• Y comme... le Chef!

    Y a la passion de la cuisine. Pour le plus grand bonheur de son entourage.

    Y fait les courses et vous règle avec plaisir le menu de toute la semaine.

    Y vous prépare une excellente chère, que vous soyez 7 ou 77 autour de la table. Si vous n'êtes que 7, il se débrouillera tout seul. Mais si vous êtes 77 il vous mettra à l'ouvrage pour lui faire la mise en place.

    Y n'est jamais à court d'inspiration. D'ailleurs, même en vacances il emporte ses cahiers de recettes Cool.

    Y et sa cuisine vous font faire le tour du monde. Soupe des Asturies aux haricots secs, au boudin noir et au chorizo. Crumble aux légumes du soleil. Calamars à la sauce tomates. Pâtes aux courgettes et au parmesan. Poulet à l'orange. Beignets de grosses crevettes. Sushis au saumon...

    Et puis malheureusement il était l'heure de rentrer chez moi. Je ne saurai donc pas à quelle sorte de plat serviront les céleris et les pois chiches qu'Y a fait cuire le jour de mon départ...

    Mais je me suis régalée toute la semaine.

    Parce qu'Y fait aussi les desserts. De la crème au citron. De la mousse au chocolat...

    Alhaurin feb 12 041 - kopie.JPG

    et moi ces jours-là, je relisais Pantagruel...
    pouvais-je mieux choisir ma lecture?
    Clin d'œil

  • X comme sonnet en X

    Comme il arrive très souvent, ce n'était pas ce que je cherchais, mais c'est ce que j'ai trouvé: les hasards de la navigation sans eau m'ont amenée au Sonnet en X de Stéphane Mallarmé, appelé aussi Sonnet allégorique de lui-même.

    Il s'agit en effet d'une allégorie de la poésie mais qui est en même temps un exercice de haute voltige puisqu'il a choisi deux rimes extrêmement difficiles, une en "ix" et une en "or".

    Voici la chose:

    Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
    L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
    Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
    Que ne recueille pas de cinéraire amphore

    Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
    Aboli bibelot d’inanité sonore,
    (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
    Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

    Mais proche la croisée au nord vacante, un or
    Agonise selon peut-être le décor
    Des licornes ruant du feu contre une nixe,

    Elle, défunte nue en le miroir, encor
    Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
    De scintillations sitôt le septuor.

    On trouve facilement ce sonnet sur la Toile, par exemple ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonnet_en_X

    Apparemment, c'est une oeuvre qui est largement étudiée dans les lycées français, vu le nombre de lectures, explications et dissertations offertes sur cette même Toile Langue tirée.

    Mais ce qui m'a semblé intéressant, c'est cet extrait d'une lettre de Mallarmé à propos de ce Sonnet en X:

    "J'extrais ce sonnet, auquel j'avais une fois songé, d'une étude projetée sur la parole : il est inverse, je veux dire que le sens, s'il en a un (mais je me consolerais du contraire grâce à la dose de poésie qu'il renferme, ce me semble) est évoqué par un mirage interne des mots mêmes. En se laissant aller à le murmurer plusieurs fois on éprouve une sensation assez cabalistique. C'est confesser qu'il est peu "plastique" comme tu me le demandes, mais au moins est-ce aussi «blanc et noir» que possible et il me semble se prêter à une eau-forte pleine de Rêve et de Vide. Par exemple, une fenêtre nocturne ouverte, les deux volets attachés ; une chambre avec personne dedans, malgré l’air stable que présentent les volets attachés, et dans une nuit faite d’absence et d’interrogation, sans meuble, sinon l’ébauche plausible de vagues consoles, un cadre, belliqueux et agonisant, de miroir appendu au fond, avec sa réflexion, stellaire et incompréhensible, de la Grande Ourse, qui relie au ciel seul ce logis abandonné du monde."

    Lettre de Stéphane Mallarmé à Cazalis de juillet 1868, citée p. 239 dans S. Mallarmé, Poésies, Nrf Poésie/Gallimard, Paris, 1992.

    ***

    Et après? me direz-vous. Et vous n'avez pas tort Langue tirée

    Car après vint Georges Fourest... Et voici ce que ça donne:

    ..................................
    ...................................
    Nemo (Nihil, cap. oo)
    X x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x (*)
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x

    (*) Si j’ose m’exprimer ainsi !
    (Note de l’auteur)
    Georges Fourest, La négresse blonde, Grasset 2009
    Ah! c'est vraiment pas triste, la poésie! Cool
  • W comme wagon de train

    Elle a peut-être vingt-cinq ans. Sans doute moins. Ses cheveux noirs sont bien lissés et retenus dans la nuque par un élastique. Je suppose qu'en ce matin tôt, elle se rend à son travail. La musique qu'elle entend par ses petits écouteurs bleu et blanc ne semble pas la rendre plus heureuse.

    En la voyant blottie dans son coin, je me dis que j'aimerais être "la fée des trains", je passerais par les wagons en poussant un petit chariot plein de livres et je ferais un brin de causette avec les voyageurs sans lecture. J'essayerais de leur trouver LE livre ultime, celui qui leur plaira et leur fera découvrir le bonheur d'entrer dans l'univers d'un auteur.

    Juste avant d'arriver à Bruxelles, elle sort de son gros sac un petit miroir rond. Elle examine de près le maquillage de ses yeux. Puis elle prend une sorte d'épais crayon gras et d'une main très sûre elle fait quelques retouches au bord de sa paupière inférieure.

    Je ne sais pas ce que j'admire le plus: la réussite parfaite de ce trait noir, moi qui ne me suis maquillée que quelques fois dans la vie, mais c'était pour jouer au théâtre Langue tirée ou cette dextérité à se faire le tour de l'oeil sans attraper une mine de crayon dans la pupille.

    Moi, dans ce train qui cahote un peu, surtout avec les changements de rails à l'arrivée à Bruxelles-Midi, je ne suis même pas capable de boire proprement à ma petite bouteille d'eau...

     

  • V comme Venise (6)

    "La seconde gondole, qui avait réglé son allure sur la nôtre, accosta derrière nous au débarcadère de la gare du chemin de fer de Santa Lucia. Sans doute ne nous restait-il plus maintenant qu'à faire demi-tour et à regagner piteusement l'hôtel. Papa avait l'air si désespéré que personne n'osait ouvrir la bouche pour le consoler du désastre. Cependant, maman lui conseilla d'aller se renseigner, pour plus de sûreté, au guichet. Il s'y rendit en traînant les pieds. Trois minutes plus tard, il revenait transfiguré: par chance, à cette époque, les trains étaient rarement à l'heure en Italie. Le nôtre n'était même pas tout à fait formé. Nous avions juste le temps de l'attraper en courant. Nous coltinâmes les bagages et nous ruâmes, encadrant grand-mère qui gémissait et boitillait, vers le quai où le convoi attendait encore sa locomotive. Lorsque toute notre famille se fut affalée sur les sièges du compartiment, j'eus l'impression que nous venions d'échapper, par miracle, à la dernière attaque des bolcheviks. Reprenant sa respiration, maman dit, avec un rien de reproche dans la voix:
    - Comme toujours, Aslan, tu as eu tort de t'inquiéter: à cause de ton impatience, tu n'as même pas vu Venise!"

