• Z comme Zedda

    J'ai fait une infidélité à la Monnaie et je suis allée voir Il viaggio a Reims au Vlaamse Opera, à Gand. Pourquoi? Parce que le chef était ce maestro Zedda que j'ai vu l'été dernier à Pesaro (voir le billet: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/07/21/z-comme-zedda.html)

    Maestro Alberto Zedda, qui vient de fêter son 84e anniversaire le 2 janvier, est un petit monsieur souriant et plein de malice. Et une source inépuisable d'anecdotes Clin d'œil

    Au moment d'acheter le billet, fin août, je me suis souvenue du terrible hiver de l'an dernier et n'ai pas voulu prendre le risque d'acheter une place aussi chère pour ensuite être empêchée d'arriver jusqu'à Gand à cause de la couche de neige ou du verglas: j'ai donc choisi un dimanche en matinée, ce qui me permettrait si nécessaire d'aller à pied au village et de me débrouiller avec les transports en commun à l'aller comme au retour. Finalement, il faisait un temps si doux qu'on se serait cru au printemps. Mais ce choix du dimanche en matinée tombait très bien: après le spectacle, chacun était invité, s'il le désirait, à assister à une entrevue avec le Maestro en personne ainsi qu'avec un des chanteurs.

    En voyant cette salle archi-comble et l'immense ovation (*) reçue par Alberto Zedda à la fin du spectacle, j'ai craint qu'il n'y ait la foule à cet entretien. Mais non, nous n'étions pas trente personnes... et ce fut tout à fait charmant. Maestro Zedda était intarissable et aurait pu continuer à parler pendant des heures.

    Ce qui m'a le plus amusée, c'est sa réponse à la question:

    - Maestro Zedda, vous est-il jamais arrivé, dans votre festival Rossini à Pesaro, d'intervenir dans la mise en scène? et de refuser une mise en scène?
    - Oui, ça m'est arrivé.
    - Ah bon, ça vous est arrivé? Et c'est arrivé souvent?
    - Non, c'est arrivé quelques fois seulement.
    - Et pourriez-vous nous dire pour quelles raisons vous refusez une mise en scène?
    - Oh... je refuse des choses qui sont contraires à l'esprit rossinien.
    - Vous pourrriez nous en donner un exemple?
    - Et bien un jour un metteur en scène voulait que les protagonistes s'arrachent leurs vêtements sur scène pour suggérer un passage à l'acte amoureux. C'était même plus que suggérer, d'ailleurs... c'était un véritable strip-tease...
    - Donc ça, vous l'avez interdit?
    - Oui, ça j'ai dit que ça n'allait pas.

    Voilà toute la malice d'Alberto Zedda: car précisément ce jour-là au Vlaamse Opera, on avait pu assister à ce genre de scène:

    - Alors vous n'avez pas apprécié notre mise en scène de l'opéra? Vous-même l'auriez refusée?
    - C'est une chose que Rossini n'aurait jamais acceptée... Mais j'ai admiré, ajouta-t-il non sans ironie, comment les deux chanteurs ont réussi à continuer à chanter juste malgré toute la gymnastique à laquelle on les a obligés.

    ***

    (*) comment dit-on en français "een staande ovatie", quand tout le public se lève pour applaudir?

    Une photo du Maestro en pleine action, c'est sur le site du Vlaamse Opera: http://vlaamseopera.be/nl/#!/producties/il-viaggio-a-reims?showmember=526873

    Une photo de la scène "scabreuse" ici: http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,print,0&cntnt01articleid=3259&cntnt01showtemplate=false&cntnt01lang=fr_FR&cntnt01returnid=54

  • Y comme Yvonne

    Tout le monde ne peut pas s'appeler Yvonne, c'est évident, et les voies de la mode sont impénétrables, c'est certain, mais expliquez-moi ce qui pousse des parents à appeler leur enfant Blue Ivy Carter?

    Selon une maman interviewée par le magazine ci-dessous, c'est une preuve d'amour: c'est "pour leur montrer qu'ils sont les bienvenus et qu'ils ont de la valeur".

    Voilà pourquoi elle a appelé son aîné Argent (Silver). Il me semble que dans son objectif, elle aurait dû opter pour Or (Goud), non?
    Son second s'appelle Ours Unique (Uniek Beer), et là aussi je m'interroge vu que l'ours n'est pas l'animal ayant la meilleure image dans les expressions idiomatiques...
    Et pour son petit dernier: VIP Diesel.
    No comment
    .

    http://weekend.knack.be/lifestyle/radar/baby-s-krijgen-steeds-vreemdere-namen/article-4000033944177.htm?nb-handled=true&utm_source=Newsletter-24-01-2012

    Est-ce aussi par amour qu'on appelle ses garçons Storm (Tempête) et Brand (Incendie)? Ou Teen (L'un) et Tander (L'autre)?

    Vraiment, je plains les enfants qui auront toute la vie à porter un prénom ridicule sous prétexte d'originalité...

    Mais bon, je me répète Clin d'œil

  • X comme xénélasie

    Tout récemment, j'ai appris un nouveau mot: la xénélasie Langue tirée

    C'était le 17 janvier sur le blog d'Hurluberlu (http://hurluberlulu.wordpress.com/2012/01/17/xenelasie-n-f/), un des soixante à septante - on est en Belgique ici, chers lecteurs, je ne vous traduis plus, vous avez sûrement quelques rudiments - un des soixante à septante blogs, disais-je, auxquels je suis abonnée.

    Ceux parmi vous qui ont fait un peu de grec ancien décrypteront le "xenon" ou "xenos", l'étrange, l'étranger et "elaunein", conduire, diriger. Ce qui me fait penser à cet euphémisme auquel nos politiciens ont souvent recours: "reconduire les étrangers à la frontière". Alors qu'il s'agit d'expulser. De rejeter.

    ***

    Ce nouveau mot m'a aussi fait découvrir quelques ressources lexicographiques en ligne. Leur nombre augmente, ce qui veut dire qu'il faut faire le tri pour trouver la qualité parmi la quantité.

    "Interdiction faite aux étrangers du séjour d'une Ville. C'étoit une des Lois de Lycurgue. La Xénélasie étoit particulière aux Lacédémoniens." dit la quatrième édition du dictionnaire de l'Académie.

    Et le Littré de 1880 ajoute: "Une des plus célèbres lois attribuées à Lycurgue, un usage du moins dont on ne peut nier l'existence, était celui de la xénélasie ou bannissement des étrangers (LÉVESQUE Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 376)".

    "La xénélasie (en grec ancien ξενηλασία / xenēlasia) est une pratique spartiate consistant à expulser de manière régulière les étrangers de son territoire. Elle ne semble pas avoir été beaucoup imitée par les autres Grecs.", précise Wikipédia. Incontournable Wikipédia, quoi qu'on en dise...

    "Droit pour un État belligérant d'expulser les nationaux de l'ennemi" dit le Grand Robert dans son édition de 1985.

    Etc.

    ***

    Et je me dis qu'internet est tout de même une bien belle chose Cool

    Le seul problème, c'est que la xénélasie m'amène chez les Spartiates, puis chez Xénophon et sa République des Lacédémoniens... mais ça me fera peut-être des billets en X pour les mois prochains Clin d'œil

    les joies de l'internet

    photo de Wikipedia Commons




  • W comme wagon de train

    Il faudra m'expliquer la logique commerciale:

    - si vous prenez un petit expresso, on vous offre le croissant. On vous compte le tout au prix forfaitaire de 2 €.

