• Dernier jour d'août

    Une quinzaine de jours déjà que les vacances sont plus ou moins terminées - avec les réunions diverses, la deuxième session, les préparations de cours, l'accueil des nouveaux inscrits, ... - mais dès demain je rouvre véritablement la boîte à bonheurs dont je parlais ci-dessous:

    Adrienne ouvre sa boîte à petits bonheurs

    Défi numéro 17 (29 juin 2008) : voici une consigne de MAP: Inventaire de votre boîte à petits bonheurs avec tous les souvenirs qui s'y rapportent.

    Chaque matin, j’ouvre ma boîte à petits bonheurs en même temps que j’ouvre les yeux . Non, avant même d’ouvrir les yeux. C’est déjà un bonheur de se réveiller, même si on a le dos un peu cassé.
    Puis j’ouvre les rideaux : quel que soit le temps, c’est un bonheur de voir le monde qui m’entoure.

    J’ouvre une deuxième fois ma boîte à petits bonheurs en ouvrant quelques portes : celle du frigo, du four à micro-ondes, de l’armoire où il y a la vaisselle. C’est un bonheur de prendre un bon petit déjeuner. Et j’ouvre la porte de dehors aussi, trop contente de retrouver mes chats fidèles au poste. Je ne peux les voir sans sourire.

    J’ouvre une troisième fois ma boîte à petits bonheurs en ouvrant mon ordinateur portable : comme il a déjà eu des ratés, je suis contente qu’il s’allume. Comme j’ai eu des problèmes avec mon hébergeur, je suis contente de voir mon blog. Et comme j’ai eu des problèmes avec la publication des commentaires, je suis plus contente que jamais d’en avoir. Je fais la tournée des blogamis et je souris encore.

    J’ouvre une quatrième fois ma boîte à petits bonheurs en ouvrant la portière de la voiture. Quel bonheur ce petit trajet vers l’école chaque matin, quinze kilomètres de bonheur en musique et en songeries. Le paysage aussi est toujours beau, quelle que soit la saison.

    J’ouvre une cinquième fois ma boîte à petits bonheurs en ouvrant ma classe. Je jouis de tous les instants, les préparatifs avant l’arrivée des élèves, leur accueil, les cours, les échanges, les ‘au revoir à demain’.

    J’ouvre une sixième fois ma boîte à petits bonheurs en ouvrant la boîte aux lettres et la porte du garage . Même si le courrier n’est pas toujours rose, quel bonheur de trouver une lettre, une carte, l’annonce d’une naissance ou d’un mariage.
    Bonheur aussi de se retrouver chez soi, avec le jardin, les chats, l’ordinateur, le frigo, le four à micro-ondes…

    … et puis le lit pour pouvoir tout recommencer dès le lendemain.

    ***

    Amis profs, élèves et parents d'élèves, je vous souhaite une bonne année scolaire 2010-2011!

  • Z comme zot

    L'autre samedi, une amie bruxelloise en visite ici me faisait remarquer que les gens de ma verte campagne avaient cette petite phrase qui lui plaisait beaucoup et qui, selon elle, allait comme un gant à leur sagesse de paysan (même sans terre, car pour une Bruxelloise, ici on est tous un peu "paysan", je crois): "Doe gewoon, dan ben je al gek genoeg!"

    Ce qui veut dire (je paraphrase) qu'il n'est pas nécessaire de faire des trucs spéciaux et des "folies", nous et notre vie, nous sommes déjà bien assez dingues comme ça.

    Dingue, dans le sens le plus positif du terme. Lof der zotheid - Eloge de la folie
    (Non, n'allez pas voir chez Erasme, lui critique vraiment la folie, la folie guerrière et l'inanité de tous nos vices et de nos songes creux)

    Mais revenons à nos fous des environs...

    Ma belle-mère ostendaise avait coutume de dire "Zot zijn doet geen zeer" et elle doit avoir fait école car je vois qu'aujourd'hui sur fb il y a un groupe de ce nom. Avec une traduction en anglais: Being crazy doesn't hurt.

    Pour ceux qui auraient encore besoin de se persuader de notre folie ordinaire, je conseillerais ce lien http://www.artabase.net/exhibition/1772-james-ensor

    Et puis, en l'honneur d'Ostende et de tous nos fous de Flandre, voici la tombe du peintre James Ensor, une image de wikimedia commons http://commons.wikimedia.org/wiki/File:James.Ensor.graf.jpg

    ensor.jpg
    Ah! que ne donnerais-je pour entendre encore une fois mon père me dire: "Mais ma pauvre fille, tu es tombée sur la tête!"
    Je suis sûre que c'est ce qu'il dirait s'il voyait mon blog Pied de nez
  • Y comme Yvonne

    Le prénom de ma jeune petite grand-mère est toujours aussi ringard, à en croire les dernières statistiques.

    Les journaux flamands en parlaient ces jours-ci, suite à la naissance d'un petit Barça chez un couple limbourgeois fan de foot. S'ils avaient eu une fille, précise l'article du Standaard (paru le 11 août dernier), ils l'auraient appelée Lona.

    !?

    Mais il y a - hélas trois fois hélas pour les enfants en question - plus fou encore (j'ai mis les traductions françaises pour les mots néerlandais) :

    Ook de wereldpolitiek helpt nogal wat mensen bij het kiezen van een voornaam. Arafat, Stalin, Kennedy of Condoleezza? (...) En ergens in Vlaanderen bestaat de kans dat Merlijn en Lancelot mekaar tegen het lijf lopen. Om nog te zwijgen van de tweeling Elvis en Presley.

    De sportwereld wordt vertegenwoordigd door onder meer Ronaldo, Rooney en Dieumerci (ongetwijfeld bij een Standard-fan).

    (...) Voor jongens zijn onder meer ook Wolf (Loup), Vos (Renard) en Stier (Taureau) in trek, terwijl meisjes bedacht worden met namen als Vlinder (Papillon), Merel (Merle), Beertje (Ourson), Berin (Ourse), Bambi en Ezel (Ane). (...)

    Andere mensen zoeken hun heil in het Engels: Summer, Winter, Believe, Sun, Strong, Marvelous, Glory, Welcome,... Of hopen dat de naam van hun kind afstraalt op hun persoonlijkheid: Adonis, Charisma,...

    (...) Helemaal te gek wordt het bij samengestelde voornamen als Muhammed-Ali, Mel-Gibson en Harley-Davidson.

    J'avais une grand-tante née dans l'autre siècle, vers 1890, et qui s'appelait Zulma. Elle n'aimait pas son prénom et s'est fait appeler 'Marie' toute sa vie. Je me demande ce que feront Taureau et Ane, quand ils auront atteint l'âge de raison. 

    Donc si vous m'en croyez mignonne
    Tandis que votre âge fleuronne
    En sa plus verte nouveauté
    Appelez votre fille Yvonne
    Et bannissez ces cruautés! 

  • X comme la plante mystère

    J'ai déjà raconté ici comme notre petit groupe de doux illuminés de la plantule et du moucheron peut atteindre le nirvana écologique en voyant arriver dans notre petite réserve naturelle un papillon rare - même s'il est gros gris et laid - ou une nouvelle fleurette  - même si elle est très humble et sans le moindre intérêt décoratif.

