• Z comme zénith

    Même au plus fort de l'été, elle n'a jamais trop chaud. Toujours sa petite laine, toujours ses manches longues. Le soleil ne semble lui faire aucun effet.

    On l'installe confortablement mais très vite elle s'affaisse un peu. Ce qu'elle tient en main va lui tomber des genoux. D'ailleurs, ça ne l'intéresse pas.

    Elle refuse tout ce qu'on lui propose à boire ou à manger. Prétend qu'elle vient de terminer son repas. Elle n'a jamais faim, jamais envie de rien.

    Elle n'a plus que la peau sur les os et l'épiderme très fragile. Dès qu'on la touche, elle a un bleu. Ses joues se sont creusées, ses mains sont décharnées, tous ses vêtements d'autrefois flottent autour d'elle.

    Elle a ce regard un peu perdu, qui s'affole vite, qui va de l'un à l'autre et ne reconnaît personne. Elle veut toujours partir, être ailleurs. Elle parle de son père, de sa mère, qui vont s'inquiéter et l'attendent à la maison. Elle est agitée, jamais en repos.

    - Elle deviendra centenaire! affirme le médecin, toujours un peu trop tonitruant.

    Parfois sa bouche se crispe et une larme coule sur son visage...

    C'est que tout à coup, elle sait: qui elle est, où elle est et quelle est la nature de son mal.

    Celui qu'elle a vécu avec sa propre mère.

    sixte.jpg

    photo publiée avec l'aimable autorisation du peintre http://sixte.wordpress.com/2005/11/16/la-lecon-au-soleil/

    Finalement j'ai envoyé ce texte à Mil et une...

    Une image y sert de consigne tous les quinze jours mais le site ne communique pas les images, d'où mon détour par le peintre lui-même pour cette publication que, vu son caractère intime, je n'allais d'abord pas envoyer à Mil et une...

    C'est ici: http://miletune.over-blog.com/article-la-petite-laine-adrienne-110705720.html

  • Y comme Yvonne

    Yvonne voulait savoir comment se passait la vie au camp de Beverloo, alors voici ce que mon grand-père lui raconte le 19 avril 1925:

    Ma très chère femme

    Je t'écris ces quelques lignes au sujet du dimanche que je viens de passer ici. mais qu'est-ce que je serai heureux quand nous serons de nouveau réunis parce que le dimanche ici dans cette brousse est particulièrement triste.

    Ce matin j'ai lavé un peu de linge sale et après Michel est venu près de moi et nous nous sommes fait photographier ensemble devant notre chambrée. Ce sera un beau souvenir.

    A midi nous sommes allés manger à la cantine, puis nous avons bu un verre, puis nous nous sommes promenés dans le camp pour trouver d'autres *** (1). Et maintenant je suis dans ma chambre, il est sept heures du soir et quand j'aurai terminé ma lettre j'irai me coucher parce que c'est encore ainsi que le temps passe le plus vite.

    Alors ma chère femme, encore deux dimanches et je serai auprès de ma chère femme dont je me languis depuis si longtemps.

    Les photos seront prêtes mardi et je t'en enverrai tout de suite une.

    Je vais terminer ici et te souhaiter une bonne nuit et à moi aussi

    Beaucoup de baisers de ton petit bonhomme bien-aimé comme tu disais toujours.

    Bon courage, encore deux semaines.

    J'oublierais presque de dire combien j'étais heureux de ta lettre et de ta carte mais je suis très triste que maman soit malade. (2)

    Celui qui ne t'oublie pas

    X***

    yvonne,lettre

    (1) ici il marque le nom des habitants de sa ville Clin d'œil
    (2) preuve que le courrier était reçu de part et d'autre en une seule journée, même le samedi!

    ***

    Ce jour-là, alors que mon grand-père passait un triste dimanche loin de sa petite Yvonne, Hergé était tout heureux de voir son premier comic strip publié dans un journal, Le blé qui lève. Il aurait 18 ans le 22 mai.

    ***
    Le mois prochain, la réaction d'Yvonne à l'annonce des photos.

  • X c'est l'inconnu

    On ne sait pas d'où il vient.

    On ignore comment il est arrivé là.

    On ne voit pas trop pourquoi il nous a choisie.

    On n'a pas la moindre idée du jour où il nous quittera.

    Ilfaitfroid - kopie.JPG

    Mais on sait qu'il finira par s'en aller comme il était venu...

    N'est-ce pas, Lulu?

    Clin d'œil

    Le rhume.

     

  • W comme waffles

    Les aficionados du wagon de train voudront bien me pardonner de faire exception aujourd'hui en l'honneur de la fête des francophones de Belgique Cool

    Walrus aout 2012 032 - kopie.JPG

    Placardée à la fenêtre d'une des nombreuses boutiques de dentelles non loin du Manneken, cette affichette demande aux passants de ne pas s'arrêter devant la vitrine pour déguster la gaufre qu'ils viennent d'acheter juste à côté.

    Pendant que je m'interroge sur les motifs qui ont bien pu pousser la dame du magasin, debout dans l'embrasure de sa porte ouverte, l'air revêche et le regard suspicieux: pourquoi interdire aux mangeurs de gaufre d'admirer les blouses, les nappes et les napperons? serait-ce de peur qu'ils salissent la vitre?

