• Facteur X

    Cousine G*** est allée à une soirée pour célibataires. Une seule fois, nous raconte-t-elle, entraînée - que dis-je? - piégée par une amie au désespoir et qui n'osait pas y aller seule. Et bim badadim, elle est tombée sur W***, divorcé comme elle, bien sous tous les rapports, et qui s'y connaît en plomberie, en peinture, en menuiserie et en électricité.

    Cousine M*** s'est mariée. Pour la troisième fois, mais celle-ci est la bonne, nous dit-elle. Nul ne sait comment elle s'y est prise, mais cette fois-ci il s'agit d'un châtelain pur sang. D'accord, il est un peu chauve, mais il sait faire le baise-main, dans son domaine familial. Où des jardiniers s'occupent de l'entretien du parc.

    Voisine K*** a déménagé. Elle épouse bientôt le deuxième homme de sa vie. L'homme, sa villa, sa piscine, sa voiture, ses relations, son entreprise et sa famille, tout est encore bien plus imposant que chez le premier. Elle n'a jamais été aussi heureuse de sa vie, nous assure-t-elle.

    Et toi? me dit finalement ma mère d'un air de reproche.

    Héhé, je la sentais venir avec ses gros sabots... Mais ce n'est pas sur moi qu'elle doit compter pour avoir l'occasion d'exercer encore une fois ses talents de belle-mère. J'ai déjà donné ;-)

    Et je jouis de ma liberté... sans jardinier, plombier ou électricité ;-) 

  • W comme wagon de train

    Le lundi matin 15 février, deux trains se rentrent dedans à Buizingen, au sud de Bruxelles. Nous étions encore à l'hôtel, à Milan, mais la nouvelle nous est parvenue tout de suite. I et son fiancé sont tous deux armés d'un Iphone connecté à Internet.

    Le lendemain mardi, j'ai pu prendre le tout dernier train qui reliait Zaventem à Bruxelles. Je ne sais quelle divine providence m'avait fait réserver une chambre d'hôtel: il m'aurait été impossible de rentrer chez moi par les transports en commun.

    Mercredi matin, je me renseigne à l'accueil de l'hôtel pour savoir si les trains roulent normalement. Les deux messieurs me regardent d'un air ébahi et m'assurent que oui, "vu qu'il n'a plus neigé hier".

    Etonnant comme eux, qui ne sont qu'à quelques kilomètres de l'accident, semblent peu au courant des faits.

    Mais sans doute que personne, dans ce bel hôtel, ne prend le train.

    Hotel du Congrès ch 112 - la sdb

  • V comme vive la famille!

    Samedi dernier, ma mère a passé une journée formidable.

    D'abord, elle a eu l'occasion de porter son manteau de fourrure. Il faisait juste assez froid pour ne pas avoir l'air de celle qui veut montrer à tout prix qu'elle a un vison pleine peau et par chance il ne pleuvait pas, auquel cas elle n'aurait pas osé le sortir de l'armoire.

    Au vestiaire, le vison donne toujours droit à un traitement de faveur. C'est bien connu.

    Sous l'ample manteau, elle portait deux ou trois petites choses très élégantes et neuves, bien sûr, qui sortaient des meilleures boutiques.

    Vraiment, cette invitation ne pouvait pas mieux tomber.

    Ensuite elle a assisté à une belle messe chantée. Ce qui offre le loisir d'observer à l'aise - et sans en avoir l'air - la température des couples et des porte-monnaie. Il suffit de bien choisir sa place.

    Enfin, il y a eu le repas de famille. Pas aussi bien que celui qu'elle avait offert elle-même en une autre occasion, évidemment, tout le monde n'a pas les moyens d'offrir des apéritifs et du saumon fumé, n'est-ce pas, et d'ailleurs s'il avait été meilleur cela aurait diminué son plaisir. Non, non, c'était juste comme il faut.

    Il y a bien eu la cousine Claire qui avait essayé de lui voler la vedette sous prétexte que c'était son mari à elle qu'on enterrait ce jour-là mais ça lui a assez vite passé.

    Non vraiment, rien à dire. C'était un beau samedi.

     

  • U comme universelle panacée

    La musique adoucit les moeurs, ont dû penser les têtes pensantes et responsables de la Médiathèque de la Communauté française de Belgique et par conséquent ils ont sorti deux CD.

    Qu'ils nous présentent ici: http://www.lamediatheque.be/mag/taz/chanson/fevrier_2010/des_plumes_et_des_voix.php?reset=1&secured

    Toutes les chansons ont pour thème la maladie, au sens (très) large: handicap, SIDA, préservatif, accro aux jeux vidéo sur Internet, anorexie, euthanasie, alcoolisme, ...

    Moi qui n'ai plus écouté véritablement de programmes de chansons depuis les Disques demandés (Radio Hainaut années 70), il faudra que je remette ma montre à l'heure: je ne connais absolument aucun des noms ci-dessous:

    01. Ali hoor – Sillonnant la route
    02. Alexonor - Marianne
    03. Z - Maman, finis ton verre !
    04. Geneviève Laloy - Zoé
    05. Raspoutitsa - Entièrement automatique
    06. Thibor - Eva
    07. André Borbé - L’automne l’étonne
    08. Samir Barris - Le fossé
    09. Tar One - Télé part. 2
    10. Dada Pâte - Princesse de poche
    11. Guillaume Ledent - Anna
    12. Atomique DeLuxe - Latex
    13. Marie-Noire - Enfants de la nuit (Adrien)
    14. Farida Zouj - Mais, dites-moi !
    15. Bernod - Une telle place
    16. Gaëtan Vassart - La touche étoile
    17. Skarbone 14 - Counter Strike
    18. Oxymore - Convenablifaut