    Ce mois-ci, de nouveau grande effervescence et intense circulation de mails et de photos de la part de nos experts: une plante mystère est en pleine floraison à côté des ronces! Un spécialiste est venu vérifier sur place: oui, il s'agit bien d'une plante rare, plante qui normalement ne pousse pas du tout dans nos contrées, où le sol est plutôt riche alors qu'elle préfère les sols pauvres et sableux. Voilà pourquoi nos experts ont fait appel à d'autres experts, tellement la chose leur semblait incompréhensible et - oserais-je l'écrire - contre-nature. Le dernier specimen flamand avait été observé dans la région de Gand en 1972. Je vous dis ça pour que vous vous rendiez compte, n'est-ce pas, de l'importance de l'événement Clin d'œil

    Filago minima, ou en français cotonnière naine. (fiche http://biodiversite.wallonie.be/cgi/sibw.esp.ecol.pl?TAXON=Filago_minima et photo http://it.wikipedia.org/wiki/File:Filago_minima.jpeg)

    Voulez-vous maintenant que je vous montre une photo de notre Filago minima à nous, bien à nous, rien qu'à nous?

    filago.jpg

    Impressing, isn't it?
    Rigolant

    où êtes-vous, Yann-Arthus?

     

  • W comme wagon de train pour Paris

    Il faudrait que je trouve un moment pour me rendre à Paris, où un nouveau musée s'est ouvert au boulevard Saint-Germain, un de ces musées faits pour moi, le Musée des Lettres et des Manuscrits. Le site est ici: http://www.museedeslettres.fr/public/index.php

    Sa toute première expo est consacrée à Proust et se termine après-demain. Toutes les infos pour ceux qui voudraient encore y courir avant la fin du mois http://www.museedeslettres.fr/public/exposition/proust-du-temps-perdu-au-temps-retrouve/46

    Ou alors vous attendez le 16 septembre, pour l'ouverture de l'expo sur l'Académie française http://www.museedeslettres.fr/public/exposition/l-academie-francaise-au-fil-des-lettres-de-1635-a-nos-jours/62

    Mais à mon avis, la collection permanente vaut le détour à elle seule. En tout cas pour des gens qui, comme moi, se sentent fondre devant une feuille de papier, pourvu qu'elle contienne quelques jolis mots... que ce soit une lettre de Descartes à Huyghens, de Sade à sa femme, de George Sand à Flaubert, un manuscrit de Rimbaud ou de Verlaine.

    Mais ce qui me ferait sauter dans le train sans plus attendre, c'est un cahier à spirale.

     

    Jacques BREL
    Schaerbeek, 1929 - Bobigny, 1978

    Cahier à spirale vert comportant de nombreuses chansons autographes, [1964].

    Ce cahier de cinquante-neuf pages, écrites par le compositeur et chanteur belge, contient notamment quatre couplets, avec variantes, ratures, ajouts et corrections, de la mythique chanson Amsterdam. Lorsque Brel la compose, il imagine une chanson de marin ressemblant à un tableau de Bruegel, avec une note classique d’accordéon en sourdine. De l’ébauche à la version définitive, tous les mots d’Amsterdam sont couchés sur ce cahier. Brel interprète cette chanson pour la première fois, en ouverture, lors d’un concert à Versailles, en 1964. Le public n’est alors pas enthousiaste. Au fil des pages, on trouve aussi les quatre couplets, avec variantes, des Timides, des strophes de La chanson de Jacky, de Cheval, des ébauches pour l’Âge idiot, ainsi que diverses notes pour les chansons Grand-mère, La ville s’endormait, Je m’en remets à toi, etc.

     

    On peut réécouter la chanson Amsterdam ici et voir Brel en "live": http://www.dailymotion.com/video/x2cmrs_jacques-brel-amsterdam_music

  • V comme vocabulaire

    Il y a deux sortes délèves, comme disait Daninos à propos des chauffeurs qui voient un auto-stoppeur au bord de la route: "ceux qui s'arrêtent et ceux qui ne s'arrêtent pas".

    Ainsi chez mes élèves, j'ai ceux qui étudient et ceux qui n'étudient pas.

    Tout comme le chauffeur qui ne s'arrête pas parce qu'il croit avoir un tas de bonnes raisons et d'excuses valables (pas le temps, RDV urgent, qui c'est ce gars-là? me plaît pas, cette dégaine! etc.), l'élève qui n'étudie pas a ses bonnes raisons et ses excuses valables. A ses yeux, en tout cas.

    - Madame, je n'ai pas eu le temps: j'ai d'abord étudié ma grammaire (dit celui qui veut me prendre dans le sens du poil; au moins, il a "fait quelque chose" pour moi)
    - Madame, on avait aussi un gros contrôle d'histoire, et comme vous le savez, mes points en histoire ne sont pas très bons (dit celui qui veut m'attendrir par ses efforts pour une matière à propos de laquelle je n'arrête pas de déclarer qu'elle est importante AUSSI)
    - Madame, j'ai étudié, je vous assure! me dit mon pondeur de perles préféré (mais une petite interview démontre assez vite que c'était dans la voiture en revenant mort de fatigue de l'entraînement de foot, à dix heures du soir)

    etc.

    Et puis,il y a "la troisième catégorie, (inévitable lorsque l'on veut diviser le monde en deux) étant constituée par les automobilistes qui s'arrêtent, reculent, hésitent et repartent, et que les auto-stoppeurs désignent sous le nom de mille-pattes." (extrait de Pierre Daninos, Tout Sonia).

    Ma troisième catégorie, ce sont ceux qui survolent, picorent à gauche et à droite, vite satisfaits d'eux-mêmes - et se fiant à leur bonne étoile, arrivent à l'interro en ayant révisé rapidement pendant qu'ils gravissaient les 50 marches pour venir en classe. En entrant, ils me demandent avec un grand sourire: "Ce ne sera pas trop difficile, hein, madame?"
    Car oui, généralement ce mal affecte surtout les garçons, et ils essayent leurs charmes Clin d'œil

    Alors à la correction, ça donne ceci:

    - quand on dit de quelqu'un "quel pigeon!" ça veut dire qu'il voyage beaucoup

    En effet, la Flandre est un pays de pigeons voyageurs qu'un tas d'hommes s'amusent à mettre dans des malles et à transporter en pleine nuit vers des lieux très éloignés, où on ouvre les malles pour que ces pauvres bêtes puissent rentrer chez elles... il paraît que les pigeons gagnants valent des fortunes.

    - "il va se coucher avec les poules" veut dire qu'il correspond avec les ennemis

    Sans doute que ce brave garçon pensait à l'expression du néerlandais 'slapen met de duivel', traduction littérale: dormir avec le diable...

    - "il sucre les fraises" veut dire qu'il exagère; un autre pense que "c'est faire un travail inutile". Probablement parce que les fraises sont déjà sucrées.

    Et puis je demandais de me faire une phrase en utilisant l'expression "trop... pour que", donc la plupart me font une phrase du genre "il a trop bu pour qu'il puisse encore conduire". Mais un de mes lascars me prévient gentiment:

    - Trop de français n'est pas bon pour la santé!

    Allez, nog 5 keer slapen, et je les retrouve tous Rigolant

  • U comme unilatéral

    Ce qu'il y a de bien, quand on vit seul, c'est qu'on prend toutes ses décisions à l'unilatérale.

    Fini les "Quoi? mais il est à peine dix heures!", je me couche quand je suis fatiguée, les "Hein? t'es pas folle! il n'est même pas six heures!", je me lève quand je suis éveillée, les "Hein? c'est déjà prêt? tu sais bien que je ne mange pas avant sept heures et demie!", je mange quand j'ai faim.

    J'avais un mari qui me donnait tout le temps l'heure exacte, comme dans la publicité Seiko Clin d'œil

    Ce qui fait que moi, depuis trois ans et quelques mois, je vis sans montre. Ou pour être exacte, avec celle de la voiture à laquelle je dois ajouter une heure puis enlever treize minutes, presque quatorze.
    Je dois être un peu famille avec le commissaire Adamsberg Cool 
    Mais ne nous éloignons pas du sujet.

    Libre. Je suis libre de décider d'avoir une montre qui m'oblige à du calcul mental pour avoir l'heure exacte. Libre de passer des heures à être "improductive" devant mon ordi ou avec un bouquin sans devoir rendre des comptes. Libre de suivre des cours et d'aller à des expos. Libre de semer de la Frisée d'Amérique plutôt que de la Gotte jaune d'or.