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, pages 18-19

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    au fil du Canal Grande, sept heures du soir: ponte dell'Accademia

    Venise août 2011 038 - kopie.JPG

    Je n'ai pas pris de photo de la gare de Santa Lucia (elle manque de charme) par contre j'ai photographié un des nombreux paquebots de luxe (surtout grecs) qui défilent tous les jours dans la lagune:

    Venise août 2011 017 - kopie.JPG

    photo prise vers 07.30 h.
    Au même moment et au même endroit, un autre genre de bateau vient ramasser le linge sale des hôtels:

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  • U comme unique

     

    Adrienne a connu Einstein

    Il nous avait été présenté par des amis qui nous avaient longuement vanté ses qualités. Bien sûr, nous avons cru qu’ils exagéraient un peu : nous savions qu’il logeait chez eux mais qu’ils cherchaient à trouver un moyen de lui faire quitter les lieux. Parfois un logeur peut devenir encombrant.

    Cependant, il était vrai qu’il avait du charme : il était jeune, très jeune, enthousiaste, débordant de vitalité et ne tenait pas en place. En même temps, il avait quelque chose de doux et d’affable, avec sa petite barbiche et ses grands yeux bruns. Nous lui avons donc offert l’hospitalité.

    C’est ainsi que nous avons pu nous rendre compte qu’en plus de ses nombreuses autres qualités, il possédait une intelligence exceptionnelle. Il avait une véritable compréhension du monde et des gens mais n’en faisait pas étalage. Il a toujours gardé une grande humilité.

    Il finit par rester chez nous treize ans, jusqu’au cancer qui l’emporta. Mais jusqu’à la fin, il nous faisait rire, avec sa frange qui lui cachait presque entièrement les yeux et ses initiatives un peu folles. Par exemple, il adorait se rouler dans la neige…

    Et jusqu’au bout, il n’a cessé de nous étonner par la vivacité de son intelligence.

    Il était unique.

    Jamais plus je n’ai voulu un autre chien dans la maison.

    ***

    Texte écrit pour les Impromptus littéraires. La consigne disait: "votre âme généreuse vous pousse à accueillir les mal lotis, les cabossés de la vie. Mais cette fois, vous vous rendez compte que vous abritez un être d'exception, un génie absolu ... Vous pensez effaré : "Einstein habite chez moi" !

    Racontez-nous comment vous avez compris que votre invité occasionnel était un personnage brillant susceptible de changer la face du monde. Dites-nous quelles ont été vos réactions et quelles furent les conséquences de cette incroyable découverte."

     

  • T comme tableau

     

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    Elle ne savait plus au juste pourquoi elle s’était inscrite à cet atelier peinture. Encore un de ces coups de tête du dimanche après-midi, quand elle passe des heures devant l’écran de son ordi et est prête à s’embarquer dans n’importe quoi : un week-end à Paris avec sa mère pour « profiter » des prix d’hôtel au rabais fin novembre, quand il fait noir à cinq heures de l’après-midi et qu’on se caille à faire la queue devant les expos ou les cinémas, ou ce stage de peinture dans la campagne froide et boueuse de janvier.

    Bref, elle s’était inscrite. Peut-être pensait-elle faire une rencontre romantique ? Le genre artiste avec des bouclettes et un peu de barbe grisonnante, qui fume la pipe et porte des pantalons en velours côtelé ? Mais de ce côté-là, c’était raté, il n’y avait que des femmes. Sauf l’animateur, mais il était légèrement ventripotent et tout à fait chauve.

    Ensuite, il y avait eu l’idée « géniale » de Raymonde d’aller rejouer l’école de Barbizon et de peindre « d’après nature » :

    - Il fait si beau aujourd’hui ! avait-elle ajouté en minaudant.

    Donc voilà toute la petite équipe en route par trois degrés au-dessus de zéro.

    Au magasin spécialisé où elle s’était procuré le matériel nécessaire, on avait senti la bonne affaire et on lui avait bien sûr fourgué la panoplie complète et grand format. Et bien sûr elle avait commis l’erreur du néophyte et acheté le plus cher et le plus lourd. Elle s’en repentait amèrement en gravissant le talus spongieux.

    Raymonde, on se demande bien pourquoi, s’était installée le dos à la rivière, qui était pourtant la seule chose un peu intéressante à peindre dans tout ce paysage. Mais sans doute ne se sentait-elle pas capable de rendre cette lumière rasante sur l’eau et ces couleurs légèrement diluées de brume. Quant à Nicole, elle avait sans doute voulu faire dans le genre comique en s’installant derrière Raymonde pour peindre le peintre en train de peindre…

    Alors elle avait décidé de renchérir et de faire la totale, la rivière et sa lumière rasante, la péniche, les bosquets, Nicole peignant Raymonde en train de peindre… et l’animateur …

    Oui, pour l’animateur elle avait un petit problème : à chaque fois qu’elle levait la tête, il s’était rapproché de Nicole d’une vingtaine de centimètres. Dans un quart d’heure, elle l’aurait parié, il lui mettrait la main aux fesses.


    texte de fiction écrit pour la photo d'Aifelle prise de l'atelier Skriban
    http://skribanworkshop.wordpress.com/2011/12/18/devoirs-de-vacances/#comment-2459

  • Stupeur et tremblements

    Je m'étonne qu'un couple d'Espagnols puisse monter à bord de l'avion armé de deux grands parapluies bien solides et bien pointus alors qu'un jour on m'a même confisqué mon petit coupe-ongles sous prétexte qu'il avait une minuscule lime de deux centimètres.

    Je m'étonne qu'on nous demande d'éteindre tous nos appareils électroniques pendant le décollage et l'atterrissage, mais qu'il n'y ait aucun contrôle. Ma jeune voisine a gardé son GSM allumé du début à la fin du voyage sous prétexte qu'elle avait oublié son code d'accès et qu'elle devait appeler ses parents pour qu'ils viennent la chercher à l'aéroport.

    Aurais-je dû cafarder?

    Je me suis posé la question. Finalement, je ne l'ai pas fait. J'ai juste eu un peu de stress en plus Langue tirée mais l'avion a décollé et atterri sans problèmes.

    Je ne sais pas quelles conclusions je dois tirer de tout ça...

  • 22, v'là les gourous!

    Ma mère, grande lectrice de magazines féminins, ne manque pas de me tenir au courant de l'état de la recherche scientifique Langue tirée

    Ainsi, elle a essayé pendant des années de convaincre mon père des vertus médicinales de la betterave rouge. Il s'y est toujours refusé. Je ne crois pourtant pas que ce soit l'absence de betterave rouge dans son régime alimentaire qui explique la cause du cancer qui l'a tué.

    Ces dernières années, même les journaux les plus "sérieux" (je mets des guillemets car j'ai de plus en plus l'impression que ça fait partie des espèces en voie de disparition) nous font part régulièrement des résultats de la recherche dans ce domaine.