    ***

    Et pourtant, et pourtant... qu'y a-t-il de plus joli à voir qu'une belle jeunesse se bagarrant avec une gaufre de Bruxelles bien chaude, croustillante à l'extérieur, fondante à l'intérieur et voilée juste comme il faut de sucre glace?

    Walrus aout 2012 034 - kopie.JPG

    photo publiée avec l'aimable autorisation de la principale intéressée et de sa famille
    Bisou

  • V comme VDM

    C'est quand le temps se rafraîchit que le chauffage tombe en panne.

    C'est précisément devant la fenêtre où vous vous tenez habituellement qu'on vient de placer un affreux poteau.

    Oostende sept 2012 021 - kopie.JPG

    C'est au moment où il faut courir ce fameux cross de l'école, pour lequel vous vous entraînez depuis avril-mai, que vous avez le rhume carabiné et crachez vos poumons.

    ***

    Mais je ne vais pas me plaindre, j'ai une amie qui se rend tous les jours dans un hôpital universitaire pour y subir une chimio.

    ***

    VDM, c'est juste pour rire de nos petits malheurs Rigolant

  • U comme une fiction, une!

     Le coffret

    « Vous ne me reconnaissez pas? » demandai-je.

    La femme me lança un regard scrutateur; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison.

    - Non, je ne vous reconnais pas.

    - Je suis la petite-fille de Maurice et Adrienne S…
    - Je ne vois pas de qui vous voulez parler.

     

    Il était clair qu’elle n’avait envie ni de me recevoir, ni de se souvenir. Mais il y avait eu cette crispation fugace autour de sa bouche qui montrait bien qu’elle savait. Et ce regard fuyant au moment où elle allait me refermer la porte au nez. Alors, d’un geste brusque, je lui tendis le coffret :

     

    - J’ai trouvé ça dans les affaires de ma grand-mère. Je crois que ça vous appartient.

     

    Je la plantai là sans attendre sa réaction. Je ne m‘inquiétais pas : sa curiosité ferait le reste.

     

    - Dors en paix, grand-mère, pensai-je en marchant vers la gare d’un pas plus léger, dors en paix. Si tout se passe comme prévu, elle n’aura qu’une hâte : jeter au feu ce coffret qui lui brûle sûrement déjà les doigts, le faire disparaître par les flammes avec son contenu accablant.

     

    Je repris le train et rentrai chez moi. Les deux jours suivants, je scrutai attentivement les faits divers de quelques journaux. Je finis par découvrir ce que je cherchais.

     

    L’explosion avait été terrible.

     

    - Tu es vengée, grand-mère, murmurai-je en reprenant tranquillement une tasse de thé au jasmin.


    écrit pour le défi 212 à partir d'un incipit imposé (Adresse, de Marga Minco)

  • T comme Thuin

    Dernière étape de l'excursion en Thudinie: la ville de Thuin qui a donné son nom à la région.

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    dans une courbe de la Sambre

    Walrus aout 2012 070 - kopie.JPG

    le beffroi

     Walrus aout 2012 073 - kopie.JPG

     son archange

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    ses mystères

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    ses maisons anciennes
    celle-ci date de 1552 et fait office de Poste

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    ses vignes Cool

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    le chemin de ronde de ses remparts

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    son canon

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     je repense avec gratitude à cette belle journée d'été Bisou

     

     

  • Stupeur et tremblements d'internaute

    Depuis quelque temps, l'oeil-qui-voit-tout nous suit à la trace. Allumer le portable ou se brancher sur internet équivaut à déclarer urbi et orbi à quel endroit de la planète vous vous trouvez. Tranquillement chez vous, derrière votre ordi, sur une plage à Copacabana ou sur votre lieu de travail: où que vous soyez, vous êtes définitivement repéré.

    Comment vous dire? ça ne me plaît pas! alors là, pas du tout!

    - Moi je m'en f...! disent mes élèves. Je n'ai rien à cacher!

    Rien à cacher, d'accord, moi non plus, mais nul besoin d'afficher constamment où je suis.

    J'y pensais l'autre jour en effeuillant mon fb - car oui, moi aussi je suis sur cette communauté d'éphémérides - en voyant qu'un ami se trouvait à l'aéroport international de Dubai. Plus précisément à l'Emirates Gate 122 Lounge. Avouez que ça en jette Clin d'œil

    Quelques heures plus tard, il était à Sydney. Puis à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

    Sa communauté fb a ainsi pu voir qu'il avait fait son check-in à l'hôtel Commodore et qu'un peu plus tard il prenait un repas au Joe's Garage Sumner.

    L'ami se faisait repérer partout où il passait, à chaque fois qu'il allumait ou utilisait son téléphone portable. Après Christchurch, il était à Bangkok. J'ai noté pour vous le nom de l'aéroport: Suvarnabhumi International Airport Cool

    La première stupeur passée, je me suis permis de le prendre à la rigolade en lui écrivant que c'était sans doute bien pratique pour sa femme de pouvoir le pister ainsi, mais je ne sais pas s'il a goûté la plaisanterie.

