• Dernière invention belge

    Je viens de le lire dans le journal: désormais on pourra se faire des tartines au Chokotoff!

    Nu ook Chokotoff op de boterham

    Voilà pour le titre; et le sous-titre précise que notre bonbon belge le plus populaire existe en pâte à tartiner.

    Belgiës populairste snoepje als chocopasta verkrijgbaar

    L'auteur de l'article raconte qu'elle a fait des jaloux parmi ses collègues et que tous voulaient en goûter. La preuve, selon elle, que Côte d'Or a tapé dans le mille avec ce nouveau produit. A la rédaction du journal, ils l'ont trouvé "fort", "intense" et décrété qu'il le leur fallait illico sur la table du petit déjeuner.

    Plus loin j'apprends que neuf Belges sur dix connaissent le bonbon et qu'on en mange 120 millions par an rien qu'en Belgique, c'est-à-dire quatre par seconde (on sait que les grandes personnes aiment les chiffres mais ce genre de calcul m'épate toujours) La Belgique et la Hollande réunies en dégustent 200 millions, de ces caramels au chocolat inventés en 1932 et dont la recette est restée inchangée depuis.

    D'autres chiffres? Les Belges achètent 15 tonnes de pâte à tartiner par an et les ventes sont toujours en hausse. D'où on conclut qu'il y a de la place sur le marché pour ce nouveau produit, destiné à un public adulte...

    chocolat,actualité

    ci-dessus, le bonbon caramel et chocolat, ci-dessous, la pâte à tartiner

    chocolat,actualité

    on n'a pas de pétrole, mais on a du chocolat Langue tirée

  • Z comme...

    La scène se passe dans un petit aéroport. Des gens arrivés avec une paire d'heures d'avance ont largement le temps de s'installer avec un café, un sandwich ou un steak frites. Beaucoup de steak frites, même s'il n'est que dix heures du matin.

    Je fais durer mon cappuccino en lisant Moravia. Je suis déjà dans l'ambiance romaine Clin d'œil.
    Un voyageur est venu s'asseoir en face de moi. Il est passé au rayon librairie et étale ses achats devant lui.

    Qu'est-ce que nos lectures disent sur nous?

    Il s'est offert un magazine français, avec de belles photos de mers bleues et de voiliers blancs. Un journal flamand. Et un gros guide de voyage en anglais: Greece.

    Tiens, me dis-je, il va en Grèce.

    Mais peu après, l'avion pour Thessaloniki part sans lui.

    La bonne réponse est à la lettre Z: il va à Z comme Zadar.

    Je ne savais même pas où c'était. Mais depuis, j'ai cherché et trouvé: c'est en Croatie.

    ***

    "We reizen om te leren", dit le proverbe en néerlandais. (traduction littérale: on voyage pour apprendre)

  • Y comme Yvonne

    Pascal est un trappeur, Suzanne une princesse perdue dans la forêt... Yvonne... ah, Yvonne joue un rôle plus compliqué.

    Il est entendu qu’elle est ici une servante, une simple d’esprit comme cela se voit au désordre qu’elle a mis dans ses grands cheveux blonds, et qu’elle ne parle aucun langage humain. À ce qu’on lui dit, elle répond par des ouah-ouah de folle, et elle fait des grimaces, laisse tomber son menton, roule des yeux blancs.

    Louis Aragon, Les voyageurs de l'impériale, Folio n°120

  • Raison X

    "Il y a aussi les enseignants. Ah, les enseignants! Anxieux, exigeants, pinailleurs, je-sais-tout. On en a parlé une fois, au tout début, tu m'appelais, embêté, une de mes patientes voulait changer de médecin mais n'avait pas le courage de me demander son dossier, elle t'avait chargé de le faire et il était trop volumineux pour que tu puisses t'en passer. J'ai accusé le coup (ça m'a fait mal au coeur, une patiente que je suivais depuis sept ou huit ans, les premières années je la voyais trois ou quatre fois par mois, deux fois par semaine quand un des mômes avait une angine et qu'elle voulait en profiter pour me raconter sa vie, et je la faisais revenir en consultation sans rendez-vous le lendemain, en espérant que devant la salle d'attente pleine elle renoncerait, mais des clous!) mais j'ai fait mon sourire de balle de match et je suis venu te déposer son dossier en mains propres. Tu m'as reçu dans ton cabinet flambant neuf, ça sentait encore la peinture fraîche et la colle à papier, c'était pas très grand, tu avais installé un divan (ça collait très bien avec l'image mi-psy mi-confesseur que les gens avaient de toi, et qui commençait à leur courir) et je t'ai dit que cette Dominique Dumas, elle s'était fait tous les médecins du secteur, l'un après l'autre, trop hystérique pour être satisfaite, trop angoissée pour être jamais rassurée, trop enseignante pour te croire, et que tu aurais beau faire, elle trouverait toujours le moyen de te mettre en défaut et que, somme toute, ça me soulageait que tu t'y colles. Après, je me suis quand même demandé ce qu'elle devenait. Quand je la croisais dans la rue, elle était bien plus souriante qu'avant, je brûlais d'envie de te demander ce qui lui était arrivé, mais bien sûr je ne l'ai pas fait (...)"

    Martin Winckler, La maladie de Sachs, P.O.L. 1998, page 89

    La première raison pour laquelle je vous donne cette citation, c'est que l'opinion exprimée ici sur les profs m'a bien fait rire. Le prof est le client le plus difficile, je l'ai souvent entendu dire par des gens qui ne savaient pas que j'étais prof moi-même Langue tirée et j'espère bien ne pas correspondre à ce cliché. Je suis plutôt du genre (trop) confiant.

