• les derniers moments à Malaga

    Ce soir, c'est à la fois une première et une dernière.

    Ce sera la première fois que je passerai le réveillon de nouvel an "à l'étranger" et c'est en même temps mon dernier jour à Malaga.

    Demain je reprends l'avion.

    Merci pour tout, I. Avec ta permission, j'en parlerai peut-être un jour ici ;-)

  • Z comme Zeuxis

    Dans le numéro de janvier 2010 d'un magazine pour profs je lis des interviews d'élèves à propos de l'art. Ils sont à peu près tous d'accord pour dire qu'ils ne veulent surtout pas d'explications. L'art ne les intérese plus à partir du moment où il nécessite des commentaires.

    Pourtant moi aussi j'apprends tous les jours des choses et je ne vois vraiment pas comment je pourrais comprendre et goûter véritablement une oeuvre sans un minimum de connaissances.

    Cette interview m'a rappelé ma visite à l'exposition Inganni ad arte encore visible à Florence au Palazzo Strozzi jusqu'au 24 janvier. Elle s'ouvre sur ce tableau de Barend Van der Meer. A côté, on a placé un tableau du Titien (Tiziano Vecellio, si on veut respecter son nom italien).

    Barend-Van-der-Meer  Tiziano-Vecellio

    http://www.palazzostrozzi.org/Sezione.jsp?idSezione=242

    On ne peut les comprendre si on n'y voit pas la référence à la dispute entre Zeuxis, le peintre des raisins si réalistes que les oiseaux, selon la légende, étaient venus les picorer, et son rival Parrhasios, qui avait peint un voile sur son tableau, trompant ainsi l'oeil pourtant expert de Zeuxis lui-même.

    J'ai eu besoin de ces explications. Alors, faut-il lâcher les élèves dans les musées sans leur donner la moindre information? Ou est-ce seulement moi qui veux toujours tout comprendre?

  • Yvonne et les saints-innocents

    Hier c'était les Saints-Innocents.

    Pour moi cela correspond tout à fait à l'idée que je me suis toujours faite de ma grand-mère Yvonne, cette inconnue si familière, morte à trente ans, forcément idéalisée, angélisée, ainsi que ses deux petites filles dont l'une avait huit ans et l'autre à peine quatre.

    ivonne1 - kopie

    L'enfant blond au milieu est mon père. Il a trois ans. La première petite soeur est dans le landau. Yvonne n'a plus tout à fait quatre ans à vivre.

  • X comme les questions sans réponse

    Je me sens tout à fait comme le bon bramin de Voltaire: il y a tant de choses que je ne sais pas, et ça m'embête fort. Je voudrais tout savoir.

    Tout savoir sur la musique, la littérature, la peinture, les arts en général. Tout savoir sur l'histoire et la géographie. Connaître la faune, la flore, les planètes et l'espace infini. Tout savoir sur les sciences et les mathématiques.

    Savoir d'où je viens et où je vais. La seule certitude, est-ce vraiment la mort?

    Et savoir pourquoi le lave-vaisselle ne fonctionne plus.

    ;-)

    O come t'inganni
    se pensi che gl'anni
    non hann'da finire,
    bisogna morire.

    Homo fugit velut umbra

    Le texte complet ici http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=33043
    J'adore la version chantée par Marco Beasley avec l'Arpeggiata!

  • W comme wagon de train

    Ces derniers temps, je me demande de plus en plus si le contrôle social est une chose qui fonctionne encore.

    J'étais dans un très beau train qui allait vers Ostende mais moi je le prenais juste pour aller de Louvain à la gare du Nord. Nous étions quatre personnes assises en vis-à-vis, deux copines qui papotaient, un jeune homme seul et moi.

    Le jeune homme a tranquillement épluché deux mandarines, a mis toutes ses épluchures à côté de lui, a mangé les fruits puis s'est installé confortablement pour dormir. A aucun moment son regard n'a croisé aucun des nôtres et je doute fort qu'après mon départ le miracle se soit produit et qu'il ait fait deux pas jusqu'à une poubelle.

    Pourquoi me suis-je retenue de lui faire une remarque? A cause des jeunes filles? De peur de passer pour un vieux prof grincheux? Fatigue? Timidité? Défaitisme? Peur de la riposte? Un peu de tout ça, certainement.

