• Quel est ce facteur X qui différencie l'écrivain de l'écrivaillon?

    Je vais sur de nombreux blogs et j'y lis très souvent les aspirations littéraires de leur auteur.

    Nombreux sont ceux qui ont été publiés, se sont auto-publiés ou ont l'espoir de l'être. Nombreux aussi ceux qui déplorent que leur vie, leur travail, leur petite famille, les empêche d'accéder à ce statut qu'ils envient si fort. Comme l'Italienne Kinsy, qui écrit en parlant de son blog qu'il "est cette part d'elle-même qu'elle préfère, qui lui permet de rêver de d'espérer réussir à devenir un véritable auteur mais que malheureusement elle a sacrifié cette ambition à son quotidien, avec une petite fille, une maison en travaux et un travail à temps plein":

    "Qui c’è una parte di me, quella che preferisco, quella che mi permette ancora di sognare e sperare di riuscire a diventare una vera scrittrice, ma che purtroppo è sacrificata dalla quotidianità, da una bambina piccola, una casa in continua ristrutturazione, da un lavoro a tempo pieno…" http://atelierdiscrittura.splinder.com/ 

    Je vais aussi sur de "vrais" blogs d'écrivain, et j'y lis finalement les mêmes choses, comme si les auteurs voulaient nous prouver qu'ils sont des gens comme nous, plus écrivaillon qu'écrivain, en fait...

    Ainsi, j'ai trouvé ce passage très rassurant sur le site d'Andrea Camilleri, l'auteur de la série avec le personnage du Commissario Montalbano qui a également été portée à l'écran; rassurant, disais-je, parce qu'il voudrait nous faire croire qu'il n'a aucune imagination et qu'il ne peut situer l'action de ses romans que dans des lieux qu'il connaît, donc sa Sicile natale, et que jamais il ne pourra la situer à Londres ou à New-York, qu'il ne connaît que par le cinéma et la télé, et où il n'ira jamais vu sa peur de l'avion:

    « Ambientare un racconto a Londra o a Nuovaiorca resterà l'ambizione massima e purtroppo sempre delusa dell'autore: egli, non possedendo la fantasia di un Verne e francamente restìo all'aereoplano, di queste città conosce soltanto quello di cui l'informano il cinematografo e la TV ». da Il corso delle cose http://www.andreacamilleri.net/camilleri/sicilia.html

    Pour moi, le "thrill" que me procurent les lecteurs-commentateurs de mon blog me suffit amplement.

    Je les en remercie Bisou

    ***

    Cependant, au cas où le microbe finirait par m'avoir en sa possession, je note déjà ici la leçon numéro 1: comme Andrea Camilleri, "sono totalmente incapace di inventarmi una storia ambientata in un luogo che non conosco" (incapable d'inventer une histoire située dans un lieu que je ne connais pas) http://www.andreacamilleri.net/camilleri/sicilia.html

    Et pour ceux qui voudraient des garanties au-dessus de tout soupçon, il me reste Tolstoi, "La Sicilia per me è il villaggio di Tolstoj, quando Tolstoj diceva: "Descrivi bene bene il tuo villaggio e avrai descritto il mondo": la Sicile est pour moi le village de Tolstoi quand il disait: "Décris bien ton village et tu auras décrit le monde".

  • W comme wagon de train

    Fini, me dis-je, de tourner en rond dans une ville où l'absence de plaques avec les noms de rue m'empêche de retrouver facilement ma destination.
    Fini d'être tributaire des horaires de train.
    Fini de galérer avec des cartes et des plans pendant que je suis au volant en pleine circulation.
    Fini de marcher des kilomètres entre la gare et le bâtiment où a lieu la formation.

    Il y avait un GPS en superpromo dans un superdiscount: je me le suis offert.

    Rentrée chez moi, il me restait à le configurer. Piece of cake, pensai-je... si d'autres sont capables de le faire, pourquoi pas moi?

    Mercredi midi, je rapporte mon trophée. Je le déballe avec une certaine fébrilité. Je découvre le mode d'emploi. Un pavé de 200 pages. Ne nous laissons pas démoraliser.

    Première chose à faire: charger l'accu. Fastoche. Je le branche à mon ordinateur portable. C'est parti mon kiki. Légère euphorie dans l'air.

    Je suis scrupuleusement toutes les étapes de l'installation... ça roule, si j'ose ce mot.

    Me voilà enfin entrée dans ce 21e siècle, me dis-je toute fière de moi.

    ***

    Trois heures plus tard, l'inquiétude me gagne: le voyant n'est toujours pas passé au vert salvateur. Or, la notice précise bien qu'il faut "éviter d'interrompre le processus de chargement avant que l'accu ne soit complètement chargé". Plus loin, cette mention qui m'avait échappé à la première lecture: "Cela peut prendre plusieurs heures".

    Conclusions:

    1.j'ai laissé le portable allumé pour que l'accu puisse se charger toutes les heures qu'il voulait
    2.j'ai roulé jusqu'à la gare
    3.et j'ai pris le train.

    Mais je me suis consolée en emportant un paquet de copies à corriger Langue tirée
    Vive le train!

    ***

    PS.: à vendre: GPS flambant neuf, prix imbattable, accu déjà chargé.

     

  • V comme voyage, voyage

    Quand on arrive au square Marie-Louise, on se croirait à la mer.

