• Dernier défi de juillet

    Adrienne se laisse complètement aller

    Le défi 12 (25 mai 2008) devait être un défi au fromage: un récit, un poème, un souvenir, une recette, une tranche de vie, une parodie, un dialogue, tout ce que la littérature compte comme genres mais... au fromage ! Avec comme contrainte supplémentaire d’insérer un titre d’une chanson de Joe Dassin. Et puis, interdiction de commencer une seule phrase par une consonne. Je me suis permis d’y ajouter quelques allusions à des chansons d’autres chanteurs…

     

     

     +++

    Avec Annie, J'ai craqué comme du fromage de Mongolie!

    A la folie, se disait-elle, je l’ai aimé à la folie, Comme la lune a besoin du soleil pour exister sur cette terre, ou comme Quand on a seize ans, quoi, et qu’on pète les plombs de l’extase amoureuse dès qu’il vous dit ‘Fais-moi de l'électricité’...

    Allons danser Valérie, lui avait-il intimé ce premier soir de La fête du fromage au Château d’Harzé (http://fdf.ourthe-ambleve.be/pages/programme.htm). Et elle l’avait suivi. Il faut dire qu’il était beau avec Le costume blanc crème et La fleur aux dents! Un costume blanc crème, Le café des trois colombes n’avait jamais vu ça ! Il avait La beauté du diable...

    Après la fête, après Le dernier slow, ils avaient longuement marché, beaucoup parlé, ils s’étaient raconté leur courte vie, leurs rêves, leurs désirs. Un dimanche, Au bout des rails du tram 33 (pour aller manger des frites chez Eugène), il l’avait longuement embrassée Dans la brume du matin. Elle était oh…! Au septième ciel, si heureuse, transportée, véritablement! Entre deux adieux, ils s’embrassaient encore et encore. Il était si difficile de se quitter, même pour quelques heures. On était bien loin du ‘ Laisse-moi dormir ‘ de ces derniers mois…

    Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j’existerais ?’, lui disait-il autrefois, lui qui n’était pourtant Pas sentimental pour deux sous (Oh ! C'est du mélo, tout ça, se plaisait-il à affirmer quand Le chanteur des rues bramait ‘C'est bon l'amour’ ou exhalait une Chanson triste et qu’elle versait une larme) .

    On s'en va’, lui avait-il annoncé dès le premier soir,’ je te ferai voir Les Champs-Élysées, Le jardin du Luxembourg, les vaches rousses blanches et noires made in Normandy et même L'Amérique, si tu veux. Il paraît que L'été indien est si beau, là-bas, à Kansas City ou en Louisiana…’

    Après Le service militaire, ils s’étaient mariés.  Il a plu, ce jour-là, ‘mariage pluvieux, mariage heureux’, avait décrété ce Pauvre Pierrot, paix à son âme. On sait ce que valent ces dictons, mais on a beau dire, Ca va pas changer le monde

    A mon fils’, avait dit Petite mama en portant un toast aux nouveaux époux, entre la poire et le fromage, ‘et ne suivez pas Le chemin de papa, Le tricheur qui m’envoyait Siffler sur la colline à tourner chèvre pendant que lui, il allait cueillir  La violette africaine après Le marché aux puces, du côté de La rue Marie-Laurence! Allez, mon grand, Fais la bise à ta maman, et sache que Si tu viens au monde, c’est pas pour attendre tranquillement  La dernière page de ta vie! Et maintenant, buvons tous, C'est ma tournée! Allez roulez et Vive moi!!

    Elle avait déjà Tellement bu, tellement fumé, la pauvre femme, qu’elle ne savait plus ce qu’elle disait.

    Et l'amour s'en va : Ce n'est rien que du ventAh ! où est-il, ce temps des ‘Je t'aime, je t'aime’, des ‘Plus je te vois, plus je te veux’, Le temps des œufs au plat avec du gruyère râpé, Le petit pain au chocolat , Les joies de la cuisine savoyarde quand ils allaient au ski et le temps de L'amour etc.

    A toi, se dit-elle, à toi j’ai tout donné. Alors qu'est-ce que c'est? Oui, qu’est-ce qui n’a pas marché? On se connaît par cœur, bien sûr, après un certain temps. Est-ce pour cette raison-là ou Pour le plaisir de partir brouter l’herbe du pré d’à côté?

    Oh là là,  Les plus belles années de ma vie, je les lui ai données, mais la vie Tourne tourne tourne comme la baratte au beurre et Joe macho était allé voir ailleurs. Oui, Depuis l'année dernière, en fait, l’année dernière à Marienbad… Un lord anglais lui avait susurré qu’elle était La femme idéale, mais elle était restée fidèle à son Joli Minou qui pendant ce temps-là allait lécher la soucoupe de La nana du Piano mécanique Annie !

     Annie de l'année dernière, mais avant elle, il y avait aussi eu Carolina, Cécilia, Marie-Ange, Marie-Jeanne, Marie-Madeleine, Martine, Sylvie elles finiraient par être aussi nombreuses que les fromages belges (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fromages_belges)  

    Elle était sûre de n’en oublier aucune, elle les avait classées par ordre alphabétique. Elle n’allait tout de même pas attendre qu’il en arrive au Z comme Zoé, non ?

    Au début, elle n’avait pas voulu en faire un fromage, les hommes, ‘Les aventuriers’, comme il disait en bombant le torse, étaient sans doute tous les mêmes. On pleure un peu, Mais la mer est toujours bleue et le camembert toujours aussi coulant quand il est à point.  Un petit air de musique pour lui murmurer ‘tu es La première femme de ma vie’ et elle fondait comme le reblochon de la tartiflette et lui disait  Je te crois’.

     

    ***

     

    Alors un jour, Moi j'ai dit non, ça suffit, Je vais mon chemin, j’irai porter mes petits petons ailleurs, Comme disait Valentine. Au revoir et Salut , d’autres ont fait ce pas, Pourquoi pas moi? Un peu de paradis m’attend peut-être encore dans Mon village du bout du monde, mais certainement plus de Ton côté du lit! Un baby bébé babybel sur les bras (je ne te le laisserai pas, il est bien entendu que Tout bébé a besoin d'une maman) et Dédé le Kid à la main, notre petit Désiré, Pauvre Doudou qui n’arrête pas de demander pourquoi  C'est fini entre nous, mais honnêtement, Dis-moi dis-lui ce qu’il faut répondre à un enfant de six ans!

    Il est Un peu comme toi, notre Dédé, Le château de sable qu’il construit, il aime le démolir lui-même…

    Il me faudra Combien de temps pour t'oublier?

    ***

    Avis aux amateurs : Il reste encore une centaine de titres de Joe Dassin et probablement un millier de fromages J

     

     

     

  • Z comme Zoé Shepard et Z comme Zigmund

    C'est chez Zigmund (voir le lien vers son blog ici à gauche) que j'ai entendu parler de Zoé Shepard.

