• Z comme zut, même les plus belles choses ont une fin

    Dommage pour les amis qui viendront encore chez moi, j'aurai des vins de moins en moins fastueux à leur offrir. J'ai déjà parlé ici de ces quelques beaux "fonds de cave" que m'avait laissés l'homme-de-ma-vie. Alors, comme le raconte Colette à propos de sa maman:

    "Une à une, elle déterra, de leur sable sec, des bouteilles qui vieillissaient sous notre maison"

    je fais pareil pour les amis qui viennent manger chez moi. Ainsi, nous venons de déguster le dernier Gevrey Chambertin et le dernier Vieilles Vignes du château de Beaucastel...

    "Certains vins défaillaient, pâlis et parfumés encore comme la rose morte ; ils reposaient sur une lie  de tannin  qui teignait la bouteille, mais la plupart gardaient leur ardeur distinguée, leur vertu roborative. Le bon temps !" (Prisons et Paradis, 1932)

    Sic transit gloria mundi Clin d'œil

    Après, très bientôt, et bien, ce sera un bon petit vin de pays...

    Qui a dit "Qu'importe le flacon..." pourvu qu'on ait l'amitié ?

     

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  • Y comme Yvonne

    Une grande militante antiraciste n'est plus Yvonne Jospa sauva 3.000 enfants juifs

    LAPORTE,CHRISTIAN

    Mardi 25 janvier 2000

    Le sablier du temps s'écoule inexorablement, même pour les authentiques héros: alors qu'on apprenait, samedi, le décès d'Eugène Colson, le fameux «colonel Harry», un des principaux libérateurs d'Anvers («Le Soir» du 24 janvier), une autre grande résistante s'en est allée, en fin de semaine dernière.

    Yvonne Jospa, qui sauva plus de 3.000 enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale, est décédée jeudi à Saint-Gilles, à quelques jours de son nonantième anniversaire.

    Avec elle disparaît une grande militante des droits de l'homme dont le combat se poursuivit bien au-delà de la guerre puisqu'elle fut à la base de la création du Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme et pour la paix au sein duquel elle demeura active jusqu'à la fin des années 80 et dont elle continuait à suivre de près les combats.

    http://archives.lesoir.be/une-grande-militante-antiraciste-n-est-plus-yvonne-josp_t-20000125-Z0HT2L.html

    Pour ceux qui ont un peu de temps, un témoignage émouvant d'une autre femme, Paule Renard-Andriesse, ici:

    http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/visuel/2005/08/29/paule-andriesse-une-juste-de-belgique_672669_641295.html

    Un grand merci à Pivoine qui m'a mise sur la piste de ces grandes dames.

  • X comme équation d'inconnue X

    Le moral un peu à plat, le monde qui semble plus hostile et les problèmes plus insurmontables...

    C'est dû à la saison, m'écrivent de gentilles blogamies.

    Puis je me dis que jamais l'automne n'a eu cet effet-là sur moi, autrefois.

    Et je jette un oeil au calendrier: mais oui, bien sûr, voilà deux ans que je tenais la main de mon père...

     

    et qu'il est mort.

    ***

     

    J'ai donc choisi une photo de ses mains, qui nous avaient préparé le repas de Noël

     

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  • W comme wagon de train

    Des travaux sur la voie, des changements dans la ligne, bref j'arrive juste à temps pour sauter dans le train au moment de son départ.

    Je me rends tout de suite compte que j'ai mal choisi mon wagon: des "supporters" allemands braillent à s'en péter les cordes vocales. Ils sont étalés sur les sièges en balançant leurs canettes de bière en mesure. Ils ne sont sans doute qu'une bonne dizaine mais semblent une foule gesticulante: leurs bras sont comme des tentacules qui m'empêchent le passage dans le couloir central. 

    Je m'installe le plus loin possible et leur tourne le dos pour ne pas voir cet affligeant spectacle. Derrière moi, entre deux vociférations, j'entends des rots de bière et le pschitt d'une nouvelle canette grand format qu'on dégoupille.

    Ils sont les maîtres du wagon et le savent. J'échange quelques regards avec d'autres voyageurs fourvoyés là ce samedi en avant-soirée d'un match international: toujours la même galère avec les Anglais et les Allemands, hélas... Les six "touristes" que nous sommes se comprennent sans paroles et se tiennent à carreaux. D'ailleurs, aucun contrôleur ne passe, comme c'est étrange ;-)

    L'un des braillards arrive en titubant. Il a déjà le regard si trouble que je me demande ce qu'il verra du match. Il manque s'écrouler deux fois en allant jusqu'aux toilettes, ne réussit pas à en ouvrir la porte et pisse tout simplement là, au vu de tous, dans le couloir.

    A côté de moi, une Hollandaise s'insurge:

    - Non mais vous avez vu ça?

    Ben oui, j'ai vu... et peu après je l'ai aussi senti!

    - Et dire, lui ai-je répondu, que la Hollande et la Belgique sont candidates pour organiser la Coupe du Monde en 2018!