    Mais n'empêche, il y a de jolies voix, de beaux textes, et toutes sortes de musiques... allez donc les écouter sur le site! Le projet s'appelle "Des plumes et des voix... pour réchauffer les maux" et participera au festival "Mars en chansons" (renseignements ici: http://gullygurdy.wordpress.com/)

  • T comme turbulentes

    Comme je le disais hier, mes tours de toile m'ont amenée chez quelques collègues blogueurs et blogueuses, dont les Turbulentes que voici: http://lesturbulentes.blogspot.com/

    turbulentes

    Leur bannière est à elle seule un véritable programme, avec le Violon d'Ingres de Man Ray, la cigarette de Coco Chanel (cette photo me fait penser à mon amie I), le chignon de Simone de Beauvoir et celui de Virginia Woolf, et George Sand qui se ferait bien une pomme bio ou un gâteau au choc...

    Comme j'aimerais me fabriquer moi aussi une belle bannière personnalisée! Malheureusement, je suis complètement nulle à ce genre d'exercice.

    Mais que faut-il penser de la mention suivante:

    Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

  • Stupeur et tremblements de blogueuse

    Passer trois jours à Milan et être impatiente de rentrer pour lire ses mails. Espérer que mon blog aura continué de fonctionner et qu'il y aura des commentaires... N'est-ce pas un symptôme de plus de ma blogo-dépendance?

    Passer toute la journée du lendemain de blog en blog: chaque blog vous mène par ses liens à d'autres blogs qui souvent sont de petites merveilles: de jolis dessins humoristiques, des textes bien écrits, hilarants.

    Pivoine m'amène à Walrus qui m'amène au p'tit bordel d'Amélie ;-)

    Les Paresseuses m'amènent aux Turbulentes qui m'amènent à d'autres blogs de profs. Celui de Walter est tout à fait désopilant mais malheureusement il s'est arrêté d'écrire il y a trois mois...

    Je me sens comme Blaise Pascal entre les deux infinis: l'infiniment infinie infinitude de la blogosphère, dont nul n'arrivera à faire le tour et l'infiniment infinie petitesse de mon aiguille dans cette botte de foin.

     

  • 22 meilleures raisons d'aller à Milan

    Mon billet d'hier ne signifie en aucun cas que je me sois fâchée avec les petits copains du cours d'italien. Simplement que je ne suis pas faite pour voyager avec eux.

    Il ne signifie pas non plus que je rejette Milan aux oubliettes des cités où je ne remettrai plus jamais les pieds. Je reparlerai sans doute ici de l'intéressante exposition que j'y ai vue pendant que le groupe faisait son shopping du mardi.

    Mais donc, mises à part la Pinacoteca di Brera, la cathédrale et la galerie Vittorio Emmanuele que j'ai déjà vues?

    Il doit certainement y avoir bien d'autres raisons de visiter Milan? Onze raisons culinaires et onze raisons culturelles, ça doit se trouver dans une ville de cette importance, non?

    Enfin, hum, bref, deux ou trois églises intéressantes, autant de musées, le fort... non? Je n'arrive pas à onze? Et s'il faut en croire les natifs, la bonne cuisine est absolument hors de prix... à l'image des chaussures du fiancé d'I, dont je parlais hier ;-)

    Peccato! Je retournerai plutôt à Rome, allora ;-)

    Milano no no no 042 - kopie

     

  • R comme retour

    Milano no no no 037 - kopie

    Voilà la photo qui pour moi symbolise le mieux ce court séjour à Milan.

    A droite, le petit groupe compact des gens avec qui je faisais ce voyage, mes condisciples du cours d'italien. Huit personnes. En marge et en retrait, il y avait moi, la neuvième.

    Ils trouvaient tout magnifique. Le mot qui revenait le plus souvent dans la conversation, c'était "super". Immédiatement suivi de "fantastique".

    Pour moi, il n'y avait que des rues froides, énormément de voitures et un seul centre d'intérêt qui malheureusement n'était pas le mien.

    En effet, au programme de ces trois jours: shopping.

    Avant le départ, il avait été décidé que les amateurs de shopping pourraient s'adonner à leur sport favori le lundi, jour de fermeture des musées. Mais j'ai eu droit au shopping le dimanche ("Super! tous ces magasins qui sont ouverts le dimanche! fantastique!"), le lundi et le mardi. Jusqu'au moment de monter dans l'avion. Comme il avait du retard, on a encore eu une intense séance de shopping à l'aéroport.

    Je ne comprends pas cette frénésie d'achats, elle m'est totalement étrangère. Je ne comprends pas cette attirance pour les étalages, que ce soit une boutique de souvenirs, un magasin de meubles, une pâtisserie ou une quincaillerie.

    - Celui qui aura dépensé le plus d'argent gagne un verre de spumante! a déclaré C., notre chef de file. Il était sûr d'être le vainqueur car il avait avec lui son fils, sa fille et sa femme. Et tous les quatre avaient de grandes envies de dépense.

    Je croyais que ça ferait rire les autres. Mais non, tout le monde a applaudi cette magnifique idée. Super! Fantastique! Et chacun est parti à la chasse de son côté.

    Mais le soir, C. a dû déchanter. Pourtant lui et sa petite famille avaient fait leur possible. Mais c'est le fiancé d'I qui a été l'heureux gagnant. Ses chaussures faites à la main coûtaient à elles seules environ 300 € et il s'était aussi offert un costume, une chemise, une cravate.

    J'étais déjà si ébahie (horrifiée, en fait) par le prix de ses chaussures que mon cerveau s'est arrêté d'enregistrer de nouvelles données. Je ne sais donc pas ce que le reste lui a coûté.