    La deuxième raison, c'est que je voudrais vous laisser deviner pourquoi cette enseignante du livre de Martin Winckler "était bien plus souriante qu'avant"...

    Evidemment, il se peut que vous l'ayez déjà tous lu, et dans ce cas ce n'est pas de jeu Clin d'œil. Je sais que j'ai un gros retard de lecture sur la plupart des visiteurs de ce blog...

  • W comme wagon de train

    Cher monsieur Winckler
     
    je viens de terminer la lecture de votre livre, La maladie de Sachs.
     
    Je ne vous ennuierai pas avec ma "critique", je vous dirai simplement qu'il m'a beaucoup plu, beaucoup touchée aussi - ainsi j'ai failli m'arrêter de lire à la page 418 parce que cette histoire de cancer avait des ressemblances trop douloureuses avec ce qu'a vécu mon père...
     
    J'ajouterai juste - car peut-être cela vous fera rire - que j'ai pris le train pour Bruxelles ce matin, spécialement pour avoir du temps à moi, du temps de lecture: une heure à l'aller, une heure avec un cappuccino, une heure avant d'aller voir Le gamin au vélo au cinéma de la place De Brouckère, assise sur la dernière marche qui donne accès à la salle 9 et une autre heure de train pour rentrer...
     
    Parmi mes anciens élèves futurs médecins, il y a un francophone à qui je recommanderai vivement de lire ce livre.
    C'est le plus beau compliment que je puisse vous faire Clin d'œil
     
    Ah non, il y aussi celui-ci: le prochain que je lirai, ce sera Le choeur des femmes.
    Je l'ai déjà commencé à la librairie, un autre jour que j'étais à Bruxelles, et fait acheter à une amie Clin d'œil
    Lettre envoyée le samedi soir 21 mai 2011 à Martin Winckler.

  • V comme verre

    Verre et fer forment de magnifiques coupoles:

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    partout on peut admirer le jeu des lignes et de la lumière:

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    tout ça est parfait pour quelqu'un qui, comme moi, en plus de la lumière et des belles plantes, apprécie la symétrie Sourire

     

     

     

     

     

  • U comme urgent

    Besoin de temps.

    Du temps à étirer. Du temps pour flâner. Du temps pour ne rien faire.
    Temps pour rêver, pour lire, pour bavarder, pour rire, pour se promener.
    Du temps pour respirer.

    C'est urgent.

  • T comme taquinerie

    J'ai un tas de compost de trois mètres cubes mais je ne le trouvais plus: il avait complètement disparu sous un envahisseur de première qu'on appelle en néerlandais "kleefkruid", c'est-à-dire "herbe qui colle" et qu'on appelle gratteron en français (pour autant que mes sources soient fiables)

    Arracher ces plantes est un jeu d'enfant. Le seul problème, c'est que vos vêtements seront constellés de petites feuilles et surtout de graines, que vous devrez ôter petite boule par petite boule...

    kleefkruid.jpg

    Chaque fois que j'arrache de ces plantes - le jardinage est un éternel recommencement, surtout avec des petites malignes dans le genre de celle-ci, qui utilise le jardinier pour se ressemer - chaque fois je pense à mon beau-père.

    C'était un homme taiseux mais taquin. Un jour que nous faisions "un tour de jardin", il m'avait collé une tige de "kleefkruid" dans le dos.

    Taquiner, c'était sa façon à lui de dire à ses enfants ou petits-enfants: "toi, je t'aime bien".

    Alors ce jour-là, je me suis sentie honorée, émue et faisant vraiment partie de la famille.

  • Stupeur et tremblements pour Saviano

    Après la publication de Gomorra en 2006 (et surtout après le succès que le livre connaît à la vente), Roberto Saviano est menacé de mort par la maffia napolitaine, la camorra. Depuis l'automne de 2006 il est contraint de changer constamment d'adresse.

    Son site: http://www.robertosaviano.it/

    “Spesso mi si chiede come sia pos­si­bile che delle parole pos­sano met­tere in crisi orga­niz­zazioni crim­i­nali potenti. In ver­ità ciò che spaventa è che tutti pos­sano d’improvviso avere la pos­si­bil­ità di capire come vanno le cose. Avere gli stru­menti che svelino quel che sta dietro”

    "On me demande tout le temps comment il est possible que des mots puissent mettre en état de crise des organisations criminelles puissantes. En fait, ce qui fait peur, c'est que chacun puisse subitement être en mesure de comprendre comment vont les choses. Avoir les instruments pour dévoiler ce qui se cache derrière."

  • 22 raisons suffisantes

    Il y a ceux qui jardinent pour leur plaisir, parce qu'ils aiment les fleurs ou qu'ils veulent des légumes bio.

    Moi il me semble que je jardine par amour de la nature.

    Au sens large.

    Je tonds la pelouse pour le bonheur des merles: après le passage de la tondeuse, les lombrics attirés par les trépidations de la machine refont surface. Alfred, son épouse et les enfants, n'ont qu'à se baisser pour les cueillir. Ça les change de leurs croquettes pour chats Sourire

    Il y a vingt ans, j'ai planté de mes blanches mains (comme on dit sur les blogs) deux jeunes noyers. Aujourd'hui, leurs fruits font le régal d'un couple d'écureuils.

    Mes chats aiment se rouler dans la terre bien fine et poudreuse du potager. Dès que les haricots sont semés, ils font la sieste bien calés à l'abri du vent dans le creux entre deux rangs surélevés.

    Les faisans se régalent de mes frisées d'Amérique. Les pigeons préfèrent la roquette. Les ramiers dégustent mes fleurs de petits pois. Les limaces dévorent mes radis.