    - si vous prenez un grand cappuccino à 2,90 € on ne vous offre rien du tout. Pas même un chocolat.

    C'était fin décembre à la gare du Nord au tout récent Einstein Kaffee Rösterei (si si, c'est en Belgique, comme son nom l'indique!).

    J'avais une demi-heure à perdre avant de prendre le train et une petite gâterie m'aurait bien fait plaisir Langue tirée

    http://www.einstein-coffeeshops.com/

  • V comme Venise (5)

    "Au jour dit, à l'heure dite, nous embarquâmes dans deux gondoles commandées pour nous par le concierge de l'hôtel. En mettant le pied dans le bateau, papa avait l'air soucieux d'un général à la veille d'une bataille. Je pris place avec lui, maman et grand-mère dans le premier de ces esquifs à la silhouette élégante et funèbre, mon frère, ma soeur et Mlle Boileau s'installant dans le second. Et la lente glissade commença, dans un silence religieux, entre les orgueilleuses façades des palais vénitiens, échelonnés de part et d'autre du Grand Canal."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, page 15.

    Venise août 2011 011 - kopie.JPG

    vue sur le Canal Grande et le palazzo Cavalli Franchetti

    Venise août 2011 031 - kopie.JPG

    Canal Grande, vue sur le ponte dell'Accademia

    Venise août 2011 034 - kopie.JPG

    Canal Grande, palazzi et vaporetti

    Venise août 2011 035 - kopie.JPG

    que l'on regarde à gauche ou à droite Clin d'œil

  • U comme un jour sans...

    Je pourrais vous dire en paraphrasant Madame de Tourvel que je vous écris pour vous dire que je ne vous écrirai pas aujourd'hui Sourire

    Je pourrais vous dire en paraphrasant une certaine Zoë que je suis "ab-so-lu-ment dé-bor-dée" Langue tirée

    Je pourrais vous dire en paraphrasant ma chère Louise que "je vis, je meurs, je me brûle et me noie" mais contrairement à la belle Cordière, ce n'est pas d'amour...

    Bref, il y aura probablement encore "des trous" dans les prochains jours et peu de commentaires de ma part sur vos blogs à vous...

    J'espère qu'un jour j'aurai de nouveau le temps de vivre.

  • T comme Traduttore traditore

    Voilà un beau poncif, n'est-ce pas? Langue tirée

    Cependant, je suis bien consciente du problème qui se pose à tout traducteur.
    Il apparaît très souvent en classe de FLE, quand il s'agit de rendre l'équivalent de certains mots ou expressions du français en néerlandais.
    Il m'énerve à chaque fois que je vois des sous-titres avec des traductions allant du très approximatif au complètement erroné, voire même au contresens!
    Il me gêne dans les oeuvres traduites, principalement en poésie.

    A l'université, j'ai eu un excellent professeur spécialiste de ces questions. Il nous faisait faire des petits travaux de comparaison d'où nous pouvions clairement conclure qu'à toutes les époques, les traducteurs ont imprimé les vues de leur temps aux oeuvres qu'ils traduisaient, les forçant souvent dans un moule qui n'était pas du tout celui de l'original. Comme ces fameuses "règles des bienséances" qui interdisaient d'utiliser le mot 'mouchoir' dans la traduction de Shakespeare, un mot qui est tout de même indispensable à l'histoire d'Othello et de sa Desdémone Incertain

    Bref, toute traduction suscite ma méfiance, et si j'ai décidé de lire Robinson Crusoé en traduction, et non pas dans sa langue d'origine, c'est parce que l'éditeur Albin Michel (http://www.albin-michel.fr/Robinson-Crusoe-EAN=9782226238412) le présentait ainsi: "La nouvelle traduction de Françoise du Sorbier restitue toute la fraîcheur, la vitalité, la puissance du texte original."

    robinson.jpg

    Comme vous pouvez le remarquer sur la couverture, Michel Déon a écrit une préface. Son nom est en plus gros caractères que celui de la traductrice, ce qui a une forte odeur de mercantilisme, n'est-ce pas? D'autant plus que sa préface est plutôt insignifiante. Ce n'est que dans un post-scriptum qu'il dit un petit mot - élogieux bien sûr - à propos du travail de Françoise du Sorbier. Passons donc là-dessus et écoutons la traductrice elle-même.

    Personnellement, vu ce que je vous racontais au début de ce billet, j'ai commencé ma lecture par la postface de Françoise du Sorbier, qui pose dès la première ligne cette question clé: "Pourquoi retraduire Robinson Crusoé?"

    C'est précisément ce que je voulais savoir...

    Pourquoi ne pas se contenter des nombreuses traductions qui existent déjà?

    Parce que ce sont de "belles infidèles": le traducteur "s'écarte souvent du texte, résume les passages jugés trop longs" (page 393) ou "sacrifie au goût de l'époque pour la surcharge et l'adaptation de l'étranger au goût français" (page 394).
    LOL, je crois entendre Désiré Nisard Clin d'œil
    Parce que la traduction "comporte un certain nombre de contresens et d'archaïsmes qui en rendent la lecture difficile aujourd'hui." (page 393), qu'elle est "loin d'être fort exacte" (page 394) ou ne respecte "ni le ton, ni le rythme de Defoe".

    Par conséquent, Françoise du Sorbier s'engage à respecter "la structure des phrases et leur respiration" (page 395) tout en utilisant une langue ni trop contemporaine ni trop archaïsante: ainsi, elle s'est abstenue "d'utiliser des mots n'existant pas encore à l'époque de l'écriture du livre" (page 395)

    De plus, on peut voir ce souci de la perfection du détail dans les remerciements (page 421): "Je remercie également le capitaine Peter Roberts pour son assistance précieuse concernant les problèmes de navigation; sa femme, Ann-Victoria Roberts, romancière, qui a élucidé certains passages retors; Elisabeth Morlin, géographe, qui m'ai aidée à cerner les problèmes géographiques (...)"

    On le voit: ça, c'est de la vraie conscience professionnelle Sourire

    C'est donc en toute confiance que j'ai entamé la lecture de ce grand classique de notre littérature européenne, que nous croyons tous connaître mais connaissons en fait assez mal.

    Enfin, je parle pour moi!

    Rendez-vous le 4 février pour un C comme Crusoé!

    Merci à Ys de News Book (http://newsbook.fr/)

  • Stupeur et tremblements

    Elles sont revenues.

    Et elles sont revenues accompagnées.

    Depuis la mi-décembre, les corneilles mangeuses de joints en silicone se font aider par un couple de pies.

    Ce n'est apparemment plus une question d'hormones mâles: elles ne se fracassent plus contre la vitre jusqu'à l'ensanglanter. Non. Les vitres restent relativement propres.

    Il y a juste un travail précis et continu jusqu'à la disparition totale des joints qui avaient si bien été refaits à la fin de l'été.

    ***

    Parfois je me dis que je vais abandonner la lutte contre les éléments.