    Cependant, dès que je le revois il faudra qu'il m'explique le miracle d'ubiquité ou de vitesse qu'il a réalisé le 12 août dernier. En effet, à cette date, nous avons pu suivre le trajet qui l'a mené de Milan à Olbia (Sardaigne) puis à Palmston (Nouvelle-Zélande), Wanaka (idem), Singapour, Francfort, Barcelone, Buenos Aires, Iguaçu (Brésil) et Canberra.

    - Tu fais un test comparatif des aéroports? lui ai-je demandé. Ou c'est le truc du nain de jardin d'Amélie Poulain?

    Il ne m'a pas répondu. Peut-être n'a-t-il pas compris ma question? Langue tirée

  • 22, v'là qu'on va sauver le climat ;-)

    Pour que la banquise cesse de fondre, pour que les neiges éternelles restent éternelles et que les côtes restent à la côte, nous allons chanter Langue tirée

    Ce week-end donc, pas de connexion internet, mais grande séance de sauvetage du climat: ma carissima nipotina m'a invitée à joindre ma voix à la sienne, Zeeheldenplein.

    Nous serons donc sur la digue d'Ostende et tâcherons de chanter plus fort que le vent, pour que le climat nous entende.

    oostende.jpg

    Ostende, Zeeheldenplein, photo prise du site www.singfortheclimate.com

  • R comme ruines

    Les amis qui m'ont emmenée visiter la Thudinie ont très bien fait et je ne peux assez les en remercier: la région abonde en châteaux, donjons, beffrois, remparts, fortifications, fermes abbayes, églises romanes... (1)

    Mais elle a aussi quelques ruines célèbres et qui valent le détour.

    Par exemple, les ruines de l'abbaye d'Aulne. Ceux que ça intéresse trouveront une belle source d'info ici, avec tout l'historique de l'abbaye jusqu'à sa triste fin à la révolution française: http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2012/09/02/au-pays-des-moines.html

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    et puis, dans un coin de l'enceinte, un petit bâtiment joliment entier Cool

    ***

    Ah! c'était un bien bel été qui se termine aujourd'hui...

    (1) j'en ai déjà parlé dans le billet du 4 septembre à la lettre C comme châteaux et celui du 14 septembre à la lettre L comme Lobbes

  • Le bilan du 20

    Le matin du deux septembre, elle a bouclé sa valise et quitté son appartement pour prendre le train en direction de la France. Le soir, de TGV en TER, elle arrivait chez son fils.

    Le matin du dix-huit septembre, elle a bouclé sa valise et quitté son fils pour reprendre le train du retour. Le soir, de TER en TGV, elle était de nouveau dans son appartement.

    Pendant seize jours, elle n'a ni téléphoné, ni envoyé le moindre message à celle qui est restée au pays... et qui n'a pas cessé de lui écrire.

    Puis, de retour chez elle, elle a pris son téléphone:

    - Alors, je te vois quand?
    - Ben, je ne sais pas...

    Vite, vite, réfléchir: quel jour sommes-nous demain? J'ai quoi au programme? A quelle heure je pourrais me libérer? Mais on ne reçoit pas une demi-minute pour réfléchir:

    - Oh! toi, tu n'as jamais le temps pour moi!

    ***

    Mais comment fait-elle? Comment fait-elle pour continuer à briser un coeur qui était pourtant déjà en mille morceaux?

  • Questions existentielles

    C'est gballand qui a raison: je vais pratiquer l'autocensure Langue tirée

    Je ne garderai donc que la note finale, positive.

    ***

    Hier soir à la piscine, je me trouve face à face avec un ancien élève. Un de ceux que de nombreux collègues n'aimaient pas et auraient préféré voir n'importe où ailleurs que dans leur classe.

    Il est là avec ses deux petits garçons de trois et quatre ans. On se sourit. On papote. Je constate avec émotion que ce "bon à rien" est un gentil papa avec un vrai boulot. Non, il n'a pas fini dans la délinquance.

    ***

    Tous, tous, je veux les garder tous, les Jamel les Kevin les Jean-Edouard. Tous.

  • P comme pain

     Petit frère

    - Va chercher un pain, dit-on à la petite en lui tendant quelques pièces.

    Parfois c’est le montant exact. Alors on lui dit :

    - Fais attention à ne pas perdre la monnaie !

    Parfois c’est un billet. Mais dans ce cas on lui dit la même chose. Au ton qu’on emploie, elle a compris que perdre le billet est encore plus grave.

    Ce qu’on ne manque jamais non plus de lui dire, c’est :

    - Et demande-le bien cuit !

    Toutes ces précautions sont inutiles : c’est toujours la petite qui va au pain, jamais elle n’a perdu la moindre piécette, ni à l’aller, ni au retour – elle les serre toujours bien fort dans son poing fermé – et jamais elle n’oublie de préciser à la boulangère, une fois son tour venu :

    - Un grand pain, s’il vous plaît, bien cuit !

    D’ailleurs elle se dit que la boulangère doit savoir elle aussi, depuis le temps, ce que la petite va lui demander…

    Puis elle se dépêche de rentrer, en tenant le grand pain rond et lourd serré contre elle d’une main et la monnaie dans l’autre. Des nuages de farine resteront collés à ses vêtements, mais elle n’y peut rien. Elle espère qu’on comprendra.