    A chaque fois, je me demande qui sponsorise tous ces chercheurs qui veulent nous prouver scientifiquement pourquoi nous devons mettre à notre menu (ou en bannir) des produits tels que le vin, le chocolat, le café ou le broccoli.

    Car aussitôt fait, aussitôt relayé par tous les magazines féminins (voir plus haut) et bien ancré dans la tête du consommateur, il se trouvera d'autres chercheurs qui vous prouveront le contraire. Le chocolat fait plus de tort que de bien, disent-ils, à cause des graisses et des sucres qu'il contient, et ceux qui boivent un ou deux verres de vin rouge par jour - la moyenne censée nous protéger de maladies cardio-vasculaires - développent un risque accru d'avoir un cancer de la bouche! (désolée, j'ai perdu le lien vers cet article, mais ça ne m'empêchera pas de déguster à petites gorgées espacées ma dernière bouteille de Camartina Cool. )

    Hier encore, je lisais un compte-rendu à propos du livre d'un certain Robert J. Davis qui aurait pour but de remettre les pendules à l'heure: non, le café ne provoque pas l'hypertension, oui, on peut manger des oeufs, non, la margarine n'est pas plus saine que le beurre... et d'autres exemples que vous trouverez ici: http://us.penguingroup.com/nf/Book/BookDisplay/0,,9780399537257,00.html?strSrchSql=9780399537257/Coffee_is_Good_for_You_Robert_Davis

    Moi, de toute façon, je fais comme ma grand-mère Adrienne, qui avait entendu un jour que les pommes de terre étaient bonnes pour la santé - pleines de vitamines et de fibres - raison pour laquelle elle s'en servait une de plus, laissant ma mère à ses commentaires acerbes: comme Adrienne, de tous ces doigts menaçants levés par les gourous de la diététique, je ne retiens que ce qui me plaît, je mange et je bois ce que j'aime Rigolant

    actualité,adrienne,chocolat,vive la famille

    reconnaissez-vous ce gourou au doigt levé?
    je préfère lire Montaigne: lui au moins ne croit pas tout savoir Bisou

  • R comme rebattre les oreilles

    Dans mes oreilles, les mots mènent la sarabande de leur propre vie. Les phrases se forment toutes seules et ce n'est pas en fermant les yeux dans le noir de ma chambre que je réussis à les faire cesser.

    Les plus pressées sont toujours les questions: va-t-il geler cette nuit? qu'est-ce que je vais préparer de bon dimanche prochain? pense-t-il encore à moi?

    Les plus pressantes sont les exhortations: tu as encore remis à demain d'étudier tes conjugaisons du passato remoto! tu n'aurais pas dû laisser les chats au garage, cette nuit! n'oublie pas d'acheter du thé! de passer à la bibliothèque! de téléphoner à ta mère! de faire tes virements! de prévoir des exercices supplémentaires pour X!

    ***

    Parfois les mots me rebattent tellement les oreilles que j'ai peur qu'ils finissent par m'envahir toute la tête et me dévorer le cerveau Déçu

  • 20 étapes vers le bonheur (2)

    Le 20, jour des bilans, je vous parlais déjà le mois dernier du livre The world book of happiness: http://www.theworldbookofhappiness.com/ et de son auteur, Leo Bormans.

    On nous bombarde de partout de bons conseils pour nous convaincre de la faisabilité de notre propre bonheur.

    Voici la deuxième étape: investissez dans les relations humaines!

    1.saluez plus souvent les gens, dites-leur bonjour
    2.téléphonez à ceux que vous voulez appeler depuis longtemps
    3.faites spontanément quelque chose de gentil pour quelqu'un
    4.montrez votre affection à votre famille, à vos amis
    5.faites un compliment
    6.soyez à l'écoute des autres

    Ah...... bien, bien... mais tout ça a l'air tellement évident, n'est-ce pas?

    Bisou

    1.bonjour, chers blogamis!
    2.désolée, je n'ai pas votre numéro de téléphone (et puis, comme vous le savez, je suis téléphonophobique Clin d'œil)
    3.voyons, voyons, que pourrais-je faire pour vous faire plaisir?
    4.merci, chers blogamis, qui passez par ici, me lisez et me laissez un commentaire
    5.j'aime beaucoup vous lire, tous, j'aime les avis parfois fort différents et qui finalement se complètent
    6.je suis déjà impatiente de voir ce que vous me direz à propos de ce billet...

  • Question de Lorenzo

    "A votre avis, est-ce qu'internet rapproche les gens ou est-ce que, au contraire, ça les éloigne?"

    Voilà la question dont Lorenzo, notre prof d'italien du lundi soir, voulait qu'on débatte.

    Petit à petit, nous nous sommes donc lancés, les uns après les autres, pour apporter nos éléments de réponse... mais aucune ne semblait le satisfaire:

    - Internet, c'est un simple moyen de communication, donc ça sert à ça, à communiquer... me suis-je risquée.
    - Oui, mais est-ce que ça rapproche les gens ou est-ce que ça les éloigne?
    - J'ai des amies qui habitent loin, ça nous permet de rester en contact...
    - Oui, mais... (etc voir plus haut)

    Il n'en démordait pas. Une dame est venue à ma rescousse:

    - Quand mon fils était en Amérique du Sud pour plusieurs mois, dit-elle, grâce à Internet on pouvait se parler et se voir en direct, avec la webcam... c'était bien.
    - Oui, mais est-ce que tu t'es sentie plus proche ou plus loin de lui? insistait Lorenzo
    - Ben... plus près de lui, quand on se parlait...
    - Après ta conversation avec lui, tu te sentais gaie ou triste?
    - Euh... un peu triste, parce qu'il était loin pour longtemps, mais contente de l'avoir vu et entendu et de savoir qu'il allait bien.
    - Donc, est-ce qu'internet rapproche ou éloigne?

    A partir de là, on a fait comme tous les élèves de la terre, on a commencé à gigoter sur nos chaises et à ne plus avoir envie d'ouvrir la bouche: il y avait non seulement le handicap de la langue mais en plus un prof qui avait visiblement envie d'entendre dire ce qui était son opinion personnelle: internet éloigne Langue tirée

    Finalement, une dame courageuse lui a demandé:

    - Mais toi, Lorenzo, ta famille en Italie, tu ne communiques pas avec elle par internet?
    - Si, dit-il, mais c'est à vous que je pose la question!

    Alors on en a eu marre pour de bon et on n'a plus rien dit.

    Le débat est toujours ouvert Clin d'œil

  • P comme peur

    L'histoire se passe vers les onze heures du soir.

    Je suis à peine lovée sous la couette que j'entends comme des petits sifflements. Comme des cliquetis. Comme des petits bruits qu'émettent certains appareils électroniques quand ils veulent vous signaler quelque chose.

    Je me dis que ça va s'arrêter. Mais ça ne s'arrête pas. Je me dis que c'est peut-être un animal nocturne. Mais aucun de mes visiteurs nocturnes ne fait un bruit aussi "artificiel".