    Son livre - comme son cas - me semble assez intéressant pour en parler ici aussi.

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    Ceux à qui ça ne dirait toujours pas grand-chose peuvent se renseigner ici: http://societe.fluctuat.net/blog/44595-la-fonctionnaire-auteur-d-absolument-debordee-menacee-de-revocation.html On trouve également sur cette page un lien vers une interview de l'auteur.

    Je lis sur d'autres sites que début juillet "Le conseil de discipline du conseil régional d'Aquitaine s'est prononcé pour son exclusion de la fonction publique, pendant deux ans et sans rémunération."

    Où est le bien et où est le mal, dans cette affaire?

    Et est-ce une nouvelle illustration de la chanson de Béart, "le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté"? http://www.youtube.com/watch?v=JPvo5U-oVQU

  • Y comme Youtube

    Ces semaines-ci, on les appelle chez nous "komkommertijd", traduction littérale "l'époque des concombres", ce qui veut dire le calme plat dans l'actualité, à cause des vacances. Période qui rend les journaux un peu plus minces et un brin plus frivoles.

    Le journal De Standaard, par exemple, a demandé à ses principaux collaborateurs de donner leur petit film favori sur Youtube de cette année 2010.

    Ce n'est sans doute pas un hasard si ma propre sélection reprend les propositions faites par les deux journalistes francophones qui ont reçu une rubrique dans ce journal flamand ;-)

    Alain Gerlache propose un petit manuel à l'usage des utilisateurs de fb:

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20100706_050&kanaalid=1808&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=breakingnews

    Et Christophe Deborsu offre un petit sketch radiophonique dans lequel on imite le Roi au moment où il va devoir recevoir une première fois le gagnant des élections, le nationaliste flamand Bart De Wever:

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20100714_052&kanaalid=1808

    Aussi longtemps qu'on peut en rire, tout n'est pas perdu, ni notre vie privée sur fb, ni l'avenir de la Belgique ;-)

  • X comme incognito

    Vers la mi-juillet, quand j'étais à Bruxelles, je suis retournée un midi au restaurant Eb en vloed dont j'ai déjà parlé ici une paire de fois (suivre le tag "Bruxelles" si ça vous intéresse).

    J'étais bien installée, quand un homme est arrivé avec une jeune fille. Ces cheveux un peu longs, poivre et sel, ces lunettes de soleil, cette dégaine... j'ai tout de suite reconnu le chanteur Arno.

    Il s'est assis presque en face de moi, ce qui fait qu'en levant les yeux de mon assiette je ne pouvais que le voir. Il a enlevé ses lunettes, m'a regardée, je n'ai aucunement montré que je le reconnaissais, alors il s'est occupé de manger, de boire, et de téléphoner.

    Pendant tout le repas, aucun client, aucun passant - il était en terrasse - ne s'est approché de lui ni ne l'a regardé avec insistance.

    Alors je me suis demandé si ça lui faisait vraiment plaisir qu'on le laisse aussi absolument tranquille ou s'il aurait préféré recueillir un peu de "gloire" et de célébrité.

    J'ai lu quelques fois déjà dans des interviews de "vedettes" qu'elles appréciaient ceci en Belgique, qu'on y respecte mieux leur incognito que dans d'autres pays.

    J'ai failli lui demander ce qu'il en pensait, Arno, mais j'aurais de cette façon "auto-détruit" le sujet de notre propos.

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  • W comme Wagon de train pour l'éternité

    Jeudi dernier, j'étais à un enterrement. D'une vieille dame de 95 ans que je n'avais jamais vue mais qui était la grand-mère de ma plus ancienne amie. Notre amitié a commencé en première année de l'école primaire, donc vous voyez "le bail" ;-)

    C'était dans un village pas trop loin de chez moi, je croyais trouver facilement et j'ai dû demander la route quand même... mais bon, j'étais bien à l'heure.

    A peine vingt personnes pour la famille et une autre vingtaine pour "le public", c'était vraiment un tout petit enterrement. Un organiste a chanté interminablement - j'adore la musique, qu'elle soit d'église ou d'opéra, mais je déteste ces bedeaux qui se prennent pour il gran Caruso, faudra que je pense à mettre ça dans mon testament... quoique, comme disait mon père, une fois que tu es mort, ça te fait une belle jambe ;-)

    Les enterrements, ça me sert surtout à repenser avec émotion à mes morts chéris à moi et bien sûr à la brièveté de la vie, la mienne y compris.

    Mais aussi à me demander où va l'Eglise... Je ne vois plus que de très vieux prêtres. Qui fera les enterrements dans dix ou vingt ans?

    Jeudi dernier aussi, le prêtre était largement octogénaire. L'oeil mouillé, la main tremblante, les pas mal assurés - il a failli tomber en descendant péniblement une marche - et la voix chevrotante.

    Et visiblement, pendant tout l'office, il pensait autant à son propre wagon de train pour l'éternité qu'à celui de la grand-mère de mon amie.

  • V comme vert

    Bruxelles, ville verte!

    Mais si, mais si Sourire

    J'y ai fait un petit bout de la "Promenade verte" qui fait le tour complet de notre capitale. J'en avais fait un autre bout l'an dernier. Vraiment, ça vaut le coup! On passe de bois en parcs en bosquets en étangs... et si on est fatigué, on peut toujours retrouver un tram ou un bus pour revenir dans le centre.

    Je vous le conseille vivement!

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  • U comme utile, donc agréable - et joli, donc utile

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    Sur l'esplanade devant Sainte-Gudule, un joli petit parc m'offrait son ombre bienvenue et ses bancs. Des bancs pour s'allonger comme sur le pont d'un transatlantique. En tout cas, c'est ainsi que je me l'imagine Cool
    - Oh! mais c'est super! dis-je à la dame qui s'approche en même temps que moi de ces beaux bancs qui semblent nous attendre.
    - Oui, en effet, me dit-elle.
    - Il faut juste oser se coucher, dis-je autant pour moi que pour elle, que je vois hésiter.
    - Oh! mais pourquoi n'oserait-on pas, me dit-elle de l'air décidé de celle qui est prête à traverser un ravin colombien à l'aide d'une corde tendue au-dessus du précipice.
    Et puis elle se couche, se relève aussitôt et continue sa montée vers Sainte-Gudule.
    Je suis restée là une dizaine de minutes, à détendre mon dos (c'est utile) et à admirer le ciel et les tours de Sainte-Gudule à travers le fin feuillage (c'est joli). Tout en pensant aux précédentes vacances, trois déjà sans l'homme-de-ma-vie, et pour lesquelles j'avais essayé de me constituer un programme m'offrant quotidiennement de l'"utile" et de l'"agréable". En 2007, par exemple, mon début du mois de juillet ressemblait à ceci:

    les choses utiles

    les choses agréables

    jardiner

    concert à l'académie

    tailler les haies

    lecture

    ranger un peu le bureau

    visite d'E***

    ranger mes finances

    info sur Cracovie

    terminer mes dossiers (école)

    couscous chez S***

    créer mon blog

     

    Les esprits éveillés remarqueront tout de suite deux choses:
    1.créer mon blog se trouve dans la catégorie "utile"
    2.mon blog n'ayant été créé que fin mars 2008, il faut apparemment remplacer ici le verbe "créer" par "concevoir". La naissance a eu lieu neuf mois plus tard. Comme de juste.
  • T comme Tati et "The Illusionist"

    Comme j'étais à Bruxelles, je suis allée voir l'Illusionniste de Sylvain Chomet. Il y a quelques années, j'étais aussi allée voir les Triplettes de Belleville, que j'avais énormément apprécié.