    Autre train. Il a du retard à cause de travaux sur la voie et ne s'arrête pas à la gare Centrale. Ce couple n'était pas au courant et râle. Avec eux, deux fillettes et belle-maman. Il est 13.30 h, ils ont faim, la cadette est un bébé insupportable à qui on laisse faire des choses dangereuses sur les marches à la porte d'ouverture du train. Elle tombe et se cogne durement à la paroi. Le père est excédé et crie qu'il finira par lui casser la tête contre un mur.

    Ce n'est qu'alors que la jeune mère me lance un regard. Apeuré et scrutateur. Je vois bien qu'elle se demande ce que j'en pense.

    - Ne dis pas des choses comme ça, dit-elle alors à l'homme.

  • v comme vacances

    Je m'embarque aujourd'hui pour des petites vacances dans la région de Malaga, voir si l'intérieur d'I - rappelez-vous, I qui trouvait mon décor si dépouillé et monacal - est à son image: chaud, orange, vivant... et extrêmement compliqué ;-)

  • U comme urbi et orbi

    Je vais jouer au pape et vous souhaiter à tous, urbi et orbi, un très bon Noël.

    Que vous soyez là avec ou sans la dinde et la bûche, la crèche et le sapin, seul ou en famille, croyant de toutes confessions ou athée, je vous souhaite la paix du coeur.

  • T comme trapézistes

    Par la fenêtre du bureau, je vois la campagne et la route qui mène jusqu'à la maison. Entre la maison et la route, j'ai planté deux ligustrums que je taille le moins possible pour qu'ils fleurissent et portent des baies. Tout au bout des fines branchettes pendent de minuscules grappes de baies noires.

    Dès les premiers gels, les oiseaux jouent aux trapézistes et picorent les baies une à une, se balançant la tête à l'envers.

    Avec le gel et la neige qu'on a eus, les feuilles du ligustrum vert sont devenues bronze et celle du jaune sont brunâtres mais je crois bien que l'an prochain je le taillerai encore moins.

    Pour le plus grand bonheur de mes trapézistes. Et le mien ;-)

  • stupeur et tremblements sibériens

    Depuis la fin de la semaine dernière, la neige abondante m'isole du monde.

    Vendredi je n'ai pas pu aller manger le couscous chez la famille T parce que je devais prendre le bus pour rentrer chez moi après l'école.

    Samedi je n'ai pas pu aller à mon cours d'italien. Il faut vraiment un cas de force majeure pour m'empêcher d'y aller. Mais je devais être à la Monnaie le soir et avec la neige qu'il y a, je dois faire le chemin à pied jusqu'au village pour y prendre le bus. Il fallait donc choisir et c'est Offenbach qui a gagné.

    Dimanche l'amie qui devait venir manger n'a pas pu venir. C'est elle qui m'a dépannée pour m'aider à me rapprocher le plus possible de chez moi, les bus ne roulant pas. Un comble: c'est moi qui ai mangé chez elle, alors qu'il y avait du faisan qui nous attendait dans mon frigo...

    Lundi matin je reçois un mail de l'amie qui allait passer l'après-midi chez moi: elle ne réussit plus à sortir de chez elle, l'auto patine désespérément.

    Lundi soir S allait m'apporter les bulles et la bouteille d'huile d'olive que je lui avais commandées. Ce sera pour une autre fois. Heureusement que j'ai encore de quoi festoyer dans ma cave ;-)

    Mardi J arrive pour notre "réveillon": heureusement que rien ne l'arrête, elle! Le facteur, par contre, ne s'est pas fait voir depuis mercredi dernier...

    Alors voilà, c'est juste à temps que je me suis branchée sur skype: allô allô, le Manitoba ne répond plus!

  • 22 décembre

    C'est ce soir que J et moi réveillonnons.

    Elle a décidé que le 22 l'arrangeait mieux que le 24.

    C'est donc ce soir qu'il y aura des bougies partout, une jolie table, du feu qui crépite, des bulles, des langoustines sautées et du poulet rôti.

    Demain le 23 nous jouerons au matin de Noël, croissants et petits pains au chocolat, puis au repas de Noël un peu paresseux avec nos bulles dans le fauteuil au coin du feu et les "restes" de la veille.

    Boire, manger et parler, je ne sais pas si nous sommes assez dans "l'esprit de Noël" mais nous tenons à passer ce moment ensemble, même si c'est avant l'heure.