    A cause du bruit des mouettes et sans doute aussi du "skyline" Clin d'œil

    februari 2011 009 - kopie.JPG

    Sauf que ce samedi-là, c'étaient surtout les canards qui fêtaient bruyamment la Saint-Valentin

     

  • U comme uniformité (dont un jour naquit l'ennui...)

    Chaque année en janvier je me régale - et mes élèves aussi ;-) - avec le thème "gastronomie": ça permet de revoir plein de vocabulaire utile mais surtout ça permet de parler bouffe... et tout le monde aime ça!

    Dans mes différentes classes, ils sont plusieurs à avoir des parents ou grands-parents venus d'ailleurs. Une chance à saisir, vraiment, pour que les élèves et moi-même fassions connaissance avec d'autres traditions gastronomiques que la nôtre.

    Cette année par exemple, je pouvais mettre la Biélorussie, le Kosovo, la Bosnie, le Maroc et l'Iran au programme des réjouissances culinaires. Alléchant programme, qui me permettra bientôt d'ouvrir mon propre restaurant Hémisphères (lol)

    Nous réaliserions donc des petites vidéos culinaires pour présenter la meilleure recette de notre terroir!

    Alors toute guillerette j'ai proposé l'idée à mes classes.

    Mais devinez quoi?

    Mon Kosovar et mon Iranienne n'aiment que le steak frites.
    Le plat préféré de ma Bosniaque et de mes Marocains ce sont les pâtes, les pizzas... et les frites.
    Et ma Biélorusse... euh... aussi.
    La cuisine biélorusse, me dit-elle, c'est beaucoup trop long et trop compliqué à faire.

    Mes jeunes, ils ne finissent pas de m'étonner Bisou

     

  • T comme tueuse télévision

    J'ai eu un livre en mains chez Filigranes et j'ai failli l'acheter... mais j'en avais déjà pour plus de 50 € et il faut tout de même s'arrêter quelque part. Il s'intitule TV lobotomie et l'auteur en est Michel Desmurget, docteur en neurosciences et directeur de recherche à l'INSERM. En sous-titre, cette phrase prometteuse: La vérité scientifique sur les effets de la télévision. Le livre a paru aux éditions Max Milo. Voici la quatrième de couverture:

    Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour.
    Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant. Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d'être en surpoids. Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l'école primaire. Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d'un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme.
    Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée. Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d'un tiers ses chances de développer la maladie d'Alzheimer. Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d'un infarctus que René.
    Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie l'auteur, il n'y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l'attention, l'imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l'alcoolisme, la sexualité, l'image du corps, le comportement alimentaire, l'obésité et l'espérance de vie.
    Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l'industrie audiovisuelle et son armée d'experts complaisants. La stratégie n'est pas nouvelle : les cigarettiers l'avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac...

    Sur cette page, une vidéo de France info avec interview de l'auteur: http://www.babelio.com/livres/Desmurget-TV-LOBOTOMIE-La-verite-scientifique-sur-les-effe/235488

    Tiens, je vais montrer ça à mes élèves de Terminale comme exercice d'écoute... je me demande ce qu'ils en penseront Clin d'œil

  • Stupeur et tremblements de gagnante

    Ça doit être ce qu'on appelle une chance de cocu.

    Sur quelque site que j'aille, paf! ça ne rate jamais, je suis précisément la millionième visiteuse, ou la cent millième, ou l'élue du jour par tirage au sort... et je peux gagner des fortunes. 

    Ces derniers temps, on m'offre surtout des bagnoles.

    Rien que ces trois dernières semaines, par exemple, deux Mercedes et trois BMW auraient dû tomber dans mon escarcelle.

    (Tiens, ça me rappelle un spot publicitaire de mon enfance:

    - Brrrrigadier, une voiture abangdonnée!
    - Mais!!! c'est un cadeau Bonux!

    etc.)

    Cependant je résiste Cool et je ne clique jamais sur ces offres alléchantes: je n'ai plus de place dans mon garage Langue tirée

    Combien d'années encore
    Ces crétins d'internet
    F'ront leur terrain de sport
    De toute la planète?

    Combien d'années enfin
    Ces bœufs sponsorisés
    Feront les p'tits malins
    Et nous casseront les pieds?

    ***

    Pour les "fan" de Renaud et autres nostalgiques des années 1975-1985, http://www.dailymotion.com/video/x51d7l_renaud-500-connards-sur-la-ligne-de_music#from=embed

    Pour les "fan" de la publicité avec le brrrrigadier et la voiture abangdonnée ("là, là, le blanc Bonux!!!"), attendez que Walrus ou Joe Krapov passent par ici, ils vont sûrement vous la retrouver Rigolant


  • 22 degrés, disait-il...

