qui fait tic-tac toute la nuit et qui fait juste 'driiing' le matin)

    2.la lumière (mais on a des bougies... il s'agit juste de mettre la main sur les allumettes, dans le noir)

    3.l'eau chaude pour le thé (on boira un verre d'eau)

    4.le grille-pain (on mangera le pain encore un peu gelé... et on aura peur d'ouvrir le congélateur)

    5.le micro-ondes (rien de chaud aujourd'hui, tout à la cuisine est électrique)

    6.les nouvelles à la radio (on les entendra tout à l'heure dans la voiture)

    7.les oranges pressées (j'ai encore un vieux presse-citron de grand-mère, ou alors je mange l'orange comme ça)

    8.l'eau (la pompe est électrique)

    9.les e-mails à l'ordinateur (je suis terriblement accro: c'est mon ordi qui me manque le plus)

    Voilà qui nous confronte à la précarité des choses qu'on croit pourtant évidentes.

  • M comme Minute Mémorable Mercredi

    Hier mercredi, après des semaines de silence, ma mère m'a appelée.

    Ce qui fait que j'y cours dès aujourd'hui...

    Qui a dit besoin d'un psy?

  • M comme mère

    Toujours à la recherche d'explications: pourquoi, pourquoi, pourquoi ma mère ne m'aime-t-elle pas malgré tous les efforts que je fais depuis que je suis toute petite? Un autre test sur www.psychologies.com me dit ceci... et pose plus de questions qu'il ne me donne de réponses:

    Dans l'attente de l'amour maternel…


    En apparence, vous paraissez vivre d'une façon très indépendante et libérée de toutes pressions extérieures. Pourtant, vos réponses révèlent une dépendance psychique qui vous lie à votre maman. Elle provient des préceptes maternels qui semblent puissamment ancrés en vous. Il est possible que vous ne puissiez pas vous opposer à cette Loi qui fait autorité.

    Vous ne pouvez rien refuser à votre mère sous peine de transgresser des règles qui ont régi toute votre vie. Pas question de la contrarier, ni de la brusquer. Vous préférez parfois acquiescer pour la contenter. Au risque de laisser de côté votre propre réalisation personnelle. Et cette pensée vous mine.

    Il serait bon de comprendre ce qui vous empêche de contredire votre mère. Était-elle autoritaire ? N'a-t-elle eu de cesse de vous faire des reproches, de pointer vos manques et vos faiblesses par peur de se faire voler sa place de Femme à la maison ?

    Si vous avez expérimenté de telles situations, vous avez pu développer un sentiment de culpabilité par rapport aux attentes de votre mère.

    Mais il se peut également que votre comportement soit né du souhait inconscient de rester la fille idéale que votre mère désirait tant. Quel que soit votre cas, vous vous situez toujours dans l'attente maternelle tout en continuant de croire en cette mère aimante que vous avez toujours souhaitée.

     

  • L comme livres, lecture et lecteurs...

    Un extrait de La maîtresse au piquet, pour son joli panégyrique de la lecture:

    "[...] Tu n'as pas lu le roman de Jack London?

    - Oh! moi... la lecture... A part La Montagne-Dimanche... Elle ne me manque pas.

    - Tu me rappelles les Chinois. Ils n'ont jamais mangé de chou à la crème. Ça ne leur manque pas non plus. Ou encore une camarade de classe qui souffrait d'anosmie, de perte complète de l'odorat; elle n'avait aucune idée du parfum des roses et elle n'en souffrait pas.

    - Qu'est-ce que tu me racontes avec tes choux et tes roses?

    - Je veux dire que celui qui n'a aucun goût pour les livres, même s'il n'en souffre pas, est moins riche en bonheur que celui qui les aime. Tiens, imagine quelqu'un qui n'aimerait rien du tout: ni le miel, ni les fleurs, ni les oiseaux, ni les couleurs, ni les sons. Rien, ce qui s'appelle rien.

