• Dernier film vu au cinéma

    Des blogamies m'avaient conseillé Potiche et une paire d'autres titres, mais jusqu'à présent il m'a été impossible de les voir. S'ils passent en soirée, je n'ai plus de train pour rentrer chez moi. Car oui, je pourrais aller dans une ville flamande plus proche de chez moi, mais voilà, je ne vais au cinéma qu'à Bruxelles. Et à Bruxelles, que dans le centre.

    Le seul film qui m'ait été donné de voir ces derniers temps, par contre, ne m'avait été recommandé par personne. Il s'agit de Le quattro volte dont vous pouvez avoir un aperçu ici, au cas où vous ne le connaîtriez pas: http://www.youtube.com/watch?v=9UoYNZzC2ec

    Je l'ai trouvé beau et poignant.

    Sans doute les évènements avec ma petite C*** y étaient pour quelque chose (l'épisode du dernier W comme wagon de train avait eu lieu la veille) car personnellement je n'ai vu dans ce film que des considérations très métaphysiques sur la vie et la mort.

    Un vieux berger calabrais vit ses derniers jours. C'est en vain que son chien essaie d'en avertir les villageois trop occupés par leur procession du Vendredi-Saint.

    Un petit chevreau naît: le vieux berger n'est plus là pour voir que tout se passe bien. Quand le petit peut enfin sortir avec le troupeau, il tombe dans un fossé. Le nouveau berger est un homme qui avance à la tête du troupeau au lieu de fermer la marche, comme l'ancien, et le chien n'est plus là pour veiller sur les bêtes.

    Le même sapin majestueux sous lequel le chevreau a trouvé un refuge pour la nuit sera abattu au printemps suivant pour la fête du village. Je déteste voir tomber ces magnifiques géants en quelques minutes de tronçonneuse et ici cette chute prend bien tout son sens symbolique de vie et de mort.

    Après la fête, le beau fût est débité par des charbonniers: il finira charbon de bois. La fin du film nous ramène ainsi aux images montrées au début, le cycle d'une année est terminé.

    La vie, la mort. Et l'homme, avec ses traditions et ses superstitions, n'a pas vraiment le beau rôle. Par exemple, au vieux berger malade, la bonne du curé "vend" à petites doses de la poussière ramassée dans l'église. Pour qu'il la prenne "en remède" chaque soir dans un verre d'eau. En échange d'un litre de lait de chèvre.

    cinéma,bruxelles,italie

    ***

    Cristo si è fermato a Eboli. Faudra que je termine ce livre...

    La principale différence, c'est que dans le film Le Quattro volte quasiment aucune parole n'est échangée. Ce qui lui donne une valeur vraiment universelle.

    Cristo si è fermato a Eboli est beaucoup plus lié à un lieu et à une époque. On peut voir ici une introduction au film qui a été tiré du livre de Carlo Levi: http://www.youtube.com/watch?v=sVZpCrV-eUM&feature=related

     

     

  • Z comme zeugme

    La grande différence entre le prof de français langue maternelle et le prof de français langue étrangère, c'est que le premier se préoccupe de figures de style alors que le second oublie tout ce qu'il a appris à ce propos.

    Voilà pourquoi j'aime échanger avec des "profs de lettres" - car c'est ainsi qu'ils s'appellent, en France - et lettrés, ils le sont.

    Le dernier sujet de débat, c'était le zeugme (ou zeugma).

    - Qui pourrait avoir la gentillesse de me donner le nom, que j'ai oublié, de la figure de style suivante: "Je bats des paupières et en retraite" ? demandait une jeune prof grenobloise.

    - C'est un zeugma, répondit une gentille collègue: Prévert a par exemple écrit au sujet de Napoléon "il prit du ventre et beaucoup de pays" (Composition française, dans Paroles)

    - "vêtu de probité candide et de lin blanc" (Hugo) ou "(...) coule la Seine Et nos amours" (Apollinaire), dit un autre.

    - "j'aime la vie et les coquillettes" (Renaud), ajouta un troisième.

    Et ainsi de suite.

    ***

    J'en retire trois gros bonus:

    1.On a rafraîchi des connaissances que j'avais oubliées et que je ne manquerai pas de resservir à mes élèves à l'occasion (hahaha les pauvres pitchounes)
    2.J'ai trouvé le site (ou blog, plutôt) d'un spécialiste ès zeugme, Sébastien Bailly. C'est ici:
    http://bailly.blogs.com/traces/zeugmes/
    3.Je suis retournée chez écholalies, qui est une mine d'or pour beaucoup de choses bien rigolotes, donc aussi pour les zeugmes, et m'est d'avis qu'on doit cette liste de zeugmes à Sébastien Bailly également: http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDeZeugmes

    ***

    J'allais vous en mettre un ou deux ici, qu'on rigole, mais je n'arrive pas à choisir... alors si vous avez une minute, allez donc voir vous-mêmes, et dites-moi lequel vous préférez Sourire


     

  • Y comme Yvonne

    Une amie est devenue grand-mère d'une petite Adriana.

    - En voilà un joli prénom, lui ai-je dit de mon air le plus innocent, et tout en applaudissant ce très bon choix j'avais un "binnenpretje"(1) en pensant au titre de mon blog, bien sûr Clin d'œil

    Mais d'Yvonne, jusqu'à ce jour, il n'en est point née dans mon cercle d'amis et connaissances.

    Jeudi dernier, les dames du secrétariat cherchaient un beau prénom pour la petite-fille qui naîtra bientôt chez l'une d'elles.

    Je leur ai entendu proposer Julie, Louise, Emma, Michèle, Léonie... Mais d'Yvonne, point.

    Bientôt on remettra à l'honneur Zulma, Eulalie, Elvire... Mais Yvonne, pauvre Yvonne, restera l'unique, ma jeune petite grand-mère qui pousse le landau où se trouve son troisième enfant, sur la photo ci-contre.

    ***

    (1) "binnenpretje" se traduit dans mon dictionnaire par: "rire tout seul" mais cette traduction ne me satisfait pas. Avoir un "binnenpretje", c'est avoir une bonne raison de rire mais ne pas pouvoir montrer son hilarité du fait qu'on ne peut pas se permettre d'en expliquer la source. Et donc être dans l'impossibilité de la partager.

  • X c'est l'inconnu(e)

    Aujourd'hui mon blog a trois ans.

    Quand je l'ai commencé, je ne savais pas combien de gens le liraient ni combien de temps je le continuerais ni combien de billets je publierais.

    Je n'en sais toujours pas plus, trois ans plus tard.