    Laisser le jardin peu à peu envahi par les ronces, la maison par le lierre, l'allée par les mousses, le grenier par les souris. Comme j'ai déjà abandonné mes noisettes aux écureuils, mes fleurs à la prêle et mes légumes aux limaces.

    ***

    Je ne suis qu'un roseau. Le plus faible de la nature Clin d'œil

  • 22 entretiens parents-professeurs...

    Samedi du matin jusqu'au soir, des papas, des mamans, des couples ont défilé à ma table pour des entretiens parents-professeur.

    C'est toujours très instructif de faire connaissance avec les parents d'élèves. J'en ai déjà parlé ici, et tous les parents d'élèves qui me lisent ont réagi. Beaucoup de parents ont des relations très ambigües avec l'école ou avec les profs de leur enfant. Et surtout: beaucoup de parents culpabilisent.

    Donc ce samedi j'étais à l'écoute de toutes ces demandes plus ou moins ouvertement formulées. Quand ils viennent chez moi, ce n'est pas seulement chez le prof de FLE qu'ils viennent.C'est aussi chez la "coordinatrice".

    Celle qui a une baguette magique pour les élèves qui "ne travaillent pas":

    - Mon fils ne fait rien pour l'école. Rien de rien.
    - Ma fille croit qu'elle travaille et qu'elle connaît sa matière. Puis elle est chaque fois déçue par ses résultats.
    - Mon fils n'est motivé que pour une seule chose: le football.
    - Ma fille n'est pas bonne en langues. Mais c'est de famille. Moi non plus je n'étais pas bon en langues.

    Celle qui a une baguette magique pour les problèmes familiaux:

    - Ma fille a beaucoup souffert de notre divorce. Moi je ne sais plus quoi faire avec elle. Elle me rejette.
    - Chez mon ex-femme ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. Ils ne sont pas suivis.
    - Ma fille ne veut plus me voir. Mon ex-mari lui a dit trop de mal de moi. C'est moi qui suis partie...
    - Pourriez-vous remettre cette lettre à mon fils? C'est une ultime tentative pour le toucher...

    Celle qui a une baguette magique pour les problèmes de coeur:

    - Ma fille est amoureuse d'un non musulman. Vous comprenez que pour nous, c'est inacceptable!
    - Notre fils veut aller vivre avec sa copine. Elle l'a complètement envoûté, on ne le reconnaît plus!
    - Vous comprenez, il est beaucoup plus âgé qu'elle, ça nous fait peur...
    - Jamais nous ne pardonnerons à la psychologue d'avoir dit que notre fille était amoureuse d'une autre fille!

    Ah les drames des familles! le papa de M*** mort trop jeune et trop brutalement, le petit frère d'E*** qui a un cancer, les parents de S*** qui sont en train de se déchirer devant elle et B*** qui est rejeté par les siens ...

    Ah les drames des enfants, A*** a une forme d'autisme qui la perturbe beaucoup, D*** est gravement dyslexique, C*** a une soeur infiniment plus douée qu'elle à laquelle ses parents la comparent tout le temps.

    Oui, c'est très instructif, de rencontrer les parents de mes élèves.

    Après ces entretiens, tous mes surdoués et moins doués, mes travailleurs et mes moins travailleurs, je les aime encore plus Bisou

     

  • R comme Rions un peu...

    Il y a celui qui entre armé d'un unique stylo à bille qu'il sort d'une de ses poches. En cours d'examen, ce stylo le laisse tomber. Il se tourne alors vers une fille.

    Car heureusement, il y a les filles: elles ont étalé devant elles tout leur assortiment de marqueurs couleurs, de surligneurs, une latte, une gomme, un crayon avec son taille-crayon (on ne sait jamais), du tipp-ex... et une dizaine de stylos de réserve, du bleu, du noir, du vert et même du rouge, la couleur réservée aux profs Langue tirée

    Il y a celui qui a un rhume carabiné - nous étions fin décembre - mais qui n'a pas pensé à prendre un mouchoir. Il tousse, éructe, renifle et avale ses glaires jusqu'à ce que vous en soyez tellement indisposée que vous lui tendez le paquet de mouchoirs en papier que vous gardez toujours dans un tiroir de votre bureau pour ce genre d'occasions. Au grand soulagement de toute la classe...

    Il y a celle qui a oublié ses lunettes. Elle vous en fait part comme si vous pouviez l'aider d'un coup de baguette magique.

    Il y a celle qui arrive un peu en retard, rouge et essoufflée: justement ce matin-là, papa ne réussissait pas à ouvrir la porte du garage. Vous rêvassez un moment à vous demander à quoi peut bien ressembler cette porte de garage qu'un homme jeune grand et fort ne réussit pas à ouvrir. Vous-même, avec le dos en compote, vous vous mettez à genoux pour soulever la vôtre des deux mains, et centimètre par centimètre, s'il le faut, mais jamais elle ne vous a résisté. Mais sans doute la leur est-elle tellement gadgétisée qu'il lui arrive de faire ses caprices?

    Il y a celui qui a oublié que l'examen commençait à huit heures et qui est tout étonné de trouver les 23 autres déjà en plein travail:

    - Ah? On pouvait venir plus tôt? dit-il en entrant et en français Cool

    Et les 23 s'esclaffent amicalement. Même vous, vous avez du mal à garder votre sérieux. D'ailleurs, pourquoi ne ririez-vous pas gentiment avec les autres?

    Voilà 30 ans que vous ne vous tenez pas au conseil numéro 1 reçu à vos débuts par un prof chevronné et plein d'autorité: Ne jamais rire!

    Vous êtes du genre qui rit facilement et qui aime que l'ambiance soit décontractée. On travaille sérieusement, mais dans la bonne humeur. Vous êtes plutôt d'accord avec Chamfort quand il dit que "La plus perdue de toutes les journées est celle où l'on n'a pas ri"

    Et la vie est bien trop courte pour laisser se perdre une journée. Même si on est en train de faire ou de surveiller un examen Sourire

  • 20 étapes vers le bonheur

    Je ne sais pas pourquoi, mais depuis un an à peu près nos dirigeants et autres responsables (flamands) veulent à tout prix travailler à nous rendre heureux.

    Ceux parmi vous qui suivent un peu l'actualité européenne auront peut-être vu en novembre dernier cette image de notre Herman Van Rompuy offrant le livre The world book of happiness en cadeau de nouvel an à tous les dirigeants européens: http://www.theworldbookofhappiness.com/

    Samedi dernier, c'était le journal De Standaard qui l'offrait à tous ses lecteurs. Malheureusement, je n'ai pas réussi à me motiver pour aller jusqu'au village pour me l'acheter...

    Son auteur, Leo Bormans, effectue des "Tours de Flandre" pour aller prêcher la bonne parole de salle paroissiale en maisons de la mutualité: d'ailleurs je vous en reparlerai peut-être, je me suis inscrite pour aller l'écouter moi aussi, en mai prochain Cool

    D'ici là, je peux déjà vous donner le trajet numéro 1: mettez le cap sur les buts que vous voulez atteindre dans votre vie!

    1.vivez pleinement une chose qui vous passionne
    2.concrétisez les buts que vous poursuivez
    3.notez ce qui vous fait rêver
    4.faites un premier pas en direction de cet objectif
    5.engagez-vous, faites du bénévolat
    6.apprenez quelque chose de nouveau ou faites une nouvelle activité

    On en reparle le mois prochain?

