• Dernière trouvaille

    Dans notre vie, me dit un de mes élèves friandises, tous les faits s'enchaînent et il n'y a pas de hasard. C'est la destinée, c'est la marche du destin qui nous pousse et nous entraîne. Nous ne pouvons rien y faire. (1)

    Illustration:

    Mercredi après-midi, l'amie qui m'accompagne généralement à la piscine vers 14.00 h. déclare forfait.

    Je peux donc y aller quand je veux si je veux Cool

    Voilà pourquoi, vers 14.00 h. je visite mes blogamis en dégustant un thé.

    C'est ainsi que je lis cette phrase:

    "À ces immarcescibles recettes que l'on pourra rechercher dans les soixante-quinze romans et vingt-huit nouvelles où la répartition traditionnelle des rôles est parfaitement respectée (...)" (2)

    Immarcescible? Jamais je n'avais entendu ce mot-là!

    ***

    CQFD: grâce à l'amie qui n'est pas allée nager hier, j'ai appris un nouveau mot Rigolant

    Et découvert ceci: http://www.monpetitcoin.com/dico/dicoI.html

    Vous voyez comme les faits s'enchaînent? me dirait mon élève friandise.

    ***

    (1) j'aime beaucoup discuter avec lui sur ces questions de déterminisme et de liberté individuelle, surtout que je refuse d'être toujours d'accord avec lui et que je lui fais un tas d'objections... c'est super Cool et comme dit Daniel Pennac, c'est stimulant!
    Pour les "élèves friandises", je le cite dans Chagrin d'école:
    "Tu étais un élève friandise!
    C'est ainsi que, devenu professeur, j'appelais (in petto) mes excellents élèves, ces perles rares, quand j'en trouvais un dans ma classe. Je les ai beaucoup aimés, mes élèves friandises! Ils me reposaient des autres et me stimulaient. Celui qui pige le plus vite, répond le plus juste, et avec humour souvent, cet oeil qui s'allume, et CETTE DISCRETION DANS L'AISANCE, qui est la grâce suprême de l'intelligence"

    (2) http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2012/05/29/ou-vous-degustez-messieurs.html

  • Z comme ZUT!

    Zut! réunion tard hier soir et manque de sommeil qui s'accumule

    Zut! Zeta et Jones avaient toutes les deux trouvé un adoptant mais les deux ont changé d'avis ("maman ne sera pas d'accord" / "mon fils n'a pas eu la patience d'attendre")

    Zut! pour la direction, PUNITION et REGLEMENT passent avant l'HUMAIN

     

    et comble de zut: ce matin je n'avais pas accès à mon blog Langue tirée

     

    allons, bonne journée à tous quand même!

  • Y comme Yvonne

    Toutes les lettres qu'Yvonne a envoyées au camp de Beverloo sont perdues, malheureusement. De cette nombreuse correspondance, il ne reste que quelques cartes illustrées.

    Comme celle-ci, par exemple:

    005 - kopie april 1925.JPG

    avec ces quatre vers de Lamartine où amour rime avec toujours...
    "Je pense à toi", lui écrit-elle au verso.

    ***

    rendez-vous le mois prochain, pour la deuxième lettre de son petit caporal?
    Clin d'œil

  • Facteur X

    Elle avait ce regard buté de celle qui a bien décidé de ne pas changer d'avis:

    - Le 18 mars, j'aurai 18 ans et j'arrêterai l'école!

    On voyait qu'elle comptait les jours, qu'elle voyait cette échéance comme une délivrance.

    Et en effet, rien de ce que j'ai pu lui dire n'a réussi à la faire changer d'avis: un avenir sans aucun diplôme ni qualification ne lui semblait pas être un problème. Elle travaillerait, m'assurait-elle.

    D'ailleurs, elle travaillait déjà, comme serveuse dans un café un peu douteux. Mon coeur tremblait pour elle.

    ***

    Samedi dernier, à la journée portes ouvertes, la voilà qui vient me faire un petit bonjour. Dans ses bras, elle a un bébé de quatre mois. Une petite fille. Son bébé, qu'elle s'est empressé de faire dès qu'elle a quitté les bancs de l'école.

    - Si vous saviez, me dit-elle, comme je regrette d'avoir arrêté l'école!

    ***

    Pour qu'un élève mène ses études à terme, bien sûr il lui faut un minimum de capacités. Bien sûr, il faut des profs compétents.

    Mais le troisième facteur essentiel, c'est l'entourage! L'école est complètement démunie quand l'entourage familial ressemble à celui de la jeune fille dont je parle aujourd'hui: un père "absent", une mère à l'autre bout du pays (1), dans une Xième relation, qui se désintéresse ou se désimplique...

    Elle vivait avec l'ancien compagnon de sa mère et la nouvelle compagne de celui-ci. Qui lui avaient fait savoir qu'à 18 ans il serait temps qu'elle se débrouille sans eux. Alors elle les avait quittés pour aller vivre avec son copain. Comme je voulais joindre un adulte 'responsable', je suis finalement arrivée chez les parents de ce copain. Mais ils lui donnaient raison: qu'elle travaille! ce n'était pas à eux de s'occuper de ses études.

    Il y a des jeunes dont la vie, à 18 ans, est déjà tout un roman.

    ***

    - Mais vous savez, me dit-elle, en septembre prochain je vais suivre une formation d'aide-soignante!

    Rien ne pouvait me faire plus plaisir! Je crois bien qu'elle l'a vu et que ce message est passé Bisou

    - Tu es une fille intelligente, lui ai-je encore dit, tu réussiras!

    Alors vous comprenez pourquoi je vous disais l'autre jour que les jeunes sont formidables?

     ***

    (1) sa mère vivait dans les environs de Liège alors que nous sommes en Flandre

  • W comme wagon de train

    - Prévois des vêtements chauds! m'avait dit ma carissima nipotina (1).

    On était le 19 mai, le soleil brillait, la météo annonçait du beau temps pour le week-end, mais j'ai fait ce qu'elle m'a conseillé: pour mes deux journées ostendaises, j'avais de bonnes chaussures, des chaussettes de laine, mon gros pull à col roulé, le plus chaud de mes pantalons et ma veste doublée. J'avais même prévu les gants et le serre-tête Langue tirée

    Sur le quai de la gare, à huit heures du matin, il faisait déjà beau et doux.