    Ceux qui n'auraient qu'une idée vague de la chose peuvent écouter ici la chronique de Jean-Baptiste Urbain, elle ne dure que 2'13: http://www.france-info.com/chroniques-cinema-2010-06-15-l-illusionniste-de-sylvain-chomet-un-tati-inedit-454519-81-159.html#

    J'ai surtout admiré la beauté du dessin. On peut voir dans cet extrait http://www.youtube.com/watch?v=tjZRtJ4mkDk le souci du détail et la merveille des paysages.

    L'illusionniste est un personnage attachant, fait de douceur et de mélancolie. De vraie bonté, aussi. http://www.youtube.com/watch?v=CVmK6NYLZIs&NR=1

    Le film illustre bien le déclin du music-hall, vers la fin des années 50: à l'ère de la télé, des "idoles des jeunes" http://www.youtube.com/watch?v=y4V5Js7tBNU et de la culture de consommation, les acrobates, le ventriloque, le clown triste, l'illusionniste doivent "se recycler" ou disparaître http://www.youtube.com/watch?v=M1lD4OIGFto&NR=1

    Comme dans les Triplettes, le monde extérieur est dur et plein de rapaces. Ce n'est pas un film qui vous fait vous esclaffer de rire: les touches humoristiques sont empreintes d'une saveur douce-amère, dans laquelle baigne tout le film.

     

  • Stupeur et tremblements de future petite vieille

    Terrasses à Bruxelles. Terrasses à Ostende. J'observe les gens. De tous les âges.

    Je vois des personnes très âgées. Un vieux petit monsieur avec un grand caniche roux. Le petit monsieur n'a plus de dents. Le caniche, si.

    Une très vieille dame qui ne sait plus vraiment marcher. On la soutient de part et d'autre et il lui faut plusieurs minutes pour arriver de l'auto à la terrasse du restaurant.

    Quelle petite vieille serai-je, si je vieillis?

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    Ou serai-je comme ma mère, ici à l'ombre de mes noisetiers, pétante de santé à 76 ans et bien décidée à le rester 10 ans encore ?
  • 22 plus jolis vers de la langue française (suite)

    Pour ceux qui auraient raté ou oublié ce que j'en disais le mois passé, allez voir au précédent 22. Les autres peuvent tout de suite reprendre le petit jeu ici :-)

    Je crois bien qu'il y a matière à une nouvelle série de onze pour le mois prochain, il n'y avait plus la place de mettre ici "la plus jolie façon de dire qu'on va craquer une allumette"... Donc rendez-vous au 22 août!

    1.la plus jolie façon de dire qu'on se porte bien:
    Si fais à toutes gens savoir
    Qu'encore est vive la souris

    2.la plus jolie façon d'adresser une requête à son sponsor:
    Roi des Français, plein de toutes bontés,
    Quinze jours a, je les ai bien comptés,
    Et dès demain feront justement seize,
    Que je fus fait confrère au diocèse
    De Saint-Marry, en l'église Saint-Pris.

    3.la plus jolie façon de donner des fleurs:
    J'offre ces violettes,
    Ces lis et ces fleurettes
    Et ces roses ici,
    Ces vermeillettes roses,
    Tout fraîchement écloses,
    Et ces oeillets aussi.

    4.la plus jolie façon de dire la joie d'être amoureux:
    Tant ai al cor d'amor,
    De joi e de doussor,
    Per que'l gels me sembla flor
    E la neus verdura.
    (Tant j'ai au coeur d'amour
    De joie et de douceur
    Que le gel me semble fleur
    Et la neige verdure)

    5.la plus jolie façon de chanter jusqu'à son dernier souffle:
    Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre
    Anime la fin d'un beau jour,
    Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.

    6.la plus jolie façon de dire qu'on est fauché:
    Je n'ai d'argent qu'en mes cheveux

    7.la plus jolie façon de dire qu'il est parti en emportant votre coeur:
    Le vôtre est rendu,
    Je n'en ai plus d'autre

    8.la plus jolie façon de dire l'adolescence:
    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans

    9.la plus jolie façon de dire le pouvoir de la musique:
    Un petit roseau m'a suffi
    Pour faire frémir l'herbe haute

    10.la plus belle façon de faire une pirouette à l'ordre établi:
    J'ai mis mon képi dans la cage
    Et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête

    11.et pour terminer, la plus jolie façon de définir la poésie:
    Bien placés bien choisis
    quelques mots font une poésie
    les mots il suffit qu’on les aime
    pour écrire un poème
    on ne sait pas toujours ce qu’on dit
    lorsque naît la poésie
    faut ensuite rechercher le thème
    pour intituler le poème
    mais d’autres fois on pleure on rit
    en écrivant la poésie
    ça a toujours kékchose d’extrême
    un poème

    ***

    ci-dessous, les noms des auteurs et les titres des poèmes cités:

     

    1.Charles d'Orléans, Encore est vive la souris
    2.Clément Marot, Au Roi, pour le délivrer de prison (octobre 1527)
    3.Joachim Du Bellay, D'un vanneur de blé aux vents (in Jeux rustiques (1558)
    4.Bernard de Ventadour, J'ai le coeur si plein de joie...
    5.André Chénier, Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre..., in Oeuvres posthumes, 1826
    6.Tristan Corbière, Conclusion, (in Le coffret de santal)
    7.Marceline Desbordes-Valmore, Qu'en avez-vous fait? (in Elégies, 1825)
    Vous aviez mon coeur,
    Moi, j'avais le vôtre:
    Un coeur pour un coeur,
    Bonheur pour bonheur!

    Le vôtre est rendu,
    Je n'en ai plus d'autre;
    Le vôtre est rendu,
    Le mien est perdu!

    8.Arthur Rimbaud, Roman, in Poésies, 1871
    9.Henri de Régnier, Odelette, in Les jeux rustiques et divins, 1897
    10.Jacques Prévert, et je ne résiste pas à l'envie de vous donner toute la suite ;-)
    J’ai mis mon képi dans la cage
    et je suis sorti avec l’oiseau sur la tête
    Alors
    on ne salue pas
    a demandé le commandant
    Non
    on ne salue pas
    a répondu l’oiseau
    Ah bon
    excusez-moi je croyais qu’on saluait
    a dit le commandant
    Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
    a dit l’oiseau

    désolée s'il y a une erreur, j'ai prêté mon exemplaire de Paroles et je ne sais plus à qui...

