• Z comme zut

    Zut pas eu le temps de préparer un billet.

    Mais comme je l'avais promis à certains qui s'en inquiétaient:

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    voici la petite jeune fille qui devait s'intégrer au groupe dans son nouvel habitat

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    c'est chose faite depuis la semaine passée: vous la voyez ici à droite sur la photo

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    l'autre femelle est infiniment plus cabotine et tient chaque fois à ce que je lui fasse son portrait...
    Clin d'œil

  • Y comme Yvonne

    « Qu’est–ce qu’il y a ? Ils ne se perdront pas ! »

    Suzanne n’écoute plus. Elle se retourne, met la main sur ses yeux, elle cherche les parents, elle appelle : Mother ! Mother darling ! Comme si Maman en français, ça ne s’entendait pas de plus loin !

    Quand on rentre au château, Mme Pailleron gronde : « Qu’est–ce que vous aviez à courir comme ça, on ne pouvait pas vous rattraper !

    – Tu vois, ce que je te disais », dit Suzanne à Yvonne, en tapant du pied. En même temps elle est soulagée d’une idée honteuse qui s’était formée en elle. Elle prend brusquement la main de sa mère et y pose un baiser.

    Louis Aragon, Les voyageurs de l'impériale, Folio n°120

  • X pour la part de mystère

    Ce séjour à Paris devait réunir plusieurs choses: tout d'abord, fêter dignement l'anniversaire de ma mère. Voir en même temps quelques expos intéressantes (j'en parlais au T comme trop Clin d'œil). Ensuite, faisant d'une pierre deux ou trois coups, rencontrer une collègue française avec qui je participe à un projet eTwinning.

    Nous avons donc tout d'abord fêté l'anniversaire: avec Sempé, ma Tante est épatante, une petite coupe de bulles le jour J au premier étage des Galeries Farfouillettes, une promenade aux Tuileries, les Champs-Elysées en tenue Christmas, Orsay de bas en haut et de haut en bas (mais sans aller voir véritablement du côté de l'Angleterre d'Oscar Wilde), la place des Vosges et le musée Carnavalet.

    Nous avons donc vu madame de Sévigné, Molière, Voltaire, Diderot, Berthe Morisot, Van Gogh et tant d'autres, mais la rencontre in real life a été plus difficile à réaliser.

    Pourtant, c'était à la demande de ma collègue qu'on s'était donné rendez-vous et on ne peut pas dire que nous ne nous y soyons pas prises à temps. Mais au jour J et à l'heure dite, elle m'a téléphoné pour me dire qu'on ne se verrait finalement pas.

    Le seul voile qui ait été levé par ce coup de fil, c'est que maintenant je connais plus ou moins le son de sa voix Langue tirée

    paris,voyage

    ma mère chez Ma Tante, observant un reste de l'enceinte de Philippe Aguste (si je ne m'abuse...)

    paris,voyage

    ma mère admirant la place des Vosges

    paris,voyage

    ma mère N'admirant PAS le décor Christmas 2011 des Galeries Farfouillettes

     

     

  • W comme wagon de train

    Quand je suis montée à Bruxelles Nord, j'ai été contente de trouver une place en face de lui. Je m'étonne toujours de voir que des gens ne choisissent pas d'être installés dans le sens de la marche. Il était de ceux-là.

    J'ai pu lâcher la valise, le sac-avec-plein-de-choses-utiles et me concentrer sur le Magazine Littéraire que je venais de m'offrir au kiosque de la gare. Le dossier du numéro de novembre est consacré à Marguerite Duras et il y a aussi une interview d'Annie Ernaux. Sur la couverture, la phrase" La fiction n'a pas sa place dans ce que je fais" m'avait irrésistiblement attirée...

    Je ne serai jamais un grantauteur, mais je pourrais devenir un ersatz d'Annie Ernaux Langue tirée

    Lui aussi avait de la lecture, un gros volume posé sur la banquette à côté de lui, avec un titre en anglais que je n'ai pas osé noter et que par conséquent j'ai déjà oublié. Je ne suis pas Philippe Didion, qui note scrupuleusement tous les titres et noms d'auteurs de tous les lecteurs qu'il rencontre dans le train entre Paris et Châtel-Nomexy (et retour).

    Après Bruxelles Nord, le train s'arrête à Bruxelles Central. Il regardait par la fenêtre. Le train est reparti. Puis s'est arrêté à Bruxelles-Midi, juste à côté de magnifiques TGV rouges en partance pour l'Allemagne.

    Quand nous avions quitté la dernière gare bruxelloise depuis quelques minutes, il me regarde et me dit:

    - Was this Brussels?

    C'était à Bruxelles qu'il devait être, mais entretemps nous étions en route pour ma Flandre profonde.

    - What is the next stop?

    Car jamais aucun anglophone ne doute d'être compris par ceux à qui il s'adresse. Je lui ai répondu un nom de ville en trois ou quatre syllabes tout à fait imprononçables pour lui mais où il allait devoir descendre pour reprendre un train dans l'autre sens.

    Une bonne vingtaine de minutes plus tard, quand le train s'est de nouveau arrêté, j'ai dû lui signaler que c'était le moment pour lui d'aller sur le quai. Son livre était resté sur la banquette:

    - Sir! sir! your book!

    Et au moment où je lui criais ces quelques mots en lui tendant son livre, je me suis demandé si on disait bien "Sir" et dans quel cas il faut utiliser "Mister"

    Quelqu'un sait, parmi vous?

  • V comme Venise (3)

    "Maman aurait souhaité profiter de notre séjour à Venise pour visiter les galeries d'art, les églises, rêver sur la place Saint-Marc et devant le pont des Soupirs. Mais papa lui expliqua que nous étions tenus par des dates impératives et que, le but final de notre voyage étant la France, nous ne pouvions nous permettre de musarder en cours de route. Bref, il n'était pas question de défaire les valises, ni même de mettre le nez dehors."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, page 11

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    le meilleur moment pour rêver place Saint-Marc, c'est à sept heures du matin Clin d'œil

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    C'est aussi le seul moment de la journée où la piazza est toute proprette, les balayeurs terminant de ramasser les détritus de la nuit et de la veille. Comme ici, sous les arcades du palazzo ducale, où le nettoyage matinal vient d'être fait...

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    Par contre, au pont des Soupirs c'est la désillusion assurée pour les âmes romantiques (et pour les autres aussi, à mon avis) car il a été transformé en pont l'Oréal et c'est à peine si on peut encore le distinguer entre les panneaux publicitaires géants...

  • U comme universelle panacée

    La burette

    Mon grand-père n'était pas à proprement parler un bricoleur. Cependant, il avait une petite sélection d'outils essentiels lui permettant de parer à toute éventualité. Et généralement, ça suffisait à nous sortir d'affaire. Dans les autres cas, il y avait le beau-fils d'un voisin qui était électricien ou le petit-fils d'un vague cousin qui était plombier: mon grand-père disposait d'un réseau très efficace.

    Ceci pourrait d'ailleurs faire l'objet d'un autre billet Clin d'œil

    Il n'était pas bricoleur, disais-je, mais armé d'un simple couteau de poche, il m'a fabriqué un cordeau pour le jardin et un plantoir pour les poireaux. Je les utilise encore religieusement aujourd'hui: de simples bouts de bois, sans doute provenant d'un vieux manche à balai, qu'il a parfaitement taillés en pointe régulière. Les piquets du cordeau ont été incisés d'une fine rainure pour que la corde reste bien en place. Il les avait peints en bleu clair avec un reste de peinture de la buanderie mais aujourd'hui ils ont ce petit air délavé de la robe de la vierge Marie sur les fresques moyenâgeuses d'une chapelle trop humide.