    - J'aurais mieux fait de prévoir un short et des tongs, me dis-je en photographiant les coquelicots qui se balaçaient mollement au soleil.

    Car c'est le long du chemin de fer qu'on trouve les plus belles espèces dites sauvages... et en ce moment les plus beaux tapis de coquelicots.

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    Ce qui m'a fait penser à Coumarine... (2)

    - C'est étrange, pensai-je, comme des gens qu'on n'a jamais vus et dont on ne sait presque rien peuvent prendre une telle importance. Mes blogamis sont de ceux-là.

    Alors pour toi, Coumarine, si jamais tu passes par ici, ce coquelicot:

    132 - kopie.JPG

    (1) pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/04/03/c-comme-carissima-nipotina.html

    (2) et pour ceux qui ne connaîtraient pas Coumarine: http://coumarine.blogspot.com/

  • V comme vocation

    - Moi, me dit E***, 18 ans, sportive émérite et femme à poigne, je voudrais bien devenir prof!
    - Ah bon? dis-je, étonnée par cette vocation soudaine chez une élève réfractaire à tout ce qui est scolaire. Et pourquoi donc?
    - Je pense que ça me plairait, de donner du travail aux élèves et d'être le maître dans la classe! me fait-elle avec son sourire mi-enjôleur, mi-sadique.

    Je vous épargne la suite du dialogue (j'ai essayé de lui faire comprendre que le goût du pouvoir était incompatible avec le métier d'éducateur) et je vous rassure: E*** n'est pas devenue prof.
    Aujourd'hui, cinq ans plus tard, elle est kiné et maîtresse, j'en suis convaincue, dans sa pratique Clin d'œil

    ***

    Pourquoi je me souviens ces jours-ci de cet entretien?
    Parce que je pense qu'on ne dit pas assez combien les jeunes sont formidables et à quel point le métier de prof est une vocation.

    Je bouillonne chaque fois que je lis ou entends que "le niveau baisse", je fulmine chaque fois que des gens se plaignent des "jeunes d'aujourd'hui", j'enrage chaque fois qu'on ne prend pas les jeunes au sérieux et qu'on ne leur donne pas ce auquel ils ont droit: le meilleur!

    Car oui, je suis un prof exigeant. Tous mes élèves vous le diront Langue tirée

    ***

    Coda:

    L'inspecteur s'est approché de la maîtresse et il lui a serré la main. "Vous avez toute ma sympathie, Mademoiselle. Jamais, comme aujourd'hui, je ne me suis aperçu à quel point notre métier est un sacerdoce. Continuez! Courage! Bravo!" Et il est parti, très vite, avec le directeur.

    Le petit Nicolas, Sempé et Goscinny, Folio n° 423, page 47, "On a eu l'inspecteur"

    Un sacerdoce, c'est exagéré, cher monsieur Goscinny. C'est tout simplement le plus beau métier du monde.
    Pour moi Cool

     

  • U comme univers

    Notre univers ne serait pas vraiment "unique": il semblerait que nous devrions plutôt adopter le mot "multivers".

    Vilain mot, me dis-je en lisant l'article dont je vous donne le lien ci-dessous (1). En néerlandais, il passe encore (universum/multiversum) mais en français, il me semble qu'il faudra inventer un autre vocable. Ou alors il faut juste s'y habituer?

    Bien sûr, les scientifiques n'en sont qu'au stade de l'hypothèse. Mais elle me semble intéressante.

    Bien sûr, je n'y connais rien. Quand j'avais 15 ans et que je devais choisir une filière, j'ai voulu suivre l'option latin-sciences. Mais elle n'existait pas dans mon école et la prof que mes parents ont consultée leur a dit que cette filière me décevrait (qu'en savait-elle?) et que je ferais mieux de rester en latin-grec (2). Amen. Pour mes parents, tout était dit.

    Bien sûr, je n'en ai pas été malheureuse: j'ai toujours beaucoup aimé étudier les textes grecs. Mais il me reste l'idée d'un manque: un manque grave de connaissances scientifiques que la lecture de mille articles scientifiques ne peut pas pallier.

    Même si Michel Serres prétend que tout le savoir est aujourd'hui à la portée de chacun et que "tout le monde a déjà le savoir annoncé. En entier. A disposition. Accessible par Web, Wikipédia, portable, par n'importe quel portail. Expliqué, documenté, illustré, sans plus d'erreurs que dans les meilleures encyclopédies. Nul n'a plus besoin des porte-voix d'antan" (in Petite Poucette, Edition le Pommier, 2012).

    Je suis un porte-voix d'antan Langue tirée

    ***

    (1) http://www.knack.be/nieuws/wetenschap/er-zijn-oneindig-veel-heelallen/article-4000101426552.htm?nb-handled=true&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-23/05/2012&utm_campaign=Newsletter-Site-Knack-NL-nl

    (2) et elle était ma prof de latin et de grec...

  • T comme tulipes

    Je suis déjà "hors-saison" mais je tiens à vous montrer encore quatre photos de tulipes prises au château de Groot-Bijgaarden (Grand-Bigard) fin avril.

    Alors avis aux amateurs... et une petite pensée pour ma grand-mère Adrienne dont c'étaient les fleurs préférées:

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    des tulipes par vagues successives au bord de l'eau

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    la photographe s'est amusée avec un avant-plan de bourgeons Rigolant

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    ma préférée, pour son foisonnement de tulipes blanches au pied de beaux arbres
    (j'ai offert à Lali celle où on voit les fleurs de plus près; suivre le lien à côté pour aller sur son blog)

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    et une dernière, pour ceux qui aiment les motifs géométriques

    That's all, folks Clin d'œil

    Encore merci les amis!

     

     

     

  • Stupeur et tremblements d'anthophile

    Lundi après-midi, nous lisions le Dormeur du val d'Arthur Rimbaud.

    Quand nous en étions au premier tercet,

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    je leur traduis le mot 'glaïeuls': 'gladiolen' mais je vois bien à leur mimique que la traduction ne les aide pas beaucoup. Alors je demande:

    - Vous savez ce que c'est, des glaïeuls?