    ***

    J'ai failli tout arrêter il y a peu suite à des mails assez virulents qui m'avaient complètement démoralisée.

    Puis je me suis ressaisie.

    Je n'ai pas encore atteint le fond de mon encrier Clin d'œil

    ***

    Un grand merci à tous mes lecteurs et commentateurs: car oui, vanitas vanitatis, une fois que la chose est publiée, on aime qu'elle soit lue.

    ***

    edit de 16.15h.: merci à Walrus qui, par sa remarque, me permet de faire un petit jeu de mot entre l'inconnu (ce qu'on ne connaît pas) et l'inconnue (en mathématiques)! Un blog qui est lu ET commenté devient quelque chose de collaboratif, c'est super Sourire

  • W comme wagon de train pour l'éternité... ou presque

    Le 21 février, j'appelle C*** près de moi. Je vois qu'elle va mal, qu'elle ne fonctionne plus. Elle commence par nier et prend son air arrogant: c'est sa cuirasse, je le sais, qu'un peu de douceur réussit à faire tomber.

    - Je vois que tu vas mal, C***. On en parle, si tu veux. Si tu ne veux pas, je respecterai ton choix. Mais ne me fais pas croire des choses: je vois bien qu'il y a quelque chose qui te rend malheureuse.

    Alors elle commence à me déballer son sac... et elle pleure.

    ***

    Trois jours plus tard, avec son accord, j'ai une conversation avec ses parents. J'essaie de les convaincre que C*** a besoin de bien plus qu'un câlin ou un compliment sur sa bonne mine. Oui, elle est jolie et bourrée de talents, mais il lui faut de l'aide extérieure.

    - On va y réfléchir, me dit sa mère.

    Un "non" aurait été une réponse plus honnête. J'ai vu l'esquive dans son regard.

    ***

    Le 25 mars au matin, par le plus grand des hasards, je remarque qu'une jeune fille reste enfermée dans les toilettes. Elle est écroulée à terre et au bout d'un quart d'heure elle ne répond plus à mes appels. Je réussis à déverrouiller la porte et je trouve C***

    - Je veux mourir, me dit-elle.

    Alors je la prends dans mes bras. Elle s'accroche à mon cou.

    - Aidez-moi! me dit-elle. Aidez-moi.

    ***

    Il est bien loin le temps où mon métier, c'était la transmission du savoir.

  • V comme vêtements

    A partir de la semaine prochaine, avait dit le chef du personnel, tu seras transféré dans le département poissons.

    Les poissons, chacun le sait, c’est l’enfer blanc, le froid si intense qu’il te brûle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire : - 55° en moyenne. Si le chef t’y envoie, c’est pour te punir.

    Je sais bien pourquoi il m’y envoie…

    Lundi matin, j’ai mis mes vêtements isolants par dessus les trois couches que je portais déjà, enfilé mes chaussures antidérapantes, pris mes gants. Je n’ai pas trouvé mon bonnet dans mon casier. Tant pis, je ferais des pauses plus rapprochées, me disais-je, ou j’emprunterai celui de Gilbert.

    Mais ce jour-là, Gilbert n’est pas venu. Il a averti en dernière minute. Personne pour le remplacer ce matin.

    Une grande affiche dans le sas prévient une ultime fois des dangers et donne en grandes lettres les recommandations d’usage : N’entrez jamais seul dans une chambre froide ! Mais ai-je le choix ?

    Je suis entré en poussant mon chariot et quand la porte s’est refermée, j’ai vu qu’elle ne s’ouvrait pas de l’intérieur.

    ***

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    écrit pour le défi du samedi n° 141: Que vous inspire cette oeuvre vue au musée Pompidou à Metz?

    http://samedidefi.canalblog.com/archives/2011/03/12/index.html


  • U comme urbanité

    En allant à l'appartement de ma mère l'autre jour, pendant une pause de midi, je les vois: lui, un "grand" d'une de mes classes de Terminale, et elle, ma meilleure élève de Première. Ils forment un gentil couple.

    Ils vont déjeuner à une "croissanterie". Je le vois pousser la porte d'un grand geste... puis entrer le premier.

    Il faudra, me dis-je, consacrer un petit cours à la galanterie française Clin d'œil

  • T comme tournoiement

    Regardez attentivement ce piano:

    februari 2011 010 - kopie.JPG

    J'étais installée au milieu du premier rang, le nez à hauteur du podium: pendant toute la durée du récital de Stéphane Degout, à la Monnaie, cet instrument m'a caché la vue sur le tourneur de pages qui était assis à côté de la pianiste, Hélène Lucas.

    Le tourneur de pages, un brun ténébreux resté hélas anonyme, "bel piede, bell'occhio, bel naso", n'était visible que pendant les infimes secondes où il devait se lever pour tourner de sa belle main une feuille de la partition de piano.

    Ce qui fait que j'ai particulièrement apprécié le poème Tournoiement, mis en musique par Camille Saint-Saëns, et dont le rythme était si rapide que mon bell'occhio, bel naso devait constamment se lever Cool.

    "Je tourne, je tourne, je tourne", disait très justement le poète par la voix de Stéphane Degout... "comme à l'instant où l'on trépasse", "mes pieds ne touchent plus le sol, je monte au firmament nocturne" etc. etc.

    Un tourneur de pages qui vous fait spontanément chanter Mozart, déclamer Louise Labé (ô beaux yeux bruns, ô regards détournés) et citer John Keats (A thing of beauty is a joy for ever), ne mériterait-il pas de voir son nom figurer au programme?

    Clin d'œil

    ***

    Pour les fondus de Mozart, le bell'occhio bel naso est ici http://www.youtube.com/watch?v=oM8t723X8ow

    Quant à Stéphane Degout, on peut l'écouter là, au numéro 9, Mélodies Persanes: http://www.qobuz.com/album/melodies-francaises/0822189017897

     


  • Stupeur et tremblements de lectrice

    Stanislas Sévillano... vous connaissez?

    Voici ce que se dit Stanislas Sévillano: "ce secret souci de sensualité s'associait pour l'essentiel à la succion."

    Pierre Assouline, Les invités, Gallimard 2009, p. 43.

    C'est encore plus fort que Paméla chez Michel de Ghelderode dans Le ménage de Caroline, Gallimard 1972, p.186:

    "(...) si l'un de vous se signalait cette nuit par un exploit sensationnel. Car je suis assez sensible aux choses sensationnelles (...)"

    http://www.compagnieniplusnimoins.com/videos/index.php?film=lemenage.flv

    litterature,lecteur,lecture

     

     

  • 22 mars: journée mondiale de l'eau

    Des millions d'humains dans des bidonvilles, des millions d'humains privés d'eau potable, des millions d'humains confrontés aux maladies liées à ce manque d'un bien si précieux et si fondamental... et si évident pour nous!