    ***

    Voetbal, een feest! dit le slogan du Koninklijke Belgische Voetbalbond.

    http://www.footbel.com/nl/clubs_spelers/clubs/voetbal_een_feest.html

    Pour la version française, c'est ici:

    http://www.footbel.com/fr/clubs_spelers/clubs/voetbal_een_feest.html

     

  • V comme Vlamingenstraat

    Louvain, Vlamingenstraat:

     

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    Pendant ma promenade "nostalgique" (voir à cette lettre), j'ai revu la petite rue où pour la première fois il m'a pris la main...

    ... qu'il a dû lâcher tout aussitôt, parce que le trottoir était trop étroit.

    Je constate à ma grande satisfaction que la ville de Louvain s'attaque enfin aux travaux nécessaires pour remédier à ce gros problème des amoureux débutants :-)

  • U comme un, un seul et plus qu'un

    Un mois encore et comme d'habitude - enfin, comme ces quatre dernières années - des sentiments assez mélangés: dans un mois exactement, c'est Noël.

    A Paris le premier novembre les grands magasins avaient déjà leurs plus beaux atours: je voulais admirer la coupole mais j'ai vu un gigantesque sapin de Noël

     

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    Bon, j'exagère ;-) j'ai vu la jolie coupole aussi, bien sûr, sous une pluie de paquets cadeaux

     

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    Et la magie de Noël, ça finit par fonctionner... il me vient des envies d'éclairage à la bougie et j'ai promis à celle qui me fait l'amitié de venir partager mon repas de Noël qu'il y aurait du homard, son plat préféré.

    Allons, cette année aussi, on y survivra... et quelques bulles, ça aide  Cool

     

  • T comme trésors

    Trésors

    Quand M*** est rentré de l’école ce soir-là, il a jeté son cartable dans un coin de la cuisine, d'un geste machinal. Il s’est affalé sur une chaise. Il était fatigué, il avait faim. Il avait traîné un peu avec les copains, comme d’habitude. Il faisait déjà noir. Ses devoirs, ses leçons, il les ferait plus tard. Ou il ne les ferait pas. Ce ne serait pas la première fois…

    Sa sœur était occupée à côté. Son père venait de rentrer du travail et tripotait encore un truc au garage. Sa mère était aux fourneaux. La table était mise. Ça sentait bon. La viande grésillait dans la poêle.

    Tout à coup, il y a eu un boum formidable. A l’instant même, les flammes atteignaient déjà le faux plafond, les rideaux se sont embrasés, une épaisse fumée a tout envahi. M***, sa mère, sa sœur, n’ont eu que le temps de sortir de la maison en courant.

    Par les carreaux cassés on pouvait voir un brasier d’une violence incroyable. Le père a sauté dans sa voiture et l’a mise en sécurité dans la rue. M*** avait son portable dans sa poche, il a appelé les pompiers. Les voisins ont accouru puis sont restés là, hébétés, impuissants face à l’ampleur du drame.

    Dix minutes plus tard, des trombes d’eau finissaient d’anéantir tous leurs biens. Les meubles, les vêtements, les appareils ménagers, la literie, les photos, les souvenirs : ils n’ont rien pu sauver, rien récupérer.

    Ce que M*** n’a jamais réussi à comprendre jusqu’à aujourd’hui, dix ans plus tard, c’est pourquoi dans sa fuite il a eu l’idée d’emporter son cartable.


     

    ***

     


    texte écrit pour le défi 124 qui nous demandait quel sens nous donnions au mot 'trésor'...
    Au moment où je me faisais mentalement la liste de tous mes 'trésors', je me suis tout à coup souvenue de cet ancien élève, pas le plus studieux de la classe ;-) qui en ce moment de grand danger avait pensé à sauver son cartable, alors qu'il ne contenait rien de précieux, et pas son matéreil de ping-pong, auquel il tenait pourtant beaucoup plus...

  • Stupeur et tremblements de lundi matin

    C'était à la une aux nouvelles de ce lundi matin:

    Vlaams onderwijs scoort slecht in aanleren democratische attitudes

    Une enquête auprès de jeunes Européens de 14 ans a démontré que nos élèves flamands n'ont pas une foi très grande dans les valeurs démocratiques et dans la société multiculturelle.

    Vlaanderen is goed in de overdracht van kennis. Maar wanneer scholieren voor het onderzoek bevraagd werden, scoorden ze slecht op democratische attitudes. De Vlaamse scholier is samen met de Nederlandse van alle West-Europese leerlingen het meest terughoudend ten opzichte van de multiculturele samenleving en immigranten. Ook scoren ze slecht inzake geloof in democratische waarden.

    Bien sûr, comme d'habitude, la faute ainsi que le remède en incombent totalement à l'enseignement.

    Les responsables politiques, les journalistes, toute la société, en fait, devrait plutôt se demander quelle image elle donne elle-même à ses jeunes concernant les valeurs démocratiques et la société multiculturelle...

    ***

    L'école n'est pas un vase clos, elle est une mini-société, et elle est le reflet de la société. Si la moitié de la société honnit "l'étranger" et se gausse de la démocratie, comment l'école pourrait-elle redresser cette barre?

    Ce n'est pourtant pas faute d'essayer... mais je vous dis ceci: à l'heure où j'écris ce billet, je sens une grande fatigue m'envahir...

