• Z comme zeven?

     

    zeven.jpg

    Suske & Wiske 'de Zeven Snaren'  © 2008 Standaard Uitgeverij Antwerpen - België
    http://www.ikonrtv.nl/pastoraat/alginfo3.asp?oid=654

    Le piano a explosé - ou était-ce la chaudière? - l'héroïne tombait dans le gouffre en s'accrochant à sa harpe, les yeux fermés... Elle se rendait à peine compte que le sol se dérobait sous ses pieds.

    Heureusement, on lui a tendu la main. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, des amis l'ont remise sur pied.

    Car c'est aussi une histoire de mains et de pieds. De mains qui confectionnent de bons petits plats et de pieds qu'on peut laisser reposer en ayant le dos bien calé dans un fauteuil.

    Des amis, en plus d'accueillir, de nourrir, d'abreuver, de soigner la malade, ont ainsi élevé au rang de huitième oeuvre de miséricorde 'réchauffer celle qui a froid' et au neuvième 'faire rire celle qui menace de sombrer dans la déprime'.

    L'Adrienne, pour la première fois de sa vie, a passé deux jours entiers A NE RIEN FAIRE qu'à se laisser dorloter et gâter...

    *
    *M*E*R*C*I*
    *

    "zeven" veut dire sept: l'album fait référence aux sept oeuvres de miséricorde, d'où la harpe à sept cordes.


  • Y comme Yvonne

    Yvonne est impatiente de recevoir la photo annoncée:

    Mon chéri,

    Je suis dans l'attente de ton portrait, j'ai attendu le facteur mais je n'ai rien vu, j'espère pour demain.

    Papa vient de rentrer de l'hôpital, il n'était pas content, maman était dans son lit.

    Je t'écrirai encore une lettre.

    Mille baisers de ta chère Yvonne

    yvonne,lettre

    yvonne,lettre

    La santé de la maman déclinait si rapidement qu'elle est décédée le dimanche suivant.

    ***

    Ces jours-là, Quimper vivait les derniers moments d'une longue grève dans les faïenceries: elle s'arrêterait le 22 avril 1925. Les 350 ouvriers reprennent le chemin des usines après avoir obtenu une légère augmentation de salaire et une journée de travail qui passe de dix à neuf heures.

    ***

    Le mois prochain, une des photos prises à Beverloo.

  • Facteur X

    Prenez un garçon de dix-huit ans.

    Choisissez-le de préférence parmi ceux qui cumulent quelques problèmes: troubles du déficit de l'attention, insomnies, migraines, dépendances diverses.

    Cueillez-le bien mûr dans un milieu parental de premier choix où il a appris dès son plus jeune âge à se passer de ce qu'on appelle des "guides naturels".

    Placez-le seulement le 9 octobre dans un groupe d'élèves qui mijotent dans leur jus depuis le premier septembre.

    Salez, poivrez, fermez bien le couvercle et mettez à feu plus vif.

    Si la casserole explose, dites que c'est la faute du garçon.

    *
    ***
    *

    Il y a des jeunes dont il faut prendre un soin extrême.

    J'enrage de voir qu'au contraire certains les poussent à bout.

    Bien sûr que dans ce cas ils auront raison à la fin: "Avec lui, ça ne marchera jamais."

     

     

     

  • W comme wagon de train

    Faute d'avoir pu prendre le train moi-même comme je l'avais prévu, le week-end dernier, je vous parlerai des wagons entiers d'adolescents britanniques que le gouvernement de Sa Majesté veut nous envoyer à l'occasion du centenaire de la Première guerre mondiale.

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20121011_00331100&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=middagmail

    L'article dit que selon le Premier ministre David Cameron, tous les élèves du secondaire devraient venir visiter le petit carré de terre que nous appelons le Westhoek et qui est le lieu de la bataille de l'Yser et de très nombreux cimetières militaires.

    Au service de tourisme de la ville d'Ypres, on applaudit des deux mains à cette heureuse initiative qui devrait amener quelques millions de jeunes dans le coin. On a calculé que si seuls les élèves de troisième venaient, ça ferait déjà 360 000 personnes.

    Le début des festivités - si j'ose dire - est prévu pour le printemps de 2014 et elles devraient se terminer en mars 2019. Le Westhoek et la Flandre Occidentale se disent prêts à accueillir tout ce monde... pour la bonne cause, bien entendu Langue tirée

    Pour ceux qui voudraient se rappeler les noms de quelques-uns de ces lieux de mémoire, voici une carte et un lien:

    westhoek.gif

    carte prise de http://www.westwandelingen.be/westhoek.html

    tous les cimetières et autres lieux liés à la Première guerre mondiale sont ici http://www.100jaargrooteoorlog.be/ontdek-de-wo-i-sites?filter[field_ontdekken_type][0]=%2285%22

  • V comme Valmir

    C'est grâce au site Babelio - que je remercie ici - que j'ai pu, en échange d'une chronique, recevoir ce livre d'Eric Valmir.

    Eric Valmir, ce nom ne me disait rien du tout, ni en littérature, ni en journalisme radio: je n'écoute pas France Inter. Si j'ai sélectionné ce livre dans la longue liste offerte par Babelio, c'est pour son titre "Magari".

