• Derniers jours de vacances

    Au début des vacances - et même longtemps avant qu'elles ne commencent! - on se fait mille projets tous plus utiles ou plus agréables les uns que les autres.

    Au mois de mai je m'étais déjà acheté les pinceaux, les rouleaux et le petit seau avec sa grille: plus rien ne m'empêcherait de mettre enfin un peu de couleur sur mes murs!

    Vers la même époque, vu le beau temps et la visite de ma mère, j'avais descendu le transat du grenier. J'étais parée pour un bel été.

    Deux mois ont passé. Les murs sont toujours blancs et le transat n'a pas été utilisé. Pourtant il a fait beau tout l'été. A quoi ai-je donc passé mon temps? 

    La conclusion qui s'impose vient de Ronsard:

    Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,
    Las ! le temps non, mais nous nous en allons

  • Z comme zut!

    Cette année-ci, vu que les écureuils m'ont laissé quelques noisettes, je me suis dit : faisons donc un pain aux noisettes fraîches!

    Vendredi soir j'en ramasse donc une petite barquette et samedi matin je me lève avant l'aube - comme il sied au bon boulanger - pour faire mon pain.

    Deux heures plus tard, l'histoire commence à ressembler drôlement au canard de Robert Lamoureux... vous savez bien, celui qui, le lundi matin, était toujours vivant.

    J'ai même sorti le grand marteau de la caisse à outil. Les meubles tremblent, les portes des armoires s'ouvrent toutes seules sous le choc, les noisettes rebondissent aux quatre coins de la pièce, intactes, et mes deux chats sont à la fenêtre à se poser des questions sur ma santé mentale en me voyant vautrée par terre à la recherche de ces fruits qui me sont apparemment défendus.

     Je comprends maintenant pourquoi les écureuils les mangent vertes.

  • Y comme Yourcenar

    Il faudra que je lise enfin L'oeuvre au noir et Les mémoires d'Hadrien, puisque mes deux nouvelles amies, l'une à Bruxelles et l'autre au Mans, ont Marguerite Yourcenar au top de leur liste d'auteurs préférés et de livres fétiches.

    Tant de livres à lire et la vie est si courte! Jamais je ne pourrai réaliser l'idéal que nous préconisait le professeur Angelet et que je retrouve dans Le premier siècle après Béatrice, d'Amin Maalouf, pages 77-78 de l'édition de 1992 chez Grasset:

    [Lire] de près, "lentement", recommandait-il, "et sans crayon, on se décharge trop souvent par un gribouillis ce qui devrait rester planté là"; et il appuyait l'index pesamment sur le front. (...) "Si en vingt ans tu as lu, ce que j'appelle lu, quarante vrais livres, tu pourras regarder l'univers en face."

    En substance, il y a trente ans, le professeur Angelet nous avait dit un jour à peu près la même chose: privilégier la qualité de la lecture plutôt que la quantité, puisque de toute façon on ne réussira jamais à lire tout ce qu'on voudrait lire. Comme j'avais depuis toujours cette soif de lecture, j'ai bien imprimé ce message dans ma tête.

    Mais ça ne m'empêche pas d'essayer désespérément de lire un maximum... en oubliant la qualité de la lecture. Je lis beaucoup trop vite.

  • X comme incognito

    Vendredi dernier, à la piscine, je me retrouve nez à nez avec un ministre d'Etat bien connu. Côte à côte sous la douche avant d'entrer dans l'eau. Côte à côte pour nos premières longueurs.

    Il ne nage que sur le dos et garde ses lunettes de vue. Sans doute est-il fort myope? Je constate aussi que sa coiffure ne bouge pas, la raie, les cheveux, tout ça reste bien "plaqué" comme sur les photos des campagnes électorales.

    Tout le monde le laisse barboter et faire la planche sans l'importuner. On respecte tellement bien son "incognito" que je me demande si ça lui fait plaisir. Un homme comme lui n'aimerait-il pas recevoir quelque bonjour, quelque regard de reconnaissance de la part des électeurs que nous sommes?

    Ce n'est qu'à ma dixième longueur qu'une autre pensée me vient à son propos: un homme comme lui, qui possède un si magnifique domaine juste à côté d'ici, et où on peut voir par exemple un court de tennis, n'a-t-il pas sa piscine privée? Est-il obligé de venir à la piscine communale s'il veut se dérouiller en douceur les articulations et les lombaires? Alors que je peux voir tous les jours sur fb en cette période de l'année que le moindre de mes élèves, pourvu qu'il ait un papa dans le commerce, l'industrie ou les professions libérales, a une piscine dans son jardin dont il fait profiter toute la bande d'amis?

  • W comme wagon de train

    En revenant du Mans, j'ai pu constater qu'il n'y avait pas de poubelles sur les quais de la gare. Que vais-je faire, boudiou de boudiou, de mes noyaux d'abricots et du papier d'emballage de mon fromage de chèvre et de mon pain aux noix?