  • R comme repos dominical

    Dimanche matin, sept heures. Je prends mon petit déjeuner à l'hôtel où j'ai dû passer la nuit: la neige tombée en abondance m'a empêchée de rentrer chez moi après la représentation.

    Je me dépêche parce que je veux être à la gare du Nord pour prendre le train de sept heures et demie: une amie vient manger chez moi en ce dimanche midi.

    Dans la petite salle où je suis - bien sûr - la première et la seule à prendre un petit déjeuner aussi matinal, la radio joue. J'entends mon horoscope du jour: on me conseille de bien me reposer car j'en ai vraiment besoin. Ce qui est d'ailleurs vrai.

    Après avoir avalé un petit pain et une tasse de café, j'ai galopé jusqu'à la gare du Nord. Plus d'un kilomètre sous la neige.

    Arrivée à la gare la plus proche de chez moi, aucun bus en vue. Faire 15 km à pied me semble au-dessus de mes forces dans les circonstances actuelles: la neige continue de tomber en grosses rafales. Les voyageurs qui arrivent à la gare sont tous détrempés de la tête aux pieds.

    Mais bon. Je me reposerai dimanche prochain.

    Peut-être ;-)

  • le bilan du 20

    Je suis si bien guérie que je suis passée conseillère-experte pour les petites nouvelles blessées de la vie à deux. Hahaha!

    Savoir qu'au bout de trois ans on est bel et bien guérie les aide: elles voient le bout du tunnel ;-)

    Elles voient que mes week-ends sont remplis, que je voyage, que je mène ma propre vie.

    Elles voient qu'une vie après la vie à deux est tout à fait possible.

    Mais je ne leur cache pas que je galère souvent aussi: vivre seule, c'est aussi résoudre seule toutes les difficultés, petites ou grosses, de la vie quotidienne.

  • Question existentielle

    La question existentielle du mois dernier est résolue: cette semaine la montre de mon tableau de bord marque - très provisoirement - l'heure exacte.

    J'y manque donc une occasion de m'exercer quotidiennement au calcul mental compliqué. Souvenez-vous, il fallait retirer une heure quarante et une minutes de l'heure indiquée pour savoir si je devais me dépêcher ou si j'avais "du temps de reste pour brouter, pour dormir et pour écouter d'où vient le vent".

    Mais ma 'tite auto est passée pour son contrôle annuel chez son garagiste attitré, qui a remarqué le dysfonctionnement et a remis la montre à l'heure.

    Alors voici ma question du jour (très peu existentielle, j'en conviens) : dois-je m'en réjouir?

    Dois-je m'en réjouir, vu que cette exactitude ne sera que de courte durée? cette montre avance d'environ une minute par semaine.

    Dois-je m'en réjouir et considérer cet esprit d'observation comme étant un signe de bon augure et me dire que s'il a vu cette paille, il a normalement dû voir aussi toutes ces autres petites choses qui ne tournent peut-être pas rond dans les tripes et les boyaux de ma machine?

    Dois-je m'en réjouir, que je le paie 39 € de l'heure (TVA de 25% en supplément) pour régler ma montre?

  • P comme perles

    Revoici la saison des perles. Je n'aime pas les examens, je n'aime ni les rédiger, ni les corriger, mais de temps à autre une réponse à la beauté nacrée vient détendre l'atmosphère.

    Oui, j'ose rire. Mais je ne me moque pas. Moi aussi je produis des perles quand je m'essaie à une langue étrangère - tu te souviens, Violeta, de ce que j'ai osé dire à ton mari en roumain, lors de votre premier séjour? Nu te plac? Alors que je voulais parler des crevettes qu'on mangeait ce jour-là, et évidemment pas de ma petite personne ;-)

    Mes élèves, quant à eux, se bagarrent avec le français:

    "Comme sport, je fais des courants d'air" me dit une élève dans le vent - courant d'air et randonnée peuvent tous deux se traduire par le mot néerlandais 'tocht' - et une autre sportive a "gagné un cours à pied". Sans doute la méthode socratique?
     
    Une élève de Terminale a peur pour l'an prochain: elle pense qu'à l'université "les étudiants vont disparaître en masse". Elle voulait parler de l'anonymat des amphis, bien sûr, et pas de la traite des blanches.
    "Je suis un radeau", ai-je entendu vers la fin de la journée. Radeau? Rat d'eau? Il s'agissait d'un fan de natation. Waterrat.
     