    1. Donc j’étais tombée en panne de mazout
    2. Donc j’ai vécu une semaine entière sans chauffage
    3. Donc il faisait 10° dans la chambre à coucher et la salle de bains, et 15° dans le séjour, grâce au poêle à bois
    4. Donc on allait me livrer le mercredi après-midi… mais on n’est pas venu
    5. Donc on est venu le lendemain… mais la chaudière refusait de se remettre en marche
    6. Donc j’ai appelé le chauffagiste… mais il ne pouvait venir que le vendredi après-midi
    7. Donc le vendredi il appuie sur un bouton et ça redémarre
    8. Donc il me regarde d’un air goguenard et s’en va… mais l’eau ne chauffait pas et la maison non plus
    9. Donc je rappelle le chauffagiste
    10. Donc il revient un peu penaud en fin de soirée
    11. Donc il chipote un certain temps à la machine
    12. Donc il finit par trouver le coupable
    13. Donc il vient m’expliquer qu’il faut une fois de plus changer une pièce… mais qu’il doit la commander, ce qu’il ne pourra faire que lundi
    14. Donc il faudra attendre qu’elle soit livrée, ce qui nous mène à jeudi ou vendredi prochains
    15. Donc il me rappellera à ce moment-là… mais que ferai-je en attendant ?
    16. Donc il me règle manuellement la chaudière… mais elle tournera en continu
    17. Donc, lui dis-je, la température ne va pas cesser de monter ?
    18. Mais non, dit-il, j’ai essayé de vous la régler sur 22 degrés !
    19. Donc samedi matin il en faisait 23, samedi soir 24, dimanche matin 25, dimanche soir 26,7…
    20. Donc le pavement (pardon, le carrelage) était si chaud qu’on pouvait marcher pieds nus et même les chats trouvaient que trop c’est trop et me suppliaient de les laisser aller au garage
    21. Donc j’ai décidé d’éteindre la chaudière et de passer une autre semaine sans chauffage au lieu de voir nuit et jour s’envoler en fumée ma provision de mazout… car c’est aussi cela, le désavantage de mon petit tank en plastique : on voit le niveau baisser
    22. Donc me revoilà dans la froidure… mais j’espère économiser assez de mazout pour contrebalancer un tout petit peu la facture du chauffagiste Avare
  • R comme restaurant recommandé

    Quand je suis à Bruxelles, j'aime bien aller manger chez Hémisphères.

    C'est juste derrière la Monnaie, on accepte de vous recevoir et de vous servir dès 18.30 h et ça ne coûte pas cher.

    Ce n'est pas de la haute gastronomie, c'est une "cuisine du monde" mais tout à fait honnête.

    De plus, quand vous avez pris le plat du jour à 10 euros avec une bouteille d'eau et que vous venez de refuser café et dessert, on vous laisse bien tranquille à bouquiner à votre table, alors qu'on est obligé de remballer plusieurs personnes à qui on aurait très bien pu dire: Patientez un instant, madame, là-bas, a terminé.

    Et puis, aux murs et sur la carte, de belles phrases à méditer, comme celle-ci, de Gandhi:

    "Une seule race humaine, coeur égal, âme égale."

    Ou cette autre, de lui également:

    "Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde."

    http://www.hemispheres-resto.be/index.html

     

  • Le 20 février est une journée d'anniversaire

    Il y a un an exactement, j'envoyais ma première participation au défi du samedi
    C'était le défi 94 et la consigne demandait d'associer les sept couleurs de l’arc-en-ciel et sept sentiments.

    ***

    A noir comme les cheveux d’Adrienne.
    Passé soixante ans, l’aile de corbeau sortait d’un petit pot couleur d’encre.
    Mais – disait-elle avec fierté – je n’en ai que quelques gris à camoufler à hauteur des tempes.

    E blanc comme la peau d’Adrienne.
    D’une époque où l’on se baignait tout habillé.
    Blanc laiteux de sa gorge, blanc moelleux où j’enfouissais le nez.
    Tiédeur et odeur du bien-être de ma petite enfance.

    I rouge baiser comme les lèvres d’Adrienne.
    Pour sortir le dimanche après-midi.
    Même après quarante ans de mariage, Adrienne se faisait belle pour son mari. Et le surveillait du coin de l’œil. Mais une fois le rouge baiser savamment posé sur les lèvres, on ne peut plus embrasser sa petite-fille. Déchirement du « Tu reviens quand ? »

    U vert comme les yeux d’Adrienne.
    Vert douceur des prés et de la mousse en automne. Vert poire, vert pomme, plaisir des papilles.
    Tout est bon dans la cuisine d’Adrienne. Le sucré, le salé et le café au lait qu’on boit le mardi après-midi au coin du feu avec les voisines et les cousines.

    O bleu comme les rêves d’Adrienne.
    Rêves de bonheur tranquille et familier.
    Ne rêver que l’accessible, pour ne pas être déçu.
    Et ajouter un « s’il plaît à Dieu » pour conjurer le mauvais sort.

    Ainsi allait la vie d’Adrienne.
    Entre le gris du cimetière et le rose de la layette.
    Peut-être trop de gris et pas assez de rose… mais Adrienne, sans avoir jamais suivi de cours de philosophie, savait bien que telle était la condition humaine et qu’il fallait mettre soi-même un peu de couleurs dans sa vie.

    Un peu de noir et un peu de rouge pour garder un mari. Un peu de blanc et un peu de vert pour le bonheur d’une petite-fille.

  • Question existentielle belge

    Parlez-vous le belge?

    Je vous invite d'abord à tester votre connaissance du belge:

    http://www.tv5.org/TV5Site/jeunesse/quiz-537-5-expressions-belges.htm

    Après vous serez fin prêts pour une petite "révolution des frites"

    http://www.youtube.com/watch?v=qF3UPEvlYuY&feature=related

    Tant qu'à battre des records, autant que ce soit celui du surréalisme festif philosophique Cool

    frietrevolutie.jpg

    révolutiondesfrites.jpg

    L'union c'est la frite

     

     

  • P comme perles

    Les contrôles du mois de janvier sont corrigés: voilà l'occasion de vous offrir encore quelques perles Rigolant

    En 6e (Terminale), le thème était la gastronomie.