    Les coccinelles élèvent quelques pucerons sur le rosier Fée des neiges.

    Les bourdons font bourdonner les digitales. Les fourmis fourmillent. Les hérissons se hérissent quand je les soulève pour admirer leur joli museau.

    La piéride du chou pond ses oeufs sur mes broccolis. Ça fait de belles chenilles bien vertes et le bonheur des mésanges. Ça fait rarement de jolis broccolis.

    Les lapins des voisins passent à la saison des choux de Bruxelles.

    Je confonds les grenouilles et les crapauds (qu'ils m'en excusent) mais ils sont autant les bienvenus les uns que les autres.

    Les cloportes vivent sous les pots de basilic. Les perce-oreille dans les laitues.

    Les reines-claudes étaient des poches à guêpes. J'ai résolu le problème en coupant l'arbre: le second fils des voisins est allergique aux piqûres de guêpes.

    Les taupes vivent en parfaite harmonie avec ma deuxième pelouse.

    Les noisettes, les fraises des bois, les framboises, les fleurs et les fruits du sureau, sont à tout le monde. Du plus petit ver jusqu'au plus bel oiseau. Il s'agit d'être le premier et c'est rarement moi.

    A moi on me laisse ce qui ne semble intéresser ni les oiseaux, ni les lapins, ni les insectes: le persil et la ciboulette, les navets et les poireaux, le céleri et les épinards, les fèves et les courgettes, les oignons et les échalotes. Vous voyez bien que je n'ai pas à me plaindre.

    Cette année, pour la première fois, je vais planter un concombre. Je me demande pour qui ce sera Clin d'œil

  • R comme raison suffisante

    Dans une tentative d'analyse de mon comportement procrastinatif (ou procrastinateur, je ne sais pas si le mot existe) je suis arrivée chez Leibniz:

    "Rien ne se fait sans raison suffisante, c'est-à-dire que rien n'arrive sans qu'il soit possible à celui qui connaîtrait assez les choses de rendre une raison qui suffise pour déterminer pourquoi il en est ainsi et non pas autrement" (Leibniz,  Principes de la nature et de la grâce fondée en raison , § 7).

    Tout s'éclaire: je procrastine aussi longtemps que je n'ai pas de raison suffisante pour me mettre à l'ouvrage.

    Deux exemples de raison suffisante:

    1.je déblaie ma table quand j'attends des invités
    donc j'invite des amis à manger, ainsi je déblaie ma table

    2.je ne fais rien pour l'école le vendredi soir, je fais des courses, le ménage et des choses amusantes le samedi Rigolant donc je suis bien obligée de travailler pour l'école le dimanche après-midi

    ***

    J'ai aussi de nombreuses activités que je ne procrastine jamais. Il y a bien sûr également une raison suffisante à cela. 

    Je vous laisse deviner laquelle à l'aide de deux exemples: Clin d'œil

    1.la première chose que je fais le matin c'est allumer l'ordi et aller sur les blogamis
    2.la dernière chose que je fais le soir c'est aller sur les blogamis avant d'éteindre l'ordi


  • Triste bilan

    Scène 1: la prof de français, une classe de Première

    La scène se passe un 26 avril, à la fin du cours.

    la prof:

    La semaine prochaine, quand vous serez à Paris, je suppose que vous prendrez des photos, n'est-ce pas? J'aimerais qu'après le voyage, vous présentiez à la classe quelques-unes de vos photos. Vous ferez ça à deux et chacun parle cinq minutes. Soyez prêts pour le jeudi 12 mai, ça vous laisse largement le temps. Tout le monde est d'accord?

    Les élèves réagissent avec enthousiasme et quittent la classe en discutant déjà d'un "fil rouge" avec leur partenaire. Quelques-uns ont encore une petite question pour la prof dont le coeur se gonfle d'amour et de fierté pour chacun de ses 23 adolescents.

    Scène 2: la prof de maths, la même classe de Première

    La scène se passe le mercredi 11 mai.

    la prof:

    Vous étudierez ça pour demain! Il y aura un test!

    un élève (celui dont le rôle est d'essayer de gagner du temps de procrastination):

    Mais madame, on a une présentation à faire pour français!!!

    Le ton monte, prof et élèves sortent très mécontents les uns des autres.

    Scène 3: la directrice adjointe, la prof de français

    La scène se passe dans le bureau de la directrice adjointe.

    la directrice:

    Je sais que tu es quelqu'un qui veut apprendre un maximum de français à ses élèves. Je sais que tu te mets la barre très haut pour toi-même. Mais tu ne peux pas mettre la barre aussi haut pour tes élèves! Je pense que tu exiges trop d'eux, que tu leur donnes trop de travail.

    La prof est atterrée et ne comprend pas tout de suite de quoi il retourne. Elle ne trouve rien d'autre à dire que de demander bêtement:

    Trop de travail?

    la directrice:

    Oui. Trop de travail. Ils n'ont plus le temps de faire leurs maths, ce qui est quand même leur matière principale!

     ***

    Le dramaturge hésite encore sur la scène finale.


  • Question existentielle

    Pendant ma semaine à Rome, j'ai acheté de jolies cartes postales.

    J'ai soigneusement sélectionné la vue et les destinataires.

    J'ai fait de mon mieux pour écrire à chacun une carte bien remplie d'un texte personnel.

    Je suis allée acheter des timbres. Je les ai même collés à l'endroit prévu.

    J'ai soigneusement complété les adresses. Ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé (lol)

    Je suis partie à la recherche d'une boîte pour y déposer le précieux paquet de cartes. J'ai même dû demander trois fois où il y en avait une.

    Puis j'ai attendu. Nous savons tous que la poste italienne ne brille pas par sa célérité.