    Bref, "la réalité dépasse parfois la friction", comme l'a si bien résumé un dernier!
  • O comme oeil poché

    Un oeil poché, une estafilade à la base du cou, une entaille au front.
    Des bleus sur le bras et l'avant-bras droits et au coude gauche.
    Un oeuf de pigeon sur la hanche droite, des bleus ici et là sur la jambe.

    A part ça rien de cassé.

    Mais il vaut mieux que je ne me montre pas à la piscine ces jours-ci, on pourrait croire que je me suis fait tabasser.

    Alors qu'en me rendant de ma cuisine à ma chambre à coucher, qui ne sont pas séparées de beaucoup plus de sept mètres et qui sont de plain pied, je suis tout simplement tombée dans les pommes .

    Trois fois.

  • N comme nunuche

     

    nunuche: adjectif singulier: niais  (vieilli), cucul  (vieilli), simplet  (vieilli),godiche, bêta, naïf, bête  (vieilli), niquedouille, innocent. 

    dit le dictionnaire collaboratif reverso.net.

    L'adjectif me convient régulièrement (mais moi seule ai le droit de me traiter de nunuche, qu'on se le dise!)

    Nunuche qui met cinq heures pour faire deux fois une soixantaine de kilomètres - il faisait noir, il y avait des travaux, ça vaut comme excuses? 

    Nunuche qui n'ose pas dire à un gamin qu'il n'a pas le droit de fumer dans la salle d'attente, et qui va attendre dehors, dans le froid glacial - et de l'intérieur, bien au chaud, le gamin lui fait un petit salut ironique de la main...

    Nunuche qui dit oui à tout ce qu'on lui demande - tu veux bien traduire ça pour moi? il me le faut demain! dit le collègue, l'ami, l'ancien élève (M/F)

    Nunuche irrécupérable, à la manière de Christine de Pisan:

    Nunuche suis et nunuche veuil être
    Nunuche m'a mon créateur laissée

    Et débordée comme chez Tristan Tzara:

    La chanson d'une nunuche
    qui avait dada au coeur
    fatiguait trop son moteur
    qui avait dada au coeur

  • M comme Maison de Thé

    Le couple assis à la table en face de la mienne a tenu à manger avec des baguettes. Madame, la soixantaine bon chic bon genre, chignon savamment crêpé, robe à lavallière et bijoux de famille et son Monsieur bien assorti en costume de tweed et fin pull de cachemire safran.

    On dépose devant Madame un canard laqué et devant Monsieur une boîte en bambou dont je ne vois pas le contenu. Ils s'emparent de leurs baguettes avec dextérité.

    Madame arrache un morceau de canard et le porte à sa bouche. Problème: il est bien trop grand et elle n'a pas de couteau. Monsieur extirpe de sa boîte un filament vert, sans doute du poireau coupé en julienne.

    Au plus le repas avance, au plus Madame mange des deux mains, et des morceaux beaucoup trop gros pour pouvoir garder la bouche fermée. Et au plus Monsieur désespère de trouver de quoi nourrir un honnête homme avec le contenu de sa boîte en bambou. Mais ils ne touchent pas à leur bol de riz, craignant sans doute de n'être pas assez performants, avec leurs baguettes.

    A la fin Monsieur n'y tient plus, et demande un couteau et une fourchette sous prétexte qu'il veut finir de nettoyer la carcasse du canard laqué de Madame.

    Puis ils filent rapidement tous les deux. Je n'ai pas l'impression qu'ils feront l'éloge de cet endroit auprès de leurs amis.

    http://www.europalia.be/programme/teahouse/
    la carte est ici: http://www.europalia.be/IMG/pdf/cartes_traiteur_a3_nonimpose_light.pdf

  • L comme langues étrangères

    A la Maison de Thé, dans le cadre d'Europalia Chine, les jeunes filles qui vous servent sont toutes d'authentiques Chinoises. Entre elles, elles ne parlent que le chinois.

    C'est le moment, a dû se dire ce jeune homme qui s'avançait vers le comptoir où j'étais en train de régler ma note, c'est le moment ou jamais de mettre en pratique ce que j'ai appris. Et le voilà qui tente de leur expliquer qu'il est venu en éclaireur d'un groupe de onze personnes et qu'il voudrait savoir s'il y a bien onze places disponibles.