    Amis français, d'abord cet avertissement: les belles traditions culinaires et les bonnes recettes du terroir se perdent. Pensons par exemple à la blanquette de vo et au cocovin.

    J'ai bien aimé aussi la question suivante:

    - Voulez-vous de l'eau plate ou de l'eau pétulante?

    ***

    Il y en a qui ont lu Ni d'Eve ni d'Adam d'Amélie Nothomb et qui devront apprendre à bien utiliser le dictionnaire. Jugez-en vous-mêmes:

    - Amélie va donner des cours de français à Rinri et Rinri rabote le japonais d'Amélie

    Raboter, donner un coup de rabot, se dit en néerlandais "bijschaven", qui a également le sens de "perfectionner"

    Ou alors celle-ci:

    - Cette histoire est bombée d'émotions!

    L'élève voulait dire "bol staan van", ce qui signifie "être plein de"

    ***

    Et comme d'habitude j'avais mon Monsieur de la Palice qui n'a pas raté son coup:

    Question: Quand est-ce qu'on emploie la forme "soi"

    Réponse: On emploie "soi" quand c'est nécessaire.

  • O comme obsolescence

    Obsolescence programmée, ces deux mots ont attiré mon attention. Il s'agit d'une émission montrée mardi soir sur Arte:

    Dans les pays occidentaux, on peste contre des produits bas de gamme qu'il faut remplacer sans arrêt. Tandis qu'au Ghana, on s'exaspère de ces déchets informatiques qui arrivent par conteneurs. Ce modèle de croissance aberrant qui pousse à produire et à jeter toujours plus ne date pas d'hier. Dès les années 1920, un concept redoutable a été mis au point : l'obsolescence programmée. «Un produit qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires», lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, on contraint les ingénieurs à créer des produits qui s'usent plus vite pour accroître la demande des consommateurs

    Alors je me suis souvenue de rumeurs entendues il y a bien longtemps à propos des usines Michelin, qu'elles auraient inventé le pneu inusable, mais qu'il leur était impossible de le commercialiser sous peine de devoir fermer leurs portes à plus ou moins longue échéance...

    Parfois je pense que j'aimerais mieux ne pas savoir... mais ce n'est évidemment pas une solution non plus.

    http://cequevousdevezsavoir.wordpress.com/2011/02/13/pret-a-jeter-lobsolescence-programmee/

  • N comme NewTree

    Avec mon café équitable Exki - servi par Caio, me dit mon ticket de caisse -, je reçois un chocolat NewTree...
    bien connu des Krapophiles parmi nous.

    Pour ceux qui devraient se rafraîchir la mémoire: http://joekrapov.free.fr/index.php?tag/Bruxelles/page/29

     

    ***

     

    Vous ne devinerez jamais à quel parfum était le mien... Je l'ai lu deux fois pour en être bien sûre:

    "A l'extrait naturel de carottes"

    Sans doute en l'honneur de l'année du lapin?

    http://www.newtree.com/intro.php?language=fr-BE

     

  • M comme mazout et m comme mercredi

    Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, je dois me débrouiller avec un "petit" tank à mazout de 1000 litres. Deux fois par an, il faut le remplir.

    Or, le livreur ne veut pas se déranger pour moins de 1000 litres: il faut donc que j'attende qu'il soit quasi vide avant d'appeler mon fournisseur.

    Lequel fournisseur doit déléguer à un sous-traitant disposant d'un véhicule de petit calibre, vu que ma rue est si étroite qu'un poids lourd normalement constitué ne peut s'y engager de crainte d'y rester coincé jusqu'à la fin des temps. La rue est en cul-de-sac.

    Lequel sous-traitant a un personnel pour qui mon adresse est apparemment la porte de l'enfer: à chacune de mes commandes, on s'empresse d'envoyer le "petit nouveau", les vieux de la vieille préférant probablement passer leur tour.

    Ce qui fait qu'à chaque livraison, il arrive un tas d'aventures au pauvre homme de service: son GPS l'envoie de l'autre côté du bois et il s'enfonce dans la boue, une grue doit venir le retirer. Il s'aventure trop loin dans ma rue, une roue quitte la mince bande d'asphalte et s'enfonce dans le talus: le camion manque tomber dans la prairie en contrebas, une grue doit venir le remorquer. Etc.

    Ou alors le chauffeur est du genre prudent et me téléphone depuis le dernier carrefour pour vérifier si c'est bien là qu'il doit s'engager... puis pour me déclarer qu'il y renonce ("je ne suis pas fou"). Alors il faut que je le joue avec doigté:

    - Aaaahhh... vous êtes nouveau? et on ne vous a pas prévenu?

    - (il vide son sac, rouspète, râle, vitupère)

    - Oui, oui, je comprends, je sais, ce n'est pas évident du tout! c'est pour ça que je demande qu'on m'envoie quelqu'un qui connaît...

    - (il grogne encore un peu, mais déjà moins)

    - Oui, oui, je comprends, dites-leur d'envoyer quelqu'un d'autre! je ne sais pas pourquoi on ne m'envoie pas celui de la dernière fois, il l'a fait sans problème...