  • Question existentielle: à quoi sert d'être cultivé?

    La question était posée par L'Express en décembre dernier (http://www.lexpress.fr/culture/livre/etre-cultive-a-quoi-ca-sert_1061072.html ) à l'occasion de la parution du livre de Normand Baillargeon, Liliane est au lycée. Avec comme sous-titre: Est-il indispensable d'être cultivé?

    La question est parfaitement idiote: on peut vivre sans culture, c'est sûr, mais personnellement, beaucoup de choses m'intéressent. Tout en me rendant parfaitement compte que le savoir est infini et le mien très très réduit. Mais l'un n'empêche pas l'autre.

    Par contre, quand il s'agit de mon boulot de prof, il faut que je me pose la question. Pour mes élèves, le français est une langue étrangère. Avec quels auteurs, avec quels textes, vais-je leur faire faire connaissance? Quelle part de "la culture française" faut-il que je leur transmette?

    Puis, quand ces choix sont faits, il faut que je les leur "vende". La question "à quoi ça sert?" n'est jamais loin. J'essaie généralement de la prévenir en leur expliquant ce qui a motivé mes choix: pourquoi parler de l'origine du français? pourquoi lire l'Ode à Cassandre ou le Dormeur du val? pourquoi Montaigne, Voltaire, Montesquieu, Hugo?

    Mais ce qui me rendrait vraiment heureuse, c'est d'arriver à 'allumer ce feu' chez le plus grand nombre. Vous savez, ce feu dont parle Aristophane:

    "Former les hommes, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu"

     

  • P omme pigeon

    C'était un beau soir de novembre, il faisait chaud comme (rarement) en été. J'ouvre ma boîte à mail:

    Bonsoir , Je tiens dans un premier temps à m’excuser pour cette intrusion dans votre vie même si j’avoue que cela est très important pour moi. Je suis Madame Catherine Pigeon, née le 12 mai 1951 à Provins en France. Je souffre d’un Cancer à la Gorge depuis maintenant plus de 3 ans et demi et là malheureusement, mon médecin traitant vient de m’informer que je suis en pleine phase terminale et que mes jours sont comptés du fait de mon état de santé assez dégradé.

    Je suis veuve et je n’ai pas eu d’enfant ce que je commence à regretter amèrement. Au fait, la raison pour laquelle je vous contacte est que je souhaite faire Don d’une partie de mes biens vu que je n’ai personne qui pourrait en hériter. J’ai presque vendu toutes mes affaires dont une entreprise d’exportation de bois et d’hévéa et une Sidérurgie en Afrique où je vis depuis maintenant plus de 48 ans. Une grosse partie de tous ces fonds récoltés a été versée auprès de différentes associations à caractères humanitaires un peu partout dans le monde mais surtout ici en Afrique.

    Pour ce qui est du reste de la somme qui s’élève exactement à 7.000.000 € présentement sur un Compte Personnel Bloqué, mon dernier souhait serait de vous en faire Don afin que vous puissiez investir dans votre secteur d’activité et surtout dans l’humanitaire. Je suis tout à fait consciente de ce que je compte faire et je crois malgré le fait que nous ne nous connaissons pas, que vous saurez faire bon usage de cette somme.

    Je vous prie donc de bien vouloir accepter ce legs sans toutefois ne rien vous demander en retour si ce n’est de toujours penser qu’à faire le bien autour de vous, ce que je n’ai pas su faire durant mon existence. Ceci dit, étant rassuré d’être tombé sur une personne Responsable et surtout de Bonne Foi, je vous demanderais de bien vouloir me recontacter au plus vite afin de vous donner plus d’explications sur les motifs de mon geste et sur le déroulement des choses.Merci et je suis a l entente de vos nouvelles Chaleureusement

    ***

    N'est pas Pigeon celui qui le prétend Langue tirée

  • O comme objectivation

    Dès qu’il eut connaissance de la consigne d'écriture, l’ordi prit la parole :

    - Cet objet, ça ne peut être que moi ! fit-il d’un ton péremptoire. Ne suis-je pas son premier geste du matin, son dernier geste du soir ? N’est-ce pas avec moi qu’elle passe le plus de temps ? Elle mange avec moi, prend son thé à mon clavier, l’éclabousse parfois un peu. Non, ceci est absolument hors concours : vous verrez bien, c’est de moi qu’elle parlera !

    Son écran brillait de fierté. Mais il n’avait qu’à peine commencé sa péroraison qu’un à un tous les livres de la bibliothèque se mirent à protester. D’abord un chuchotis méprisant, puis une houle profonde venue du tréfonds de leur rancœur – car il était bien vrai qu’à cause de cet ordi elle avait de moins en moins le temps de s’occuper d’eux .

    Celui qui se savait être l’un de ses préférés déclara noblement :

    - Tu n’es que du vent ! Nous, elle nous emporte partout où elle va. Toi, sans tous ces fils qui te relient à ces murs, tu n’es rien. C’est l’un de nous qu’elle met dans son sac. C’est nous qui lui faisons aimer les voyages en train. C’est nous qui la faisons rire, trembler, rêver… et oublier tous ses soucis. C’est nous qu’elle a choisis avec amour, un par un, et parfois dix d’un coup. C’est nous qui sommes sa folie et sa sagesse.

    - Ah ! ce frisson amoureux, susurra « L’écriture ou la vie », quand elle ouvre notre porte, passe la main sur notre dos, nous prend dans sa paume, nous caresse de ses doigts…

    - Moi aussi elle me caresse ! objecta l’ordinateur.

    - Ne me fais pas rire, rétorqua « Le premier homme », elle a les ongles si longs et si durs que certaines lettres de ton clavier sont déjà complètement effacées ! Nous, elle nous respecte. Pas un coin écorné, pas une tranche cassée, pas une tache ! Ah ! ce n’est pas sur nous qu’elle laisserait tomber sa tartine de fromage blanc !

    Il y eut quelques rires parmi les rangées bien serrées des livres lus et même dans les deux piles de ceux qui attendaient encore cet heureux jour.

    - Ouais, fit le numérique, elle vous aime tant qu’elle vous prête et qu’après elle ne sait même plus à qui, hahahahaha !

    Cette discussion n’était pas passée inaperçue à la cuisine, où la théière bouillonnait d’importance et d’énervement, suivie par la sonnerie de plus en plus impérieuse du micro-ondes. A côté, au salon, le canapé gémissait et le gros plaid pleurnichait :

    - Moi aussi elle m’aime ! Elle me l’a encore dit l’autre soir !

    Puis il se rendit compte qu’il y avait bien dix jours qu’elle ne l’avait plus réchauffé de son corps. Tout ça à cause de ce fichu ordi, il fallait se rendre à l’évidence : il lui faisait oublier tout le reste, le micro-ondes qui sonnait, la théière qui refroidissait, le canapé qui gémissait…

    Dans la bibliothèque, on ravala ses rires, on arrêta les chuchotis : l’ordi avait gagné, d'ailleurs elle détachait ses fils un à un et le posait délicatement dans sa valise pour Malaga.

    Mais du fond de son sac, Laura Esquivel rigolait doucement : dans l’avion pour Malaga, le gagnant serait « Como agua para chocolate ».