    N'ouvrez pas la bouche en forme de O admiratif, je ne parle ni ne comprends le chinois. Les jeunes Chinoises de la Maison de Thé non plus, d'ailleurs. En tout cas pas le chinois de ce jeune homme qui s'esquintait à leur répéter le chiffre onze là où elles comprenaient un. Sans doute qu'il se trompait de tonalité?

    Quoi qu'il en soit, pas besoin de comprendre le chinois pour saisir que dès qu'il avait le dos tourné elles se sont gaussées de lui. Mon coeur de prof de langue étrangère en a pleuré.

    Ces sympathiques jeunes filles sont ici: http://www.europalia.be/programme/teahouse/

    Et le jeune sinologue? C'est moi qui lui ai indiqué un coin de la salle qui venait de se libérer. Car si je ne comprends pas le chinois, j'avais saisi sa gestuelle. Qui est aussi une forme de langage... ne serait-il donc pas universel?

  • K comme kamik

    Un déplacement en train m'a permis de m'attaquer enfin à la lecture des Ballades de Haldur et autres racontars, de Jorn Riel, qui m'a été offert par M (merci, M, j'ai bien rigolé dans mon coin de wagon)

    Cette lecture à son tour m'a permis d'apprendre un mot nouveau, des kamiks. Il n'est pas dans mon Robert, qui est pourtant riche en noms exotiques à la lettre K, mais de toute façon je ne dispose pas de mon Robert quand je suis dans un train.

    Enfin, ce mot vient juste à point pour alimenter ma rubrique K comme... Kamik, donc.

    Il apparaît pour la première fois à la page 24 (éditions 10/18 de 2007), au pluriel, et on comprend qu'il s'agit de vêtements: "Il s'acheta une paire de pantalons d'occasion en peau de chien auprès de Lodvig, une fourrure en peau de phoque auprès de Siverts, des kamiks et des moufles auprès de William-le-Noir, ainsi qu'un bonnet en peau de renard, avec sa queue, auprès de Bjorken."

    La seconde fois, c'est à la page 40, dans l'expression "déposer ses kamiks", dont on comprend qu'elle veut dire "passer l'arme à gauche". Mais il s'agit d'un chien, ce qui ne m'a pas vraiment aidée à comprendre ce qu'étaient les kamiks: "Plusieurs années durant, il avait hiberné avec son chien Laban, et quand Laban eut déposé ses kamiks, Lodvig avait cohabité avec une génisse musquée répondant au délicat sobriquet d'Alice, jusqu'au jour où ladite Alice, se révélant être un vigoureux taureau, avait rejoint ses congénères, succombant à l'appel de la nature."

    Alors pour ceux qui comme moi voudraient en avoir le coeur net, allez voir ici quelques photos de kamiks: http://www.allaboutshoes.ca/fr/our-boots/activities03_group1-8.php

  • J comme j'en rajoute une couche

    IPHIGÉNIE     A mes gémissements le ciel est sourd, hélas!

    Toutes mes excuses aux personnes qui étaient assises autour de moi dimanche dernier à la Monnaie, mais en entendant cette phrase-là chantée par Nadia Michael je n'ai pas pu m'empêcher de rire.

    D'ailleurs j'en ris encore aujourd'hui en l'écrivant... merci, Nadia!

  • I comme Iphigénie

    J'ai été absolument emballée par les deux opéras de Gluck présentés le même jour à la Monnaie dimanche dernier.

    voir le site http://www.demunt.be/demunt-1.0/programma/productionType.jsp?seizoen=2009&productionTypeID=9&language=FR

    Après une impeccable Iphigénie en Aulide (avec Véronique Gens dans le rôle titre), nous arrivions en Tauride.

    Malheureusement, il y a un certain nombre de lettres et de sons qu'Iphigénie en Tauride est incapable de prononcer correctement. J'avais l'impression qu'elle chantait avec un "dentier" de boxeur dans la bouche, quelque chose en tout cas qui l'empêchait de former des i ou des s, par exemple.