    Arrivé à ce stade de la conversation, généralement l'homme est cuit: il ne peut pas faire moins que son collègue. C'est une question de fierté masculine. Et il vient me livrer mon mazout. Parfois la conversation prend deux répliques de plus.

    Donc mercredi après-midi, ce sera rebelote. Mon tank à mazout est vide depuis le week-end...

    ça se passe comme ça,vie quotidienne

    à droite contre le mur, le tank en question

     

  • L comme livres

    J'avais déjà joué à ce petit jeu mais récemment Berthoise m'avait donné envie de recommencer http://berthoise.canalblog.com/archives/2011/02/05/20306923.html

    De quoi s'agit-il? de fabriquer une couverture de livre à votre nom. Si vous voulez y jouer aussi, c'est ici: http://www.omerpesquer.info/untitre/index.php?nom=&ed=a

    J'ai donc "généré" un tas de titres, dont certains me paraissaient plus adaptés à mes blogami(e)s, comme ceux-ci, qui devraient inspirer Poupoune:

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    ou deux thèmes très actuels pour Berthoise

     

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    des thèmes musicaux pour Lucie

     

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    pour Joye, bien sûr, les Huesses en général et l'Iowa en particulier :-)

     

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    pour Margotte, des bruits et des odeurs de Bretagne

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    pour Pivoine, un beau roman rose

     

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    pour Captaine Lili, sans commentaire :-)

     

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    pour Lorraine, des écrits philosophiques qui brillent doucement dans la pénombre

     

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    pour Marine et sa vaste connaissance du monde

     

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    pour I, qui comprendra, j'espère

     

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    pour Joe Krapov, ceux qui le lisent aux défis du samedi comprendront ;-)

     

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    pour Zigmund, surtout avec un pseudo comme le sien ;-), mais pour le mot "renaissance" aussi:

     

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    pour Walrus, vu sa longue expérience et sa formation scientifique

     

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    je demande pardon à tous les autres: je ne vous connais pas encore assez bien pour trouver le titre qui vous convient...

    Ceux que je pourrais garder pour moi sont ci-dessous:

     

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  • K comme kattebelletje

    "Kattebelletje", c'est le mot qui désigne le petit papier qu'on laisse sur le coin de la table pour prévenir qu'on rentrera plus tard et qu'il y a de la lasagne au frigo. Je ne sais pas s'il y a un équivalent en français.

    Mon facteur et moi, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais nous échangeons parfois "een kattebelletje".

    La première fois, c'était à l'occasion de ma nouvelle boite aux lettres. L'ancienne était tellement rouillée que le courrier tombait au travers. Quand j'ai enfin accroché la nouvelle en face de l'ancienne, je l'ai accompagnée d'un petit mot pour le lui signaler. Un petit mot du genre: "En face vous trouverez la nouvelle boite aux lettres. Merci de votre longue patience". Car en effet, ça faisait des mois qu'il avait dû continuer à déposer du courrier dans une boite rouillée qui ne fermait plus.

    En rentrant chez moi, j'ai trouvé sa réponse: "Merci! c'est une très belle boite aux lettres"
    Trop gentil, le pauvre, c'était la moins chère qu'il y avait en magasin. La preuve, la serrure est déjà cassée...

    ***

    Dernièrement, j'avais reçu un paquet recommandé. Qu'il n'avait bien sûr pas pu me délivrer et que j'avais dû aller chercher à la poste du village. Où on me l'a refusé vu que je n'étais pas munie du petit bordereau ad hoc. Je croyais naïvement que ma pièce d'identité suffirait à prouver que j'étais bien la destinataire.

    Deux jours plus tard, mon paquet recommandé était dans ma boîte, accompagné d'un "kattebelletje" de mon facteur: "Je vous ai rapporté votre paquet", m'écrivait-il, "et j'ai signé le reçu moi-même".

    Alors j'ai scotché une petite carte pour lui - bien emballée dans une pochette plastique, parce qu'il pleuvait ce matin-là - pour lui dire qu'il était le meilleur facteur du monde Cool

  • J comme José et J comme Je me souviens

    Je me souviens de l'ami José, qui m'a quasiment vue naître, et qui a accompagné mon père (avec un autre copain) pour aller déclarer ma naissance à la commune. A l'époque, il fallait le faire assez vite après la naissance et le père devait être accompagné de deux témoins. La chose faite, les trois compères buvaient plus que de raison. Certains nouveaux papas avaient même déjà tellement bu avant d'aller déclarer l'enfant qu'ils avaient oublié quel prénom avait été choisi.

    Je me souviens de l'ami José, qui aimait tant la rigolade. Il faisait des farces, il racontait des blagues, il riait toujours bien fort lui-même le tout premier.

    Je me souviens qu'il s'était acheté des "trucs" de prestidigitateur. Parfois ça réussissait, parfois ça ratait. Il fallait beaucoup d'entraînement, nous disait-il.

    Je me souviens de l'ami José et de ses bonnes idées. C'était toujours lui qui proposait une sortie. Alors on allait manger du hareng mayonnaise à la kermesse (avec des frites, bien sûr). Ou on allait se promener dans les bois et manger des anguilles au vert (avec des frites). Parfois il avait une soudaine envie de "filet américain" (steak tartare)... avec des frites.