    Libre de soulever le papier doré de ma boîte de pralines pour voir si, là-dessous, il n'y en aurait pas une qui serait meilleure encore...

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  • T comme toilette

    Tout comme le Petit Prince, je dois faire la toilette de ma planète.

    “C'est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s'astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu'on les distingue d'avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C'est un travail très ennuyeux, mais très facile.” (Gallimard 1977 Chapitre V, page 24)

    Voici les baobabs qui menacent ma planète:

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    Et voici le stade auquel il me faut les toiletter avec la plus grande discipline, sous peine qu'ils fassent éclater ma planète, comme celle de ce malheureux paresseux qui avait négligé trois arbustes:

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    Vous vous demanderez peut-être : Pourquoi n'y a-t-il pas, dans ce blog, d'autres photos aussi grandioses que celles des baobabs ? La réponse est bien simple : J'ai essayé mais je n'ai pas pu réussir. Quand j'ai photographié les baobabs j'ai été animée par le sentiment de l'urgence.

  • Stupeur et tremblements météorologiques

    "L'homme content meurt", a coutume de dire ma mère et je ne sais jamais très bien ni ce qu'elle veut dire par là ni d'où elle le tient. L'ami G**gle non plus ne m'aide pas à ce propos. Mais c'est la petite phrase qui m'est venue à l'esprit en passant voir sur fb comment se portent mes ancien(ne)s élèves.

    Voilà que nous avons eu un été avec beaucoup de beau temps, avec une sécheresse depuis la fin du mois de juin qui a obligé les fermiers de par ici à ravitailler en eau des bêtes dans des prairies où il y a normalement toujours un ruisseau qui coule. Des nouvelles alarmantes sur la récolte des patates qui ne sera pas ce qu'elle devrait être, vu le manque de pluie. (help! on va manquer de frites cet hiver!) Une quinzaine de jours caniculaires qui m'ont fait me traîner du fauteuil au frigidaire et retour comme activité suprême de la journée. Un potager qu'il fallait arroser tous les jours si on voulait voir pousser quelque chose.

    Mais il suffit qu'il pleuve une demi-journée et la moitié de ces jeunes filles sont à se lamenter sur fb:

    - Je hais la pluie! (ik haat regen)
    - Qu'est-ce que c'est que ce temps pourri! (wat is dat hier voor rotweer)
    - Ah ça c'est bien la Belgique! ('t is weer op zijn Belgisch)
    - On dirait que c'est l'automne ('t is hier precies weeral herfst)

    etc. etc.

    Et moi je suis stupéfaite de lire ça. Moi qui ai eu un beau moment anti-stress sous la fine petite pluie bienfaisante et rafraîchissante. Heureuse pour mes radis, mes courgette, mes panais, mes betteraves rouges, mes poireaux et mes choux de Bruxelles.

    Avec juste quelques petits tremblements pour les grosses limaces oranges qui, elles aussi, aiment la pluie.
    Et aiment mes radis et mes courgettes.

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    photo de l'an dernier, terrain sec aussi: j'attendais la pluie pour mes petits pois
  • 22 remèdes anti-stress

    Ce billet d'hier, suite à l'articulet sur la dégénérescence de notre cerveau, m'a fait réfléchir à ce qui me déstresse... vu que ce n'est pas la tonte de la pelouse, qu'est-ce?

    En faisant ma tournée matinale dans notre petite réserve naturelle, je me suis dit que j'arriverais bien à 22 et que par conséquent je pourrais en parler aujourd'hui.

    Allons-y!

    1.lire
    2.écouter une belle musique
    3.avoir une bonne conversation
    4.cuisiner
    5.passer une soirée à l'opéra
    6.rire!
    7.cueillir des framboises, des mûres sauvages,... pour faire une tarte
    8.boire du thé
    9.visiter des blogamis
    10.rouler en voiture
    11.être sur la route des vacances, quel que soit le moyen de locomotion
    12.être dans un train
    13.rentrer chez moi après l'école
    14.caresser ou observer mes chats
    15.avoir des amis à ma table
    16.regarder des séries italiennes avec ma nièce
    17.passer des heures dans une librairie
    18.voir un film romantique à la télé ou au cinéma
    19.faire de la marche, du vélo, de la natation
    20.voir la mer, entendre le bruit des vagues, humer l'air du large, marcher dans le sable
    21.travailler au potager
    22.suivre des cours d'italien

    trop facile d'arriver à 22!

    Je me demande si je ne pourrais pas faire encore une deuxième liste...

    Elle pourrait commencer par ceci: 1.laver les vitres (à condition de ne le faire qu'une fois par saison, sinon c'est la corvée)

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    mon travail de vacances n°2, pendant que ma chatte Moussa fait sa toilette sur la table de jardin...
  • R comme recette

    Je lisais ces jours-ci ce qu'il faut faire pour garder longtemps un cerveau alerte.

    A côté des conseils "classiques" que nous connaissons déjà tous - faire un peu de sport, manger des aliments contenant du magnésium, profiter de la vitamine D que nous offre le soleil, etc. - il y avait celui-ci:

    Grasmaaien
    Uit studies blijkt dat grasmaaien een gezonde activiteit is voor onze hersenen. Het ontstrest, maakt mensen gelukkiger en voorkomt veroudering van de hersencellen. Het aroma van vers gras beïnvloedt het emotionele en herinneringsgebied in onze hersenen en vertraagt zo het mentale aftakelingsproces.

    Tondre la pelouse!

    Je ne vois pas du tout ça comme une activité bénéfique pour le cerveau!?

    "Elle vous ôte votre stress et vous rend heureux", dit le petit texte.
    Moi, ça me rend plutôt nerveuse, c'est une corvée dont j'essaie de me débarrasser en un temps record. J'améliore sans cesse mes chronos Rigolant

    Désormais, il faudra donc que je me concentre sur "l'arôme de l'herbe fraîchement tondue" au lieu des vapeurs d'essence et du bruit de moteur de ma tondeuse si je veux "ralentir le processus de dégénérescence mentale".

    Amis lecteurs qui vivez en appartement, à votre place je ne m'inquiéterais pas trop pour la santé de votre cerveau: allez vous rouler dans le foin, voilà qui vous rendra plus sûrement heureux que de pousser une lourde tondeuse, soulever et déverser de gros bacs d'herbe. 

    Quant à moi, ce qui m'ôterait mon stress et me rendrait heureuse, ce serait de voir quelqu'un tondre à ma place Rigolant 
    C'est là que je pourrais pleinement profiter de la bonne odeur de l'herbe coupée!

    jardin 2009 001 - kopie.JPG
    la preuve: ma nièce complètement déstressée l'été dernier
    mais c'est moi qui avais passé la tondeuse Rigolant
  • Bilan d'un chantier

    Il y a des choses que normalement je ne jette pas. Des papiers que j'ai conservés pendant des années. Des "autographes" d'anciens élèves, par exemple.

    Mais lors du dernier "chantier" rangement de bureau, j'en ai jeté pas mal. Même un "autographe" d'un ancien élève devenu entre-temps une vedette qui joue dans une série télévisée à grand succès sur une chaîne néerlandophone. J'ai hésité, pourtant Clin d'œil. Je suis sûre que cette feuille aurait fait plaisir à certains de ma connaissance mais d'un point de vue déontologique il me semble que je devais jeter. Tout jeter, les célèbres et les pas célèbres.