    Nous voici au début de la pièce; vous pouvez vous amuser à compter combien de fois elle a des s (ou des z, c'est pareil) à dire... et n'oubliez pas les liaisons (lol):

    Cette nuit... j'ai revu le palais de mon père,
    J'allais jouir de ses embrassements;
    J'oubliais, en ces doux moments,
    Ses anciennes rigueurs et quinze ans de misère...
    La terre tremble sous mes pas
    Le soleil indigné fuit ces lieux qu'il abhorre,
    Le feu brille dans l'air et la foudre en éclats
    Tombe sur le palais, l'embrase et le dévore!
    Du milieu des débris fumants
    Sort une voix plaintive et tendre:
    Jusqu'au fond de mon cœur elle se fait entendre;
    Je vole à ces tristes accents...
    A mes yeux aussitôt se présente mon père
    Sanglant, percé de coups, et d'un spectre inhumain
    Fuyant la rage meurtrière...
    Ce spectre affreux, c'était ma mère!
    Elle m'arme d'un glaive et disparait soudain:
    Je veux fuir... on me crie: "Arrête ! c'est Oreste !"
    Je vois un malheureux et je lui tends la main.
    Je veux le secourir; un ascendant funeste
    Forçait à mon bras à lui percer le sein!

     
     

  • H comme le hasard n'existe pas

    Je suis à Louvain. J'ai mon billet réservé pour l'expo Rogier Van der Weyden en son avant-dernier jour, de 17.00 à 18.00 heures. Je suis de retour à la gare vers 19.00 heures. Mon train a treize minutes de retard. Il ne passe pas par le Midi à cause de travaux sur la ligne. Je dois donc m'en trouver un autre qui me mène de Nord à Midi, où je dois prendre le métro pour aller chez MC. La rame quitte le quai au moment où j'y arrive. Le métro suivant est dans neuf minutes.

    MC passe son après-midi à la Fnac. C'est la journée des adhérents. Elle y reste jusqu'à la fermeture. Passe à la caisse, car comme d'hab elle a enrichi sa collection de livres et de CD. Puis se rend tranquillement vers la station de métro la plus proche.

    MC et moi, nous avons un portable qui est toujours éteint. Pourtant ce soir là sans nous concerter et sans le faire exprès nous nous sommes retrouvées dans la même rame.

    Essayez donc de raconter devant des enquêteurs de police ou devant des jurés à un procès d'assises: "c'était un pur hasard."

    Je n'ai pas l'impression qu'on vous croira.

  • G comme Goulaf et Goulave

    La toute première fois que j'ai osé lever la main pour prendre la parole dans un amphi, c'était en première candidature chez le professeur Beyen, le grand spécialiste de Ghelderode.

    Et c'était grâce à mon père. Si je le raconte ici aujourd'hui, c'est un peu en hommage.

    Nous analysions La Balade du Grand Macabre - que j'ai malheureusement ratée l'an dernier à la Monnaie, soit dit en passant. Nous en étions aux tout débuts, à la liste des personnages et aux noms que Ghelderode leur avait choisis, des noms sonores et surtout parfaitement transparents.

    "Sire Goulave, prince de Breugellande", dit le professeur Beyen. "Il paraît que ce nom de Goulave aurait une origine wallonne mais je n'ai jamais pu le vérifier."

    Frissons dans mon dos de prime-jeunette: saurais-je une petite chose qui puisse ôter un doute à ce grand professeur? et saurais-je surmonter mes 58 kilos de timidité?

    Chez nous, à table, mon frère et moi nous faisions traiter de "grand goulaf" par mon père dès que nous faisions preuve de gourmandise. C'est un mot qu'il avait ramené de son service militaire effectué du côté de Spa et où il s'était retrouvé entouré de Wallons wallonisants.

    C'est ce que je finis par expliquer au professeur Beyen.

    Je me suis toujours demandé si cela avait suffi à lui ôter son doute sur l'étymologie du nom du prince de Breugellande...

    Un beau site sur Ghelderode: http://www.ghelderode.be

  • F comme Faune et Flore

    Les quais de gare sont des lieux privilégiés pour l'observation de la faune et de la flore.

    J'emploie ces termes sans le moindre sens dépréciatif, considérant que je fais moi-même partie de la faune avec mon écharpe tricotée par ma grand-mère - elle la portait en étole dans l'après-guerre - et mon manteau de petit Chaperon Rouge; pour ce qui est de la flore, je crois que j'ai passé la limite d'âge ;-)

    Le week-end dernier a été particulièrement propice, vu que les trains avaient du retard. Ainsi j'ai pu observer

    deux jeunes maghrébins avec leur musique rap dans des écouteurs qui n'étaient sûrement pas aux normes de sécurité
    un handicapé mental adulte qui sautillait et gambadait avec tant d'enthousiasme que j'ai eu peur qu'il ne tombe sur la voie
    un vieux monsieur à côté de moi qui lâchait des pets sonores; ça ne semblait gêner que moi
    une dame pieds nus dans des sandales alors qu'avec les 4° C le vent me glaçait à travers mon écharpe et mon capuchon

    sur le quai en face, une autre dame se promenait majestueusement sans se rendre compte que les jambes de son long sous-vêtement de tricot blanc cassé sortaient de sous son pantalon noir... et son chétif petit mari qui la suivait avec tous les paquets, ne le voyait-il pas ou était-ce là sa petite vengeance?