    ***

    De retour chez moi, il y avait une gentille carte de ma nipote J***. Je la remercie et lui dis qu'une carte est en route pour elle quelque part entre Rome et Ostende.

    Je m'étonne un peu que personne, dans les semaines qui suivent, ne me dise: "Ah! j'ai reçu ta carte de Rome!"

    ***

    Maintenant que nous sommes plus près de la Trinité que de Pâques, Mabrouk se pose la question existentielle suivante:

    Que deviennent les cartes postales une fois qu'on les a déposées dans une boîte jaune des "poste italiane"?

    ou faut-il que je pose ma question ici? http://poste.it/online/dovequando/index.jsp

  • P comme parc

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    A Laken, il n'y a pas que les serres et les merveilles florales qu'elles contiennent, il y a aussi tout le parc autour des serres. Et vraiment, l'endroit est enchanteur!

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    au loin on peut voir la tour japonaise

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    toutes les photos ont été prises le premier mai: les rhododendrons sont déjà bien fleuris, avec deux ou trois semaines d'avance sur leur date de floraison "normale" en Belgique

    ***

    et devinez qui habite à côté de ces splendeurs?

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  • O comme Oh my God!

    Samedi dernier journée portes ouvertes à l'école (épuisante), dimanche-sur-canapé (avec la maladie de Sachs Langue tirée), hier lundi réunion jusqu'au soir, aujourd'hui je reste à l'école parce que des parents viennent me voir (après 17.00 h) et ce soir je vais à une formation.

    Pas le temps d'écrire des billets.

    Peu de temps pour aller sur vos blogs.

    - C'est un chouette métier, pour une femme, me disent les amies de ma mère (qui n'ont jamais travaillé de leur vie). On a fini à quatre heures!
    - ... (je souris poliment)

    Mais je ne me plains pas, je fais le plus beau métier du monde.

    C'est juste que parfois je n'ai plus de temps pour rien d'autre Clin d'œil

  • N comme Nil novi sub sole

    - Nous ne parlerons pas de politique, me dit Antonello tout en nous guidant dans la campagne romaine, sinon je vais m'énerver.

    - D'accord, lui dis-je.

    D'autant plus que c'était lui qui mettait ce sujet sur le tapis et que je n'avais pas envie que l'ambiance se détériore.

    Mais à peine une heure plus tard, il recommençait:

    - Les Italiens, me dit-il, ne s'intéressent pas à la politique. Les seuls journaux qu'ils lisent, ce sont les journaux sportifs. Aussi longtemps qu'ils ont leur calcio, l'homme au pouvoir peut se permettre toutes les orgies, l'Italien s'en fiche.

    Tous sauf lui, apparemment Clin d'œil

    - Aujourd'hui ou du temps des Romains, dit-il encore, c'est toujours pareil: les jeux du cirque, voilà ce qu'il leur faut!

    ***

    Le lendemain, au Colisée, la guide nous expliquait qu'à chaque coin, déjà il y a deux mille ans, se trouvait une sorte d'animateur chargé de "chauffer" la foule et de lui dire quand applaudir et comment réagir, exactement comme aujourd'hui dans nos émissions télévisées enregistrées avec public...

    Je ne croyais pas si bien dire quand j'avais répondu à Antonello que notre siècle n'avait rien inventé Clin d'œil

    voyage,italie

    au musée de Palestrina, la maquette du palazzo

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    Grotta Ferrata

    voyage,italie

    le lac de Castel Gandolfo sous un ciel plombé

     

  • M comme merveilles

    Pour ce qui est des merveilles florales dans les serres et le parc de Laken, je pourrais refaire tout un alphabet à l'intérieur de mon alphabet, en commençant par

    A comme Azalées:

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    B comme Bananes:

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    C comme Compositions florales:

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    mais j'aurais peur de vous ennuyer, j'ai bien pris soixante photos... et pourtant, je me suis retenue Clin d'œil

     

     

     

  • L comme Laken

    Chaque année, les serres de Laken sont ouvertes au public pendant une courte période, trois semaines environ, vers avril-mai. Généralement, je ne suis au courant de l'événement qu'une fois que la foule a fini d'envahir et de piétiner cet endroit magique, mais cette année mon amie MC, qui est si bien au courant de tout ce qui se passe à Bruxelles qu'elle pourrait faire le dispatching promotionnel de sa ville, m'a invitée à y aller avec elle le premier mai.

    J'ai bien sûr sauté sur l'occasion et au cou de cette chère MC Bisou (j'aime commettre un zeugme de temps en temps)

    Voici tout d'abord cinq photos pour des vues extérieures de serres en divers endroits du domaine, ainsi que de l'orangerie. A demain pour d'autres merveilles Clin d'œil

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  • K comme Krapoverie

     

    Défi krapovien

    Que feriez-vous avec ces neuf prénoms : Josiane, Eliane, Maryvonne, Marie-France, Arlette, Dominique (la femme), Anne-Françoise, Henry et Dominique (l’homme), sachant que ces personne se réunissent hebdomadairement dans une salle nommée « Mandoline » ? Revoici les chapitres 1 et 2, déja parus le 13 des mois précédents, suivis du chapitre 3, inédit Langue tirée

    ***

    Arlette et Henry sont mariés depuis plus de 40 ans. Ensemble.

    Lui est un gars d’Ostende, élevé au turbot poché sauce hollandaise et au rôti de bœuf en croûte. Elle une fille du Limbourg, là où on a, comme disent les blagues belges, (les vraies, les nôtres) tout récemment encore dégusté un missionnaire.

    Au début de leur mariage, Henry lui pardonnait ses pommes de terre trop cuites, ses légumes à l’eau, sa viande déshydratée et ses sauces … euh … passons, ça vaut mieux.