    Pas de poubelles non plus dans le TER qui m'emmène à Paris-Montparnasse. Ce qui fait que la grille des radiateurs est pleine de chewing-gum... et que mes noyaux d'abricots finiront sur mon tas de compost ;-)

    Par contre, les gares ont des noms somptueux de maîtresses royales ou autres dames du Grand Siècle, Maintenon, Rambouillet, Epernon... et juste avant Paris on peut même apercevoir dans le lointain le parc et le château de Versailles!

    Ahlala! C'est à ce moment-là que je me suis demandé pourquoi je n'avais plus passé de vacances en France depuis si longtemps!

  • V comme veuve avant le mariage

    Un stupide accident de la route a tué une jeune homme de 27 ans. Happé par une camionnette alors qu'il traversait une nationale à vélo - et sans regarder - pour rejoindre deux amis qui étaient déjà de l'autre côté.

    Une de mes anciennes élèves partageait sa vie depuis plus de six ans. Ils avaient bien sûr de nombreux projets ensemble, et aussi des projets de mariage.

    Mais aujourd'hui tout le monde dit: oh que c'est terrible, pour la maman, de perdre ainsi son fils. Et moi je pense que c'est terrible, pour M***, d'être veuve sans en porter le titre. Car celui qui est en deuil a besoin que sa peine soit reconnue.

  • U comme Una giornata particolare

    Une année de 52 semaines, ça ne fait pas assez de samedis et de dimanches pour rencontrer tous ceux qu'on voudrait rencontrer. Ainsi, il faut parfois mettre les bouchées doubles.

    Avant-hier dimanche par exemple, trois de mes (ex-)nièces sont venues passer la journée. Nous avons bien mangé et bu, bien bavardé et ri, et repris un peu la température de nos vies. E*** est enceinte de son deuxième enfant, I*** retourne en Colombie, où elle a trouvé l'homme de sa vie et mûrit un projet de livre, et J*** est si impatiente d'avoir sa semaine de vacances (elle ne les prend qu'en hiver) qu'elle était tout excitée d'annoncer vient de régler huit jours de neige dans les Dolomites pour mars 2010!

    Quand elles sont reparties en début de soirée, j'avais juste le temps de me préparer pour aller chez des amis musulmans qui m'avaient invitée pour la rupture du jeûne. Encore heureux - pour moi, en tout cas! - que le soleil ne se couche qu'à l'approche de 21.00 heures...

    Et je suis rentrée vers minuit, heureuse et reconnaissante, même si les dimanches sont plus fatigants que les jours de la semaine ;-) Je me reposerai quand je serai dans ma tombe, comme disait mon grand-père.

  • T comme tatouage

    Chaque fois que je découvre un tatouage sur un corps, je me pose la question de sa motivation. Personnellement, je n'ai jamais ressenti l'envie d'en avoir un et jusqu'à présent j'en ai rarement vu un que je trouvais beau, esthétique ou tout simplement "à sa place".

    Pourquoi ce fil de fer barbelé, cette tête de lion, ce caractère chinois?

    Je n'ai pas encore eu de réponse satisfaisante à ma question du pourquoi. Par satisfaisant, je veux dire une réponse un peu plus motivée qu'un "parce que j'en avais envie" ou "parce que je trouvais ça joli".

    Alors quand j'ai vu ce petit tatouage sur l'épaule gauche de M***, j'ai eu très envie de lui poser ma question - car je suis sûre que sa réponse aurait été largement satisfaisante - mais je n'ai pas osé.

  • Stupeur et tremblements de prérentrée

    La semaine qui vient de se terminer, j'ai passé cinq demi-journées à l'école et voilà que ma maison me semble redevenue aussi bordélique que fin juin... comment est-ce possible? La cuisine pleine de vaisselle sale, du désordre dans la chambre et le séjour qui n'a pas vu d'aspirateur de toute la semaine. Stupeur!

    ... et tremblements, car cela n'augure rien de bon, me semble-t-il, pour mon efficacité d'abeille ménagère dès que l'école aura VRAIMENT recommencé!

  • 22 août 2009

    Normalement aujourd'hui j'aurais dû être dans deux avions: Ankara - Istabul de 11.30 à 12.50 h., Istabul - Bruxelles (Zaventem) de 14.05 à 16.30 h., voyez mon billet du 24 juin dernier sous la lettre T, et puis dans deux trains pour rentrer chez moi.

    Vu que mes "devoirs" de prof me retenaient ici, au lieu de jouer les archéologues en Turquie j'assiste à deux enterrements. Samedi dernier un ancien élève, un jeune de 27 ans victime d'un accident de la route. Et aujourd'hui un papa d'élèves, victime d'un arrêt cardiaque à 44 ans.

    Je l'ai déjà dit précédemment (18 mai, lettre P), j'ai l'impression que les hommes ne deviennent pas vieux...