    - Ça n'existe pas.

    - Ça existe: un homme en pierre. Une statue. Elle n'aime rien.

    - Pardi! Elle ne vit pas!

    - C'est ce que je voulais dire. Moins tu aimes de choses, plus tu es pareil au granit."

    Jean Anglade, La maîtresse au piquet,Presses de la Cité 1996, p. 242

    anglade

  • K comme Kilowatt

    On nous incite beaucoup, ces temps-ci, à économiser l'énergie, et principalement l'électricité. Il n'y a pas si longtemps pourtant que les compagnies électriques nous matraquaient d'arguments qui s'affirment tous être faux aujourd'hui: énergie propre, bon marché, et j'en passe.

    Mais suite à ce matraquage, la plupart des gens cuisinent à l'électricité et ont du chauffage d'appoint électrique.

    Aujourd'hui on risque une amende si on en consomme trop...

    Alors comment faire baisser cette consommation? Prendre une douche dans une salle de bains où il fait 12°. Préparer sa saucisse aux lentilles sur le poêle à bois. Manger et regarder la télé à la lueur des chandelles.

    Ne riez pas, c'est ce que je fais ;-)

  • J comme janvier et je

    En janvier,

    je mange des plats roboratifs, saucisse aux lentilles vertes du Puy, potée au chou et autres pots-au-feu, haricots et flageolets,

    j'apprends à utiliser mon appareil photo

    j'ai pitié des petits oiseaux

    je bouquine au coin du feu

    j'admire la belle nature dans laquelle je vis

    je constate que je suis une privilégiée

    januari09

  • I comme Italie

    Une fois les fêtes passées, on peut recommencer à rêver d'Italie... et faire le décompte des jours.

    Je sais que grand-mère Adrienne aurait dit: "Tu as donc bien hâte de vieillir?" mais je ne peux m'empêcher de me réjouir à l'avance que dans trois mois je serai à Florence et d'y aspirer un peu plus qu'il n'est raisonnable.

    Pourtant le jardin est magnifique sous la neige... le voici samedi matin au lever du soleil. N'est-ce pas ce que Homère appelait l'aurore aux doigts de rose?

    janvier09

  • H comme He stopped loving me...

    Ces dernières semaines, je passe mes soirées à regarder des films romantiques à la télé. Sans doute par manque cruel de romantisme dans ma vraie vie, mais aussi parce que la programmation pendant la période de Noël abonde en american movies où tout le monde est beau, tout le monde est gentil et tout le monde trouve l'âme soeur à la fin. En plus, les flocons se mettent à tomber et le père vagabond, le fils prodigue, la mère dénaturée, la fille perdue se tombent dans les bras en pleurant et en susurrant 'I love you dad' (mum / etc.)

    Il y a des moments où ça rassure.

    Hier soir une autre histoire à l'eau de rose. Une réplique me revient ce matin: "He stopped loving me" qui résume aussi mon histoire.

    Réplique pourtant banale, j'ai dû la lire ou l'entendre déjà précédemment, mais ce n'est qu'hier qu'elle m'a frappée.

    En voici une des 1380 relevées par Google:

    "Which is better to believe, Margaret," said Euphra, uncovering her face, which two tears were lingering down, and looking up at her--"that he never loved me, or that he stopped loving me?"

    "For his sake, the first."

    "And for my sake, the second?"

    "That depends."

    David Elginbrod, de George MacDonald, http://www.classicreader.com/book/1354/62/

  • G comme Gare au loup

    Si vous voulez retrouver un moment votre âme d'enfant, allez donc écouter la version chantée, c'est ici: http://doumdoumdoum.free.fr/index.php?page=chant&id=65

    Gare au loup !

    Je suis le petit chaperon
    Qui rentre tard à la maison,
    J’habit’ un grand appartement
    Toute seul’ avec ma mèr’ grand

    Gare au loup, gare au loup,
    Gare au méchant loup (x4)

    Je suis montée dans l’autobus,
    Le loup, lui, a pris le métro.
    Mon Dieu, mais c’est le terminus
    Pourvu que j’arrive assez tôt !