    A la maison, on retourne tout de suite le pain pour en vérifier la croûte :

    - Tu n’as pas oublié de demander du bien cuit ? fait-on d’un air soupçonneux.

    Car souvent on trouve qu’il n’est pas assez brûlé.

    « Brûlé », bien sûr, c’est le mot que pense la petite. Elle ne comprend pas pourquoi les grandes personnes tiennent tellement à ce que la croûte soit quasiment noire.

    Mais ces derniers temps, elle a un problème plus grave à résoudre que celui de la couleur des croûtes. Désormais le petit frère, qui a trois ans, veut l’accompagner à la boulangerie.

    - Je préfère y aller toute seule, dit-elle à sa mère.

    Mais le petit frère ne lâche pas prise. Elle est bien obligée de l’emmener.

    Avec lui, rien n’est simple. D’abord, il faut le tenir solidement par la main. Il est imprévisible et la route est dangereuse. Au retour, il faut porter le pain, bien garder la monnaie, tenir le petit frère. La petite aurait besoin de trois mains.

    Puis, à la boulangerie, il la fait rougir de honte :

    - Je peux avoir un bonbon ? demande-t-il bien fort à la boulangère.

    - Tu ne peux pas demander de bonbons, lui explique tout bas la petite, cramoisie. Ce n’est pas poli.

    Mais le petit frère fait la sourde oreille. Elle a beau le sermonner, si la boulangère n’est pas assez rapide pour lui tendre un caramel, il s’écrie :

    - Je peux avoir un bonbon ?

    Les efforts éducatifs de la petite finissent tout de même par produire leur effet. Au bout de quelques semaines, alors qu’elle tend la main pour recevoir la monnaie, le petit frère se tourne vers elle et lui dit :

    - Je suis sage, hein ? Je n’ai pas demandé de bonbon !

     défi,souvenirs d'enfance,vive la famille

    le scoop! une photo de moi, presque 8 ans à à l'époque

    texte écrit pour le défi 207

  • O comme Oger

    "Même absent, un ami nous épargne le sentiment d'être seul au monde."

    Voilà une belle pensée, me dis-je, pour ce lundi matin.

    Alors je dis merci à monsieur Oger, l'auteur de cette phrase, et merci à l'ami qui m'a offert le calendrier sur lequel, en le dépouillant ce matin de sa feuille périmée, je trouve cette citation qui me dépanne pour ma lettre O

    Cool

    ***

    Et avant de me faire traiter de plagiaire, j'ajouterai vite ceci:

    "Monsieur Blondet, vos notes de cette semaine sont excellentes, je vous confie le calendrier. Dépouillez-le donc aussitôt de cette feuille périmée."

    Marcel Pagnol, Topaze, Presses Pocket n°1294, pages 67-68

    ***

    Bonne semaine à tous!

  • N comme nature, nature...

    Photographier une eau qui court, ce n'est pas à ma portée, mais je continue à vouloir le faire Langue tirée

    Comme lors de cette balade en Thudinie, par exemple:

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    Walrus aout 2012 103 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 104 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 107 - kopie.JPG

    (toutes les photos sont cliquables)

    Inutile de préciser que la réalité était infiniment plus belle et plus parlante, avec le jeu de l'eau et de la lumière et ces mille petits bruits qui font le silence des forêts...

    Merci pour cette découverte!

  • M comme Marie-Eulalie

    Je suis bien fatiguée. Cependant, je me suis laissé convaincre de mettre encore une fois ma belle robe aux manches gigot. Les bords de la jupe sont un peu défraîchis. Je crois bien que je rétrécis quand je vois comme ils traînent à terre, mais Marie m’assure que sur la photo ça ne se verra pas.

    Je ne parviens plus à épingler ma petite broche ronde sur le jabot de satin ni à nouer joliment sous le menton les longs rubans de mon chapeau. Alors je laisse faire Octavie, ou Eugénie, qui tournoient autour de moi avec une sorte de fébrilité. Je sais bien que chacun me cache son inquiétude du mieux qu’il peut.

    De temps en temps, un soupir m’échappe :

    - Quelle affaire, mon Dieu ! Quelle affaire !

    Mais invariablement une de mes filles me répond :

    - Il faut que tu sois belle pour la photo, maman !
    - Belle comme la reine Victoria !

    Ça, c’est Albert qui vient mettre son grain de sel et son clin d’œil. Je lui souris. Depuis que l’un des petits-enfants s’est exclamé, en voyant la photo de la reine Victoria, assise dans un fauteuil avec sa robe noire et ses dentelles : « Oh ! regarde ! c’est grand-mère dans le journal ! » il se trouve toujours quelqu’un pour plaisanter à ce sujet. Mais ça ne fait rien, c’est plutôt gentil.

    ***

    Quand nous sommes arrivés chez le photographe, j’étais tout à fait essoufflée. Pourtant, Léon nous a conduits dans son automobile. Léon est le seul de mes fils qui m’inquiète un peu : il aime trop les femmes et rend probablement la sienne malheureuse.