  • R comme Re-naissance

    Il y a les livres qui guérissent. Il y a les personnages dans lesquels on se reconnaît. Il y a les livres qui vous font découvrir de nouveaux horizons. Il y a ceux qui vous mènent à d'autres lectures, ceux qui vous laissent sur votre faim, ceux qui vous donnent envie de tout découvrir de cet auteur ...

    Et puis il y a ce passage qu'on lit exactement au moment où on éprouve soi-même ce qui est raconté.

    Par exemple avant-hier soir, page 336-337 du livre de Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles, 2008, LdeP n° 30814. Pour le reste, ce livre n'est ni palpitant, ni fort bien écrit, mais soit, je le termine.

    "Il faut que je retienne cet instant. Il faut qu'il dure encore un peu pour qu'il s'imprime dans ma mémoire. Le moment où il a cessé d'être l'homme que j'aime et qui me torture pour devenir simplement un homme, un camarade, pas encore un ami. Mesurer le temps que ça m'a pris pour arriver à ce résultat. Savourer ce moment où je me détache de lui. En faire une étape. Penser à ce moment précis me donnera des forces, plus tard, quand j'hésiterai, douterai, me découragerai. (...) Grâce à ce moment-là, je serai plus forte et je pourrai continuer à avancer en sachant qu'il y a un sens, que toute la douleur que j'ai accumulée depuis qu'il est parti s'est transformée en un pas en avant, une invisible progression. Je ne suis plus la même, j'ai changé, j'ai grandi, j'ai souffert mais cela n'a pas été en vain."

  • le bilan du 20

    Depuis la saison 2007, pour des raisons bien connues de mes fidèles lecteurs (hahaha), c'est moi qui m'occupe aussi de la tonte de la pelouse. Tout le reste, je le faisais déjà avant. Avant que le 20 devienne le jour des bilans ;-)

    Pour me donner du coeur à l'ouvrage, je note scrupuleusement combien de tontes sont nécessaires sur une saison.

    Ainsi, en 2007, j'ai dû tondre 17 fois, du 22 février au 20 octobre. Vu les événements de l'automne 2006, j'avais hérité d'une prairie au lieu d'un gazon anglais, ce qui explique que même sous nos latitudes boréales (re-hahaha) j'aie déjà dû tondre en février.

    En 2008 j'ai donc fait mieux: 15 tontes, du 31 mars au 10 octobre.

    Et cette année j'ai l'intention de me surpasser - avec la crise et le prix du pétrole, n'est-ce pas, on a tout intérêt à utiliser le moins possible nos engins à moteur - donc j'en suis à 9 tontes depuis le 21 mars et j'espère bien pouvoir m'arrêter à 13 en octobre 2009.

    C'est peut-être ça, le bonheur: avoir l'opportunité de s'occuper à de telles futilités?

  • Question existentielle

    C'est quoi, la générosité? Suis-je généreuse si je donne de mon superflu? Si je donne sans me priver?

    Alors lisez cette petite histoire:

    Elle a fait naufrage. Son bateau, c'était tout son bien. Il est échoué, perdu, il sera bientôt dépecé, elle n'a plus rien, sauf les vêtements qu'elle porte et deux trois bricoles qu'elle a pu sauver du désastre. Quelques oranges, par exemple. Cela peut sembler dérisoire, mais c'est conseillé, n'est-ce pas, les vitamines, quand on est enceinte?

    Ah, ça vous rappelle une histoire de hasard? Vous avez raison, il s'agit de la même personne, du même naufrage dont je parlais ici le 10 août. Nous sommes donc au Sénégal.

    Passe une très jeune femme sur cette plage, avec un bébé. Echange de sourires. Le wolof, elle ne le parle pas, mais on se comprend sans les mots.

    Alors que fait-elle? Elle donne ses oranges à la jeune femme.

    Aujourd'hui encore, elle donne. Son temps. Son hospitalité. Son énergie. Ses expériences de vie. Ses livres. Son rire. Son amour.

    Et sa dernière bouteille de bulles ;-)

     

  • P comme pilchards

    Vous savez sans doute qu'après le concile de Vatican II, beaucoup de choses ont changé dans l'Eglise: la fin de la messe en latin - ça me donne toujours l'envie de chanter Brassens "sans le latin sans le latin la messe nous em..." le texte complet est ici pour ceux que ça intéresse http://www.frmusique.ru/texts/b/brassens_georges/tempetedansunbenitier.htm - et puis aussi la fin de l'obligation de "faire maigre" le vendredi.

    Mais même après la levée de l'interdiction de manger de la viande, mes parents ont longtemps continué à considérer le vendredi comme un jour spécial; le vendredi soir, c'était la fin de la semaine d'école ou de travail, on prenait notre bain hebdomadaire et on mangeait du fromage à tartiner.

    Ou des pilchards à la sauce tomate!