    (trop longue, ta comparaison, tu ne seras jamais un grantauteur)

    Mais son outil numéro un, sa panacée universelle, son sirop typhon, c'était sa burette d'huile. Une véritable burette d'un autre temps et pour laquelle je serais prête à donner fort cher aujourd'hui. Ma grand-mère Adrienne lui signalait que quelque chose se grippait, coinçait, grinçait ou resté bloqué? Il allait chercher sa burette miracle et d'une seule goutte d'huile résolvait le problème.

    C'est ainsi que l'autre jour j'ai ressuscité ma MAP. Je croyais qu'elle avait rendu l'âme, vu que la période de garantie venait d'être dépassée et qu'on m'avait dit que je pourrais m'estimer bien heureuse si elle tenait le coup au-delà de trois ans. N'oubliez pas que l'engin - dont j'ai déjà parlé ici lors de précédents dysfonctionnements http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2009/11/23/s-comme-stupeur-et-tremblements.html - avait été acquis à vil prix dans un superdiscount.

    Je refaisais donc mon pain à la main depuis plusieurs semaines quand je me suis souvenue tout à coup des vertus de la burette. Et en effet, il a suffi d'une goutte au bon endroit et d'un moment d'attente pour que la magie fasse son effet: la vie est revenue, avec le ronron régulier et la pale qui tourne comme avant.

    Que dis-je? Mieux qu'avant...

    Merci grand-père!

    Seule ombre au tableau: ma tartine a comme un petit goût d'huile de moteur Langue tirée

  • T comme trop

    Je vais passer deux jours à Paris et je voudrais voir

    - l'expo Sempé à l'hôtel de ville

    - l'expo photos au Musée de la vie romantique (photos sur Paris par Patrick Faigenbaum)

    - la crypte archéologique du parvis Notre-Dame et l'expo "Lutèce devint Paris"

    - L'histoire de ma tante est épatante, les Parisiens au Mont-de-Piété, à la galerie du Crédit municipal de Paris

    - l'expo Les Halles de Baltard, métiers du jour et de la nuit, au musée Carnavalet

    - l'expo au musée d'Orsay, Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde

    - le musée des lettres et manuscrits avec l'expo sur les messages secrets du général de Gaulle

    J'oublie des choses ou vous croyez que c'est déjà trop?

    Langue tirée

  • Stupeurs et tremblements en statistiques

    Vous en aviez sûrement déjà l'intuition mais des statistiques britanniques le confirment: l'internet, les nouveaux médias, les sites sociaux ne servent pas qu'à retrouver des copains d'avant.

    Voyez plutôt:

    Credit Sesame, a personal finance tool and website, conducted a survey of 50 ex-burglars in the UK. Nearly 80% of them said they had used Facebook, Twitter and Foursquare to target which properties to rob. Another 73% said they used Google Street View to scope out neighborhoods ahead of time.

    http://mashable.com/2011/11/01/social-theivery-infographic/

    L'enquête est ici: http://www.crimestoppers-uk.org/media-centre/news-releases/2011/4-out-of-5-ex-burglars-believe-thieves-are-targeting-your-home-using-social-media-522425

    Il serait intéressant de savoir si les cambrioleurs qui sont passés par mon village avaient vérifié l'état des lieux avec Google street view, tranquillement installés derrière leur ordinateur, sans plus à avoir de rondes à effectuer et avoir à risquer de se faire repérer pendant les repérages, et s'ils avaient choisi précisément cette-nuit-là où les habitants avaient indiqué sur fb qu'ils participeraient à une soirée ou seraient partis pour le week-end à la mer...

    On n'arrête pas le progrès, aurait dit mon père Langue tirée

  • 22 incipit, 22 lieux

    Vous voulez jouer? Voici onze débuts de romans classés par ordre alphabétique de leur auteur. Ils ont été choisis parce qu'ils évoquent chaque fois un lieu.

    Pour ceux qui n'ont pas envie de se casser la tête Clin d'œil j'ai mis les titres des oeuvres en bas de page.Dans le désordre, évidemment, ou plutôt dans l'ordre alphabétique... on ne se refait pas Langue tirée

    ***

    A... Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... Je continue à dire "chez nous", bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais. Nous habitions les bâtiments du Cour Supérieur de Sainte-Agathe.

    B... Ma paroisse est une paroisse comme les autres. Toutes les paroisses se ressemblent. Les paroisses d'aujourd'hui, naturellement. Je le disais hier à M. le curé de Norenfontes (...)

    C... Au-dessus de la carriole qui roulait sur une route caillouteuse, de gros et épais nuages filaient vers l'est dans le crépuscule. Trois jours auparavant, ils s'étaient gonflés au-dessus de l'Atlantique, avaient attendu le vent d'ouest, puis s'étaient ébranlés, lentement d'abord et de plus en plus vite, avaient survolé les eaux phosphorescentes de l'automne, droit vers le continent, s'étaient effilochés aux crêtes marocaines, reformés en troupeaux sur les hauts plateaux d'Algérie, et maintenant, aux approches de la frontière tunisienne, essayaient de gagner la mer Tyrrhénéenne pour s'y perdre.

    D... Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts.

    E... J'ai passé les épreuves pratiques du Capes dans un lycée de Lyon, à la Croix-Rousse. Un lycée neuf, avec des plantes vertes dans la partie réservée à l'administration et au corps enseignant, une bibliothèque au sol en moquette sable.

    F... Winckelmann, Johan Joachim, né à Stendal, en Allemagne orientale, le 9 décembre 1717, d'un cordonnier mecklembourgeois. Jeune homme pauvre, étudie la théologie à l'Université de Halle, puis la médecine à l'Université d'Iéna. Travaille sans répit. Pas plus de quatre heures de sommeil.

    G... Sur le revers d'une de ces collines décharnées qui bossuent les Landes, entre Dax et Mont-de-Marsan, s'élevait, sous le règne de Louis XIII, une de ces gentilhommières si communes en Gascogne, et que les villageois décorent du nom de château.

    H... Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville.

    I... d'Ionesco, je n'ai que du théâtre et d'Isidore Isou, je n'ai rien Clin d'œil

    J... La bille roule entre mes doigts au fond de ma poche. C'est celle que je préfère, je la garde toujours celle-là. Le plus marrant c'est que c'est la plus moche de toutes: rien à voir avec les agates ou les grosses plombées que j'admire dans la devanture de la boutique du père Ruben au coin de la rue Ramey (...)

    K... Les rideaux laissaient filtrer la clarté trouble du petit jour. Selon son habitude, il remonta la couverture pour somnoler encore un peu, mais il eut tôt fait de se rendre compte qu'il n'y parviendrait pas. (...) Il s'extirpait du sommeil pour aller assumer ses fonctions au Tabir Sarrail, le fameux Bureau qui s'occupait précisément du sommeil et des songes (...)

    *

    ***

    *

    Journal d'un curé de campagne - La place - Le capitaine Fracasse - Le grand Meaulnes - Le palais des rêves - Le pays où l'on n'arrive jamais - Le premier homme - Notre-Dame de Paris - Signor Giovanni - Un sac de billes

    ***

    On rejoue le 22 du mois prochain?

  • R comme réponse

    Les "tag", ça connaît des saisons, me semble-t-il, comme les noix. En tout cas il en est tombé pas mal ces dernières semaines.
     