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    Aéroport de Malaga, 31 décembre 2011, assise sur un banc, je lis Como agua para chocolate en attendant qu'I*** vienne me chercher...


  • N comme noctambule

    La nuit je me raconte des histoires. Roses. Pour m'aider à m'endormir.

    La nuit je me fais des films. Je revois ma journée comme si j'étais au cinéma.

    La nuit je réfléchis. A ce que j'ai dit ou fait, à ce qu'on m'a dit.

    La nuit des idées me viennent pour mes cours. De très bonnes idées Clin d'œil

    La nuit j'écris des billets pour mon blog. Je devrais pouvoir relier mon cerveau à mon ordi, ça m'éviterait de tout taper (avec deux doigts)

    La nuit je joue des "Spider solitaire" dans ma tête. Ne me demandez pas comment je fais...

    La nuit parfois je fais un rêve dont je me souviens si bien que je me demande s'il s'est passé en réalité.

    La nuit je pense aux absents.

    La nuit je me dis: Tiens, j'ai encore oublié de fermer la porte du garage...

    La nuit je prends de bonnes résolutions: "Demain, je téléphone!" A une amie qui n'est pas connectée à Internet. A mon dentiste pour le contrôle trimestriel.
    Puis la nuit suivante je me dis: Zut! j'ai encore oublié de téléphoner!

    La nuit je pense au passé, au présent et au futur. Tous les soucis auxquels je n'ai pas eu le temps de penser à cause des activités de la journée remontent d'un seul bloc. Les miens et ceux que d'autres m'ont confiés. Parfois ça fait beaucoup.

    La nuit je regarde mon réveil: je fais le calcul des heures qui me restent avant la sonnerie et je me dis que je ferais mieux de dormir.

    La nuit je me demande pourquoi le marchand de sable ne passe pas par chez moi...

  • M comme mathématiques

    Il est Hollandais, il est jeune, il aime les maths et la physique, il a un blog... et il aime les pâtes. La conjonction de tout ça lui a valu, le 10 janvier dernier, un article dans le New York Times: http://www.nytimes.com/2012/01/10/science/pasta-inspires-scientists-to-use-their-noodle.html?_r=1&ref=science

    De quoi s'agit-il?

    En s'amusant avec le logiciel Mathematica, il a eu l'idée de voir s'il pouvait réaliser les équations du modèle géométrique de diverses sortes de pâtes. Ainsi fut dit, ainsi fut fait...

    Voilà ce que ça donne pour ses préférées, les gemelli:

    ParametricPlot3D[Evaluate[RotationMatrix[0.7 z, {0, 0, 1}].{Sin[x]/(1 + Cos[x]^2), (Cos[x] Sin[x])/(1 + Cos[x]^2), z}], {x, 0.2 Pi, 1.8 Pi }, {z, -2,18}, Mesh -> None, Axes -> None, Boxed -> False, PlotStyle -> Hue[0.118],Lighting -> "Neutral", ImageSize -> {500}, PlotPoints -> 50]

    Vous voulez les voir toutes, photos à l'appui? C'est ici: http://shuisman.com/?p=1314

    Mais à quoi ça sert? me direz-vous.

    A rien.

    C'est de la poésie pure Langue tirée

    pastaplot.png

    (photo reprise de son blog avec l'autorisation de l'auteur qui a même eu l'extrême gentillesse de m'envoyer par mail des photos de toute sa série de "pâtes mathématiques"... La vita - virtuale - è bella Sourire)

  • L comme lettre de nouvel an

    Chère Marraine

    Bon an, mal an, mélampyre
    Me revoici pour vous dire
    A la main des jameroses
    Que l’année vous soit bien rose !
    Je promets aux cannetilles
    De toujours ranger mes quilles,
    Chère Marraine je plamotte
    De tout salir de mes bottes.
    Puis il faut que j’éventille
    D’encore taquiner les filles !
    Je jure un opoponax
    De ne plus casser vos saxe…
    Mais voici des lophobranches
    Et puis mes mains sur vos hanches :
    Ah Marraine pour le flouze
    Très bonne année deux mil douze !

    texte écrit pour le défi 175

    Plamotter - Eventiller - Un mélampyre - Une cannetille - Une jamerose - Un lophobranches - Un opoponax - En vous servant comme bon vous semble de ces 2 verbes et ces 5 mots tirés du "Dictionnaire des mots rares et précieux" faites-nous part des bonnes résolutions que vous avez l'intention de prendre au seuil de cette nouvelle année.



  • K comme krapoverie

     

    Défi krapovien

    Que feriez-vous avec ces neuf prénoms : Josiane, Eliane, Maryvonne, Marie-France, Arlette, Dominique (la femme), Anne-Françoise, Henry et Dominique (l’homme), sachant que ces personne se réunissent hebdomadairement dans une salle nommée « Mandoline » ?

    Les chapitres précédents sont accessibles en cliquant sur la lettre k ici à votre droite.

    Chapitre 9

    Arlette et Henry avaient fini par trouver une maison qui leur plaise à tous les deux. Pas question de s’acheter un de ces pavillons modernes mais sans âme : ils avaient compulsé leur guide Michelin qui stipulait que "La maison vellave est originale par sa maçonnerie en moellons bruts où domine la lave grise ou rouge foncé en terrain volcanique, le granite gris clair en terrain ancien, l'arkose jaune en terrain sédimentaire. Les blocs de pierre sont cimentés d'un mortier souvent pétri avec de la pouzzolane, gravier volcanique rougeâtre" (édition de1995, page 35).

    Ils avaient donc cherché cet ultime joyau de l’architecture locale et étaient tombés sous le charme d’une maison assez simple, aux murs massifs percés de petites fenêtres. Elle se trouvait un peu à l’écart du village et possédait un jardin entouré d’un mur de la même lave grise que la maison. Henry avait repéré un petit potager bien exposé et Arlette aurait quelques massifs de fleurs. A l’autre extrémité, un grand noyer offrirait de l’ombre en été et des fruits en automne. C’était parfaitement charmant.

    Tout le bas avait été rénové mais il n’y avait pas d’étage, juste un grenier sous le toit. Finalement, cet aspect-là leur avait plu aussi : ils n’auraient pas à offrir l’hospitalité aux amis ni à la famille de Belgique, puisqu’ils n’en auraient tout bonnement pas la place. Amis et famille seraient les bienvenus, mais ils logeraient à l’hôtel, ce qui était mieux pour tout le monde, au long terme. Ce dernier argument les avait tout à fait décidés et ils en avaient fait l’acquisition.

    Aux vacances de Pâques, ils sont arrivés dans leur nouveau domaine suivis par un camion de déménagement. Ils ont pris un immense plaisir à s’installer là, comme s’ils étaient de jeunes mariés. Henry a juste eu le temps de faire quelques premiers semis et plantations – sous couche, l’hiver vellave pouvait encore sévir – puis commencèrent les nombreux aller et retour entre le travail en Belgique et la maison du Velay : car entretemps, un petit-fils était né.