    Puis ils sont venus s’installer à deux ou trois kilomètres de la maison de ses parents. Arlette et la mère d’Henry ont vite compris, chacune de leur côté, que si elles voulaient sauver ce mariage, il faudrait inculquer à la belle-fille quelques notions culinaires de base.  Arlette a donc appris à cuire un poisson sans qu’il se décompose et à faire un beurre fondu sans le brûler. Et si Henry voulait de la sauce hollandaise ou un beurre blanc, ils allaient tout bonnement manger chez sa mère : Arlette n’en faisait pas un complexe, car elle avait – disait-elle – d’autres qualités.

    Trois enfants sont nés, qu’on a nourris comme on nourrit les enfants, de lait, de tartines, de soupes et de spaghetti bolognaise. Quand Henry réclamait des croquettes aux crevettes, Arlette rétorquait que ce n’était pas avec ça que l’appétit de leurs ados serait satisfait, que de toute façon les crevettes grises étaient hors de prix et qu’elle avait prévu un pot-au-feu.

    ***

    Eliane est née dans une petite ferme du Velay. Josiane est sa sœur cadette et Maryvonne leur aînée. Maryvonne est grande et forte mais les petites sont d’apparence si fragile qu’elles font soupirer leurs père et mère, le soir, quand ils les voient picorer dans leur assiette de soupe au pistou.

    Elles ont connu une enfance dure, avec le travail de la ferme où les bras masculins manquaient. Elles ont quitté l’école à quatorze ans, sans aucune qualification. Elles se sont mariées jeunes, ont eu des enfants.

    Puis Josiane a commencé à avoir des problèmes rénaux. De graves problèmes, qui l’ont menée jusqu’au calvaire de la dialyse de plus en plus fréquente. Au bout de quelques années, il a fallu se rendre à l’évidence : seule une greffe pourrait encore la sauver.

    Comme la liste d’attente était fort longue – et l’état de santé de Josiane fort précaire – c’est la fragile Eliane qui a offert un rein à sa sœur. Il est vrai qu’elles étaient bien compatibles, mais l’opération était tout de même loin d’être évidente.

    Eliane s’est bien remise de l’intervention. Josiane essaie de vivre chaque jour comme s’il était le premier – ou le dernier – et de ne pas trop culpabiliser à chaque signe de rejet de la part de son corps envers ce don qu’on lui a si généreusement fait.

    ***

    - Dominique !!!

    Quelqu’un m’appelle, se dit Dominique. Elle se retourne et lance un « oui ! » en même temps qu’une autre voix, une voix mâle, fait un « Quoi ? » en direction de celui qui a crié son nom.

    C’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, Dominique et Dominique, à la soirée organisée par leurs écoles respectives, celle des filles, celle des garçons, pour fêter la fin de leurs études secondaires.

    C’était il y a trente ans. Et depuis trente ans, ils s’amusent chaque fois qu’ils se présentent à quelqu’un et aperçoivent cet instant d’étonnement et d’incompréhension dans les yeux de leur interlocuteur interloqué:

    - Bonjour ! Moi c’est Dominique.
    - Bonjour ! Moi c’est Dominique.
    - ... ?

    Leur prénom les a réunis : ils sont allés à la même ville universitaire, se sont revus, se sont mariés, ont eu deux filles. Aujourd’hui, leur couple bat de l’aile. Avoir un prénom en commun, ce n’est pas un ciment suffisant ni le garant d’une union bien assortie. Elle le trouve pingre, pointilleux, maniaque, vétilleux. Il lui reproche de préférer son travail à son intérieur et de vouloir mener sa vie à sa guise.

    ***

    la suite le 13 du mois prochain

  • J comme Jacqueline Harpman

    "Cornélie n'a pas d'amant - c'est pourquoi elle est si triste"

    J'avais devant moi une quinzaine de titres de Jacqueline Harpman et il me fallait décider par lequel commencer la lecture.

    Sur quoi se base-t-on, une fois qu'on a décidé du nom de l'auteur? Le titre, le petit résumé en 4e de couverture, l'incipit?

    Pour moi, c'est un peu tout cela. Chez certains de mes élèves, c'est aussi le nombre de pages Clin d'œil et je dois avouer que ce soir-là, ça a aussi joué un rôle, car j'avais envie de le terminer. Sinon il y avait fort à parier qu'il aurait rejoint la pile de livres en route. Qui sont déjà assez nombreux pour former une équipe de foot. Avec même quelques réservistes sur le banc.

    "Cornélie n'a pas d'amant - c'est pourquoi elle est si triste", voilà donc l'incipit, et 158 pages en Livre de Poche.

    "Cornélie n'a pas d'amant - c'est pourquoi elle est si triste: ces paroles me tournaient dans la tête pendant que je rentrais en train de Paris où j'étais allée à l'enterrement de mon ex-mari, quitté dix ans plus tôt avec des bonds de joie. Je n'étais pas triste. Avenue de Versailles, j'avais bien vu que mes enfants avaient du chagrin et je m'étais attachée à garder l'air grave qui sied aux circonstances douloureuses. L'agence avait fort bien organisé mon voyage et j'étais arrivée dix minutes avant la levée du corps. Camille et Frédéric soutenaient Adrienne, la deuxième femme de Gustave - (...)"