     

  • 22 questions pour une expo

    Une expo qui fait le tour de la planète sera à Bruxelles à partir du 17 décembre prochain. Pendant cinq ans, environ 6000 personnes ont été interviewées un peu partout sur ce globe: au Brésil, en Allemagne, en Afghanistan, au Mali... On peut se renseigner sur le site de l'expo http://www.6milliardsdautres.org

    Voici 22 questions qui ont été posées à toutes les personnes interviewées. Si vous le désirez, vous pouvez y répondre également, ici ou chez Yann Arthus-Bertrand :-)

    1.Quel est votre premier souvenir ?

    2.Quels étaient vos rêves d'enfant ?

    3.Quels sont vos rêves maintenant ?

    4.Êtes-vous heureux ? Quelle est votre plus grande joie ?

    5.Vivez-vous mieux que vos parents ?

    6.Quelle est votre plus grande peur ?

    7.Vous sentez-vous libre ?

    8.Avez-vous déjà souffert de discrimination ?

    9.Qu'est-ce que Dieu pour vous ?

    10.Quel est le sens de votre vie ?

    11.Quel est votre message pour la planète ?

    12.Que représente la famille pour vous ?

    13.Qu'avez-vous envie de transmettre à vos enfants ?

    14.Qu'avez-vous appris de vos parents ?

    15.Quelle fut l'épreuve la plus difficile à laquelle vous avez dû faire face ?

    16.Qu'est-ce que l'amour pour vous ?

    17.Qu'est-ce qui vous met le plus en colère ?

    18.Qu'est-ce que vous ne pourriez pas pardonner ?

    19.Avez-vous déjà eu envie de quitter votre pays ? L'avez-vous fait ?

    20.Qu'est-ce que la nature pour vous ?

    21.D'après vous, qu'est-ce que la guerre ?

    22.Que croyez-vous qu'il y ait après la mort ?

    Et la question bonus de Yann-Arthus:

    Que pensez-vous du changement climatique ? Le ressentez-vous ?

  • R comme Room with a view

    A Paris depuis ma chambre d'hôtel, vue plongeante sur la cour de récré et le mur de l'école maternelle et primaire. Ce sont les vacances d'automne, donc j'ai la vue sans l'animation:

    Paris 05 - a room with a view.JPG

    Paris 04 - a room with a view.JPG

    République Française
    Ville de Paris
    Ecole de filles

    ***

    Autre 'Room with a view', depuis le café No stress où j'ai attendu que ce soit l'heure d'aller au théâtre (Kiki van Beethoven, d'EE Schmitt, j'en parlerai peut-être un jour): une vue qui pour moi est un condensé de Paris, ou en tout cas de l'idée qu'on s'en fait, une petite place genre Amélie Poulain, un réverbère, un platane...

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  • un bilan du 20 où il faut s'en tenir à 15

    J'avais promis ma réponse pour le 20, donc la voici: quels sont les 15 auteurs qui m'ont le plus marquée? je vous les donne dans l'ordre chronologique de leur rapport avec ma petite vie... Et entretemps de nombreuses blogamies ont déjà relayé ce défi de Margotte  - voir http://leblogdemargotte.unblog.fr/2010/11/10/ardoise/

    1.ceux qui m'ont donné l'envie de devenir écrivain (lol):

    Vers mes 12 ans j'ai commencé à écrire des "sequels" pour deux auteurs dont j'avais à peu près tout lu: j'ai donc écrit une nouvelle aventure du "Club des Cinq" (Enid Blyton) et des suites à deux livres de la Comtesse de Ségur (1), une pour le Général Dourakine et une pour Les vacances, avec Camille et Madeleine, Sophie, Jacques, Paul, Marguerite, Jean et Léon.

    2.ceux qui m'ont donné l'amour de la poésie:

    Jeune ado, ce sont les poètes qui m'ont bouleversée, à commencer par Clément Marot (2) (Roy des François plein de toutes bontés, Quinze jours a, je les ai bien comptés, ... je connais encore par coeur toute sa petite épître au roi), Maurice Scève (Plus tôt seront Rhône et Saône disjoints, Que d'avec toi mon coeur se désassemble me paraît encore être le summum de la déclaration d'amour :-)) et Louise Labé (Je vis je meurs je me brûle et me noie, ou son torride Rebaise-moi et baise, donne-m'en un de tes plus savoureux etc etc)

    3.ceux qui m'ont donné l'amour du théâtre:

    ça a commencé par une lecture imposée par mon prof de français langue étrangère en dernière année du secondaire (j'avais enfin un bon prof de FLE! je ne le remercierai jamais assez), Montherlant, La Reine morte. Depuis bien sûr je sais que cet auteur était un horrible pédophile et je n'ai plus rien lu de lui par dégoût pour sa personne, mais cette petite phrase d'Inès de Castro m'est restée en mémoire parce qu'elle dit si bien l'amour d'une femme: "Le jour où je l'ai connu, c'est comme le jour où je suis née: ce jour-là on a enlevé mon coeur et on a mis à sa place un visage humain".

    La phrase a une résonance toute particulière pour moi aujourd'hui, 20 novembre, quatre ans exactement que l'homme-de-ma-vie m'a quittée et je suis encore dans les mêmes dispositions qu'Inès de Castro ;-)

    Puis pour le théâtre il y a eu Molière (3), bien sûr, et à l'université la découverte de Michel de Ghelderode (4). Il mériterait un billet à lui seul.

