• Les derniers petits plombs...

    De laatste loodjes wegen het zwaarst, dit-on en néerlandais. Une traduction littérale donnerait que "les derniers petits plombs pèsent le plus".

    J'y pensais cette semaine à cause des derniers jours de cours avant les vacances, et surtout des dernières heures, donc des derniers efforts à fournir: voilà ce qui pèse le plus.

    J'y pensais aussi à cause de la consigne du dernier défi, "tourner autour du pot": depuis que je l'ai vue, je m'amuse à collecter mentalement toutes les expressions idiomatiques du néerlandais et à les traduire littéralement en français.

    Mes élèves aussi sont forts à ce petit jeu! Le tout est de savoir si c'est volontairement ou par ignorance: voilà la "question jambon", comme ils disent Rigolant!

    L'expression néerlandaise "de hamvraag" signifie la question la plus importante, cruciale. Elle trouve son origine dans une émission de jeu radiophonique des années cinquante dont le prix était un jambon... on peut trouver cette info ici http://www.onzetaal.nl/advies/hamvraag.php.

    Et pour les derniers petits plombs il faut aller voir là http://www.onzetaal.nl/advies/laatsteloodjes.php.

    Moi, je ne travaille plus: depuis samedi après-midi, je suis en vacances Cool

  • Z comme zut!

    J'étais dans une chambre d'hôtel à Bruxelles un vendredi soir et trop fatiguée pour aller au cinéma comme je l'avais prévu. Je me suis dit: tiens, je vais regarder la RTBF, c'est une chaîne que je ne capte pas chez moi et justement ce soir il y a un programme humoristique dont José Van Dam, notre baryton basse national, est l'invité d'honneur!

    Bien mal m'en a pris, c'était nul de chez nul et j'ai bien des fois plaint José Van Dam de devoir rester affable et souriant malgré toutes les fadaises et tous les clichés qu'on lui débite... et j'ai admiré son art de la repartie qui fait que bien souvent la seule note comique vient de lui!

    Non, pauvres ignares, un castrat n'est pas un chanteur à la voix de fausset! non, les chanteuses d'opéra ne sont pas des Castafiore avec de l'embonpoint! et oui, on peut rire à l'opéra. Par contre, je n'ai pas ri une seule fois pendant ce programme... mais je dois à la vérité de dire que j'ai éteint le poste avant la fin... peut-être y avait-il quelque chose de comique dans la dernière partie?

    Pour les courageux qui veulent juger par eux-mêmes, le lien est ici:

    http://www.rtbf.be/laune/revoir/detail_le-belge-comme-eddy-show?uid=55132884668&idshedule=c5fd2ee606eff1554ea650ac36ac2b09&catchupId=10-TVVVX001-002-PR-1&serieId=10-TVVVX001-000-PR

  • Y comme Yvonne

    C'est une histoire ostendaise.

    Une Yvonne ostendaise, née juste avant la première guerre mondiale. Le père gagne sa vie sur un bateau de pêche qui ne lui appartient pas. Le mari aussi. C'est un métier très dur. Yvonne est veuve très jeune.

    Elle se débrouille. Elle fait des ménages. Ainsi, chez une famille de gros commerçants du centre ville, elle nettoie, elle repasse, elle surveille les casseroles et les enfants. C'est une aide précieuse: elle fait son travail avec son coeur et dorlote le petit dernier quand sa maman est trop occupée au magasin.

    Elle aussi a un fils. Non, il ne sera pas pêcheur, elle ne devra pas craindre pour sa vie chaque fois qu'il prend la mer. Il peut poursuivre une formation d'électricien. Par chance, il trouve tout de suite un travail stable, à l'Etat. Quelle aubaine!

    Vingt et un an: c'est l'âge qu'il a quand on vient annoncer à Yvonne que par un stupide accident son unique enfant vient de mourir électrocuté dans une cabine où il effectuait une réparation.

  • X

    Vendredi soir, 22 octobre. Au début de la rue Dansaert, je vois tout un attroupement devant un restaurant.

    Tiens, me dis-je voilà un Thailandais qui doit offrir un excellent rapport qualité-prix, vu la foule qui attend là sur le trottoir!

    Puis je passe devant. Et je vois que cette foule est uniquement composée d'hommes, et que ce qui les attire, c'est la vitrine du petit magasin à côté du restaurant thailandais.

    Car derrière cette vitre, une demi-douzaine de jeunes femmes se dandinent. Elles sont vêtues - oserais-je utiliser ce mot ici? - du plus symbolique des slip et soutien-gorge.