    11.Raymond Queneau, Un poème, in Si tu t’imagines, dans Œuvres complètes, I, édition établie par Claude Debon, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1989, p. 105-106.

  • R comme Roi, loi et liberté

    Chaque fois que nous revenions de nos vacances en France (mon père ne voulait pas aller ailleurs), au moment exact où nous franchissions la fontière belge nous nous mettions à chanter la Brabançonne à tue-tête.

    C'était un rite, un rituel, auquel nous n'avons pas manqué une seule fois, mon frère et moi.

    A l'aller, nous ne chantions pas.

    Alors aujourd'hui, je souhaite une bonne fête nationale à tous mes compatriotes qui croient encore en ce pays d'honneur ô Belgique ô patrie ... le Roi, la loi, la liberté, pom pom pom.

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  • Bilan d'une vie de lectrice

    Bilan que j'espère provisoire, mais qui m'a été inspiré par Virgibri (voir le lien dans la colonne de gauche et aller au 11 juillet).

    J'ai un peu réfléchi et j'ai un peu de temps, allons-y.

    La lectrice que j'ai commencé à être.

    Petite fille, je n'avais pas de livres et on ne me racontait pas de petite histoire, ni au moment du coucher ni à aucun autre. Je sais ce que Daniel Pennac en pense, mais ça ne m'a pas empêchée d'avoir la passion des livres. J'ai reçu un jour un livre de contes. Hélas, je ne sais plus qui était ce généreux bienfaiteur de l'humanité mais je me souviens que le livre avait une couverture jaune. Je l'ai lu des tas de fois. Evidemment, je n'avais que celui-là.

    Vers mes 12 ans, une ancienne collègue de ma mère qui liquidait son grenier m'a offert sa collection de Comtesse de Ségur, dans une édition du début des années 30. Les illustrations me déroutaient bien un peu, avec les dames habillées comme notre défunte reine Astrid (décédée en 1935), mais j'ai adoré ces histoires.

    Puis, mon frère ayant aussi atteint l'âge de la lecture, les BD sont entrées chez nous, Tintin, Spirou, Lucky Luke,  Gaston Lagaffe... et cette petite merveille qu'était le journal Pilote

    Enfin, j'ai eu la permission de m'inscrire à la bibliothèque de la ville où j'ai lu toute la littérature de jeunesse. La lecture de la série du 'Club des cinq' d'Enid Blyton m'a même inspiré "mon premier livre" (lol)

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    La lectrice pré-ado et ado.

    Vers mes 14 ans, un ami me prêtait ses Bob Morane. A la bibliothèque, comme j'avais à peu près tout lu dans la section enfantine, en français et en néerlandais, j'ai pu passer à la section 'adulte'. Quel problème de trouver sans aucune aide ce qui convient à une gamine de cet âge! Vous qui commencez à me connaître, vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'ai choisi l'ordre alphabétique pour mes découvertes de la "littérature": j'ai d'abord exploré les auteurs classés à la lettre A Clin d'œil

    Mais c'était du "bricolage": étant à l'école en néerlandais, je n'avais pas de cours de littérature française. J'ai donc emprunté de fort gros volumes pour m'enseigner quelques rudiments et c'est ainsi que j'ai "découvert" la poésie française (comme Colomb a "découvert" l'Amérique). Mon préféré était Clément Marot: j'ai appris par coeur sa "petite épître au roi pour avoir été dérobé".

    Je me suis fabriqué ma propre anthologie en recopiant mot à mot tous les poèmes qui me plaisaient. Recopiés à la main, bien sûr, l'ordi n'avait pas encore été inventé, et classés alphabétiquement - A comme Apollinaire - dans un gros classeur que j'ai toujours.

    Et tout ça pendant que ma mère croyait que je travaillais pour l'école! Car la lecture était pour elle le comble de l'oisiveté, mère de tous les vices...

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    La lectrice post-Bac.
    Pour ma dernière année du secondaire, j'ai eu un bon prof de français. Dès qu'il a su que je voulais étudier les langues romanes, il a cru devoir me faire lire deux ou trois oeuvres. Je ne demandais qu'à être guidée par un expert, vu mon inculture, et j'ai donc lu La reine morte, Le petit Prince et L'Etranger. Ces deux derniers sont toujours au top trois de mes livres préférés. Ceux-là aussi, je les connais presque par coeur.
    A l'université on nous a fait lire Le rouge et le noir, Les liaisons dangereuses... et d'autres encore, probablement, mais ces deux-là me sont restés. Oeuvres magistrales, elles aussi.
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    La lectrice adulte.
    Après l'université, je n'ai plus lu qu'"utile", ce qui veut dire: en fonction de mes élèves. Donc, un retour vers la littérature de jeunesse et la recherche d'auteurs dont la langue est d'un accès "facile", puisque mes élèves sont néerlandophones.
    En littérature de jeunesse, le plus gros succès a été Le petit Nicolas (Sempé et Goscinny) et du côté des auteurs "faciles à lire", Oscar et la dame rose (Eric-Emmanuel Schmitt)
    Ces dernières années, je re-dévore des livres. Mais ce billet est déjà fort long, et c'est un sujet dont je parle assez ailleurs, je ne voudrais pas qu'il y ait des redites
    Merci, Virgibri, de m'avoir inspiré ce bilan. J'ai eu du plaisir à le faire!
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  • Questions existentielles de l'été

    Où se cachent les papillons pendant l'orage?

    Est-que, en suivant à la trace les minuscules plantules de noisetier et de noyer qui jalonnent de plus en plus ma pelouse, j'arriverai à la caverne de mon ali baba d'écureuil? Ou change-t-il de cachette chaque année pour y enfouir ses trésors (et les miens)?

    Est-ce que le coq des voisins chantera d'une voix fausse et éraillée toute sa vie ou est-ce tout simplement parce qu'il est encore en train de faire ses classes qu'il pousse ces petits cris ridicules ? Ou qu'il est ado et qu'il mue?

    Houdini et son frère Lucullus, les lapins rois de l'évasion, ont-ils vraiment un enclos plus solide comme me le certifie ma charmante voisine ou attendent-ils simplement que mes choux de Bruxelles portent de jolies petites pommes bien vertes avant de revenir par ici ? http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2009/05/10/h-comme-houdini.html et http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2009/05/14/l-comme-lucullus.html

    Dois-je m'acheter une débroussailleuse, laisserais-je le jardin redevenir tout doucement forêt ou prendrai-je un mouton, comme le petit Prince ? Mais alors j'aurai le même souci que lui, car si le mouton mange mes baobabs (orties, ronces,...) il mange aussi les roses...

    et les choux de Bruxelles ;-)

    Quel luxe, n'est-ce pas, de pouvoir se poser ce genre de questions existentielles?