    Je ne vois pas trop comment on pourrait résoudre cet immense problème.

    Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de l'eau.

    Cette année, elle a comme thème: L'eau pour les villes: répondre au défi urbain.

    http://www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

    Le défi est de taille.

     

  • R comme rouge

    Sous prétexte d'entretenir un peu mon italien - toutes les excuses sont bonnes pour procrastiner - je vais régulièrement sur le site de Liborio Butera. Alors avec sa permission, je vous fais part de cette bonne nouvelle en ce premier jour du printemps:

    E’ il rosso il colore salva-vita!

    C'est le rouge qui nous sauvera la vie, voilà ce qu'une généticienne milanaise et un prof grenoblois ont découvert après l'avoir testé sur des souris puis sur des humains.

    La molécule "miraculeuse" concernée, c'est l'anthocyanine, dont il me semble que les effets bénéfiques étaient déjà connus - voir les 26800 entrées sur G**gl*, depuis les plus scientifiques jusqu'aux plus platement raccoleuses.

    L'anthocyanine devrait nous protéger de l'infarctus, du cancer et de l'obésité, bref de tout ce qui nous fait le plus peur aujourd'hui...

    Elle est présente dans les fruits et légumes de couleur rouge (sauf dans la tomate, comme le déplore l'article en italien) et dans le vin rouge. A nous donc les cerises et le radicchio!

    Elle se retrouve également dans les fruits et légumes "bleus", comme l'aubergine. 

    Alors aujourd'hui premier jour du printemps, ce "panier" de fruits et légumes me donne déjà des envies d'été!

    Mais patience... D'abord les asperges (blanches Clin d'œil of course!)

    Chaque chose en son temps, n'est-ce pas?

    ***

    Il rosso ci salverà la vita. Questa è l’opinione della dottoressa Chiara Tonelli, docente di genetica presso l’Università degli Studi di Milano, che sta seguendo una serie di esperimenti sui topi per poi passare all’uomo, in collaborazione con l’Università di Grenoble e dello IEO, diretto dal professor Veronesi, per studiare il massimo sfruttamento della molecola miracolosa, ovvero l’antocianina contenuta in prevalenza nei cibi di colore rosso. Dal vino alle ciliegie, fino alle arance, al mais (rosso), al radicchio e a tutti gli altri, le antocianine contenute aiutano a proteggere il cuore dall’infarto, oltre che avere capacità antiossidanti e un importante ruolo di protezione nei confronti di numerose patologie che vanno dal cancro all’obesità. Purtroppo da escludere dall’elenco dei cibi magici sono i pomodori che non le contengono (ma in compenso sono ricchi di licopene che è un potente antiossidante), mentre sono da includere anche tutti quei cibi che hanno colore che va dal rosso al blu, come per esempio le melanzane.

    http://www.liboriobutera.com/

  • Bilan 150 ans: 20 fois bravo à l'Italie

    A l'occasion des 150 ans de la nation italienne, mon journal répond en 40 photos à la question de savoir ce que l'Italie nous a apporté. On peut le voir ici: http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20110316_112&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=weekly

    Si je le résume à l'essentiel, voici ce que il bel paese a donné au monde ces 150 dernières années:

    1.la radio, inventée par Marconi
    2.le personnage de Pinocchio: il n'est pas beau de mentir Sourire
    3.le bon café préparé dans de belles machines (non, je ne ferai pas de pub)
    4.Calimero, petit personnage devenu complexe
    5.les belles bagnoles (c'est vrai qu'elles font encore rêver les jeunes que j'ai en classe aujourd'hui!)
    6.Dario Fo, Umberto Eco, toute une culture
    7.les vedettes du cyclisme, à commencer par Fausto Coppi
    8.les cinéastes et les vedettes de cinéma, il y en a tant et tant
    9.les vedettes du foot et le mot "tifosi"
    10.les vedettes de la chanson
    11.les apéritifs souvent très amers
    12.les albums et figurines Panini à collectionner
    13.la pâte à tartiner chocolat et noisettes que je ne nommerai pas Cool
    14.les jolis films publicitaires autour de grandes tablées familiales: pour l'huile d'olive, pour les pâtes, pour les sauces... et l'aceto balsamico!
    15.la Vespa, tellement plus cool qu'une mob Langue tirée
    16.Alessi: la beauté du presse-citron ou du "panier" à pain
    17.de grands interprètes pour de grands opéras
    18.de grands créateurs de mode, vêtements et accessoires
    19.le dolce far niente qui attire des millions de touristes
    20.enfin, en numéro 20, j'hésite entre la maffia et la politique berlusconienne Clin d'œil

    ***

    Pour des photos des festivités, c'est ici:

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20110317_111

    Viva l'Italia!

     

  • Question existentielle

    En faisant le tour de notre petite réserve naturelle, l'autre soir, je me fais dépasser par une adepte du jogging. Je suis toujours en admiration devant des gens qui courent sans que leur coeur ne leur sorte de la poitrine, donc je l'admire.

    Cent mètres plus loin, elle est en arrêt entre les grands hêtres. Devrait-elle reprendre son souffle, après cette montée? Serait-elle donc humaine? Clin d'œil

    Arrivée à sa hauteur, je comprends: là-haut, sur le tronc d'un hêtre, un écureuil lui crache et lui couine son mépris à la figure.

    - Ah! lui dis-je, il n'a pas l'air content, celui-là!
    - Non, fait-elle, il me hait! Je le dérange.

    Je trouvais le mot un peu fort, mais il est vrai que je n'avais encore jamais entendu un écureuil faire autant bruit.

    Moi j'ai continué ma balade et elle a repris sa course.

    J'ai juste eu le temps de sauver un lombric qu'elle allait piétiner.

    Car en effet, je ne peux m'empêcher, quand je vois un ver de terre se tortiller au milieu du chemin, de le prendre et de le déposer délicatement dans la fraîcheur humide et herbeuse du bas-côté, en lui demandant bien pardon au cas où je me serais trompée sur la direction où il voulait aller et le priant instamment de ne plus s'aventurer si loin en zone sèche et dégagée.