    J'étais sur le parcours Modo 2010... http://www.modobrussels.be/?p=68&cat=103&lang=en#p-68

  • W comme wagon de train

    Les gares, les quais, les trains... les adieux, tous plus déchirants les uns que les autres...

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    surtout quand on part pour un ailleurs si étrange

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    ou quand le train pour l'aéroport est rose et qu'il a du retard

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    et que Gabriela n'a rien d'autre à agiter qu'une petite bouteille d'eau

  • V comme Vanina

    En voyant passer ces chevaux, j'ai pensé à Vanina parce qu'elle avait parlé sur son blog de son amour des chevaux.

    Alors j'ai pris cette photo pour elle:

     

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    Mauvaise photo, je sais, les cavaliers passaient à trop vive allure et j'étais assez loin... mais c'est l'intention qui compte, n'est-ce pas Bisou

     

     

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  • U comme UNL

    Je feuillette le journal Le Monde de vendredi dernier et je tombe sur une photo qui montre un jeune et... un enfant? me dis-je en le regardant de plus près. En tout cas, il fait une tête de moins que le jeune à côté de lui et n'a pas droit à son nom dans la légende qui accompagne la photo.

    En lisant l'article, je constate que c'est parce qu'il est déjà une vedette française et qu'il est apparemment inutile de le présenter: Victor Colombani, 16 ans, à la tête de l'UNL, l'union nationale lycéenne.

    Sa photo ici et un article
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/education/victor-colombani-16-ans-president-de-l-unl_929031.html

    Syndiqué depuis l'âge de 14 ans...

    Ils n'ont pas besoin des adultes, dit-il, pour se mobiliser...

    On peut l'entendre ici: http://www.dailymotion.com/video/xf7qsn_victor-colombani_news

    Hé! il sait parler, ce petit! et il a déjà 10700 entrées si on g**glise son nom...

     

  • T comme trou de verdure

    C'est un trou de verdure où chante...

    un ruisselet? une grive? le vent dans les feuilles?

    Tout ça et bien d'autres choses!

    Mais c'est avant tout le plus joli trou de verdure qui soit Cool et chaque fois que je m'y promène je me souviens pourquoi je veux continuer à y habiter, malgré toutes les difficultés que cela comporte...

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    où la lumière pleut

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    c'est un petit val qui mousse de rayons

     

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  • Stupeur et tremblements

    Samedi dernier, grand branle-bas dans notre petite réserve naturelle: une dame téléphone pour signaler qu'une de nos Galloways se promène dans son champ de maïs.

    Nous y courons armés de longues cordes et constatons que nos cinq pensionnaires paissent tranquillement à l'intérieur de la réserve.

    Fausse alarme? Mauvaise plaisanterie? Abus d'eau ferru... ferru... ferrugi... ferrigéraneuse?

    http://www.youtube.com/watch?v=Z0PAwB2mxR8

    Aujourd'hui nous croyons tenir les coupables. Les voici:

     

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    Pourtant eux aussi étaient tranquillement dans l'enclos, quand nous sommes allés contrôler les dires de la fermière. Alors quelle est la stupéfiante clé de ce mystère?

    C'est un voisin qui vient de la découvrir: l'âne est un malin qui est capable d'ouvrir le portillon donnant accès à la réserve naturelle et qui pourtant est fort étroit et doit être non pas poussé, bien évidemment, mais tiré vers l'intérieur.

    Depuis, nous tremblons pour notre collection de plantes rares qui se trouve juste à côté...

    ... et je me demande bien quel est l'idiot qui a inventé le bonnet d'âne!?

     

  • 22 recettes de poires

    Je me demandais que faire de ce bac de poires offert par mes gentils voisins - on peut être bruyant et gentil, n'est-ce pas - et avec l'ère d'internet j'en oubliais presque qu'au fil des ans j'ai constitué un épais classeur rempli de bonnes recettes dûment sélectionnées, découpées, restranscrites et bien ordonnées (vive l'ordre alphabétique hahaha).