    Je me souviens de cette unique fois où nous sommes allés tous ensemble voir un film au cinéma. On repassait Autant en emporte le vent.

    Je me souviens de l'ami José et de sa caméra. Il filmait les vacances, les fêtes de famille... C'est très émouvant de revoir tout ce petit monde, c'est très différent des photos que prenait mon père, qui étaient toujours posées et figées.

    Je me souviens qu'il était impossible de lui en vouloir, même quand il mettait ses grands pieds dans le plat.

    Je me souviens de l'ami José, quand son fils et moi étions jeunes adolescents et qu'une gêne s'était installée entre nous, comme son naturel et ses manières directes ont fait que nous avons pu continuer le fil de notre amitié, sans arrière-pensées, sans ambiguïté.

    Je me souviens de lui avec émotion et reconnaissance.

    Sans lui, mes dimanches d'enfant auraient été bien tristes.

  • I comme incompatibilité ou I comme incompétence?

    - Je peux vous parler, Madame?

    Il est en Terminale. Il a de multiples talents, fait partie du conseil des élèves, chante Mozart, joue de la guitare dans un groupe et lit "les grands auteurs". Malheureusement, il ne travaille pas pour l'école.

    - Je t'écoute.

    - Et bien voilà, j'ai un problème avec Mme Untel.

    Mme Untel, la toute jeune prof qui succède depuis septembre au flamboyant prof d'esthétique qui était, quant à lui, blanchi sous le harnais, incollable, toujours enthousiaste et respecté.

    Mme Untel a eu l'audace de lire à haute voix devant toute la classe la réponse que mon élève avait donnée à la question sur Picasso. Et comble de non-professionalisme, d'y ajouter quelques réflexions personnelles bien désobligeantes:

    - Elle a dit qu'il fallait être dénué de cervelle et le dernier des imbéciles pour écrire des trucs pareils.

    - Aha... et toi, qu'est-ce que tu avais écrit à propos de Picasso?

    - Qu'on ne pouvait pas considérer ça comme de l'art.

    Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire: ce gamin, me dis-je, s'entendrait bien avec ma grande amie I. Sans compter qu'ils pourraient s'entretenir du Maroc et d'Al-Andalous... Faudra que je lui demande un jour où se trouvait le berceau de ses ancêtres, exactement. Il est un peu Soupalognon y Crouton, aussi, fier et ombrageux chef ibère dans Astérix en Hispanie. Faudra que je parle de ça avec lui, un de ces jours...

    école, élèves, prof©Editions Albert René

     

     

     

     

  • H comme halal et haram

    Quand je suis invitée à manger chez des amis musulmans, j'ai toujours peur de commettre un impair.

    Que ce soit "en parole, par action ou par omission" Clin d'œil

    Tout commence déjà avec le petit quelque chose que j'apporterai. Des chocolats, oui, mais même si je précise bien fermement à la vendeuse de ne mettre que des "garantis sans alcool" dans la boîte, je n'ai aucune certitude qu'ils le soient tous.

    Samedi dernier par exemple, j'étais invitée au couscous chez la famille T***, monsieur a goûté une de mes "pralines" garanties sans alcool et a déclaré que je m'étais fait avoir: il y avait décelé un soupçon d'interdit. Heureusement, il l'a pris à la rigolade... mais c'est sûr que la prochaine fois, j'achèterai un bouquet de fleurs!

    Un soir que j'étais invitée à une rupture du jeûne, la maîtresse de maison avait observé que je mangeais ma soupe ou prenais mon verre de la main gauche. On ne peut pas utiliser cette main-là... j'y fais bien attention depuis.

    Et en parole, me direz-vous?

    Sur ce sujet-là, il y a de quoi faire un billet entier Clin d'œil

    Mais bon, juste un exemple alors...

    Madame me dit que son fils qui fait l'école hôtelière est obligé de manger à la cantine: il n'a pas le droit d'apporter ses tartines.

    - Un jour, me dit-elle, il n'a mangé que deux feuilles de salade.
    - Ah! dis-je. Et il y a souvent du porc? Il n'y a pas du poulet, de temps en temps?
    - Oui, mais pas du poulet halal.

    Je croyais naïvement que le poulet, vu qu'on l'accroche par les pattes, qu'on lui coupe la tête et que le sang s'écoule, pouvait être consommé par un musulman.

    ***

    Mais rassurez-vous, quand j'ai des amis musulmans à ma table, je leur prépare du poisson Cool

     

     

     

  • G comme Gare au Gorille

    La boutique est fermée. Pour tous renseignements, s'adresser ici:

    http://joekrapov.free.fr/index.php?post/2011/02/08/La-rue-du-Midi-a-Bruxelles-le-29-decembre-2010-2

     

  • F comme fidèle

    Aujourd'hui 8 février, c'est l'anniversaire de ma plus ancienne amie.

    Record quasi imbattable, puisque je la connais depuis la maternelle. Mais nous ne sommes devenues amies qu'en première année de l'école primaire. Donc à l'âge de 6 ans.

    A la maternelle, nous ne jouions pas ensemble: elle avait une cousine dans la classe et moi je jouais avec les garçons. Avec eux, le spectacle était permanent: "moi j'ose faire ça, regarde!". J'admirais surtout un certain Xavier qui, un jour de grand gel, m'a bluffée en arrachant un stalagtite de glace et en le mettant dans sa bouche.

