• X comme anonymat garanti

    Tu devrais écrire ce livre, lui dit-il au téléphone, alors qu'il était question de télé qui ne marche plus et puis qui marche quand même.

     

    Depuis, elle y réfléchit. Elle devrait l'écrire, ce livre, c'est une évidence. Depuis le temps qu'il mûrit en elle, ce fruit ne finira-t-il pas par pourrir?

     

    Elle ne veut pas qu'il ressemble à un réquisitoire. Cependant, dans sa tête, C'EST un réquisitoire. Ou plutôt: il a tout d'un réquisitoire. D'ailleurs, comment faire pour que ce n'en soit pas un? L'autre jour elle a raconté une simple anecdote. Tout le monde l'a trouvée horrible. Quoique racontée avec humour: pendant qu'elle le racontait, tout le monde a ri. Ce n'est qu'après qu'elle a eu les réactions: comme c'est cruel!

     

    Ce qu'elle voudrait, c'est qu'il soit un témoignage. Et que d'autres, après sa lecture, lui disent: "Moi aussi!" Moi aussi j'ai vécu cela. J'ai vécu cela comme ça. Ce qu'elle voudrait, c'est que ce soit un grand soulagement pour tout le monde. Mais sans qu'il soit besoin de savoir qui est qui. Sans qu'on doive montrer quelqu'un du doigt. Discrétion assurée. Anonymat garanti.

     

    Ce pardon qu'elle ne réussit pas à donner, elle le veut dans le livre.

     

    Mais d'abord, il faut l'écrire. Et elle ne sait pas par quel bout commencer.

  • W comme wagon de train

    Samedi je devais aller à la Monnaie pour Le Nozze di Figaro. J'arrive à la gare avec une demi-heure d'avance (malgré le voisin qui barrait notre petite rue avec sa grande échelle et des tas de branches d'arbres qu'il était en train de couper... et malgré les nombreux travaux sur les routes, le trafic et les hordes de cyclistes...)

    Une seule personne dans la salle d'attente et la dame au guichet qui vient vers moi d'un air désespéré: aucun train ne passe sur la ligne de Bruxelles, "il y a ENCORE eu un suicide", me dit-elle en insistant avec un soupir excédé sur le ENCORE, comme si c'était monnaie courante.

    Elle se confond en excuses, la pauvre, alors qu'elle n'y peut rien, évidemment.

    C'est pourquoi le lendemain dimanche je décide de me renseigner sur ces nombreux suicides et voici ce que je trouve:

    Trein staat twee uur per dag stil door zelfmoord

    De trein staat in België per dag twee uur stil door een zelfmoord of een poging tot zelfmoord. Spoorbeheerder Infrabel werk aan een actieplan om het aantal gevallen te verminderen. Dat schrijft De Morgen.

    Om de twee à drie dagen springt er iemand in ons land voor de trein. Jaarlijks gaat het om 150 à 200 mensen die op die manier zichzelf van het leven willen beroven. Iets meer dan helft van hen slaagt in zijn opzet, bij de overigen mislukt de poging, zo blijkt uit de jongste cijfers.

    De zelfmoordpogingen kosten de NMBS naar schatting 300.000 euro per jaar. Ook zijn er heel wat treinbestuurders die er een langdurig trauma aan over houden. 'In totaal kostte het ons 45.000 minuten vertraging. Omgerekend is dat twee uur per dag,' zegt Jochem Goovaerts, woordvoerder van de NMBS, in de krant De Zondag. Infrabel, dat het spoorwegnet beheert, gaat proberen het aantal pogingen tot zelfmoord te beperken. 'We stellen momenteel een lijst op van de hot spots, de meeste risicovolle plaatsen voor zelfmoordpogingen,' zegt woordvoerder Frédéric Petit. Tegen het einde van het jaar moet er een actieplan zijn.

    L'article date du début de cette année. Je résume pour les non-néerlandophones:

    • en moyenne, c'est deux heures par jour que les trains sont à l'arrêt à cause d'un suicide ou d'une tentative de suicide

    • le fait se produit tous les deux à trois jours et touche de 150 à 200 à personnes; un peu plus de la moitié sont des "suicides réussis", si j'ose dire

    • tout ça coûte 300.000 euros par an, 45.000 minutes de retard (c'est ainsi qu'on arrive au chiffre moyen de deux heures par jour) et cause des traumatismes de longue durée à pas mal de conducteurs de train

    Et moi, ça m'aura coûté presque 12 euros de parking plus mon essence, ça m'aura empêché de lire Istanbul (Orhan Pamuk) pendant le trajet et d'aller humer l'ambiance de la fête de la musique place des Palais...