    Et moi? Je suis allée à une librairie Feltrinelli et je me suis offert un livre de Dacia Maraini, Bagheria, à 7,50 €. Sur lequel j'ai encore eu une ristourne de 30%

  • 20 fois

    Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
    Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

     

    Pour mon plus grand malheur (je sais, tout est relatif) j'ai une mère qui a reçu une éducation de premier choix dans un pensionnat catholique pour jeunes filles "de bonne famille" dans les années 1945-1952.

     

    La révérende-mère supérieure était apparemment une grande admiratrice du siècle de Louis XIV. Les jeunes filles y jouaient du Racine de la pure tradition Maintenon-saint-cyrienne. Et ma mère tenait - évidemment ;-) cela va sans dire - le rôle d'Athalie et celui d'Esther.

    On y avait aussi le culte de Nicolas Boileau. C'est à l'adolescence que je l'ai appris, à mes dépens. Chaque fois que j'avais une discussion avec ma mère et que "je ne trouvais pas mes mots", elle m'assénait:

    Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.

    Cette malheureuse petite phrase, utilisée à tort et à travers, n'a pas fini de me poursuivre.

    Jusque dans ce blog. Voilà bientôt deux ans que je l'ai commencé et j'ai la très nette impression, en y réfléchissant, que Nicolas Boileau s'est penché avec moi sur son berceau.

    Car non seulement je me suis imposé des contraintes - comme cet abécédaire au fil des jours - mais je ne manque pas non plus de polir et de repolir, d'ajouter et d'effacer.

    Quant à la recherche du mot juste, c'est une quête sans fin... dont j'ai rarement l'impression de sortir gagnante!

    Il est certains esprits dont les sombres pensées
    Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
    Le jour de la raison ne le saurait percer.
    Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
    Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
    L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
    Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.

    Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
    Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
    En vain, vous me frappez d'un son mélodieux,
    Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
    Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
    Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
    Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
    Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.

    Art poétique, Chant I

     

  • Question existentielle

    Il y a une quinzaine de jours, il faisait un froid de canard. Non seulement dehors mais aussi dedans, vu que j'avais une panne de chauffage. J'étais rentrée très tard de l'école, il faisait noir depuis longtemps, j'étais crevée. J'avais allumé le poêle à bois, il ronronnait à plein régime, je m'étais installée dans mon divan avec une petite couverture et un bouquin.

    Enfin un peu de chaleur et de détente.

    Et puis juste à ce moment-là le téléphone sonne.

    Et je n'ai eu ni la force ni l'envie ni le courage de quitter la chaleur de ma couette et le confort de ma position allongée pour aller décrocher le téléphone.

    Depuis, je me sens légèrement coupable et je me pose cette question: a-t-on le droit de ne pas décrocher le téléphone (fixe)?

    Qui m'amène à celle-ci: a-t-on le droit à l'indifférence?

    Qui m'amène à celle-là: a-t-on le droit à la paresse?

  • P comme pauvre petit paquet postal perdu pas parti pour Papeete

    Il y a quelques années, j'avais aussi une ou deux classes d'élèves plus jeunes, disons la tranche d'âge des 14-15 ans. Je n'avais pas encore de tableau numérique dans ma classe. Au dos du tableau noir, j'avais toujours en réserve une petite phrase amusante, un virelangue, un petit jeu verbal ou un truc du genre, histoire de remplir et d'égayer d'éventuelles cinq dernières minutes de cours. Quand ça ne vaut pas la peine de commencer un nouveau chapitre mais qu'on veut tout de même leur faire encore "un peu de français" et se quitter dans la bonne humeur générale.

    Mais l'autre jour je l'ai refait avec "mes grands" et ça marche tout aussi bien ;-)
    Pourquoi pas, d'ailleurs?

    Nous nous sommes bien amusés avec "Suis-je chez ce cher Serge?". Cette petite phrase est si courte qu'elle n'a l'air de rien mais elle a été une petite leçon de modestie pour les quelques francophones de la classe. 

    - Oh madame! me dit l'un d'eux, moi j'en connais une beaucoup plus difficile! le chasseur sachant chasser... euh... sans son chien...

    Ils se sont donc lancés pleins de confiance en leur supériorité de locuteur natif et leur langue a fourché coup sur coup.

    C'est bien quand les francophones et les non-francophones se retrouvent à égalité devant une difficulté. Alors nous avons passé cinq minutes à chasser sans chien de chasse et à nous demander si les chemises de l'archiduchesse étaient bien archisèches chez ce cher Serge ;-)

    Comme disait le petit Prince, c'est vraiment utile, puisque c'est joli... alors la prochaine fois, on s'occupera du pélican de Jonathan!

  • O comme Ouadagoudou Himalaya

    Qui me dira comment fonctionne mon cerveau? et ce qui déclenche ma mémoire?

    En me dirigeant l'autre jour vers la cuisine pour y réchauffer une souris d'agneau au micro-ondes (avec des haricots Borlotti et des carottes miam) voilà que je me mets à chanter à tue-tête "Ouagadougou Himalaya olé ola! Quasimodo Caligula olé ola!"

    Si ça ne vous dit rien, c'est sans doute que vous êtes très jeune. Si ça vous dit, c'est que peut-être comme moi vous écoutiez "les disques demandés" sur Radio-Hainaut dans les années 70.

    Bizarrement, je ne me souviens plus très bien des deux premiers couplets, par contre je peux encore chanter les derniers:

    Au PMU, Monsieur Tom gagne à tous les coups
    Ouadagoudou Himalaya olé ola
    Il ne sait plus où il va cacher tous ses sous
    Quasimodo Caligula olé ola

    et puis

    Depuis ce temps-là dans les hippodromes olé ola
    Plus personne ne voit jouer Monsieur Tom olé ola
    Depuis qu’il est riche, la femme de son cœur olé ola
    Préfère aux pouliches, les chevaux-vapeur

    Voilà donc le genre de textes que ma mémoire peut encore restituer avec presque quarante ans d'écart, comme ça, out of the blue... et j'aimerais bien savoir pourquoi.