    4.ceux qui m'ont donné le goût de la philosophie:

    D'abord Camus (5) et l'Etranger, découvert à 17 ans et que je n'ai cessé de relire avec le même plaisir: je continue à y trouver de l'intérêt même si j'en connais des passages entiers par coeur.

    Et puis bien sûr Voltaire, pour qui je devrais faire un billet, un jour. Je l'ai découvert tard, je le découvre encore, en fait.

    5.ceux qui m'ont fait découvrir la littérature:

    J'ai dû attendre d'être à l'université parce que ma mère ne voyait dans la lecture qu'"un horrible danger", non seulement d'un point de vue moral (tous ces auteurs mis à l'index!) mais aussi parce que la lecture c'est "l'oisiveté mère de tous les vices". La seule lecture qu'elle autorisait, c'était Berthe Bernage (merci Pivoine de me l'avoir rappelé! http://quartzrose.canalblog.com/archives/2010/11/11/19571947.html) parce que les religieuses lui en avaient permis la lecture quand elle était jeune fille elle-même!

    Bref, j'ai donc dû attendre l'université pour découvrir Flaubert (Madame Bovary), Stendhal (6) (Le Rouge et le Noir) et Choderlos de Laclos (7) (Les Liaisons dangereuses), tous à l'index, bien évidemment Pied de nez

    6.ceux qui m'ont fait découvrir l'argot, les contrepèteries, les jeux verbaux et tout ce plaisir du langage:

    Une place spéciale pour San-Antonio (8), grâce à qui j'ai découvert qu'à côté du français que j'apprenais à l'école il y en avait un autre, si imagé, si rigolard, si moralement incorrect.

    Et puis Queneau, Tardieu, Perec... quel bonheur!

    7.ceux que j'aime tellement que je veux toujours les partager avec mes élèves:

    Dès que j'ai été moi-même prof de FLE, j'ai abreuvé mes élèves de Petit Prince (9), sûrement l'une des trois oeuvres pour mon île déserte, même si celle-là aussi je la connais tellement par coeur que je n'ai presque plus besoin du livre :-)

    Dans un tout autre genre, il y a Sempé et Goscinny, Le petit Nicolas... j'adore ces histoires et je n'irai sûrement pas voir le film car tout l'humour du texte est surtout verbal, plein de clins d'oeil tendrement critiques pour le monde des adultes. Dommage aussi qu'un certain président ait le même prénom!

    Et puis Amin Maalouf (10), surtout pour son incontournable et nécessaire essai, Les Identités meurtrières!

    8.ceux que mes élèves m'ont fait découvrir:

    Parfois j'atteins le nirvana du prof de FLE car un(e) élève veut à son tour me faire partager sa lecture. C'est ainsi que j'ai découvert Eric-Emmanuel Schmitt, Oscar et la dame rose et notre Amélie Nothomb. Je ne mettrai pas tout Schmitt et Nothomb au panthéon littéraire, mais certaines oeuvres, oui. Schmitt se répète mais Amélie s'améliore Cool

    9.ceux qui offrent une relecture intéressante:

    Adolescente, je me passionnais pour la mythologie. La "relecture" qu'Anouilh (11) fait d'Antigone m'a fascinée, et aussi celle d'Henry Bauchau (12) dans OEdipe sur la route.

    10.mes trois coups de coeur les plus récents:

    Bernard Tirtiaux (13), Pitié pour le mal, Irène Némirovsky (14), Une suite française et Jorge Semprun (15), L'écriture ou la vie: quand on a envie de tout lire d'un auteur, c'est qu'il vous marque, n'est-ce pas? et dans le cas d'Irène Némirovsky, quand on pleure d'impuissance parce que la machine broyeuse nazie l'a empêchée de réaliser ce projet d'écriture qu'on aurait tellement aimé lire...

    Ce qui manque: tous ces auteurs de BD qui m'ont fait voir la vie autrement et m'ont apporté tant de bonheurs divers, Hergé, Morris, Franquin, Peyo, Gotlib, Lambil et Cauvin, Uderzo et Goscinny... et qui auraient droit à leur top 15 eux aussi!

     

  • Question existentielle

    Comment puis-je avoir des amis, de très bons amis, flamingants et républicains, moi qui suis la dernière unitariste convaincue?

    Sans doute parce qu'eux m'acceptent avec mes idées aussi, et que nous pouvons en discuter sans nous fâcher...

     

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    et que finalement au cochon tout est bon Rigolant

     

     

  • P comme Petit Prince

    De la même manière qu'on peut faire le test du serpent boa qui a avalé un éléphant, on peut faire le test du sourire.

    Selon la façon dont on y répond, on pourra se parler de forêts vierges et d'étoiles... ou de bridge, de cravates et de politique.

     

     

     

  • O comme Où se niche la subversion

    Je vois l'inquiétude dans votre regard, chers lecteurs, en découvrant le titre de ce billet, mais la responsabilité en incombe totalement à Margotte et à son tag à propos de nos 15 auteurs les plus marquants, car cela m'a amenée chez Gotlib et sa Rubrique-à-Brac.

    Par un esprit de contradiction que je ne m'expliquerai jamais, alors que ma mère m'interdisait le plaisir de la lecture, occupation du diable car oisive et d'un niveau de moralité tout à fait déplorable, elle ne savait pas quoi inventer pour faire lire mon petit frère. Ce qui fait que peu à peu il a pu se constituer une énorme bibliothèque de BD... qu'il a malheureusement emportée quand il est parti s'installer à 850 km de chez nous.