    D'abord celui du portrait chinois. Il me vient d'Elisabeth
     
    Un écrivain : Albert Camus. Non, Jorge Semprun. Attendez, Georges Perec, aussi!
    Un aliment : le pain aux noix (pour déguster le saint-marcellin coulant avec Elisabeth)
    Un supplice : devoir choisir une seule réponse alors qu'il y a tellement d'autres choses que je voudrais nommer
    Un animal : éléphant, chien, chat, coccinelle, mésange, je les aime (presque) tous, même les vers de terre (très utiles, les vers de terre, et tellement pathétiques quand je les vois égarés sur le tarmac, que je les prends délicatement entre deux doigts pour les reposer dans l'herbe)      
    Une couleur : bleu parme (c'est la couleur que j'aurais voulue pour ma chambre à coucher quand j'avais 14 ans mais ma mère me l'a interdit, elle a choisi un papier peint roccoco. C'est peut-être pour ça que depuis que j'ai des murs à moi - enfin, à moitié à moi - je les laisse tout blancs)
    Une pièce (d'un château, d'une maison, d'un immeuble...) : la bibliothèque? mais avec une piscine à côté
    Une profession : prof (je ne sais rien faire d'autre Langue tirée)
    Un objet : mon ordinateur
    Une chanson : il faut vraiment choisir entre Brel et Brassens? (oui je sais je date terriblement)
    Un défaut : têtue et paresseuse (une paresseuse très contrariée dans son vice mais on va voir ce qu'on va voir le jour où elle prendra sa retraite hahaha elle va s'en payer une tranche, sur son lit de mort!)
     
    ***
     
    Ensuite il y a eu le tag de Berthoise

    Quel est mon plus gros défaut...

    ben comme j'ai dit ci-dessus: je procrastine beaucoup trop ce que je n'aime pas faire - procrastiner est un mot qui sert à enjoliver la paresse -  et au cas où ce ne serait pas un défaut assez grave: je suis têtue, il faut de solides arguments pour me faire changer d'avis

     
    Ce que je pense d'une personne ayant mes traits de caractère...

    LOL je n'en ai encore jamais rencontré! je le jure!
    Mais j'exhorte mes élèves à ne pas procrastiner Clin d'œil


    Si j'ai déjà vécu un amour interdit...
     

    Non je suis quelqu'un de très rangé (ce n'est pas ce qu'on croirait en voyant mon bureau, je sais) mais j'ai une imagination débordante, depuis toute petite je me raconte des histoires qui sont de véritables romans et je me fais des films dans ma tête


    Ce que je vois dans mon avenir...


    Rien. Je n'ai pas la moindre idée du lieu où je vivrai dans un, deux ou cinq ans, ni du nombre d'années de travail qui me restent à faire, ni des moyens dont je disposerai pour occuper mon temps après que j'aurai pris ma retraite. Je ne sais pas quels livres je pourrai encore lire, quels pays je visiterai, de quel reste de santé je jouirai encore à ce moment-là ... je ne sais rien.
    Je verrai bien! Carpe diem Cool


    A quelle occasion j'ai eu mon dernier fou rire...

    Au moment où j'écris ce billet, mes derniers fous rires du jour sont d'origine "scolaire".

    Le matin, il y a d'abord eu ce collègue d'électricité, un vieux monsieur à moustaches, qui a mimé comment réagit un de ses gars de professionnelle quand il lui demande de remettre un devoir: plongée dans le cartable, recherche fiévreuse, papiers en pagaille... alors que l'élève, le prof et les copains savent tous que c'est un cinéma dont personne n'est dupe: le gars (appelons-le Kevin) "oublie" toujours ses devoirs. Finalement le prof dit: "ça va Kevin, tu peux t'arrêter de chercher, tu me le donneras demain"

    A la pause, une prof qui a travaillé dix ans dans le privé a raconté qu'un jour tout le bureau a vu tomber un slip par la jambe du pantalon de leur chef. Le matin en enfilant son pantalon il n'avait pas remarqué que son slip sale de la veille se trouvait encore à l'intérieur du vêtement... "Il y a comme un truc qui me gêne, là, à hauteur du genou..." disait-il précisément en se levant de sa chaise...

    A midi, la collègue de musique a fait tomber un petit pois dans son décolleté. Elle l'a cherché quelques secondes puis a déclaré: "Oh ça ne fait rien, il finira bien par ressortir"... et on a beaucoup ri en repensant à l'histoire du slip Langue tirée


  • 20 raisons de tenir un blog

    Pourquoi écrit-on un blog? Et pourquoi quotidiennement? Ce sont deux questions différentes mais j'essaierai d'énumérer toutes les raisons que je vois.

    Selon moi, on écrit et on continue d'écrire parce que

    1.on se prend pour un grantauteur : on a envie d'écrire, on aime écrire, on croit qu'on a des choses à dire

    2.on aime l'anonymat du blog: on pourrait écrire dans un cahier, mais si l'avion pour Malaga s'écrase et que ma mère met la main sur le cahier, hein? ah! vous voyez bien! Mon PC, lui, est cadenassé

    3.on est quelqu'un de très têtu: j'ai commencé donc je continue! d'ailleurs c'est comme ça que j'ai a été élevée: "si tu commences une chose, tu l'assumes et tu la mènes à bien!"

    4.on est narcissique à tendance nombriliste: moi je moi je moi je moi je...

    5.on a un comportement imitatif: un jour on a découvert le monde des blogs et petit à petit l'envie est venue d'en avoir un à soi

    6.on a une névrose (ou deux Langue tirée) et on croit qu'écrire dans son blog la guérira

    7.on a du temps à perdre (en tout cas, même si ce n'est pas vrai, c'est l'impression que ça donne, non?)

    8.on s'en sert pour procrastiner: les corrections attendront, le bureau est en pagaille, mais veillons d'abord à mettre le blog à jour (c'est infiniment plus amusant)

    9.on a un ego surdimentionné: ah! la merveilleuse sensation que ce premier commentaire reçu!

    10.on est boulimique: après ce premier commentaire, on ne peut plus s'arrêter, on en veut toujours davantage

    11.on est une femme ambitieuse: avant de commencer son blog, on a constaté qu'on suivait le plus volontiers ceux qui publiaient très régulièrement et on s'est dit qu'on ne pouvait pas faire moins... Tout ou rien!

    12.on est devenue accro: un beau jour (ou plutôt un soir) on se rend compte qu'on a passé une dizaine d'heures d'affilée devant ce fichu clavier, qu'on ne s'est pas ennuyée une seconde et qu'on n'a senti ni la faim ni la soif

    13.on a le goût du pouvoir: "ici, c'est moi qui décide!", c'est mon territoire, mon terrain de jeux, mon domaine, ici je fais ce que je veux

    14.on vit seule: personne pour vous reprocher que vous le/la négligez, que le dîner n'est pas prêt, que vous monopolisez l'ordinateur...

    15.on se prend pour Dieu: ben oui, on a créé quelque chose! on a créé un blog! (c'est skynet qui le dit et il vous suggère même de récidiver: "créez un autre blog!" mais jusqu'à présent vous résistez héroïquement à la tentation)

    16.on est une grande naïve: on se dit qu'un chasseur de talents va vous découvrir et vous proposer un contrat dans une maison d'édition Cool

    17.on est perfectionniste: on s'applique à bien écrire sans fautes, à varier les billets, à faire des photos pour illustrer, à répondre aux commentaires... c'est ainsi, on ne peut pas faire autrement

    18.on a besoin de se défouler: le blog permet d'évacuer certaines choses, n'est-ce pas?