    Alors au P comme poire, il y a ceci:

    1.poires au vin rouge (seule difficulté: on préconise l'emploi d'un château Margaux), au vin blanc et au gingembre, au vin de Banyuls et à la lavande, poires au champagne
    2.poires au miel
    3.granité aux poires, un sorbet qui ne durcit pas mais "qui prend en neige", dit la recette
    4.cake aux poires
    5.gratin de poires, avec ou sans mûres ou autres fruits
    6.poires rôties aux épices et au pain d'épices
    7.tourmaline: biscuits à la cuiller, poires au vin et mousse de thé
    8.blanc-manger aux poires
    9.bavarois aux poires à la mousse de sauge
    10.clafoutis aux poires, avec ou sans cannelle
    11.poires rôties à la crème pistache
    12.poires en sabayon
    13.crème brûlée aux poires
    14.poires meringuées
    15.douillons aux poires
    16.poires amandines en robe feuilletée
    17.poires au gratin, avec de la confiture d'abricots, des macarons et des noisettes
    18.flan aux poires, avec ou sans sauce chocolat
    19.en crêpes: crêpes Bergamote ou mille-feuilles de crêpes aux poires
    20.feuillantine aux poires à la crème de pistache
    21.avec de la glace: poires Belle-Hélène ou l'intraduisible et poétique "zoete tulle met suikerweefsel"
    22.enfin, mille et une façon de faire la tarte aux poires, avec ou sans crème, poudre d'amandes, sucre roux, épices, eau-de-vie...

    Bon, qu'est-ce que je vous prépare?

  • R comme réminiscence

    Samedi dernier, on a enfin réussi à me livrer le mazout que j'attendais déjà depuis plusieurs jours.

    Problème numéro 1: le lieu où j'habite est dans une rue en cul-de-sac et trop étroite pour un camion de taille "normale" donc je dois attendre que le plus petit format soit disponible.

    Problème numéro 2: la firme envoie chaque fois un autre chauffeur donc ça me vaut une série de coups de fil de plus en plus désespérés de la part du malheureux qui se demande s'il retrouvera un jour le chemin vers la civilisation.

    Problème numéro 3: j'ai beau lui expliquer comment me trouver, l'homme préfère se fier à son GPS qui l'envoie toujours (et je l'en préviens) de l'autre côté du bois. D'accord, à vol d'oiseau ça ne fait que 200 mètres de mon tank à mazout, mais jusqu'à présent je n'ai pas encore vu de camions volants.

    Problème numéro 4: quand il arrive enfin en vue de chez moi, son énervement ou son enthousiasme (je n'ai jamais osé poser la question) le fait s'embourber dans le talus, donc il doit rappeler quelqu'un de sa firme à la rescousse.

    Alors arrive l'homme de la situation. L'HOMME avec H majuscule. Tout content de voir l'attroupement féminin (ma charmante voisine et moi) à qui il va pourvoir montrer son savoir-faire.

    "Mannen presteren beter als vrouwen toekijken" dis-je à ma voisine, et on rigole toutes les deux en nous rappelant cette ancienne pub de la chaîne flamande http://www.youtube.com/watch?v=H1RzH938Tfk

    Une autre version ici: http://www.topfunny.nl/2009/10/mannen-presteren-beter-met-publiek/

  • Bilan (provisoire) d'un abonnement légumes

    Admirez ces scaroles, même si elles ne dansent pas comme celles de Léon-Paul Fargue  

    Les salades d'escarole
    Dansent en robe à paniers
    Sous la lune blonde et molle
    Qui se lève pour souper...

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    Celle de gauche vient du jardin de l'ami G***, celle de droite était hier après-midi dans mon troisième paquet de légumes (je parlais du premier à L comme lettre de réclamation le 14 octobre dernier)

    Pour ceux qui se souviennent du problème évoqué précédemment - ou qui sont retournés voir de quoi il s'agissait - mon paquet de ce mardi comportait également trois poireaux, trois carottes, deux poivrons verts, du gingembre et 450 gr de choux de Bruxelles.

    Par contre, le mèl qu'on nous envoie pour nous annoncer ce que contiendra notre paquet de la semaine ne mentionne plus aucun poids! Pas folles, ces vertes guêpes Innocent

    ***

    Quelqu'un sait à quoi je pourrais utiliser du gingembre frais? J'en ai 90 grammes (lol)

     

  • Question existentielle d'octobre: pourquoi lire?

    C'est le titre du dernier livre de Charles Danzig, Pourquoi lire? publié chez Grasset. On en parle assez bien ici http://www.lexpress.fr/culture/livre/pourquoi-lire_925255.html

    Pourquoi lire?

    Je lis pour le plaisir, pour m'évader, pour rêver, pour apprendre, pour guérir. Car oui, il y a aussi des livres qui consolent ou qui font les plaies moins vives.

    Le livre c'est l'illusion. L'illusion qu'on apprendra des choses sur la vie, sur l'auteur ou sur l'ami(e) qui vous en a recommandé la lecture. Ou sur soi.

    L'illusion d'un autre monde. Le film dans la tête. La magie des lettres, des mots, des phrases. Des idées, des histoires, des images.