    Mais ai-je le droit de me plaindre quand peut-être un désespéré est mort écrasé par un train et un autre conducteur a vu avec horreur sa machine foncer sur un corps?

  • V comme Valentin

    Valentin Boiangiu, artiste roumain installé en Angleterre

    Distant woods1, mixed media on paper,80x48cm

    vali_008

    J'aime le côté "féerique" de cette oeuvre: j'y trouve à la fois le sentiment de l'attirance, de la beauté et celui de l'angoisse, de la prescience du danger...

    Tout semble bien équilibré, mais il y a ce chaos qu'on devine...

    J'y retrouve toutes sortes de sensations qui sont présentes dans la plupart des contes.

  • U comme Udite, udite, amanti

    Ecoutez-moi et vous saurez pourquoi je souffre...

    Udite, udite, amanti,
    Udite, o fere erranti, o cielo, o stelle,
    o luna, o sole,
    Donn' e donzelle,
    Le mie parole!
    E sa ragion mi doglio
    Piangete al mio cordoglio!
    La bella donna mia,
    Già si cortese e pia,
    Non so perché,
    So benone mai
    Non volge a me
    Quei dolci rai;
    Et io pur vivo e spiro;
    Sentite che martiro!

    Care, amorose stelle,
    Voi pur cortesi e belle,
    Con dolci sguardi
    Tenest'in vita
    Da mille dardi
    L'alma ferita,
    Et or più non vi miro;
    Sentite che martiro!

    Ohimè che tristo e solo,
    Sol io sento 'l mio duolo;
    L'alma lo sente, Sentelo 'l core,
    E lo consente
    Ingiusto amore;
    Amor se 'l vede e tace,
    Et ha pur arco e face.

    Le poème est d'Ottavio Rinuccini (1562-1621) et la musique de Giulio Caccini (1546-1618) a paru sous le titre Le nuove musiche à Florence en 1601.

  • T comme Turquie

    Je m'étais inscrite pour un voyage en Turquie. LE SUPERvoyage! Organisé par l'université de Louvain qui compte un éminent archéologue parmi ses professeurs, celui qui dirige les fouilles de Sagalassos. Le voyage dont je rêve depuis des années. Le nec plus ultra pour ceux qui, comme moi, sont passionnés d'archéologie et de culture gréco-latine.

    Il coûtait largement un mois de salaire mais je n'ai pas hésité longtemps: ce serait un voyage unique! Et pour une fois il était organisé en août, et pas en octobre-novembre, période à laquelle il m'est impossible de me libérer.

    Je m'étais donc inscrite. J'avais même déjà noté avec délectation tout le programme jour par jour dans mon petit agenda...

    Et puis j'ai constaté que nous avions la deuxième session des examens et la délibération en plein milieu de ce fabuleux voyage, et j'ai dû l'annuler. Mon directeur, ça l'a fait rigoler: il n'est sûrement pas fana de ruines antiques.

    Je me demande combien de temps encore je le regretterai.

     

    Pour ceux que ça intéresse, allez donc voir ici:

    Virtual Visit

    One of the goals of the research in Sagalassos is to make it possible for everyone to take a leap back in time and discover Sagalassos as it used to be and see how it changed over time.

    Several techniques have been used to visualize Sagalassos and to recreate it in all its glory.
    The video below gives a short overview of the 3d acquisition and rendering of artefacts in Sagalassos by the PSI-VISICS team of K.U.Leuven.

     

    In this section of the website, we would like to show preliminary results of a number of techniques, which will bring Sagalassos back to a new virtual life.

     

  • Stupeur et tremblements

    Trois ans qu'il aime une autre femme

    Six semaines qu'il l'a épousée

    Et il y a cinq jours je constate avec stupeur qu'il m'écrit ceci:

    J’allais écrire que j’ai beaucoup pensé à toi et – lap je l’ai fait quand même – tu vas encore me dire que tu n’y crois pas, que je n’avais qu’à etc. … Cela me rend triste, cette impossibilité de pouvoir communiquer alors qu’on a encore tant de choses en commun, tant de choses à se dire peut-être.