    J'y repensais subitement l'autre jour en voyant une publicité pour des pilchards à la sauce tomate. Voilà presque quarante ans que je n'en ai plus mangé et il me semblait que cet article ne se vendait plus. Ce en quoi je me trompais, voyez donc ici: http://www.imperialfish.be/content/default.asp?page=3511

    pilchards

    On les prenait de cette marque mais il me semble que le design de la boîte a évolué ;-)

    Pour ceux qui ont envie de rigoler, allez donc voir ici pour toutes les infos pilchardiennes: http://armorance.free.fr/page10.htm

    Quant à moi, je cours en acheter quelques boîtes en super-promo! On a la madeleine qu'on peut, n'est-ce pas, Marcel?

  • O comme onze

    Généralement, j'ai deux ou trois livres en route, parfois quatre. Cela me permet de lire en fonction de mes envies ou humeurs du moment. Mais hier soir j'ai constaté que j'en avais pas moins de onze en route. Une sorte de record, sans aucun doute.

    Les voici dans l'ordre alphabétique des auteurs, puisque c'est plus ou moins ainsi que je compte réorganiser ma bibliothèque:

    1. Daniel Arasse, Histoires de peintures, chapitre 4, L'invention de la perspective. C'est un livre qu'il faudrait pouvoir lire dans une bibliothèque spécialisée car sa lecture vous met sur la piste de tant d'autres ouvrages qu'à tout moment vous avez envie de le poser pour aller en consulter un autre. Ce qui fait que je le dépose pour aller rechercher des noms et des oeuvres sur Internet et que ma lecture devient "plurielle". C'est là où on voit qu'on croyait connaître déjà un petit quelque chose mais qu'en fait on a à peine mis le bout de l'orteil dans un océan de savoirs.
    2. Carol Clewlow, Not married, not bothered, chapitres non numérotés mais suivant l'ordre alphabétique - hé oui, comme mon blog -, je suis au K is for... Kinder. J'ai pris ce livre pour deux raisons, l'utile (entretenir mon anglais) et l'agréable (rigoler). C'est agréable et moins futile qu'il n'y paraît.
    3. Jean-Paul Dubois, Une vie française, j'ai terminé le chapitre Charles de Gaulle et dois commencer à Alain Poher mais je serais sûrement plus avancée dans sa lecture si je ne m'étais pas dispersée dans dix autres livres.
    4. Guareschi, Mondo piccolo Don Camillo, acheté à Rome en mai dernier pour me faire plaisir. Je savoure un chapitre à la fois et revois les films avec Fernandel dans ma tête. Prochain épisode: Delitto e castigo.Mon édition BUR 2008 est illustrée de 38 dessins de l'auteur, ce qui est un plus.
    5. Arthur Japin, Een schitterend gebrek, qui m'a été prêté par des amis à qui j'avais dit que je ne lisais que très rarement en néerlandais. Mais la "conversion" n'aura pas lieu grâce à ce livre-ci, qui a le tort, à mes yeux, de trop s'inspirer d'oeuvres que je connais bien, comme Les liaisons dangereuses, par exemple. L'auteur raconte le premier amour de Casanova: il a dix-sept ans quand il rencontre Lucia. C'est elle la narratrice. Arrêt page 79.
    6. Amin Maalouf, Léon l'Africain, en rade page 48 depuis plus d'un an, chaque fois que je le reprends en main je le redépose, allez savoir pourquoi. Il faudra que je recommence depuis le début en espérant être "prise" par l'histoire.
    7. Diane Meur, Les vivants et les ombres, mon coup de coeur de ces derniers mois, celui-là je l'ai dévoré et terminé: 633 pages dans mon édition de poche mais on voudrait que ça ne s'arrête pas... Ce livre a tout pour me plaire, belle histoire, leçon d'histoire, magnifique écriture, originalité du point de vue, de la construction. Je le recommande.
    8. Alberto Moravia, Racconti romani, que je me suis aussi acheté à Rome en mai dernier. A Florence, dans le quartier de San Frediano, j'ai lu Le ragazze di San Frediano. A Rome, j'ai lu les Racconti romani mais je n'ai pas pu terminer le livre. J'ai lu encore quelques histoires dans le train la semaine passée mais en fait je me garde ce livre pour mon prochain séjour romain.
    9. Orhan Pamuk, Istanbul, dans le but de me cultiver un peu en vue d'un voyage à Istanbul. C'est un gros pavé, c'est très dense, et pour moi assez exotique. Quoique. J'avance à petites doses dans cette lecture, je suis au chapitre 10 et il y en a 37.
    10. Jean Teulé, Le Montespan, je crois bien que c'est une interview de l'auteur qui m'a décidée à acheter ce livre. Hier je suis allée voir sur Google images si sa Madame était vraiment si belle mais j'ai eu tort car de fil en aiguille je me suis mise à lire sa biographie et j'aurais préféré en savoir le moins possible sur elle avant d'avoir terminé ma lecture. Je suis au chapitre 33, le marquis arrive en exil en Guyenne.
    11. Bertrand Vergely, Petite philosophie de l'esthétique, troisième partie, L'art, chapitre un, A quoi sert l'art? Même problème qu'avec Daniel Arasse, le livre me met sur la voie de Kant, de Platon et d'autres que je me mets à lire en ligne et ça n'en finit pas. Il y a des chapitres que j'aimerais lire en classe avec mes élèves mais je crains que ça n'intéresserait que moi, finalement ;-)
  • N comme non

    Non à toutes ces peurs qu'on veut nous imposer - tout en nous disant bien sûr le contraire.