    Mon livre et moi. Oublier le temps qui passe et le feu qui s'éteint. Tout oublier. Le thé qu'on a mis à infuser et les soucis de la vie.

    Pourquoi lire? Pour entrer dans un autre univers, se laisser charmer et emporter très loin. Au pays où l'on n'arrive jamais Clin d'œil

    ***

    Amis lecteurs, et vous, pourquoi lisez-vous?

     

  • P comme poires

    Il y a mes voisins du dessus, ceux avec le chien, les lapins, le coq, les poules, les trois garçons, l'accordéon et la batterie.

    Il y a mes voisins du dessous, ceux qui ne sont là que le week-end, avec la tondeuse, la tronçonneuse et la débroussailleuse.

    Ceux du dessus ont des lapins baladeurs qui apprécient mes choux de Bruxelles.

    Ceux du dessous ont un verger. L'an dernier, j'ai reçu des pommes. Cette année, ils me font profiter de leurs poires.

    Elles sont mûres, elles tombent de l'arbre, ils m'en ont apporté toute une caisse.

    Peut-on congeler des poires?

    Vous le saurez bientôt Clin d'œil

  • O comme où sommes-nous?

    - Excusez-moi, nous nous sommes perdus, me dit une gentille promeneuse.

    Je constate que quand un couple se perd dans la nature, c'est toujours Madame qui doit s'adresser à l'autochtone. Monsieur préfère faire confiance à son sens inné de l'orientation.

    Chaque fois que je mets le nez dehors, je peux ainsi aider une promeneuse égarée. Son mari, père, frère ou compagnon reste à deux mètres, comme si la question et la réponse ne le regardaient pas. Pourtant, Madame parle au pluriel.

    - Nous avons laissé la voiture à la rue Untel. C'est encore loin?

    On sent à l'appréhension dans sa voix que Monsieur, mettant à profit ses années de scoutisme, leur a déjà fait explorer tous les recoins.

    Il faut dire aussi que par chez moi, les plaques de rues ne sont pas d'un grand secours...

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    aucun trucage: la plaque est véritablement blanche...

     

  • N comme nuit

    Marine m'a fait repenser aux autres photos qu'elle a prises en novembre dernier, dont celles-ci, de Bruxelles à la nuit tombée, avec les pavés mouillés, le gris et le bleu de la nuit... encore merci, Marine, pour ces belles photos de Bruxelles que j'aime :-) et que je retrouverai avec plaisir le week-end prochain!

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  • M comme mer

    Le Bosphore, la Corne d'Or, ce n'est sans doute pas la mer, mais pour moi ça me fait le même effet: ça m'attire irrésistiblement - même le matin où je voulais prendre un autre chemin et aller vers les parcs, je me suis retrouvée descendant vers le Bosphore... et quand je m'en suis rendue compte, je n'ai pas viré de cap - et je regarde cette étendue d'eau avec l'oeil de Colomb rêvant de s'embarquer pour les Indes...

    En tout cas, c'est ainsi que je l'imagine, l'oeil de Colomb.

    Alors, voilà pour terminer en beauté quelques vues aquatiques. Je crois bien qu'après ça, j'aurai épuisé à peu près tout mon stock de 48 photos prises à Istanbul en 48 heures. 

    En commençant par celle où j'ai rejoué Xénophon: Thalassa! thalassa! comme chaque fois que je revois la mer:

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    partout de très nombreux pêcheurs

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    au loin, un pont... mais je n'ai pas eu le temps de le traverser pour aller en Asie

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    c'est cette dernière qui m'a le plus fait rêver

  • L comme lettre de réclamation

    "Il faut toujours réclamer", disait mon grand-père. "Ce sont les clients les plus exigeants qui sont les mieux servis."

    Hélas, moi j'ai toujours été une âme naïve qui croit que la gentillesse est récompensée et qu'on obtient les palmes académiques parce qu'on les a méritées par le sérieux de son travail.

    Mais ne nous éloignons pas du sujet...

    Tout près de chez moi, il y a une ferme d'agriculture biologique. Avec un magasin où on vend la propre production de fruits et légumes ainsi que celle de collègues agriculteurs. Tout bio et tout très politiquement correct.

    Bien.

    On peut s'inscrire pour un "paquet hebdomadaire" au choix: grand ou petit, légumes, fruits ou les deux. Je me suis laissé tenter par le "petit paquet de légumes" qui me promettait, pour ma première semaine, 700 gr d'oignons, 600 gr de chicons, 300 gr de tomates, du chou-rave, radicchio et poivron rouge.