    La première fois que j'ai été en contact avec des Italiens, je ne connaissais de leur langue que deux ou trois livrets d'opéra, Don Giovanni, Così fan tutte, Le Nozze di Figaro... de sorte que je savais ce qu'était un farfallone (amoroso Cool) mais pas ce que signifiait ce mot qui revenait tout le temps dans leur conversation: magari!

    C'est sur l'explication de magari que s'ouvre le livre, après les dédicaces et petites phrases en exergue qui semblent être la norme - à tous les échelons! - du roman d'aujourd'hui.

    "Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot.
    C'est un sentiment d'incertitude, de désirs, de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. Le célèbre dictionnaire franco-italien de Raoul Boch en propose plusieurs définitions: si seulement, j'aimerais bien, qu'il plaise à Dieu, quand bien même, ça ne viendra pas mais attendons quand même, sans doute, probablement, peut-être pas...
    Magari
    , c'est un état d'âme qui se décline à l'infini."

    Eric Valmir, Magari, Robert Laffont, 2012, page 11

    Ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est d'abord l'évocation bien faite et bien complète de toute une période récente de l'histoire italienne, comme le promet le bandeau publicitaire orange qui entoure la couverture. Je me demande juste comment un homme étendu à terre dans un état comateux peut se refaire toute cette leçon d'histoire dans la tête, avec les noms, les dates et les faits bien détaillés en 376 pages Clin d'œil

    J'ai aimé aussi, à travers les petites pérégrinations du narrateur, retrouver des endroits où je suis allée: Rome, bien sûr, la Feltrinelli de la via del Babuino et ses autres lieux mythiques... mais aussi la côte amalfitaine (Manarola, dans les Cinque Terre) et l'Ombrie du grand-père, avec les virées à San Feliciano sur le lago Trasimeno.

    Et puis il y a l'évocation d'une autre région où j'aimerais aller un jour, la Sicile.

    Enfin, il y a le style de l'auteur qui est souvent très "sensuel" dans le sens premier du terme: on sent l'eau froide sur la peau, on entend son clapotis, on sent les odeurs de la terre sous l'olivier, le soleil, le chapeau du grand-père, le bras de l'ami...

    Voyez par exemple l'incipit:

    "Je suis dans le noir et je pense à toi.
    C'est étrange, il y a encore quelques secondes le tumulte de la ville était en moi; moteurs, marteaux-piqueurs, perceuses, cris, insultes, klaxons; et le temps d'un éclair, ce mix urbain familier s'est réduit à un bourdonnement lointain.
    Désormais, seule une sonorité d'eau s'impose nettement; celle qui jaillit de la source, caresse les pierres et se love dans le lit qu'elle a foré. Bruit limpide, qui éveille les images bucoliques de l'enfance (...)"

    Eric Valmir, Magari, Robert Laffont, 2012, page 13

    Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre, ce sont des choses que certains jugeront sans doute "détails sans importance" mais je vous les livre quand même Sourire.

    D'abord, quelques fautes de grammaire: mais où sont les correcteurs de Robert Laffont, me suis-je demandé... je croyais que ça se faisait, dans l'édition?

    - les gens telles des fourmis (page 106)
    - cette eau statique devenu miroir (page 134)
    - une fois arrivé, elle ne m'a pas questionné (page 143)

    Il y a aussi quelques barbarismes, dont un qui me gêne particulièrement mais que l'auteur utilise énormément: j'ai arrêté de compter à la page 73 Langue tirée et j'en étais déjà au quatrième "au final" (http://www.barbarisme.com/a3.htm)

    Je n'aime pas non plus quand un personnage s'appelle Ali à la page 54 et Sabri à la page 55. A la page 182 il est redevenu Ali.

    Je ne vous dévoilerai pas la fin de l'histoire: les malins la devineront dès la page 16, moi il m'a fallu attendre la page 41 ou 44, je ne me souviens plus Rigolant

    Enfin, il m'a semblé déceler quelques anachronismes dans l'évocation de la période la plus éloignée. Les souvenirs du narrateur remontent jusqu'au printemps de 1978. Eric Valmir avait dix ans à l'époque, moi dix de plus et je ne crois pas me souvenir que les cadenas d'amour étaient déjà en usage... mais bien sûr je peux me tromper!

    Le plaisir de la lecture a donc consisté en un agréable plongeon dans l'histoire de l'Italie de la fin du vingtième siècle... agréable et instructif!

    magari.JPG

    http://www.laffont.fr/site/magari_&100&9782221130810.html
    où vous trouverez la quatrième de couverture, un résumé du livre et la possibilité de lire les premières pages.

  • U comme une visite

    C'était mercredi après-midi et l'Adrienne, précédée d'un agent immobilier qu'elle suivait à grand-peine pour les raisons que vous savez, visitait des maisons. De ces petites maisons de rangée comme en ont toutes les villes au passé industrieux, quatre mètres de façade, une porte qui donne tout de suite dans le séjour maigrement éclairé par deux fenêtres, puis deux ou trois pièces en enfilade dont la dernière est un ajout tardif avec toit plat et lanterneau.

    Celle-ci était encore habitée par ses propriétaires. L'Adrienne en ressentit immédiatement une grande gêne. Jouer les voyeurs lui déplaisait au plus haut point. