• les derniers jours de janvier

    Et voilà, nous sommes aux derniers jours de janvier, et comme tant d'autres Belges - les statistiques sont là pour nous l'apprendre - j'ai passé une paire de dimanches à régler de petites vacances.

    Car la moitié du plaisir, sinon plus, est dans l'attente. "L'amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l'amoureux qui a obtenu !", écrit Albert Jacquard dans sa Petite philosophie à l'usage des non-philosophes, (p. 28, Éd. Québec-Livres)

    Donc moi qui suis amoureuse de musique et d'Italie, je nage dans la plénitude depuis que j'ai décidé deux ou trois escapades musicales et / ou italiennes.

    La vita è bella, oui je sais que je me répète ;-)

  • Z comme Zumbo

    Quand j'étais à Florence en novembre dernier, j'avais l'intention d'aller au musée de la Specola, à la via Romana. Je m'étais laissé persuader par le commentaire tout à fait convaincant de Dominique Fernandez dans son Voyage d'Italie, Dictionnaire amoureux (p.933-937 de mon édition de la collection Tempus)

    Finalement, je n'ai pas réussi à y aller. Le séjour florentin est toujours trop court et trop rempli. Par contre, j'ai tout de même pu admirer une ou deux de ses oeuvres à l'exposition au palazzo Strozzi, Inganni ad arte, dont j'ai déjà parlé ici le mois dernier à Z comme Zeuxis. Il y avait là par exemple son Anatomia di testa maschile, criante de vérité. La reproduction photo est disponible sur Wikipedia Commons, donc libre de droits.

    Zumbo

     

    Une des quatre oeuvres exposées au musée de la Specola, et que je n'ai pas vue, s'appelle La Peste (ou Cera della Pestilenza).  Apparemment, le marquis de Sade doit l'avoir vue, lui, puisqu'il en donne cette description dans Juliette :

    « On peut y voir un sépulcre empli de cadavres à divers stades de la putréfaction, de l’instant de la mort jusqu’à la destruction totale de l’individu. Cette œuvre sombre a été exécutée en cire colorée imitant si bien le naturel que la nature ne saurait être plus expressive ni plus vraie. L’impression est si forte face à ce chef-d’oeuvre que les sens semblent se donner l’alarme l’un l’autre : sans le vouloir on porte la main à son nez. »

    Alors, si ça ne vous fait pas peur, allez voir ici: http://www.galleriaroma.it/Bonaiuto/5/Zumbo.htm Elle est aussi sur Wikipedia Commons mais je ne voudrais pas heurter deux fois le même jour les âmes sensibles: ira voir qui voudra ;-)

  • Y comme Yvonne

    J'étais montée dans l'avion qui devait me ramener de Malaga en Belgique. Un de ces low-cost dont je ne ferai pas la pub et où on peut "choisir sa place", c'est-à-dire dans mon cas prendre une de celles qui restent. Mais comme je voyage seule, ça ne me dérange pas.

    Je repère un couple, la place le long du corridor est encore vacante. La dame n'est pas trop corpulente. Je demande pardon aux gens corpulents, mais j'ai déjà tant de fois été fort incommodée par le manque de place quand un(e) véritable obèse profitait de la moitié de mon siège.

    Je m'informe pour savoir si c'est libre - dans deux de nos langues nationales, on ne sait jamais, ménageons toutes les susceptibilités et soyons courtois jusqu'au bout des ongles. Oui, je peux m'installer, me fait-on signe du menton.

    Et moi qui disais ici même (voir à Y comme Yvonne d'avril 2009) que je n'entendais quasiment jamais ce prénom, je saisis tout à coup quand l'homme prononce bien clairement:

    - ça va, Yvonne?

    J'étais assise à côté d'une Yvonne, ma lecture perdait de son intérêt ;-) et je ne pouvais m'empêcher de l'observer à la dérobée et de tendre l'oreille chaque fois qu'elle ouvrait la bouche.

    Malheureusement, c'était une Yvonne du genre désagréable, le déshonneur du prénom qu'elle portait (LOL), exigeante, chichiteuse, médisante, rouspéteuse, lippe pendante, scrogneugneu, pas un mot gentil, pas un sourire, ni pour le mari, ni pour le personnel, me mettant les coudes entre les côtes et me faisant me lever douze fois sans même prendre la peine de demander ni de remercier.

    Les statistiques yvonniennes se retrouvent donc à trois angélix contre une diabolix.

  • X comme le Gentil Organisateur

    Notre mystérieux organisateur du périple ferroviaire européen dont je parlais hier semble être fiché ici pour avoir extorqué de l'argent à plusieurs personnes. Voir http://translate.google.com/translate?js=y&prev=_t&hl=en&ie=UTF-8&layout=1&eotf=1&u=http%3A%2F%2Fwww.opgelichtopinternet.nl%2Fcgi-bin%2Fyabb2%2FYaBB.pl%3Fnum%3D1241096744%2F45&sl=auto&tl=en

    Parfois il dit s'appeler Bob, Cindy, Lisa, Pat. Pourquoi pas? Je signe bien Adrienne ;-)

    Une histoire de train un peu similaire a déjà eu lieu. Lisez plutôt:

    ESNTrain - A real train fraud

    Imagine you spend over USD 800 to travel through 10 European countries with a private train. This train is called ESNTrain. The organizer, Bernhard Jaeggle of ETH Zuerich, is promising all the best.

    You just arrived at the main railway station in Vienna, Austria.

    This special private ESNTrain should pick passenger up at 9am. But no such train arrives on this side. The organizer, fraudster Bernhard Jaeggle, wrote on that evening that ESNTrain was cancelled. He just failed to collect enough money to get this train running.
    Consequently most of the participants were left stranded all across Europe.

    The train never arrived.

    After that the organizer, Bernhard Jäggle (who also works for familie.at - Katholischer Familienverband ) Österreichs ), went into idle mode. He did not react to any mail he received from participants, who paid big dollars to travel on the ESNTrain.

    Two months have passed by. Participants have not received a single penny in ticket money back. Bernhard Jäggle just told all of the them, that he didn't have the money to refund the tickets. He didn't know when he has enough money to do so.

    He said he is not liable for anything. His company Platform is liable, but the companies doesn't have any funds left according the fraudster Bernhard Jäggle.

    source http://www.scam.com/showthread.php?p=762319

    ESNTrain was supposed to be a private overnight train that would travel for 20 days in March/April 2009 through many European countries, including Austria, Italy, Croatia, Poland and Norway. This train was primarily meant to be used by Erasmus students.
    The organizer cancelled the train on the day of its departure, leaving hundreds of students stranded.
    Until now (January 2010) the organizer (Bernhard Jäggle) has not paid back a single penny to over 1000 students for the tickets and damages. The organizers also did not explain why the train was cancelled at all. Neither did he explain were all the money disappeared.
    source: http://esn-train-cancelled.blogspot.com/

    J'ai bien l'impression que notre Mister X (Bob, Cindy, Lisa, Pat) y a trouvé son inspiration... et non, en effet, cette histoire-ci ne convient pas vraiment à la fête des Saints-Innocents, voilà pourquoi je n'en ai pas parlé en décembre ;-) Mais aujourd'hui 28 janvier elle suit encore son cours, partageant le monde entre believers et non-believers... comme d'habitude!

  • W comme wagon de train

    C'est un groupe de personnes dont la plupart ont plus de cinquante ans. Il s'agit principalement de femmes. Elles ont fait des études, ont eu (ou ont encore) une vie active et bien remplie.

    Elles projettent de faire un voyage en train à travers différents pays européens au mois de mai prochain. Un train unique qu'elles loueront avec son machiniste. Elles en rêvent. Elles se voient déjà traversant l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne... Rien ne les arrêtera. Aucune montagne ne sera trop haute, aucune mer trop profonde. Car oui, leur train privé les mènera aussi en Angleterre. Par le tunnel sous la Manche, n'est-ce pas évident? Et tout ça pour 150 €, quelle aubaine!

    Ici le lecteur intelligent commence à se poser des questions. Celle-ci, par exemple: Comment ce train privé pourra-t-il s'insérer dans le trafic ferroviaire si dense que nous connaissons en Europe? Je ne vois guère que la reine d'Angleterre qui puisse se permettre ce luxe. Et encore, au temps où elle s'appelait Victoria.

    Et ces gens - même s'il s'agit d'Américains LOL - peuvent-ils vraiment croire qu'on laissera leur train privé emprunter le tunnel sous la Manche?

    Et qu'on fera un tour d'Europe durant tout un mois pour la modique somme de 150 €, plus 3 € par jour pour la nourriture et les boissons? (oui oui, vous avez bien lu trois euros)

    Et qui est ce Gentil Organisateur de ce Club Mad du rail? Nul ne le sait. Un jeune homme de 22 ans, paraît-il, mais dont on ne connaît ni le nom, ni l'adresse, ni les capacités. Sauf qu'il aime faire des blagues un peu folles. Ben tiens! ça mettrait la puce à l'oreille à moins sceptique que moi, non?

    Revenons à ces dames et à leur rêve. Toutes se disent "kind, caring and peaceful". Voilà ce qu'elles sont et voilà ce qu'elles aiment trouver chez les autres, disent-elles.

    Mais la première à oser poser la question de la faisabilité d'un tel projet se fait proprement exécuter.

    Alors pour faire honneur à cette courageuse, je propose que nous réécoutions Guy Béart http://www.youtube.com/watch?v=y6Fnp6MV3ck

  • V comme Vox Populi

    Chacun connaît probablement un couple dont les deux noms accolés donnent un effet comique. Comme ce Jean-François Colin qui avait épousé Bénédicte Maillard, pour ne citer qu'eux. Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner, rien que dans la ville où je travaille, avec les familles Bercez, Billet ou Carton. Et je ne suis qu'au début de l'alphabet...

    Le site oulipien Fatrazie collecte ce genre d'aptonymes. Labelle-Binette, par exemple. Pas mal, hein? Ou Boileau-Desfossés.

    Mais il semble qu'il se serait fait avoir par sa principale source (si j'ose dire), un journal canadien, Vox Populi.

    Si vous voulez tout savoir, et rire en plus, c'est ici: http://www.fatrazie.com/aptocouples.htm

  • U comme Uccellini

    Chaque fois que j'entends annoncer le nom du compositeur Marco Uccellini, je ne peux m'empêcher de sourire. C'est plus fort que moi.

    Et pourtant je sais que ce n'est pas beau de se moquer du nom que portent les gens. Et que ce monsieur soit mort depuis 1680 ne change rien à l'affaire. Et même si personne ne me voit sourire, non ce n'est pas bien.

    Il n'y peut rien s'il s'appelle Petizoiseaux.

    Mais puis-je rire si on annonce un air composé par Marco Uccellini et dont le titre est

    "Le mariage de la poule et du coucou"?

    Parce que là, il l'a fait exprès, non?

    Ce n'est n'est pas comme ce malheureux Claude François, habitant à Chatou, dans les Yvelines, et qui y tient un commerce d'électricité domestique.

    Hé oui.

  • T comme Tanger

    D'abord, je vais vous remontrer la photo prise au bord de la mer, à Malaga. A l'horizon, c'est l'Afrique, le Maroc, Tanger. Je sais bien que ce n'est pas visible sur la photo, mais l'Afrique et Tanger sont là tout de même.

    A 2009-2010 046 Africa - kopie

    Ensuite, je vais vous parler d'une autre découverte que j'ai faite grâce à I. Il s'agit de Mohamed Mrabet et de son dernier livre édité en collaboration avec Eric Valentin, Le poisson conteur et autres stories de Tanger. Si vous voulez voir et entendre Mohamed Mrabet, cliquez sur le lien ci-dessous. Il parle arabe et les sous-titres sont en allemand, mais bon bref.
    http://www.dailymotion.com/video/x5xnpn_tanger-mohamed-mrabet-du-conteur-ta_people

    Si vous désirez lire un bon article sur ce livre, allez ici. Je ne pourrais pas mieux dire, vu que je ne savais rien sur ce monsieur jusqu'ici.
    http://www.telquel-online.com/218/arts2_218.shtml

    De plus, je n'ai lu que la première histoire, celle qui a donné son titre au recueil. Je lirai les autres la prochaine fois que je serai chez I ;-)

  • Stupeur et tremblements

    Toutes mes petites stupeurs

    Tous mes petits tremblements

    ne sont rien

    mesurés à l'aune de ce que d'autres vivent

    en Haïti, pour ne citer qu'un exemple

    ou la douleur de cet homme

    un ami de mon père

    qui enterre sa femme aujourd'hui

  • vendredi 22 janvier

    Je fête ce soir le 22 du mois par le premier d'une série de cinq cours sur la poésie amoureuse italienne.

    Au programme de ce vendredi 22 janvier, Gli inizi della poesia d'amore: Dai poeti siciliani a Petrarca.

    Je sens que je vais me ré-ga-ler! Ah! la vita è bella, je sais, je me répète ;-)

  • R comme relayer des recettes

    Gabriela est une amie et une artiste. Si vous voulez la connaître mieux avant de poursuivre, allez voir ici http://www.gabrielaboiangiu.com/

    J'aimerais vous faire participer à son projet de recettes-gâteaux-cadeaux comme elle le décrit ici: http://www.gabrielaboiangiu.com/#/share/4534739800

    Un exemple?

    ‘SHARE’ CHOCOLATE ORANGE CAKE

    Ingredients:

    2 oranges
    6 eggs
    1 tsp baking powder
    ½ tsp bicarbonate of soda
    200g ground almonds
    250g carter sugar
    50g cocoa powder
    Optional: Chocolate or icing for decorating.

     

    Makes one cake: 12 portions
    Preparation time: 2hrs boiling two oranges+30min
    Baking time: approximately 1 hr

     

    Boil two whole oranges for 2 hours. Cool them down and mash them with a food processor to make them into pulp.

    Put grease paper on a round cake tray. Preheat the oven to 180 degrees.

    Mix the eggs with 250g sugar and beat well. Add the ground almonds and baking powder and bicarbonate of soda. Then add cocoa powder and the orange pulp. Mix all the ingredients well.

    Poor the dough into the tray and bake for 60 min. Try with a skewer, to see if it is baked in the middle. The cake is quite moist so make sure you don’t bake for too long.

    Enjoy!

     

    Once you have baked this cake once or twice, please take a photograph and send it to the artist with few suggestions of your own that can be added to the recipe or decorations.

    Hope you will enjoy this and also pass it on to somebody else.

     

    Gabriela Boiangiu gabi_art@hotmail.com

     

    Et si ça vous a mis l'eau à la bouche, il y a aussi le cake aux fruits, le cake aux carottes et les very british biscuits au gingembre ;-)

    Je compte sur vous!

     

  • le bilan du 20

    Mes petits bilans du 20, c'est vraiment de la crotte de bique à pâlir de honte si je me compare au roi du genre, Philippe Didion et ses Notules dominicales. Dont je suis une fan convaincue et une abonnée de longue date, d'ailleurs, mais là n'est pas la question.

    Jugez plutôt vous-même de la précision dans la tentative de comptabiliser et de classifier les petits et grands faits de vie:

    VENDREDI.
    Bilan annuel 2009.