    Super!

    Le mardi soir, je vais chercher mon premier paquet, toute guillerette et des idées de menu plein la tête. Ah les bonnes tomates bio, j'en ferai une concassée que je mettrai à froid dans les pâtes, il me reste du beau basilic, le temps est encore estival, ce soir, et ça ira très bien avec le chèvre frais...

    J'arrive chez moi, je déballe fébrilement mes trésors.

    Un poivron, un petit chou-rave, une boule de radicchio, une poignée de petits chicons malingres, cinq malheureux oignons... et de tomates point.

    Ma déception est si grande que je sors ma balance: aucun article ne fait le poids promis, loin s'en faut.

    Alors je repense à la petite phrase de mon grand-père et me résigne à écrire "une lettre de réclamation". J'y ai réfléchi jusqu'au lendemain (ne jamais agir sous le coup de la colère - lol)

    Chère Madame,

    Hier, j'ai reçu mon premier paquet de légumes et il faut tout de même que je vous dise ce que j'ai sur le coeur (etc j'explique les grosses différences de poids et les tomates manquantes)

    Ai-je eu de la malchance ou est-ce normal? (etc formules de politesse)

    Deux jours plus tard, j'ai eu une réponse en ces termes - c'est moi qui souligne en rouge - de la part du monsieur qui prépare les paquets:

    Op uw vraag indien dit normaal is, of indien u gewoon pech had, kan ik u misschien best schetsen hoe de maandag (dag waarop de pakketten worden samengesteld) verloopt. In de voormiddag wordt er geoogst, en in de namiddag ben ik alleen verantwoordelijk voor de samenstelling van de pakketten (een 120-tal groenten, en een 60-tal fruit). Het is onmogelijk om voor ieder pakket de juiste hoeveelheden te wegen; ik probeer zo juist mogelijk te schatten. Dit betekent dus dat u de ene week meer zal meekrijgen, de andere week wat minder en soms zal het bij benadering volkomen correct zijn. Ik durf te stellen dat u gemiddeld gezien over het hele jaar de juiste hoeveelheden zult ontvangen. Wat vorige week betreft, is het zo dat we op het laatste moment de tomaten hebben moeten vervangen door een Paksoi doordat onze leverancier een fout had gemaakt. Nu, in uw pakket was er toch wel een beetje te veel in gebreke en daarom stel ik u voor dat u volgende week een extra groente in u pakket zal krijgen.
     
    Il m'explique donc qu'il est seul à faire les emballages, et que, n'ayant pas le temps de peser les articles, il en fait une "estimation" ... Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas le compas dans l'oeil!
     
    Dans son royaume de l'à-peu-près, ce n'est pas le client qui est le roi...
     
    Je suis curieuse de lire vos commentaires...
  • K comme konak

    Le mois dernier à la même lettre j'avais annoncé que je partirais à la chasse aux konaks.

    En voici deux: un délabré, sur la route de l'aéroport, et un restauré, devenu petit hôtel, mais malheureusement coincé sur la colline entre des blocs d'appartements:

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    j'ai photographié l'escalier pour la profondeur mais surtout pour le chat qui faisait sa sieste au soleil :-)

  • J comme jeu de Joye

    C'est Joye qui m'y a fait penser en jouant à ce petit jeu chez elle et c'est précisément elle qui gagne: le 2000e commentaire de ce blog, c'est Joye qui l'a posté, le 6 octobre dernier à 13.52 h.

    Chez elle, c'était là: http://iowagirl.over-blog.com/article-hey-qui-a-laisse-le-14-000e-iowacommentaire-57256245.html

    Chez moi la chose a des proportions infiniment plus modestes, c'est évident, mais ma joie n'en est pas moins grande et j'en profite pour vous dire à tous:

    un tout grand merci!

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  • I comme Istanbul Constantinople

    Dans une ville si grouillante, pleine de bruits, de voitures, de cars, de taxis et de charettes à bras, ici et là surgit la beauté.

    Je vous livre quelques photos en vrac, sans commentaire: je les ai prises au cours de mes promenades et bien souvent sans même savoir le nom du monument...

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  • H comme histoire

    Ce qui est frappant, à Istanbul, c'est ce mélange foisonnant et sans complexes de l'ancien et du moderne. Même si beaucoup - comme Pamuk - se plaignent de la perte de tant de monuments anciens...
    Mais je citerai Violeta, mon amie roumaine, "nous aussi avons droit à la modernité".