    Acapulco Bérézina!

  • N comme navet

    Non, il ne s'agit pas d'un mauvais film, mais bien du légume à chair blanche.

    Avant mon départ pour Milan, je me suis mise en devoir de vider mon frigo des denrées périssables. Ma grand-mère Adrienne m'a bien inculqué qu'il était immoral de jeter de la nourriture. Sous peine de mourir de faim un jour, menaçait-elle. Bizarrement, ça ne semble avoir eu de l'effet que sur moi. Mon frère a entendu ce même discours mais on ne peut pas dire que ça l'ait fort marqué. Ceci soit dit entre parenthèses.

    Mon menu des derniers jours avant le départ se composait donc de carottes-navets le midi et de chicons (endives pour les Français) le soir.

    Qui m'expliquera pourquoi une personne seule s'est acheté, à moins d'une semaine de son départ en vacances, un kilo de navets, un kilo de carottes et un kilo de chicons?

    Mais rassurez-vous, ce menu répétitif n'avait rien d'une pénitence ;-) Pour accompagner tout ça, j'avais d'excellents fromages (ahhh le pecorino de Sienne aux truffes) et j'ai même poussé l'abnégation jusqu'à ouvrir mon avant-dernière bouteille de Querciabella 2005. (http://www.querciabella.com/Wines/Classico/index.htm)

    Alors au rique de me répéter: oui, la vita è bella, même s'il me faut manger des navets tous les jours

  • M comme Milano

    Je suis à Milan pour une paire de jours, histoire de vérifier sur place la situation ;-)

    voir ici:  http://www.youtube.com/watch?v=_cYD-gHbT-U&feature=related

    Cela veut donc dire que ceux qui ont la gentillesse de laisser un commentaire n'auront pas de réponse tout de suite. A très bientôt!

    MILANO NO NO NO NO – testi e musiche, EMIL

    Milano no no no no   Milano no no no no
    Milano no no no no  Milano no no no no
    ( emil:  strofa )
    nella tua città c’è un grande fiume e un gran bel clima
    a Milano no!
    nella tua città c'è tanto verde e tanti parchi
    a Milano no
    nella tua città c'è vicina una collina
    a Milano no
    a Milano o mi lamento della città mia
    o me la prendo con la geografia
    Milano  Milano  Milano  Milano...
    Mi la no  Mi la no Mi la no Mi la no...
    Mi   la   no 
    ( coro: mani )
    ( emil: ritornello )
    a Milano    io mi lamento
    io mi sento   sporco dentro
    a Milano    io mi lamento
    del cemento  mi trasformo in un momento
    ( coro: ahhhhh )
    a Milano io divento più violento e me la prendo
    con i taxi, con i tram e l'Ecopass
    contro chi non ho votato
    con il freddo, con il vento
    poi d'estate invece l'afa e le zanzare
    a Milano una volta c'era il mare
    solo la nebbia
    (abbiamo) solo la nebbia
    oggi anche quella
    non è piu la stessa ahhhhh
    a Milano tutti hanno fretta
    le piste ci sono ma non per la bicicletta
    ai semafori in macchina da soli
    se ti fermi con l'arancione è facile che muori
    così all'ora di punta
    la circonvallazione scoppia
    se c'è il vigile il traffico raddoppia
    coi parcheggi per i residenti in centro
    la lascio in doppia
    (doppia che? - doppia fila - ah!)
    l'anfiteatro in viale Padova
    con quello che è costato
    è stato restaurato
    e non ancora inaugurato
    tanto pensano gia all'expo
    si dice c'è la crisi poi comprano l’iPhone
    si dice c'è la crisi ma poi ti chiamano
    per invitarti a Cortina per il weekend
    il mio terrazzo è un metro per mezzo
    se c è il sole ne occupo un pezzo
    (nell'altro) tengo e divido tutto il monnezzo
    per questioni estetiche
    è vietato stendere sui balconi
    tanto a me che me ne frega
    piove solo quando stendo
    non me la prendo più
    a Milano te la tiri
    mostre party aperitivi
    se non scendi dalla Porche
    le tipe neanche ti
    vedono se arrivi col metrò
    a Milano di notte
    zero metrò ma tante mignotte
    bo bobo bo bo bobo
    (lamentele parlate) 
    pago il taxi con l'assegno
    rivogliamo i tram di legno
    la paura fa novanta
    anche sopra la novanta
    l'Atm non mi frega più
    nasci con la baby sitter
    cresci con la governante
    a quaranta hai l'amante
    a settanta la badante
    che ti sposi perchè ti ama veramente
    tanto ormai Milano è metà snob e metà smog
    (finale)
    ecco poi perchè
    dobbiamo dire che
    in quanto coro che si vuole lamentare
    Milano poi non è
    una città per cantare

  • L comme lecture

    J'adore parler "lecture" avec d'autres lecteurs. Ils me mettent sur la piste d'autres livres, d'auteurs que je ne connais pas encore, me font découvrir leurs coups de coeur.

    Je le fais aussi avec mes élèves: j'essaie d'échanger avec eux des plaisirs de lecteur. C'est ainsi qu'une élève m'a fait découvrir Oscar et la dame rose, peu après sa sortie en 2002. Je lui en serai éternellement reconnaissante, car Oscar est toujours un véritable best-seller auprès de mes élèves actuels.