    Je me dis que c'est peut-être l'avertisseur sonore de mon congélateur. Peut-être ai-je laissé la porte ouverte en y prenant la viande du lendemain? Je descends à la cave. Mais bien sûr, la porte du congel est bien fermée. Ce n'est pas ça. Et dans l'autre cave, la chaudière ronronne. Tout va bien ici. Je retourne me coucher.

    Le bruit reprend dès que je suis allongée. Est-ce que ce seraient mes voisins, toujours très inventifs en nouvelles formes d'agressivité auditive? Je sors sur la terrasse (par moins dix degrés environ). Non, ça ne vient pas du dehors.

    A l'étage peut-être? J'y monte. Rien à signaler dans les chambres ni dans les greniers. Tout est calme là aussi.

    Je me recouche.

    Et c'est alors que la panique s'empara de la cité alertée par le tocsin (*): ce bruit ne venait pas de l'extérieur, il était dans ma tête.

    Plus exactement dans mon oreille gauche.

    - Ça y est! me suis-je dit. Je vais devenir sourde d'une oreille. Comme ma grand-mère Adrienne!

    ***

    (*) pardonnez-moi, j'aime citer à tort et à travers des passages d'une ou deux pièces de Ghelderode. Ici ça vient du "Ménage de Caroline", j'ai joué le rôle de Colombine à l'université, alors je connais encore la pièce par coeur Innocent

  • O comme orthographe

    Reçu hier soir:

    Cher Clιent;

    Depuis la mise en place de la nouvelle version de nos sites, vous êtes nombreux solliciter notre assistance technique.
    En conséquence, nous ne sommes pas mesure de vous joindre par téléphone.

    Nous avons déja identifié certains dysfonctionnements sur votre cσmptε, nous mettons tout en ouvre pour les corriger.
    Vous devez donc suivre ces étapes pour corrigé votre cσmptε:

    - Cliquez ici et connectez-vous sur votre cσmptε.
    - Renseingez votre numéro de téléphone actuel.
    - Veuillez mettre à jour vos cordonnées.

    Nous vous conseillons en priorité de corrigé les litiges que vous avez sur votre cσmptε.
    Si vous ne fait pas cela l'accεs cσmptε sera automatiquement bloquer et toutes vos transaction serons annulés.

    Vous disposez d'un délai de 48h pour corrigé votre cσmptε.

    Votre conseiiller Marie Pierre Humen.

    Vous voyez ce que je veux dire?

    Le phishing est un piège.

    Mais le véritable piège, c'est l'orthographe Langue tirée

  • N comme non, non, besoin de personne!

    Adrienne a toujours plusieurs sortes de thé: celui du matin, riche en théine, et celui de l'après-midi.

    Au jour un de son congé de maladie, elle se rend compte qu'il ne lui reste plus que du thé-du-matin. Pourtant, à l'amie qui lui téléphone - on est robinsonne, d'accord, mais seulement jusqu'à un certain point - elle répond qu'elle se débrouille et qu'elle n'a besoin de rien. On n'envoie pas quelqu'un sur les routes pour un paquet de thé, tout de même!

    Adrienne a toujours des kilos de fruits dans son garde-manger. En cette saison, surtout des agrumes et des pommes.

    Au jour deux de son congé de maladie, elle constate qu'il ne lui reste que quelques mandarines et une seule pomme. Mais à l'amie qui lui propose de faire ses courses elle répond en riant qu'elle a de tout dans son congélateur et que de toute façon sa petite rue est beaucoup trop glissante pour un chauffeur qui n'a aucune pratique du gymkana-sur-glace.

    Adrienne a toujours dans son frigo au minimum huit petits pots de yaourt. Elle les achète toujours bien à temps, deux barquettes de quatre.

    Au jour trois de son congé de maladie, elle découvre qu'il ne lui en reste plus que deux. Elle se dit qu'elle pourrait donner une petite liste de courses à sa voisine, qui ferait ça bien volontiers, et qui fait au moins cinq ou six allers et retours par jour entre leur île et le village ou la ville voisine. Mais elle s'en abstient et reprend sa place dans le canapé, sous son plaid.

    ***

    Le jour d'après, seule devant un frigo presque vide, plus de carottes, plus de chicons (*), plus de fromage, plus d'oeufs, plus de lait... elle se demande pourquoi elle est comme ça: "Non, non, besoin de personne?"

    *

    ***

    *

    (*) les chicons, ce sont des endives, en France; c'est un beau légume tout blanc, légèrement amer, excellent cru (en salade hivernale avec de la mâche et des noix) et cuit (passé sous le grill du four, enroulé dans une tranche de jambon et recouvert d'une béchamel au fromage). Miam!
    Kanskonmange? comme disait Averell Dalton.

  • M comme Mais doukipudonktan?

    Etonnée! Très étonnée! Voilà comment je me sentais après la lecture d'un petit billet qui parlait des "huiles essentielles de la bonne humeur" et qui en disait ceci:

    "Et si elle essayait de diffuser ces huiles en cours, à leur insu ? Sans doute tout se passerait-il mieux ? Peut-être qu’une fois assis, les élèves desserreraient leurs mâchoires et souriraient ? Peut-être oublieraient-ils toute agressivité ?"

    http://presquevoix.canalblog.com/archives/2012/02/07/23447007.html

    Je plains, oui je plains de tout coeur les enseignants qui se trouvent devant un public indéridable. Quel plaisir peut-on trouver à enseigner dans ces conditions?

    Et je me dis une fois de plus que je suis un prof heureux!
    Heureux de faire le pitre et d'avoir un public qui aime rigoler Langue tirée

    Mes élèves entrent un par un en classe et je suis à la porte, ils reçoivent tous un bonjour et un sourire. Je les connais assez vite de façon un peu plus personnelle. Je vois quand ils ont trop peu dormi, sont contrariés par le cours précédent ou carrément malades.

    Je n'imagine pas de commencer un cours avant que tout le monde soit à l'aise, détendu, eux comme moi. Je pense qu'on ne travaille bien que dans la bonne humeur, que je sois chez les matheux intellos ou chez les baroudeurs de professionnelle (et pardon pour le raccourci caricatural).

    Donc je me dis que vraiment, je suis un prof heureux.

    Privilégié.

  • L comme Loverboy

    Qu'il gèle, qu'il neige, qu'il vente... rien n'arrête Loverboy

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    Je l'appelle Loverboy, c'est le matou des voisins, il est noir à longs poils et d'une patience infinie quand il s'agit d'attendre que mama Moussa daigne sortir. Il n'a peur de rien quand il vient attendre sa Dulcinée et leurs duos d'amour ont commencé en janvier. Pipo et moi, nous n'aimons pas trop - il a ses raisons, moi les miennes - mais nous nous résignons... Loverboy fera son temps, puis Pipo retrouvera son territoire et moi le calme de mes nuits.

    ***

    Je disais que Loverboy n'a peur de rien, c'était exagéré. Il a peur de moi!

    Et voilà l'excuse toute trouvée pour expliquer la mauvaise qualité de la photo, prise de trop loin à travers la vitre Langue tirée

  • K comme K...

    K..., c'est là où elle habite. Un endroit charmant, idyllique, entre les prés et les bois, en plein milieu d'une petite réserve naturelle où paissent cinq Galloways et quatre poneys Exmoor.