    Alors je tremble pour ma tranquillité d'esprit et la paix de mon coeur.

  • 22 juin 2009

    Lisez d'abord ceci:

    Contre le bac français le 22 juin 2009, lendemain de la fête de la musique.   

    Signer cette pétition     Réagir à cette pétition     Voir la liste des signataires



    Date de création : 12/02/2009
    Date de cloture : 12/04/2009

    Auteur :


    A l'attention de : Mr Darcos, ministre de l'Education Nationale

    Pourquoi banir une fête comme celle de la musique? C'est un événement important dans la culture française, alors s'il vous plait, messieurs les politiques et nottament Monsieur le Ministre de l'Education, n'empêchez pas les élèves de première à participer a cet évenement ou pour les plus courageux de les obliger à se présenter au BAC français fatigués.
    Je demande donc aux élèves qui souhaitent que le BAC français soit décalé, de signer cette pétition.

    (N'oubliez pas de valider votre signature lorsque vous recevrez un mail de confirmation)

    Vous avez vu, vous aussi? Vous avez vu combien de fautes d'orthographe il y a dans ce texte? Et vous avez remarqué cette tournure de phrase avec "n'empêchez pas les élèves (...) de les obliger à se présenter au bac fatigués"?

    Pour moi, cette constatation rend la demande encore plus ridicule...

    Si vous voulez être pris au sérieux avec votre argument de la "culture française", commencez donc par ne pas maltraiter votre langue!

  • R comme repas de fin d'année

    La fin de l'année scolaire devient plus festive que Noël et nouvel an.

    D'abord il y a eu le barbecue des amis du cours d'italien de ma ville. C'est le plus chouette, le meilleur et le plus convivial: chacun y contribue selon ses dons et disponibilités de sorte que la personne qui reçoit a un minimum de travail.

    Ensuite le repas de clôture du cours d'italien de la ville voisine: nous sommes allés à une pizzeria après l'examen de fin d'année. J'ai pris des saltimbocca alla romana en souvenir de ceux que je mangeais à Louvain quand on s'offrait une petite fête d'étudiants mais j'ai - évidemment - été déçue, ça ne ressemblait pas du tout à mes souvenirs...

    A l'école aussi il y aura un barbecue, celui que les élèves de dernière année organisent pour leurs adieux à l'enseignement secondaire. L'événement est toujours festif, joyeux et décontracté. Cette année, les élèves de sciences humaines prévoient en plus un buffet de desserts, ça promet ;-)

    Et puis samedi prochain il y a l'événement auquel je n'assiste généralement pas: le repas de fin d'année avec la direction et les collègues, un repas au restaurant agrémenté de discours et de musique de danse... très peu pour moi.

    Ce même samedi soir, je choisirai plutôt d'aller fêter avec mes amis belgo-congolais le 49e anniversaire de l'indépendance du Congo... il y aura aussi des discours et de la danse, pourtant ;-)

  • bilan du bilan

    Faisons le bilan de ce bilan.

    Deux ans et neuf mois... Un anniversaire au goût d'amertume. 

    Mais combien de temps encore vais-je garder cette date du 20 comme le moment symbolique de la rupture? Cela vaut-il la peine de se rappeler une date de sa vie, sauf si c'est pour s'en réjouir?

    J'abandonne ce rituel ou je lui donne un sens positif?

    Peut-être devrais-je me féliciter que le 20 novembre 2006 j'aie osé sortir tous ses vêtements de l'armoire et lui dire qu'il n'était plus possible de continuer à accepter qu'il passe ses semaines avec moi et ses week-ends avec elle.

    Je pourrais peut-être fêter chaque 20 du mois la prise en main de ma propre vie?

     

  • Question existentielle

    En ce temps d'examens - en tout cas chez nous - je me pose véritablement la question de l'utilité de ce rituel.

    A quoi servent les examens?

    Est-ce que toutes ces journées passées aux évaluations, puis aux délibérations, apportent vraiment un plus?

    Est-ce qu'ils font augmenter le niveau de connaissances?