    Vous voyez que ce livre avait tout pour me plaire: un ex-mari qui meurt, un voyage en train et même une Adrienne Rigolant

    littérature,belgique,belge,lecture

     

    Si vous voulez un véritable avis sur ce livre, allez voir chez Lali, je suis tout à fait d'accord avec elle: http://lali.toutsimplement.be/?m=20051216

    Merci à Walrus, qui m'a incitée à (re)lire cet auteur!

    littérature,belgique,belge,lecture,incipit

    chez Reka

    http://marecages.be/?p=2738

  • I comme incontournable

    Mon premier incontournable, c'est la glycine. Que ce soit à Rome ou ailleurs, la vue d'une glycine en fleurs me fait sortir l'appareil photo, genre réflexe de Pavlov...

    voyage,italie,rome

    ici bien sûr la "Roman touch" est garantie par la colonne de marbre juste à côté ;-)

    Le second incontournable, si on est à Rome, ce sont ces hommes qui se promènent en jupette et casque à plume et qui veulent à toute force se faire photographier avec vous ;-)

    voyage,italie,rome

    Quand nous faisons carnaval, nous avons le "roi des fous", mais à Rome, évidemment, ils ont un empereur ;-)
    Je ne peux que repenser (avec gratitude!) à ce que Biscuter nous a appris ici: SPQR, "sono pazzi questi Romani"

    Le troisième incontournable, c'est mon incontournable tout à fait personnel: le Panthéon.voyage,italie,rome

     

     

     

  • H comme haïku

    Pour en finir avec les "h comme haïku" je vous raconte la suite et fin de cet atelier haïkus de novembre 2010. Pour les petits nouveaux Clin d'œil retournez en décembre http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/12/05/h-comme-haiku.html si vous le voulez, ainsi qu'au "h comme haïku" en mars et en avril.

    Après l'inspiration durassienne et les souvenirs d'automne, on nous a demandé d'en écrire un qui résumerait tout un livre. J'espère que les miens sont assez "parlant" pour que vous puissiez deviner de quel livre il s'agit...

     

    La mort de la mère
    Un été très meurtrier
    Révolte en prison

     

    Mille pages écrites
    Pour le thé de madeleine
    Une vie entière

     

    Boule belle et bonne
    La catin les sauve tous
    Bêtes et méchants

     

  • G comme Gambero rosso et autres Guides dei Golosi

    Jamais nous n'avons voyagé sans nos "guides", que ce soit en France à l'époque de mon père ou que ce soit avec l'homme-de-ma-vie, nous ne partions qu'accompagnés de nos bibles, Michelin, Gault&Millau, Routard...

    C'était d'ailleurs tout un art de les comparer (pourquoi ce 14 du GM ne se trouve-t-il pas dans le Michelin? réponse: pour des questions d'hygiène! mais ça, nous le découvrions seulement sur place Embarrassé) et tout un art aussi de bien les décoder, et nous avons ainsi par exemple appris à éviter les lieux où le Gault&Millau mentionnait une "charmante patronne". Mais ça, c'est une autre histoire...

    Depuis que je voyage seule - et très léger - je n'emporte plus de guides, à de rares exceptions près, comme quand je vais à Paris, munie du Routard qui me sert en même temps pour les plans de ville, l'info sur les musées, et les bonnes adresses.

    Cependant, je me prépare aux voyages en allant voir les guides en ligne ou en les empruntant à la bibliothèque. Ainsi, pour l'Italie, on peut trouver des adresses slow food, ou du guide Gambero rosso, ou du guide des Golosi (gourmands) en ligne.

    J'avais donc soigneusement sélectionné, noté sur une feuille et repéré sur le plan de Rome une série d'adresses qui me semblaient intéressantes.

    Le premier jour, j'avais oublié ma liste dans ma chambre.

    Le deuxième jour, j'étais près du forum, alors je suis retournée au Glass, dont j'ai déjà parlé ici. Ils offrent encore leur intéressant système de buffet, mais désormais c'est à l'étage et pour deux euros de plus.

    Le troisième jour, j'étais invitée dans les Castelli Romani.

    Le quatrième jour, la seule bonne adresse était trop éloignée (ou plutôt: à midi j'étais déjà drôlement fatiguée de marcher) donc je suis retournée au Glass.

    Le cinquième jour, je n'avais pas le temps d'aller dans un "vrai" restaurant. Je suis allée au Glass.

    Le sixième jour, on refusait de servir avant 13.30 h. mais moi, avec mon petit déjeuner à six heures du matin, vous pensez bien qu'à midi et demi "je les vois voler" (en néerlandais nous avons l'expression ik zie ze vliegen pour dire qu'on a très faim) et que je n'avais pas envie de poireauter encore une heure dans un quartier qui, pour le reste, était surtout voué au shopping. Je suis retournée au Glass.

    Et le septième jour j'étais de retour chez moi. Avec ma jolie liste qui n'avait pas servi du tout Rigolant

    Alors, G comme guides Gambero Rosso et Guida dei Golosi? ou G comme Glass?

    voyage, Italie, Rome

    sala da pranzo ruotante di Nerone, salle à manger tournante de Néron
    (mais ça aussi, c'est une autre histoire)

     

  • F comme futurs ingénieurs

    Si vous sortez le matin vers 8.30 h. de San Pietro in Vincoli, vous croiserez la foule des futurs ingénieurs italiens qui montent directement du métro Colosseo par la via della Polveria.

    Certains mangent encore leur cornetto du petit déjeuner, un croissant fourré de crème patissière. On peut en acheter à la station de métro.

    J'en ai même vu un, tout grand garçon et futur ingénieur qu'il était, se faire déposer par papa et sa mercedes devant la porte de sa faculté, comme s'il était encore en maternelle. Mais il portait déjà le costume-cravate...

    Rome 2011 021 - kopie.JPG

    Tous les jours, ils doivent passer par ici et avoir cette vue sur le Colisée et l'arc de Constantin. Moi, je continue de m'émerveiller... et eux? Voilà ce que je me demandais en redescendant vers le forum...