    Non à la peur de l'étranger, du bronzé, du frisé, du brun, du noir, du chocolat. J'adore le chocolat et il me semble que tout le monde veut être bronzé (sauf moi qui m'enduis de facteur 50)

    Non à la peur de la crise qui nous pousse à économiser encore plus - nous sommes déjà champions du monde de l'épargne en Belgique - et à craindre le pire pour nos vieux jours. Peur de la Chine, peur de l'Inde, peur du Brésil, peur de tous ces pays où les salaires sont bas et la main-d'oeuvre nombreuse. Peur tout à fait immorale si l'on se compare aux trois quarts du reste de l'humanité.

    Et puis non à cette troisième peur qu'on nous inocule ces derniers mois, la peur de la grippe mexicaine! Le comble du comble quand on pense au nombre bien plus imposant de morts par manque d'eau potable, pour ne citer que cette cause-là. Mais ces morts-là, évidemment, ça n'est pas la même chose que notre précieuse carcasse. Et puis dans notre société performante nous n'avons tout simplement pas le droit d'être malades. Des mesures ont déjà été prises pour que l'économie continue de tourner à la vitesse maxi. Je ne m'étendrai pas sur tous les effets pervers, allez donc voir ici: http://silence.je.cause.over-blog.com/, le billet du 17 juin 2009 est très bien documenté.

     

  • M comme Moi

    "Le Moi est haïssable" disait ma mère, qui en connaît un brin sur le sujet.

    Pourtant elle employait la célèbre citation de Pascal complètement à tort, c'est-à-dire chaque fois que j'osais placer un "Moi, je...", comme dans "moi je n'aime pas la soupe" ou "moi je pense que le papier parme est plus joli que celui avec les guirlandes de roses".

    Donc je devais manger ma soupe et ma chambre était tapissée de guirlandes de roses.

    J'y repensais à propos de mon billet du 6 août (E comme écrire) qui parlait des raisons qui m'ont fait arrêter ce blog pendant un bon mois, comme la crainte de tomber dans le narcissisme ou l'étalement du Moi (qui est si haïssable, me suis-je tout à coup souvenue).

    Et puis je trouve cet article d'Olivia Gazalé du magazine Philomag d'avril 2007 http://www.philomag.com/article,phrasechoc,blaise-pascal-le-moi-est-haissable,298.php

    Je vous en donne le chapeau:

    "Pure illusion de l'imagination, le moi serait une passion abusant autrui autant que nous-mêmes. L'amour-propre pousse les hommes à paraître plutôt qu'à être, à rêver leur vie plutôt qu'à la vivre."

    Et puis vers la fin de l'article cette petite phrase assassine de Blaise Pascal:

    « Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre. »

    N'est-ce pas là le rêve de tout blogueur qui se respecte? Non, je rigole... mais recevoir l'appréciation de quelques-uns, triés sur le volet du "hasard", c'est déjà très bien.

  • L comme lettre

    Est-ce normal que la nouvelle femme de l'ex-homme de ma vie m'écrive une lettre?

    Je ne la connais pas, elle ne me connaît pas. Si elle sait des choses sur moi, ça veut uniquement dire que mon ex-mari les lui raconte. Ce en quoi je le trouve fort bête, ou en tout cas fort indélicat, aussi bien vis-à-vis de moi que vis-à-vis d'elle.

    Pourquoi m'écrit-elle une longue lettre de deux pages dactylographiées? Pour se raconter? A moi? J'espère pour elle qu'elle a quelques bonnes amies et qu'elle n'a pas besoin de moi pour s'épancher.

    Pourquoi me propose-t-elle de nous rencontrer? Parce que c'est le désir de "notre" mari de nous voir nouer des liens d'amitié? Et faut-il le suivre dans ce désir?

    Je suis si perplexe que je pose ma question à plusieurs de mes amies.

    D'abord il y a celles comme K***, M*** et B*** qui craignent pour mon moral et qui me conseillent vivement de ne pas donner suite à cette lettre. Ma vie, argumentent-elles, se retrouve à peu près de nouveau sur des rails, laisse donc ton ex-mari où il est, ainsi que sa femme. Vis ta vie, ne t'occupe pas d'eux. D'ailleurs ta vie à toi ne les regarde pas. Ta vie ne le regarde plus.