    La BD, comme chacun sait, n'avait pas été répertoriée à l'Index et vu qu'elle ne lisait pas elle-même les albums achetés pour mon frère, elle n'avait aucune idée du degré de subversion que pouvait dégager le magazine Pilote :-)

    Alors, où se niche la subversion, vous trouverez ça ici, parmi quelques autres pages d'anthologie qui, trente ans après, restent encore gravées dans ma mémoire visuelle: http://www.marcelgotlib.com/High/classic.html

    Et ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi, remercions plutôt Marcel Rigolant

  • N comme nostalgie

    Je devais être à Louvain pour une journée de formation. J'avais une bonne heure d'avance, ce qui m'a permis de faire un petit tour nostalgique dans cette ville où j'ai passé quatre ans. Quatre belles années Cool

    Les commerces de la Bondgenotenlaan me semblent plus nombreux et surtout plus luxueux mais Juste Lipse est toujours à sa place. Au coin de la Bogaardenstraat, une petite photo souvenir s'impose, c'est dans cette petite rue paisible que l'homme-de-ma-vie avait son "kot"

     

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    Quand j'arrive place Ladeuze, le carillon qui l'énervait tant sonne précisément neuf heures du matin. Sourire!

    Les rues sont désertes et les Halles universitaires sont encore fermées. D'ailleurs, ouvrent-elles, le samedi?

     

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    Je suis même passée par le parc où nous avions rendez-vous pour aller manger ensemble à l'Alma 2 en période d'examen. Le reste de l'année, nous faisions notre popote nous-mêmes sur un petit réchaud à gaz.

     

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    Il y a toujours des canards et l'allée n'a pas changé, on a juste ajouté une statuette en 2000

     

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    Pour la formation, je devais être dans les bâtiments de notre faculté (Wijsbegeerte en Letteren - philo et lettres - mais on disait simplement W&L) et je vois qu'aujourd'hui le lieu s'appelle Erasmushuis (maison d'Erasme)

     

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    Voilà la vue que nous avions depuis le huitième étage:

     

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    avec encore une fois le carillon de la bibliothèque:

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  • M comme Martelarenplein

    Beaucoup de choses ont changé quand on sort de la gare de Louvain: on ne se reconnaît presque plus!

    Mais les bâtiments d'en face sont toujours les mêmes (ici dans la lumière d'un matin d'automne):

     

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  • L comme look

    Jusqu'où ira-t-on, me demandais-je l'autre jour dans le train de Louvain, en admirant (au sens étymologique du terme) les ornements d'oreilles qu'arborait le jeune contrôleur des billets.

    Je dis "ornements" et pas "boucles" car il s'agissait de gros boutons noirs qui lui déformaient tout le lobe.

    Il fut un temps - pas si éloigné que ça, tout de même - où on avait cru bon d'introduire un article supplémentaire dans le règlement de l'école, article concernant les piercings et autres "décorations" corporelles: tout ça était bien évidemment interdit à l'intérieur de l'école.

    Quand un élève en discutait, on argumentait que "plus tard", dans le monde du travail, il aurait également à se plier à ce genre de règles et qu'on n'y accepterait pas non plus n'importe quel look.

    Et je pouvais citer en exemple ce jeune représentant en vin qui s'était vu contraint à sacrifier sa magnifique chevelure qu'il portait longue et bouclée et dont il était si fier...

    Je me demande si sa firme a évolué dans le même sens que nous, à l'école, qui essayons de ne pas voir le "diamant" dans la narine et avons légèrement réadapté l'article du règlement: l'interdit ne touche plus qu'un très relatif "opvallende opsmuk", ce qui peut se traduire par "des ornements très voyants"

    Conclusion: si ce jeune contrôleur des billets était un de nos élèves, je ne suis pas sûre qu'on lui demanderait encore d'enlever ses "ornements d'oreilles"... pourtant fort voyants!

    ***

    Panta rhei kai ouden menei
    c'est le cas de le dire, avec le déluge de ces derniers jours Clin d'œil

  • K comme Kat'a Kabanovà

    J'ai eu la chance de pouvoir assister à la prégénérale de Kat'a Kabanovà à la Monnaie.

    J'ai eu la chance de pouvoir me mettre bien au milieu du quatrième rang du parterre, sans personne devant sauf le chef d'orhestre et son assistant, sans personne non plus sur de nombreuses rangées derrière moi. Pas de chuchotements, pas de toux, pas de pastilles ou autres bonbons qu'on sort de leur emballage (frch frch).

    J'ai eu la chance d'être entourée de deux vieux messieurs qui n'arrêtaient pas de dire à leur compagne quelle heure il était. En effet, moi je me promène généralement sans montre. A ma droite j'avais l'heure en français, à ma gauche en néerlandais. La prégénérale commençait avec un peu de retard et vous aurez sans doute remarqué comme moi que les gens âgés sont les plus impatients (et les plus prompts à resquiller dans les files d'attente, mais ne nous éloignons pas du sujet)

    - Vous allez voir ici un premier vrai filage de la pièce, nous dit Peter De Caluwe, en costume trois pièces et cravate romantique.