    * 110 livres lus (+ 25 par rapport à 2008)
    * 230 films vus (+ 41)
    * 285 abonnés aux notules version électronique (sans oublier les irréductibles abonnés papier de l'Aveyron) (+ 42)
    * 36.601 visites sur sur la page d'accueil des notules (+ 6.434)

    En ce qui concerne les chantiers littéraires :

    * 4.061 Souvenirs quotidiens notés (+ 365, le compte est bon)
    * 352 volumes étudiés dans L'Atlas de la Série Noire (+ 30)
    * 131 communes visitées (+ 25) de Ableuvenettes (Les) à Deinvillers dans le cadre de L'Itinéraire patriotique départemental
    * 149 photos de Bars clos commentées (+ 24)
    * 370 entrées dans la Petite géographie de l'incipit (+ 2, chantier en sommeil)
    * 544 Bribes oniriques recueillies (+ 30)
    * 731 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 74)
    * 259 publicités murales peintes photographiées (+ 65)
    * 333 numéros de téléphone récoltés dans des films en vue d'un travail à venir (+ 53)
    * 388 photographies de salons de coiffure pour l'Invent'Hair (+ 128)
    * 92 frontons d'école photographiés pour l'Aperçu d'épigraphie républicaine (+ 15)
    * 40 Lieux où j'ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 9)
    * 21 numéros de Diasporama envoyés à 35 abonnés.

    Tiens, ça me rappelle un très ancien numéro du magazine Gault&Millau dans lequel on avait rassemblé sur une photo de deux pages toute la nourriture qui avait été avalée par ces deux messieurs en une année. C'était assez impressionnant, ça aussi.

    Héhé, les grandes personnes aiment les chiffres, le petit Prince, en ceci comme en beaucoup d'autres choses, n'avait pas tort!

  • Questions existentielles aéronautiques

    J'ai encore pris l'avion ces derniers temps et je me suis une fois de plus étonnée au moment de l'atterrissage.

    Pourquoi, ah dites-moi pourquoi les gens continuent à applaudir? Continue-t-on à considérer ce moment où l'avion touche le tarmac comme un exploit suprême de la part du pilote? Est-ce pour conjurer la peur et l'émotion que tant de gens, moi y compris, semblent encore avoir à ce moment-là? Est-ce le soulagement d'être arrivés à bon port après avoir flotté dans les airs et que ce phénomène reste entouré d'une aura de mystère?

    Moi je n'applaudis jamais. Car si je le faisais pour les pilotes, il me faudrait à plus forte raison le faire pour les chauffeurs de bus qui m'ont amenée à l'école ces dernières semaines, quand les routes enneigées et verglacées m'empêchaient de prendre la voiture. Ou pour l'amie qui a bravé les intempéries pour me ramener chez moi. Et pour tant d'autres. Mais vous m'avez comprise, n'est-ce pas.

    Et puis tant que j'y suis, j'ai une autre question de la même (naïve) eau. Ou même deux. Les perspicaces auront noté les s du pluriel dans mon titre ;-)

    Pourquoi, au décollage et à l'atterrissage, éteint-on les lumières à l'intérieur de l'avion alors que chacun peut allumer la petite lampe au-dessus de sa tête pour poursuivre sa lecture? On est même invité à le faire.

    Et pourquoi, toujours au décollage et à l'atterrissage, nous demande-t-on de garder les petits volets des hublots bien ouverts? Pour nous permettre d'admirer et de filmer la catastrophe au cas où elle se produirait?

  • P comme portes du paradis

    Au P comme... de novembre dernier, je vous ai révélé les portes de mon paradis. Portes de verdure, mais portes tout de même à mes yeux car mon paradis ce n'est pas seulement la maison, c'est encore bien plus toute la nature qui l'entoure.

    Les portes du paradis d'I sont à l'honneur ce mois-ci.

    D'abord celle que personne n'utilise. Elle est belle, grandiose même, mais son hall d'entrée sert de débarras.

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    Ensuite celle que tout le monde utilise, qui ne se ferme que pendant les quelques heures où tout le monde dort et qui se trouve stratégiquement entre la cuisine et le séjour. Remarquez d'ailleurs que la clé se trouve à l'extérieur.

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    Enfin, il y a la porte-fenêtre qui est ouverte jour et nuit, car c'est la porte des chats, ces souverains véritables au royaume d'I

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    Alors en guise d'envoi de cette bal(l)ade, pour toi, I, qui n'aime pas la poésie (?), ce texte écrit par Rimbaud en 1871 et auquel j'ai beaucoup pensé pendant mon séjour chez toi:

    Les Mains de Jeanne-Marie

    Jeanne-Marie a des mains fortes,
    Mains sombres que l'été tanna,
    Mains pâles comme des mains mortes.

    Sont-ce des mains de Juana ?

    Ont-elles pris les crèmes brunes
    Sur les mares des voluptés ?
    Ont-elles trempé dans les lunes
    Aux étangs de sérénités ?

    Ont-elles bu des cieux barbares,
    Calmes sur les genoux charmants ?
    Ont-elles roulé des cigares
    Ou trafiqué des diamants ?