    ***

    Pourquoi, oui pourquoi, me suis-je demandé tout le long du chemin, s'arrête-t-on béat d'admiration devant une petite bête qui me bouffe toutes mes noix, toutes mes noisettes (même vertes) et qui fait des ravages dans les arbres fruitiers en fleurs? Et pourquoi, oui pourquoi n'a-t-on que du mépris pour ce malheureux ver de terre qui pourtant fait du si bon boulot?

    nature,question

  • P comme poil de chameau

    J'avais 16 ans, j'avais atteint ma taille adulte, il me fallait un manteau pour l'hiver. C'est ce que ma mère constata, à mon grand étonnement. Il est vrai que les manches de mon anorak de l'hiver précédent m'arrivaient à la moitié de l'avant-bras. Mais il m'avait servi déjà deux ou trois saisons, pourquoi pas une de plus? D'ailleurs, je le mets encore aujourd'hui pour aller chercher des bûches au fond du jardin, retirer quelques poireaux ou cueillir des choux de Bruxelles.

    Quelques minutes plus tard, elle s'amena avec un long manteau beige caca (pardon pour le mot choquant, il n'y en a pas d'autre).

    - Voilà, dit-elle, essaie un peu celui-là!

    Mon étonnement se fit stupeur:

    - Mettre ça? C'est quoi, ça?
    - C'est un manteau à moi que j'ai porté quand j'étais jeune.

    Un manteau made in 1952 (ou aux alentours), carrure très large, grands revers, taille cintrée, dessous très évasé. C'est une silhouette qui est un peu revenue à la mode ces jours-ci mais qui, dans le milieu des années 70, ne cadrait pas du tout avec ce qu'on pouvait voir dans les rues de ma ville. Et surtout pas chez les filles de 16 ans!

    Il me venait presque aux chevilles, ses trois boutons étaient grands comme des soucoupes et l'échancrure si profonde que je me demandais comment un tel modèle pouvait être efficace contre le froid.

    - Il te va très bien, dit ma mère.
    - Mais je ne veux pas mettre ça!!!
    - Et pourquoi pas? fit-elle. C'est tout à fait à la mode! Et puis, c'est une qualité splendide, comme on n'en fait plus aujourd'hui: c'est du véritable poil de chameau!

    Argument qui, visiblement, devait fermer la bouche à tout.

    Je fis cependant une dernière tentative:

    - Mais alors, si tu le trouves si beau, pourquoi tu ne le mets pas toi-même?

    Je croyais que c'était imparable. Mais elle me répondit:

    - Moi, des manteaux, j'en ai assez.

    Et c'était vrai, bien sûr. Dont deux en fourrure.

    ***

    J'ai donc dû porter cette merveille et j'ai même dû l'user. Ce qui m'a pris plusieurs années. C'était en effet une qualité supérieure, ce poil de chameau. Mais moi qui étais déjà si timide et si mal dans ma peau, je n'y ai pas gagné en confiance en moi.

    Sans compter les malentendus que ça créait, autour de moi, quand on me voyait passer avec mon grand manteau bien cintré, ses larges revers et ses trois énormes boutons:

    - Regarde-là, la fière!

    Texte envoyé aux Impromptus littéraires pour le thème Timidité

  • O comme obiit

    Depuis l'été de 1970 jusqu'à tout récemment, mes parents ont passé toutes leurs vacances en Ardèche. J'en ai déjà parlé ici à certaines occasions.

    Ils sont donc allés aussi à Antraigues. Plusieurs fois. Pas dans l'espoir d'y voir Jean Ferrat, ils ne savaient même pas que c'était là qu'il habitait.

    Pourtant, un jour, ils l'y ont vu. Mon père n'en croyait pas ses yeux. Jean Ferrat! un chanteur qu'il appréciait énormément, se trouvait là à quelques mètres de lui... Bien sûr, il n'a pas osé approcher la vedette. Il n'a même pas osé le regarder avec trop d'insistance.

    Une autre année qu'ils y sont retournés, ils ne l'ont pas vu. Puis quelqu'un a lancé au patron du bar:

    - Et Jean, il est où?
    - Jean? Il est à la Montagne!

    Parce que, disait mon père, l'auberge du patelin s'appelait La Montagne! Et ça le faisait bien rigoler Sourire

    ***

    Le 13 mars dernier, il y a eu un an que Jean Ferrat est mort.

    Nuit et brouillard http://www.youtube.com/watch?v=dey3HRTJKEM

    La Montagne http://www.youtube.com/watch?v=vBh9BNGzROM&feature=related

    le blog de l'auberge la Montagne http://lamontagneantraigues.blogspot.com/

  • N comme nouvelles

    Pour entretenir mes connaissances de l'italien, je fais de temps à autre un "exercice d'écoute": ça prend trois minutes et on apprend plein de choses Cool

    Un de ceux qui m'ont bien fait rire ces derniers temps, c'est celui-ci: http://www.youtube.com/watch?v=uVDRIQMIA_g

    Il s'agit d'une nouvelle application I-phone qui permet de se confesser. Pour la modique somme d'un euro cinquante.

    Obélix le savait déjà: ils sont fous ces (catholiques) romains!

    Faisons plutôt un peu de coloriage Langue tirée

    ils-sont-fous-ces-romains.gif

  • M comme musée

    - Quand je pense qu'elle a tout jeté! dit ma mère avec rancoeur.

    Elle, c'est Adrienne, sa propre mère.

    - Tout! Elle a tout jeté! Nettoyage par le vide! Tous les anciens moules à gaufre de Mère!

    Mère, c'était la mère de mon grand-père. Je sais, ça nous mène loin, mais elle est comme ça, ma mère.

    - Et puis les quinquets! De magnifiques quinquets en cuivre.
    Après la guerre, elle a tout jeté.

    En fait, elle n'a rien jeté, ma grand-mère Adrienne, elle a donné. Donné à ceux qui en avaient l'usage, fussent-ils ferrailleurs. Je trouve ça très bien, et très compréhensible. Pourquoi encombrer son grenier de moules à gaufre en fonte quand on n'a même pas un âtre qui permette de les utiliser? Ou garder des quinquets dès qu'on est assuré qu'il y aura de l'électricité?

    - Et regarde maintenant, ce que ça vaut, toutes ces antiquités!

    Car bien sûr comme toujours l'argent est le nerf de la guerre.

    - Antiquités, antiquités, dit mon père de derrière son journal, là tu y vas un peu fort. Il faut beaucoup plus de temps que ça avant qu'on puisse parler d'antiquités.

    - C'est égal, dit ma mère, ça vaut beaucoup d'argent de nos jours!

    ***

    Sur la route des vacances, en France, la vue de la moindre brocante ravivait son aigreur envers la pauvre Adrienne. Et on en passait, des brocantes! C'est d'ailleurs là que j'ai appris le mot.