    Cependant j'ai gardé les dessins. Dessins d'enfants, ceux de la famille ou d'amis. Dessins d'élèves. Car oui, il arrive à mes grands gaillards de me faire un beau dessin. Comme celui qui m'a dessiné une sorte de plan de Paris. Et celui qui m'a illustré le Dormeur du val

    J'ai aussi jeté tous les articles découpés dans des journaux et des revues depuis le début de ma carrière de prof. Trois boîtes! Le prof, c'est celui que son métier ne lâche jamais. Il lit un truc et se dit: "Tiens, ça pourrait servir". Il ne sait pas encore exactement à quoi ni quand, mais il découpe, collecte, classe, empile, accumule... et finit par étouffer.

    Jetés, donc, les faits divers, les publicités, les articles "sérieux" dans à peu près tous les domaines.

    Et puis il y a cette page de journal. Du samedi 22 octobre 1938. Récupérée pliée en bandelette dans le bord intérieur d'un des chapeaux boules de mon grand-père, qu'elle devait servir à ajuster à son tour de tête.

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    Le moyen, dites-moi, de jeter ça?
    C'est aussi impossible que de le classer Non décidé
  • Questions existentielles aoûtiennes

    Faut-il être bronzé quand on revient de vacances? Le bronzage est-il la preuve qu'on a passé de bonnes vacances? Et doit-on, par conséquent, rapporter cette preuve afin de pouvoir montrer qu'en effet, "on a bien profité!" ?

    Vous aurez peut-être remarqué vous aussi qu'on emploie de plus en plus le verbe 'profiter' sans préposition tout en lui gardant son sens de 'jouir' - pardon pour cette parenthèse d'un prof amoureux de la langue qu'il enseigne Clin d'œil

    Tout a commencé avec ce "Bonjour ! oh dis donc, tu es bien bronzée, toi, tu as passé de bonnes vacances ?" que j'écrivais dans le texte publié ici avant-hier (O comme offre, Adrienne offre sa classe) et à laquelle katyL avait réagi sur le site du défi du samedi en écrivant ceci: "juste une parenthèse être bronzé ne signifie pas avoir passé de bonnes vacances !!"

    Evidemment que katyL a raison! Ce n'est pas moi qui dirai le contraire, moi qui reste toujours blanche comme une asperge belge (un linge, la mort, la neige, la craie, le lait, euh... l'albâtre, le lis, un vampire hahaha) et qui fuis le soleil sous des arbres, des chapeaux, des parasols et des crèmes écran total numéro 50.

    D'ailleurs une année que je disais à un de mes anciens voisins, un très vieux monsieur, que j'étais allée en Italie, il m'a répondu:

    - Il n'a pas dû faire beau, là-bas!

    J'ai essayé de lui expliquer les chapeaux, les parasols et la crème solaire numéro 50 mais j'ai bien vu qu'il ne me croyait pas. Pour lui, clairement, vacances réussies = grand soleil = bronzage. Il fallait apporter la preuve.

    Ma petite phrase adressée à l'élève bronzée est différente: elle ne dit pas: tu es bronzée, donc tu as passé de bonnes vacances, elle remarque simplement le bronzage, ce que le bronzé/la bronzée en question ADORE, et invite à parler des vacances... n'oubliez pas qu'un des premiers buts du prof de langue étrangère est de faire parler la langue qu'il enseigne.

    Allons, je retrouve mes bronzés dans 13 jours, je penserai à vous en leur adressant ma petite phrase, et vous verrez, ils rougiront d'aise sous leur couleur pain d'épice Cool

  • P comme Promenade verte

    "La Promenade Verte est une magnifique balade de plus de 60 km qui permet aux piétons et aux cyclistes de faire le tour de la Région et de traverser de nombreux parcs et espaces de nature préservée. La richesse de ce parcours réside en grande partie dans l'étonnante diversité de ses paysages."

    C'est ce que dit le site de l'Office du Tourisme (http://www.opt.be/informations/promenades_bruxelles__la_promenade_verte/fr/AP/53537.html) et je ne peux que le confirmer, même si je n'en ai vu que quelques tronçons, ils étaient effectivement très divers. Ceux qui sont déjà venus ici se souviendront peut-être que j'en parlais déjà le 26 juillet dernier à V comme Vert. Si vous y retournez, vous verrez les photos de cette année, prises du côté est.

    Voici deux photos prises l'an dernier, côté ouest:

    CS Brussel 2009 001 - kopie.JPG
    CS Brussel 2009 002 - kopie.JPG


    Vous trouverez ici le dépliant Bruxelles Environnement: http://www.ibgebim.be/uploadedFiles/Site/Particuliers/Th%C3%A8me_-_Espaces_verts,_faune_et_flore/Promenade_verte_FR.pdf et toutes les infos, cartes détaillées etc. ici: http://www.leefmilieubrussel.be/Templates/Particuliers/Informer.aspx?id=1854

    Qu'on se le dise! Ce genre de promenade est agréable quelle que soit la saison et les bus ou trams vous ramènent dans le centre au moindre petit coup de pompe Cool

  • O comme offre

    L’offre d’Adrienne

    Le défi n° 10 (11 mai 2008) disait : Offrez un lieu qui ne vous appartient pas (un monument, une ville, un pays, la maison de votre voisin…) à la (aux) personne(s) de votre choix.

    « Bonjour ! Oui, c’est moi, votre prof de français cette année J Vous pouvez entrer. Les vestes au portemanteau, s’il vous plaît ! Bonjour, toi ! tu vas bien ? Pas de chewing-gum en classe, s’il te plaît ! La poubelle est ici… Bonjour ! Tu as passé de bonnes vacances ? Et ton frère, ça va ? Ah ! il ne recommence que le 20 septembre, lui ;-) Bonjour ! oh dis donc, tu es bien bronzée, toi J , tu as passé de bonnes vacances ? Bonjour, entrez, entrez… Tout le monde est là ? Je vais fermer la porte…  Tout le monde a trouvé une place ? Il en reste une ici, viens te mettre ici, toi… Oui, toi… tu t’appelles J***, n’est-ce pas ? Tu es le frère d’A***, non ? C’est bien ce qu’il me semblait. Elle va bien, ta sœur ? Tu lui feras un petit bonjour de ma part…

    Vous pouvez vous asseoir… Voyons, voyons, vous êtes combien, là ? 27 ? Et bien, heureusement que je connais déjà quelques-uns d’entre vous… Je vous préviens tout de suite, j’ai du mal avec les noms… mais je fais des efforts ! La preuve, j’ai déjà un peu potassé à l’aide des listes de l’année dernière J Oui mais voilà, il y en a qui ont drôlement changé leur look depuis l’année dernière… »

    Et ainsi de suite, la première heure de cours peut commencer.

    ***

    J’ai un lieu qui ne m’appartient pas mais que j’offre chaque année à une centaine d’élèves, un lieu où nous sommes toujours un peu à l’étroit mais que je voudrais rendre accueillant et convivial, à la fois confortable et propice à la réflexion, aux échanges, au travail. Un îlot de francophonie dans un océan de néerlandais et d’anglais, ma petite île généralement ensoleillée sur laquelle chacun est obligé de ne parler que le français.

    C’est « ma » classe...

     

    ... et j'y attends mes futurs élèves avec une impatience grandissante Cool

  • N comme "Ne te mêle pas de ça!"

    L'autre jour, l'ex-homme-de-ma-vie est venu jusqu'ici. J'étais en plein dans mon chantier numéro deux, lavage de vitres et entretien du bois.

    - Tu ne devrais tout de même plus mettre ces trucs-là, me dit-il en désignant ma tenue de travail.

    Ben de quoi je me mêle? Faut être élégante pour mettre une couche de Herbol sur les chassis?

    Il est vrai que je devais être craquante, avec ce pantalon noir rapiécé par-ci et rafistolé par-là et ce petit tricot blanc à encolure ronde bordée de bleu qui a encore appartenu à ma grand-mère Adrienne. Vintage, on appelle ça aujourd'hui, un authentique petit tricot des fifties.

    Encore heureux que, craignant de me mettre du Herbol plein les jambes, je ne portais pas ce vieux petit short à lui qui traîne encore par ici parce que lui ne rentrait plus dedans.