    Gare au loup, gare au loup,
    Gare au méchant loup (x4)

    Et l’ascenseur qui est en panne :
    Dix-sept étag’s à faire à pieds…
    Si j’avais un aéroplane,
    J’y serais plus vit’ arrivée.

    Gare au loup, gare au loup,
    Gare au méchant loup (x4)

    Voilà j’y suis mais c’est trop tard,
    Le loup a percé la cloison,
    Mais mémé avec son pétard,
    L’a transformé en paillasson.

    Y’a plus d’loup, y’a plus d’loup,
    Y’a plus d’méchant loup (X3)
    Y’a plus d’loup, y’a plus d’loup,
    Y’a plus d’loup du tout !

  • F comme faire du feu

    Heureusement par les températures actuelles que j'ai mon poêle à bois. Tous les soirs le même rituel en rentrant du travail: enlever les cendres, mettre un peu de papier, du petit bois, faire un joli tas bien équilibré puis craquer l'allumette salvatrice.

    Et si vous voulez entendre ce poème dit par Gérard Philipe, cliquez le lien ci-dessous:

    Pour vivre ici

    Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné,
    Un feu pour être son ami,
    Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver,
    Un feu pour vivre mieux.

    Je lui donnai ce que le jour m'avait donné:
    Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
    Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
    Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

    Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
    Au seul parfum de leur chaleur;
    J'étais comme un bateau coulant dans l'eau fermée,
    Comme un mort je n'avais qu'un unique élément.

    Paul ELUARD, Le Livre ouvert I 1938-1940 (1940)
    (poème composé en 1918)

     

    http://wheatoncollege.edu/Academic/academicdept/French/ViveVoix/Resources/pourvivreici.html

  • 7 jours, 7 bénédictions

    Mais de quoi me plaindrais-je, j'ai de gentils élèves, des amis très chers qui me proposent leur hospitalité, l'ex-homme de ma vie qui a scié pour moi du bois de chauffage, j'ai encore plein d'appareils qui n'ont pas rendu l'âme et surtout: je n'habite ni dans la région des grands lacs congolais, ni dans la bande de Gaza mais dans un endroit merveilleux, beau, calme et privilégié.

    jardinjuillet08

  • 7 jours, 7 tuiles

    Bonne année, bonne santé! vous dit-on ces jours-ci.

    J'ai une hernie discale, mon chat Jules est mort, ma radio ne marche plus (silence total dans la maison et pas de nouvelles le matin), la neige et le verglas m'empêchent de rentrer ma voiture au garage (je dois la laisser au village, à deux kilomètres), le deuxième semestre ne fait que commencer et j'ai déjà des tonnes de travail en retard, voilà les soldes et je n'ai ni le temps, ni l'argent, ni l'énergie, ni la santé pour aller courir les magasins et cette nuit le chauffage s'est arrêté parce que le mazout, garanti à - 17°, a gelé à - 10

    jules

  • E comme école, élèves et enseigner

    C'est bien...

    C’est bien la fin des corrections, la fin d’un paquet de copies...

    C’est bien le chasseur sachant chasser sans les chemises sèches de l’archiduchesse quand Serge exige des excuses

    C’est bien les contradictions...

    C’est bien les dessins des élèves.

    C’est bien les élèves qui ont tellement aimé un livre qu’ils le font lire à la famille.

    C’est bien de se sentir inutile quand toute la classe travaille.

    C’est bien quand on vous dit : je vous ai vue au marché samedi.

    C’est bien quand ils n’utilisent pas de copions à l’interro.

    C’est bien les amours débutantes …

    C’est bien celui qui se demande si ça s’emploie, dans la vraie vie, des mots comme ça.

    d'après Philippe Delerm, C'est bien...