    Sur les pieds ardents des Madones
    Ont-elles fané des fleurs d'or ?
    C'est le sang noir des belladones
    Qui dans leur paume éclate et dort.

    Mains chasseresses des diptères
    Dont bombinent les bleuisons
    Aurorales, vers les nectaires ?
    Mains décanteuses de poisons ?

    Oh ! quel Rêve les a saisies
    Dans les pandiculations ?
    Un rêve inouï des Asies,
    Des Khenghavars ou des Sions ?

    Ces mains n'ont pas vendu d'oranges,
    Ni bruni sur les pieds des dieux :
    Ces mains n'ont pas lavé les langes
    Des lourds petits enfants sans yeux.

    Ce ne sont pas mains de cousine
    Ni d'ouvrières aux gros fronts
    Que brûle, aux bois puant l'usine,
    Un soleil ivre de goudrons.

    Ce sont des ployeuses d'échines,
    Des mains qui ne font jamais mal,
    Plus fatales que des machines,
    Plus fortes que tout un cheval !

    Remuant comme des fournaises,
    Et secouant tous ses frissons,
    Leur chair chante des Marseillaises
    Et jamais les Eleisons !

    Ça serrerait vos cous, ô femmes
    Mauvaises, ça broierait vos mains,
    Femmes nobles, vos mains infâmes
    Pleines de blancs et de carmins.

    L'éclat de ces mains amoureuses
    Tourne le crâne des brebis !
    Dans leurs phalanges savoureuses
    Le grand soleil met un rubis !

    Une tache de populace
    Les brunit comme un sein d'hier ;
    Le dos de ces Mains est la place
    Qu'en baisa tout Révolté fier !

    Elles ont pâli, merveilleuses,
    Au grand soleil d'amour chargé,
    Sur le bronze des mitrailleuses
    À travers Paris insurgé !

    Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
    À vos poings, Mains où tremblent nos
    Lèvres jamais désenivrées,
    Crie une chaîne aux clairs anneaux !

    Et c'est un soubresaut étrange
    Dans nos êtres, quand, quelquefois,
    On veut vous déhâler, Mains d'ange,
    En vous faisant saigner les doigts !

     

    Pour ceux que le contexte de ce poème intéresse, allez voir sur le site d'un collègue prof de français, http://abardel.free.fr/petite_anthologie/les_mains.htm

  • O comme obituaire

    Un matin froid devant l'ordi. Je visite "rituellement" les blogs de ma liste de liens. Je peux le faire, car elle est assez courte, contrairement à ce que je vois chez beaucoup d'autres. Mais au moins ça lui fait mériter le terme de "liens". Je me comprends.

    Je m'attarde toujours chez Lire est un plaisir, je lis tout, j'écoute les interviews, je note des titres de livres à acheter. Alors que je ne sais déjà plus où mettre mes nouvelles acquisitions et que j'ai plus de cinq livres en route. Je sais, c'est grave, docteur ;-)

    Parfois je suis quelques liens. Comme en ce matin froid celui qui me mène sur le blog d'Apolline Elter. Où je suis foudroyée par cet extrait-ci:

     "Mon passé avait pour présent la douceur et pour avenir la menace. Mon présent a pour présent le désert et pour avenir l'inconnu. Mon avenir aura pour passé l'expérience et pour présent la méfiance. L'avenir de mon avenir ne m'intéresse pas plus que le passé de mon passé"

    La femme quittée, Raphaële Vidaling, roman, Grasset, 2003, p 41

    Voilà, me dis-je, c'est exactement ça qui t'est arrivé. Chaque mot est juste. Je le relis une deuxième fois, lentement. Oui, c'est ce que j'ai ressenti, moi aussi. C'est  comme une mort.

    Mais de celles qui permettent une renaissance.

    Même si c'est dans la méfiance ;-)

  • N comme Noureddine

    Il me faut commencer par un aveu: je suis branchée "musique classique" jour et nuit, ce qui fait que mes connaissances en chanson se limitent à l'émission "les disques demandés" qu'on écoutait sur radio Hainaut dans les années 70 ;-) 

    I m'a fait découvrir la chanteuse Juliette Noureddine. J'ai ainsi pu savourer plusieurs chansons de son (dernier?) album, Bijoux et babioles. Bijoux, oui, surtout les textes.

    Celui qui m'a le plus fait rire, car c'est du vécu (hahaha), c'est celui-ci: Tu ronfles!

    Un léger bruit m'éveille
    Tandis que le sommeil
    Me fuit sans un remords
    Tu dors
    C'est un demi-soupir
    Qui ment comme il respire
    Rien qu'un souffle incertain
    Lointain
    Comme un marin perdu
    Sentant gronder les nues
    Devine le présent
    D'orage
    J'entends grincer les voiles
    Les gréements et la toile
    Qu'une bourrasque gonfle
    Tu ronfles

    Pendant que je somnole
    A jouer les rossignols
    Sifflotant mes refrains
    Pour rien
    Toi tu fais des flons flons
    L'éléphant et le lion
    La grande parade comme
    Barnum
    Après toute une clique
    De cuivres asthmatiques
    Tu t'arrêtes soudain
    Enfin !
    Fausse alerte j'entends
    La fête qui reprend
    Le ballon qu'on regonfle
    Tu ronfles !