    A l'école primaire, la mixité était terminée et la cousine est partie ailleurs: nous nous sommes tout de suite trouvées. C'est elle qui m'a aidée à m'adapter aux jeux de filles, comme ces trucs compliqués qu'on faisait avec des élastiques et dans lesquels je n'ai jamais excellé.

    Nous avons passé six ans côte à côte, puis la vie nous a séparées. Alors nous nous sommes écrit, fidèlement.

    Jusqu'à aujourd'hui.

    Ce qui fait que si je faisais un peu le tri dans mes cartons, je pourrais probablement aligner quarante cartes d'anniversaire signées de sa main, et elle de la mienne.

  • 7 fois

    - Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler, me disait ma mère.

    Oui, même à moi, à qui pourtant elle ne cesse depuis toujours de me reprocher que je "ne dis jamais rien". Mais LOL, passons, j'ai déjà fait un billet sur ce sujet...

    Aujourd'hui les mères avisées devraient dire à leur progéniture:

    - Tourne sept fois autour de ton ordi avant de cliquer sur "envoyer"

    C'est en tout cas la réflexion que je me fais quand je vais me promener sur fb, comme samedi dernier.

    J'avais, une fois de plus, reçu des "demandes d'amis" de la part de gens que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Qu'est-ce qui pousse un complet inconnu à envoyer cette demande? Première source d'étonnement.

    Je m'effare aussi de ceux et celles qui postent jusqu'aux aspects les plus triviaux de leur vie privée, annonçant l'heure à laquelle ils se lèvent, se couchent, prennent un bain, précisant qu'ils vont manger une pizza ou boire trop, mettant à jour leurs amours éphémères et publiant toutes sortes de photos dont je me dis presque à chaque fois qu'ils le regretteront tôt ou tard...

    Alors je vous dirai comme Saint-Exupéry:

    "Je n'aime guère prendre le ton d'un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu, et les risques courus (...) sont si considérables, que pour une fois je fais exception à ma réserve. Je dis: "Enfants! Faites attention aux baobabs!"

     

     

  • E comme Elégie pour une infante

    Elle est jolie.

    Elle est intelligente.

    Elle a dix-sept ans, bientôt dix-huit.

    Elle est réfléchie, responsable, fiable.

    Elle a des rêves d'avenir, des ambitions.

    Elle a un coeur grand comme ça.

    Elle a ses deux parents, ses soeurs, ses grands-parents, ses oncles, ses tantes, ses cousins: tout le monde l'aime.

    Elle est estimée par ses profs.

    Elle a quelques bonnes copines qui s'inquiètent beaucoup pour elle mais qui ne réussissent plus à l'atteindre.

    Elle est mince comme un fil.

    Elle a perdu douze kilos en quelques semaines.

     

     

     

    Mais aujourd'hui, j'ai confiance, elle va s'en sortir.

    Nous ne jouerons pas cette pavane.

    http://www.youtube.com/watch?v=OqAlMItkV44

     

  • D comme Departure Day

    Jeudi soir j'ai regardé les nouvelles d'Egypte avec un mélange d'appréhension et d'admiration.

    Pendant la journée, le journaliste de la VRT était allé filmer sur la place Tahrir. Des gens s'étaient massés autour de lui, profitant de la caméra et du micro pour dire au monde leurs aspirations à plus de liberté et de démocratie. D'autres lui protégeaient la tête contre d'éventuels jets de pierres lancées par des contre-manifestants. Des hommes de tout âge et de toute condition faisaient la queue aux postes de contrôle pour apporter de la nourriture et des médicaments aux manifestants. Des médecins, hommes et femmes, s'affairaient autour des blessés.

    Le soir, ce même journaliste devait se terrer dans sa chambre d'hôtel. Son balcon donne sur la place Tahrir, il peut encore filmer, mais sans faire de lumière pour ne pas se faire repérer.

    Mais hier vendredi, nous dit-on dans le fragment ci-dessous, l'armée avait interdit les caméras. Donc il n'a plus pu se rendre sur la place ni même filmer depuis son balcon. Ce n'est pas bon signe.

    http://www.deredactie.be/permalink/1.956313

    J'admire et j'appréhende.

     

  • C comme champions et C comme comble du surréalisme

    actualité,belgique

    Un petit groupe d'amis, huit Gantois, organise une grande fête populaire le 17 février prochain, jour où la Belgique battra le record mondial de la plus longue formation d'un gouvernement. Ils peuvent déjà compter sur quelques milliers de fans sur fb. Il y aura de la musique et de l'ambiance, nous promettent-ils, mais sans aucun lien avec quelque parti ou tendance politique que ce soit.

    Ô ironie!

    Ô mon cher pays surréaliste!

    Allez donc voir la vidéo sur Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=qnqkPjoqrUY&feature=player_embedded

    Et pour ceux qui veulent voir de leurs propres yeux, il y a aussi le site de l'"événement": http://www.belgiewereldkampioen.be/belgiewereldkampioen/Belgie_Wereldkampioen_17_02_2011.html

     

  • B comme Babylone

    "miért ezen az oldalon cseteltek magyarul, ez zavaró a többieknek, tartalak Benneteket annyira intelligensnek, hogy ezt máshol folytatjátok, itt franciául írjatok. ez Brigitte kérése is."