    Les plus courageux font non de la tête, les autres continuent à me regarder puis suivent le mouvement: non, ils ne savent pas.

    Je suis étonnée à chaque fois que je constate combien mes élèves connaissent peu les fleurs. Pour certaines, comme la pervenche (leçon sur les adjectifs de couleur: le bleu pervenche) je prévois le coup et je me munis de jolies photos.

    Mais cette année, pour la première fois, une classe entière ne réussit pas à s'imaginer à quoi ressemblent des glaïeuls.

    Il est vrai qu'ils sont un peu passés de mode et qu'on n'en voit plus guère chez les fleuristes...

    Alors j'ai pris mes vieux catalogues Gonthier (si joliment illustrés) et un gros coup de nostalgie... (http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20110813_00032183)

    Mais ça, c'est une autre histoire Clin d'œil

    Demain sur ce blog on se fait une dernière orgie de tulipes Cool: pour les glaïeuls, ce n'est pas encore la saison...

  • 22 arbres

    Je me fais plaisir aujourd'hui avec 22 arbres Cool ou plus modestement une première série de onze.

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    Groot-Bijgaarden: la photographe s'est amusée à jouer avec de l'eau Rigolant

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    et les canards aussi étaient à la fête!

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    le tronc moussu d'un pommier, pour ceux qui ont perdu le nord...

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    beaux arbres et beaux rhododendrons devant le donjon du château
    (cette phrase ressemble à un virelangue Langue tirée)

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    fin avril: les bourgeons étaient magnifiques!

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    beaux arbres à l'entrée du château de Laeken (huit heures du soir)

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    la foule était dense pour la visite nocturne des serres royales

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    devant le château de Laeken, encore de beaux arbres et les ombres du soir

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    faudra que j'y retourne pour noter le nom de ce magnifique spécimen Clin d'œil

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    le 29 avril, le soleil s'est couché à 21.01 h., heure à laquelle j'ai encore voulu prendre cette photo de cerisier à fleurs, pour sa beauté blanche... j'aime beaucoup les fleurs blanches Sourire

    105 - kopie Drie Fonteinen.JPG

    et voici la dernière, prise au parc des Trois Fontaines (Vilvoorde) le matin...
    après quoi la photographe folle (au sens biblique) n'a plus rien pu photographier faute de piles.
    Et pourtant, il y en a, de beaux arbres, dans ce parc!

    Merci aux amis qui m'ont fait découvrir ces merveilles bruxelloises Bisou

  • R comme rhubarbe

    Du pain à la rhubarbe, vous n'en trouverez pas beaucoup de recettes sur le net. Et si vous en trouvez, il s'agira en fait de "cake à la rhubarbe".

    Mais il en faut plus que ça pour me décourager (1)

    J'ai donc pris 500 grammes de farine neuf céréales (2) et au lieu d'y ajouter les habituels 270 ml d'eau, j'y ai mis trois quarts de litre de ma purée de rhubarbe (voir à la lettre D du 5 de ce mois http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/05/05/d-comme-debauche.html) et bien sûr une mesurette de levure. J'y ai aussi ajouté 200 grammes de poudre d'amandes, pour "anoblir" le produit fini Clin d'œil

    Ensuite, hop! c'est la machine à pain qui travaille... mal, d'ailleurs, je crois que j'aurais dû y mettre d'abord la purée de rhubarbe et après seulement la farine, parce qu'en fin de pétrissage il restait une couche de farine dans le fond de la cuve. J'ai dû salir quelques ustensiles pour touiller le tout et remettre en marche quelques minutes.

    - Pourquoi trois quarts de litre de purée de rhubarbe? me direz-vous.
    - Et bien, vous répondrai-je, tout simplement parce que c'était la quantité qui me restait. Et vu que l'art culinaire est une science plutôt exacte, j'ai eu beaucoup de chance: ces proportions ont donné un résultat valable.

    Voici la chose prête à lever:

    131 - kopie.JPG

    Ceux qui trouveraient la couleur peu ragoûtante devraient utiliser de la farine blanche Cool

    Ensuite je l'ai mis au four pour trois quarts d'heure et je n'ai pas attendu qu'il soit froid pour en manger - j'étais d'ailleurs tellement pressée d'y goûter que je ne lui ai pas laissé le temps de bien lever, voyez les heures affichées sur les photos - d'où ce résultat-ci:

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    - Et au goût, me direz-vous, ça ressemblait à quoi?
    - Voilà une question difficile. Je suis persuadée que si je l'avais fait goûter "à l'aveugle", personne n'aurait deviné la présence de ces trois quarts de litre de purée de rhubarbe.

    En résumé: ça tenait effectivement plus du cake que du pain, sauf que c'était peu sucré, légèrement acidulé et d'une texture assez compacte.

    - Et si tu devais le refaire?
    - Si je le refaisais, j'essaierais des variantes. J'y ajouterais probablement des noix ou des pignons de pin... Et surtout: je laisserais à la pâte le temps de se reposer et de lever!

     ***

    (1) je crois que c'est exactement ce péché d'orgueil dont je souffre et que les anciens Grecs désignaient par le mot hubris (ὕϐρις) Langue tirée

    (2) je n'ai que ça, j'aime le pain foncé avec plein de petites graines dedans, ce qui faisait dire à l'homme-de-ma-vie que je me nourrissais de "vogelzaad" (du grain qu'on donne aux oiseaux en cage)

  • Le bilan du 20

    "Dis Adrienne, il me semble que tu parles souvent de choses que tu n'aimes pas manger (ou boire)", écrivait Anémone dans un commentaire vendredi dernier.

    Incontinent, qui fut bien étonné ?
    Ce fut Marot, plus que s'il eût tonné.