  • M comme mère

    "Cette femme, sa mère, avait la toute-puissance de la tuer chaque fois. On ne guérit pas d'avoir une mère qui ne vous aime pas. Ça creuse un grand trou dans le coeur et il en faut de l'amour et de l'amour pour le remplir! On n'en a jamais assez, on doute toujours de soi, on se dit qu'on n'est pas aimable, qu'on ne vaut pas tripette."

    Katherine Pancol, La valse lente des tortues, Albin Michel 2008, p.666

    ***

    Je n'ai pas trop apprécié ce livre mais au moins il y avait cet extrait. Pour ce qui est du livre, je suis plutôt d'accord avec la critique qu'on en donne ici: http://www.biblioblog.fr/post/2008/06/10/La-valse-lente-des-tortues-Katherine-Pancol

    ou alors avec celle-ci, du magazine L'Express http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-valse-lente-des-tortues-pas-ce-soir-je-dine-avec-mon-pere-les-draps-du-peintre_814256.html

    Durant près de sept cents pages, on a suivi avec application le quotidien de Joséphine, ses hésitations, ses regrets existentiels: fallait-il quitter Courbevoie pour habiter Passy? Devrait-on s'insurger devant un monde «où la violence est devenue si banale qu'on ne lève plus la tête de son clavier pour s'émouvoir, partager»? Quelle est la meilleure recette de farce pour la dinde aux marrons? Parfois, Katherine Pancol hausse le ton, elle cite Blaise Pascal, affiche dans les dernières pages une documentation historique qui laisse pantois (Chevaliers-paysans de l'an mil au lac de Paladru, par Michel Colardelle et Eric Verdel aux éditions Errance), mais elle laisse surtout filer des dialogues tuyau de poêle sur des kilomètres d'indigence. Pas de rythme ni de construction, d'interminables monologues intérieurs, des rebondissements qui tombent à plat, autant de travers qui font mieux comprendre le titre du roman: La valse lente des tortues. Le seul personnage qui s'en tire plutôt bien, c'est le chien, Du Guesclin, avec sa grande langue et ses pattes folles. Lui, s'il cherche un nouveau maître, c'est quand il veut. Christine Ferniot

  • L comme Loubna

    En ce mois d'août tout à coup je repense à Loubna Benaïssa. C'est en août qu'elle avait disparu, le 5 août 1992, pour être exact.

    Je repense aussi à sa soeur Nabela. Cet article de La dernière heure du 2 juillet 2002 - dix ans après la mort de Loubna, donc - devrait vous remettre les principaux faits en mémoire:

    Grande dis' pour Nabela

    (02/07/2002)

    La soeur de Loubna Benaïssa termine brillamment ses études de droit

    BRUXELLES Parmi les étudiants de dernière licence sortis fin juin de la faculté de Droit de l'Université libre de Bruxelles figure la soeur de la petite Loubna, kidnappée et séquestrée par le pédophile Derochette et retrouvée assassinée le 5 mars 1997.

    Nabela Benaïssa n'a pas seulement réussi sa troisième licence: elle a brillamment terminé cinq années d'études universitaires avec grande distinction, un grade qui salue des cotes supérieures à 80 pour cent. Entourée des siens, Nabela avait ébloui par son humilité, sa dignité et sa grande intelligence lors du combat qu'elle avait fourni en faveur des enfants victimes au côté des parents Russo, Lejeune et Marchal sans oublier la maman de la petite Elisabeth Brichet.

    Personne n'a oublié son livre Au nom de ma soeur écrit après le dénouement tragique, sa tendresse, les mots justes qu'elle avait su trouver pour exprimer à la fois sa douleur et sa colère devant l'évolution de l'enquête. La notoriété aurait pu la perdre. Nabela au contraire allait s'imposer une discrétion volontaire. Seuls certains ont noté il y a deux ans que la jeune femme, qui a acquis entre-temps la nationalité belge, se déplaçait désormais sans son voile. Courtisée par le monde politique, Nabela a toujours refusé de se laisser récupérer. Elle poursuivait, dans l'ombre, des études pas faciles de droit entrecoupées de stages - notamment à la cour d'arbitrage et au parquet de Bruxelles.

    Pour ce dernier, Nabela avait demandé au parquet de Bruxelles de taire sa présence. Aucun magistrat n'a vendu la mèche et l'indiscrétion n'a fuité - contre la volonté de la jeune femme - que bien après la fin du stage. Nabela est restée très proche du parquet de Bruxelles où beaucoup de magistrats rêvent de l'avoir un jour comme collègue... Ce qui serait merveilleux.

    Il y aura dix ans - ce mois d'août - que Loubna disparaissait au coin de la rue Gray à Ixelles, près d'une station Q 8 où travaillait un certain Derochette. Elle allait acheter un pot de yaourt pour sa maman. Nabela avait alors 13 ans.

    (article de Gilbert Dupont)

    Alors aujourd'hui je me demande où elle en est, Nabela, dans sa carrière d'avocate. Et dans sa vie de femme.

  • K comme K.O.

    Vendredi dernier, j'étais à Bruxelles pour le festival Midi-Minimes. Superbe concert. Premier round.

    En sortant du Conservatoire, je passe par le Sablon. Où je tombe en arrêt devant la Manufacture de Pierre Marcolini. Deuxième round.

    J'ai déjà pas mal parlé de lui après avoir pu assister à une "conférence" sur la fève de cacao et la philosophie de la maison Marcolini à ce sujet. Il a même eu droit à un tag, c'est tout dire Rigolant

    Je veux passer mon chemin puis me ravise. J'entre dans le magasin. J'ai vu qu'on peut y acheter un cornet de glace, il fait beau, le soleil brille, et puis d'ailleurs faut-il tant de bonnes raisons pour s'offrir une glace à la framboise?

    J'attends mon tour. J'admire les jolis gâteaux. Je me dis que ce serait le moment de m'en acheter deux ou trois, pour les déguster à l'aise chez moi, le soir même, et le lendemain samedi.

    C'est enfin à moi. "Un comme ça et un comme ça et un comme ça et un comme ça". Ce qui nous fait quatre. Ben oui, j'en aurai jusqu'à dimanche, c'est magnifique! Je suis si pressée de sortir avec mon trésor gustatif que je renonce à la glace: j'ai besoin de mes deux mains pour porter mon précieux paquet. Troisième round.

    Je passe au Palais des Thés où le personnel est moins gentil que la fois passée. Sans doute à cause de mes sandales de marcheur plouc ringard "made in Aldi", qui n'ont pas échappé au regard averti de la vendeuse. Qui n'échappent à aucun regard, d'ailleurs. Mais bref, là n'est pas la question.

    Je découvre par hasard la rue de Villers, sa courtine et ses bancs. Je m'y installe pour déguster une première pâtisserie à l'abri des regards, un éclair à la vanille. Sublime. Quatrième round.

    1er_enceinte_rue_de_Villers_Bxl.jpg

    source wikipedia commons http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:1er_enceinte_rue_de_Villers_Bxl.JPG

    Puis je me dis que mes précieux gâteaux vont trop souffrir si je poursuis ma balade dans Bruxelles et qu'un retour dare-dare s'impose. Oublions le film qu'on avait programmé pour l'après-midi: direction gare Centrale. Une demi-heure d'attente, des bancs, des arbres, de l'herbe. J'ouvre la boîte de gâteaux: horreur, celui aux framboises a glissé, la chaleur le fait s'affaisser contre celui au chocolat. Dégustons-le sans tarder. Avec les doigts, puisque je n'ai pas de petite cuiller dans mes bagages. Divin! Cinquième round.

    Après, j'ai tenu le coup jusqu'au samedi soir. J'ai "soupé" avec un autre merveilleux gâteau. Très chocolat. Tellement jouissif que c'est à ce moment-là que j'ai oublié tous les noms, pourtant fort suggestifs. Sixième round.