    J'aime comme tu imites
    la grêle qui crépite
    le mistral et le vent
    D'autan
    Et le tigre feulant
    Dans les bambous bruissants
    Le brame qui résonne
    l'automne
    Le sable sur la dune
    Et le loup à la lune
    Le grondement joyeux
    Du feu
    Et la note confuse
    Que font les cornemuses
    Quand elles se dégonflent
    Tu ronfles

    Et puis tu es parti
    Poser dans d'autres lits
    Ta peau et ton odeur
    Ton coeur
    Moi je ne dors pas plus
    Sans ton charmant chahut
    Le silence à ta place
    m'angoisse
    et si je m'interdis
    de quelques jalousies
    l'inutile tourment
    Pourtant
    J'espère qu'elle te nuit
    Celle qui a tes nuits
    J'espère qu'elle te gonfle
    Qu'elle ronfle

    Vous avez lu jusqu'au bout? Car c'est la chute qui m'a le plus fait rire, c'est là qu'est l'idée géniale ;-)

    Moi j'espérais tout bêtement que sa nouvelle femme serait aussi incommodée que moi par sa parade de barnum, son mistral et sa cornemuse, mais je me trompais: "J'espère qu'elle te gonfle, qu'elle ronfle" et que cette fois c'est l'homme qui joue les rossignols!

     

  • M comme Malaga

    Vous connaissez les capitales européennes de la culture? Par exemple Bruges l'a été en 2002, Lille en 2004...

    A Malaga on affiche haut et fort sa candidature pour 2016. Mais comme il y a de la concurrence - voyez plutôt la liste des candidats, rien que pour l'Espagne: Asturies (candidature conjointe d'Oviedo, Gijón et Avilés), Alcalá de Henares, Burgos, Cáceres, Cordoue, Cuenca, Málaga, Palma de Majorque, Pampelune, Saint-Sébastien, Santander, Saragosse, Ségovie et Tarragone - j'apporte ma petite pierre à l'édifice ;-)

    Vous avez déjà pu admirer ici à la lettre G le Gibralfaro. Je vous parlerai sans doute un jour aussi de l'Alcazaba.

    Mais voici tout d'abord sa cathédrale manchotte (la Manquita). On discute encore pour savoir si on va terminer la seconde tour. Les travaux sont arrêtés depuis 1782.

    A 2009-2010 036 cathédrale - kopie
     

     

    Ensuite il y a l'indispensable arène pour la corrida. Il m'a semblé que c'était le monument le mieux entretenu. 

    A 2009-2010 041 plaza de toros 2 - kopie

     

    On s'occupe en ce moment de la rénovation du théâtre antique, ce qui donne un mélange bizarre entre les pierres vieilles de 2000 ans (voir photo) et les blocs de facture récente (que j'ai soigneusement évités pour faire plus joli... mais moins vrai)

    A 2009-2010 048 teatro 2 - kopie

     

    Enfin, son atout majeur: la vue mprenable sur l'Afrique ;-)

    A 2009-2010 046 Africa - kopie

  • L comme lampes

    Celui qui viendrait chez moi faire un reportage-photo de mon intérieur n'aurait pas grand-chose à se mettre sous l'objectif. Les murs sont blancs, les meubles viennent principalement de chez ma grand-mère Adrienne et l'éclairage, n'en parlons pas, c'est principalement un fil électrique au bout duquel pendouille une ampoule, de préférence écolo.

    J'en suis consciente et je l'assume, je ne vais plus investir dans la déco d'une maison qu'il me faudra quitter tôt ou tard.

    Rien de tout cela chez I

    Ses lampes sont toutes plus belles les unes que les autres et on voit qu'elles ont été choisies avec le plus grand soin. En voici quelques-unes, prenez bien le temps de les admirer jusqu'à la dernière:

    A 2009-2010 016 lampe1 - kopie

     

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  • K comme kilo

    Cette semaine en feuilletant des journaux en ligne je suis tombée plusieurs fois sur cette photo:

    lizzie

    Si on introduit son prénom et son poids, on la trouve 70 fois sur google: http://images.google.fr/images?hl=fr&lr=&um=1&sa=1&q=lizzi+%2281+kilo%22&btnG=Rechercher&aq=f&oq=&start=0

    Personnellement, une telle photo ne me fait ni chaud ni froid. Ce qui m'a fait m'y arrêter, c'était la légende: cette jeune femme doit sa célébrité au fait qu'elle a eu sa photo dans le magazine Glamour alors qu'elle pèse 81 kilos...

    Vous y croyez, vous, que ça sonne le glas de nos modèles rachitiques ou à peine pubères?

    Moi non.

    Dommage pour les Lizzi (ou Lizzie, j'ai trouvé les deux orthographes) de cette terre, moi je vois que pour la plupart de mes élèves, la taille 38 c'est déjà le début de l'obésité.

  • J comme je devrais...