    Puis le spectacle commence. Grandiose!

    J'ai vu le même opéra il y a quelques années déjà, mais cette mise en scène d'Andrea Breth et la direction musicale de Leo Hussain effacent jusqu'au souvenir du précédent...

    Grandiose, véhément et juste.

    Quel beau cadeau!

    Quelle chance j'ai eue de voir ça!

     

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    Tous les renseignements ici: http://www.lamonnaie.be/fr/opera/37/K%C3%A1ta-Kabanov%C3%A1, on la joue une dernière fois demain dimanche...

  • J comme Jussieu et J comme Joye

    La cité universitaire est un affreux chantier qui offre matière à d'intéressantes photos. En tout cas, j'avais très envie de tout photographier et j'aurais pu y passer des heures...

    Il y a toujours un peu de voyeurisme à photographier des gens à leur insu. Ici, c'est du voyeurisme "en abyme"

    Paris 28 - Jussieu voyeurisme.JPG

    Puis un bout de jardin en friche avec cette pancarte qui pour moi est l'idée du siècle: "Restauration de l'oeuvre de François Stahly"... Depuis que j'ai vu cette pancarte devant les ronces et les herbes folles de Jussieu, je cogite sur une affiche semblable pour mon propre jardin: "Restauration de l'oeuvre de..." (là je cherche encore quoi mettre)

    Paris 30 - l'idée du siècle.JPG

    Ensuite de nombreux jeux de lignes et de géométrie, beaucoup de métal, de délabrement et de froideur

     

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    Paris 33 - Jussieu lignes.JPG

    Enfin, une tour portant sur toute sa surface l'inscription "L'avenir est un présent que nous fait le passé", ce qui prend ici une connotation assez ironique, je trouve, vu l'état des lieux...

     

    Paris 32 - l'avenir est un présent que nous fait le passé.JPG

     

    Et Joye?

    Pour Joye, juste après, et pour compenser tout ce béton et ce métal, il y a le Jardin des Plantes, avec ce magnifique chêne américain:

     

    Paris 35 - chêne américain.JPG

    n'est-ce pas qu'il est beau? les arbres m'émeuvent plus que les tours, si hautes soient-elles

     

     

     

     

     

  • I pour I

    Chère I

    l'expo sur Mario Vargas Llosa m'a fait penser à toi.

    D'abord, bien sûr, à cause de la langue. Car bien qu'il soit Péruvien, il dit quelque part dans cette expo que l'espagnol de sa région natale "est le plus pur qui soit".

    Entre parenthèses: voilà un intéressant sujet de discussion, la pureté de l'espagnol! J'ai hâte de te voir et qu'on en parle Sourire

    Ensuite, pour le titre de l'expo: "La liberté et la vie". Bon, d'accord, c'est parce qu'il a écrit un livre portant ce titre. Mais la liberté et la vie, pour moi, c'est toi.

    Aussi, me disais-je, je devrais faire une expo sur I

    Donc tu es prévenue: si je reviens chez toi, je demande à ta maman si elle a gardé tes premiers carnets scolaires, ta première lettre au père Noël, les premiers livres que tu as lus... car il y avait tout ça pour Mario Vargas Llosa, si, si, je t'assure!

    Pour le reste de l'expo, je n'aurai aucun problème: de jolies photos de famille pour illustrer ton enfance, et des photos bien choisies de tes voyages et de tes rencontres...

    N'est-ce pas que ce serait formidable?

    http://culturel.mal217.org/fr/

     

     

    Vargas Llosa.jpg

     

     

  • H comme handicap

    Beethoven est devenu sourd

    Monet a souffert de la cataracte et Degas est devenu aveugle

    Renoir avait de l'arthrose dans ses mains qui ont fini par être tout à fait paralysées

    "On est toujours puni par où l'on pèche", dit ma mère.

    Et Rimbaud est d'accord avec elle: amputé d'une jambe, il aurait déclaré que c'était pour avoir tant marché toute sa vie (le spécialiste Belge Jean-Louis Cornille l'a écrit dans un de ses essais sur Rimbaud et aussi Alain Buisine dans un article qui a paru dans le Magazine littéraire de juin 1991, un article qui était précisément intitulé Le piéton de la grand route.)

    D'ailleurs rappelez-vous: à seize ans, il fait une fugue et "déchire ses bottines aux cailloux des chemins" en marchant huit jours pour aller manger des tartines de jambon, boire une chope et reluquer la fille au Cabaret-Vert, à Charleroi...

    Et ma mère, que vient-elle encore faire là-dedans?

    Ben rien: elle n'a pas été punie, elle ne pèche pas.

    ***

    Moi si. Je pèche. J'ai la folie des grandeurs. La preuve: depuis le premier novembre, je me prends pour Monet

     

    Paris 40 - fontaine Médicis.JPG

     

    mais j'ai remplacé les nymphéas par des feuilles mortes Rigolant

     

    Paris 42 - fontaine Médicis.JPG

    Paris 44 - fontaine Médicis.JPG

    trois photos que j'ai prises pour Marine, qui aime la fontaine Médicis, au jardin du Luxembourg Bisou

     

     

     

  • G comme Garde ça pour toi!

    - Surtout, garde ça pour toi ! On me l’a dit en confiance !