    Ou servent-ils surtout, comme le pense Philippe Dembour, à acquérir "des qualités humaines comme le courage, la persévérance, la discipline, la volonté... "

  • P comme perles

    A-t-on ou n'a-t-on pas le droit de rire un peu des perles de nos élèves?

    Puis-je publier ici que Madame de Sévigné écrit à sa fille qu'après le suicide de Vatel "l'ambiance était un peu cassée" ou est-ce que je suis en train de me moquer?

    Et si je vous raconte que ce passage de La dive bouteille (Rabelais) est une allusion à la fameuse citation latine "in vino vida", est-ce que j'outrepasse les règles de la bienséance?

    En la tant divine liqueur,

    Qui est dedans tes flancs reclose,

    Bacchus, qui fut d’Inde vainqueur,

    Tient toute vérité enclose.

    Vin tant divin, loin de toi est forclose

    Tout mensonge et toute tromperie.

    Je vous le demande...

  • O comme on voit de tout

    Il y a ceux qui n'ont pas apporté de quoi écrire et qui vous demandent de leur prêter un stylo

    ceux qui n'ont pas pensé à prendre un mouchoir et suent à grosses gouttes... ça fait ploc ploc sur leur feuille

    ceux qui sont venus en bermudas à fleurs

    ceux qui vous fixent intensément en guettant le moindre signe d'approbation pour continuer leur exposé

    ceux qui arrivent rouges, essoufflés, les mains pleines de cambouis, parce que leur chaîne de vélo les a lâchés en route

    ceux qui se sont aspergés de déodorant à vous en donner la nausée

    ceux dont les mains ou la voix tremblent, ceux qui bégaient, ceux qui soupirent, ceux qu'il faut mettre à l'aise avant de pouvoir les interroger

    ceux qui en partant vous demandent si c'était bien

    ceux qui vous demandent la permission de s'asseoir, vous disent bonjour, au revoir, merci et bonnes vacances

    ceux qui essaient de vous faire croire que ce texte-là, celui sur lequel vous les interrogez, est précisément le seul qu'ils ont un peu moins bien étudié

    ceux qui ont visiblement très peu dormi ces derniers temps

    ceux qui vous régurgitent textuellement ce que vous avez raconté et ceux qui prennent quelques libertés avec l'histoire littéraire

    ceux qui s'embrouillent tellement dans ce qu'ils disent que je ne peux pas m'empêcher de "faire cours" au lieu de les laisser se dépêtrer tout seuls

    ceux qui n'osent pas me regarder et me parlent en fixant leur feuille

    ceux qui me font le bonjour de la part d'un frère ou d'une soeur aînés

    tous ceux-là que je ne verrai plus l'an prochain et qui me manquent déjà

     

     

  • N comme natation

    A la piscine ces jours-ci, vu que nous avons eu un mois de mai bien ensoleillé, les corps sont les plus rigolos.

    Il y a les hommes-cyclistes, qui arborent un bronzage-maillot.

    Il y a les pépés-jardiniers, qui montrent un bronzage-marcel.

    Il y a les hommes d'affaires, qui n'ont de bronzé que la nuque au-dessus du col-cravate et les mains qui tiennent le volant.

    Et les femmes, me direz-vous?

    Rien de tout cela chez elles. Sans doute que les femmes jardinent ou pédalent en bikini? Ou s'enduisent de facteur 30, comme moi ;-)

  • M comme mononucléose infectieuse

    - Et toi, ça va? je demande à une élève qui est restée un peu à traîner en classe une fois le cours fini.

    - Pas trop. Je suis fatiguée, j'ai mal à la tête, mal à la gorge... Ma mère pense que c'est la mononucléose.

    La semaine d'après, elle n'est pas en cours. Je m'informe. Mononucléose infectieuse. Hors combat jusqu'à la fin de l'année scolaire. Je vais lui rendre une petite visite.

    Mais que se passe-t-il avec moi ces jours-ci? J'ai de terribles maux de tête, mal à la gorge, une fatigue permanente, je dors mal, je n'arrive pas à me concentrer sur mon travail...

  • L comme lettre

    Bonjour Henriette,

    Je t'écris en français parce que je ne connais pas ta langue et j'espère que tu trouveras quelqu'un qui pourra te la traduire. Mais je pense que si tu continues à aller à l'école, tu apprendras toi aussi cette langue, non?