    19.on a besoin de bons conseils: on pose ses questions, on dévoile ses états d'âme, ... et on reçoit des avis éclairés, amicaux, sympathiques

    20.on a besoin d'être aimée: Emir Kusturica le dit aussi, "(...) j'écris pour être aimé"

    Voilà, chère Céline, 20 bonnes raisons Sourire

    Et pour finir en beauté:

    [...]
    J'écris parce que j'aime écrire.
    J'écris pour tenter d'écrire mieux ce que j'écris.
    J'écris parce que j'ai appris à être seul.
    J'écris parce que j'apprécie à présent l'effort solitaire.
    J'écris parce que c'est la meilleure façon de TOUT dire.
    J'écris parce que j'aime corriger ce que j'écris.
    J'écris parce que je ne connais rien de plus passionnant.
    J'écris parce que je pense que l'écriture est un mythe.
    J'écris bien que l'écriture soit inutile comme le reste.
    [...]

    J'écris, Patrick Roegiers, http://www.bon-a-tirer.com/volume82/pr.html

  • Question existentielle posée par Céline

    Chère Céline

    Généralement, je ne me souviens pas où, quand ni comment j'ai fait la connaissance de mes blogamis, mais pour toi il me semble bien que c'était chez Martin Winckler, que tu avais écrit quelque chose, que j'étais allée sur ton blog et que j'y avais laissé un commentaire.

    Tu me corrigeras si je me trompe Sourire

    Tu remarqueras au passage que je me permets de te tutoyer et je te prierai de faire de même: depuis que je visite des blogs, il me semble que c'est de mise partout. Je profiterai d'ailleurs de cette occasion pour proposer le tutoiement à Walrus aussi, qu'en pensez-vous, cher ami?

    Sur ton blog, tu m'as posé la question suivante (c'est moi qui souligne):

    Ce blog est pour moi un mystère. S'installer tous les matins devant son écran, envoyer un message sur l'humeur du jour, il faut une bonne dose de ténacité ! Alors quel est le moteur ?
    J'ai pensé à un pari entre copains (si je tiens, je gagne mon poids en chocolat noir 70 %). J'ai aussi imaginé une oeuvre caritative (l'argent récolté par le blog envoyé aux enfants congolais belges). Bien sûr, il y a le merveilleux du blog, qui ouvre vers tout le monde, et personne en particulier (quoique, certains lecteurs semblent être très proches). Enfin, l'addiction, contre laquelle vous me mettiez en garde lors de notre premier échange ...
    Alors ? http://jutiere.blogspot.com/2011/11/entretien-avec-adrienne.html

    Quel est le moteur?

    Et bien franchement, je me le demande aussi Langue tirée

    Je t'ai envoyé le lien vers ma réponse à Coumarine qui faisait une enquête sur les blogs en préparation d'un livre qu'elle a publié depuis. Chacun peut la lire ici http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/07/04/c-comme-coumarine.html

    Tu auras vu que j'y insiste sur l'anonymat que j'ai toujours recherché, donc tu as déjà pu barrer la première des possibilités: pas de pari entre copains, ce qui est bien dommage d'ailleurs parce que je ne refuserais pas de gagner mon poids en chocolat noir. Des pralines de chez Neuhaus, de préférence, l'occasion m'a été donnée dernièrement d'y goûter et je referais l'expérience avec joie Bisou

    Donc si certains lecteurs te semblent proches, c'est à force de venir ici... il n'y a que deux amies de longue date qui ont reçu les coordonnées et si elles les ont reçues, c'est parce qu'elles habitent très loin (bise à vous deux Bisou). Comme je le disais aussi à Coumarine, j'ai déjà souvent eu envie de rencontrer des blogamis mais je n'en ai encore rencontré que deux.

    Ta deuxième idée me plairait bien aussi mais malheureusement je ne sais pas comment faire pour gagner de l'argent en tenant un blog...

    Alors quel est le moteur?

    Je crois qu'il y en a plus d'un... mais nous continuerons cet entretien demain, si tu veux bien, parce qu'il me semble que ce billet devient fort long!

    Amicalement

    Adrienne

  • P comme peur

    Les rayons du supermarché, la file à la caisse, le parking, voilà des endroits privilégiés pour des entretiens parents-professeur. J'en ai déjà parlé.

    L'autre jour, à l'entrée du magasin, je suis tombée sur un couple de parents d'élève: j'ai eu leur fille en classe il y a entre dix et quinze ans de cela. Preuve du temps qui passe, ils avaient dans leur caddie, bien installée sur le petit siège et toute souriante, une petite princesse blonde de bientôt 19 mois. C'est ce que l'heureuse grand-mère s'est empressée de me dire.

    Justement, ce soir-là leur fille, qui est aussi devenue prof de FLE, avait des entretiens parents-professeur.

    Après les compliments d'usage sur les beautés et le caractère avenant de leur princesse, j'ai filé faire mes courses.

    A la caisse, je les ai retrouvés.

    - Vous êtes au courant? me demande la dame de l'air de quelqu'un qui détient une grande nouvelle.

    Au courant de quoi? aurions-nous un gouvernement? le ministre voudrait-il supprimer les cours de FLE?

    - Il y a eu des cambriolages au village!

    Mon village, donc. Comme je n'étais au courant de rien, elle s'est fait un plaisir de me narrer les détails: chez qui, comment, à quelle heure...

    - Vous avez un chien? me demande-t-elle.
    - Hélas j'en ai eu un mais il est mort, lui dis-je, croyant qu'il s'agissait de parler chien-qui-aboie-et-qui-sauve-son-maître. Mais non:
    - Chez des gens qui avaient un chien ils ont même noyé le chien! Alors vous comprenez, me dit la dame, notre chien on ne le laisse plus seul à la maison, il est dans la voiture.

    C'est ainsi, chers lecteurs, que les gens vous instillent leur peur, vous inoculent leur angoisse, vous insinuent leur cauchemar, vous infusent leurs frayeurs.

    Mais je résiste Langue tirée

    La seule concession est que depuis cet entretien, je ferme à clé la porte du garage, la nuit: je m'en voudrais trop si des cambrioleurs noyaient mes chats.

    566 - kopie - eiland.JPG

    Dans cet îlot au milieu de la réserve naturelle il y a moi, à droite, du côté des peupliers, et il y a mes voisins, à gauche, du côté du gros chêne.
    Peut-être devrais-je les prévenir? Ils ont un chien, eux Langue tirée

     

     

  • O comme onze (8 à 10)

    Aujourd'hui, un petit chapitre sur Proust et l'amitié Sourire

    Je dois dire qu'au plus j'avançais dans la lecture du livre d'Alain de Botton, Comment Proust peut changer votre vie, au plus notre Marcel me semblait sympathique.

    Selon Alain de Botton (et les sources qu'il cite), Proust était un ami généreux, prodigue et bon. Il ne parlait pas que de lui, il était surtout à l'écoute des autres et curieux de leurs expériences. Même au plus fort de son travail, il n'oubliait pas ses amis. Il était un causeur brillant mais toujours modeste et aimable pour chacun. Des témoins racontent que s'il avait des invités à dîner, il faisait le tour des convives en emportant son assiette afin d'être sûr d'avoir parlé suffisamment avec tout le monde. Ses amis ont même inventé le verbe "proustifier" pour désigner ses façons si exagérément polies et gentilles envers les autres...