    Sur la route de l'aéroport, quelques restes de fortifications qui ne sont pas mis en valeur par l'urbanisme:

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    Sur mon parcours matinal, une tour coincée entre d'étroites rues commerçantes:

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    Il faut espérer qu'Istanbul 2010, capitale européenne de la culture, aura tout de même permis quelques belles restaurations:

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  • G comme gorge

    - Vous qui êtes professeur de chant, me dit mon médecin lors d'une précédente visite...

    - ... ?

    J'ouvre grand les yeux. C'est une chose que je sais très bien faire, ouvrir grand les yeux.

    - Vous m'avez bien dit que vous étiez professeur de chant?

    Alors je me souviens qu'en effet un jour de super-angine avec mal de gorge carabiné et extinction de voix, je lui ai soufflé cette supplique:

    - Docteur, aidez-moi! Ma voix, c'est mon instrument de travail!

  • F comme Flamande

    - Vous êtes Française? me demande une gentille dame venue écouter comme moi Philippe Boesmans à la Monnaie et avec qui je papotais depuis quelques minutes.

    - Je suis Flamande... Je ne sais pas si je peux encore dire ça tout haut?

    Vraiment, je le disais avec un brin d'appréhension.

    - Mais oui bien sûr, me dit-elle. Ici on est entre gens intelligents.

    Ah! le beau grand sourire que je lui ai fait, à cette dame, pour la remercier de cette magnifique petite phrase!

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    photo prise par Marine lors d'un séjour ici

  • les 7 vies de mes chats

    Une boîte en carton, un seau, un arrosoir, le poêle à bois, le bac de la tondeuse, un pot de fleurs, un sabot de jardinier taille 45, ...

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    "Katten in zakken", "een kat in een zak kopen", se dit en français 'acheter un chat en poche'. Mais Pipo et sa mère sont Flamands, c'est donc dans des sacs que vous les trouverez. Les poches, ils n'ont pas encore essayé. Mais on ne sait jamais...

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    Au lieu de les appeler Moussa (pour sa douceur) et Pipo (pour ses dons musicaux - lol), j'aurais peut-être mieux fait de les baptiser Ying et Yang...

  • E comme Education Nationale

    J'ai eu la bonne idée de demander à mes élèves de Terminale de disserter sur le rôle de l'école. Qu'attendent-ils de l'école? Que doit-on apprendre aux jeunes?

    Les corrections m'ont occupée plusieurs jours et je n'ai pas eu le temps de faire des statistiques, mais je peux tout de même vous révéler quelques scoops.

    Une première constante, c'est une demande très forte pour qu'on leur apprenne des choses "pratiques": la couture, la cuisine, les petites réparations. Toutes ces choses que j'ai apprises moi-même en regardant faire ma grand-mère ou mon père et auxquelles j'ai pu m'entraîner en les aidant.

    Un deuxième point qui fait la quasi unanimité, c'est ce qu'ils appellent "l'économie": presque tous me signalent qu'ils auront un jour à remplir une feuille d'impôts et qu'ils ne savent pas comment ils réussiront à le faire. Et bien, ils feront comme moi: ils observeront la chose, liront les notices explicatives et se jetteront à l'eau (si j'ose dire sans vouloir faire de l'humour macabre).

    De plus, ils veulent que l'école leur enseigne l'actualité politique. Voilà ce que demandent des jeunes qui n'écoutent pas les nouvelles et ne lisent aucun journal, sauf occasionnellement les pages sportives (pour certains garçons) ou les potins d'un magazine féminin (pour certaines filles)

    Enfin, et en vrac, presque tous désirent que l'école les aide à découvrir et à développer leurs talents, à acquérir plus de confiance en eux-mêmes, à faire les bons choix de vie; qu'elle fasse d'eux des êtres sociables, polis, polyglottes et ayant des connaissances de base aussi larges que possible dans tous les domaines.

    Voilà pour l'essentiel. Sans oublier le permis de conduire et le secourisme. Bien entendu. Cela va de soi.

    J'envisage la possiblité de lire Voltaire en faisant un ourlet et d'étudier Montesquieu en dévissant la bonde du lavabo.

    Ou de les prendre sous mon toit... en pension chez Adrienne, en voilà une bonne idée pour mes vieux jours Cool

     

     

     

  • D comme douloureux défi

    Mais que deviennent-ils les doudous perdus par les petits enfants ?

    Il lui est arrivé bien souvent de voir des chambres de maternité. Le visiteur qui s’amenait avec un doudou avait l’air fin : l’endroit ressemblait chaque fois immanquablement à la succursale bien achalandée d’un marchand de jouets spécialisé dans les articles pour nourrissons.