    Enfin, dans ce cas-ci, l'étonnée s'appelait Adrienne Clin d'œil

    Voici donc, en guise de bilan du 20, tout ce que j'aime manger (ou boire):

    1.tous les légumes frais ... mais un peu moins le chou rouge, il est vrai (1)

    2.tous les légumes secs... même le pois chiche que j'ai appris à manger grâce à mes amis nord-africains

    3.tous les fruits frais... donc pas tellement sous leur forme déshydratée, comme les raisins secs

    4.tous les fruits à coque (noix, amandes...)... surtout en pâtisserie

    5.tous les poissons... mais pas trop secs-salés-fumés, comme le hareng saur (2)

    6.tous les crustacés... miam le homard, le crabe, les crevettes grises (bof les roses)

    7.tous les produits laitiers... même si mon médecin trouve qu'il vaut mieux ne pas manger trop de fromage

    8.toutes les céréales... mais pas vraiment dans leur version sucrée

    9.le riz et les pommes de terre sous toutes les formes et de toutes les couleurs: ce n'est pas moi qui ferai du Montignac ou d'autres genres de régimes sans glucides!

    10.toutes les sortes de pain... du moment qu'il a du goût (3)

    11.toutes les sortes de pâtes... quasiment à toutes les sauces, de la plus blanche à la plus noire, ou même sans, juste arrosées d'une bonne huile d'olives... hmmm...

    12.la viande... mais ni le cheval, ni les exotiques (genre crocodile) par principe (4)

    13.le gibier... hélas, en contradiction complète avec mon dégoût des chasseurs

    14.la volaille... mais je préfère être sûre que les conditions d'élevage et d'abattage ont été "correctes"

    15.les herbes... ah! les bonnes herbes, l'estragon, le cerfeuil, le persil plat, la ciboulette, le basilic...

    16.les épices... pour certaines avec modération parce qu'elles me font pleurer Clin d'œil

    17.les desserts, surtout s'ils sont aux fruits, aux amandes ou au chocolat

    18.pas de friandises ni de gâteaux secs (j'ai été élevée sans bonbons et je m'en passe facilement) mais du chocolat et des pralines... ahlala!

    19.à l'âge de cinq ans, j'ai déclaré la guerre à la soupe, mais j'ai rendu les armes

    20.enfin, pour les boissons, je vous accorderai que je suis plus difficile: je ne bois jamais de bière, jamais de cocktails, jamais d'alcool fort, jamais d'apéritifs, jamais de boissons sucrées ni gazeuzes. Les bulles, je les aime dans le champagne. Ma boisson préférée, c'est l'eau plate mais avec le repas j'apprécie un verre de vin. J'aime le thé et il y a des amis qui me font du si bon café que chez eux j'en prends même deux Bisou

    ***

    (1) dans mon billet sur le chou rouge, je m'étais un peu laissé aller, il est vrai Langue tirée

    (2) ni de ceux qu'on ne pourrait plus pêcher (pour des raisons écologiques) ou de ceux qui viennent du continent africain et n'ont pas "les mains propres" si je puis dire, en parlant de poissons

    (3) petite parenthèse pour reparler de mon père qui, à la clinique, trouvait que la pire chose était le pain,  avec son "goût de carton-pâte"

    (4) mais pas le foie de veau parce qu'il me rappelle la souffrance de ma grand-mère Adrienne, qu'on forçait à en manger sous prétexte qu'elle était anémique



  • Question existentielle: fille ou garçon?

    Fille ou garçon?

    Si c'est un garçon, je le garde. Si c'est une fille, je ne la garde pas.

    Non, il ne s'agit pas ici du sort réservé à de nombreux foetus chinois, indiens ou autres... mais voilà ce que je me disais en découvrant les bébés chats de mama Moussa.

    Comme habituellement la jeune femelle chasse la plus âgée, je ne voudrais pas que ce sort cruel incombe à cette pauvre mama Moussa dans ses vieux jours: où irait-elle, à l'âge qu'elle a? Douze ou treize ans, ça me semble assez vénérable pour avoir le droit de finir ses jours tranquille, dorlotée par son fiston Pipo avec qui elle ne diffère que d'un an.

    Il fut un temps où j'étais experte dans la détection, dès la naissance, de ces deux minuscules têtes d'épingle à peine visibles mais qui faisaient toute la différence car elles permettaient de déclarer quel chaton était un futur matou.

    Or cette fois-ci, j'ai tourné et retourné les deux petites bêtes plus de dix fois sur le ventre pour observer la chose... pas de petites têtes d'épingle à voir.

    Qu'allais-je en faire, si c'étaient deux filles?

    D'abord les débaptiser Langue tirée

    Les mener chez le vétérinaire pour les euthanasier? En théorie, ça peut marcher, mais en pratique, c'est infiniment plus difficile, surtout que je me promène avec eux dans mes poches et qu'ils commencent à bien me connaître

    zeta jones mei 2012 (2) - kopie.JPG

    là Zeta&Jones n'ont que quatre jours et entrent à deux dans la même poche Cool

    zeta jones mei 2012 (6) - kopie.JPG

    ici Zeta est âgée de 20 jours et il leur faut chacun une poche 

    Bon, voilà, vous avez compris, je pense Clin d'œil

    Solution numéro deux: les garder quand même? Ce n'est pas vraiment une option, voir plus haut le problème de territorialité chez les femelles.

    Solution numéro trois: les proposer à l'adoption? Oui, mais à qui?

    Et puis hier, en mettant leurs photos sur fb (of all places!), j'ai eu dans la minute un tas de "j'aime" et de réactions délirantes.

    - Ils sont à adopter, ai-je alors écrit.

    Et j'ai déjà deux anciennes élèves qui sont candidates à l'adoption...

    Mais bon, affaire à suivre: je ne serai tranquille que quand la chose sera faite.

  • P comme...

    Une nuit, saisie d'une petite faim, j'ai grignoté un morceau de chambre.

    La saveur en était doucereuse et vaguement épicée. La cannelle dominait nettement, me sembla-t-il. Mais il devait y avoir aussi de la cardamone et de l'anis étoilé.

    Bien sûr, j'aurais aimé gardé la maison intacte aussi longtemps que possible. Mais que voulez-vous... c'était si tentant!

    Et puis, ça se verrait à peine.

    Ainsi me consolai-je, toute fière de n'avoir pas touché au toit ni aux fenêtres, pourtant bien plus tentants que les murs de la chambre!

    Le toit était fait de petites plaques de chocolat et les fenêtres en sucre filé.