    Je devrais ranger mon bureau
    Je devrais corriger des dissertations
    Je devrais aller chercher du bois au fond du jardin
    Je devrais retourner à la piscine malgré le gel et la nuit qui tombe à six heures

    Je devrais nettoyer mes e-mails
    Je devrais tailler les arbustes à la rue
    Je devrais écrire mes dernières cartes de voeux
    Je devrais mettre "au propre" mon planning des cours du second semestre

    Je devrais faire ramoner la cheminée
    Je devrais m'acheter un frigo plus écolo
    Je devrais passer moins de temps à l'ordinateur
    Je devrais téléphoner aux amies que je n'ai plus vues depuis décembre

    Je devrais potasser mon italien
    Je devrais reprendre l'espagnol
    Je devrais faire ma gym pour le dos tous les jours
    Je devrais avoir des journées de 48 heures et des week-ends de 4 jours

  • I comme illuminations

    Pour les illuminations de fin d'année, ce n'était pas la crise.

    En tout cas, c'est l'impression que j'ai eue, aussi bien ici en Belgique qu'à Malaga. Tout père de famille qui se respecte se doit de transformer sa maison et son jardin en succursale de Las Vegas (j'en parlais déjà l'an dernier, je sais, je radote) et les villes aussi rivalisent en orgies de lumière(s).

    Voici quelques mauvais clichés pris à Malaga la veille du 31 décembre. Mais je regrette de ne pas avoir photographié ce qu'il y avait de plus joli: les palmiers emmaillotés de lumignons.

    Il faudra que j'y retourne l'an prochain ;-)

    A 2009-2010 078 illuminations2 - kopie

     les oranges bleues, comme dans Tintin

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     des rubans pour vous inciter à acheter des cadeaux

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    des sapins garantis sans aiguilles

  • H comme hommage

    On commémore en ce début de janvier le cinquantième anniversaire de la mort d'Albert Camus.

    Pour moi, Albert Camus est avant tout l'auteur de l'Etranger. J'ai lu ce livre une première fois vers mes seize ans et j'en ai été déroutée. Je l'ai relu plus tard, à l'université. J'y ai surtout vu alors les multiples lectures qu'on pouvait en faire: existentialiste, psychanalytique, sociologique, métaphysique, biographique et j'en passe (voyez l'intéressant ouvrage de Brian T. Fitch). Enfin, je l'ai relu plusieurs fois "comme prof", pour l'avoir fait lire à l'un ou l'autre élève et pour pouvoir en discuter avec eux.

    Au plus je le lis, au plus je le trouve fascinant.

    Alors si j'étais à Paris ou dans les environs, j'irais sûrement me balader jusque-là:

    "La Bibliothèque publique d'information rendra hommage à Albert Camus le samedi 30 janvier 2010, dans la Petite Salle du Centre Pompidou (niveau -1).


    Au programme, ce colloque appelé "Albert Camus, dans le texte", recevra de nombreux et prestigieux invités.
    Raphaël Enthoven, Yasmina Khadra, Charles Berling et plusieurs autres liront et commenteront un texte de leur choix parmi l'oeuvre de l'écrivain.

    David Camus, écrivain et petit-fils d’Albert Camus participera aussi à l’événement et lira "L’Exil et le royaume", texte écrit par son grand-père en 1957. Ces lectures seront suivies d'un cocktail puis d'un spectacle adapté de "L'Etranger", interprété par Pierre-Jean Peters et mis en scène par Moni Grego. L’ambition de cette manifestation est de rendre sensible cette proximité à Camus par l’écoute et par le partage. L’entrée est gratuite.


    Une jolie façon de se souvenir de cet écrivain aux multiples talents, défenseur des droits de l’homme, dont les admirateurs ne cessent de croître au fil du temps."

    info prise du site http://www.femina.fr/actualites/hommage-a-albert-camus-au-centre-pompidou/(gid)/515509


    Albert Camus, dans le texte
    1960-2010 : cinquantenaire de sa disparition
    Samedi 30 janvier 2010, 14h -20h30


    Adresse :
    Centre Pompidou
    Petite Salle, Niveau -1
    Place Georges Pompidou
    75004 Paris
    Entrée libre dans la mesure des places disponibles

  • G comme Gibralfaro

    Le Castillo de Gibralfaro, dit le dépliant que nous avons pris à l'entrée, est une forteresse qui a été construite sous le règne de Youssouf Ier au 14e siècle. Elle a été utilisée comme enceinte militaire jusqu'en 1925, ce qui revient donc à 600 ans de bons et loyaux services.

    Les murailles, les tours, les créneaux, les guérites, les puits, les passages, le panorama sur la ville de Malaga, tout est merveilleusement photogénique. J'aurais pu passer des heures à m'imbiber de l'atmosphère des lieux.

    Quelques photos pour s'en faire une idée:

    A 2009-2010 026 Gibralfaro4 - kopie

     

     

    A 2009-2010 030 Gibralfaro8 - kopie

     

     

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    A 2009-2010 042 Gibralfaro17 - kopie

  • F comme...

    Familia, fantasìa, fascinante, fecunda, femenina (y masculina), fenómeno, fiable, fiebre (creativa), fiel, fiesta, filosofía, fina, flor, flujo (de ideas), foco, formidable, fortuna, franqueza, (hacer) frente, fuego, fuente, fuerte (y flaca), (dejar de) fumar, fundamento, fundar, futuro.