    Puis il y a celles qui y voient une chose positive, comme A*** et M***. Elles y voient le signe que cette femme n'est pas fâchée contre moi. Alors je m'insurge: Il ne manquerait plus que ça! Si quelqu'un ici a été blessé et trompé, si quelqu'un devrait être fâché, c'est uniquement moi. Mais M*** est la seule à me dire qu'on peut très bien avoir son ex et le nouvel entourage de celui-ci comme amis. C'est une chose qu'elle pratique elle-même et elle s'en trouve bien.

    Enfin il y a V***, qui est aussi perplexe que moi et me promet de réfléchir à tout ça. J'attends sa réponse ;-)

  • K comme karchériser

    Voici la suite que je vous promettais le 13 juin (K comme karchériser).

    Vu la profondeur insondable de mes connaissances techniques - j'ai déjà souvent pensé qu'au lieu de suivre des cours d'aquarelle ou d'italien j'aurais mieux fait de m'inscrire en plomberie et en électricité - j'ai encore mis plusieurs semaines avant de me décider à affronter le regard - et les commentaires - d'un spécialiste.

    Car en effet, étant donné que j'avais acheté l'engin en super-promo dans un de ces méga-discounts d'où ce genre d'articles disparaissent en moins de trois jours, il me fallait aller expliquer la chose à un roi du bricolage qui ne manquerait pas de me faire payer très cher de ne pas m'être adressée à lui directement. Comme la fois où on avait acheté un vélo dans une hyper-giga-surface et que son prix très bas s'était vite expliqué par le nombre de ses défaillances et qu'il avait fallu le confier à un pro du vélo...

    Mais ne nous égarons pas.

    Au moment où j'arrive chez mon roi du bricolage, je tombe par hasard - oserais-je encore employer cette expression - sur un de mes collègues. Un homme, un vrai, un de ceux qui vous construisent une maison en moins de deux, avec l'eau, le gaz et l'électricité à tous les étages. Et comme il est un homme, un vrai, non seulement il s'efface galamment devant moi tout en poussant pour moi la porte d'entrée mais en plus il me pilote d'un pas assuré au travers du dédale des rayons et s'arrête devant les quatre fois cinq mètres qui sont garnis de toutes sortes de pièces détachées qui se ressemblent toutes, à mes yeux, mais où il pêche en trois secondes celle qu'il me faut. L'homme, le vrai, celui qui n'a peur de rien, ose même la sortir de son emballage pour l'essayer sur l'embout que j'avais - heureusement - eu la bonne idée d'apporter.

    Et me voilà sortant de là après cinq minutes à peine, emportant mon Saint-Graal à dix euros. 

  • J comme jeu des incipits

    Voici les réponses exactes pour les extraits proposés hier:

    1. Au commencement il n'y avait rien. Et ce rien n'était ni vide ni vague : il n'appelait rien d'autre que lui-même. Et Dieu vit que cela était bon. Pour rien au monde il n'eût créé quoi que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il le comblait.
    Dieu avait les yeux perpétuellement ouverts et fixes. S'ils avaient été fermés, cela n'eût rien changé. Il n'y avait rien à voir et Dieu ne regardait rien. Il était plein et dense comme un oeuf dur, dont il avait aussi la rondeur et l'immobilité.
    Dieu était l'absolue satisfaction. Il ne voulait rien, n'attendait rien, ne percevait rien, ne refusait rien et ne s'intéressait à rien. La vie était à ce point plénitude qu'elle n'était pas la vie. Dieu ne vivait pas, il existait.
    Son existence n'avait pas eu pour lui de début perceptible. Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu'on les oublie aussitôt et qu'on a l'impression d'être installalé dans cette lecture depuis l'aube des temps.

    Amélie Nothomb, La métaphysique des tubes, LdeP n° 15284

    2. C'était une journée d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith,le menton rentré dans le cou, s'efforçait d'éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s'engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
    Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l'une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d'un mètre : le visage d'un homme d'environ quarante-cinq ans, à l'épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

    George Orwell, 1984, Folio n° 822, traduction d'Amélie Audiberti

    3. La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henry Second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente et il n'en donnait pas de témoignages moins éclatants.

    Madame de La Fayette, La princesse de Clèves, Folio n° 778, page 129

    4. On avait sûrement calomnié Joseplh K..., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.

    Franz Kafka, Le Procès, Folio n° 101, trad. d'Alexandre Vialatte

    5. Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
    Comme il portait beau, par nature et par pose d'ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dineurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s'étendent comme des coups d'épervier.