  • 7 comme les 7 vies de mon chat Pipo Rossi

    Le chat a sept vies, dit le vieux dicton populaire. Le mien en a au moins trois qui ont été photographiées par M lors de son séjour ici.

    Il y a sa vie de chat de jardin. Pour prendre l'air, aller à la chasse, se dorer au soleil, observer les abords.

    chat jardin - kopie

     

    Il y a sa vie de chat de garage. Pour réfléchir aux choses de la vie, quand le temps est trop froid, trop humide, et pour se chauffer au capot de la voiture qui est encore bien tiède d'avoir fait la route.

    chat garage

     

    Il y a sa vie de chat d'intérieur, et les longues siestes sur sa chaise de paille.

    chat 1

     

  • E comme experte

    Je ne sais pas comment j'ai réussi à acquérir quelques notions qui me permettent de travailler à l'ordinateur - et même de surfer sur internet ou de faire ce blog - car mes compétences sont très réduites dès qu'un appareil a plus de deux boutons.

    Je n'ai jamais réussi à programmer la vidéo.
    J'ai fini par acheter un appareil photo numérique mais j'ai pris le modèle tout à fait basique et je n'utilise qu'une seule fonction.
    Etc, etc, je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps avec ça, vous avez saisi.

    Chaque année je prévenais mon mari de ne surtout pas m'offrir de GSM mais il a fini par m'en acheter un tout de même. Il m'a fallu apprendre à l'utiliser. Je l'ai encore aujourd'hui, il est si vieux et démodé qu'il ferait tomber à la renverse le moins fashionista de mes élèves, mais bon, il me sert à donner un coup de fil en cas d'urgence et à envoyer un SMS de temps en temps.

    Tous les jours je l'allume pour voir si je n'ai pas de messages et puis je l'éteins, mes proches savent bien que ce n'est pas par ce moyen qu'ils peuvent me joindre le plus facilement.

    Hier je voulais envoyer un SMS pour remonter le moral d'une amie qui ne va pas bien. Au moment d'envoyer, ça foire.

    Vérification faite, j'apprends que mon abonnement est coupé depuis le 25 novembre. 

  • D comme Dolores

    Mardi dernier, notre prof d'italien faisait honneur à son prénom.

    Elle était dans les douleurs.

    Jusqu'à l'année passée, elle faisait à peu près ce qu'elle voulait et son petit groupe de cursistes aussi: on ne parlait pas beaucoup italien, on arrivait à l'heure qu'on voulait, on prolongeait la pause jusqu'à la fin du cours, on buvait du vin au lieu de travailler...

    Bon, c'était du vin italien, d'accord. Ainsi que les grissini, salame ou formaggi qui l'accompagnaient.

    Mais ce n'est malheureusement pas en mangeant ou en buvant des produits italiens qu'on apprend la langue - sinon je mangerais des lahana sarmasi et des börek en vue de mon voyage en Turquie, ça serait formidable.

    A l'origine des douleurs de Dolores, il y a l'inspection. Des experts se sont penchés sur ses méthodes de travail et rien n'a trouvé grâce à leurs yeux.

    En effet, elle ne fait pas les choses comme il faudrait, je m'en étais déjà plainte ici (voir à I comme...)

    Et donc mardi dernier j'ai été le témoin de ses lamentations, vu que j'étais la seule en classe, les autres étant largement en retard, comme d'hab'

    Nous n'avons pas le niveau que nous devrions avoir, me dit-elle, et c'est sans doute vrai. Mais je regrette qu'elle en rejette entièrement la faute sur nous: c'est à elle d'avoir quelques exigences. Si elle commençait, par exemple, par exiger que nous parlions italien au cours d'italien?

    C'est ce que je lui ai suggéré, une fois de plus ;-) On verra bien ce qu'elle en fait...