    J’ai pu m’asseoir tout de suite dans le petit studio. Le fauteuil était bien mignon, bien précieux, mais avec ma large jupe, je le masquerai entièrement, et c’est bien dommage. Par terre, le tapis était un peu décoloré, mais doux aux pieds. Je me demande pourquoi on a peint de faux rideaux sur les murs au lieu d’en mettre de vrais. Pour les fleurs, je peux comprendre, ça coûterait trop cher, surtout en cette saison. Tout de même, pourquoi vouloir donner cette illusion de luxe et de fenêtres ouvertes sur un jardin, alors qu’on est des gens simples et en pleine ville ? Mais je n’ai fait aucune remarque. D’ailleurs, j’avais trop besoin de tout mon souffle pour respirer.

    Le photographe a ajusté les longs plis de ma robe sur le tapis. Albert a soigneusement recoiffé ses cheveux devant le petit miroir, pour qu’on ne voie pas la marque de son chapeau. Puis il s’est placé debout à côté de moi et j’ai senti sa main sur mon épaule. Moi, je tenais les miennes sur mes genoux dans un geste qui m’est devenu familier, depuis que je ne suis plus d’une très grande aide dans le ménage; avec le pouce et l’index de la main droite, je tiens l’annulaire gauche, exactement là où j’ai mon alliance. Bientôt cinquante ans déjà qu’Albert et moi sommes mariés. Il est toujours aussi fringant, mon Albert, avec ses yeux clairs et sa belle moustache, même si aujourd’hui elle est devenue toute blanche.

    Le photographe nous a dit de bien regarder l’objectif et de ne surtout pas bouger. J’ai essayé de prendre un air détendu, en espérant que ma fatigue et l’avancée de la maladie ne se verraient pas trop sur ma figure. Albert, lui, aura comme d’habitude son air malicieux, j’en suis sûre.

    Enfin, je me dis que je peux être contente. Tous les enfants sont mariés, à présent. Les aînés font bien marcher leurs affaires, à ce qu’il me semble. Et mon dernier sera bientôt père, lui aussi. Je prie le bon Dieu de me laisser tenir encore un peu, jusqu’à la naissance de ce petit d’Ivonne, en juillet prochain. Si c’est un garçon, il s’appellera Albert.

     photo,vive la famille,fiction

    La dernière photo de Marie-Eulalie (1855-1925)
    Son Albert lui a survécu 15 ans (il est mort à l'entrée des Allemands le 10 mai 1940)
    La photo est cliquable pour ceux qui voudraient l'admirer en grand Cool


  • L comme Lobbes

    Vous vous souvenez de ma balade en Thudinie? C'est ainsi que j'ai découvert Lobbes.

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    la collégiale Saint-Ursmer, fondée au 9e siècle

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    à l'intérieur, une jolie petite crypte

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    un rappel Cool

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    "hodie mihi, cras tibi"

    et une faute d'orthographe "discrètement" rectifiée Langue tirée

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    et dehors un large escalier pour redescendre dans la vallée de la Sambre

    Walrus aout 2012 058 - kopie.JPG

    Vaut le détour Cool

    et pour ceux qui ont raté le début, c'est ici:
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/09/04/c-comme-chateaux.html

    MERCI!

  • K comme keyword activity

    Vous cherchez du foin à vendre?

    Vous arrivez chez Adrienne!

    Un déguisement de fourmi?

    Des crémeux à la vanille?

    Des fleurs pour un enterrement?

    Un moteur hors bord?

    Un landau princier?

    Vous voulez savoir quel nerf passe dans l'aine ou refaire complètement votre garage?

    Vous arrivez chez Adrienne.

    ***

    Rien de plus amusant que cette fonctionnalité dans les statistiques qui permet de voir comment certains internautes arrivent sur ce blog: par le biais de demandes pour des choses dont, autant qu'il m'en souvienne, je n'ai jamais parlé ici...

    D'où mon étonnement... amusé!

    Il y a même eu quelqu'un qui espérait trouver la réponse à cette question-ci:

    "A quoi sert d'être aimable?"

    Bisou

     

     

  • J comme Jamel

    Jamel ne fait rien exactement comme il le faudrait mais il le fait avec un tel aplomb et une telle assurance que cela pourrait presque passer pour du professionalisme.

    Le chef de salle lui demande de faire plutôt ceci ou cela. Jamel ne dit pas non, et il continue à vaquer entre les tables comme il l'entend, plus ou moins ouvertement, offrant ici et là un sourire à une dame en passant.

    Puis il se décide à faire ce qu'on lui demande, mais en le faisant passer pour un geste de galanterie, une initiative personnelle:

    - Donne-moi ça, dit-il avec un large sourire à la jolie jeune fille qui est en train d'essuyer énergiquement les tables à sa place, je vais le faire.

    Un peu plus tard, c'est la responsable qui vient vers lui. Discrètement, elle lui donne quelques "conseils":

    - Tu sais, si tu faisais ça comme ça, ... (etc.)

    ou encore:

    - Tu vois, si tu fais d'abord ça, alors ... (etc.)