    Et tout ça de la part d'un homme qui n'avait lui-même qu'une idée assez piètre de l'amitié (je cite), car il en donnait beaucoup plus qu'il n'en a jamais reçu et avait un don pour détecter le mensonge et l'hypocrisie. A ce propos, Alain de Botton cite Lucien Daudet, qui dit de son ami Proust qu'il était

    d'"une divination peu enviable, il découvrait toutes les petitesses, souvent bien cachées, d'un coeur humain, et il en avait horreur, les mensonges même insignifiants, les restrictions mentales, les cachotteries, le faux désintéressement, la parole aimable qui a un but utile, la vérité un peu déformée par commodité, enfin tout ce qui inquiète l'amour, attriste l'amitié et rend banales les relations était pour Proust un sujet constant d'étonnement, de tristesse ou d'ironie."

    Vous ne serez donc pas étonnés d'apprendre ce que Proust lui-même recherchait en amitié:

    "Je fais mon travail intellectuel en moi, et une fois avec mes semblables, il m'est à peu près indifférent qu'ils soient intelligents, pourvu que gentils, sincères, etc."

    Gentillesse et sincérité: qui lui donnerait tort? Certainement pas moi!

    lecture,littérature,amitié

    merci Margotte, sans ton challenge je n'aurais pas lu ce livre!

  • M comme modestie

    "Les grands écrivains parlent d'eux", dit Colombe Schneck dans un petit extrait vidéo où en moins de deux minutes elle transmet les conseils d'écriture qu'elle a elle-même reçus de grands éditeurs.

    "Marguerite Duras ne parlait que d'elle", poursuit Colombe Schneck, pour ponctuer son affirmation d'un exemple bien convaincant.

    Voilà qui me rassure tout à fait, vu que je suis absolument incapable d'écrire la moindre fiction Langue tirée

    ***

    Les conseils que Colombe Schneck tient à nous transmettre sont au nombre de trois:

    1.faire simple, être le plus simple possible

    2.mettre le suspense pour que le lecteur ait envie de lire

    3.écrire à la première personne, surtout pour un premier livre

    Me voilà donc prête, et infiniment mieux armée que ce pauvre Marcel, à qui personne n'avait précisé de faire simple ni de mettre du suspense...

    ***

    Mais dites-moi comment, après ça, conserver un brin de modestie? Incertain

    En écoutant bien jusqu'au bout: "De grands écrivains, en France, il y en a trois"

    N'est-ce pas que voilà une petite phrase souveraine contre la grosse tête!

    http://www.enviedecrire.com/les-conseils-de-colombe-schneck/

    ***

    Pour ceux que le sujet intéresse et à qui ça rappellerait des souvenirs de "Madame Bovary, c'est moi!" il semblerait que cette phrase soit apocryphe. C'est en tout cas ce qui résulte d'un colloque sur Flaubert dont le Magazine Littéraire du premier novembre 2006 dit ceci:

    "Flaubert n'a jamais écrit « Madame Bovary, c'est moi », ni dans la Correspondance, ni dans le moindre carnet. Il s'agit d'un « ouï-dire ». Quelqu'un a prétendu, trente ans après la mort de l'auteur, avoir entendu dire qu'une amie de Flaubert aurait dit à une personne digne de foi que Flaubert le lui avait dit : bref, c'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours..."

  • L comme lettre

    C'est tout à fait par hasard que j'ai découvert un autre blog de "défis d'écriture" et le thème de la semaine m'a tout de suite inspirée Clin d'œil. Il s’agissait d’écrire une lettre (ou un mail) qui commençait par ces mots :

    Il est minuit. Cette journée m’a épuisé(e).

    Et se terminait ainsi :

    Je vous embrasse de la façon indécente qui, je m’en souviens, vous plait. 

    Ces deux phrases viennent d'ailleurs d'un livre de Jacqueline Harpman (hé oui, comme on se retrouve!) mais celui-ci je ne l'ai pas lu: Le passage des éphémères. On pouvait se mettre dans la peau de qui on voulait et écrire à qui on le souhaitait. Ce qui fut fait en deux temps trois mouvements Langue tirée

    ***

    Cher André

    Il est minuit. Cette journée m’a épuisée. J’ai bien cru que je n’arriverais pas au bout. Mais voilà, tout s’est bien passé, finalement. Baptiste a eu un bel enterrement, tout le village a défilé et j’ai bien joué mon rôle de veuve éplorée… Ça, j’en suis sûre, je l’ai bien senti à certains regards.

    J’ai été contente de t’y voir, toi aussi. Ainsi, personne ne s’étonnera si tu viens me faire une petite visite de temps en temps. Mais ne viens pas le mardi, c’est le jour de Cécile ! Elle est d’ailleurs encore restée toute l’après-midi sous prétexte de ne pas me laisser seule en un pareil jour et patati et patata… Enfin, tu la connais ! C’est surtout avec elle qu’il faudra se montrer prudent, vu qu’elle est toujours à fourrer son nez dans les affaires des autres et à colporter tous les ragots. Tu te souviendras que pour Baptiste, c’est par elle que j’ai su qu’il fricotait avec cette catin? Mais ne t’inquiète pas, j’ai toujours fait la naïve qui ne comprend pas ! Épouse modèle jusqu’au bout, ça on peut bien le dire !

    Donc voilà, tout est bien rangé, j’ai jeté la cafetière et le paquet de mort-aux-rats, on va enfin pouvoir VIVRE !

    Ce soir je repense à ta toute première lettre, je la connais encore par cœur, et pourtant quarante années ont passé. Tu l’avais terminée ainsi : « Je vous embrasse de la façon indécente qui, je m’en souviens, vous plait. »

    ton Angèle

  • K comme krapoverie

    Défi krapovien - Chapitre 7

    Que feriez-vous avec ces neuf prénoms : Josiane, Eliane, Maryvonne, Marie-France, Arlette, Dominique (la femme), Anne-Françoise, Henry et Dominique (l’homme), sachant que ces personne se réunissent hebdomadairement dans une salle nommée « Mandoline » ?

    ***

    Pour ceux qui ont raté le début, il est ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/07/13/k-comme-krapoverie1.html (chapitres 1 à 5) et ici est le chapitre 6 http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/10/13/k-comme-krapoverie.html

    ***

    Pour Josiane, vivre avec le rein de sa sœur est une constante source de stress: elle est toujours à l'écoute de son corps, à peser et à analyser ce qu'elle mange, boit ou urine. A vérifier si ses jambes n'enflent pas ou si elle ne fait pas un peu de température. D'ailleurs, elle en fait de temps en temps et s'inquiète. Une infection est toujours possible et au moindre doute, on l'envoie aux urgences. Trois fois déjà elle a craint pour sa greffe. Puis a pu rentrer chez elle, l'alerte étant passée.

    Éliane la généreuse ne va pas trop bien non plus depuis l'opération: elle toujours si vive, si active, n'a plus d'allant. Son mari trouve qu'elle "languit". Ses enfants ne savent plus quoi inventer pour l'égayer. La vue de ses deux petits-fils la fatigue. Dieu sait pourtant comme elle les adore! Mais elle n'a plus de goût à rien. Elle qui n'était déjà pas bien grosse a encore maigri depuis sa visite médicale précédente. Elle se fait gentiment gronder par son médecin devant qui elle fond en larmes.

     

    - Il est temps, se dit leur aînée en entendant les dernières nouvelles, que j'intervienne! On ne peut pas laisser la situation se dégrader comme ça!

    L'autre jour, comme elle avait dû aller chercher son pain au village voisin - son boulanger fermait le lundi, quelle drôle d'idée! - une affiche placardée à la porte avait attiré son attention. "La Mandoline", elle ne connaissait pas du tout. Mais ça avait l'air intéressant. Et puis, au point où on en était, il ne fallait pas hésiter.