    K..., à l'échelle de la Flandre surpeuplée, c'est le bout du monde, het hol van Pluto (1), le cauchemar des livreurs de mazout. Les éboueurs n'y viennent pas et quand il y a de la neige, le facteur n'apporte plus le courrier. Onbereikbaar. (2) Et pourtant elle, faible femme, fait cette route tous les jours pour se rendre à l'école.

    D'accord, parfois il y a trop de neige et elle doit le faire à pied Langue tirée

    Cependant, la faible femme un jour tombe malade. Un jour de neige et de verglas, justement. Mais elle est trop malade pour prendre la voiture et se rendre à la consultation. Alors elle décroche courageusement son téléphone - car vous vous souviendrez qu'elle est téléphonophobique:

    - Bonjour docteur.

    Et elle lui raconte son attendrissante histoire de faible femme malade.

    - Vous habitez toujours au même endroit? lui dit son Medicine Man, celui auquel elle est fidèle depuis trente ans.

    Elle a compris. Il ne viendra pas.

    - Essayez de venir à la consultation. Je suis ici jusqu'à dix heures.

    La belle affaire! Même s'il y était resté jusqu'au soir, avec la meilleure volonté du monde elle n'aurait pu y arriver par ses propres moyens.

    Alors - il faut bien le dire - elle a commis une infidélité. Elle a courageusement repris son téléphone (voir plus haut) et appelé un autre médecin. Qui a affronté la neige, le verglas et les petites routes pentues pleines de nids de poules.

    - Vous êtes bien courageux! lui a-t-elle dit en l'accueillant.

    Et elle a clairement vu que ça lui faisait plaisir Innocent

    nature,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    l'île où je robinsonne
    la photo date de l'automne dernier

    nature,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    et voici l'île au loin, entourée de neige

    ***

    (1) j'ai déjà expliqué l'expression "het hol van Pluto" ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/05/03/b-comme-bout-du-monde-et-b-comme-berthoise.html

    (2) onbereikbaar veut dire inaccessible; c'est ce qu'on m'a répondu au téléphone, un jour que j'avais passé une commande par correspondance et qu'elle n'arrivait pas: "U woont onbereikbaar", vous habitez dans un endroit inaccessible...

  • J comme je fume

    A peu près toute la longueur de la rue de la Loi, voilà le temps qu'il m'a fallu pour racler mes poumons et tousser tout ce qui s'y était accumulé en douze heures à peine.

    Wetstraat.jpg

    photo de la rue de Loi prise par Orlando et libre de droits (Wikimedia Commons)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Wetstraat.jpg

    Il était dix heures du matin, j'avais passé la nuit chez une amie bruxelloise et je me rendais à pied dans le centre. Ce n'est qu'en vue du parc de Bruxelles que j'ai plus ou moins retrouvé l'usage normal de ma gorge et de ma voix.

    "Fumer ne tue pas", me disent deux ou trois amis fumeurs, car ils connaissent tous quelqu'un qui a vécu très vieux alors qu'il allumait cigarette sur cigarette, tandis qu'une autre de leurs connaissances, m'affirment-ils, est morte d'un cancer du poumon après avoir passé toute sa vie dans un environnement exempt de relents de goudrons et de nicotine.

    C'est bien possible... Mon propre arrière-grand-père a tiré de petites bouffées de sa pipe jusqu'à ses 94 ans.

    Mais moi, il me suffit de passer une nuit chez mon amie A*** , je crache mes poumons et j'ai la voix éraillée, quasiment inutilisable.

    Or ce samedi-là, j'étais en route vers la Monnaie pour y participer à un cours de chant Langue tirée

    *

    ***

    *

    Et il s'agissait justement de chanter un petit bout du rôle de la fameuse cigarettière:

    http://www.youtube.com/watch?v=Dutx8qQ9qfE

    amitié,la monnaie,bruxelles,musique

    vers 10.30 h., étage supérieur de la Monnaie, le cours va commencer
    (malgré l'exécrable qualité de la photo, vous pouvez peut-être reconnaître la flèche de la grand-place?)

  • I comme inspiration chez Lali (2)

    larsson.jpg

    Elle se leva, posa son tricot sur le siège et laissa rouler sur le tapis la pelote rose layette. Tout la lassait si vite, ces dernières semaines ! Son livre non plus ne l’intéressait pas. Elle ne savait même plus où elle en était restée et serait sans doute obligée de le reprendre depuis le début le jour où elle voudrait en poursuivre la lecture.

    La seule chose qui l’intéressait se trouvait là, dans le secret de son secrétaire. Pour la centième fois depuis trois jours, elle l’ouvrit sans bruit, fit pivoter une petite languette de bois d’apparence tout à fait anodine et en sortit son plus précieux trésor qu’elle déplia avec fébrilité et relut avidement, alors qu’elle en connaissait par cœur le contenu.

    Zhennan et la retraite de Lng Sơn, l’Annam, le Tonkin, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ! Avant que l’année 1885 se termine, leur bébé serait là : verrait-il jamais son père ?

    tableau de Carl Larsson pris chez Lali, rubrique "En vos mots" n°124
    http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-124/

  • H comme Hémisphères

    Il était environ sept heures quand j'ai poussé la porte vitrée. Il n'y avait pas encore beaucoup de monde mais de nombreuses tables étaient réservées. Juste en face de la porte, un homme seul à une table dressée pour deux, et visiblement dans l'attente.

    Je me souviens de ma précédente visite et me demande si lui aussi a choisi ce lieu pour son rendez-vous d'amoureux débutant Langue tirée (voir http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/12/20/rencontre-x.html)

    Je m'installe derrière lui.

    Il a déjà commandé une bière et montre quelques signes d'impatience. Ce qui veut dire qu'il n'arrête pas de scruter son portable et qu'il a un léger sursaut chaque fois que la porte s'ouvre. Mais ce n'est jamais la personne qu'il attend.

    Il finit par se décider à l'appeler. Elle arrive, dit-elle. Elle sera là dans cinq minutes. Il le répète deux fois, tellement il est soulagé. Puis il lui lit quelques énoncés de plats, afin qu'elle choisisse déjà et qu'il puisse passer commande.

    - Ainsi, nous ne devrons pas attendre, lui dit-il avec sa logique d'homme.

    Dix autres minutes passent, un quart d'heure même. On m'apporte mon plat, tajine de cabillaud à la libanaise. Je mets en bouche une chose qui ressemble à une tranche de pomme de terre, mais je suis toute surprise: c'est à la fois très salé, assez amer et un peu acide... Je me rends compte que sans le savoir, je viens de manger pour la première fois de ma vie du citron confit. Enfin, je le suppose. Et je pense à mon père, qui exécrait les éclairages tamisés quand il était à table Clin d'œil

    A côté, monsieur est toujours seul face à la porte. Le garçon vient jusqu'à lui:

    - Madame sera-t-elle bientôt là? Parce que c'est prêt... Je peux vous l'apporter ou vous voulez encore attendre? Je dois le savoir pour la cuisine...
    - Attendez encore cinq minutes, dit l'homme.