    Toute une stratégie de douceur pour lui faire comprendre qu'il devrait de temps en temps rincer sa lavette, ne pas la poser sur sa manche, ne pas mettre des sets en papier sur une table humide...

    Jamel finit par accepter les conseils: il a visiblement apprécié qu'on ait mis trois paires de gants de velours pour les lui donner.

    - OK, ça va, j'ai compris! dit-il.

    Et il s'éloigne en riant.

    Je ne saurai jamais si Jamel, un jour, fera son travail comme on l'attend. Mais ce que je sais, c'est qu'il faut beaucoup de diplomatie dans l'exercice du pouvoir, si ténu soit-il, quand on est une femme et qu'on a en face de soi une certaine sorte d'homme.

    Ce n'est pas différent à l'école. Même avec des "hommes" de pas tout à fait 18 ans Cool

    bruxelles,école,élèves,prof

    table hexagonale et service art déco assorti
    (ensemble créé par Philippe Wolfers dans les années 20, musée BELvue à Bruxelles, expo Tables en majesté)

  • I comme inspiration chez Lali (8)

    RHUDE-Steven-1.jpgSteven Rhude

    Elle était couchée en travers du lit comme un chien dans sa niche. Les nouvelles dans le journal, semblables aux champignons vénéneux, lui servaient de ciel de lit, tel un écran géant sur lequel elle projetait ses plus sombres pensées.
    Désormais, elle aurait toujours « le coeur à marée basse ».

    toutes les références chez Lali: http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-264/#comments

    j'en ai fait un exercice sur les comparaisons :-)

  • H comme Hémisphères

    A cause des travaux autour de la Monnaie, j’ai dû faire un grand détour pour y arriver, mais c’est là que je voulais être. Seule une lampe était allumée à l’intérieur.

    - Tiens, me dis-je en essayant de pousser la porte, est-ce que ce serait fermé ?

    Aucune affichette ne signalait une fermeture éventuelle et la porte résiste depuis toujours – petit problème que personne ici ne semble avoir le temps de résoudre.

    J’allais repartir quand une dame m’ouvre :

    - Ah ! me dit-elle, je ne vais pas pouvoir vous servir ! Vous voyez, on va abattre un immeuble, là… et à cause de ça, pendant 24 heures, je ne peux pas ouvrir mon restaurant.

    Je regarde dans la direction qu’elle me montre, sans bien comprendre de quoi elle parle ni qui elle est : jamais je ne l’ai vue dans ce restaurant. Aussi, je le lui dis :

    - Mais je suis toujours là, me répond-elle. C’est moi la patronne. Je suis toujours là, en salle, ou en cuisine…

    Je m’étonne :

    - Ah bon ? Pourtant, chaque fois que je viens, je vois le même monsieur. Vous, jamais... Mais donc je devrai aller ailleurs, ce midi ? C’est dommage, je suis venue spécialement. Je viens chez vous chaque fois que je suis à Bruxelles.

    - C’est gentil, me dit-elle. Et bien, la prochaine fois, je vous offre l’apéritif !

    J’ai ri en la quittant. Je ne bois jamais d’apéritif quand je vais au restaurant, je n’aime généralement pas ce qu’on y propose et ce que j’aime coûte beaucoup trop cher Langue tirée

    J’y suis retournée le lendemain midi. Elle m’avait assuré que si je ne l’avais jamais vue, c’était parce que je venais généralement le soir. Pourtant, elle n’était pas là. Peut-être était-elle en cuisine ?

    J’avais choisi de déguster du bœuf à la sauce légèrement piquante en me demandant si c’était elle qui le mitonnait quand elle est entrée, chargée d’un sac de courses. On s’est dit bonjour.

    - Tout va bien ? m’a-t-elle demandé.

    Mais elle ne m’a pas proposé d’apéritif Surpris

    ***

    Je me demande toujours comment font les gens pour oublier si vite leurs promesses Clin d'œil

     

    bruxelles

    la vue imprenable que j'ai depuis ma place préférée, un peu surélevée, qui est la petite table n°28 Cool


  • G comme grain...

     La photo qui n’a pas été faite…

    Comment se fait-il que mon père, qui avait toujours son appareil et qui nous faisait poser ici, puis là, puis encore là-bas, toujours face au soleil, avec les yeux qu’on plisse pour éviter sa brûlure car elle fait couler des larmes alors qu’on doit sourire… et qu’on a déjà tant de mal à sourire qu’on se fait chaque fois gronder… comment se fait-il que durant ces deux semaines, il n’ait pris aucune photo de Rémy ?

    - Mettez-vous là, disait mon père. Je vais faire une photo.

    Et on se mettait là: devant le panorama, le château plus ou moins en ruines, la vieille église, tout ce qui lui avait été recommandé par son guide Michelin vert. On se mettait là, toujours dans le même ordre : la mère tenait son petit garçon par la main ou par les épaules et à côté se mettait la petite fille qui ne souriait jamais parce que les réglages duraient trop longtemps et que le soleil lui faisait mal aux yeux.

    Mais de Rémy, pas la moindre trace ne subsiste. Il était là, pourtant, avec ses dix ans, ses boucles blondes et ses yeux bleus.

    Que valent les souvenirs que j’ai gardés de lui, sans la preuve matérielle que représente la photo de vacances ?