    Le K.O. final m'a été donné dimanche après-midi. Avec le "Delvaux". Celui-là, je l'ai retrouvé sur le site http://www.marcolini.be/ dans la "brochure pâtisserie en ligne" http://www.marcolini.be/#/fr/news/?newsId=6

    Biscuit au chocolat noir, croustillant aux éclats de cacao, crème brûlée à la vanille de Madagascar, éclats de framboise (sic), le tout terminé par un sabayon de chocolat au lait à la fève de Java.

    delvaux.jpg

    En cherchant un peu j'ai aussi retrouvé le nom du "très chocolat": c'est Envol Rigolant

    Biscuit chocolat, croustillant à la noisette, crème brûlée à l'orange suivie d'une mousse au chocolat noir Equateur (72% cacao)

    K.O. par cacao, ça se tient

    envol.jpg
    Pas de photo des deux autres, j'avais oublié d'emporter mon appareil... Dommage! Mais j'y retourne  dans moins d'un mois Clin d'œil
  • J comme jeudi jour de jeûne

    Pour mes amis musulmans de Belgique, le mois du Ramadan vient de commencer.

    On n'est pas encore à la mi-août, les jounées sont longues, le temps est beau. Je pourrais me passer de manger ("verstand op nul zetten", dit-on en néerlandais) mais je ne sais pas comment je ferais pour me passer de boire: je bois des litres d'eau et de thé entre le moment où je me lève et celui où je me couche. J'ai soif, moi, "een droge lever", disait mon grand-père, littéralement "un foie sec", c'est le nom qu'on donne aux ivrognes Clin d'œil 

    Mon amie S***, et avec elle toutes les mères musulmanes, devra de nouveau se lever à des heures indues pour faire déjeuner sa famille avant le lever du soleil, et cuisiner jusque tard le soir, recevoir beaucoup de monde, faire des montagnes de vaisselle, dormir de trop courtes nuits et recommencer le lendemain.

    Les femmes, une fois de plus, ont la plus mauvaise part. Pourtant ce sont les hommes qui se plaignent le plus. Comme le mari de mon amie A***, parce que pendant le mois du Ramadan il n'a pas le droit de fumer.

    Je me demande s'il y a des musulmans en Laponie. Car comment feront-ils, au pays du soleil de minuit, en cette saison, pour trouver un moment où il leur est permis de se nourrir et de s'abreuver?

    Oui, je sais, question idiote... Une autre, alors, moins idiote:

    Comment feront nos élèves musulmans dans quelques années, disons vers 2015-2016, quand le calendrier de l'hégire mettra le Ramadan en plein dans les examens de juin?

    En attendant d'avoir des réponses, je souhaite un bon Ramadan à tous mes amis et élèves musulmans!

  • I comme I*** n'aime pas la poésie

    Mon amie I*** n'aime pas la poésie.

    En tout cas, c'est ce qu'elle me dit. Mais j'ai parfois du mal à la croire.

    Et en lisant de la poésie, souvent je pense à elle Bisou, surtout comme ce jour-là où j'arrivais p.220 de mon édition de L'écriture ou la vie de Jorge Semprun (voir à J comme Jorge de mai et de juin 2010). On peut y trouver cet extrait du poème Hoy me gusta la vida mucho menos, de Cesar Vallejo:

    Me gusta la vida enormemente
    pero desde luego,
    con mi muerte querida e mi café
    y viendo los castaños frondosos de París...

    (je traduis comme je peux: j'aime beaucoup la vie mais évidemment avec ma mort bien-aimée et mon café, et en regardant les chataigniers parisiens bien en feuilles...)

    Le poème en entier et bien d'autres sur le reste du site: http://amediavoz.com/vallejo.htm#HOY ME GUSTA LA VIDA MUCHO MENOS...
    http://amediavoz.com/vallejo.htm

  • H comme Hercule

    Je ne réaliserai pas les douze travaux d'Hercule mais il m'a bien fallu douze jours pour réaliser mon travail d'Hercule à moi, le rangement de mon bureau.

    Voici l'état des lieux avant les travaux, le mardi 27 juillet:

    augustus 2010 002 - kopie.JPG
    Vu comme ça, ce n'est sans doute pas aussi impressionnant que dans la réalité, mais je pense que chacun peut voir qu'aucun espace n'est libre sur les 40460 cm² et que les étagères débordent. Ce que vous ne voyez pas, c'est qu'il y a encore deux bacs à terre. Bref, le tout grand chantier.
    ***
    *****
    ***
    augustus 2010 007 - kopie.JPG
    Cinq jours plus tard, un tiers du terrain est déblayé. Les livres achetés ces trois dernières années ont trouvé leur place dans l'alphabet de la bibliothèque, beaucoup de papier a été trié et classé et pour une fois j'ai même réussi à jeter certaines choses. Quoique... ce qui a été éliminé est encore en attente de parc à conteneur, bien rangé dans des boîtes au garage. Mais l'intention y est. Reste encore le gros oeuvre, toutes mes notes de cours des deux dernières années, tous les tests et examens rédigés. Pour classer ça, j'ai besoin de deux autres tables. Il s'agit donc de bien choisir son moment: de précédentes tentatives ont échoué car j'avais besoin des tables pour des visiteurs ou des invités.
    ***
    *****
    ***
    bureau d'Hercule 001 - kopie.JPG
    Enfin, samedi soir, donc douze jours plus tard, tout était nickel, le dernier papier trié, classé, rangé.
    Sauf deux minuscules petits tas "d'inclassables" qui sont par conséquent l'embryon d'un futur chantier Clin d'œil
  • G comme gastronomie estudiantine

    Mes travaux de rangement de bureau, mes retrouvailles avec Désiré Nisard, mes incursions au grenier, tout ça me remet sur la piste de ma vie d'étudiante.

    J'ai retrouvé le cahier dans lequel je notais scrupuleusement qui je recevais à ma table et ce que j'ai servi à chaque occasion. Le cahier commence à la date du 10 août 1979 (ça ne nous rajeunit pas, aurait dit mon père), j'avais 21 ans et j'étais mariée depuis un bon mois.

    Durant ces mois d'août-septembre de 1979, j'ai reçu tour à tour - car nous n'avions qu'une petite table et peu de chaises dans notre petit studio avec la kitchenette à deux plaques de cuisson - mes beaux-parents, mes nombreux beaux-frères et belles-soeurs, mes grands-parents, quelques oncles et tantes. Chacun à son tour a reçu un menu adapté à ses préférences et aux possibilités très réduites de mon espace tout aussi réduit.

    Ainsi, l'aînée de mes belles-soeurs a reçu son dessert préféré, un sabayon; de toute façon, je n'avais pas de four, donc je ne pouvais pas faire cuire de tartes, ma "spécialité" d'avant mon mariage.
    Pour mon beau-père, il y avait du potage. Je devais pour cela surmonter mes traumatismes d'enfant enfermée dans "le kot" avec sa soupe déjà froide - LOL - j'essaie d'en rire.
    Pour l'aîné des beaux-frères, il y avait du carré d'agneau, pour mes grands-parents, des pintadeaux à la crème et à l'estragon. Et ainsi de suite, coquilles Saint-Jacques, turbot, on n'avait pas un rond mais on savait recevoir Clin d'œil

    Tout est noté dans mon cahier, les ingrédients, les poids, les temps de cuisson... et les variantes, car dès mes débuts de cuisinière, il est apparu que le plaisir est aussi dans la liberté ;-)
    On note tout scrupuleusement et la fois d'après, on enlève un ingrédient et on en rajoute un autre.