    - Tu as vu ça, là? Tu as vu ce que ça coûte? Quand je pense qu'elle a tout jeté! (etc. vous connaissez la suite, les moules à gaufre, les quinquets, ...)
    Et Père avait de la vaisselle en étain, tu te rends compte!

    Père, c'était le père de ma grand-mère Adrienne.

    - Mais où tu le mettrais, tout ça? dit mon père, qui était un sage.

    Car en effet, sur les meubles de la salle à manger trônaient déjà une soupière en étain avec sa louche et quatre cuillères qui avaient échappé miraculeusement au nettoyage vide-grenier d'Adrienne.

    - Cette maison, avait coutume de dire ma tante J*** en parlant de la maison de mes parents, c'est un véritable musée.

    Pour la bonne compréhension de l'histoire, je dois préciser que ma tante J***, la soeur cadette de mon père, n'aime pas les musées.

    ***

    - Quelle chance, me disais-je en reprenant un peu de ça-va-seul sur mon chiffon, que ma grand-mère ait jeté tous ses quinquets en cuivre. Déjà qu'il y a la cafetière, la bouilloire, la chaufferette, les chandeliers, une marmite, un plat, deux casseroles avec couvercle, un cache-pot et deux quinquets à astiquer...

    Car oui, j'aurais pu commencer cette histoire à la manière d'Alejo Carpentier dans Concierto Barroco (ed. Siglo XXI, p.9):

    "De plata los delgados cuchillos, los finos tenedores; de plata los platos donde un árbol de plata labrada en la concavidad de sus platas recogía el jugo de los asados; de plata los platos fruteros (...); de plata los jarros de vino (...); de plata los platos pescaderos (...); de plata (...)"

    Il me fallait juste remplacer "plata" (argent) par "cobre" (cuivre).

    ***

    Il y a deux ans, ma mère a quitté sa grande maison pour aller en appartement. Et a porté tout son musée chez un brocanteur.

    texte écrit pour le défi 140

     

     

  • L comme liste

    Nous savons tous que nous mourrons un jour. En tout cas, c'est Pascal qui le dit, “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien” (Pensées, XXIII)

    Il me semble donc légitime de me demander quelle vapeur, quelle goutte d'eau me tuera. Je ne voudrais pas perdre cet avantage que j'ai sur la nature et finir mes jours dans l'ignorance Langue tirée

    Quelques clics suffisent à trouver les réponses à toutes nos questions et certainement dans le cas de celle-ci vu que les machines à statistiques se sont penchées dessus comme des fées autour de notre berceau - ou devrais-je dire notre lit de mort?

    http://www.nsc.org/news_resources/injury_and_death_statistics/Pages/TheOddsofDyingFrom.aspx Cliquez sur Odds of dying graphic et vous aurez les chiffres de 2007; ils sont valables pour les Etats-Unis mais on peut supposer que les mêmes épées de Damoclès sont prêtes à nous tomber dessus en Europe également, nos modes de vie étant de moins en moins différents.

    - j'ai une chance sur 120864 de mourir attaquée par un chien.
    - une sur 84079 d'être frappée par la foudre.
    - une sur 71623 de succomber à des piqûres d'abeilles, de frelons ou de guêpes.
    - une sur 46044 d'être victime d'une tempête. Un de mes peupliers, aujourd'hui plus que cinquantenaires, pourrait en effet me tomber dessus.
    - une sur 12517 d'étre victime de la chaleur. C'est vrai. Je supporte très mal.
    - une sur 6309 de recevoir un coup de feu mortel accidentel et une sur 306 que ce ne soit pas accidentel mais tout aussi mortel. J'ose espérer qu'en Belgique ce risque est moins élevé, n'est-ce pas, Michael Moore Clin d'œil
    - une sur 7032 de périr dans un accident d'avion et une sur 4717 que ce soit d'un accident de vélo. Je ne fais que du vélo d'appartement. Ouf. Quoique... parfois mon coeur s'emballe Rigolant
    - une sur 1177 pour l'incendie et une sur 1123 pour la noyade. Même si on sait nager?
    - une sur 770 d'un accident de moto, une sur 649 de me faire écraser comme piéton, une sur 303 de mourir comme passager et une sur 88 comme conducteur. Pas de commentaire.
    - une sur 171 de faire une chute mortelle. Les statistiques ne précisent pas si ce sera dans l'escalier de ma cave ou en escaladant le pic XV du mont Everest. Dans mon cas cela pourrait fort bien être en nettoyant mes corniches.
    - une sur 130 d'un empoisonnement accidentel. Comme ce jour d'automne où j'avais mêlé quelques psalliotes jaunissantes à mes rosés des prés. http://www.tachenon.com/Html/confondre13.html Heureusement que leur odeur à la cuisson m'avait rendue méfiante!
    - une sur 112 de me blesser mortellement. Tiens j'y pense, faudra que je vérifie ma vaccination contre le tetanos...
    - une sur 28 de succomber à un infarctus et une sur 6 à une maladie cardiaque. C'est ce qui est arrivé à toute l'ascendance maternelle de ma grand-mère Adrienne.
    - une sur 7 de mourir d'un cancer. Hélas.

    Les statistiques ne prévoient pas qu'on puisse s'éteindre tranquillement dans son lit, comme cela est arrivé à mon arrière-grand-père dans sa 96e année.

    Le mot de la fin? Tenez-vous bien: le risque que je meure est de un sur un.

    Si vous ne me croyez pas, allez vérifier le graphique Cool: Total, any cause: 1 in 1

    Ils ont dû lire Pascal...

  • K comme Krapoverie

    Défi krapovien

    Que feriez-vous avec ces neuf prénoms : Josiane, Eliane, Maryvonne, Marie-France, Arlette, Dominique (la femme), Anne-Françoise, Henry et Dominique (l’homme), sachant que ces personne se réunissent hebdomadairement dans une salle nommée « Mandoline » ? Voilà ce que Joe Krapov demandait. Ceci est mon "chapitre 1" Langue tirée

    ***

    Arlette et Henry sont mariés depuis plus de 40 ans. Ensemble.

    Lui est un gars d’Ostende, élevé au turbot poché sauce hollandaise et au rôti de bœuf en croûte. Elle une fille du Limbourg, là où on a, comme disent les blagues belges, (les vraies, les nôtres) tout récemment encore dégusté un missionnaire.

    Au début de leur mariage, Henry lui pardonnait ses pommes de terre trop cuites, ses légumes à l’eau, sa viande déshydratée et ses sauces … euh … passons, ça vaut mieux.