     

  • 7 ponts

    Entre l'isola Tiberina et Castel Sant'Angelo, il y a sept ponts sur lesquels je passais souvent. Surtout le ponte Mazzini:

    Rome 2011 100 - ponte Mazzini.JPG

    puis il y a le ponte Sisto, qui est piétonnier:

    Rome 2011 101 - ponte Sisto.JPG

    et enfin, le pont Garibaldi, qui touche à la pointe de l'isola Tiberina:

    Rome 2011 103 - ponte Garibaldi.JPG

    le ponte Cestio relie l'île à la rive droite:

    Rome 2011 105 - ponte Cestio.JPG

    et le ponte Fabricio la relie à la rive gauche:

    Rome 2011 108 - ponte Fabricio.JPG

    du côté de Castel Sant'Angelo il y a le ponte Principe Amedeo di Savoia:

    Rome 2011 113 - ponte principe Amedeo di Savoia.JPG

    et bien sûr le ponte Sant'Angelo:

    Rome 2011 099 - ponte Sant'Angelo.JPG

    ahlala! et dire que Joachim Du Bellay, quand il était à Rome, s'ennuyait de son petit Liré Langue tirée

     

     

     

     

     

     

     

     

  • E comme expert

    A Sant'Andrea della Valle, il y a des travaux de restauration. Pour cela, on a recouvert les statues de la façade de grands plastiques.

    - Tu vois, dit un touriste français à sa femme, pour la semaine sainte, on voile les statues. C'est une de ces anciennes traditions qui se perdent.

  • D comme le défi du déménagement

    La première fois, elle avait 21 ans, elle quittait la maison pour s’installer avec l’homme-de-sa-vie dans un studio de leur ville universitaire. Tout son avoir se trouvait dans le coffre de la voiture familiale.

    Un an plus tard, les études terminées, il a fallu quitter le petit studio, la ville et la vie universitaires, pour s’installer dans une maison louée pas loin de l’endroit où elle allait faire ses débuts de prof. La camionnette d’un ami  a transporté tout leur barda en un seul voyage.

    Le bail de trois ans terminé, ils sont allés se mettre au vert. Ils voulaient cultiver un jardin et élever des poules. Le déménagement n’a pas été une grosse affaire, elle ne s’en souvient même plus.

    Après, ils ont déménagé encore deux fois, avec l’aide de la famille, de quelques amis et d’une camionnette louée qui devait faire de plus en plus de va-et-vient. Elle a du mal à jeter des choses et l’homme-de-sa-vie veut tout conserver.

    Vingt-cinq ans plus tard, les deux greniers sont pleins, tout comme le garage et les chambres à l’étage. Quand elle partira, car elle devra bientôt partir, il faudra qu’elle fasse venir trois camions : celui des déménageurs, celui d’un vide-greniers et celui des éboueurs.

    Le plus dur sera de faire le tri…

    Mais elle se rassure en se disant que pour son tout dernier déménagement, un simple coffre suffira.

    ***

    Mais ce jour-là, je veux qu'on rie, je veux qu'on danse, je veux qu'on s'amuse comme des fous Langue tirée

    http://www.dailymotion.com/video/xnonw_le-moribond-1961_music

    texte écrit pour le défi 147


  • C comme conscience professionnelle...

    ... ou C comme Conférence sur le mausolée pour Jules II

    Rome 2011 017 - kopie.JPG

    A San Pietro in Vincoli, une conférence était donnée par l'architecte qui avaient présidé à la restauration du fameux mausolée réalisé par Michel-Ange pour le pape Jules II.

    La photo est mauvaise, je sais, mais c'est pour vous donner une idée de l'ensemble: en bas, le très célèbre (et vigoureux) Moïse se tournant plein de colère vers son peuple en train d'adorer le veau d'or; il est entouré de Lia et de Rachel. Au-dessus de lui, le pape Jules II mollement allongé sur son cercueil à la manière étrusque; derrière lui, une vierge à l'enfant et de part et d'autre une Sibylle et un prophète. Tout en haut, on a refait les ouvertures d'origine: derrière ce monument se tenait le choeur de sorte que, comme on ne voyait pas les chanteurs, la musique semblait sortir "des murs"...

    Le conférencier raconte des tas de choses intéressantes qui donnent envie de lire une bonne biographie de Michel-Ange. Puis il dit ceci:

    La preuve que la statue du pape n'a pas été réalisée (seulement) par l'atelier de l'artiste mais que Michel-Ange lui-même s'en est occupé, c'est ce souci du détail, cet amour du travail bien "fini", cette conscience professionnelle, qui fait que même pour des parties du corps de Jules II qui se trouvent là-haut à six mètres et que nul ne peut voir parce qu'en plus elles sont tournées vers le mur, tout est parfaitement détaillé et peaufiné.

    Jusqu'à l'intérieur des mains, avec ses ridules et ses replis... et que seuls les restaurateurs de l'oeuvre ont pu admirer En pleurs

    Rome 2011 020 - kopie.JPG

     

     


  • B comme Bal(l)ade verte

    Voir vert, c’est voir loin, comme dit notre conservateur…

    Nous avions une petite réserve naturelle. Toute petite. Vous ne la trouviez sur aucune carte et personne n’y venait jamais. Sauf quelques chasseurs, en automne et en toute impunité. Notre conservateur était un bien brave homme, doux rêveur érudit, amoureux des insectes et des petites plantes sauvages que d’autres appellent mauvaises herbes.

    nature,défi

    Puis un jour qu’il n’était plus d’accord avec la manière dont en haut lieu on voyait la gestion de notre patrimoine vert, il a donné sa démission. Une jeunesse un peu folle et beaucoup moins érudite a pris sa place. Une jeunesse qui voyait vert, qui voyait grand et qui voyait loin. En tout cas, c’est ce dont on a eu à cœur de nous convaincre.