    J'ai reçu une photo de toi. Tu te tiens bien droite et bien sérieuse et ça me fait penser à la petite fille que j'étais. On me disait que je devais sourire pour la photo et je ne réussissais pas à le faire. Alors les adultes ne comprenaient pas et se fâchaient.

    Maintenant je suis une adulte moi aussi et je suis devenue professeur de français. Mes élèves ont entre 16 et 18 ans. Pour eux comme pour toi, le français est une langue étrangère.

    Pour la prochaine photo, tu feras comme tu voudras: tu riras si tu veux ou tu resteras sérieuse si tu trouves que c'est mieux. Si ça peut te faire plaisir, je t'enverrai une photo de moi quand j'avais huit ans comme toi et je suis sûre que tu comprendras. En attendant, je t'envoie déjà celle-ci, où tu me vois à l'âge que j'ai maintenant, et où j'essaie de faire un sourire. Tu seras d'accord avec moi, je pense, pour dire qu'il n'est pas trop bien réussi ;-) mais c'est le mieux que je puisse faire.

    Je t'embrasse

  • K comme karchériser

    - Venez donc voir, il faut que je vous montre quelque chose.

    Un peu intriguée, je suis le mécanicien en chef vers l'atelier où ma p'tite bagnole subit son contrôle annuel. Elle est "sur le pont", au-dessus de ma tête.

    Le mécanicien me fait voir les amortisseurs.

    - Vous voyez ça?

    Ben oui, je vois que c'est crade. La boue argileuse de mes chemins de campagne recouvre entièrement l'intérieur de l'espace prévu pour les roues. Impossible de décrasser ça avec les moyens "normaux" dont je dispose, c'est-à-dire ma lance d'arrosage, ma brosse en coco et mon éponge synthétique.

    - Faut karchériser tout ça régulièrement, me dit-il, c'est important pour la longévité de vos amortisseurs.

    Ah bon! ben s'il s'agit d'une question de vie ou de mort...

    Quelques semaines plus tard, un modèle "haute pression" était en superpromo, je me l'achète, je le transbahute tant bien que mal du rayon dans le caddie, du caddie à la voiture et de la voiture au garage, j'ouvre la boîte, j'étale tout, les vis, les tuyaux, les pièces détachées, je lis les instructions de montage, hop j'assemble le machin, quel bonheur... et puis je constate que l'embout qui doit raccorder l'instrument à mon tuyau d'arrosage n'est pas compris dans le prix...

    la suite le 13 juillet prochain...

  • J comme jeu des incipits

    Voici les réponses au deuxième jeu des incipits (voir les 11 et 12 mai, lettres i et j pour le premier jeu des incipits et voir à la date d'hier si vous voulez d'abord lire les incipits sans leur nom d'auteur)

    Aujourd'hui dans notre "abédédaire du temps qui passe" les auteurs à trouver avaient donc un nom qui commençait par F, G, H, I et J.

    premier inciptit:

    Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autours de tomberaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussière. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant:

    - Le voilà! Buffalo Bill arrive! 

    Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères, coll. 10/18, 2003 

    deuxième incipit:

    Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.

    Philippe Grimbert, Un secret, LdeP n° 30563, 2007

    troisième incipit:

    Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
          Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
          – Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
          Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
          On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
          Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre.
          Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
          – Levez-vous, dit le professeur.
          Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
          Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
          – Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
          Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. Il se rassit et la posa sur ses genoux.
          – Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
          Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
          – Répétez !
    Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
          – Plus haut ! cria le maître, plus haut !

    Gustave Flaubert, Madame Bovary, Classiques Garnier, 1974

    quatrième incipit:

    Condamné à mort !

          Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

          Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre.

          Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !

    Victor Hugo, Le dernier jour d'un condamné (disponible sur Internet)

     

    cinquième incipit:

    "Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ à une vie autre, à l’infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l’horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t’écouter, te comprendre, t’accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s’en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s’amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil des jours, au fil des ans, a fini par t’étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s’épanouir ce qui te poussait à t’aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l’inconnu. Tu n’aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises il est certain que l’immense et l’amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t’aurais brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n’en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied. Te ressusciter, te recréer. te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s’est déchirée."