    On dirait qu'il a rapetissé, le pauvre.

    J'ai juste fini de manger bien à l'aise quand c'est enfin elle qui entre. Monsieur se redresse vivement. Deux bises claquent sur les joues, c'est bien ce que je pensais, ils ne sont pas encore très loin dans leur histoire Clin d'œil. Mais c'est une histoire, déjà: ils se racontent, trouvent extrêmement drôle tout ce que l'autre dit, ont ce regard et ces gestes de celui qui veut plaire.

    Et même si l'excuse de madame est complètement bidon vu le grand retard qu'elle a ("D'habitude, je fais ce trajet en vingt minutes, mais maintenant il m'a fallu le double"), monsieur n'a pas l'air de lui en vouloir.

    Elle est si jolie, avec ses boucles blondes et ses yeux clairs Langue tirée

     

  • G comme Grana Padano

    Voilà un siècle que l'ennemi vient de l'est.

    A qui pensez-vous en lisant cette phrase?

    A nos amis allemands de 14-18 et de 40-45?

    Aux Russes depuis Staline jusqu'à Poutine?

    A l'Orient, depuis le plus Proche jusqu'à l'Extrême en passant par le Moyen, qui nous envoie tout ce qui nous fait peur, que ce soient des idées, des images ou des contrefaçons?

    Vous y êtes presque!

    Il s'agit en effet de contrefaçon. Cette fois, elle ne vient pas de la Chine mais de l'Europe de l'Est. Où, selon le président du "Consorzio Tutela Grana Padano" on fabrique du faux parmesan.

    Le Grana Padano, dit-il avec majuscules, est le produit d'origine contrôlée le plus vendu au monde: 4 600 000 unités en 2011, dont 1 400 000 à l'exportation. Et sa vente est en croissance constante.

    On ne peut donc tolérer, continue-t-il, que cet ambassadeur de l'excellence italienne soit confondu avec un produit qui n'a rien à voir avec lui.

    Un livre de recettes élaborées par 28 grands chefs italiens devra consolider cette image de qualité, dit-il pour terminer, et représenter la plus belle reconnaissance envers l'engagement et la passion des producteurs de Grana Padano, "che ogni giorno lavorano per offrire qualità autentica, sicura, garantita”.

    Voilà, je vous ai prévenus: la prochaine fois que vous achèterez un bloc de parmesan, vous lirez bien l'étiquette!Langue tirée

    http://www.bsnews.it/notizia/13191/23_01_2012_Grana_Padano_leccellenza_raccontata_in_un_libro_

    Les cinq recettes primées au concours du Grana Padano de 2009:

    http://www.granapadano.it/userfiles/file/pdf/ProgettoDidattico/elenco_ricette_2009.pdf

    Celle qui a été classée première est très simple à faire et son intitulé suffit à remplir une assiette:

    "Crème froide de Grana Padano DOP et chou-fleur, chou romanesco, asperges et quenelles de saumon aux agrumes"

    Elle est de Daniele Olivieri de l’Istituto Giolitti de Turin.

    Pour quatre personnes, il vous faut:
    - pour la crème: 3 dl de crème fraîche, 150 gr de parmesan âgé de 16 mois, du lait, des glaçons, du sel et du poivre blanc
    .
    - pour la tartare: 150 gr de saumon, 30 ml de "citronnette", c'est-à-dire une émulsion d'huile d'olive et de jus de citron, des zestes de citron vert, de citron et d'orange.
    - pour la garniture: 200 gr de chou romanesco, 12 crostini de ciabatta, 12 asperges, 20 gr d'oeufs de saumon, de la marjolaine fraîche, de l'huile d'olive extravergine, des zestes de citron et d'orange, des fleurs de romarin et du sel.

    La recette:
    - pour la crème: faire bouillir les bouquets de chou-fleur à l'eau salée, les égoutter et les refroidir. Faire chauffer 2dl de crème et y ajouter le Grana Padano DOP râpé. Mélanger jusqu'à ce que tout soit fondu, vérifier s'il faut rajouter du sel, du poivre et laisser refroidir. Mixer la fondue de Grana Padano DOP avec le chou-fleur, la crème, un peu de lait et quelques glaçons jusqu'à l'obtention d'une crème lisse et homogène. Vérifier en sel et en poivre, passer au chinois et laisser reposer au frigo.
    Faire bouillir le chou romanesco dans de l'eau salée, l'égoutter et le refroidir à l'eau glacée. Faire de même pour les asperges.
    - pour la tartare: hacher au couteau la pulpe du saumon dont on aura retiré la peau et les arêtes. La mettre dans un bol et y ajouter l'émulsion d'huile d'olive et de jus de citron et les zestes râpés des différents agrumes. Garder au frigo
    .
    Verser la crème dans des assiettes creuses, garnir avec le chou romanesco, les pointes d'asperges, les oeufs de saumon et des quenelles de saumon. Terminer par les zestes d'agumes, les feuilles de marjolaine, les fleurs de romarin et un filet d'huile d'olive extravergine.
    Servir à part les crostini de ciabatta.

    Buon appetito!


  • F comme frileuse Florence

    Quand il tombe trois flocons à Florence, chacun sort sa caméra et ça fait la une des journaux Clin d'œil

    http://corrierefiorentino.corriere.it/fotogallery/2009/12/neve/prima-neve-firenze-1602178515458.shtml##1

    Un tas de gens se sont apparemment mis à filmer l'événement, le premier février dernier, pour s'empresser de le mettre sur youtube. Comme ce monsieur, qui précise la date et l'heure à laquelle la première neige est tombée sur la ville, "quelques minutes après minuit" http://www.youtube.com/watch?v=405EoaLXpPQ

    Bon, ça se comprend: c'est bien joli, tout de même!

    firenze.jpg

    Pourtant la chose n'est pas si unique: ces photos datent de 2009 Cool et on en trouve aussi de 2010...

    Et la météo de 2012? c'est ici: http://meteo.corriere.it/meteo/firenze

    ***

    Et moi qui suis allée à Bruxelles sous la neige le week-end dernier, qu'ai-je fait?
    Sortir mon appareil photo et prendre "a room with a view" Langue tirée

    italie,hiver,florence

    Bruxelles samedi matin vers 08.30 h.
    (faudrait que je lise le pavé qui sert de mode d'emploi pour enfin régler l'heure - fantaisiste - qui s'affiche)

  • Liste de 7

    En parlant de liste, hier, je repensais - je ne sais pourquoi - à mon séjour chez I à Malaga. Et je me disais que les animaux familiers d'I figureraient au top de la liste de nos amies les bêtes les plus heureuses de la terre.

    Voici d'abord les deux chiens, Pelayo et Coco, dans les fauteuils du salon:

    003 - kopie.JPG

    puis Claudio, le coq, et ses poules, qui ont toute liberté:

    malaga suite 018 - kopie.JPG

    enfin, les quatre chats, qui ont chacun leur espace préféré:

    malaga suite 020 - kopie.JPG

    comme Mañam, belle espagnole bien à l'abri derrière sa claustra

    ***

    N'en parlez pas à mon Pipo et mama Moussa, ils sont déjà bien assez exigeants, surtout depuis qu'il fait froid et qu'ils veulent que je les enferme au garage pendant mon absenceLangue tirée

     

     

  • E comme éthique... voyageuse

    Je ne sais pas pour vous, mais moi le monde continue de m'étonner.