    A 2009-2010 087 playa3 - kopie

  • 7 animaux

    Il y a le chien Coco, petit, doux, patient et aux côtes fragiles

    A 2009-2010 002 Coco - kopie

     

    Il y a le chien Pelayo, toujours en quête de câlins et de nourriture

    A 2009-2010 005 Pelayo - kopie

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il y a les chats, dont je ne sais pas écrire correctement les noms: Miau, Baraka, ...

    A 2009-2010 001 Miau - kopie

    A 2009-2010 004 - kopie

     

    A 2009-2010 006 - kopie

    Et puis il y a les eux chats de la cathédrale qui regardent passer la foule dans les rues commerçantes de Malaga illuminée pour la fin de l'année

    A 2009-2010 079 le chat de la cathédrale - kopie

  • E comme espejo

    Le photographe qui se photographie, voilà un jeu qui me plaît. Espejo, miroir.

    Je profite d'un reflet dans une vitre

    A 2009-2010 084 jardin japonais2 - kopie

    ou d'un jeu d'ombre:

    A 2009-2010 075 Alcazaba24 - kopie

    ce sont à peu près les seules photos de moi qui me plaisent vraiment ;-)

     

  • D comme décision

    MC, I, M, moi: quatre femmes de la même tranche d'âge. Nous avons eu jusqu'à présent des parcours de vie très différents, nous sommes très diverses et pourtant nous avons mille et une choses en commun.

    Comme par exemple cette décision à prendre: quels choix de vie vais-je faire au cours de ces dix prochaines années? concrètement, où vais-je vivre? vais-je garder l'habitation où je suis ou vais-je me "transplanter" ailleurs?

    MC pense qu'il n'est pas bon de vieillir dans l'anonymat de la grande ville et qu'elle ferait peut-être mieux de retourner "à ses racines". Mais les nombreuses opportunités (surtout culturelles) de la grande ville lui manqueront.

    M et moi vivons à la campagne: la maison et le jardin sont lourds à entretenir, aussi nous demandons-nous si nous ne devrions pas choisir quelque chose de plus petit et retourner en ville pour les facilités qu'elle offre. Mais l'envie nous manque de quitter notre espace de liberté et notre "trou de verdure".

    Et I? comme d'habitude, c'est la plus compliquée ;-)

    A 2009-2010 083 - kopie

  • C comme clés

    - Chaque clé représente un problème, me dit I en voyant mon trousseau.

    Je la regarde d'un air interrogateur.

    - Cette clé est celle de la maison, l'autre de la voiture et la petite c'est de la boîte aux lettres, dis-je.

    Je ne voyais pas tout de suite où étaient les problèmes: ma maison, c'est mon havre, mon auto, c'est ma liberté - le vieux slogan n'a pas tout à fait tort - et dans ma boîte aux lettres, je ne trouve pas que des factures ou des faire-part de décès, tout de même!

    Puis je réfléchis.

    - J'ai aussi un trousseau avec les clés de l'école, dis-je, l'air déjà un brin plus soucieuse probablement, car I s'écrie:

    - Ah! tu vois bien! Chaque clé est un problème!

    J'ai plus de clés pour l'école que pour la maison: il y a celle pour ouvrir les classes, celle de mon bureau de coordinatrice - qui pourrait en effet être appelé le bureau des problèmes -, celle d'une armoire, celle des locaux d'informatique...

    Mais deux mois et demi plus tard, je comprends enfin pleinement la portée de cette petite phrase quand je découvre les 72 problèmes d'I ;-)

    Alhaurin 2009-2010 082 les clés - kopie 

  • B comme Bienvenida

    On vient te chercher à l'aéroport. Tu reçois une chambre avec salle de bains. Le chauffage est en panne mais on s'est ingénié à te procurer un radiateur électrique. On l'a même mis en marche avant ta venue pour que tu trouves une pièce accueillante.

    On te met tout de suite à l'aise: voici la cuisine, voici le frigo, voilà le cellier: tu prends tout ce dont tu as besoin, tout ce qui te fait envie. On te présente à la famille qui t'ouvre les bras. On te montre les plus jolis endroits de la région. On t'emmène manger dans ces lieux sacrés où les touristes ne viennent pas. On ne veut même pas que tu sortes ton portefeuille. On te consacre son précieux temps. On te donne son meilleur vin, son meilleur manchego, son meilleur solomillo.

    Et surtout, on te prend comme tu es.

    Ce qui n'est pas peu dire.

  • A comme Adrienne

    J me raconte qu'elle a reçu sa première lettre de nouvel an. Sa filleule a juste trois ans, ça a dû être beau à voir et à entendre ;-)

    Et puis ça me fait penser à ma grand-mère Adrienne, qui était aussi ma marraine.

    Chaque année, la lecture de ma lettre de nouvel an lui faisait couler des larmes. Je m'en inquiétais beaucoup quand j'étais petite, j'avais si peur de lui faire de la peine. Elle a dû m'expliquer qu'il y a aussi des larmes qui font du bien. Mais j'ai toujours eu du mal à le croire.

    Jusqu'au jour où mon filleul m'a donné à moi aussi ce genre d'émotions... ah lala!