    ***

    P comme... peperkoekenhuisje

    Langue tirée

    j'en ai trouvé une ici qui a l'air délicieuse:
    http://www.dominiquecordel.com/l-astuce-du-chef/

  • O comme oreille

    Quand mon voisin veut bavarder tranquillement au téléphone, loin des oreilles indiscrètes de sa petite famille, il vient le faire dehors.

    Ce qu'il oublie, c'est qu'à vingt ou trente mètres de là, il y a moi, dans le silence de mon jardin, en train de gratter la terre.
    Ce qu'il oublie aussi, c'est la tendance que tout le monde a de parler à son interlocuteur comme s'il était dur d'oreille. Lui en tout cas n'échappe pas à cette règle.

    N'est-ce pas un étrange paradoxe qu'on puisse à la fois faire la sourde oreille et que cependant rien de ce qui est dit ne tombe dans l'oreille d'un sourd? Ou d'une sourde, plutôt, dans le cas présent.

    Alors je ne sais jamais si je dois me manifester - tousser bien fort? converser avec mes chats? faire cliqueter quelques outils? pousser la chansonnette? - ou au contraire rester accroupie sur mes mauvaises herbes pour ne pas le mettre mal à l'aise en lui faisant comprendre qu'il est sur écoute...

    Mais qu'il dorme sur ses deux oreilles: je sais fermer les miennes Langue tirée

  • N comme "no message today"

    ... ou pour les francophiles: "Nul message aujourd'hui"

    parce qu'avant-hier (lundi soir) j'ai eu l'examen d'italien

    et hier (mardi soir) l'examen d'espagnol.

    Alors vous comprenez, je suis un peu vidée et complètement itagnolisée.

    Heureusement, le mal n'est pas contagieux.

    A demain pour un billet qui sera intitulé O comme oreille Cool

  • M comme monologue

    Un ami est juge en correctionnelle. Jamais il ne nous raconte d'anecdotes de prétoire ni ne nous abreuve de ses connaissances juridiques.

    Un ami est fou de moto et sillonne la planète sur son deux-roues. Jamais il ne nous impose ses histoires de voyages ni ne discourt sur la meilleure façon d'entretenir la mécanique.

    Un ami a un bureau d'assurances et d'investissements. Pensez-vous qu'il m'entretienne des cours de la bourse ou me raconte ses visites chez ses clients?

    Mais l'autre jour autour de la table il y avait parmi nous un vrai pro. Dans deux domaines.

    D'abord, il est bricoleur: il nous a entretenus pendant plus d'une demi-heure sur l'acquisition et l'utilité de sa nouvelle machine à raboter, expliquant longuement comment tenir les planches et quelles courbes parfaites il pouvait obtenir.

    Ensuite, il lui arrive de préparer le repas. Sa spécialité, c'est le riz: il lui a fallu une autre demi-heure pour nous exposer l'art de bien cuire le riz (en général) et le riz au lait (en particulier).

    Cependant personne, autour de la table, ne pourra mettre à profit ses conseils d'expert car il a conclu en nous disant:

    - Evidemment, l'essentiel dans cette recette, c'est d'avoir du bon lait. Et ça ne se trouve pas dans le commerce.

    Lui, par contre, a sélectionné une fermière qui a sélectionné ses vaches et qui lui sélectionne son lait pour la bonne cuisson du riz.

    - C'est du lait, nous dit-il d'un air docte et l'index levé, qui fait 60 % de matière grasse!

    ***

    Il faut, dit Jules Renard, pour soutenir une conversation en société, savoir une foule de choses inutiles.

    Alors pour ceux qui voudraient à leur tour faire un exposé sur le lait, voir ici: http://www.fao.org/docrep/T4280F/T4280F04.htm, histoire d'être correctement documenté Innocent

  • L comme lettre

    Ferney, le 27 mars 1762

    Vous me demanderez peut-être, mes divins anges, pourquoi je m'intéresse si fort à ce Calas, qu'on a roué ; c'est que je suis homme, c'est que je vois tous les étrangers indignés, c'est que vos officiers suisses protestants disent qu'ils ne combattront pas de grand cœur pour une nation qui fait rouer leurs frères sans aucune preuve.

    Je me suis trompé sur le nombre des juges, dans ma lettre à Monsieur de la Marche. Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent. S'il avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous. À quoi tient donc la vie des hommes ? À quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi parce qu'il ne s'est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille ! On l'aura accusé d'avoir pendu son propre fils, tandis que ses quatre autres enfants crient qu'il était le meilleur des pères ! Le témoignage de la conscience de cet infortuné ne prévaut-il pas sur l'illusion de huit juges, animés par une confrérie de pénitents blancs, qui a soulevé les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la roue qu'il était innocent ; il pardonnait à ses juges ; il pleurait son fils auquel on prétendait qu'il avait donné la mort. Un dominicain, qui l'assistait d'office sur l'échafaud, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement qu'il est mort. Il ne m'appartient pas de condamner le Parlement de Toulouse ; mais enfin il n'y a eu aucun témoin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu'à des juges prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient pénitents blancs ; ils peuvent s'être trompés. N'est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins représenter les motifs de l'arrêt ? Cette seule démarche consolerait tous les protestants de l'Europe et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? Ne pourriez-vous pas engager Monsieur le comte de Choiseul à s'informer de cette horrible aventure qui déshonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu'il soit innocent ? Il y a certainement, d'un côté ou d'un autre, un fanatisme horrible ; et il est utile d'approfondir la vérité.

    Mille tendres respects à mes anges.

    Lettre de Voltaire au comte et à la comtesse d'Argental

  • K comme keyword activity

    Une fonctionnalité me permet de voir par quels mots de recherche on arrive sur mon blog.

    C'est fascinant Surpris

    Première constatation, les gens semblent surtout être en quête de photos.
    Ce qui veut donc dire qu'on pille allègrement.
    Parfois des blogueurs mentionnent que leurs photos ne sont pas libres de droit: aucune photo ne l'est, en fait, mais je me demande qui ça retient.