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     Je vous remets ici la photo de Houdini (ou était-ce Lucullus? ils se ressemblent tellement) prise en 2009.

  • P comme Pomone

    Les dernières cerises du verger de l'ami G***, mes encombrants buissons de framboisiers sauvages qui me donnent tant de fruits cette année, quelques fraises des bois au pied d'une haie, des pêches et des abricots au marché... c'est la belle saison de Pomone.

    Bloemaert,_Abraham_-_Vertumnus_en_Pomona_-_1620.jpg
    Tableau d'Abraham Bloemaert (1564-1651), Ventumne et Pomone, 1620, pris de Wikipedia Commons
    Ventumne, amoureux de Pomone, s'est déguisé en vieille femme pour pouvoir l'approcher, car la belle se refuse à tout contact avec les hommes. C'est en lui racontant une triste histoire d'amour qu'il réussit à la charmer.
    Personnellement, je préfère qu'on me fasse rire...
    ou qu'on m'offre des fruits :-)
  • O comme orage

    Il y a trois jours, Murphy dormait. Ou alors c'était une journée faite pour illustrer le proverbe que "le hasard fait bien les choses". Ou Gott était mit uns. Ou ce que vous voulez.

    A 7.30 h, j'étais déjà au marché pour acheter des plants de choux de Bruxelles et des poireaux. La veille, j'avais récolté et arraché les petits pois et préparé le terrain. A huit heures, je suis passée chez l'ami G*** et sa femme. J'ai ainsi pu voir leur fille cadette, une ancienne élève, qui leur amenait ses deux petits garçons pour la journée, T*** qui va avoir 3 ans et C***, tout juste 6 mois. Je ne connais rien de plus joli au monde qu'un bébé ni de meilleur au coeur que de s'en voir confier un, l'espace d'une visite.

    Rentrée chez moi, il faisait beaucoup trop chaud pour planter mes légumes, qui auraient grillé sur place; je les ai mis dans un seau d'eau, à l'ombre, et j'ai dénoyauté deux kilos de cerises. J'avais juste fini quand les premières gouttes sont tombées.

    J'ai donc planté mes choux de Bruxelles et mes poireaux et semé un peu de laitue, de haricots et de radis sous une fine petite pluie bienfaisante. Et au moment où je terminais et que je rangeais mes outils, le véritable orage a éclaté, apportant enfin l'eau tellement nécessaire au potager.

    N'est-ce pas magnifique?

    Je suis curieuse de voir le résultat de ces travaux le 20 ou le 21 juillet, quand je rentrerai chez moi.

    orage.jpg
    Une des belles photos d'orage sur site http://www.alertes-meteo.com/orages/photos2.htm où on affirme qu'elles sont gratuites et libres de droits.
  • N comme nieuw, nouveau, new, nuovo, neu, nuevo

    Le voici donc, depuis le 13 juillet à 21.20 h, le nouveau look des skynetblogs.

    Comment le trouvez-vous?

    En surface, peu de différences. Je regrette surtout de ne pouvoir afficher plus de tags, dans la colonne de droite. Et je déplore aussi que mes anciens tags aient été repris sans les accents: pere? litterature? ça ne me va pas du tout, ça!

    La colonne centrale, celle prévue pour les messages (ils appellent ça des 'notes' maintenant, il y a tout un nouveau vocabulaire à acquérir...), me semble plus étroite qu'avant. Je n'aime pas trop, mais bon...

    Les plus gros changements se situent "à l'intérieur", quand on veut par exemple publier un nouveau message, pardon une nouvelle note. Dès le 13 au soir, j'ai voulu le découvrir et m'y exercer, mais vers 22.00 h le système avait déjà crashé ("Venez nombreux", disait la dame dans sa position du lotus pendant tout le temps que les skynetblogs étaient indisponibles...) et je suis allée me coucher.

    Le 14 au matin, ma "note" du jour a mis une demi-heure avant de paraître à l'écran (non, j'exagère, 28 minutes) et il n'y avait toujours aucun commentaire. Pourtant j'en avais écrit un la veille au soir, et d'autres lecteurs aussi. Quand j'ai envoyé le mien, un message est apparu pour me dire que la publication de mon commentaire prendrait environ cinq minutes... mais on connaît la valeur du temps chez skynet, n'est-ce pas? Je leur ai envoyé un mail de réclamation le matin du 13, ne voyant rien apparaître malgré toutes leurs promesses, pour leur demander à quelle heure commençait le 13 juillet 2010, chez eux. A 21.20 h, apparemment.

    Je me dis que ça ne sert à rien de s'énerver et que ça aurait pu être pire... mais je n'ai pas encore trouvé la position du lotus.

  • M comme Marine et M comme Mille

    Mille kilomètres, voilà ce que j'ai fait avec ma tite auto (qu'elle en soit ici vivement remerciée) moi qui n'avais jamais roulé plus loin en voiture qu'à la côte belge ou à Bruxelles... généralement sur le chemin du retour, quand l'homme-de-ma-vie considérait qu'il valait mieux céder le volant, vu le nombre de verres qu'il avait bus.

    Mille kilomètres, en fait 986,70 (juste, c'est juste).

    J'avais pensé m'arrêter à Amiens, pour admirer la cathédrale, mais je n'ai pas trouvé où me garer. J'avais pensé faire une halte pour rencontrer une blogamie, mais elle n'était pas libre. J'avais pensé m'arrêter pour déjeuner dans un patelin qui sent bon "Lafrance", mais j'ai mangé un sandwich au volant. J'avais pensé plein de choses, avant.

    Et puis j'ai surtout pensé à mon père, pendant.

    Qui nous emmenait début juillet sur la route des vacances et ne s'arrêtait quasiment jamais.

    "Vous boirez en arrivant" nous disait-il quand nous n'étions encore qu'en Bourgogne, alors que nous allions en Ardèche, et que nous avions fini nos provisions. La traversée de la Bourgogne était toujours le moment le plus pénible, c'étaient les heures les plus chaudes.

    "Vous ferez pipi quand je prendrai de l'essence", nous disait-il, alors que nous avions assez de carburant pour aller jusqu'à Pont-Saint-Esprit. Et une fois arrivés là, l'Ardèche était si proche que plus personne n'avait envie de s'arrêter.

    Oui, j'ai beaucoup pensé à mon père. Car moi qui avais l'intention de faire de fréquents arrêts - comme le conseillent tous les experts - j'ai fait comme lui: j'ai roulé neuf heures d'affilée.

    Et sans prendre de l'essence ;-)

  • Liste des plaisirs minuscules

    La première chose que j'ai faite dès mon retour à la maison, c'est la cueillette des petits pois. J'en avais plus d'un seau, ce qui fait que le moment de l'écossage a été long et propice aux pensées plus ou moins profondes (hahaha).