    Il lui est arrivé aussi de voir des lits de jeunes filles. Souvent elle se demandait combien de temps ça prenait, chaque jour, pour placer dans ce bel ordre hiérarchique cette riche collection de doudous. Et aussi comment la jeune fille s’y prenait pour trouver le moyen de se glisser elle-même, aussi menue soit-elle, entre ces draps, sans déranger ce bel agencement.

    Il lui est même arrivé quelques fois de voir des greniers de futures grands-mères. L’espoir y faisait vivre une armée de doudous. Comme dans le château de la Belle au Bois dormant, ils attendaient – sans prendre une ride – qu’un petit prince vienne réveiller toute la maisonnée ensommeillée.

    Elle aussi a eu un doudou. Unique et précieux. Un gros nounours qui tendait deux petits bras tout raides. Il était habillé d’un tricot à rayures et de sa petite culotte assortie, vêtements qu’elle avait portés elle-même jusqu’à ses dix-huit mois. Il s’appelait Nounours, tout simplement. Il comprenait beaucoup de choses. Souvent, elle le serrait contre son cœur. Très fort.

    Elle n’avait pas le droit de le prendre dans son lit. Alors elle l’asseyait sur une chaise où il attendait toujours patiemment, arbitre et témoin de ses moindres faits et gestes.

    Puis il y eut le petit frère avec qui il fallut peu à peu tout partager. Il avait une étrange prédilection pour les quelques objets auxquels elle tenait le plus. Un jour qu’elle était à l’école, il arracha les yeux de Nounours. Elle en pleura. Sa mère ne comprit pas son chagrin. Pleure-t-on pour un Nounours quand on est une grande fille de bientôt sept ans ?

    Il lui arracha aussi un des ses petits bras qu’il tendait pourtant avec tant de tendresse. Il lui déchira son tricot à rayures. Sa grand-mère a recousu le bras. On lui a enlevé son petit tricot. Nu et aveugle, il lui inspirait encore plus d’amour.

    Elle était tout le temps inquiète pour lui. Qu’aurait-il encore à subir ?

    Un jour, elle ne le trouva pas sur sa chaise. Elle le chercha partout.

    - Je l’ai jeté à la poubelle, dit sa mère.

    texte écrit pour le défi 115

  • C comme chien et chat

    Les chats d'Istanbul sont à tout le monde: près de nombreux seuils de maisons ou de petits commerces, on voit de petites gamelles prévues pour eux. Murets, marches d'escaliers, toit d'un appentis, les chats d'Istanbul sont partout pour qui sait les voir.
    Ces deux-là en observent un troisième qui les surveille depuis son appui de fenêtre:

    Istanbul 2010 010 - kopie.JPG

    Les chiens d'Istanbul ne sont à personne. Place Taksim, ils dorment toute la journée. Certains à l'ombre sous les quelques arbres, d'autres étalés sur le pavé en plein soleil. Les chiens d'Istanbul ne sont à personne, mais ils portent tous dans l'oreille un gros "chip" rouge qui leur donne probablement le droit d'être là.

    Istanbul 2010 033 - kopie.JPG

    Image de la liberté... surveillée?

  • B comme baraquettes à roulettes

    A Istanbul, tout se vend aussi dans la rue. Je dis 'aussi' parce qu'on y trouve des magasins comme partout en Europe, des petits, des grands, des hyper et des énormes. Mais à côté de tous ces commerces-là, il y a les innombrables baraquettes à roulettes et autres vendeurs de rue.

    Il y a celui qui vend quelques livres disposés sur une couverture, celui qui vend des fruits, des légumes, ceux, très nombreux et bien reconnaissables à leur minuscule baraquette touge, qui vendent des simitçi, tous plus appétissants les uns que les autres:

    simitçi.jpg 

    simitçi2.jpg

     

    Près du Bosphore, le samedi après-midi, j'ai vu un barbecue à roulettes. L'homme faisait griller des brochettes et des légumes et se faisait abondamment photographier... voilà pourquoi j'ai préféré le saisir d'un peu plus loin et à un moment où la fumée de son charbon de bois n'était pas trop épaisse:

    Istanbul 2010 040 - kopie.JPG

    Sur le blog du journal Le Monde, quelques articles intéressants sur le même sujet, et puis d'autres, bien sûr!
    http://istanbul.blog.lemonde.fr/2006/01/

  • A comme Adrienne

    J'ai découvert grâce à Philippe Didion une autre Adrienne: Adrienne Monnier (1892-1955).