    Je leur prête parfois un de mes livres. Parfois aussi eux m'en prêtent un des leurs.

    C'est ainsi que je viens de recevoir les quatre premiers tomes de la fameuse saga de Stephenie Meyer, Fascination, Tentation, Hésitation, Révélation.

    Et je suis fort embêtée...

    En effet, comment expliquer à une jeune fan - expliquer sans blesser, sans pontifier, sans trop démolir, je veux dire - que Fascination est certes une histoire d'amour fort mignonne mais... que le plaisir de la lecture s'arrête là?

    Je devrais peut-être lui faire lire l'opinion de Nezdepapier sur le site Biblioblog,  http://www.biblioblog.fr/post/2009/03/04/Fascination-Stephenie-Meyer car son analyse résume assez bien ce que j'en pense moi-même.

    Mais surtout - surtout! - il faut qu'elle sache combien j'apprécie ce partage... c'est là l'essentiel, ne serait-ce que pour pouvoir continuer le dialogue.

  • K comme Khrouchtchev

    "Il faut tout de même qu'ils sachent qui est Khrouchtchev!" me dit mon collègue d'histoire.

    Sans doute. Nos élèves de terminale peuvent-ils comprendre tous les tenants et aboutissants de l'actualité s'ils n'ont jamais entendu parler de Staline, de déstalinisation, de la Hongrie de 1956, de la crise de Cuba de 1962?

    Mais voilà, tout ça ne les intéresse pas fort, et ils ont fait une interro catastrophique. Ce qui rend le prof très malheureux.

    Et ça me rappelle un échange avec des collègues français, profs de lettres, qui avaient interrogé à l'oral du bac. Tous avaient entendu des bourdes hénaurmes au niveau des connaissances historiques des élèves qui étaient passés devant eux.

    Prenez Victor Hugo. Ce "poète célèbre a vécu sous Napoléon Ier et l'enfant dont il parle a été tué par les nazis pendant la première guerre mondiale." Que diable! Un prof de lettres n'a pas à évaluer vos connaissances en histoire!

    Et Marivaux? "Il a aidé les frères Lumière à inventer le cinéma. C'est pour ça qu'on appelle cette époque les Années-Lumière." Voilà qui est clair, logique et évident.

    "A la fin du poème, Rimbaud donne la date du 3 septembre 1870 ; à quoi cela fait-il  référence ?" demande l'examinateur.
    - A la guerre.
    - Oui, pouvez-vous préciser laquelle ?
    - Celle de Napoléon Bonaparte.
    - Attention, il y a eu plusieurs Napoléon comme il y a eu plusieurs Louis (Louis I, II, XVI, XVIII); au fait, combien y a-t-il eu de Napoléon ?
    - Six ou huit !
    - Vous êtes sûre ? à quel Napoléon Rimbaud, comme d'ailleurs V. Hugo dans Les Châtiments, fait-il allusion ?
    - A celui qui aimait la guerre.(etc., écrit le collègue, qui se dit "fatigué" et on le comprend)

  • J comme Jean-Paul Jaud

    Mon frère m'envoie ceci: http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html

    Le site du film est ici: http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/

    Télérama est un peu critique http://www.telerama.fr/cinema/films/nos-enfants-nous-accuseront,360529,critique.php

    Une interview du réalisateur dans L'Express http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/nos-enfants-nous-accuseront-une-urgence-planetaire_699708.html

    Et puis l'analyse argumentée de l'AFIS (l'excellente Association française pour l'information scientifiquehttp://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1004

    Je vous laisse juger vous-mêmes...

  • I comme inventaire

    famille 001

    La photo date de 1939 et la famille est encore au complet.

    Assis au premier rang au milieu de leurs enfants et petits-enfants, il y a le père et la mère de mon grand-père. Ils fêtent leurs noces d'or.

    Samedi dernier, ma mère me "refile" ce cadre. Elle n'a plus la place pour le mettre, me dit-elle. En réalité, elle n'en a plus envie. Elle est en train d'accrocher dans son appartement des peintures et des cadres bien plus volumineux et imposants que celui-ci.

    Je fais l'inventaire des oncles et des tantes, des cousins et des cousines de ma mère. A côté de mon arrière-grand-père Romain, sa fille aînée, la tante Jeanne, avec son mari à côté d'elle. A côté de mon arrière-grand-mère, son fils aîné, Arthur, avec sa femme. Derrière eux, la deuxième fille aînée avec son mari, celui qui est revenu vivant de quatre années de tranchées et qui a vu deux fois la reine Elisabeth.

    Tout en haut à gauche, mon grand-père et ma grand-mère Adrienne. Elle a trente-trois ans et est enceinte de son deuxième enfant. Un bébé mâle qu'elle voulait appeler Alain mais qu'elle a perdu en 1940. Leur fille, ma mère, est la petite de cinq ans qui a un grand noeud blanc dans les cheveux. Elle restera donc fille unique.

    De tous ces enfants sur la photo, lesquels sont encore en vie? Même ceux qui sont encore nés après la photo ne sont plus tous de ce monde.

    La guerre et les morts qui ont suivi de peu ces noces d'or si bien fêtées ont rendu ma grand-mère Adrienne encore plus superstitieuse, si superstitieuse qu'elle n'a accepté de fêter ses propres noces d'or qu'en toute simplicité. Et sans photo de famille.

  • H comme Haïti

    Vouloir aider Haïti et y envoyer de l'argent, me disait l'autre jour le mari d'une de mes excellentes amies, c'est comme vouloir faire passer les chutes du Niagara à travers notre corniche.

    Il était en train de s'énerver un peu, c'est vrai. Il y avait d'abord eu ce coup de fil de son fils aîné pour lui annoncer qu'ils ne se verraient pas samedi comme prévu parce qu'à l'école où travaille sa belle-fille on organisait un car-wash monstre. Pour récolter des fonds pour Haïti.