    Charles Juliet, Lambeaux, P.O.L., 1995

     

  • I comme incipit

    On continue le jeu des incipits? (voir les 11 et 12 mai, lettres i et j)

    Aujourd'hui dans notre "abédédaire du temps qui passe" les auteurs à trouver ont un nom qui commence par F, G, H, I et J.

    premier inciptit:

    Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autours de tomberaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussière. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant:

    - Le voilà! Buffalo Bill arrive! 

    deuxième incipit:

    Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.

    troisième incipit:

    Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
          Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
          – Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
          Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
          On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
          Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre.
          Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffures d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
          – Levez-vous, dit le professeur.
          Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
          Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
          – Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
          Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête. Il se rassit et la posa sur ses genoux.
          – Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
          Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
          – Répétez !
    Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
          – Plus haut ! cria le maître, plus haut !

    quatrième incipit:

    Condamné à mort !

          Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

          Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre.

          Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !

    cinquième incipit:

    "Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ à une vie autre, à l’infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l’horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t’écouter, te comprendre, t’accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s’en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s’amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil des jours, au fil des ans, a fini par t’étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s’épanouir ce qui te poussait à t’aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l’inconnu. Tu n’aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises il est certain que l’immense et l’amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t’aurais brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n’en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied. Te ressusciter, te recréer. te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s’est déchirée."

    Les réponses demain!

  • H comme Henriette (1)

    Qu'écrit-on à une petite fille de huit ans?

    Qu'écrit-on à une petite fille de huit ans qui habite dans un village reculé du Bénin?

    Qu'écrit-on à une petite fille de huit ans qui habite dans un village reculé du Bénin et qui ne parle que l'adja?

    Qu'écrit-on à une petite fille de huit ans qui habite dans un village reculé du Bénin, qui ne parle que l'adja et qui n'a encore eu aucun contact avec le monde extérieur?

    Qu'écrit-on à une petite fille de huit ans qui habite dans un village reculé du Bénin, qui ne parle que l'adja, qui n'a encore eu aucun contact avec le monde extérieur et dont on ne sait presque rien d'autre que sa date de naissance?

  • G comme grande distinction

    Mardi prochain, nous avons notre "examen" au cours d'italien. Pour la quatrième ou cinquième fois déjà cette année, je ne me souviens plus exactement. Et tout le monde, absolument tout le monde, aura la grande distinction. Au moins!

    D'abord, la prof nous dit ce que nous devons étudier. Normal. Mais on a vu si peu de matière... et certains demandent avec tellement d'insistance ce qu'il faut connaître "exactement" qu'elle finit par dire quelles questions elle posera.

    Ensuite, elle nous redonne à l'examen littéralement les mêmes exercices que ceux vus dans le courant de l'année.

    De plus, elle passe entre les rangs et nous demande: ça va? Quelques-uns n'hésitent pas à la consulter ou même à carrément lui demander la réponse exacte.

    D'autres trichent honteusement.

    Des absents ont pu faire leur "examen" tranquillement chez eux, par mail.

    Pas très sérieux tout ça, n'est-ce pas?

    Et moi? je persiste bêtement à vouloir mériter mes propres points (soupir)... on ne se refait pas! Mais expliquez-moi, si vous le pouvez, pourquoi des ADULTES qui suivent ce cours pour leur simple PLAISIR mettent autant d'acharnement à se tromper EUX-MEMES.

    Moi, je ne comprends pas.

  • F comme facciamo la pausa

    Depuis septembre dernier, je me suis inscrite à un cours du soir. Chaque mardi, je me rends dans la ville voisine pour y suivre un cours d'italien. Le cours commence à 18.00 heures et se termine à 20.40 h. Nous avons droit à une pause de dix minutes à mi-chemin.

    Voilà pour la théorie.

    La pratique est légèrement différente. Semaine après semaine, je persiste à arriver là à l'heure... pour me retrouver seule. Deux ou trois autres cursistes sont aussi relativement ponctuels. La prof s'amène avec dix minutes de retard, parfois un quart d'heure, toujours avec la même excuse (quel trafic ce soir! je ne réussissais pas à me garer!) alors que nous tous sommes passés par ce même trafic et que nous avons également une voiture à parquer quelque part.