    ***

    Il y a bien sûr d’autres photos qui n’ont pas été prises. Ainsi, il n’y en a aucune où la petite fille souffle les bougies d’un gâteau d’anniversaire. Sauf la fois où elle ne savait pas encore souffler et qu’il n’y avait qu’une seule bougie. Elle a été prise chez grand-mère Adrienne.

    Après… après, plus personne n’a trouvé nécessaire de se rappeler quel jour la petite fille était née. Il y avait tellement d’autres dates bien plus importantes à retenir.

    Il n’y a pas de photo d’elle avec une jolie robe. La dernière fois que grand-mère Adrienne s’était surpassée, la petite allait avoir sept ans. Sur la photo, on dirait qu’elle va fondre en larmes. Pourtant, il n’y a pas de soleil et elle fait tout ce qu’elle peut pour sourire, comme on le lui demande. D’ailleurs, elle est persuadée qu’elle le fait et c’est ça qui lui donne cet air si désemparé :

    - Mais souris donc !
    - … ?
    - Tu es têtue ou quoi ? Tu veux bien sourire pour la photo ! Allez, fais un effort !
    - Mais je souris…, réussit-elle à balbutier, avec le tremblement d’un sanglot qu’elle retient dans la gorge.

    Ce sera sa dernière photo. Il n’y a pas non plus de photos du réduit où on l’enferme quand elle ne finit pas sa soupe.

    ***

    Aujourd’hui, elle fait comme son père :

    - Mets-toi là, dit-elle.

    Et elle photographie sa mère qui fige son sourire, lève les yeux au ciel pour éviter d’avoir l’air endormie et qui tend bien le cou pour atténuer les rides, bref qui prend une pose des plus naturelles, comme toujours.

    - Mets-toi là, dit-elle à sa mère.

    Et elle la photographie devant le panorama, le château plus ou moins en ruines, la vieille église, tout ce qui lui a été recommandé par son guide Michelin vert.

    Mais elle n’a pas de petite fille qu’elle enferme dans un réduit.

  • F comme fofolles

    Jeudi à la fin des cours, elles sont deux ou trois à se précipiter vers moi.

    - Madame, on doit vous demander quelque chose!

    C'est le moment où on peut s'attendre à tout, du plus banal au plus bizarre.

    - Il y a un mot en français qu'on voudrait savoir et que vous avez dit à des garçons, il y a longtemps..., dit l'une.

    - Prépan... perpan... quelque chose comme ça, dit la deuxième.

    Et la troisième l'accompagne de grands gestes avec les deux mains:

    - Loodrecht! fait-elle.

    - Ah? dis-je, perpendiculaire?

    - Ouiiiiiiiii!!! c'est ça!!!

    Elles sautillent sur place de bonheur en répétant: per-pen-di-cu-laire... per-pen-di-cu-laire...

    Puis elles m'expliquent:

    - Vous savez, ces garçons, ils nous embêtent toujours avec ce mot...

    - Et maintenant quand ils passent on va leur dire: "Perpendiculaire!"

    Et ça rigole, et ça rigole...

    Bon, moi, je n'ai pas compris le fin mot de cette histoire mais ça ne fait rien, lundi je leur demanderai de me raconter: ça leur fera un exercice d'expression orale et je suis sûre qu'on rira beaucoup Langue tirée

  • Info 7 sur 7

    J'ai une collègue qui ne prend jamais l'avion:

    - Tu es folle! me dit-elle. Moi, je ne cours pas ce risque... S'il m'arrivait quelque chose, mes filles resteraient toutes seules. Non, non! Jamais je ne prendrai l'avion!

    Elle ne voyage donc qu'en voiture.

    Première remarque: ses filles sont largement adultes, gagnent bien leur vie et vivent toutes les deux en couple, loin de maman.

    Deuxième remarque: selon des statistiques trouvées récemment en ligne (Info 7 sur 7), le risque de mourir dans un accident d'avion est de 1 sur 5862 tandis qu'il est de 1 sur 272 comme passager d'une voiture. Si on est conducteur, on remonte à 1 sur 85.

    Troisième remarque: elle ferait mieux aussi d'éviter d'aller se baigner (le risque de mourir noyé est de 1 sur 1073) ou de se promener en rue (un sur 623)

    Une chose est sûre: elle mourra un jour. Moi aussi, d'ailleurs.

    Ça, c'est du 7 sur 7 Langue tirée

    Carpe diem!

     

    voyage,carpe diem,7

    l'avion qui nous a emmenées en Italie, ma mère et moi Cool


  • E comme école

    Le croiriez-vous?

    Hier midi, après seulement deux jours et demi de classe, je ne me souvenais déjà plus d'avoir eu des vacances Clin d'œil

    Elles me semblaient lointaines, si lointaines...

    Je suis reprise par un tourbillon qui ne s'arrête qu'au moment où je me couche, épuisée.

    Je crois bien que l'enseignement, ce n'est plus de mon âge...

    ***

    - Moi, me dit Kenneth, 16 ans, mes ambitions sont dans le foot. Mais à côté de ça, je vais faire un boulot à l'aise.
    - Ah bon? et à quoi tu penses, comme boulot?