    Puis ils sont venus s’installer à deux ou trois kilomètres de la maison de ses parents. Arlette et la mère d’Henry ont vite compris, chacune de leur côté, que si elles voulaient sauver ce mariage, il faudrait inculquer à la belle-fille quelques notions culinaires de base.  Arlette a donc appris à cuire un poisson sans qu’il se décompose et à faire un beurre fondu sans le brûler. Et si Henry voulait de la sauce hollandaise ou un beurre blanc, ils allaient tout bonnement manger chez sa mère : Arlette n’en faisait pas un complexe, car elle avait – disait-elle – d’autres qualités.

    Trois enfants sont nés, qu’on a nourris comme on nourrit les enfants, de lait, de tartines, de soupes et de spaghetti bolognaise. Quand Henry réclamait des croquettes aux crevettes, Arlette rétorquait que ce n’était pas avec ça que l’appétit de leurs ados serait satisfait, que de toute façon les crevettes grises étaient hors de prix et qu’elle avait prévu un pot-au-feu.

    ***

    le chapitre 2, le 13 du mois prochain

  • J comme jeux littéraires

    Le jeu des débuts de romans 

    L'idée vient du blog de Martin Winckler; je le cite:

    Il s'agit d'écrire le premier paragraphe (environ trois cents signes et espaces) d'un roman en y intégrant les éléments suivants :

    - un gratte-ciel
    - un chat
    - un paquet de farine
    - un ticket de métro OU un ticket de cinéma
    - un homme et une femme (leurs caractéristiques sont libres) qui se croisent sans se voir

    L'exercice doit être répété trois fois.

    - en optant, chaque fois, pour un point de vue de narration différent : première personne, deuxième personne ou troisième personne du singulier
    - en choisissant, chaque fois, un "genre" reconnaissable : roman réaliste, roman de science-fiction, roman noir, roman satirique, roman d'horreur, etc.

    Et même si ça faisait beaucoup de contraintes et que je désirais les respecter scrupuleusement toutes, voici comment je me suis amusée Sourire, oui, vraiment bien amusée!

     

    Du côté de chez moi

    Longtemps je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine avais-je fermé les rideaux sur les gratte-ciel de la métropole et donné une dernière caresse à mon chat, mes yeux se fermaient si vite que j’avais juste le temps de me dire : « Demain, il faudra que je m’achète un kilo de farine, il n’y a plus de madeleines… ». Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de me lever et de prendre le métro m’éveillait ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que j’avais observé ce jour-là, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même cet homme ou cette femme que je voyais chaque jour sur le quai, lisant le même journal, ayant la même allure, et qui pourtant n’avaient encore jamais eu un regard l’un pour l’autre.

    winckler,jeu,chats,incipit

    Dans l’escalier

    Oui, cela pourrait commencer ainsi, ici, comme ça, d’une manière un peu lourde et lente, dans cet endroit neutre qui est à tous et à personne, où l’homme et la femme se croisent sans se voir, où la vie du gratte-ciel se répercute, lointaine et régulière. De ce qui se passe derrière les lourdes portes des appartements, on ne perçoit le plus souvent que ces échos éclatés, un chat qui miaule, un paquet de farine qu’on déchire, une poubelle qu’on ouvre pour y jeter un vieux ticket de métro trouvé au fond d’une poche alors qu’on y cherchait un mouchoir.

    winckler,jeu,chats,incipit

    Lettre 1

    Tu vois, ma bonne amie, qu’il n’y a pas que les bonnets et les pompons et que depuis que tu as quitté ton couvent pour la ville et ses gratte-ciel, tu as besoin de quelques sous dans ton réticule, non point pour la quête, mais pour t’acheter un ticket de cinéma ! Tu as ta harpe, ton dessin, tes livres, comme au couvent, mais tu as aussi un chat ! Tu as ta chambre, ton cabinet, un joli secrétaire et parfois à l’office tu peux mettre la main à la pâte sans que Mère Perpétue ne soit là pour te gronder quand tu as laissé tomber un paquet de farine.

    winckler,jeu,chats,incipit

    Alors si le jeu vous fait envie, à vous aussi, jetez-vous sur votre clavier et sur

    http://www.omerpesquer.info/untitre/!

  • I comme inscription

    Je suis allée sur le site d'Alterbelgo, dont je parlais il y a quelques jours (à la lettre E comme Essayons)
    Ce qui veut donc dire que j'ai essayé Incertain

    Je suis restée très dubitative devant cette liste de choses à cocher:

    KoffieJacques B...SpeculaasBeatlesBloemenDesignJazzSpinazieMayonaiseKuifjeKaarsenModerne K...Star WarsTuinierenJoggingCampingMonopolyRode Duiv...

    Aime:

    le café, Jacques Brel, le speculoos, les Beatles, les fleurs, le design, le jazz, les épinards, la mayonaise, les bougies, l'art moderne, Star Wars, le jardinage, le jogging, le camping, le Monopoly, les Diables rouges, ...

    ***

    Ce n'est pas parce que je ne mange jamais de mayonaise que je ne peux pas m'entendre avec quelqu'un qui en met sur tout ou presque... la preuve, j'ai vécu 27 ans avec un homme qui en consommait un pot par semaine.

    J'ai cliqué sur quelques "j'aime" et "je n'aime pas" puis hop, la machine m'a trouvé trois Alterbelgo, deux près de Liège et un dans le Hainaut.

    Alors après "I comme inscription" il y a "I comme impatience (jattends la suite avec...)"

     

  • H comme haïkus

    La dame au chapeau
    Sourit à la fenêtre
    A un moustachu

     

    duras.jpg

     

    Lunettes et moustache
    Et la dame de carreaux
    S'observent en coin

     

    J'étais à un atelier haïkus en novembre dernier - j'en ai déjà parlé ici http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/12/05/h-comme-haiku.html - et comme c'était dans le cadre d'une formation pour profs de FLE on avait très judicieusement pensé que la vue de quelques photos "littéraires" nous inspirerait.

    J'avais donc choisi cette photo où on voit Marguerite Duras et Yann Andréa aux Roches Noires, à Trouville, en 1990. La photo a été prise par Hélène Bamberger.

    Une autre photo de la même Hélène Bamberger représentait une commode appartenant à Marguerite Duras, aux Roches Noires, à Trouville en 1991. Je ne vous la montre pas, je n'aimerais pas avoir de problèmes de copyright Clin d'œil alors laissez simplement parler votre imagination...