    Je vous copie-colle la petite bio qu'on peut trouver sur wikipedia:

    Le 15 novembre 1915, Adrienne Monnier ouvre une librairie "La Maison des Amis des Livres", au 7 rue de l'Odéon, à Paris (6e arrdt) qui fait également office de bibliothèque de prêt et où elle organise des séances de lecture publique.

    Voisine et amie de Sylvia Beach, elle accueille de nombreux écrivains : Paul Fort, Paul Valéry, Pascal Pia, Jules Romain, James Joyce, Louis Aragon, Ezra Pound, Charles Vildrac, Georges Duhamel, Ernest Hemingway, Jacques Lacan, Francis Scott Fitzgerald, Léon-Paul Fargue, André Gide, Walter Benjamin, Nathalie Sarraute, Valéry Larbaud, André Breton, Jacques Prévert et musicien notamment Francis Poulenc.

    En 1929, Adrienne Monnier publie la première traduction en français du roman de James Joyce, « Ulysse ». En 1922, Sylvia Beach en avait publié l'édition originale.

    En 1956, le Mercure de France publie un numéro spécial : « Le Souvenir d'Adrienne Monnier » (n°1109).

    En 1960, Albin Michel fait paraître un recueil de souvenirs intitulé « Rue de l'Odéon », réédité en 1989 et 2009 et complété par Maurice Imbert de textes d'Yves Bonnefoy, Pascal Pia, Eisenstein et Paul Claudel.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Adrienne_Monnier

    L'article de Philippe Didion est ici: http://pdidion.free.fr/chroniques/hl_2010/hl_2010_trim1_monnier.pdf

    Sur un autre site, je trouve encore plus de noms intéressants:

    ADRIENNE MONNIER (1892-1955) — Éditeur, revuiste, poétesse et auteur, Adrienne Monnier était, en 1925, propriétaire de la librairie parisienne La Maison des Amis des Livres, au 7, rue de l'Odéon. L'on pouvait emprunter des bouquins à ce petit commerce et les personnalités les plus prestigieuses des lettres contemporaines accompagnés d'une brochette d'inconnus appelés à devenir célèbres, l'avaient pris en affection.

     Paul Valéry devait plus que tout autre l'essentiel de son succès à sa fréquentation dudit salon. Adrienne Monnier était de plus associée avec la librairie voisine de Sylvia Beach. C'est pourquoi les anglophones James Joyce, Gertrude Stein, Ezra Pound, Ernest Miller Hemingway, Francis Scott Fitzgerald cotoyaient André Gide, Jean Paulhan, son employé, Maurice Saillet, le diplomate Henri Hoppennot, Walter Benjamin, Nathalie Sarraute, Francis Jammes, Jules Romains, Georges Duhamel, André Chamson, sa femme, Lucie Mazauric; Alfred Jarry, Valéry Larbaud, Jean Schlumberger, André Breton, Francis Poulenc, Jacques Prévert qui vint acquérir un peu plus de culture, Léon-Paul Fargue, Blaise Cendrars, Éric Satie, Darius Milhaud et Guillaume Apollinaire.

     Maurice Martin du Gard, Claude Roy, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Jean Giraudoux, Paul Claudel, Pierre Brossolette, Albert Camus, Paul Morand, Charles Louis Philippe, Jean Cocteau, Jacques Benoist-Méchin, André Malraux, Régis Gignoux, Henry Miller, Francis Goullin, Jean Prévost, écrivain-boxeur; Louise de Vilmorin, Robert de Saint-Jean, Jacques Lacan, Francis de Miomandre, Jacques Porel et sa mère, la comédienne Réjane (Gabrielle Charlotte Réju); Yves Bonnefoy, Michel Cournot, Philippe Soupault, Paul Morand, Paul Valéry, Fernand Vanderem, Raymonde Linossier, Charles Chamvin, Alexis Léger dit Saint-John Perse, Jean Amrouche et Henri Pichette figuraient aussi parmi ses invités.

    Selon André Chamson, Adrienne Monnier avait des yeux très clairs, un timbre de voix doux et portait de longues robes grises froncées à la taille, en tissu épais, un peu monacales, un peu savoyardes, comme son pays d'origine.

    http://www.aei.ca/~anbou/monnier.html 

    Quand je serai à Paris le premier ou le deux novembre prochains, faudra que j'aille jeter un coup d'oeil au numéro 7 de la rue de l'Odéon, qui paraît-il aujourd'hui est un salon de coiffure Cool

    C'est en tout cas ce qu'on peut entendre dans cet intéressant reportage sur RFI http://www.rfi.fr/contenu/20100422-livre-une-rose-adrienne-monnier-eternelle-libraire!