    Ainsi, ceux qui cherchent des photos d'orties, de chat roux, de Bruxelles ou de Venise arrivent chez moi. Pareil pour la ouate thermogène, El Desdichado, Ostende ou Louvain. Jusque-là, rien que de très normal, on trouve effectivement ces choses sur mon blog. Le dernier best-seller (si j'ose dire) étant le sonnet en X de Mallarmé. Mais au top trois de la recherche de photo il y a sans conteste le calendario romano (avec ses prêtres sexy), les fresques de Ghirlandaio (chapelle Tornabuoni) et les gondoles de Venise (de préférence sous un pont).

    La deuxième catégorie (j'aime classer les choses, en tout cas sur mon blog, si pas sur mon bureau Langue tirée) est formée par les écoliers et étudiants apparemment en quête de résumés, d'analyses de texte et autres incipits. Arrivent ainsi chez moi des gens à la recherche d'une "analyse du temps chez Orlanda de Jacqueline Harpman" ou du "résumé du poème de Verlaine L'ombre des arbres". Quelques fois je me suis demandé si ceux qui cherchaient une "rédaction souvenir d'enfance" avaient trouvé parmi mes souvenirs celui qu'il leur fallait...
    C'est bien pour ça que je ne parle quasiment jamais ici des textes que je lis en classe ni des devoirs que je donne, j'aurais bien trop peur qu'un de mes élèves trouve mon blog Embarrassé

    Et puis... et puis il y a tout le reste.

    Les touristes qui cherchent des chocolatiers à Jette, la maison natale de Raphaël à Urbino, les heures de visite du château de Laken...

    Ceux qui s'inquiètent pour la famille: qui est le père de Joachim Du Bellay? comment s'appelle la cousine de Mozart? ("avec qui il sentent très bien", ajoute-t-on)

    Les apprentis bricoleurs, qui veulent "retirer des taches blanches sur les tuiles romaines" (moi je leur ai retiré quatre fautes d'orthographe et de grammaire), "piéger une porte de garage contre le vol" (trois pièges orthographiques dans leur question) ou "des trucs en fer forgé".

    Ceux qui cherchent la potion magique pour faire pousser la pelouse ("pourquoi ma pelouse ne pousse pas bien?") ou les cheveux ("recettes de grand-mère pour faire pousser les cheveux")

    Les herboristes en herbe, à la recherche de photos d'égopode, d'aspérule, de rhodo (ah mon yakushimanum doit fleurir déjà sur mille autres blogs!), de graines de muguet et d'une "herbe sauvage sans feuille et sans racine qui naît au coeur des plantes".

    Les clients de toutes sortes, qui veulent les toilettes de Kennedy (ne me demandez pas comment ça arrive chez moi!), un bureau rangé (LOL), du pastador côte d'or, des filles nues, une femme de ménage qui débarrasse la table (LOL bis), des "spots pour une terrasse extérieure" (!), des "trains hollandais" ou un "passe-temps lucratif"!

    Je passerai pudiquement sur le chapitre de la nudité, je vous dirai simplement que quelqu'un cherchait une "Adrienne à poil" et que les voies googliennes l'ont dirigé sur mon manteau en poil de chameau.

    Bref, je crains fort d'en avoir déçu plus d'un, celui de l'"Adrienne à poil" comme celui de "la nunuche qui a froid" ou du "proverbe du nez qui chatouille".

    Mais si vous, chers lecteurs, avez moitié ri en lisant tout ceci que moi en l'écrivant, je serai une blogueuse comblée Sourire

    Ceci étant dit, bonne fête à toutes les mamans de Belgique... et aux autres, d'où qu'elles soient!

  • J comme jolis, jolies...

    Jolis, les deux montages avec des gloriosa (Groot-Bijgaarden)

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    Jolies, ces fleurettes blanches inconnues (Groot-Bijgaarden)

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    Joli, cet arrangement printanier et parfumé en rose et blanc (Groot-Bijgaarden)

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    jolis dans leur pleine floraison et leur doux cadre vert, ces arums (Laeken)

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    jolis, les boutons de la glycine et le bleu du soir qui tombe (Laeken)

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    joli aussi le bleu de Parme de l'hortensia (Laeken)

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    jolie, la blancheur en profusion des azalées parfumées (Laeken)

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    et joli, le rose si délicat du pelargonium First Love (Laeken)

    090 - kopie Pelargonium First Love.JPG

    Merci aux amis qui m'ont offert cette beauté

  • I comme inspiration chez Lali (5)

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    Il lui avait dit:
    - Tu gardes le vélo et tu m’attends là! Je reviens tout de suite.
    Et il s’était engouffré dans le bâtiment.

    Elle ne savait pas au juste ce que c’était que ce rendez-vous “très très important”, mais ce qu’elle savait, c’est que deux heures étaient passées depuis et qu’elle commençait à avoir drôlement froid.

    Elle s’était faite belle, pourtant, avec ses collants noirs et sa minirobe de laine blanche, mais elle aurait mieux fait de prendre sa grosse doudoune…
    Enfin, heureusement qu’il lui avait laissé le journal. OK, c’étaient les pages sportives, mais quand on n’a vraiment rien à faire, c’est mieux ça que rien du tout, n’est-ce pas?
    Et puis, de cette façon, elle n’était pas obligée de voir les rares passants qui la dévisageaient.

    - Un quart d’heure, se dit-elle. Je lui laisse encore un quart d’heure et je rentre chez moi.
    Avec son précieux vélo!

    tableau de Marina Zhgivalyova pris chez Lali dans sa rubrique "En vos mots" n°239.
    http://lali.toutsimplement.be/index.php?s=en+vos+mots+239
     

  • H comme histoire à dormir debout

    Appelée à coboïndre devant le tribunal, la victime s'était vulturnée avec le plus grand soin. Fulpageant ses chaussures neuves, elle se leva à l'appel de son nom, toute bétourdie.

    - Est-il vrai, lui demanda le juge de son air le plus paterne, que l'accusé vous obligeait à vous fornidre?

    La pauvre petite voulut commencer sa triste histoire mais elle se mit à mouligner si fort que trois ou quatre bras se tendirent pour lui offrir un mouchoir.

    Sur le banc de la presse, les crivanosses noircissaient leur papier, épuisant les synonymes dépréciatifs pour ce gnomide, cette gavalouse, qui avait sali la mignonne. Le colbasson à vie, voilà tout ce qu'il méritait.