    En fait, j'ai surtout pensé à tous ces "plaisirs minuscules" qui font le bonheur de l'instant et que Philippe Delerm décrit si bien dans son livre (voir ci-dessous).

    Pour moi, les plaisirs minuscules des vacances commencent dès l'aube, quand le chant des oiseaux me réveille. Qu'importe qu'il ne soit que cinq heures du matin! Les pépiements et sifflements sont une des rares choses qui réussissent à me faire rendormir...

    Décider si on se lèvera tout de suite ou si on referme les yeux.
    Entendre qu'un chat est là, à la porte-fenêtre, à guetter le réveil.
    Se faire un litre de thé et allumer l'ordi.
    Trouver quelques gentils messages.
    Se demander à quelle chose utile et agréable on consacrera l'avant-midi.
    Faire pour cela un tour de jardin.
    Constater que les navets ont bien poussé et qu'il y a des tas de framboises à cueillir. En grappiller quelques-unes en passant, toutes chaudes de soleil.
    Réfléchir à ce qu'on fera de bon avec les framboises et les fraises des bois.
    Gratouiller le chat Pipo qui se couche devant vos pieds et que vous manquez d'écraser à chaque pas que vous faites.
    Entendre que le voisin classe des bûches pour l'hiver et que le facteur tourne en vrombissant dans l'allée de garage.
    Se préparer quelque chose de bon à manger avec ce qu'on trouve au jardin.
    Revenir à l'ordinateur avec le thé de l'après-midi et écrire quelques billets.
    Trouver d'autres gentils messages; des anciens élèves vous tiennent au courant de leurs études supérieures ou vous souhaitent de bonnes vacances.

    Oui, elles ont aussi du bon, les vacances. Et la liste des plaisirs minuscules continue ainsi jusqu'au soir, jusqu'à la nuit, peuplée de cris d'animaux que je n'arrive pas à identifier mais qui me font plaisir à entendre et à imaginer leur vie nocturne.

    Comme certains de ces textes de Philippe Delerm ont été donnés aux épreuves du bac 2007, on les trouve facilement sur la Toile. Je suppose donc que je peux reproduire ici celui qui m'a plus précisément inspiré ma liste des plaisirs minuscules et où il exprime le plaisir physique de l'écossage des petits pois:

    Le texte est extrait de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules qui a paru aux éditions l'Arpenteur en 1997.
    (sur les sites du bac 2007 on trouve un tas d'autres précisions, composition euronumérique, reproduit et achevé d'imprimer par l'imprimerie Floch, à Mayenne, le 24 décembre 1997. Dépot l'égal: décembre 1997. 1er dépot légal: janvier 1997. Numéro d'imprimeur: 42817... mais tout cela est-il bien nécessaire?)


    Aider à écosser des petits pois.


    C'est presque toujours à cette heure creuse de la matinée où le temps ne penche plus vers rien. Oubliés les bols et les miettes du petit déjeuner, loin encore les parfums mitonnés du déjeuner, la cuisine est si calme, presque abstraite. Sur la toile cirée, juste un carré de journal, un tas de petits pois dans leur gousse, un saladier.
         On n'arrive jamais au début de l'opération. On traversait la cuisine pour aller au jardin, pour voir si le courrier était passé...
    -   Je peux t'aider?
         Ca va de soi. On peut aider. On peut s'asseoir à la table familiale et d'emblée trouver pour l'écossage ce rythme nonchalant, pacifiant, qui semble suscité par un métronome intérieur. C'est facile d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher.
         Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l'autre, à la fin d'une phrase; mais l'autre doit garder la tête penchée - c'est dans le code. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie. L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c'est bien de prolonger, d'alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées. On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C'est doux; toutes ces rondeurs contiguës font long silence de bien-être clair, et puis:
    - Il y aura juste le pain à aller chercher.

  • K comme kot

    Ma cabane au Canada

    Le kot (prononcez ‘cotte’) : chambre d’étudiant, aujourd’hui de plus en plus studio, appart ou coloc’, dans une ville universitaire belge.

    Het kot/Le kot (prononcez ‘cotte’) : 1.Cabane au fond de tout jardin belge. 2.Appentis à usages divers accolé à toute maison mitoyenne belge.  Parfois au nombre de deux ou trois, voire quatre, et qu’on désigne  alors d’un mot pluriel, koterijen (n’essayez pas de prononcer).

    Het kot : (prononcez ‘cotte’) sombre réduit généralement muni d’un verrou extérieur et où on enferme les petites filles de cinq ans qui refusent de manger leur soupe.

     

    ***

    Texte envoyé pour le défi n° 111 qui nous demandait de

    Projet_Cabane

    construire une cabane, 

    rêver d'une cabane,

    nous souvenir de notre cabane

     

  • J comme jardin

    le houx 2010 013 - kopie

     

    Une magnifique rose trémière du jardin de Marine...

    et la statue de Pâques, tombée de son piédestal et trop lourde à remettre en place

    le houx 2010 012 - kopie

     

    j'ai pu couper la date qui nuisait à l'esthétique de la rose trémière mais j'ai dû la laisser sous la sculpture, désolée Mister Joe ;-)

  • J comme Julie

    Voici ce que Julie nous a promis, à nous pauvres bloggueurs skynet; on verra si elle a dit vrai... mais une petite phrase comme "préserver au maximum les Skynet Blogs existants et leur contenu" n'est pas aussi rassurante qu'elle voudrait l'être...

    Bonjour à tous et à toutes,

    Il y a quelques semaines, je vous annonçais une nouvelle offre de blogs pour cet été. Et bien, nous y sommes ! Enfin presque...

    La nuit du samedi 10 au dimanche 11 juillet, les 200.000 Skynet Blogs seront migrés vers une toute nouvelle plate-forme. Une plate-forme flambant neuve que les Skynet Blogueurs pourront découvrir le lundi 12 juillet, dans le courant de l'après-midi.

    Dans cette opération de migration, notre objectif premier a bien entendu été de préserver au maximum les Skynet Blogs existants et leur contenu. Celui-ci sera donc migré à l'identique, moyennant toutefois quelques petites adaptations dues au passage d'une plate-forme à l'autre (et détaillées ci-dessous).

    Au cours de cette migration, toutes les notes et leurs contenus ainsi que tous les commentaires seront intégralement repris. En revanche, à compter du 6 juillet, les modifications apportées à votre design ou à vos colonnes ou tout autre paramétrage de votre blog ne sera pas repris dans la nouvelle plate-forme.

    A compter du 10 juillet minuit et jusqu'à la bascule effective sur la nouvelle plate-forme le 12 juillet dans l'après midi, l'administration de vos blogs sera fermée.