    Quand ma mère me sort cette phrase-là, je sais qu’elle l’a prononcée avec la même conviction à son amie G***, à l’occasion de leur dernier papotage autour d’un café et de biscuits.
    Qu’elle l’a répétée au téléphone à son amie K***, qui a déménagé mais est restée friande des potins « de chez nous ».
    Qu’elle l’a chuchotée entre deux portes à sa voisine du dessus.

    Je le sais, parce que la voisine du dessus s’empresse de le raconter à sa fille, qui est une de mes jeunes collègues et qui aime me montrer qu’elle est dans le secret des dieux.

    Je le sais, parce que l’amie G*** le raconte à son fils, pour qui je fais la cuisine de temps en temps, et qui est très fort pour mettre ingénument les pieds dans le plat.

    Et l’amie K***, comme les roseaux de la fable, le raconte à tous ceux qui veulent l’entendre.

    ***

    - Et toi ? Pas de nouvelles ? Tu ne me racontes jamais rien ! se plaint ma mère.

     

    ***

    texte écrit pour le défi 119

  • F comme fabulation

    C'est bien de se découvrir des points communs avec des gens...

    Ainsi j'ai vu que le photographe Heinrich Kühn (expo à l'Orangerie) est allé en vacances près de Brixen, dans le Süd Tirol (Bressanone, Italie du Nord), qu'il y a fait la même promenade en montagne et photographié la même croix.

    J'ai entendu dans un film qui lui était consacré (expo au Grand Palais, film passé à l'Auditorium) que Claude Monet était un éternel perfectionniste insatisfait qui touchait et retouchait si souvent ses oeuvres qu'il lui arrivait de les gâcher complètement.

    J'ai vu dans une des vitrines (expo à la Maison de l'Amérique Latine) que Mario Vargas Llosa a découvert Madame Bovary dans la même édition que moi, celle de chez Garnier par Claudine Gothot-Mersch. Mais la mienne est encore comme neuve tandis que la sienne est complétement annotée et commentée.

    Fabulons, fabulons et formons une chaîne autour de la terre Cool

    ***

    Et comme les mendiants, les paysans et tout ce petit peuple peint par "il maestro della tela jeans" (expo à la galerie Canesso, rue Laffitte) je travaille chez moi dans des vêtements troués, effilochés, usés, recousus et rapiécés

    Paris 06 - kopie.JPG

    la rue Laffitte

     

    Paris 10 - galerie Canesso.JPG

     

    la galerie Canesso

    canesso.jpg

    l'affiche de l'expo

    http://www.canesso.com/Galerie-Canesso-tableaux-anciens-peinture-italienne-Home-DesktopDefault.aspx?tabid=1&lg=fr

     

     

     

     

     

  • 7 fois Paris éternel, éternelle, éternellement

    Qu'on le veuille ou non, dès qu'on se retrouve à Paris, à son corps défendant, avant qu'on y prenne garde, on est déjà en train de photographier la tour Eiffel...

    Je sors du métro à la place de la Concorde à 08.19 h (pour savoir l'heure, dans ma voiture je dois enlever une heure seize et sur l'appareil photo une heure trente)

    Paris 02 - kopie.JPG

     

    Paris 14 - Tuileries.JPG

    Paris 15 - Concorde.JPG

     

     

     

    Deuxième "hot spot" qui attirait irrémédiablement l'oeil de ma caméra: la Seine

     

    Paris 20 - Seine.JPG

    Paris 46 - Seine.JPG

    Paris 47 - Seine.JPG

     

    et enfin, chose promise chose due, mes horribles pompes pas disco du tout

     

    Paris 45 - sandales.JPG

     

  • E comme érotisation

    La pub peut-elle devenir encore plus érotique?

    Je croyais que non, vu que les dernières années même les carottes et les salades faisaient l'amour pour nous faire acheter... euh... c'était quoi encore? de l'eau minérale?

    Et puis l'autre jour j'ai vu deux pièces de monnaie qui s'embrassaient (?), se mélangeaient et faisaient des petits...

    les pièces de monnaie: http://vimeo.com/14263012

    les chicons de Flandre: http://www.youtube.com/watch?v=2revAx9VyAY&feature=related

    Bon, je sais, je ne vous montre que le plus soft ;-) mais c'est l'idée... et je me questionne sur l'influence que ça peut avoir sur les plus jeunes.

    un article illustré ici: http://www.roomantic.fr/actualite-234-orangina-erotise-ses-produits-et-joue-avec-la-censure.html

    enfants érotisés, enfants consommables, dans un article de Psychologies.com:

    http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/La-mode-perverse-des-enfants-femmes/4Ni-complicite-ni-autoritarisme

    une analyse faite par l'université de Genève et publiée en 2004

    mkg.unige.ch/Travaux%20PDF/mcei2004.pdf 

  • D comme douloureux défi

    Le Défi 117 nous demandait ceci:

    La situation : 17 heures ; une chambre ; au centre, un grand lit ; sur ce lit, un couple.

    La narration : Pas un seul verbe, ni à l’infinitif, ni conjugué.
    Des participes passés employés comme adjectifs ? Oui, pas trop.