    Le temps de déballer ses affaires et de raconter sa vie, on approche des six heures et demie... le cours commencera-t-il bientôt? Elle y pense. (On commence ou on attend encore un peu? et nous tous en choeur: non, non, allons-y, commençons) N'oublions pas que c'est dans ce but qu'on est là...

    Deux ou trois cursistes travaillent à Bruxelles et arrivent entre sept heures et sept heures trente. Ils n'ont pas raté grand-chose. On en est encore à notre premier exercice de la soirée.

    Dix minutes plus tard, on arrête tout: Facciamo la pausa (c'est une des rares choses qu'on dise en italien à ce cours d'italien!). On a fait un "pot" pour que S***, qui a un commerce de vin, nous apporte chaque semaine deux ou trois bouteilles qu'on vide allègrement en grignotant un petit quelque chose. Il va être huit heures, tout le monde a faim.

    Il est rare qu'on se remette au travail: il y a tant de choses à raconter autour d'un verre de vin que parfois même nous sommes encore là à 21.00 heures...

    Qu'avons-nous appris cette année?

    Pour ce qui est de l'italien, pas grand-chose! Par contre, j'ai acquis la conviction qu'un prof doit jouer son rôle de prof, même avec un public d'adultes. Qu'un prof de langue doit parler la langue qu'il enseigne. Et exiger que pendant le cours tout se fasse dans cette langue.

    Pour moi, le gâchis est d'autant plus grand que notre prof est une Italienne pur sang et que nous ratons donc une magnifique opportunité d'entendre et de pratiquer sa langue dans les meilleures conditions possibles...

    Je ne sais pas si je m'inscrirai encore l'an prochain. Mais bon, j'y retourne demain ;-)

  • Les 7 merveilles d'Ostia antica

    Ostia antica, j'y ai passé toute la journée et je suis tombée de WOUAH! en SUPER! me retenant d'exclamer des PUTAIN ou des MERDE qui, même s'ils sont le produit d'un grand émerveillement, ne siéent pas dans la bouche d'un vénérable prof de français, comme je l'ai déjà écrit ici dernièrement (voir le 4 juin, lettre C)

    C'est donc pour le site d'Ostia antica que je vais m'amuser à rédiger une liste des sept merveilles, ce qui est toujours difficile et un peu injuste, mais bon, il s'agit d'un jeu, n'est-ce pas?

    • la mosaïque du frigidarium des Terme dei Cisiarii
    • le thermopolium de la via Diana
    • la mosaïque murale dans le jardin de l'insula dei dipinti
    • les taberne dei pescivendoli
    • l'aula dei misuratori del grano
    • les deux petites fresques représentant des auriges (terme dei sette sapienti)
    • la caupona alla porta Marina

    Je n'essaierai pas de faire le même jeu pour les oeuvres exposées au musée: elles sont magnifiques, émouvantes, et malheureusement on n'a ni le droit de les photographier ni la possibilité de les acheter en carte postale...

    Rome 2009 022 - kopie

    Caupona alla porta Marina: la mosaïque de cette "osteria" à l'entrée de la ville, sur le port, représente deux athlètes qui devaient être fameux à l'époque. On peut lire leur nom, Alexander et Helix. Entre eux, la palme des vainqueurs.
     

  • E comme exagération

    La scène 1 se passe au check-in à Zaventem. Il est environ dix heures du matin.

    - On sert quelque chose à manger, dans l'avion?

    - Oui, oui! bien sûr! Tout à fait! Certainement! me rassure la gentille demoiselle.

    La scène deux se passe à bord de l'avion. Il va être midi.

    - Bienvenue à bord (patati patata, les formules habituelles). Il vous sera servi un snack et des boissons. 

    Scène 3, une grosse heure plus tard. On ne mange pas sitôt, n'est-ce pas, en Italie. Les hôtesses passent enfin avec leur chariot quand nous sommes à moins de trois quarts d'heure de l'atterrissage. Il faudra manger en vitesse, me dis-je.

    - Sucré ou salé?

    Si on répond "sucré", on reçoit des biscuits en forme d'anneaux. Vingt grammes.

    Si on répond "salé", on reçoit aussi des biscuits en forme d'anneaux. Mais vingt-quatre grammes.

     

  • D comme démesure

    En revenant de ma visite des fouilles à Ostia antica, je me fais un devoir de descendre du train à l'arrêt "Basilica di San Paolo". Mais c'est une grosse déception.