  • J comme j'aime j'aime la mer

    Trois photos pour faire plaisir à tous les amoureux de la mer Cool

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    C'était à Mijas (Costa del Sol) le premier janvier 2012

    voyage,espagne,mer,amitié

    une rue espagnole, une reine des Belges et une pizzeria italienne avec un nom anglais:
    cherchez la couleur locale Langue tirée

  • I comme inspiration chez Lali (1)

     manet.jpg

    Berthe s’était installée confortablement à l’endroit le plus stratégique, s’était emparée en entrant d’un des journaux offerts à la lecture des consommateurs et le tenait maintenant bien déployé devant elle… mais son regard allait au-delà et ne perdait rien de ce qui se passait à l’autre bout de la terrasse, du côté de la charmille.

    La saison était déjà bien avancée et les rhododendrons commençaient leur magnifique floraison, mais il faisait encore un peu frais pour une longue station à l’extérieur. Aussi commanda-t-elle un thé brûlant, redressa son écharpe, ferma bien son col et ne quitta même pas ses gants pour déguster les petits chocolats offerts avec le thé.

    Un thé que d’ailleurs très vite elle oublia de boire, tant elle était absorbée tout entière par la scène du plus haut comique qu’il lui fut jamais donné de voir :  ah ! elle avait bien fait de venir ! Elle avait parfois du mal à se retenir d’éclater de rire et fut bien heureuse que derrière son journal déplié nul ne pouvait entrevoir son sourire ironique.

    Quel beau sujet de tableau cela ferait ! Elle avait hâte de s’y mettre !

    Tableau d'Édouard Manet pris chez Lali de sa rubrique "En vos mots" n°87
    http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-87/

  • H comme hérésie

    Vous avez été la première à le déclarer ici même d'un ton péremptoire: faire un tiramisù avec d'autres ingrédients que les véritables biscotti italiani, mascarpone, oeufs, café et cacao amer est une hérésie!

    Pourtant, vous avez "à l'étranger" une ou deux amies qui apprécient, lorsque vous leur rendez visite, que vous leur apportiez des speculoos pour leur faire - hé oui - un tiramisù aux speculoos...

    Vous êtes donc hérétique vous-même, voilà ce qui arrive quand on veut diviser le monde en deux catégories, tôt ou tard on se retrouve dans l'autre Clin d'œil

    Vous voilà ceinte d'un tablier qui ne vous appartient pas dans une cuisine où vous ne trouvez rien sans chercher longuement. A faire un tiramisù aux speculoos contraire à tous vos principes...

     

    amitié,belgique,voyage,recette

    ... avec un kilo de mascarpone, huit oeufs et deux paquets entiers de speculoos...

    amitié,belgique,voyage,recette

    ... un saladier pour battre les jaunes puis y ajouter le mascarpone, un autre pour battre les blancs en neige ferme...

    amitié,belgique,voyage,recette

    ... le port du chapeau n'est pas indispensable, par contre la main ferme d'I... oui! Bisou

    ***

    Comme vous pensez être la seule à ne pas aimer les choses très sucrées, vous y mettez même quelques cuillèrées de sucre. Le cacao n'est pas amer. Les speculoos ont un fort parfum de cannelle.

    Comble d'infortune: votre hôtesse déteste ce parfum-là...

    Et bien voilà: ça vous apprendra à renier vos principes Incertain

     

  • G comme grande vacance

    Grande vacance comme vacuité et vide...

    Mais tout de même, j'ai travaillé pour l'école et j'ai participé à quelques blogs d'écriture. J'ai même osé envoyer un petit texte aux Impromptus littéraires, faut pas demander à quel point je touchais le fond pour avoir une telle audace...

    (normal si vous ne suivez pas, au moment d'écrire ceci je vis mon quatrième jour de solitude intégrale, c'est pourquoi je me parle à moi-même)

    Il y aura bientôt cinq ans, juste après que l'homme-de-ma-vie était sorti de ma vie, alors que je me renseignais sur les maisons à vendre, j'ai vu que la dame qui avait acheté la maison de ma grand-mère la remettait en vente. J'ai alors saisi cette occasion pour y faire un pèlerinage. Voilà pourquoi, en voyant l'énoncé proposé par les Impromptus littéraires, je n'ai pu résister à la tentation de raconter cette visite:

    « J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison. » (Tomas Tranströmer. Extrait de Baltiques)

    J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison.
    Elle a gardé l’odeur de mes souvenirs. Les murs n’ont pas été repeints.
    Bien sûr il y a d’autres meubles, d’autres bibelots, d’autres photos,
    Et un peu plus de ce qu’on nomme confort moderne.
    Tes successeurs n’ont pas voulu de ton poêle à charbon,
    Il y a une chasse d’eau dans les toilettes
    Et une salle de bains en faïence rose.

    L’escalier est toujours aussi raide,
    On a juste changé la moquette.
    Les lustres sont plus clinquants,
    Les tentures plus modernes, les tapis plus épais,
    Mais dans le couloir il y a encore
    Ces trompe-l’œil dont tu étais si fière.
    Et ça sent encore toi.

    J'ai la main sur la poignée de la porte, je prends le pouls de la maison.
    Je suis contente d’être revenue humer l’odeur de mon enfance.
    Tout ici m’appartient et n’a cependant jamais été à moi.
    C’est ton cœur qui palpite et de chaque recoin
    J’attends de voir surgir l’araignée d’entre les heures
    Porte-bonheur... Puis je lâcherai la poignée de la porte
    Et fermerai pour toujours ta maison.

  • F comme fruits

    A Malaga dans le magnifique jardin d'I comme partout ailleurs, il y a en ce début de janvier une telle abondance de fruits sur les arbres, non seulement dans chaque jardin, mais aussi dans les champs, les friches et au bord des chemins: il y a tant d'oranges et de mandarines de toutes les sortes et de toutes les tailles qui jonchent le sol, que je me demande pourquoi et à qui on réussit encore à en vendre au Mercadona du coin. Même le malheureux qui habite un clapier au 26e étage n'a qu'à se baisser en allant prendre le tram 33...

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    les citrons sont magnifiques et brillent au soleil comme des lampions

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    les oranges sont à maturité et tombent de l'arbre; il m'est impossible de les peler sans me mettre du jus partout

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    comme les fruits du vaillant petit mandarinier ne tombent pas encore à terre, je ne les ai pas goûtés, mais je suis sûre qu'ils ne peuvent qu'être excellents eux aussi Cool

    ***

    Il ne me restait plus ce jour-là qu'à photographier un amandier en fleurs pour avoir réuni tous les clichés de l'hiver andalou!

    Hiver? vous avez bien dit hiver?

    ***

    Bon, tout ça est bien joli, mais il faudrait que j'aille voir quels dégâts la tempête belge a causés dans mon propre jardin pendant mon absence Incertain

  • Les 7 voies pour la planète chaleur

    1.bien tenir à l'oeil le niveau dans le petit tank à mazout qui orne votre terrasse. Il ne fait que mille litres et en période de gel, le niveau baisse à vue d'oeil. Observation qui n'est pas évidente quand vous partez le matin (dans le noir) et rentrez le soir (dans le noir). Ainsi une année vous vous êtes laissé prendre au dépourvu, l'installation de chauffage a aspiré de l'air au lieu de mazout et le réparateur a dû venir. Tout ceci a coûté la moitié d'un séjour en Italie et entre-temps vous avez vécu dans le froid.