    ***

    ces irrésistibles petits mots appartiennent à Léon-Paul Fargue
    http://books.google.fr/books?id=Fvzkwu6FTV0C&pg=PA201&lpg=PA201&dq=l%C3%A9on+paul+fargue+mouliguer&source=bl&ots=HZoxc2vj13&sig=XBsQqr4GBnhhF1q2txWZxiXnM0A&hl=fr&sa=X&ei=u2qlT5jELsXE8QOdrNHrBA&ved=0CDoQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

  • G comme grimper aux rideaux

    - Un mot de travers, me dit-elle, et le voilà qui grimpe aux rideaux.

    Voilà. Vous en savez autant que moi. V*** a un mari qui grimpe aux rideaux.

    Le mien heureusement ne l'a jamais fait. Enfin, heureusement, je ne sais pas: il m'aurait bien fait rire s'il avait voulu escalader les rideaux. Surtout qu'avec son mètre nonante (je ne traduis pas, d'accord?) il touchait le plafond sans effort. Et puis les rideaux sont d'une étoffe si légère que s'il avait voulu y grimper, il les aurait déchirés. Ou arrachés de leurs rails.

    Mais V*** a donc un mari qui grimpe aux rideaux.

    ***

    - Celui-là, me dit ma mère en désignant un homme assis deux tables plus loin dans ce petit restaurant italien, celui-là il a un verre dans le nez!
    - Ah bon! dis-je en me retournant légèrement pour voir de mes propres yeux ce phénomène.

    Mais j'ai été déçue. Son nez avait l'air tout à fait normal.

    ***

    Ça me rappelle le jour où mon père a utilisé devant moi pour la première fois une expression qu'il affectionnait. Ma mère trouvait qu'il rentrait un peu tard, ce soir-là, alors il lui dit:

    - Qu'est-ce que tu veux, j'ai rencontré André Machin et il m'a tenu la jambe pendant plus d'une demi-heure!

    Alors moi j'imaginais André Machin, un gros monsieur à moustache, se plier en deux pour tenir la jambe de mon père. Ça me faisait rire aussi, mais j'ai toujours eu le rire facile Rigolant

    - Tu sais qu'il aime tailler une bavette, disait-il encore.

    Et de bavettes, à l'époque, je ne connaissais que celles qu'on mettait autour du cou de mon petit frère, qui avait deux ans.

    ***

    Alors vous comprendrez que moi qui ai l'imagination très visuelle, ça me fait vraiment beaucoup rire si on me dit de quelqu'un qu'il "lèche les bottes" ou qu'il "se casse le cul".

    C'est bien pour ça que personnellement, je "pèse mes mots" Clin d'œil

  • F comme fromage

    Lundi soir:

    - Faut manger moins de fromage, dit le docteur M. C'est mauvais pour le cholestérol.

    - Comment sait-il que j'aime le fromage? se demande Adrienne en sortant de la consultation ce soir-là.

    Justement, elle avait prévu de faire des tomates mozzarella. Un grand pot de basilic l'attendait. Et du pain aux noix.

    - Et alors, qu'est-ce que je vais manger, moi, le soir, si je ne peux plus manger de fromage? se demande-t-elle encore en tournant la clé de contact.

    Surtout qu'elle vient justement de faire le plein au supermarché samedi dernier: reblochon appellation contrôlée, mozzarella di buffala, saint-marcellin, brie au lait cru, parmeggiano reggiano, brique de brebis, bloc de comté...

    ***

    - Faut manger du fromage, dit le docteur V. Du vrai, avec un maximum de matières grasses. C'est bon pour le calcium, c'est bon pour vos os.

    Le docteur V. soigne la mère d'Adrienne... et il lui certifie qu'elle vivra centenaire Cool

    ***

    Et notre Adrienne, vous demandez-vous, a-t-elle suivi les conseils de son médecin?

    Oui, oui! Ne vous inquiétez pas!

    Elle a cessé de manger du fromage...

    Pendant presque deux jours Langue tirée

    ***

    Faudra bien mourir de quelque chose, disait mon père.
    Et une chose est sûre: ce n'est pas sa grande consommation de fromage qui l'a tué.

  • 7 fois des tulipes

    J'avais dit que j'aimais les tulipes: j'ai été servie!

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    Des beautés d'un rose nacré

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    des parterres multicolores, soit contrastés, soit en camaïeu

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    le parc du Grand Bigard (Groot Bijgaarden) en était recouvert par vagues successives

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    des élégantes au feuillage assorti à leur corolle

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    toute la palette des violets

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    toutes les formes

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    Le croirez-vous, toute cette beauté vivante m'a émue comme Stendhal l'a été par celles de Florence et de l'Italie Bisou

    ***

    MERCI

  • E comme exercice de style

     Dix petits nègres

    Je suivis ce mauvais garçon
    Qui sifflotait les mains dans les poches

    Je sulfatai ce méchant gardien
    Qui signalait les mairies dans ses podzols (1)

    Je superposai ce méconnaissable gargantua
    Qui signait les maïs dans ses poêles

    Je supervisai ce mécontent garibaldien
    Qui signifiait les maisons dans ses poèmes

    Je supplantai ce mécréant garnement
    Qui silhouettait les majordomes dans ses pognes

    Je suppléai ce médicamenteux gaspilleur
    Qui simplifiait les majorettes dans ses poignes

    Je suppliciai ce médiocre gâte-papier
    Qui simulait les majuscules dans ses poïkilothermes (2)

    Je suppliai ce médisant gâteux
    Qui singeait les makis dans ses poils (3)

    Je supportai ce méditerranéen gaucher
    Qui siphonnait les malagas dans ses poings

    Je supprimai ce mauvais gaulois
    Qui sirotait les malandrins dans ses poisons

    ***

    (1)    sol cendreux des climats humides  et souvenir d’un défi du samedi

    (2)    comme on peut s’y attendre avec un médiocre gâte-papier

    (3)    ça ne s’invente pas !

    ***

    écrit pour les Impromptus littéraires; les deux premiers vers d'Apollinaire étaient imposés.