    Je le sentais venir, et vous aussi, j'en suis sûre Langue tirée

    - Prof, dit-il.

    Que voulez-vous que je fasse? J'ai ri, puis on est passé à autre chose.

  • D comme dialogue avec un escargot

    - C'est à cette heure-ci que tu rentres? siffla Madame Merle.
    Monsieur ne pouvait pas répondre: il avait la bouche pleine... 
    Mais il se fit facilement pardonner: c'est toujours la fête à la maison, quand Monsieur Merle a dialogué avec des escargots!

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    écrit pour le défi 199: "Dialogue avec un escargot"

  • C comme châteaux

    - Ça te dirait de visiter la Thudinie?
    - La Thudinie? Je ne connais pas du tout!

    Nous avons un pays grand comme un mouchoir de poche et je ne sais pas où est la Thudinie...

    J'apprends que c'est la région de Thuin, donc dans la province du Hainaut. Bien sûr que ça me dit de visiter la Thudinie! Et heureusement que j'ai des amis qui me font découvrir les beautés de la Belgique Cool

    C'est avec un grand sentiment de gratitude que je vous montre quelques photos que j'ai prises de deux châteaux:

    Château numéro un

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    ceux qui connaissent son nom peuvent me le dire - LOL - j'ai oublié de le noter Incertain

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    cette photo est cliquable et devrait s'ouvrir en grand dans une nouvelle fenêtre pour une meilleure lisibilité

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    Château numéro deux

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    l'entrée du château de Trazegnies

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    le château et le donjon qui se trouve à sa gauche

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    Walrus aout 2012 125 - kopie.JPG

    la vue depuis la rue... ah! le bel été!

     Pour ceux que ça intéresse: http://www.visitthudinie.be/



  • B comme Bruxelles ma belle-en-BD

    Un jour, il faudra que je fasse le tour des murs bruxellois décorés d'un personnage de BD...

    En voici deux:

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    D'abord Tintin, bien sûr, avec un très beau trompe-l'oeil

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    un peu plus loin, Olivier Rameau, qu'on voit en détail ici: http://www.linternaute.com/sortir/escapade/photo/la-bd-a-l-honneur-a-bruxelles/un-feu-d-artifice-pour-olivier-rameau.shtml (ainsi que toute la série des murs BD)

    et en bas de la rue, ce jour-là, notre Manneken portait le costume traditionnel indonésien qui lui avait été offert en l'honneur de la fête de l'indépendance (de l'Indonésie, donc Cool) le 17 août

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    merci aux amis sans qui je n'aurais pas vu tout ça ce jour-là!

  • Adrienne et les Anthuriums

    En plus du tapis de fleurs sur la Grand-Place, en août dernier, il y avait l'hôtel de ville décoré de milliers d'anthuriums.

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    Walrus aout 2012 017 - kopie.JPG

    Malheureusement, à l'intérieur, il était interdit de photographier

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    Walrus aout 2012 011 - kopie.JPG

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    Dommage, car il y avait dans toutes les salles et le long des marches d'escaliers de somptueuses compositions florales utilisant uniquement des fleurs d'anthuriums... Normalement pas mes fleurs préférées, mais ici l'effet était très réussi.

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    En face aussi toute la façade de la Maison du Roi en était décorée

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    Walrus aout 2012 020 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 026 - kopie.JPG

    encore merci à mes gentils guides
    d'avoir bravé pour moi ce jour-là un Bruxelles caniculaire
    Bisou

  • Première fois

    Après-demain, le petit César - deux ans et sept mois - ira pour la première fois à l'école.

    Comme il a un frère qui est son aîné de deux ans, il aspire à ce grand jour! Qui peut savoir comment un enfant de deux ans et demi imagine l'école où va son frère? Sans doute comme un lieu de plaisir Langue tirée

    Mais ce qu'il ne sait pas, le petit César, c'est qu'il va y avoir le choc de sa vie.

    En effet, chez lui on ne parle que le néerlandais.

    Or dès lundi il se retrouvera dans une petite classe d'un petit village wallon. Avec une institutrice et d'autres enfants qui ne lui parleront qu'en français. Il ne comprendra donc personne et personne ne le comprendra... sauf par gestes, bien sûr.

    Le grand frère est passé par cette épreuve, lui aussi. Il lui a fallu quatre mois pour s'adapter. Quatre mois de pleurs et de souffrance. Souffrance aussi pour sa maman, à qui il s'agrippait chaque matin en la suppliant de ne pas le laisser seul dans cet endroit où on parlait une langue si étrangère à la sienne.

    Mais aujourd'hui, deux ans plus tard, dans sa famille, c'est lui, l'enfant de quatre ans, qu'on consulte quand on veut traduire quelque chose en français: c'est lui qui aide ses grandes cousines (13 et 15 ans) à trouver le mot exact pour leur devoir.

    Ces dernières semaines, devant l'impatience du petit César à aller en classe, le grand-père s'inquiète: maintenant qu'on a vu le mal qu'a eu le grand frère, comment est-ce que ça se passera pour le petit?

    Ah non, Sire, ce n'est pas simple de vous faire un petit Belge Cool