    Voici ce que ça a donné:

     

    A bit crowded

     Rome, premier novembre. 17 heures, 17 heures trente, peut-être, et déjà la nuit. Une chambre d’hôtel; au centre, un grand lit et sur ce lit, un couple.

    Lui, allongé sous les couvertures, l’air agonisant de l’homme légèrement enrhumé – ou de certains hommes, en tout cas – malade, donc, ou prétendument malade. Trop malade pour dîner encore avec elle ce soir-là.

    Elle, sur le bord du lit, la tête dans les mains, les yeux secs et brûlants, le cœur à l’envers, anéantie. En état de choc. Avec des envies de « solution définitive ».

    Vingt-sept ans de mariage sans le moindre nuage et le voilà amoureux comme un collégien.

    Amoureux d’une autre, depuis le printemps dernier.

    Rome, premier novembre. 17 heures, 17 heures trente, peut-être, et la fin d’un parcours. De grands mots sur de grands maux. Toujours… jamais… plus jamais.

     

  • C comme Chinois et C comme Cinquantenaire

    Que fait ce Chinois au Cinquantenaire?

     

    Brussel 025 - zonneaanbidder.JPG

     

    Je venais du métro Mérode. Je l'ai vu de loin, de très loin, dans cette pose.

    Il veut prendre une belle photo, me suis-je dit. En contre-jour. Il prend son temps. C'est normal.

    Un quart d'heure plus tard, il n'avait pas bougé d'un millimètre.

    Il n'a pas d'appareil photo. Il est debout, au milieu de la pelouse humide, les bras tendus face au soleil dans ce froid dimanche matin. Depuis combien de temps?

    Une heure plus tard, quand le musée a ouvert ses portes, il y était toujours.

    Quand j'en suis ressortie à midi, je ne suis pas allée vérifier... ça me fait un peu peur, ce genre de folie Incertain

    ***

    « O sublime Pachacamac ! Je t'adjure de manifester ta toute puissance !... Si tu ne veux pas de ce sacrifice, voile ici, devant tous, ta face étincelante ». (Tintin et le Temple du Soleil)

    Tout sur Pachacamac, ici http://www.naya.org.ar/peru/pch.htm mais ça n'a plus rien à voir avec mon Chinois du Cinquantenaire, bien sûr... sauf que c'est ici, dans ce musée d'art et d'histoire, qu'Hergé a trouvé son modèle pour le fétiche arumbaya (L'oreille cassée) et pour la momie de Rascar Capac (Les sept boules de cristal)... 

  • B comme ballet de balais

    Marine a pris cette photo que j'aime beaucoup. Je la trouve amusante et en plus elle dit quelque chose sur moi: mon goût immodéré pour la symétrie. Qui me fait par exemple aussi accrocher mon linge à sécher en suivant le spectre des couleurs de l'arc-en-ciel. Mais de ça il n'y a pas de photos Clin d'œil

    balais.jpg

    Puis à Bruxelles, elle a vu d'autres ballets de balais:

    bruxelles balais.jpg

    Mais n'allez pas croire non plus que tout, chez moi, est rangé au cordeau... rappelez-vous ce chantier de l'été qu'a été le déblaiement du bureau.
    Allez, je vous montre un dernier petit balai...

    garage.jpg

  • Adrienne et les cimetières

    Ma grand-mère Adrienne était plutôt superstitieuse.

    Je pense à elle en ce Jour des Morts et ce temps de cimetière: voilà bien une chose qu'elle détestait!

    Un jour que nous visitions la Normandie, ça ne ratait jamais: à l'approche de chaque village, on finissait bien par longer un cimetière ou voir au loin les toits et les croix de quelques monuments funéraires.

    Dat moeten we niet hebben! disait-elle immanquablement.

    Ce que je pourrais traduire par: Voilà une chose dont nous n'avons nullement besoin!

    Alors on essayait de tourner la chose en rigolade et en vue du cimetière suivant on se tournait vers elle et on lui disait en riant:

    Dat moeten we niet hebben!

    Mais elle répondait toujours avec le plus grand sérieux:

    Neen, dat moeten we niet hebben!

  • Premier repas thaï

    Le Mam Mam, disait le Routard, est "un joli resto thaï" qui vous accueille dès l'entrée "par les délicates odeurs provenant de la cuisine".

    La cuisine est thaïe mais aussi laotienne. Et c'est vrai, le chef officie derrière le comptoir, on peut le voir et l'entendre.

    "Les plats sont riches en saveurs et réalisés avec raffinement" (p. 104 de l'édition 2010)

    Brussel 004 - mam mam.JPG

    Comme vous pouvez le voir, c'est surtout la présentation qui est raffinée :-)

    "Accueil souriant" et c'est vrai aussi: on est gentil, même avec une dame qui dîne seule un vendredi soir Cool et rien que pour tester cet aspect-là, il faudrait que les chroniqueurs gastronomiques soient des femmes comme moi!

    Sur la carte, on mentionne les temps d'attente. Sans doute utile pour les gens pressés, mais pour moi il aurait mieux valu qu'on me prévienne, comme le fait le Vietnamien de ma petite ville, si le plat est un peu "fort" ou "très piquant".

    J'ai mouillé tous mes mouchoirs de mes larmes à cause de trois fines languettes de piment qui ornaient mon délicieux "canard aux épices du Laos"...

    Petite nature, hahaha!