    Ainsi par exemple, un article récent du magazine Knack m'a fait lever un ou même deux sourcils. Selon le titre, il s'agissait de tourisme éthique.

    Bon, très bien, me direz-vous, n'allons pas aggraver des problèmes socio-culturels ou créer des dégâts écologiques par nos comportements de touristes (gâtés) européens. C'est certain.

    Mais en lisant l'article, je constate que ce n'est une liste.

    Une liste comme on en fait tant, sous forme de hit-parade, vous connaissez sûrement ce genre de choses qui fleurissent particulièrement en fin d'année, les dix villes les plus chères, les dix destinations les plus exotiques, les dix nouvelles merveilles du monde... Dans ce cas-ci, c'étaient les dix destinations les plus éthiques.

    Je vous donnerai donc le top 3, au cas où vous hésiteriez encore sur votre prochaine destination de vacances:

    1.l'Argentine
    2. les Bahamas
    3.le Chili

    Alors pour mieux comprendre, je suis allée voir à la source. C'est ici: http://www.ethicaltraveler.org/explore/the-worlds-best-ethical-destinations-2012/

    Il s'agit d'encourager les pays qui font des efforts au niveau de la protection de l'environnement ou des droits humains. Bon, d'accord, je veux bien le croire.

    Mais moi l'été prochain j'irai tout de même en Italie. Le Chili, les Bahamas ou l'Argentine, ce sera pour ma second life Cool

  • D comme décibels

    Le claquement de talons sur un trottoir, ça vous fait de 70 à 80 décibels.

    Voilà ce que je lis dans le Petit éloge des amoureux du silence, de Jean-Michel Delacomptée (folio à deux euros, vous ne pourrez pas me reprocher de vous recommander des livres chers, n'est-ce pas? Clin d'œil)

    Justement, je suis en train de le lire, assise sur un banc en plein milieu du centre commercial bruxellois City 2, vendredi dernier en début de soirée. Combien de décibels, les centaines de talons qui claquent sur le carrelage? La mode et la saison sont aux bottes, mais de celles qui vous grandissent de plus de cinq centimètres... Combien de décibels, le brouhaha des conversations? les cris des enfants? les musiques qui vous assaillent les tympans en ces lieux de haute consommation?

    "[le fond musical des grandes surfaces] Il s'agit d'un bain de vapeur pour ramollir l'attention de la clientèle, la rendre perméable aux attraits de l'achat. Pour les amoureux du silence, ce fond s'apparente au bruit. Moi, dès qu'il dépasse un certain degré, je m'évade. C'est comme si le magasin tentait de m'attraper dans une épuisette. A son insu, il m'avertit, par cette ambiance faussement festive, que je ne m'appartiens plus. Vite la sortie."

    Petit éloge des amoureux du silence, Jean-Michel Delacomptée, Folio n° 5291, page 37

    Moi aussi, je quitte rapidement les lieux: ce n'est pas un bon endroit pour lire à l'aise. Deux jeunes filles se sont installées à côté de moi et se racontent bien haut et bien fort - il le faut peut-être, avec ces nombreux bruits ambiants - toutes leurs dernières petites nouvelles... mais non, je n'en prendrai pas note Langue tirée.

    D'ailleurs, il est bientôt l'heure: le même soir, je suis à la Monnaie pour Salomé, de Richard Strauss.

    Combien de décibels, me direz-vous, l'orchestre? ou la soprano qui tient le rôle titre? Il est vrai qu'avec Richard Strauss, ça va "assez fort", mais:

    "On écoute la musique, on n'écoute pas le bruit. La musique se détache sur la vie comme le poème sur la blancheur de la page. Elle renferme autant de nuances que la Voie lactée de galaxies. Derrière la musique se devine un monde inépuisable. Derrière le bruit on ne devine rien. Il n'ouvre sur rien. On ne l'écoute pas, on s'y cogne." (idem)

    Vendredi soir, la musique était un bruit qui faisait du bien Cool.

    ***

    Pour ceux que ça intéresserait, le metteur en scène Guy Joosten s'explique ici sur ses choix pour la production de Salomé à la Monnaie: http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/article/35/

    musique,la monnaie,bruxelles

    la vue sur Bruxelles enneigée depuis le 7e étage de la Monnaie

    musique,la monnaie,bruxelles


  • C comme Crusoé

    Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur Robinson, le naufrage, l'île, Vendredi... Oubliez l'image que vous en avez reçue au travers de lectures d'enfance, de films ou de séries télévisées... Si vous n'êtes pas de ceux qui ont lu la version originale, vous serez sans doute aussi surpris que moi de constater que de toutes ces images d'Epinal, il ne restera pas grand-chose après la lecture de la nouvelle traduction de Françoise du Sorbier, dont je parlais déjà ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/01/22/traduttore-traditore.html

    Mais ce que je ne comprends absolument pas, c'est ce que Rousseau, oui en effet celui de l'Emile, a bien pu lui trouver pour l'ériger en bible de l'éducation. Ou alors il faudra que je revoie encore une fois mon opinion sur Rousseau - qui n'est déjà pas des plus favorables Langue tirée - car personnellement ce que j'ai trouvé dans cette version complète de Robinson Crusoé, c'est surtout un hymne à la suprématie de l'homme blanc.

    Celui qui considère qu'une terre est sienne dès qu'il a posé le pied dessus.
    Que toute activité doit servir à augmenter ses biens et à s'enrichir.
    Qu'on peut voler à un mort. Et pourtant des pièces d'or ne sont d'aucune utilité sur une île déserte.
    Que la fin justifie les moyens. Lisez et voyez ce qui arrive au jeune Xury.
    Que "le bon sauvage" est avant tout un bon esclave, qui doit oublier sa langue et sa culture propres pour adopter la langue et la religion de son maître.
    Et que donner un nom à une chose, c'est une façon de se l'approprier:

    "Tout d'abord, je lui fis savoir que son nom serait Vendredi, car c'était le jour où je lui avais sauvé la vie. Je le nommai ainsi en mémoire de ce jour, et lui appris également à dire "Maître", puis lui fis comprendre qu'il devait m'appeler ainsi." (page 267)

    Robinson finit par se sentir tout à fait roi de son île le jour où elle compte quatre habitants:

    "Mon île était maintenant peuplée, et je m'estimais très riche en sujets. Je me fis alors souvent la plaisante réflexion que je ressemblais beaucoup à un roi. D'abord, tout le pays était ma propriété, si bien que j'avais une autorité souveraine et indiscutable; ensuite, mon peuple m'était totalement soumis: j'étais seigneur et législateur absolu (...)" (page 310)

    Ce qui m'a fait sourire, c'est la fierté naïve de Robinson quand il montre à Vendredi comment tremper sa galette dans le lait de chèvre. Il ne semble pas imaginer un instant que cet homme connaît sans aucun doute toutes les ressources de l'île, étant natif du coin, et que peut-être c'est lui qui pourrait lui faire découvrir une plante ou un fruit ou comment accommoder un mets "local".

    robinson.jpg

    ***

    1719, c'est l'année de parution de Robinson Crusoé. L'esclavagisme et le commerce triangulaire sont en plein essor. Il en est question dans Robinson: c'est pour partir à la recherche d'esclaves sur les côtes de Guinée qu'il s'embarque et quitte sa plantation brésilienne.