    De toute façon, à la fin de l'année les inspecteurs reviennent vérifier si elle a tenu compte de leurs directives. Et c'est ça, bien sûr, qui lui cause ces douleurs...

  • C comme choux de Bruxelles

    Cette année, grâce à l'aide d'un ami qui est venu préparer mon terrain en avril, j'ai pu cultiver plein de bons légumes au jardin. Au printemps j'avais mes radis, ma roquette, mon cerfeuil, mon persil, mes épinards, ma frisée d'Amérique, quel bonheur! Puis il y a eu les petits pois, les navets, les fèves, les haricots verts. Des courgettes, du brocoletto, des betteraves rouges, du céleri blanc...

    Quel bonheur de semer, de voir germer la graine, de voir grandir la plante, de récolter ses propres légumes!

    Et puis est venu le temps de la deuxième récolte. Fin juillet j'ai planté les poireaux, la chicorée de Chioggia, les pains de sucre et les choux de Bruxelles.

    Les jardiniers parmi vous le sauront sûrement encore, l'été et l'automne ont été exceptionnellement secs dans nos régions. Les choux de Bruxelles surtout ont eu beaucoup de mal. Mais enfin, leur bon naturel a fini par avoir le dessus. Au moment où s'annonçait la saison des pots-au-feu et des gibiers, les jolies petites pommes vertes et brillantes étaient bien formées.

    Cela n'avait pas échappé non plus à l'oeil expert de Houdini (voir à H comme...) ou de Lucullus (voir à L comme...)

    Conclusion: les choux de Bruxelles qui accompagnaient les cuisses de lièvre dimanche dernier venaient du supermarché. Ils étaient plus gros que les miens mais moins brillants. Et sûrement moins savoureux.

    "Avec mon père, ça aurait été vite réglé", me dit M-C qui était chez moi ce dimanche et qui assistait à la battue organisée par les voisins - le père, la mère, le fils aîné, le fils joueur de batterie et le fils cadet - pour récupérer leurs Houdini-Lucullus.

    Oui, je sais: avec lui, les choux dans la casserole seraient peut-être ceux du supermarché, mais la viande serait celle des Houdini-Lucullus...

  • B comme bonnes résolutions

    Je vais bien dans ma tête et dans ma vie, je n'ai pas envie d'attendre le premier janvier pour prendre de bonnes résolutions: commençons aujourd'hui! me dis-je le matin du deux décembre.

    Le temps de l'Avent est un peu comme l'époque du Carême, et quelles que soient tes convictions religieuses actuelles, il te reste de grosses séquelles de ton éducation: oui tu es une grande pécheresse et il te faut faire des mortifications.

    Alors arrêtons le chocolat et reprenons nos exercices physiques! - pourquoi, diable (oh! excusez mon Dieu!) pourquoi diable aurais-tu acheté ce vélo d'appartement, qui encombre le bureau ou le salon?

    L'idée de mes bonnes résolutions m'a mis le coeur en fête et j'ai fait la route en chantant.

    A l'école, c'était le dernier jour de cours avant les examens, ce qui fait que la direction a décidé de nous offrir notre saint-nicolas sans attendre le 6 décembre. Nous avons donc tous reçu un saint Nicolas en chocolat...

    Comme exercice physique, j'ai traîné mon vélo d'appartement du bureau jusqu'au salon et du salon jusqu'au bureau. Je me suis même fait un peu mal au dos.

    Peut-être que le deux décembre n'était pas le jour approprié pour mettre en pratique mes bonnes résolutions?

  • A comme Adrienne

    Au début que je faisais ce blog, j'ai eu un commentaire d'une lectrice qui n'aimait pas ce prénom: Adrienne. Vieux, ringard, passé et has been total.

    Ben oui, évidemment! Adrienne est née en 1905. Tout le monde ne peut pas en dire autant, n'est-ce pas?

    A partir d'un certain âge, on brandit ses années comme un étendard. J'ai vu ça, chez Adrienne. A la coquetterie de l'âge tabou succède une autre forme de coquetterie qui fait dire à la très vieille dame: "Mais j'ai 82 ans, moi!" alors que son anniversaire est seulement dans six mois.

    Ma lectrice Adrianaphobique (revenons à nos moutonsss, comme disait Topaze) n'a pas seulement commis un crime de lèse-grand-mère. Elle baigne également dans l'erreur totale. Adrienne n'est pas du tout un prénom has been, voyez plutôt cette charmante jeune femme:

    http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=1296490927