  • D comme débauche(s)

    L'histoire commence en Ardèche. D'où mes parents, chaque année, nous ramenaient un kilo de miel. Une année du miel de châtaignier, une autre du "toutes fleurs". Sous prétexte que l'homme-de-ma-vie en mettait une cuillerée (à café) dans son grog, l'hiver, quand il "sentait venir le rhume". Ou plutôt "le rhum", parce que c'était là l'ingrédient principal.

    Année après année, les pots de miel se sont accumulés. J'avais beau dire "Merci! mais maintenant on en a assez!" ma mère me répondait qu'à part ça elle ne savait pas quoi nous rapporter - même si je lui suggérais de nous ramener de l'huile d'olive du moulin d'Olivier (le bien-nommé) ou du fromage de chèvre de chez Pierre Rabhi, oui celui-là même qui aujourd'hui écrit des bouquins et donne des conférences de par le monde, mais ceci est une autre histoire.

    Cette histoire-ci commence donc par une débauche de pots de miel que j'utilise depuis pour sucrer certains desserts, je fais par exemple une glace au miel qui est devenue au fil des ans un des desserts que tous mes invités ont fini par recevoir, un jour ou l'autre.

    En ce début du mois de mai, je peux y associer une seconde débauche, due à la générosité des possesseurs de rhubarbe: "Tu ne veux pas un peu de rhubarbe?" me disent-ils, alors que quelques kilos de tiges se trouvent déjà dans le coffre de leur voiture... Le moyen de dire non?

    J'ai donc préparé des litres de sorbet à la rhubarbe.

    C'est archi-simple:

    Peler et émincer finement la rhubarbe, la mettre à étuver quelques minutes avec un peu de jus d'orange (une grosse orange pour un kilo et demi de rhubarbe) et du miel (à votre goût) puis la mixer finement, la laisser refroidir et la mettre au congélateur.

    Si vous avez une sorbetière, elle turbinera pour vous.

    Si vous n'en avez pas, comme moi, vous voilà réduit(e) à aller touiller de temps en temps votre (futur) sorbet jusqu'à ce qu'il soit idéalement onctueux et glacé.

    ***

    La débauche, dit le Petit Robert (page 404), c'est un usage déréglé de quelque chose, un étalage, un luxe, une profusion, une surabondance.

  • C comme couleurs

    En plus des beautés propres au lieu, à son architecture, à son environnement et à ses arbres, le parc et le château de Groot-Bijgaarden (Grand-Bigard) offrent ces jours-ci une splendide exposition florale.

    Une orgie de couleurs!

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    à commencer par le bleu céruléen des orchidées exposées dans la chapelle

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    la blancheur parfaite du lilas

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    des chrysanthèmes verts

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    des arrangements floraux à dominante rouge

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    parme

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    rose

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    et pour terminer, un vivifiant orange spécialement photographié pour I Cool

    ***

    Que les amis qui m'ont emmenée
    voir toutes ces beautés colorées
    en soient infiniment remerciés

  • B comme Bruxelles ma belle

    Découvertes tout récemment à Bruxelles, les beautés du parc et du château de Groot-Bijgarden (Grand-Bigard, 17e siècle)

    bruxelles,belgique,amitié

    Deux cars pleins de touristes anglais venaient de déposer leur flot devant la majestueuse entrée

    bruxelles,belgique,amitié

    L'endroit est éminemment romantique, avec son pont, ses douves, ses tourelles d'angle

    bruxelles,belgique,amitié

    son parc aux beaux arbres centenaires

    bruxelles,belgique,amitié

    le bâtiment principal et la chapelle, à droite

    bruxelles,belgique,amitié

    l'imposant donjon, séparé du corps du bâtiment

    bruxelles,belgique,amitié

    Bref, heureusement qu'on est à l'ère du numérique, sinon j'y aurais épuisé trois films de 36 photos Langue tirée

    bruxelles,belgique,amitié

    deux pigeons

    bruxelles,belgique,amitié

    des rhododendrons

    bruxelles,belgique,amitié

    de belles allées d'arbres

    bruxelles,belgique,amitié

    et des tulipes partout.

    Encore merci aux amis qui m'ont fait découvrir toute cette beauté en ce dernier dimanche d'avril!

  • Adrienne et son cabinet de curiosités (5)

    Quand la petite s'ennuyait vraiment très fort, qu'elle avait fait l'inventaire du tiroir aux photos et de l'armoire aux chapeaux, qu'aucune visite de la cave ou du grenier n'était prévue et que l'arrière-grand-père n'avait pas besoin de ses services au potager, il lui restait encore l'examen minutieux des quelques bibelots qui ornaient les deux appuis de fenêtre du côté de la rue.

    Deux appuis de fenêtre en marbre noir et sur chacun d'eux, trois bibelots sans la moindre valeur. C'est bien pour cela que la fille d'Adrienne les a tous jetés quand elle a entrepris de vider la maison pour la mettre en vente. Il n'en reste que les souvenirs que la petite a gardés en mémoire.

    Il y avait bien sûr l'inévitable petit moulin en faïence de Delft rapporté d'un voyage en Hollande par des amis peu inventifs. Ainsi que deux petits Hollandais de porcelaine, avec les sabots aux pieds et dans les mains de minuscules petits seaux de métal jaunâtre.

    C'était toujours de ce côté-là que la petite commençait son inspection, s'assurant que tout était resté dans son ordre immuable, bien posé sur des petits napperons de fin tricot ajouré. Pour elle, tout était infiniment précieux et elle osait à peine y toucher, juste vérifier du bout du doigt si les petits seaux bougeaient encore. Oui, on pouvait légèrement les faire tinter contre la porcelaine bleue et blanche.

    Mais l'objet qui la fascinait le plus se trouvait devant la fenêtre de droite. Il n'était pas très joli et représentait trois fruits ronds de faïence peinte. Dans le plus gros, celui qui avait une joue rose et deux feuilles vertes, il y avait une fente. En soulevant l'objet, on pouvait entendre le tintement d'une petite pièce de monnaie qui se trouvait à l'intérieur.

    Cet objet-là était le plus sacré pour grand-mère Adrienne et par conséquent pour la petite aussi, qui caressait la courbe froide des faux fruits en pensant à la jeune fille de vingt ans, la grande amie de coeur d'Adrienne, qui y avait déposé cette piécette, et puis qui était morte.