    Enfin, pour rappel : les "skins perso" ne pourront être migrées. Les Skynet Blogs dont l'auteur aura personnalisé le design seront migrés vers leur skin mère, à savoir la skin à partir de laquelle le blogueur a effectué son exercice de personnalisation.

    Une fois leur Skynet Blog migré, ces blogueurs auront le choix : soit reproduire leur skin perso d'avant migration à partir du nouveau système de template (css) ; soit sélectionner une nouvelle skin parmi le large catalogue proposé.

    Alors, prêt pour un nouveau départ ? ;-)

    Bien à vous,
    Julie

  • I comme innovation

    Si tout se passe comme prévu, dès demain les activités bloggueuses pourront reprendre dans un tout nouveau décor et les commentaires, paraît-il, seront plus faciles à envoyer (c'est Joye qui sera contente de ne plus se faire agresser quotidiennement par mes captchas ;-) n'est-ce pas, Joye?)

    Au plaisir de vous lire!

  • I comme invisible

    Adrienne est invisible

     « Qu’est-ce que vous feriez de surprenant ou de défendu si d'un coup de baguette magique je vous rendais invisible l'espace d'une petite heure ? » demandait Kloelle pour le défi n° 8, fin avril 2008.

    Surprenant ? Défendu ? Ni l’un ni l’autre, il me semble.

    Et puis d’ailleurs, mettez-moi à une table, dès qu’il y a une dizaine de convives, je suis déjà parfaitement invisible sans l’intervention d’aucune baguette magique.

    J’écoute les autres parler. Il faut bien qu’il y en ait qui écoutent, non ? Voilà l’excuse que je me suis trouvée.

    A l’époque pas si lointaine où j’avais une belle-famille, nous avions régulièrement des tablées d’une vingtaine de personnes et ça m’allait fort bien. Je servais, desservais, m’activais aux fourneaux et à la vaisselle, m’occupais des enfants des autres. Pendant ce temps, je laissais « les grandes personnes » parler de cravates, de football et de politique.

    Dernièrement, j’étais à une tablée d’une douzaine de personnes. Parfois j’ai eu envie d’intervenir, mais ne savais comment faire. Fallait-il interrompre celui qui parle ? J’ai horreur de ça. Se glisser subrepticement à la fin de sa phrase ? Mais quand sa phrase se termine-t-elle ? De toute façon un ou deux autres prennent déjà la parole et tout est à recommencer.

    Et quand chacun a dit son fait et qu’il y aurait une possibilité de glisser mon grain de sel, on est déjà passé à un autre sujet.

    Parfois, un silence plane, tout à coup. Est-ce le moment ? Vais-je empêcher l’ange de passer ou vais-je au contraire goûter ce silence, en évaluer la qualité ?

    Puis la conversation reprend, et moi ma table d’écoute. J’entends une dame enfiler des poncifs comme des perles. J’entends un monsieur parler de choses qu’il ne connaît pas. Ce sont des moments où j’ai moins que jamais envie d’intervenir. Péché d’orgueil, probablement J

    « Si ta phrase, disait ma mère, commence par « Moi, je… », ravale-la tout de suite. »

    Voilà pourquoi sans doute j’ai créé ce blog, sur lequel les « Moi, je… » ne se comptent plus. J’en ravale beaucoup, pourtant J

    Alors pour en revenir à la baguette magique, chère Kloelle, donnez-m’en une qui me rende visible, la prochaine fois que je serai à une tablée d’une douzaine de personnes qui ne me sont pas assez familières pour que je sois à l’aise, décontractée et volubile.

    Je vous en remercie d’avance.

  • H comme horreur et damnation

    Comme je vous le disais déjà hier - mais le blog est un support si éphémère...

    Message important :
    D'ici quelques jours, nous mettrons à votre disposition une toute nouvelle plate-forme de blogs, flambant neuve.
    Attention, aucune modification apportée entre le 6 et le 12 juillet à votre skin et à vos colonnes de personnalisation (colonnes de gauche et de droite) ne sera prise en compte lors de la migration des données.
    Bien entendu, vous pouvez continuer à poster des images et du texte dans la colonne centrale de votre blog (notes). Toutes vos notes et tous vos commentaires seront bien repris.
    Pour plus d’informations sur cette nouvelle plate-forme, consultez le blog officiel des Skynet Blogs.

    Prière donc de me réserver vos commentaires jusqu'au jour où, espérons-le, les blogs skynet seront de nouveau entièrement opérationnels.

     

  • H comme Henriette (5)

    Je ne suis pas très assidue, je l'avoue, pour écrire des lettres à ma filleule béninoise de Plan International.

    Ah! ce n'est pas bien, ça! me direz-vous, et c'est ce que je me dis aussi.

    Oui mais voilà: je reçois le 30 juin 2010 la réponse à ma lettre de début décembre 2009, celle que je lui avais écrite pour lui parler de notre fête des enfants, la Saint-Nicolas, vous avez pu la lire ici http://adrienne.skynetblogs.be/post/7802608/h-comme-henriette#comments

    Entre-temps je lui ai aussi envoyé une carte et une lettre pour son anniversaire, qui a eu lieu en avril dernier.

    Comme aucune réponse ne venait depuis plus de six mois, je commençais sérieusement à me demander s'il ne lui était rien arrivé de fâcheux, là-bas, au Bénin...

    Et ces longs intervalles ne favorisent pas non plus la communication, qui n'est déjà pas évidente, j'en parlais ici http://adrienne.skynetblogs.be/post/7055719/h-comme-henriette#comments

    Mais voilà, j'ai reçu un petit mot de son interprète-traducteur attitré, Nestor, et j'en suis toute contente, même si ce ne sont que six lignes...

    Il faut dire que le papier à lettres de Plan International ne prévoit pas beaucoup plus de place, à peine huit centimètres, et que Nestor a écrit petit, alors non non, je ne me plains pas, je suis contente.

    Merci Henriette, merci Nestor, de votre lettre du 19 avril! (non, je le dis sans ironie)
    Vivement qu'on puisse communiquer par Internet! (je sais, je rêve, mais il faut rêver, c'est Jacques Brel qui l'a dit)

  • G comme gare aux dégâts

    Ces jours-ci Skynet affiche:

    Message important :
    D'ici quelques jours, nous mettrons à votre disposition une toute nouvelle plate-forme de blogs, flambant neuve.
    Attention, aucune modification apportée entre le 6 et le 12 juillet à votre skin et à vos colonnes de personnalisation (colonnes de gauche et de droite) ne sera prise en compte lors de la migration des données.
    Bien entendu, vous pouvez continuer à poster des images et du texte dans la colonne centrale de votre blog (notes). Toutes vos notes et tous vos commentaires seront bien repris.
    Pour plus d’informations sur cette nouvelle plate-forme, consultez le blog officiel des Skynet Blogs.

    En clair et en langage humain, ça veut surtout dire que vos commentaires ne paraîtront sans doute pas sur mon blog si vous les postez les 10, 11 et 12 juillet.