    2.évaluer quand ce sera le moment de téléphoner au fournisseur de chaleur: il ne se déplace pas vers vos contrées reculées pour moins de mille litres mais vous ne pouvez pas non plus courir le risque de tomber à sec (voir point 1). L'exercice est assez périlleux et un brin stressant: une erreur de calcul dans un sens comme dans l'autre, et c'est la panade.

    3.téléphoner au fournisseur quand il reste à peu près dix centimètres (par temps doux) puis espérer qu'il tiendra ses promesses de "venir dans le courant de la semaine prochaine". Il précise qu'il vous téléphonera avant pour vous prévenir. Vous avez beau lui jurer que vous ne quitterez pas la maison, il préfère vérifier.

    4.vous voilà obligée de vivre avec le portable allumé tout le temps et emporté partout, salle de bains, étage, cave, garage... de peur de rater le coup de fil annonciateur de chaleur. Comme vous savez qu'on refile souvent votre adresse comme une patate chaude au petit nouveau de la firme, vous vous méfiez: le petit nouveau, dès que votre bout de rue est en vue, vous envoie généralement un SOS pathétique et il vous faut des tonnes de diplomatie (et de connaissances en psychologie masculine) pour le motiver à s'engager dans votre chemin campagnard en cul-de-sac.

    5.voilà deux jours que vous attendez le coup de fil, vous vous inquiétez et décidez de rappeler vous-même. On ne peut toujours pas vous dire quand on passera mais on sait que ce sera pour cette semaine comme promis. Vous refaites pour la énième fois votre grand numéro (bien rodé) du tank de mille litres presque vide, du froid de l'hiver, du GPS dont il faut se méfier et de l'urgence de la livraison. On vous comprend. En tout cas, c'est ce qu'on vous dit.

    6.quatre jours ont passé et votre frigo est vide mais il vous est impossible de vous absenter pour faire le ravitaillement. En effet, le jeudi le livreur vous sonne pour vous annoncer sa venue. Vous recommencez votre numéro (rue, GPS e tutti quanti) mais le monsieur déclare qu'il sait, qu'il est déjà venu. Vous lui dites votre soulagement d'avoir à faire à un connaisseur. Après avoir raccroché, vous espérez que votre connaisseur ne versera pas au fossé comme c'était arrivé une autre fois et qu'une grue avait dû venir.

    7.vous vous précipitez dehors avec le sécateur et la scie égoïne pour lui tailler un chemin entre les rosiers et les arbustes qui poussent du côté de la prairie par où le brave homme doit faire passer son lance-flammes. Vous auriez pu le faire plus tôt, mais votre ex-nièce est restée loger jusque la veille et vous n'avez pas eu la possibilité de jardiner. Vous êtes en plein travail quand le camion arrive en bout de rue. Sauvée! vous allez être livrée!

    Dans quelques mois, tout ce scénario est à recommencer Langue tirée

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    on peut voir un bout du tank à mazout dans le coin supérieur droit de cette photo

     

  • E comme eurêka!

    Un pulvérisateur géant! voilà la réponse à l'effet de serre et au réchauffement climatique qu'offre un ingénieur flamand!

    Si vous croyez que c'est une blague belge Langue tirée lisez ceci: http://www.knack.be/nieuws/dossiers/kerstinterviews/ik-wil-de-wolken-witter-maken/article-4000021380400.htm?nb-handled=true&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-29/12/2011
    Même sans comprendre le néerlandais vous y verrez des mots qui font très sérieux, Silicon Valley, Bill Gates et des tas de dollars. En plus de la photo de notre ingénieur, Armand Neukermans, qui avait déjà été couronné "inventeur de l'année 2001" pour la Silicon Valley et qui va donc remettre ça dans les trois années à venir, alors qu'officiellement il est à la retraite.

    L'idée serait d'installer ces pulvérisateurs géants (qu'il doit encore concevoir puis construire) sur des bateaux et de bombader les nuages d'eau de mer: ceux-ci feraient écran aux rayons du soleil, ce qui ferait légèrement baisser la température globale de la terre... en attendant de trouver des solutions plus durables.

    Quand je lis un article comme celui-ci, je pense immanquablement à l'Apprenti sorcier. Je n'ai pas très envie de vivre sous de gros nuages opaques ni qu'il pleuve de l'eau salée sur mon jardin!

    Et si je viens de dire des bêtises, tant pis, ce ne sera ni la première ni la dernière fois Langue tirée

    Pour Paul Dukas et Mickey, c'est ici: http://www.youtube.com/watch?v=RK_Px1h3304

     

     

  • D comme défi 173

     

    Etonnant ce que l'ON m'a offert comme CADEAU !!!

    Cadeau

    Qui est ce "ON" ? Quel est  donc ce "CADEAU" ???

    ***

    Quatre saisons

    à mon grand étonnement, à l’été de mes six ans, j’ai su tricoter. Cadeau de grand-mère Adrienne.

    à mon grand étonnement, à l’automne de mes six ans, j’ai su nager. Cadeau de monsieur M***

    à mon grand étonnement, à l’hiver de mes six ans, j’ai su lire. Cadeau de madame Vandemerckt.

    Mais le plus étonnant avait eu lieu au printemps de l’année d’avant.

    à mon grand étonnement, j’ai eu un petit frère.
    J’ai mis longtemps à comprendre d’où venait ce cadeau. Mais comme pour les trois autres, c’était pour la vie.

    ***

    Comment ?
    Un petit frère, ce n’est pas un cadeau ?



  • C comme Curvers (1)

    - Je lis Tempo di Roma, d'Alexis Curvers, écrivais-je sur le blog de Margotte, il y aura bientôt un mois, en réponse à sa question hebdomadaire: "Et vous, que lisez-vous?"

    - Je ne connais pas cet auteur, m'a répondu Margotte.

    - Normal, lui ai-je dit, il est Belge Clin d'œil

    Et pourtant, et pourtant... quel beau livre!

    La première édition a paru chez Laffont en 1957. Depuis presque cinq ans, je cherchais ce titre et voilà que je l'ai enfin trouvé, ultime exemplaire dans les rayonnages de la belle librairie Tropismes à Bruxelles.

    Tout est déjà dans les premières lignes: l'amour de l'Italie en général et de Rome en particulier, la belgitude et assez de tension entre ce qui est dit et non dit pour avoir une furieuse envie de lire la suite...

    Voici l'incipit:

    "D'une façon, j'aurais mieux fait de rester à Milan. Il est vrai qu'alors il serait arrivé d'autres choses: c'est ce qu'on oublie toujours. A Milan, je serais probablement en prison. Mais mon coeur ne serait pas mordu affreusement comme il l'est aujourd'hui.
    On peut dire même, évidemment, que j'aurais mieux fait de rester dans mon pays, chez ma mère. Sans doute aurais-je fini par m'habituer à ce qu'on appelle la sagesse, aux fourneaux astiqués, aux pommes de terre frites et à la bière (...). A Milan, c'était bien: il y avait le soleil, la couleur, la beauté monumentale, des jardins arrangés en vue du plaisir, mais tout de même une espèce de sens pratique et des cabinets généralement propres. La police avait fort à faire (...)
    J'avais été jeté là par hasard, par la guerre qui m'avait promené presque par toute l'Europe, tantôt prisonnier, tantôt volontaire, le plus souvent ne sachant au juste lequel des deux ni dans quel camp. Il ne m'échappait pas que les idées trop nettes émoussent l'instinct de conservation et sont une entrave pour la liberté. Mon indécision m'ayant porté bonheur, je cessai de rougir d'elle dès qu'elle eut découvert en Italie ses titres de noblesse en même temps que sa terre promise."