    Aussi, dès qu'elle avait raccroché après sa petite conversation bihebdomadaire avec sa sœur Éliane - car Maryvonne est une femme organisée doublée d'une femme de devoir - elle a appelé Josiane pour lui en parler. Ensuite, à elles deux, elles convaincraient Éliane. C'était gagné d'avance.

    Après quoi, elle se frotta les mains à son tablier en un geste qui lui était familier et passa un dernier coup de fil.

    - "La Mandoline"?

    Bah, on verrait bien ce que ça donnerait, ça ne coûtait pas grand-chose d'essayer. Maryvonne arrangea tout ça en deux temps trois mouvements puis se laissa tomber dans son fauteuil avec la satisfaction du devoir accompli.

  • J comme Jacqueline Harpman (7)

    Orlanda, c'est bien sûr en référence à l'Orlando de Virginia Woolf. Déjà à la deuxième page du roman, la narratrice nous explique que le personnage féminin, Aline, s'applique à relire ce passage de la transformation d'un homme en femme. On reçoit même l'extrait en question en anglais.

    Puis le roman passe immédiatement à une transformation similaire: l'âme d'Aline va se loger dans le corps d'un jeune homme assis un peu plus loin. Je dis "âme" pour faire simple, ce mot n'est pas employé par l'auteur.

    Les deux personnages poursuivent leur vie, l'âme d'Aline étant la narratrice mais vivant dans ce corps masculin, celui d'un certain Lucien, dont elle ne sait rien.

    Cette âme qui a changé de corps, c'est la part masculine d'Aline, en quelque sorte, qui se trouve bien heureuse d'avoir pris le contrôle de ce jeune homme.

    "(...) j'appellerai Orlanda la moitié évadée d'Aline, et j'espère que l'âme de Virginia ne me le reprochera pas (...)" (p.19)

    Ce choix de narration donne cependant quelques changements de points de vue, mais je suppose qu'ils sont voulus, puisque par moments le 'je' de la narration est la voix de l'auteure elle-même, comme par exemple à la page 37:

    "Il est temps que je m'en aille, la place d'une dame de mon âge élevée pour les bonnes manières et les inhibitions n'est pas ici, il convient de rejoindre Aline."

    Voilà le genre de pirouette que fait l'auteure chaque fois que la narratrice-âme-d'Aline découvre la sexualité masculine par le biais du jeune Lucien. Si vous suivez toujours... Langue tirée

    Parfois aussi, l'auteure s'immisce pour donner des commentaires, comme à la page 49:

    "J'ai conté tout au long l'histoire de cet appartement car j'y vois le portrait d'Aline, refermée sur elle-même, mais avec une porte de trop, par où Orlanda s'est échappé(1). Elle ne se connaît pas, mais qui se connaît? N'allons-nous pas tous à travers la vie dans la même ignorance de ce que nous sommes, prêts à nous ruer sur toute description de nous-même qui nous donnerait l'illusion délicieuse d'avoir une identité simple qui tient en quelques mots?"

    Il lui arrive même d'englober le lecteur dans ses remarques sur ses personnages, et toujours il s'agit du problème de la vraisemblance:

    "Evidemment, pour nous qui connaissons l'étrange situation où elle était, c'est un rêve bien limpide(...)' (p.54)

    ***

    Je voudrais que Jacqueline Harpman me surprenne, mais non, dans ce livre aussi je retrouve tous ses fétiches, à commencer par des allusions aux Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, de nombreuses références à Proust et l'immanquable apparition de Jacqueline elle-même comme personnage de ses romans (2):

    "(...) il faut que je demande à Jacqueline si ce n'est pas cela qu'on nomme la période de latence (...)" (p.64)

    et de la page 169 à la page 174 elles sont ensemble à table: Jacqueline Harpman fait partie de leur cercle d'amis. Où il y a aussi une Adrienne Langue tirée

    ***

    Enfin, je terminerai sur une petite phrase qui m'a bien fait rire, parce qu'au moment où je lisais Orlanda j'avais aussi repris La recherche en main, avec les conséquences que l'on sait, j'en ai parlé ici en juillet dernier:

    "Ce qui m'épuise c'est qu'il n'y a pas une ligne qui ne soit d'une beauté éblouissante et que l'ensemble tue d'ennui." (p.25)

    Mais chez Harpman, il ne s'agit pas de la lecture de Proust: c'est une pensée d'Aline en train de lire Orlando, de Virginia Woolf.

     

    orlanda.jpg

    Livre de Poche n° 14468, Grasset 1996

    ***

    (1) remarquez l'accord qui est fait au masculin; sur ce point, je me demande dans quelle mesure l'auteure se rend compte qu'elle n'a pas toujours agi avec conséquence. Il faudrait peut-être que je lui écrive pour lui poser la question Langue tirée

    (2) ce qui ne me fait pas le même effet de clin d'oeil comme de voir apparaître Hitchcock dans ses films; mais là aussi il faudrait que je m'enquière auprès de l'auteure sur ses motivations...

  • I comme invitation

    Ce n'est qu'une fois tous les cent ans que ça arrive, me dit mon journal, le 11e jour du 11e mois de l'année 11. C'est pourquoi, il invite ses lecteurs à envoyer une photo montrant comment ils auront occupé ce jour unique.

    En fait, ni plus ni moins unique que n'importe quel autre jour de l'année, mais vous savez comment sont les grandes personnes, vous qui connaissez la vie et le petit Prince: elles aiment les chiffres.

    Vous devez donc, si vous voulez participer, prendre une photo le 11-11-11 et l'envoyer le même jour à cette adresse:

    http://www.standaard.be/extra/11?_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=weekly

    Votre photo se trouvera sur le site du journal et peut-être qu'elle paraîtra dans l'édition du week-end Sourire

    Bonne chance!

    579 - kopie - poortje.JPG

    moi, en ce 11-11-11, j'irai faire un tour par ce portillon

  • H comme hommage

    Vous savez peut-être que cette année 2011 est l'année internationale de la chimie? Pour nos amis Français et Polonais, c'est en même temps l'occasion de fêter le centième anniversaire du prix Nobel de chimie reçu par Marie Curie.

    Donc je me suis dit: tiens, je vais faire lire à mes élèves un article qui retrace le parcours plutôt impressionnant de cette dame, on en discutera un peu en classe et après je leur demanderai de m'écrire un petit compte-rendu dans lequel ils me décriront ce qu'ils en retiennent d'essentiel.

    Chacun y est allé de son petit pensum dithyrambique: l'un a exprimé son admiration pour sa ténacité, l'autre pour son esprit d'indépendance, ou son intelligence, son courage, sa persévérance...

    Bien, bien, très bien tout ça, très juste.

    Puis je lis le devoir de M***:

    "Tout le monde la connaît, et beaucoup la trouvent un génie. Mais pour moi, c’est une femme comme les autres."

    Plus loin il m'explique "qu’elle n’était pas si spéciale qu’on a dit. Il y avait beaucoup d’autres qui ont fait pareil."

    Voilà.

    Hier je l'ai revu en classe. On a parlé de ce devoir. Je lui ai demandé ce qu'il faut avoir fait pour l'impressionner, lui, si deux prix Nobel, la découverte du polonium, du radium et de la radioactivité ne suffisent pas.

    - Rien! m'a-t-il répondu.

    Il a 16 ans, bientôt 17, et rien ne l'impressionne.