     

    Commode fleurie
    Sous la lumière du soir
    Le miroir est gris

     

    Tic tac du réveil
    Sur la commode fleurie
    Où le miroir luit

     

  • G comme GPS

    Je relatais ici http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/02/27/w-comme-wagon-de-train.html pourquoi je m'étais finalement décidée à m'offrir un GPS et comment j'avais dès l'abord dû me passer de ses services. Je l'avais donc rangé dans mon boudoir (du verbe bouder: lieu où on range les objets qu'on boude).

    Puis, comme je devais aller à cette petite fête organisée dans la vallée de la Semois et que j'avais le choix entre neuf heures de train + bus ou trois heures de voiture, je me suis dit que c'était le moment de lui offrir une seconde chance.

    D'autant plus que je n'avais découvert que le matin du départ que je ne disposais pas d'une carte Michelin de cette moitié-là de la Belgique. J'avais complètement oublié que quand l'homme-de-ma-vie est sorti de ma vie, j'étais tellement persuadée que je ne voyagerais plus jamais que je lui ai donné toutes nos cartes Michelin, depuis la Finlande jusqu'à la Roumanie. Est-on bête quand ces choses-là nous tombent dessus...

    Donc samedi matin j'installe mon GPS comme une grande. Merveille des merveilles, il sait où je suis et comprend où je veux aller. En route.

    Je dois juste à la vérité de dire que j'ai eu un petit souci avec la ventouse: malgré tous mes efforts, la chose ne voulait pas adhérer au pare-brise. Je l'ai donc scotchée à mon tableau de bord. Cela rendait l'écran invisible et illisible mais qu'importe, il me restait la voix. La voix de mon guide.

    Guide qui n'était pas polyglotte, j'ai pu le constater dès le départ, quand elle m'a intimé de tourner à gauche vers le Djinn-z-berche. Pas grave, je connais le nom de la rue voisine, et puis ça m'a bien fait rigoler, Djinn-z-Berche.

    La franche rigolade a duré ainsi un petit bout de temps, jusqu'à ce qu'on arrive en pays wallon et que les noms de rue deviennent prononçables. Je me suis bien demandé comment ferait la voix / the voice le jour où elle devrait me guider à travers Bruges, Ostende ou Gand, mais soit. J'étais déjà bien contente qu'on soit d'accord, elle et moi, sur la route à suivre. Aussi lui faisais-je de grands "D'accord!" à chaque nouvelle injonction. Communion parfaite!

    Ce n'est qu'à l'approche de Bouillon que les choses se sont un peu gâtées. Précisément au moment où j'avais le plus besoin d'elle et où ma méfiance envers elle s'était quasiment évanouie après deux heures trente de rigolade et de consensualité.

    Aussi ne l'ai-je plus écoutée chaque fois qu'elle voulait que je fasse demi-tour le plus rapidement possible. Corbion était bien indiqué et je n'ai eu aucun mal à trouver le lieu du rendez-vous.

    La voix cependant était contente d'elle et m'a fièrement annoncé que j'étais arrivée à destination.

    **

    Dimanche après-midi, quand j'ai voulu rebrancher le GPS pour rentrer chez moi, l'accu avait rendu l'âme.

    Apparemment, il y a aussi un petit souci avec le câble de l'alimentation pour allume-cigare...

     

     

  • F comme fable

    La cigale ayant vécu sur un grand pied
    Pendant quatre étés
    Voulut acquérir une propriété
    Sans trop débourser

    Elle se tourna vers la fourmi
    Restée en leur ancien logis
    La priant de lui accorder
    La permission de l'hypothéquer

    Mais la fourmi osa dire non
    Et se fit traiter de tous les noms

  • 7 lieues (comme les bottes)

    Le week-end dernier, une amie et ses enfants organisaient une fête d'anniversaire "surprise" pour monsieur. Une de ces initiatives dont je me demande toujours si l'élu s'en trouve vraiment heureux, car personnellement je suis plutôt comme le renard du petit Prince, j'aime "m'habiller le coeur" Sourire

    Mais là n'est pas la question.

    Comme lieu des festivités, ils avaient choisi un restaurant de la petite ville de Corbion, près de Bouillon.

    Bouillon, pour moi, c'est vraiment très loin, environ trois heures en voiture. Mais ne doutant pas des performances de notre SNCB, je m'étais renseignée sur la façon de faire ce voyage en train... ne serait-ce que pour les belles heures de lecture que ça me permettrait!

    Oui mais voilà.

    1.ça commence en douceur par une heure de train jusqu'à Bruxelles; on connaît
    2.puis deux bonnes heures de lecture encore jusqu'à Libramont: très bien!
    3.ensuite ça se complique: dix minutes jusqu'à Bertrix, parce que Bouillon, son château, sa vallée de la Semois, ne sont apparemment pas desservis par une ligne de chemin de fer...
    4.après il faut marcher 24 minutes et prendre le bus pour Bouillon
    5.ou marcher 6 minutes et prendre deux bus différents pour Bouillon (départ à 14.54 h)
    6.puis il faut encore marcher 8 minutes et prendre deux bus pour Corbion
    7.ou marcher 15 minutes et prendre un bus pour Corbion

    Vous suivez toujours?

    J'aurais donc dû partir de chez moi à neuf heures du matin pour arriver à l'église de Corbion à 17.36 h. Or nous devions être au plus tard à 17.30 h. au restaurant où la fête aurait lieu... et c'était encore loin de l'église!

    Alors dites-moi, neuf heures de route contre presque trois, qu'ai-je choisi, malgré le plaisir de la lecture?

     

    bouillon.jpg

     

    corbion.gif

     

     

  • E comme essayons, essayons

    Vendredi en attendant le chauffagiste, je suis tombée sur ce titre de mon journal (flamand):

    Zoek uw Waalse vriend via Alterbelgo

    ce qui veut dire: Cherchez votre ami wallon avec (le site) Alterbelgo.

    Pour ceux que ça intéresse, voici l'article en entier:

    Onder het motto ‘als we elkaar willen begrijpen, moeten we elkaar eerst terug leren kennen’ hebben vier Belgische vrienden, twee Franstalige en twee Nederlandstalige die werkzaam zijn in de communicatiewereld, de website Alterbelgo opgericht. De bedoeling? Uw vriend over de taalgrens heen vinden.

    De site heeft als doel om Vlamingen en Walen weer dichter bij elkaar te brengen. ‘Als je lezersreacties op verschillende websites volgt, zie je dat we heel stigmatiserend over elkaar denken. Wij denken dat dit komt door een gebrek aan communicatie. We kennen elkaar niet meer’, aldus één van de oprichters Denis Dubrulle.