    Je vous demanderais donc, s'il vous plaît, de me les garder bien au chaud - ce ne sera pas si difficile, par les temps qui courent ;-) et de me les donner après le grand chambardement.

    Merci à vous tous qui passez par ici!

  • G comme Gilles

    Quand je pars pour quelques jours, je préviens mes uniques voisins, pour qu'ils ne me croient pas tombée dans ma cave et le crâne fracassé ou enlevée par des extra-terrestres (quoique je ne fasse jamais de soupe aux choux).

    Mon adorable voisine, celle-là même qui joue de l'accordéon dans son jardin et a des lapins dévoreurs de mes choux de Bruxelles, ne manque pas de me proposer ses services. Et comme je connais la constance de sa bonne volonté, je lui confie les clés de ma boîte aux lettres et un gros sac de croquettes pour chats, au cas où les merles, les hérissons, et leur chien (parce qu'ils ont aussi un jeune chien fou) auraient réussi à vider la "mangeoire" de Pipo et madame Moussa, sa vénérée mère.

    Cette année, vu la constance de la canicule, je lui avais aussi demandé d'arroser mes pots de basilic et la plante fleurie qui se trouve sur la table de jardin. Je n'aimerais pas que l'amie qui me l'a offerte pour mon anniversaire la trouve mal en point lors de sa prochaine visite.

    Ma charmante voisine est quelqu'un sur qui on peut compter. Il y a deux ans, par exemple, dès que j'avais pris l'avion pour l'Italie, son mari et elle ont décidé d'aller à la mer, tout compte fait. Laissant là mes chats, mes basilics et ma boîte aux lettres.

    Vous comprenez maintenant pourquoi je ne pars jamais plus de huit jours?

    Cette année, ils ne sont pas encore partis. Mes basilics ont les pieds dans trois centimètres d'eau, ma plante fleurie est déshydratée et mon courrier m'attend sous une pierre.

    Je me demande vraiment pourquoi, à chaque fois qu'elle me voit, elle me déclare avec chaleur qu'elle espère que je resterai toujours toujours habiter ici, à côté d'elle...

    Mais ne nous éloignons pas du sujet.

    - Nous, me dit-elle, nous partons pour trois semaines vers la mi-juillet. Mais nous n'emmenons pas le chien. C'est Gilles qui s'en occupera. Il va loger ici à partir du quinze.

    Gilles? qui c'est, ça? http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Binche_MCL01.jpg

    Je le saurai donc le jeudi 15 juillet, au M comme Mais qui c'est ce Mec-là?

  • F comme Francis, mon coiffeur philosophe

    Comme on était déjà le dernier samedi de juin, j'avais pris mes précautions: dès que j'ai été installée dans le fauteuil face au miroir, avant même que le maître se soit emparé de ses ciseaux (il me fait la gentillesse d'accepter de couper mes cheveux "à sec") j'avais déjà saisi un des Paris Match étalés devant moi.

    N'importe lequel, c'était juste pour faire écran entre mon coiffeur philosophe et moi.

    Je n'y vais que trois fois par an, mais je savais à l'avance quelle allait être sa phrase d'entrée en conversation cette fois-ci. Et en effet, il ne l'a pas ratée:

    - Alors, bientôt les vacances?

    Je feignais de m'intéresser aux photos du mariage de la princesse Victoria de Suède - moi qui ne lis jamais la presse people, même pas chez le coiffeur ou le dentiste, j'ai toujours ma propre lecture, ce samedi-là aussi, d'ailleurs, mais mon but était de me fondre dans le paysage et pas de me démarquer avec un Leonardo Sciascia - bref, je voulais mettre entre lui et moi tout le Gotha mais rien n'y fit.

    - Alors, bientôt les vacances?

    Après un "Hon hon" aussi peu engageant que possible de ma part, il insista, alors que j'avais replongé le nez dans le décolleté de toutes les princesses en diadème et robe rose:

    - Vous n'aimez pas les vacances?

    Je le regarde dans le miroir et reste muette. Il attend ma réponse, les ciseaux en l'air. La dame à côté, à qui on met des bigoudis, tend l'oreille. Je réussis à dire un truc du genre:

    - Ben c'est pas si simple comme question... je ne sais pas quoi dire...

    En fait si, je savais quoi dire, j'aurais pu lui servir tout un discours, sur mes sentiments en fin d'année scolaire, le mal que j'ai chaque année au moment des adieux avec mes classes de Terminale, comment ma tête fourmille déjà d'idées pour "faire mieux, toujours mieux" l'année prochaine, mais aussi comme je suis vidée, rompue, exténuée... et mon coeur qui saigne pour ceux qui n'ont pas réussi.

    Donc en besoin de vacances, c'est certain.

    - C'est pourtant facile de répondre, me dit-il avec une pointe d'énervement. C'est oui ou c'est non.

    ***

    Je crois bien que sur ce coup-ci, il a définitivement perdu son titre de coiffeur philosophe.

    ***

    Note pour mes habitués: le Paris Match ne m'a pas empêchée de capter le fameux regard de désespoir de l'artiste capillaire face à mes mèches qui rebiquent un peu par ci et un peu par là... j'en parlais déjà ici http://adrienne.skynetblogs.be/tag/1/coiffeur

  • 7 vies de mes chats

    A côté de leur vie de chat paresseux et civilisé dont je parlais le 7 avril (http://adrienne.skynetblogs.be/post/7795572/une-des-sept-vies-de-mes-chats#comments) il y a bien sûr toutes les autres.

    Car mes chats civilisés et bien élevés ont tout de même aussi leur vie hormonale:

    008 - kopie

     

    Donc parfois Pipo a envie de "jouer" mais mama Moussa, moustaches en bataille, oreilles à plat et crachat prêt à sortir, la lui fait passer très vite.

    Puis tous les deux se recouchent paisiblement côte à côte et reprennent leur vie de chat paresseux et civilisé, avec juste un petit reste de méfiance de part et d'autre, car de puissants féronomes doivent probablement encore flotter dans l'atmosphère...

  • e comme eau

    Je viens de recevoir ma facture pour l'eau.

    Si j'ai bien compris - car rien n'est simple au royaume des Intercommunales dispensatrices du précieux liquide - du 6 juin au 31 décembre 2009, j'ai utilisé 1,13 m³ d'eau et du premier janvier au 10 juin 2010 0,87 m³ ce qui nous fait tout beau tout rond 2 m³ en un an.

    Une addition qui résulte en un chiffre d'une rondeur aussi rondement ronde a quelque chose d'incroyable, non?

    Par contre la facture comporte deux chiffres après la virgule...

    Juste, c'est juste!
    En tout cas, c'est ce que j'espère, car je ne sais pas ce qui serait le plus invraisemblable, un chiffre rond pour la consommation ou pour la note à payer.