    - Même pas ceux qui créent des jeux vidéo? a demandé une copine de classe en riant, parce qu'il est fan de jeux sur Internet.

    - Non! a-t-il dit très sérieusement, pas non plus ceux qui créent des jeux vidéo.

    ***

    En guise de dessert, je vous livre encore cette petite réflexion de sa part:

    "Je ne pense pas qu'elle mérite d'être mentionnée en classe. Peut-être parce qu'elle était Française? Mais en réalité elle était Polonaise. Donc c'est assez bizarre à comprendre pourquoi elle est mentionnée dans les cours de français."

  • G comme grazie et gracias

    Tous les MERCI de la terre résonnent en moi à chaque fois que je pense à tous ceux sur qui je peux compter.

    Merci à ceux qui me font le plaisir de me lire et de me commenter.

    Merci à ceux sans qui ma vie serait bien triste et vide.

    Ceux qui m'écoutent.

    Ceux qui me sourient.

    Ceux qui ont refait les joints en silicone de mes fenêtres Sourire Même s'ils ne connaissent pas l'existence de ce blog je les remercie aussi ici parce que mon coeur déborde de gratitude.

    Ceux qui sont près, ceux qui sont loin: merci d'être là.

    Je ne le dirai jamais assez.

    Muchas gracias.

  • F comme flatterie

    Mesdames, attention! Un "petit manuel de séduction à l'usage des hommes" écrit par Jean Dutourd et qui était épuisé depuis longtemps vient d'être réédité.

    Or, voici le genre de conseils qu'il contient:

    « Seules les flatteries énormes, impudiques, incroyables sont efficaces. Les autres, les subtiles, les sincères ne servent à rien : elles passent inaperçues.

    Voici quelques modèles de flatteries vraiment productives :

    a) “Comme vous êtes belle.” (Se dit d'emblée, avant toute autre considération. Comparable au pilonnage de l'artillerie avant l'attaque. Frappe de stupeur. N'est jamais mis en doute. Se complète par : “Vous, les femmes ne doivent pas vous aimer beaucoup.”)

    b) “Vous êtes la femme la plus intelligente d'Europe.” (Ne peut guère se dire avant une petite demi-heure de conversation. L'amener par deux ou trois remarques de cet ordre : “Moi, je serais incapable d'aimer une femme bête.” “Je vous écoute depuis un quart d'heure : vous n'avez pas dit une seule bêtise.”)

    c) “Vous avez un instinct infaillible.” (Se dit dans tous les cas, absolument. D'un effet certain.)

    d) “Au fond, vous avez un caractère d'acier.” (S'accompagne ordinairement de : “Tout plie devant vous, rien ne vous résiste, etc.”)

    e) “Je vous crois capable de férocité terrible comme de bonté surhumaine.” (Pourquoi pas, hein ?)

    Ceci doit être prononcé avec le plus grand sérieux et appuyé de regards honnêtes. Vous êtes saisi. On ne pense pas à plaisanter quand on est saisi. »

    Le Petit Don Juan par Jean Dutourd, Bruxelles, Éditions Soliflor, octobre 2011

    Alors voilà, amies lectrices, vous êtes prévenues... vous en ferez ce que vous voudrez Innocent

     

    ça se passe comme ça


     

  • Les 7 plaisirs de l'automne

    Je sens que ceux qui vivent en appartement avec vue sur un joli parc vont encore ricaner Langue tirée mais il est vrai que chez moi, l'automne est magnifique! C'est la saison idéale pour

    1.se casser le dos à balayer les feuilles de l'allée du garage

    2.observer à mi-parcours que le vent s'est mis à souffler. Mais dans l'autre sens

    3.se casser les ongles et s'érafler la peau à nettoyer les corniches

    4.ne pas toujours bien pouvoir stabiliser l'échelle et avoir le vertige au troisième échelon

    5.constater qu'on a encore tout fait à l'envers et que la prochaine fois il faudra se souvenir qu'il faut d'abord nettoyer la corniche, puis brosser la terrasse, et après seulement laver les vitres (et pas le contraire, comme vous faites généralement)

    6.se faire presque écraser par le gentil facteur qui a l'habitude d'avoir votre allée de garage pour lui tout seul

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    7.enfin, admirer ce merveilleux baldaquin et se dire que dans deux jours tout sera à recommencer Clin d'œil

  • E comme éthique

    Souvent je me dis que continuer ce blog tient un peu de la folie. J'y passe des heures assise, c'est mauvais pour le dos, ça empêche de faire un tas d'autres choses intéressantes (lire), utiles (ranger le bureau), saines (faire du sport) et c'est terriblement addictif. Comme le café, le chocolat et tout ce qui est bon dans la vie Clin d'œil

    Je vois bien que je ne suis pas la seule avec mes états d'âme cybernétique(s), tant d'autres blogueurs et blogueuses font des pauses ou arrêtent leurs activités. Alors pourquoi je continue?

    Pour tous ces liens qui se sont tissés même si on n'a jamais vu ceux qui viennent lire et commenter fidèlement. Pour tous ces liens qui se sont tissés avec ceux qu'on lit et commente fidèlement. Pour tout ce qu'ils nous apportent et nous apprennent.

    Voilà, c'est aussi simple que ça. Egoïste et narcissique Langue tirée

    Comme certaines blogamies sont Canadiennes, Québécoises, je cherche de plus en plus à lire des oeuvres de là-bas. Ce n'est pas toujours facile de les trouver, il semblerait bien que l'Atlantique soit assez dur à traverser. Presque autant que le Quiévrain Clin d'œil

    C'est par le plus grand des hasards que j'ai mis la main le mois dernier sur un roman du Québécois Yves Beauchemin, Les émois d'un marchand de café, à propos duquel vous trouverez des commentaires et des références dans les liens ci-dessous.

    Je ne vous ferai donc pas de "commentaire critique" mais je vous dirai simplement les deux domaines qui font pour moi la spécificité de ce livre.

    D'abord, il y a le titre que j'ai donné à ce billet: E comme éthique. En lisant ces émois d'un marchand de café, je me suis longtemps demandé à quel genre romanesque il fallait le rattacher. Ce n'est que vers la centième page que la réponse m'est peu à peu apparue: c'est un "roman éthique". Et si ça n'existe pas encore, il faudra l'inventer.

    En effet, vous avez là un personnage qui vers la soixantaine se décide à réparer le mal qu'il a fait pendant sa carrière d'homme d'affaires florissant. Toute la suite de l'histoire démontre à quel point cette démarche qu'on croirait fort simple s'avère au contraire tout à fait pénible. Surtout pour le protagoniste. Sa volonté de faire le bien suscite de nombreux problèmes et même de sournoises hostilités. Mais je n'en dirai pas plus...

    Ensuite il y a tout ce qui relève de la "couleur locale". Vu que je ne connais que le (faux) Canada de Maria Chapdelaine, chaque nom de lieu a des consonances d'exotisme: les rues de Montréal, la taïga du Grand Nord et le chalet près d'un lac où notre héros va passer ses "fins de semaine".

    Car il y a aussi les mots: on ne dit pas week-end, ni shopping, ni tous ces autres anglicismes que nous utilisons quotidiennement sans plus nous en rendre compte. Il y a également des expressions qui m'étaient totalement inconnues, comme ces "Bâton rouge!" pour ponctuer une forte exclamation.