    Vous n'avez rien compris? Rassurez-vous, moi non plus.

    Je vous explique la chose...

    Avec une de mes classes, je participe à un projet eTwinning (http://www.etwinning.net/fr/pub/index.htm). Ces projets sont destinés à mettre en contact des jeunes européens. J'y ai inscrit mes élèves pour qu'ils entrent en contact avec des jeunes français, italiens, roumains, portugais et ces échanges doivent se faire en français. Of course. Et ça se passe très bien.

    Depuis peu, une prof hongroise est venue nous rejoindre. Seul problème: ses élèves et elle communiquent entre eux uniquement en hongrois, donc nous nous sentons un peu (understatement) exclus.

    Pour avoir une idée de ce qu'elle écrivait, j'ai passé le texte ci-dessus à la moulinettre traductrice de Babylon. Voici ce que ça donne:

    "Pourquoi avez-vous sur ce côté-ci cseteltek hongrois, cette ingérence les autres, toi tu si fiable que cette folytatjátok ailleurs, ici en français írjatok Mme ce à la demande."

    Ou alors cette phrase-ci: "hány feladatotok volt" qui se traduit par "Combien de feladatotok était"

    Alors j'ai écrit à cette dame, la prof de français hongroise (car elle est prof de français, elle aussi, bien sûr). Je lui ai demandé si elle avait envie de rire un bon coup et je lui ai envoyé les traductions obtenues avec Babylon. Puis je lui ai dit qu'aussi longtemps que les machines ne produiraient que des traductions de cet acabit, ses élèves auraient sûrement bien besoin d'elle.

    Je voulais lui dire un truc gentil, vous comprenez?

    Et savez-vous ce qu'elle m'a répondu?

    Je vous le donne en mille.

     

     

     

    Que ses élèves n'ont pas le droit d'utiliser ces machines.

    C'est sans doute pour ça qu'ils n'écrivent qu'en hongrois. Hahaha.

    Mieux vaut en rire, la grimace est plus belle. Comme disait mon père.

  • A comme Adrienne

    Derrière une fenêtre close…

    Elle sort de la chambre où règne une tiédeur fade.
    Elle referme doucement la porte derrière elle, le cœur serré, comme chaque soir.
    Elle marche sous les néons d’un couloir aux odeurs diverses et aux bruits de télé.
    Elle redescend tous les étages à pied parce qu’elle a besoin de marcher.
    Elle sort prestement à l’air libre et respire à fond.
    Elle se sent un peu coupable du petit bonheur qu’elle ressent à être dehors.
    Elle cherche des yeux parmi toutes les fenêtres, là-haut, celle de la chambre qu’elle vient de quitter.
    Là, elle est là.
    Elles se font un petit signe de la main.
    Aucune des deux ne sait si l’autre l’a vue.
    Aucune des deux ne sait si elles se reverront.

     

    Car un de ces soirs est le dernier.
    Le lendemain, l’hôpital l’appelle : « Votre grand-mère est DCD »

     

    Aujourd’hui encore quand elle repasse devant, elle reconnaît la fenêtre.
    Alors elle la regarde intensément, comme si elle guettait quelqu’un pour lui faire un ultime signe de la main.

     

    (écrit pour le défi 134)

  • Une primeur pour le premier

    Hier lundi, cette nouvelle sur le site de l'Express:

    40 inédits de Brassens révélés

    La quarantaine de textes, sans musique, sera dévoilée au public en mars à la Cité de la Musique pour l'exposition "Brassens ou la liberté".

     

    Trente ans après sa mort, environ quarante inédits de Georges Brassens ont été mis au jour. Il s'agit de titres de jeunesse, pour la plupart sans partition musicale datant de la période 1938-1952, avant l'enregistrement de ces disques, détaille Le Parisien ce lundi.  

    A l'origine de la découverte, la journaliste Clémentine Deroudille qui est, avec le dessinateur Joann Sfar, la commissaire de l'exposition "Brassens ou la liberté" que la Cité de la Musique organise à partir du 15 mars à Paris. "Il a fallu un an pour les réunir. Il y en avait dans les tiroirs, des classeurs, des carnets de tournée" raconte Clémentine Deroudille. L'accord des ayant-droits du chanteur a été nécessaire pour que le tout soit rendu public.  

    Ces chansons de jeunesse s'intitulent "Quand j'ai rencontré celle que j'aime", "Le passé m'échappe", ou encore "Pensez à moi". Le compositeur Olivier Daviaud, connu pour ses collaborations avec Jacques Higelin ou Olivia Ruiz, a déjà entrepris de mettre en musique ces inédits. Les visiteurs de l'exposition pourront entendre ces chansons. Mais la sortie d'un premier CD est d'ores et déjà prévue.  

    http://www.lexpress.fr/culture/musique/40-inedits-de-brassens-reveles_957166.html?xtor=EPR-618

    Ce que je me demande, c'est pourquoi Brassens n'a pas utilisé ces textes lui-même: sans doute parce qu'il ne les trouvait pas assez bons? Serait-il heureux qu'on les déterre aujourd'hui? Pourquoi juste quarante? A-t-on fait un tri? En a-t-on gardé encore quelques-uns derrière les fagots pour se refaire du beurre dans dix ans?

    Donnez-moi plutôt la cane de Jeanne ou le singe en rut Rigolant