    Il me sort un article de journal qu'il a soigneusement découpé. On y parle d'un couple de Belges qui ont investi dans de l'aide humanitaire au Kenia. Ainsi, ils y ont envoyé une pompe à eau. Mais quand ils sont allés voir sur place, ils ont constaté que la pompe était hors de service et que deux autres pompes qui avaient aussi été envoyées par de généreux donateurs européens croupissaient dans un hangar.

    Tu vois, me dit-il, tout ça ne sert à rien. Et je sais de quoi je parle. Tout ceux qui croient le contraire sont des naïfs!

    C'est vrai, il a passé toute sa jeunesse en Afrique et a travaillé un peu partout dans le monde. Des Seychelles à la Moldavie. Et il est fatigué de tout ça. Il me fait penser au misanthrope de Molière: sous ses airs cyniques, il aime le genre humain, mais a sans doute trop souvent été déçu par lui.

    Seulement voilà, moi aussi j'étais un peu énervée. Alors je lui ai dit:

    - Hier, mes élèves ont organisé toute une journée d'action pour Haïti. Ils ont travaillé dur et avec enthousiasme. Toute l'école a participé. Et tu voudrais que je leur lance à la figure que tout ça ne sert à rien? qu'ils sont naïfs?

    Oui, en effet, c'est ce qu'il voulait...

    Pour moi, ce qui importe, ce n'est pas l'argent récolté ni même où il ira. Ce qui compte ici, ce sont deux choses: d'abord, que mes élèves se soient mobilisés, sentis concernés, qu'ils aient voulu agir, se montrer solidaires. Ensuite, qu'ils aient réussi ce tour de force de mettre sur pied une telle organisation en si peu de temps et que tout ait si bien fonctionné.

    Moi je leur dis: chapeau!

  • G comme gastronomie

    s'offrir un verre de vin blanc en apéritif

    recevoir deux amuse-gueule raffinés, une "truffe" de foie gras et une "gelée" de parmesan

    déguster sans trop d'états d'âme une petite terrine de foie gras avec sa mini-brioche toute chaude (une fermière du Sud-Ouest nous a certifié un jour que ses canards mulards étaient traités avec la plus grande délicatesse, de leur séjour dans la prairie jusqu'au gavage "elles aiment ça" et à l'abattage "sans stress sinon le foie se gâte"... malheureusement chaque fois que je raconte cette histoire personne ne semble me croire)

    redemander un second verre de vin blanc

    savourer un beau morceau de cabillaud servi avec un affriolant risotto aux truffes

    manger aussi les deux petits pains

    s'offrir en dessert des framboises sous trois formes, le sorbet, la mousse et le soufflé (tant pis pour mon empreinte écologique avec des framboises sans doute péruviennes, ce jour-là je n'ai reculé devant aucun sacrifice - lol)

    se dire qu'on reviendra dans cet endroit la prochaine fois qu'on sera à Bruxelles au lieu d'aller manger à la va-vite-que-je-te-pousse, beaucoup moins bon et au même prix, dans la foule du Café de l'Opéra.

    http://www.petitfute.be/restaurants_/eb-en-vloed-bruxelles-ville/photo/fr/photo_3

    http://levifresto.rnews.be/fr/style-de-vie/restaurants/articles/nouvelle-maree-a-sainte-catherine/article-1194476510688.htm#

    et en googlisant le nom du restaurant je me retrouve "chez moi", avec un billet de décembre 2008... didjou, ça fait si longtemps que je n'y étais pas retournée?

    http://adrienne.skynetblogs.be/category/1397847/1/F

  • F comme footprint

    Désolée, Francis mon coiffeur philosophe est une fois de plus remis au F du mois prochain. Il faut d'abord que je me confesse aux nouveaux prêtres et à la nouvelle église de notre temps, celle qui nous donne notre mauvaise conscience écologique.

    Pourtant j'achète tout le bio qui existe depuis qu'il existe et lors de la rénovation de la maison nous avons fait des investissements écolo que tous jugeaient "argent jeté par les fenêtres". Pourtant je mange le plus "local" et saisonnier possible. Pourtant je limite la viande. Pourtant j'ai mon tas de compost et je n'ai qu'une petite poubelle tous les six mois. Pourtant je fais les petites distances à pied et les plus longues en train. Pourtant, pourtant , pourtant...

    Mais même en faisant tout cela... allez donc mesurer votre empreinte écologique (par exemple ici http://www.ecologicalfootprint.com/) et force sera de constater que même vous qui faites si attention avez besoin de deux planètes si vous voulez maintenir votre train de vie.

    Votre bagnole pour faire les 15 kilomètres qui vous séparent de votre lieu de travail, de courses et de culture
    L'avion qui vous dépose à Rome, à Florence ou à Malaga
    La maison que vous chauffez et éclairez mais où vous vivez seule

    et les asperges vertes à quatre euros la botte auxquelles vous n'avez pas pu résister l'autre jour au marché et qui viennent du Pérou.

    ***

    Petite note de bas de page: ceux qui ne font attention à rien ont besoin de cinq planètes, selon le site http://www.ecologicalfootprint.com mais je ne sais pas si c'est une consolation.