    ***

    http://calounet.pagesperso-orange.fr/resumes_livres/beauchemin_resume/emoiscafe_beauchemin.htm

    http://felix.cyberscol.qc.ca/lq/auteurB/beauch_y/emois_yb.html

    ***

    Pour ceux qui aimeraient lire l'incipit, histoire de se faire une idée du bouquin, le voici:

    "Vers le milieu du printemps de 1995, Guillaume Tranchemontagne, un commerçant de cinquante-neuf ans qui s'était enrichi dans le café, décida un bon matin, tout en se rasant, de changer de conduite pour consacrer désormais sa vie à faire le bien. Il se retrouva bientôt dans une situation étrange.

    L'affaire avait débuté de façon anodine. Depuis quelque temps, il se sentait mécontent de lui-même et de la vie en général, sans pouvoir mettre le doigt sur la cause de son insatisfaction. Pourtant, tout baignait dans l'huile, chez Délicaf, la société de pause-café qu'il avait fondée trente ans plus tôt; sa fille et ses deux garçons s'acquittaient bien de leurs fonctions, les clients ne se plaignaient pas trop, aucun chèque sans provision n'était apparu depuis trois semaines (chose rare) et l'exercice financier s'achevait avec un joli profit. Malgré tout, chaque jour il arrivait maussade et fatigué au bureau et restait de longs moments assis dans la cuisinette à boire café sur café pour essayer de se donner un peu d'entrain."

    littérature,incipit,lecture,lecteur,les joies de l'internetéditions De Fallois 1999

  • D comme défi 166

    C’est par la fenêtre qu’on sort…

    C’est par la fenêtre qu’on sort un panier au bout d’une corde, quand on habite les vieux quartiers de Naples.

    Dans le panier il y a la clé de la porte pour que le visiteur puisse entrer chez vous. Ça vous évite de descendre et surtout de remonter jusqu’à votre appartement qui est au second sans ascenseur. Surtout que vous êtes encore en robe de chambre à onze heures passées et pas encore coiffée.

    Dans le panier, il y a le portemonnaie et la liste des courses. La gamine d’à côté se fera un plaisir d’aller vous acheter le sel, le sucre ou la farine qui vous manquent pour le repas de midi et ça vous évitera de devoir sortir. C’est bien pratique vu que le petit dort justement ou que votre soupe est en train de bouillonner doucement sur le fourneau à gaz.

    Vous descendez aussi le panier pour le facteur. Pour les marchands ambulants. Pour dépanner la voisine du dessous. Il n’y a qu’à crier : la fenêtre est toujours ouverte sur la rue.

    Personne n’utilise le bouton de la sonnette. D’ailleurs il y a longtemps qu’elle ne marche plus.

    En bas, dans la rue étroite et bruyante, une touriste s’est arrêtée, le nez en l’air. Vous voyez bien qu’elle admire votre ingéniosité. Vous échangez un sourire puis vous retournez à vos fourneaux.

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  • C comme couleurs: bleu, blanc, roux

    Ce magnifique automne nous offre le bleu du ciel

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    des fleurs bleues

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    des fleurs blanches

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    des paysages aux tons roux

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    et un chat roux

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    qui est encore allé traîner du côté des (bouses de) vaches

  • B comme b*rq*

    L'histoire se passe dans une petite ville de Belgique, en octobre 2011.

    Une jeune fille vient me voir: elle a un problème avec un prof. Elle lui a fait une magnifique dissertation sur la liberté mais a été très mal évaluée. Pourquoi? Elle avait disserté sur la b*rq* (ou le n*q*b) comme symbole de liberté. Apparemment, ses arguments n'avaient pas convaincu son prof de philo.

    Elle est jeune, elle est jolie, elle est intelligente, elle fait de la musique et du théâtre. Mais elle se réjouit de la victoire du parti islamiste en Tunisie.

    Elle discute de pied ferme avec ses profs, avec ses amies, avec tout le monde. Elle a l'esprit fort critique et la parole facile. Mais quand elle a une décision à prendre, elle ouvre son Coran: le passage sur lequel le hasard la fait tomber lui dictera la route à suivre.

    Sa soeur est tombée amoureuse d'un non-musulman. Le jeune homme est prêt à se convertir, mais pour le père, ça ne suffit pas: c'est un déshonneur absolu.

    - Je n'ai plus de fille, a-t-il déclaré, elle est morte pour moi. Si elle reparaît devant moi, je la tue de mes propres mains.

    D'ailleurs je ne sais pas ce qui me retient de vous dire ce qu'il a proféré textuellement: "Je l'égorge de mes propres mains."

    Cet homme a un bac + 7, sa femme un bac + 4.

    ***

    Je ne sais toujours pas ce qui me choque le plus dans cette histoire...

    ***

    la b*rq* (ou le n*q*b), pardonnez si je n'écris pas les voyelles mais je n'ai pas envie que tous les moteurs de recherche amènent chez moi du monde indésirable Innocent

  • A comme Adrienne... et A comme Anne

    Il y a de ces souvenirs qu'on avait complètement oubliés et puis qui resurgissent inopinément, ramenant tout un flot de sensations et d'émotions.

    Samedi dernier, j'étais à table chez mon amie Anne, grande "jardinière potagère" qui nous avait préparé une bonne soupe aux tomates, du poisson avec des pois gourmands, des carottes et d'excellentes petites pommes de terre Exempla. Le tout étant de sa Production Potagère Personnelle (sauf le poisson évidemment)

    Tout en dégustant une deuxième platée d'Exempla, Anne me dit:

    - Quand on était petits, ma mère nous mettait du beurre sur nos pommes de terre... Et c'était bon!

    Cette simple petite phrase a arrêté toutes les pendules pour me transporter en un éclair plus de quarante ans en arrière. Un flash, une révélation, la mémoire retrouvée:

    - Chez ma grand-mère Adrienne aussi, lui dis-je, on nous mettait une noix de beurre sur nos pommes de terre et ce mélange de textures en bouche, ce beurre un peu froid qui tiédissait et fondait à moitié avec la chaleur de la pomme de terre... oh! quel délice!

    Des délices oubliées qui redeviennent tout à coup si vivaces que mes papilles gustatives se souviennent de ces saveurs d'autrefois. Pourtant, ça fait vraiment partie de mes plus lointains souvenirs... d'une époque où on donnait du beurre aux enfants. Cela ne nous empêchait pas, mon frère et moi, d'être maigres comme des clous. D'une époque où le cholestérol n'avait pas encore été inventé. La grande époque d'Adrienne et de sa cuisine riche en acides gras saturés Langue tirée. Depuis, nous avons fait de réels progrès en vocabulaire diététique et en interdits culinaires...

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    La Motte de beurre par Antoine Vollon (19e siècle)

    Mais au fait, Marcel en a parlé mieux que moi, de ce genre d'expérience, avec sa madeleine Langue tirée

    Si vous voulez réviser vos classiques c'est ici: http://ecrits-vains.com/thematique/memoire/intro.html

  • Premières photos

    Dans notre petite réserve naturelle, nous avons accueilli un quatrième poney Exmoor: c'est une toute jeune femelle arrivée le 23 octobre. Voici la première photo que j'ai prise d'elle ce jour-là à l'occasion de ses premiers pas parmi nous

    547 - kopie - het 4de paardje wordt gelost.JPG

    Une semaine plus tard, je constate qu'elle n'est toujours pas intégrée au groupe

    568 - kopie - nr 4 is nog niet geïntegreerd.JPG

    574 - kopie - nr 4 is nog niet geïntegreerd.JPG

    Je n'y connais rien en ce domaine mais je me demande combien de temps ça durera encore avant que le trio l'accepte...

     

    nature,réserve naturelle

    Ne dirait-on pas le premier matin du monde?