    Alexis Curvers, Tempo di Roma, Labor littérature, Espace Nord, Luc Pire 2007, page 19-20

    Le narrateur quitte donc Milan, assis à l'arrière de la motocyclette d'un certain Ambruccio qui l'emmène à Rome par maints détours. Ils arrivent ainsi un beau matin sur le Monte Mario:

    "- Et qu'est-ce que c'est que ce patelin qu'on aperçoit dans le fond?
    Il [Ambruccio] s'arrêta et, très grand seigneur, avec un geste de présentation, déclara:
    - C'est Rome."
    (page 47)

    Comme il n'a pas de permis de séjour, il n'ose s'aventurer dans la ville et préfère attendre à la Porta del Popolo qu'une opportunité se présente. C'est sa connaissance de l'allemand qui lui offre son premier job: il fera le guide touristique pour un groupe de Suisses, découvrant ainsi Rome en bus en même temps qu'eux.

    "Puis nous tournâmes autour d'une sorte d'immense terrain de football abandonné, dont il semblait que des spectateurs furieux eussent anéanti les tribunes et sauvagement piétiné la surface; après quoi la police en avait ordonné la fermeture définitive et l'herbe folle avait tout recouvert. C'était le Circo Massimo." (p.73)

    litterature,belgique,lecture

    en 2009, ma première visite - et ma première photo - a été pour le forum...

  • B comme Bush Beer

    Il n'est que neuf heures du matin mais Johnny, le serveur du Sports Bar (Terminal A, gate 58) peut déjà servir une Bush à une dame. La transaction se fait en anglais.

    "One for the road", aurait dit mon grand-père, qui avait logé deux Tommies à la Libération. Et grand-mère Adrienne aurait ajouté qu'une seule Bush, même prise après un copieux repas du dimanche, ça lui montait déjà à la tête:

    - 't Zit in mijn hoofd! disait-elle dès qu'elle avait pris deux gorgées de n'importe quelle boisson alcoolisée.

    Evoquer le nom de cette bière en présence de mes grands-parents, cela valait immanquablement de la part de mon impitoyable taquin de grand-père l'histoire de la deuxième Bush commandée par inadvertance (et par Adrienne) un dimanche à Bonsecours (http://www.mairie-bonsecours.fr/)

    Mes grands-parents et deux couples d'amis se rendaient ainsi le dimanche après-midi dans des lieux de pèlerinage où on passait cinq minutes aux dévotions et deux ou trois heures dans un des charmants petits cafés qui ne manquent jamais autour de ce genre d'endroit. Heureusement, les alcootests n'avaient pas encore été inventés.

    Or un jour, grand-mère Adrienne avait eu l'audace, lors de la troisième ou quatrième tournée, de commander sa deuxième Bush. Sans doute était-elle lasse d'être toujours à la traîne des autres et de boire des eaux plates pendant que le reste de la compagnie, dames comprises, éclusaient leurs Stella, leurs Gueuze, leurs trappistes ou leurs Pale-Ale.

    - Pour moi ce sera une Bush, avait-elle donc déclaré. Nous offrant ainsi, jusqu'à la fin de sa vie, l'histoire de la deuxième Bush de ce beau dimanche de printemps à Bonsecours. Cette histoire, tout le monde la connaissait par coeur, depuis le temps, mais riait quand même chaque fois. Grand-mère Adrienne aussi, que voulez-vous qu'elle fasse d'autre Innocent. Puis l'histoire se clôturait par sa petite phrase rituelle:

    - Ik was niet zat, maar 't zat in mijn hoofd!

    Ce qui faisait dire laconiquement à mon père que chez lui, la bière allait plutôt en direction de l'estomac. Mais grand-mère Adrienne ne comprenait pas l'ironie et répétait:

    - Chez moi, ça monte à la tête!

    http://www.br-dubuisson.com/index.php?option=com_content&view=article&id=8&Itemid=36&lang=fr

  • Adrienne et son cabinet de curiosités (1)

    Il était une fois une petite maison enserrée entre deux autres dans une rue à forte pente où nuit et jour passaient des camions. Dans la descente, on entendait crier et siffler leurs freins, dans la montée on entendait souffrir les moteurs. Ceux qui descendaient passaient du côté de la petite maison et faisaient souvent un peu trembler les murs. Dans le salon, les grandes photographies de l’arrière-grand-père et de l’arrière-grand-mère dans leur vieux cadre tarabiscoté penchaient toujours un peu vers la droite. Plusieurs fois par jour, quelqu’un les redressait respectueusement. Puis un nouveau passage de poids lourd les remettait légèrement de travers.

    La petite fille était presque toujours là. A tourner autour de sa grand-mère Adrienne dans la cuisine ou la buanderie, à « aider » l’arrière-grand-père dans le potager un peu plus loin dans la rue, à écouter les amies de grand-mère qui papotaient en buvant le café.

    De jouets, il n’y en avait pas, mais ça ne lui manquait pas. Chaque pièce de la maison recélait des trésors dont elle s’amusait à faire et à refaire l’inventaire. Avec ordre et méthode.

    Dans le placard où était la niche pour la télé, il y avait deux petits tiroirs. Un pour les mouchoirs de grand-père auxquels elle ne pouvait pas toucher. Ils attendaient bien pliés, amidonnés et parfumés à l’eau de Cologne. Elle pouvait juste ouvrir le tiroir pour les admirer et les humer. Elle aurait bien aimé que ses mouchoirs sentissent aussi bon mais n’a jamais osé le demander.

    Dans l’autre tiroir, il y avait les deux trésors de grand-mère : un vieux portefeuille tout usé qui avait appartenu à sa mère et une sorte de petit carnet noir en deux volets rigides qui stipulait qu’à 18 ans, Adrienne avait terminé sa formation de couturière avec grande distinction.  

    ***

    (1)   Si l'histoire des cadres qu'on remet sans cesse droits vous a fait penser à un certain allumeur de réverbères, vous gagnez un point Rigolant

    (2)   Si le subjonctif imparfait du verbe sentir vous a fait sourire, vous gagnez un autre point Langue tirée

    Si vous voulez explorer le reste du cabinet de curiosités, vous reviendrez le 2 février Cool



  • Les premiers

    Chaque hiver, j'accroche des boules de nourriture pour les oiseaux: ils font la joie des mésanges, du rouge-gorge, du pic épeiche, du pic vert, du geai, du rossignol, du pinson et de quelques autres. En échange de quoi, j'ai de la joie à les observer, sans compter que l'été les mésanges font leur nid dans les noisetiers et me débarrassent des chenilles Sourire

    Comme le temps restait fort doux, j'ai attendu que décembre soit bien avancé avant de les leur offrir:

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    Cette boule-ci, je la vois par la fenêtre du bureau, c'est là où je me trouve le plus souvent. Malheureusement, dès que j'approche mon appareil photo, rouge-gorge, mésanges bleues et charbonnières s'envolent...

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    Mais voici tout de même la première attendrissante petite bleue que j'ai réussi à prendre sur le vif...

    Bonne année 2012 à vous tous!