    La basilique de Saint-Paul "hors les murs" (fuori le mura) baigne dans la démesure. Mon guide Michelin (deux étoiles pour l'ensemble, trois étoiles pour l'intérieur!) la qualifie de "somptueuse", ce qui est évidemment aussi une façon de voir les choses, mais pas la mienne.

    Un énorme atrium à double rang de colonnades, une gigantesque statue de saint Paul, une immense mosaïque, mais rien qui me trouble, rien qui me remue comme le font les monuments de la Rome antique, même les plus abîmés ou les plus modestes.

    A l'intérieur de cette basilique, où pourtant il y a la foule, je ne ressens pas ce "moment de saisissement" que, toujours selon mon guide, "les visiteurs ne peuvent manquer de ressentir". En ce qui me concerne, je ne vois que de la démesure.

    D'énormes plafonds à caissons blanc et or, une nef - pardon! cinq nefs! - immense(s) et vide(s), un arc triomphal gigantesque, un ample transept avec à chaque extrémité un autel tout en lapis-lazuli et malachite... Même le candélabre pour le cierge pascal est monumental.

    Alors, au lieu d'aller voir le cloître, je suis partie à la recherche de l'arrêt du bus. 

  • C comme Cocu

    Je ne sais pas si ça se dit pour une femme (et je ne sais pas si un respectable prof de français a le droit d'utiliser des termes aussi vulgaires - lol) mais depuis que mon mari est allé voir ailleurs j'ai une chance de cocu.

    Les bus romains arrivent à l'arrêt au moment où j'y suis, les files d'attente aux guichets des gares italiennes sont juste assez longues pour me permettre d'attraper le train sans devoir attendre au soleil sur les quais (lol bis), je tombe pile sur les bonnes adresses pour le cappuccino, la glace nocciola, les repas... ou je tombe pile sur le gentil Romain, la gentille Romaine, qui me file ses tuyaux.

    Pourvou que ça doure, comme disait, paraît-il, la mère de Napoléon.

  • B comme Bus

    Pourquoi prendre un de ces bus à touristes alors que pour moins que rien on peut se mêler à la foule des écoliers, des travailleurs et des mémés faisant leurs courses et traverser Rome dans tous les sens?

    Ainsi par exemple la ligne 271 traverse le forum, fait le tour du Colisée, de la piazza Venezia, là où on peut voir l'escalier qui mène au Campidoglio et bien sûr le fameux monument à Vittorio Emmanuele.

    Il permet d'admirer les fouilles du largo Argentino et le théâtre de Marcellus. Il longe le Tibre sur plusieurs ponts.

    Et si vous le désirez, vous descendez et vous en prenez un autre. Même sans aucun plan: vous finirez bien par arriver quelque part où vous vous reconnaîtrez et de toute façon les gens sont extrêmement gentils et toujours prêts à vous aider.

    Je me suis offert ainsi quelques instants de repos et de "sight-seeing" à la fois. Monuments historiques, cité universitaire, quartiers populaires derrière les gares, tout ce que vous voulez.

    Mon ticket de bus valable trois jours a été d'un excellent rapport qualité-prix-plaisir ;-)

  • A comme Adrienne

    Adrienne a beaucoup voyagé. Mais elle n'aimait pas ça.

    Elle était bien obligée de suivre mon grand-père, qui adorait les voyages et la découverte d'autres horizons, mais elle préférait par-dessus tout rester chez elle, papoter avec ses amies autour d'un café et retrouver chaque soir son propre lit.

    Pour elle, le pain servi dans les restaurants français ne remplaçait pas les pommes de terre. Et la plus raffinée des entrées ne valait pas une bonne soupe.

    A peine avait-elle quitté son toit qu'elle s'inquiétait déjà de le retrouver.

    Elle ne parlait jamais de ses voyages et ne classait pas ses photos.

  • Première fois

    Pour la toute première fois, à aucun moment je ne me suis sentie, pendant ce court séjour à Rome, ni triste, ni seule, ni déplacée... Rien de négatif n'est venu me submerger, comme ça m'est encore arrivé à Florence aux dernières vacances de Pâques.

    Comme quoi, même à cinquante ans passés, on peut encore faire des progrès dans la vie ;-)