    ‘We wilden een manier vinden zodat elke Vlaming een Waal kan leren kennen, die liefst ook op hen gelijkt.’ Daarom wordt gebruik gemaakt van de sociale netwerksite Facebook. Aan de hand van de likes (muzikale interesses, lievelingsfilms, hobby’s...), zoekt de site in zijn klantenbestand naar een Franstalige vriend met dezelfde voorkeuren.

    Wie niet op Facebook actief is en toch zijn alter ego over de taalgrens wil vinden, wordt niet uitgesloten en kan ook op de site Alterbelgo zelf zijn voorkeuren en interesses ingeven. Op die manier zorgt de site voor een ‘koppeling’ met een Waalse vriend(in).

    ‘We zien het als een sociaal experiment en gaan het langzaam laten groeien. In de toekomst kunnen we misschien een ontmoeting organiseren. Eerst zien hoe tof de mensen onze site vinden’, zegt Dubrulle. De oprichters hopen op termijn twintigduizend leden te hebben.

    Debrulle hoopt dat ook bekende Vlamingen bij het project kunnen betrokken worden. ‘Dan zou u op onze site kunnen zien wie bijvoorbeeld de Alterbelgo van Kim Clijsters is.’

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20110302_164&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=weekly
    Je vous traduis dans les grandes lignes: l'idée de départ, c'est que pour se comprendre il faut se connaître, donc quatre amis - deux néerlandophones et deux francophones - ont créé le site Alterbelgo. Le but, c'est de se trouver "un ami" de l'autre côté de la frontière linguisitique, soit en utilisant la plate-forme FB - puisqu'on peut y mettre ses préférences en matière de musique, cinéma, littérature etc. - soit en introduisant soi-même ses centres d'intérêt sur le site Alterbelgo. Car il s'agit de trouver "un ami" avec qui on ait des goûts communs.
    Les initiateurs du projet le considèrent comme une "expérience sociale" et espèrent qu'il connaîtra une croissance lente... mais vendredi midi, leur site était déjà saturé:

    alterbelgo.jpg

    Alors E comme... expérience à suivre?
  • D comme diptyque

    Il faudra bien finir par s’y résoudre, se dit-il en tirant sa chaise de quelques pas.

    Et tout en admirant son 43e coucher de soleil de la journée, il réfléchissait. Son mouton, la chose était claire et évidente, ne suffisait pas à la tâche.

    Faudra que je surveille la migration des oiseaux sauvages, se dit-il encore, et que je retourne voir mon ami l’aviateur.

     

    défi138.jpg

     

    - Je ne comprends pas, lui dit sa mère pour la énième fois en quatre ans, pourquoi tu persistes à vouloir rester habiter ici !

    C’est vrai, se dit-elle en regardant cette friche qui avait été un joli jardin, il faudra bien finir pas me résoudre à quitter cette maison.

    Mais le soir, assise à son bureau, elle admire le soleil couchant et oublie les ronces et les orties.

    texte écrit pour le défi 138

  • C comme Carême

    Pour mes grands-parents, le concile Vatican II n'a au fond pas changé grand-chose.

    D'accord, la messe n'était plus en latin - on sait tout le bien qu'en pensait Georges Brassens hahaha - et le prêtre ne s'adressait plus aux fidèles en leur tournant le dos, mais pour le reste?

    Pour le reste, ils ont simplement continué à "manger maigre" le vendredi, ne serait-ce que pour varier le menu ou pour rester fidèle à quelques traditions culinaires.

    Ce qui m'est resté à moi, de mon éducation religieuse, c'est le sentiment qu'il est bon, de temps en temps, de "faire pénitence" et par conséquent de se priver de certains plaisirs. Si je le fais encore aujourd'hui, c'est surtout pour me prouver que je ne suis pas accro... au chocolat, à ce verre de vin que je me permets certains soirs, ou à mon ordi.

    J'ai déjà parlé de cela à l'occasion du Carême il y a deux ans http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2009/03/03/b-comme-bonnes-resolutions-bis.html mais c'était bien la seule année où je ne me sois privée de rien... et encore, je ne suis plus sûre d'avoir réellement fait ce que j'écrivais ce jour-là  Clin d'œil

    Quoi qu'il en soit, cette année j'ai pris des résolutions fermes et définitives: ni chocolat, ni alcool et un planning très strict qui commencera le lundi 7 mars...

    Je fais comme ceux qui voudraient s'arrêter de fumer: je l'annonce bien fort, pour m'obliger moralement à tenir mes engagements...

    Est-ce que tout ceci fait sens? Non, probablement pas... et ne vous gênez surtout pas pour me le dire, peut-être y a-t-il encore un espoir de rédemption?

    Innocent

  • B comme bibliothèque

    Je n'ose plus me montrer à la bibliothèque publique de la ville où je travaille.

    Devinez pourquoi.

    Fin novembre de l'an dernier j'y suis allée une dernière fois pour emprunter des livres. Je les ai rapportés au fil de mes lectures. Il m'en restait deux juste avant les vacances de Noël que j'ai rapportés avant de partir à Malaga.

    Début février je reçois une lettre de rappel et une amende: selon eux, je n'ai pas rapporté mes deux derniers livres.

    Alors que voulez-vous que je fasse? Que j'aille leur dire, clamer, crier, hurler que je suis innocente? J'irais bien leur prouver qu'ils ont tort, j'irais cueillir dans les rayons les livres qui sont en ma possession, selon eux. Mais pour aller dans les rayons, il faut passer par le portillon, montrer sa carte, s'expliquer avec la dame...

    Début mars je m'étonne de ne pas recevoir de nouvelles lettres de rappel et de nouvelles amendes. Donc je vais voir sur le site.

    A côté du montant de mes diverses amendes pour ces livres que je n'ai soi-disant pas rapportés, je vois la mention "kwijt. kas"

    Si encore je savais ce que ça veut dire...

  • Adrienne et les arbres

    Dimanche dernier, à neuf heures du matin, nous avions une de nos "promenades" saisonnières avec le (petit) groupe qui s'occupe de notre (petite) réserve naturelle. Nous appelons ces promenades "beheerswandeling", ça veut dire qu'on fait un tour pour évaluer ce qui a été fait et ce qui doit être fait.

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    J'aime énormément ce coin de nature et j'aime tout particulièrement les arbres...

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    ceux qui sont tombés

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    ceux qui sont couverts de lierre

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    ceux qui portent encore toutes leurs graines

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    ceux qui se découpent si magnifiquement contre le ciel

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    ceux que l'homme veut maîtriser

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    les grands, les petits

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    les plantés et les spontanés

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    et même ceux qui sont morts

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    parce que si la vie c'est la mort
    dans la nature, la mort c'est aussi la vie