  • 7 et 7

    neige

    1.c'est beau la neige, c'est vrai, c'est féerique et lumineux...

    mais ça m'oblige à me lever encore plus tôt que d'habitude, à laisser ma voiture au garage et à aller à pied au village puis en bus à l'école

    2.c'est magnifique le chauffage par le sol, confortable et esthétique, jamais froid aux pieds et pas de vilains radiateurs...

    mais quand il y a une panne ça dure 24 heures avant qu'on s'en rende compte, 48 heures avant qu'un réparateur puisse venir et encore une fois 24 heures avant que la température ait de nouveau atteint la norme

    3.c'est bien d'avoir des élèves qui te confient tous leurs soucis et leurs malheurs...

    mais après tu rentres chez toi et tu ressasses tout ça à t'en gâcher le sommeil

    4.c'est super d'avoir des amis qui viennent te voir le samedi ou le dimanche, ça t'oblige à penser à autre chose qu'à ton boulot et à ranger ton bureau...

    mais après tu te retrouves avec tes paquets de corrections pas faites (et tu as si bien rangé le bureau qu'un paquet a même disparu)

    5.c'est formidable d'avoir un jardin potager avec encore plein de bons légumes d'hiver...

    mais le sol est trop gelé chaque fois que tu as envie de prendre des poireaux et les lapins des voisins ont mangé tout le reste

    6.c'est merveilleux d'avoir des élèves qui veulent organiser des choses, une "kermesse" pour Haïti, un bal pour les anciens élèves...

    mais tu te sens obligée de les aider à gérer leurs projets - l'avant, le pendant, l'après - et ça te coûte le reste de tes nuits de sommeil et de ton temps de correction

    7.c'est une belle perspective d'avoir une ou deux soirées à la Monnaie et un voyage à Milan dans les week-ends qui viennent...

    et puis ta mère - chez qui tu es allée dare-dare parce qu'elle t'a appelée en urgence à cause d'une clé qu'elle ne réussissait plus à tourner dans la porte d'une armoire où était rangé son sèche-cheveux - te reproche "que tu n'es jamais là"

     

  • E comme experte

    Deux mois déjà que je n'utilisais plus mon lave-vaisselle. La dernière fois que je l'avais fait, l'eau ne s'était pas bien évacuée: il en stagnait bien trop dans la machine pour être honnête. Méfiance donc: par crainte de l'inondation, je m'étais abstenue de l'utiliser, retrouvant les joies du gratounet et de la belle-mère.

    Mais l'experte plombière qui sommeille en moi (ah le beau billet que ça ferait, la féminisation des noms de métier! faudra que j'y pense, plombière, matelote, jardinière, il y a de quoi) avait bien réfléchi, tourné et retourné le problème. Si je ne voulais pas débourser 200 euros rien que pour le déplacement d'un mâle bien outillé, il me fallait agir.

    (héhé, entre parenthèses, vous avez trouvé la devinette d'hier?)

    J'ai donc démonté, nettoyé et remonté toute la tuyauterie et remis - enfin - en route d'une main tremblante l'appareil en question, restant dans les parages au cas où des serpilières s'avéreraient nécessaires.

    Aux gargouillis qu'a produits la machine j'ai enfin compris d'où venait le problème: il y a deux mois, j'avais tout simplement ouvert la porte trop tôt.

    ***

     

  • D comme devinette

    A quoi voit-on qu'une femme (moi) vit depuis longtemps sans mec?

    Je sais que je risque d'encourir le mépris de celles qui vivent sans mec depuis toujours, mais voilà, il y avait quand même UNE chose que l'ex-homme-de-ma-vie faisait d'utile ici (hahaha) et que personnellement je ne réussis pas trop bien.

    Mais je m'entraîne.

    Attention, esprits lubriques s'abstenir ;-) d'ailleurs relisez bien ma question.

  • C comme chocolate cake

    Mon amie Gabriela (rappelez-vous, c'était ici  que vous pouviez faire connaissance de son travail d'artiste http://www.gabrielaboiangiu.com/ a ajouté une sixième recette, où le chocolat est tellement présent que ça en devient proprement irrésistible. Donc je vous fais un rappel de son projet de recettes-gâteaux-cadeaux comme elle le décrit ici: http://www.gabrielaboiangiu.com/#/share/4534739800 et je vous donne la recette du pudding au chocolat! Pour la photo, il faudra aller sur son site...

    ‘SHARE’ CHOCOLATE PUDDLE PUDDING

     

    Ingredients:

    250g broken plain chocolate

    300ml milk

    2 tbs brandy

    50g unsalted butter at room temperature

    150g caster sugar

    2 eggs, separated

    25g self raising flour

    25g cocoa powder

    Vanilla extract

     

    Cocoa powder for dusting

    Strawberries dipped in melted chocolate for a fancy occasion.

     

    Makes one cake: 12 portions

    Preparation time:1hr (with coated chocolates and strawberries.

    Baking time: 45min

     

    Preheat oven to gas mark 4, or 180 Celsius.

     

     

    Put the broken pieces of chocolate in a saucepan with the milk and heat gently until the chocolate has melted. Stir in the brandy if you will be using any.

     

    Beat the butter and the sugar, and the two egg yolks. Then add the cocoa and the flour and the vanilla extract. Then add the chocolate mixture.

    Beat the egg whites separately until they hold their shape. Then easily fold the mixture all together. Put in a round tin and then bake at 180 degrees for 35-45 minutes, until it has a crust. The middle will be soft and runny, so don’t over bake.

     

    Add cocoa powder and/or chocolate coated strawberries to decorate.

     

    Enjoy!

     

    Once you have baked this cake once or twice, please take a photograph and send it to the artist with few suggestions of your own if you have any; suggestions that can be added to the recipe or decorations.

     

    Hope you will enjoy this and also pass it on to somebody else.