    1762, c'est l'année de parution de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau, qui, comme le dit la traductrice dans sa postface, "voit en Robinson "le plus heureux traité d'éducation naturelle", et le seul ouvrage digne de la bibliothèque de son Emile" (page 393). Il me semble pourtant que Defoe est loin des idées des Lumières ou des pré-romantiques.

    Et entre les deux, en 1748, Montesquieu, L'Esprit des Lois, XV, chapitre 5: "Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais...", inégalable pamphlet contre l'esclavage et son inhumanité. Rousseau n'en aurait-il pas eu connaissance?

    ***

    Merci à News Book http://newsbook.fr/ en partenariat avec les éditions Albin Michel http://www.albin-michel.fr/ pour cette très instructive relecture d'un des grands mythes de notre littérature mondiale. En effet, Françoise du Sorbier l'a joliment dépoussiéré Cool.

    "Pourquoi retraduire Robinson Crusoé?" demandait-elle page 393.

    Pour nous donner enfin la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je le jure Rigolant

     

  • B comme Bruxelles et B comme Brendel

    Je l'ai déjà dit, il y a de ces jours où j'aimerais vivre à Bruxelles.

    Comme dimanche et lundi derniers, pour pouvoir assister à la conférence donnée par Alfred Brendel. Son titre seul est déjà alléchant: "Does classical music have to be entirely serious?"

    Poser la question, c'est y répondre Langue tirée

    http://www.bozar.be/webpage_broadcastitem.php?broadc_id=1426

    Depuis qu'il a quitté la scène en 2008, Alfred Brendel parcourt le monde avec cette conférence qu'il illustre bien sûr lui-même au piano. J'aurais aimé y assister, c'est vrai.

    Le rire, c'est bon pour la santé.

    Mais en ce moment, ce qui manque plus encore à ma santé que le rire, c'est du temps de repos.

    Conclusion: je me consolerai en me disant que même si je vivais à Bruxelles, j'aurais été trop épuisée pour pouvoir assister à sa conférence.

    Vivement ce soir qu'on se couche Clin d'œil

    Ah! mais j'y pense, ce soir je vais à Bruxelles... voir Salomé!

  • Adrienne et son cabinet de curiosités (2)

    Dans la petite maison enserrée entre deux autres, la petite demandait toujours la permission. Pour tout. C’était la règle.

    - Je peux aller au salon ? demandait-elle à sa grand-mère.
    - Et pour quoi faire ?
    - Pour regarder les photos. Je peux ?

    Elle pouvait.

    Dans le grand salon où les cadres des ancêtres pendaient un peu de travers, il y avait de part et d’autre de la cheminée les deux armoires qui trônent aujourd’hui dans le living de la petite fille. L’une était surmontée d’un miroir et l’autre d’un second étage où grand-mère rangeait ses beaux verres à vin et ses « dés à coudre » pour servir les liqueurs.

    C’est dans celui-là qu’il y avait le tiroir aux photos. Grand-mère n’avait jamais pris le temps de les classer ni de les coller dans un album, alors ils étaient là, pêle-mêle, pour le plus grand bonheur de la petite fille.

    Des bébés inconnus couchés sur des peaux de mouton et qu’elle scrutait longuement pour essayer d’y reconnaître un neveu ou un cousin de grand-mère. Des communiants et des communiantes rivalisant d’attitude pieuse, le chapelet autour des doigts ou la main posée sur un missel. Des mariés de temps anciens, où la jeune épousée ne portait ni voile ni robe blanche. Puis les mariés de l’après-guerre, cachés dans un fouillis de tulle et des étalages de fleurs : du mari on voyait à peine le buste. D’anciennes photos de famille où, au grand étonnement de la petite fille, l’homme était assis mais sa femme et ses enfants debout autour de lui. Des photos de jeunes fille qui avaient été prises dans un studio de photographe et dont parfois des détails du vêtement ou de la coiffure avaient été retouchés. Il y avait aussi, sous forme de carte postale, des portraits envoyés d’Amérique par le grand-oncle César pour qu’on voie son air florissant et des photos de petits enfants noirs envoyés par une sœur missionnaire au Congo.

    La petite fille subissait chaque fois la même fascination et rêvait de temps et d’horizons lointains.

    Elle essayait de mettre un peu d’ordre : ici les photos de vacances, les plus vieilles toutes petites et carrées et parfois dentelées, avec la promenade de Knokke-le-Zoute, des sapins d’Ardennes, des maisons alsaciennes, des ruines allemandes, la grotte de Lourdes. Avec la Citroën Rosalie du grand-oncle Gustave ou l’Hillman du grand-père. Là, les photos de grand-mère quand elle était petite fille, une ou deux photos de grand-père à seize ans – celle dont il était si fier et qu’il aimait à montrer pour faire admirer comme il était beau, à seize ans, avec tous ses cheveux. Des photos de sa mère, à tous les âges et aussi une de son papa, tout jeune, avec le même modèle de pantalon que celui de Tintin et une houppette de cheveux qui se redressent en haut de la tête.

    ***

    Si votre grand-oncle Gustave avait une Citroën Rosalie, vous marquez un point Langue tirée

    Si vous avez souri pour la culotte de golf et la coiffure de Tintin, vous avez un autre point Clin d'œil

    Si vous voulez continuer à faire le tour du cabinet de curiosités, revenez le 2 mars Cool

  • Première fois au Vlaamse Opera

    Comme vous le savez depuis lundi dernier, je suis allée voir ailleurs Innocent

    J'ai donc pu faire une étude comparative des mérites de La Monnaie et du Vlaamse Opera...

    J'y ai vu un jeune ecclésiastique en soutane. Je croyais que ça n'existait qu'à Rome Langue tirée.
    J'y ai vu un monsieur qui dormait déjà dix minutes avant le lever du rideau et qui ne s'est réveillé qu'à l'entracte. Ce qui ne l'a pas empêché d'applaudir avec force et conviction.
    J'y ai vu des vieilles dames qui minaudaient:

    - Votre épouse me dit que je peux m'asseoir ici, à côté de vous... ça vous va?

    D'autres qui médisaient:

    - Oh je ne pense pas qu'ils iront chez Marcelle. Ils n'y vont que quand ils sont malades.

    J'y ai entendu toutes sortes de banalités mais sans doute l'époque des soldes y était pour quelque chose:

    - Moi mes chaussures je les use, mais elle, non.

    - C'était bleu et blanc, avec des oursons...

    Parfois, tout de même, quelqu'un parlait musique:

    - Rossini, c'est toujours bien!

    - Moi je vais chaque année à Pesaro! Je suis très rossinienne!

    Bref, ça volait très haut Cool