    C'est également le sort qui a été réservé au poulet Désiré Nisard, dont je parlais il y a quatre jours à la lettre D. Ce poulet était notre 'cucina povera' à nous, puisqu'on y mettait les olives noires que mes parents rapportaient d'Ardèche et qu'avec un minimum d'ingrédients le résultat était excellent. C'est en tout cas ce que l'homme-de-ma-vie avait noté dans la marge à côté de la recette Cool

    augustus 2010 008 - kopie.JPG

     

  • F comme Français

    Défi numéro 16 (22 juin 2008) proposé par Teb : La vie quotidienne s'enlise dans de petites habitudes. Un œil neuf (lequel ?) ne nous permettrait-il pas d'y voir comme autant d'événements exceptionnels. Serez-vous capables (c'est un défi, rappelons-le) de truffer votre texte de la répétition (choisissez la périodicité) d'une même phrase ? 

    Ceci n'est pas une blague belge

    Il leur faut du pain même avec leurs frites

    Ils sont fous ces Français !

    et ils mangent des frites avec de la moutarde

    Ils sont fous ces Français !

    Pour la douche ils demandent une serviette

    Ils sont fous ces Français !

    et pour la vaisselle un torchon (1)

    Ils sont fous ces Français !

    Ils mettent la Wallonie au nord et la Flandre au sud et savent à peine nommer deux ou trois villes mais ils me demandent d’où je suis en Belgique

    Ils sont fous ces Français !

    Quand je leur dis « Bétauvenne ? » ou « Philippe Air Vaigue (2) ? » ils me répondent que c’est un grand honneur que l’on fait aux étrangers de prononcer leur nom à la française

    Ils sont fous ces Français !

    Ils me disent « on dirait pas qu’t’es Belge, t’as pas l’accent » parce qu’ils pensent qu’on parle tous comme Coluche, non mais dites une fois !

    Ils sont fous ces Français !

    Ils se gondolent avec des blagues belges mais m’assurent qu’ils nous aiment bien, « on a beaucoup de sympathie pour les Belges »

    Ils sont fous ces Français !

     

     

    Signé Adrienne, qui a eu du mal cet été à supporter les blagues belges qu’on racontait derrière son dos mais qu’elle entendait quand même !

    et allez donc voir ce qu'en pense Philippe Geluck: http://www.kletandko.be/images/stories/a6/KK180-Philippe-Geluck.jpg

    Sans rancune?

    Innocent



    (1) Chez nous la serviette c’est pour se frotter la bouche et le torchon pour frotter par terre J

  • 7 comme les 7 vies de mes chats

    chats punis 001 - kopie.JPG
    Je sais qu'ils ont l'air tout mimi, là sur leur paillasson, - en tout cas pour ceux qui aiment les chats - mais ne vous y trompez pas: vous avez ici un aspect de leur vie de chats punis.
    ...
    ...
    Que m'avaient-ils fait? Nulle offense (merci Jean) à moi personnellement mais je les avais pris en flagrant délit d'offense au fauteuil. Mes chats ont juste le droit de ronronner sur les chaises en paille. A part ces chaises-là, ils ne peuvent poser la patte que sur le sol. Et ça marche, si si, je vous assure qu'ils se tiennent bien au règlement intérieur et que je peux en toute confiance les laisser seuls avec un steak sur l'armoire de la cuisine ou un poisson sur l'évier, ils n'y toucheront pas. Mais parfois mon petit fauteuil vert les tente pour une sieste douillette en duo. Alors je suis obligée de sévir ;-)
    ...
    ...
    Puni également, le Saint-Antoine que j'ai hérité de ma grand-mère Adrienne et qui est relégué dans une des chambres à l'étage pour cause d'incompatibilité d'humeur - je ne suis pas d'humeur à enlever les poussières de son fragile globe de verre.
    ...
    ...
    Le dormeur qui a passé une nuit dans cette chambre dernièrement a dû trouver gênant le regard du saint préféré de ma grand-mère ("Antoine, aide-moi", l'invoquait-elle chaque fois qu'elle ne réussissait pas à remettre la main sur un objet qu'elle cherchait. Les saints, il faut que ça se rende utile, c'est uniquement dans ce but qu'on les canonise).
    Regard gênant, c'est une supposition de ma part, car voilà la position dans laquelle j'ai retrouvé notre Antoine après le départ de mon logeur:
    ...
    ...
    St Antoine puni.JPG

  • E comme éducation nationale

    J'étais à table. La conversation roulait sur le gaspillage, la faim dans le monde, le végétarisme, les réserves pétrolières, bref l'avenir de la planète.

    Moi j'écoutais et me taisais Clin d'œil (voir à I comme invisible de juillet dernier)

    Puis tout à coup quelqu'un a dit la chose suivante: (et celle-là, je l'attendais depuis un petit moment, il y a de ces petites phrases qu'on "sent venir")

    - Mais que fait l'Education nationale? Que font les profs? Ils devraient quand même enseigner aux enfants ce que c'est que le développement durable!

    J'ai poussé intérieurement un gros gros soupir. Et senti un grand découragement.

    Oui, nous les profs traitons de ce sujet avec nos élèves. Et je peux vous dire que c'est un thème qui est dur à vendre, car il ne passionne pas nos foules... Comme nous traitons aussi tous ces autres sujets que la société nous demande, le tabac, l'alcool, le SIDA, la drogue, la démocratie, le civisme, le code de la route, l'alimentation saine,...
    Je continue?
    Nous devons leur "apprendre à apprendre", à trier les informations, à faire les bons choix, nous devons augmenter leurs "compétences relationnelles", en faire des citoyens du monde, soucieux de l'environnement et de la santé, leur faire goûter la culture, de préférence toutes les cultures et toutes les formes de culture, sans bien sûr oublier les compétences "techniques".

    Ouf.

    Et accessoirement leur apprendre aussi une matière. Le français par exemple. Et les amener au minimum au niveau B1 ou B2 du Cadre commun européen.

    Mais donc je me taisais. Trop de fois, déjà, que j'ai tenté d'expliquer que les profs croulent sous toutes ces exigences diverses de la part de la société... et des parents.
    Car il faut aussi qu'on apprenne les bonnes manières et à étudier au lieu de jouer des jeux en réseau.

    Heureusement, à cette table où j'étais ce jour-là, I*** m'a sauvée:

    - Oui mais, dit-elle, est-ce que ce ne serait pas d'abord aux parents, à leur apprendre ces choses-là?

    - Merci, I***, lui ai-je répondu dans un grand élan du coeur. Merci d'avoir dit ça!

    Puis ce même jour je lisais La Maestra, de Venus Khoury-Ghata (éd. Actes Sud, 1996, p.19):

    "Les parents attendent la nuit pour s'entretenir avec la Maestra. Les mots sont plus courageux dans le noir. Ils ne sont pas mécontents de toi mais seraient plus satisfaits si tu apprenais à leurs enfants à être moins menteurs, moins voleurs, moins crasseux et moins peureux."

    Voilà, me dis-je, qui devrait me consoler, puisque c'est pareil partout et de tous les temps.

    maestra.jpg
  • D comme Désiré

    Lors de la sortie en 2006 du livre d'Eric Chevillard, j'ai tout de suite été attirée par le titre: "Démolir Nisard"

    nisard.jpg

    J'avais donc à l'époque soigneusement noté les coordonnées du bouquin (éditions de Minuit) comme je le fais pour toute lecture qui me paraît intéressante ou que quelqu'un me recommande. Ce qui fait que la liste devient toujours si longue qu'il m'est impossible de tout lire, mais bon bref, ça, c'est une autre histoire.

    Démolir Nisard! Ce patronyme n'est pas si courant pour que je n'aie tout de suite l'idée qu'il ne pouvait s'agir que de Désiré Nisard, le critique littéraire du Journal des débats et de la Revue des deux mondes et grand adversaire des Romantiques. C'est grâce à cela - si je puis dire - que son nom m'est si familier, puisque le sujet de mon mémoire de licence* était précisément la "Critique théâtrale à l'époque romantique".