    Nous, c’est la petite troupe des bénévoles, six personnes, parfois huit. Que nous le voulions ou non, il fallait suivre notre gourou vert. Nous nous persuadions que nous trouverions la pédale de frein, en temps voulu.

    Notre nouveau conservateur a d’abord agrandi son territoire : il lui fallait un royaume à la mesure de ses ambitions. Peu à peu, il nous a fait acquérir tous les bosquets, champs et prairies dont le bail se terminait. Certains vieux fermiers sans successeurs n’étaient que trop heureux de nous céder un bout de terrain : leur prix était le nôtre. Ou en tout cas celui de notre conservateur, car nous n’apprenions la chose qu’une fois que tout était réglé.

    Ceux parmi vous qui ont un jour laissé un bout de jardin en friche le savent bien : ce qui pousse d’abord, ce ne sont pas les campanules. Ce sont les orties, les ronces et les chardons. A l’issue de la deuxième année, l’ancien champ de patates à côté de chez moi en était recouvert. Les fermiers des environs s’en sont plaints à la commune car il y a des lois contre le chardon.

    nature,défi

    Qu’à cela ne tienne, notre impétueux conservateur avait déjà la réponse à toutes les objections : notre réserve naturelle serait bientôt entretenue par un petit troupeau de bovidés, des Galloways. Animaux bien connus, nous assura-t-il, pour manger les ronces, les orties et les chardons. Ce n’était qu’une question de temps.

    Les cinq bêtes, trois vaches et deux veaux,  furent lâchées un 20 avril au son d’une petite fanfare locale et de quelques bouchons qui sautèrent. Le bonheur régnait sur notre royaume vert.

    Deux autres années passèrent. Les veaux étaient devenus de belles vaches et nos cinq pensionnaires faisaient la joie des promeneurs qui venaient de plus en plus nombreux. Car j’oubliais de vous dire que nous avions balisé des promenades, installé des portillons et fait beaucoup de publicité. Les samedis et les dimanches avaient perdu leur tranquillité.

    nature,défi

    Mais les ronces et les chardons devenaient toujours plus envahissants. Non pas que nos courageuses Galloways ne fassent pas leur boulot, mais il y en avait tant qu’elles ne pouvaient pas en venir à bout. Et puis, il leur arrive aussi de manger autre chose : la ronce et le chardon, c’est bon quand il n’y a rien de meilleur à se mettre sous la dent.

    Des fermiers et des possesseurs de jardins bien entretenus se sont encore plaints à la commune : ces nuées de graines de chardon qui volettent et se propagent loin, très loin, ne faisaient plaisir à personne. Ils ne rendaient dithyrambique que notre conservateur. Le chardon, répétait-il pour la énième fois, est essentiel pour la survie du chardonneret et de la vanesse du chardon. Comme leur nom l’indique.

    nature,défi

    Mais que chacun se rassure : la petite troupe des Galloways serait bientôt renforcée par l’arrivée de trois poneys Exmoor. Il avait déjà pris tous les contacts avec un éleveur hollandais.

    ***

    C’est là que nous avons en vain cherché la pédale de frein : rien n’y fit. Que la clôture n’était pas adaptée aux chevaux. Que ces poneys mangeraient d’abord et avant tout l’écorce des jeunes arbres, ruinant ainsi des années d’efforts de plantation. Qu’ils étaient beaucoup trop chers pour nos petits moyens…

    Ils sont là. Officiellement seulement le 8 mai, mais les deux premiers sont déjà là. Toujours dans la prairie d’en face, celle où il n’y a ni ronces, ni chardons.

    Et dès le lendemain de leur arrivée, nos jeunes frênes étaient soigneusement pelés.

    texte écrit pour le défi 146

  • A comme Adrienne

    Une femme de tête, cette Adrienne.
        Qu'elle était le luxe même, de cela les bourgeois marseillais n'étaient guère conscients, pas plus, du reste, que de la qualité d'une élégance dont le mystère leur échappait. Qu'il puisse exister une façon de pacte entre le costume et le mouvement, le costume et la vie et que ce soit cela l'élégance, voilà qui leur était bien indifférent.
        Ce que le bref séjour d'Adrienne avait satisfait en eux, était non point des penchants au raffinement, mais une volonté de sérieux qui, chez eux, primait tout. Elle leur était dictée par la crainte de révéler l'importance de leur fortune.
        Mais qu'importe ? Partis de ce jugement erroné, ils ne l'avaient pas moins convoitée.
        Ils l'avaient rêvée, fixée à Marseille, recevant d'eux, en secret, la clef d'une garçonnière du côté du Petit Nice ou bien du Prophète, quartiers sans risques où n'habitaient que quelques vieilles cocottes et des retraités de la colonie, puis s'étaient monté la tête jusqu'à imaginer une Adrienne occupée d'eux, s'évertuant à leur faire oublier la monotonie de leur vie conjugale.
        Car il n'est pas de riche Marseillais en qui ne s'affrontent deux êtres dissemblables : l'un, homme d'habitudes, auquel l'hypocrisie dicte une sorte de réserve morose, l'autre, un imaginatif qui se laisse emporter jusqu'au bout de ses rêves.

    Edmonde Charles-Roux, Elle, Adrienne, Grasset, 1971

    ***

    La seule ressemblance, jusqu'ici, entre ma grand-mère Adrienne et l'héroïne du roman, c'est qu'elles sont toutes les deux d'habiles couturières pour dames Clin d'œil