     

    Gabriela Boiangiu

    gabi_art@hotmail.com

  • B comme Beatrice

    Dans ce sonnet à Beatrice, Dante reprend le topos de l'homme amoureux que la seule vue de la femme aimée rend heureux... et muet d'admiration. L'apparition de Beatrice a quelque chose de divin, d'angélique, de céleste, elle est parée de tant de vertus, noble, honnête, humble et si divinement belle que le coeur amoureux ne peut que sentir de la douceur et soupirer en la voyant paraître.  

    Tanto gentile e tanto onesta pare
    la donna mia quand'ella altrui saluta,
    ch'ogne lingua devien tremando muta,
    e li occhi no l'ardiscon di guardare.

    Ella si va, sentendosi laudare,
    benignamente d'umiltà vestuta;
    e par che sia una cosa venuta
    da cielo in terra a miracol mostrare.

    Mostrasi sì piacente a chi la mira,
    che dà per li occhi una dolcezza al core,
    che 'ntender no la può chi no la prova:

    e par che da la sua labbia si mova
    uno spirito soave pien d'amore
    che va dicendo all'anima sospira.

    Dante Alighieri (1265-1321), La Vita Nuova, 1293-1294

  • Adrienne et mes souvenirs d'enfance

    Dans la rue de mes grands-parents, dans les années soixante et  même septante (soixante-dix, hein, M ;-)), personne n'avait le téléphone, sauf Albert et Julia. Albert était employé et Julia femme au foyer. Albert avait une belle voiture noire qu'il lavait consciencieusement chaque samedi, après le travail, quoiqu'elle ne soit jamais sale: je ne l'ai connue que rutilante, les chromes bien polis. Et le dimanche matin, Julia mettait son chapeau noir à petit volant pour aller à la messe. A pied.

     

    Julia était si dévote qu'un après-midi qu'elle avait gardé mon frère, elle lui avait appris le Je vous salue Marie en néerlandais: Wees gegroet Maria, vol van genade etc. récitait mon petit frère, qui avait trois ans à l'époque et ne connaissait pas un mot de cette langue. Par contre nous comprenions le dialecte flamand local, ce qui fait qu'au lieu de dire "arme zondaars", "pauvres pécheurs", il disait "arme zondaags", "pauvres dimanches". Le mot "zondaar" étant un mot trop savant pour notre connaissance du dialecte.

    Et Julia, poverina, qui aimait tant les enfants mais n'en avait malheureusement pas elle-même, le lui faisait réciter à tout le monde.

     

    Quand le téléphone sonnait dans le couloir de Julia, c'était une affaire d'Etat. Un événement majeur. En même temps ça faisait un peu peur puisqu'il ne sonnait que pour des choses vraiment sérieuses. Alors Julia courait et faisait la messagère.

    ***

    Ce qui fait que moi, depuis toujours, la sonnerie d'un téléphone me fait sursauter de crainte de la "mauvaise nouvelle" et que je n'utilise cet appareil qu'en cas d'extrême nécessité.

  • Les premiers

    Si comme pour moi votre bagage culturel baigne dans la francophonie, vous saurez sans doute que la première trace de texte littéraire écrit en "roman" appartient à la littérature religieuse: La Cantilène de sainte Eulalie. On le date généralement vers l'an 950 et il commence ainsi:

    Buona pulcella fut Eulalia
    Bel avret corps, bellezour anima
    .

    ... et ainsi de suite, une trentaine de vers en tout, que vous trouverez facilement sur le net si vous voulez vous rafraîchir la mémoire.

    Et en italien, je viens de l'apprendre récemment, il s'agit de ce texte archi-célèbre de François d'Assises (1180-1226), que je vous donne en entier et dans sa version la plus authentique (dixit le professeur Musarra) puisqu'elle est en dialecte ombrien, la langue de François himself.

    Laudes creaturarum, o Cantico delle creature, o Cantico di frate Sole

    Altissimu, omnipotente, bon signore,
    tue so le laude la gloria e l' onore e onne benedictione.

    Ad te solu, Altissimu, se konfano,
    et nullu homo ène dignu te mentovare.

    Laudato sie, mi' Signore, cum tucte le tue creature,
    spetialmente messor lo frate sole,
    lo qual'è lu iorno, et allumini per lui.
    Et ellu è bellu e radiante cum grande splendore ;
    de te, Altissimu, porta significatione.

    Laudato si', mi' Signore, per sora luna e le stelle ;
    in celu l'ai formate clarite e pretiose e belle.

    Laudato si', mi' Signore, per frate vento
    et per aere et nubilo et sereno et onne tempo,
    per lo quale a le tue creature dài sustentamento.

    Laudatu si', mi' Signore, per sor' aqua,
    la quale è multo utile et humile et pretiosa e casta.

    Laudatu si', mi' Signore, per frate focu,
    per lo quale ennallumini la nocte ;
    et ello è bello et iocondo e robustoso et forte.

    Laudato si', mi' Signore, per sora nostra matre terra,
    la quale ne sustenta et governa,
    e produce diversi fructi con colorati flori et herba.

    Laudato si', mi' Signore, per quelli ke perdonano per lo tuo amore
    et sostengono infirmitate e tribulatione.

    Beati queilli ke 'l sosterrano in pace,
    ka da te, altissimu, sirano incoronati.

    Laudatu si', mi' Signore, per sora nostra morte corporale,
    Da la quale nullu homo vivente pò skappare :
    guai a quelli ke morrano ne le peccata mortali;
    beati quelli ke trovaraà ne le tue sanctissime voluntati,
    ka la morte secunda no 'l farrà male.

    Laudate e benedicete mi' Signore et rengratiate 
    E serviteli cum grande humilitate. 

     
    Je sens que ça pourrait devenir le début d'une riche collection de premiers témoins de la littérature écrite européenne... N'hésitez pas à me venir en aide, amis espagnols et roumains, et autres sconosciuti qui me lisez parfois...