  • D comme demi-vers

    Vous prendrez bien un demi-vers ?

    Si nous vous disons

    Ô temps, suspends ton vol ...

    Qu'avez-vous envie de rajouter ?

    • Ô temps, suspends ton vol et fiche-nous la paix
    • Ô temps, suspends ton voleur au gibet sans nom
    • Ô temps, suspends ton vol, et vous heures propices ! (Alphonse de Lamartine)
    • Ô temps, suspends ton vol de gerfauts sur la mer
    • Ô temps, suspends ton vol, j'ai faim et j'ai très soif
    • Ô temps, suspends ton vol. Vole-t'on en tempo ?

    Allez voir la suite sur http://www.radiofrance.fr/parvis/demivers.htm ou imaginez vos propres jeux du demi-vers, par exemple "Demain, dès l'aube, ..." ou "Mignonne allons voir..." et autres "Heureux qui comme Ulysse..."

    Mais oui, on peut s'amuser avec la littérature!

  • C comme Copper Cook, casserole en cuivre et conseils

    Un des cadeaux que j'avais faits à mon père, grand amateur de cuisine, c'étaient de beaux faitouts en cuivre. Maintenant qu'il n'est plus là et que ma mère habite en appartement, ces cadeaux me sont revenus.

    J'étrenne donc une des "Copper Cook made in Belgium" pour y préparer un faisan aux choux. Tout se passe bien, le faisan et le coeur d'un chou vert, légèrement crémé, sont excellents, les arômes bien fondus. On se régale.

    Mais que s'est-il passé avec ma casserole en cuivre? L'intérieur est noir. Parce qu'il faut savoir que l'intérieur, c'est du nickel...

    Ce n'est qu'alors que je jette un oeil au petit papier avec les conseils d'utilisation. Il y est marqué bien en gras: "Pour le nickel, l'oxydation ne se produit qu'en présence de certaines substances (...). Ce noircissement n'est pas toxique et il s'enlève facilement mais il faut éviter les préparations avec du chou, du cresson, de l'oseille, de la moutarde, du vinaigre ou d'autres aliments très acides, ainsi que le poulet."

    C'est pour rire? Qu'est-ce qu'on peut y préparer, alors, dans ces Copper Cook?

    Mais bon, p'têt' que tout ce noir partira au lavage?

  • B comme Bonne année, bonne santé

    S'il est une période par excellence qui se prête à la réflexion sur le temps qui passe, c'est bien celle-ci.

    "Pour réparer la perte du temps passé, il faut bien employer le présent, et ne souhaiter l'avenir que pour en faire un bon usage" a écrit un certain Chevalier de Méré dans ses Maximes, sentences et réflexions morales et politiques.

    C'est aussi la période des bons voeux et autres souhaits de bonheur, santé et prospérité.

    "Les grandes âmes ont de la volonté, les faibles n'ont que des souhaits", dit un proverbe chinois.

    Alors? On arrête tout ça ou on continue?

    "L'année à venir n'existe pas. Nous ne possédons que le petit instant présent." Celle-ci est de Mahmûd Shabestarî.

    Comment, vous ne connaissez pas Mahmûd Shabestarî? Et bien, moi non plus ;-)

    Allez donc voir ici:

    http://www.evene.fr/citations/theme/bonne-annee-voeux-nouvel-an.php?page=2

     

  • Adrienne et ma première lettre de nouvel an

    J'avais six ans, je savais tout juste écrire mais je n'avais pas encore appris à former les majuscules:

    chère marraine,

    j'ai appris à l'école,

    que vite le temps s'envole;

    et au calendrier,

    j'ai lu: premier janvier.

    c'est le grand jour des voeux:

    soyez très, très heureux!

    Juste deux petites remarques: tout d'abord, que mon institutrice semble affectionner tout particulièrement la ponctuation... et ensuite que la rime avec "voeux" ne permet pas d'adapter le texte à une destinataire féminine...