    Ces jours-ci, en nettoyant mon bureau - chantier qui dure depuis plusieurs jours déjà et qui est loins d'avoir abouti - j'ai retrouvé la feuille sur laquelle j'avais noté les coordonnées du livre de Chevillard, que je n'ai toujours pas eu en main, et ma curiosité était de nouveau piquée. Cette fois, c'est dit, dès demain je serai à Bruxelles et je pars à sa recherche!

    Pour ceux qui voudraient quelques renseignements sur Désiré, voici déjà l'info de l'Académie française http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=394 car ce pourfendeur de Victor et d'Alfred y a eu son fauteuil. Et pour tout savoir sur le livre, c'est ici: http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=2473 ; les premières pages du livre sont ici: http://www.leseditionsdeminuit.com/images/3/extrait_2473.pdf

    En ce qui concerne le contenu du livre, je comprends tout à fait Chevillard, qui dit en plus fort ce que disait mon mémoire, car même Stendhal, même les auteurs de manifestes pour le théâtre romantique, personne n'échappe à l'argumentation de Désiré... il faut 'plaire' et 'émouvoir' et il faut respecter les unités et la bienséance... et Shakespeare n'est pas "dans le goût français", "dans l'esprit français" Clin d'œil
    (esprit français, que de crimes on a commis en ton nom...)

    Donc oui, moi aussi j'ai eu très envie de démolir Nisard... par des moyens plus académiques. Mais pour vous dire comme le problème est grave: ce mémoire a été la cause d'une grosse bagarre entre mes profs au moment de l'évaluation. En 1980! Mais ça aussi, c'est une autre histoire.

    A l'époque où je planchais sur ce mémoire, j'avais créé une recette, le poulet Désiré Nisard. La recette respecte la règle des trois unités (poulet, champignons, olives noires) ainsi que les bienséances (on le découpe à cru dans les coulisses de la cuisine pour épargner cette vue aux convives). Elle doit plaire (tous mes invités de l'époque s'en sont pourléché les babines) et émouvoir (ma cuisine d'étudiante était un minuscule couloir où j'avais deux plaques de cuisson, une pour faire mijoter le poulet et une pour préparer l'accompagnement)

    Tiens, j'ai comme une envie de poulet Désiré Nisard, là, tout à coup!

    Et puis, il y a le blog d'Eric Chevillard à découvrir http://l-autofictif.over-blog.com/ 
    Quant à moi, il ne me reste qu'à remettre la main sur ce fameux mémoire, qui doit dormir dans une boîte au grenier, parmi d'autres souvenirs de la Katholieke Universiteit Leuven... ohlala nostalgie!

    *** 

    * la licence, en Belgique et à l'époque, c'était le bac + 4, comparable à ce qu'on appelait alors en France la maîtrise, et il fallait écrire "une  thèse" car c'est par ce mot-là que nous désignions la chose.

  • C comme Courcival et concert aux chandelles

    Comment, vous ne connaissez pas Courcival? Mais c'est juste à côté de Jauzé et de Terrehault!

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    Son église Saint-Brice? Son monument aux morts?
    (vous pouvez constater que je suis toujours soucieuse de respecter l'anonymat des gens... ou ce flou serait-il dû à une défaillance de la photographe?)

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    Son fameux coucher de soleil?
    (Les édiles locaux ont tenu à ce qu'il y ait une pause à 21.55 h très exactement pour qu'on puisse l'admirer...)

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    Ses concerts aux chandelles?

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    Oui, vous voyez bien - en tout cas je l'espère, sinon faut que je renonce à ma carrière de photographe - on allume de vraies chandelles au lustre de l'église! On laisse juste quelques spots dans le choeur pour que les musiciens puissent lire leur partition.
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    Et je peux vous dire, pour terminer, que c'était un très joli concert! Merci à l'ensemble "Alla Follia", je reviendrai l'année prochaine... "si Dieu le veut", comme disait ma grand-mère Adrienne qui sortait son inch'Allah chaque fois que quelqu'un énonçait un projet, que ce soit à long ou à court terme.
    ***
    Pour les fûtés: cherchez l'erreur dans cette dernière photo ;-)
  • B comme Bozar et Ballen

    Quand je suis à Bruxelles, j'ai deux ou trois "passages obligés", comme ces lieux de perdition qui s'appellent librairies (une perdition qui consiste surtout en une "perte de temps", beaucoup de temps, je vous ai déjà dit que c'est ainsi que ma mère considère la lecture) mais aussi Bozar*, où il y a toujours quelque chose d'intéressant à voir, que ce soit une expo payante ou en entrée libre, comme celle dont je vais parler ici.

    En ce moment, et ce jusqu'au 26 septembre, on peut y voir une rétrospective Roger Ballen:

    "Depuis près de 30 ans, le photographe sud-africain d’origine américaine Roger Ballen développe une oeuvre magistrale en perpétuelle évolution. Du style documentaire de ses débuts à ses mises en scène plus picturales, son univers singulier navigue entre rêve et réalité. Une oeuvre énigmatique, drôle et troublante à la fois à découvrir en 200 photographies, des premières images à Boarding House, sa dernière série en date."
    (citation du site http://www.bozar.be/activity.php?id=9462&lng=fr)

    Ce nom ne me disait rien mais les photos, elles, m'ont parlé!

    Elles sont à la fois tendres et crues, choquantes sans chercher à l'être, car elles montrent de manière vraie et authentique le quotidien, la misère même, d'une partie de la population blanche, celle qu'on croit généralement appartenir à la classe des nantis.

    Je ne pouvais que faire le rapprochement avec ce que je lisais ce jour-là, Camus, Le premier homme, où il s'agit en fait de la même chose.

    Et puis, comme nous fêtons en ce moment le 50e anniversaire de l'indépendance du Congo, il y a bien sûr aussi de nombreux événements liés à cette commémoration. En témoigne par exemple cet "arbre à palabres" placé dans le hall d'entrée et sous lequel on peut s'asseoir pour écouter des contes africains racontés par des femmes, des hommes et des enfants:

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    on s'assied sur un tronc et on place un des écouteurs contre l'oreille :-)
    moi j'ai entendu le conte de l'homme qui était tombé dans un puits: il était si avare qu'il est mort pour avoir refusé de donner la main à un celui qui voulait lui sauver la vie...

    * Bozar = Beaux-Arts, chers lecteurs-de-très-loin. Dans ce petit pays où les langues cohabitent plus ou moins paisiblement, deux procédés doivent mettre tout le monde d'accord: soit le recours à l'anglais (ou éventuellement l'italien s'il s'agit de baptiser un restaurant ou un magasin de mode), soit le recours à une graphie destinée à masquer le mieux possible l'appartenance à une de nos langues nationales. Bozar, donc, ou Cinematek.

     

  • Adrienne en août

    "De kouter is geschoren, de winter is geboren", disait infailliblement ma grand-mère Adrienne dès que le mois d'août était là et que les premiers champs avaient été moissonnés.

    Littéralement, ça veut dire: le champ est rasé, l'hiver est né.

    Je n'aimais pas qu'elle le dise parce que je n'aimais pas ce rappel: oui, l'été est court, et avec lui les vacances aussi prennent fin. Je le sais, me disais-je, nous le savons tous, ce n'est pas la peine de le répéter! Je pensais que c'était s'ôter du plaisir que de penser à sa finitude.

    Pourtant je remarque, depuis qu'elle n'est plus là, que c'est moi qui le dis... et que penser à la fin du plaisir  - ou même à ma propre fin - n'empêche pas de jouir de l'instant.

    D'autant plus que cette année, avec la chaleur et la sécheresse que nous avons eues depuis le 20 juin, des champs ont déjà été moissonnés en juillet Rigolant