    Guy de Maupassant, Bel-Ami, LdeP n° 619

  • I comme incipit

    Pour continuer le jeu des incipits, je vous propose aujourd'hui de trouver les auteurs dont le nom commence par K, L, M, N et O. Contrairement aux fois précédentes, il y a parmi eux des auteurs étrangers, donc en traduction. Les réponses demain:

    1. Au commencement il n'y avait rien. Et ce rien n'était ni vide ni vague : il n'appelait rien d'autre que lui-même. Et Dieu vit que cela était bon. Pour rien au monde il n'eût créé quoi que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il le comblait.
    Dieu avait les yeux perpétuellement ouverts et fixes. S'ils avaient été fermés, cela n'eût rien changé. Il n'y avait rien à voir et Dieu ne regardait rien. Il était plein et dense comme un oeuf dur, dont il avait aussi la rondeur et l'immobilité.
    Dieu était l'absolue satisfaction. Il ne voulait rien, n'attendait rien, ne percevait rien, ne refusait rien et ne s'intéressait à rien. La vie était à ce point plénitude qu'elle n'était pas la vie. Dieu ne vivait pas, il existait.
    Son existence n'avait pas eu pour lui de début perceptible. Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu'on les oublie aussitôt et qu'on a l'impression d'être installalé dans cette lecture depuis l'aube des temps.

    2. C'était une journée d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith,le menton rentré dans le cou, s'efforçait d'éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s'engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
    Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l'une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d'un mètre : le visage d'un homme d'environ quarante-cinq ans, à l'épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

    3. La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henry Second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente et il n'en donnait pas de témoignages moins éclatants.

    4. On avait sûrement calomnié Joseplh K..., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.

    5. Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
    Comme il portait beau, par nature et par pose d'ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dineurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s'étendent comme des coups d'épervier.

     

  • H comme le hasard n'existe pas?

    Récemment j'ai encore entendu quelques incroyables histoires de hasard.

    Comme celui qui consiste à s'échouer sur une plage sénégalaise une veille de Noël.

    Une Marie qui est enceinte et démunie de tout, une Marie à bout. Et un Joseph qui n'a pas su se montrer efficace. Un Joseph qui ne réussit pas à se rendre très utile, à sauver la situation, à éviter le pire.

    Et pour compléter ce tableau biblique, voici le tableau païen: sur cette plage-là, il n'y a pas les habituels cocotiers mais des sapins. Et une foule qui se rue sur les "cadeaux de Noël" que représentent le bateau échoué et son contenu.

  • G comme Giorgione

    giorgione

    J'ai eu l'occasion de voir ce fameux tableau au musée, il y a un an il me semble, et d'y entendre des guides raconter un peu de tout et n'importe quoi - avec force effets oratoires - dans le seul et unique but de plaire aux touristes qu'ils pilotaient, des Japonais pour le premier, des Américains dans le second cas.

    Wikipédia ne m'apprend rien de bien définitif non plus, jugez-en vous-mêmes:

    "Plusieurs interprétations ont été apportées pour comprendre ce que Giorgione a voulu représenter ; voici par exemple trois lectures possibles :

    1. Edgar Wind voit en l'homme un soldat, symbole de force et de courage et la femme représente pour lui la charité (étant donné que, dans la tradition romaine, la charité était représentée par une femme qui allaitait). Force et charité seraient donc ce que Giorgione a mis en œuvre.
    2. Salvatore Settis quant à lui, considère le tableau comme la représentation d'Adam et Ève, après avoir été chassés du Paradis.
    3. Enfin, il y a aussi l'interprétation de Gustav Friedrich Hartlaub qui y retrouve l'illustration des quatre éléments : l'eau, la terre, le feu et l'air.

    Personne ne connaît, à l'heure d'aujourd'hui, la signification réelle de ce tableau ; comme beaucoup de ses œuvres, Giorgione donne un sens caché à La Tempesta, difficile à trouver et à affirmer." Fin de citation.

    Et puis cet été je trouve par hasard un livre d'Henri de Régnier, La vie vénitienne, dans une édition Gallimard préfacée par Dominique Fernandez. Qui en fait, lui, une lecture définitive. Je vous la donne?

    La foudre qui donne son nom de "Tempête" au tableau représente Jupiter. La femme allaitant son enfant, c'est la nymphe Io. Cet enfant est né de ses amours avec le roi des dieux. Poursuivie par la fureur jalouse et engeresse de Junon, elle se repose un instant ici, sous la protection de Mercure. Mercure, c'est ce jeune homme appuyé sur son bâton et que certains ont pris pour un berger qui se rinçait l'oeil.

    Et bien, ça tient la route, non? Alors, merci Dominique Fernandez.

     

  • F comme fesses

    Avant d'emprunter le vélo d'une amie ou d'une nièce pour une balade d'une journée, allez donc d'abord l'essayer sur le terrain une petite demi-heure.

    Vous comprenez le titre maintenant?

  • 7 photos à faire baver d'envie tous les amateurs

    numéro un: je découvre la beauté de l'endroit

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    numéro deux: promenade de fin d'après-midi

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     numéro trois: il y a tant de belles photos à faire

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     numéro quatre: ma chambre est à cet étage

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    numéro cinq: les poules sont très heureuses ici et moi aussi

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     numéro six: des bulles pour faire la fête

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    numéro sept: au téléphone, un de ses nombreux admirateurs ;-) 

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  • E comme écrire

    J'ai arrêté ce blog pendant tout le mois de juillet, non pas que je sois partie en vacances mais parce que la question du sens de tout ceci me taraudait.

    Pourquoi est-ce que j'écris? Tout est contradiction dans ma démarche.

    Je me livre, mais très peu. Le moins possible. Cependant j'ai le sentiment que je me livre déjà trop.

    Je veux être lue, mais aucune de mes amies, aucun proche ne connaît l'existence de ce blog. Sauf toi, Violeta :-)

    Je ne veux pas que ce soit une entreprise narcissique et pourtant ça l'est, de toute évidence.

    Alors j'ai arrêté cette activité. Mais l'envie d'écrire est trop forte.

    Puis quand j'écris les doutes me reviennent en force: tout a déjà été dit par d'autres avant moi, et beaucoup mieux que je ne pourrais le faire, les blessures d'enfance, le deuil d'un amour, les joies du prof, les beautés de la nature, les bienfaits de l'amitié... et même les recettes de cuisine.

    E comme envie d'excellence ;-)

  • D comme dire ou ne pas dire

    Jusqu'où va-t-on aller dans la confidence? Que va-t-on dire et que va-t-on taire? Surtout si nos confidences entraînent à parler de tiers, d'une mère, d'un compagnon de vie... Et quel sera le regard de l'autre après qu'on lui aura dévoilé une partie de ce moi intime?

    Et comment font-ils, tous ces auteurs de récits autobiographiques, qui vous racontent par le menu ce qu'ils ont dit, fait et entendu?

    Moi, je reçois des confidences comme une huître l'eau de mer: je ne retiens pas tout dans ce flot, c'est impossible, mais grâce à elles le grain de sable qui m'empêche de jouir pleinement de la vie devient une perle.

    La perle n'est rien à l'huître, me direz-vous, et vous aurez raison. Mais elle est plus jolie que le grain de sable qu'il y avait là avant et elle sert à d'autres.

  • C comme campagne

    Je suis en vacances à la campagne et pour la première fois de ma vie je ne bouge pas. Je ne visite pas les villes d'art, les musées, les villages pittoresques, les vieilles églises, les beautés naturelles.

    Je reste sur place et m'en trouve bien. Je lis. Je parle au chat et aux poules. L'endroit est agréable en lui-même et suffit à mon bonheur. Cette fois-ci, je ne suis pas touriste.

    Et j'ai de longues conversations - dans le sens noble du mot: échanges de propos, dialogues, entretiens - avec mon hôtesse.

    Voilà l'explication, la clef de ce séjour pas comme les autres: C comme campagne mais aussi C comme conversation...

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    M*** en plein travail de défrichage dans un coin de son jardin.

  • B comme blessures d'enfance

    Moi qui n'ai la mémoire ni des noms ni des dates, voilà que je sors à mon amie A*** une de ces petites phrases dont je ne sais pas moi-même où je l'ai pêchée: "On ne guérit jamais de son enfance".

    Rentrée chez moi, je tapote un peu sur Google pour voir d'où me vient cette citation. Comme d'habitude, de très nombreuses entrées et des paternités multiples. La petite phrase - ainsi que sa variante "on ne guérit pas de son enfance" - est galvaudée dans des forums, des blogs, des articles de presse, des interviews...

    Nombreux sont ceux qui la citent en ajoutant: 'comme le disait Colette', 'comme l'écrivait Bachelard', ou Sophie Thibault, ou René-Guy Cadou, nommés plusieurs fois, car de forum en blog on n'a pas trop l'habitude de vérifier ses sources et on puise abondamment chez les uns et les autres.

    C'est aussi le titre d'une chanson de Marcel Amont (1977, ça ne nous rajeunit pas, aurait dit mon père) et le titre d'un ouvrage de Jacqueline Turian (1987). Sur un blog d'amateurs de hip hop j'apprends que le chanteur Oxmo a repris lui aussi cette petite phrase.

    Enfin, une piste sérieuse: dans l'Express du 21 octobre 1999, Martine Rabaudy relate dans un article fort long et intéressant un entretien qu'elle a eu avec François Nourrissier et écrit qu'il a choisi la phrase "On ne guérit jamais de son enfance" comme épigraphe d'un de ses livres et qu'elle est de Louis-Paul Fargue.

    Il faudrait maintenant mettre la main sur ce livre...

  • Chère Adrienne

    Je parle de toi à tous ceux que j'aime. Je te raconte. Je te cite. Je t'encense un peu ;-)

    C'est ma façon de te remercier.

    Et c'est ma façon de te garder bien vivante et présente dans ma vie.

    Tu es plus vivante et plus présente que jamais.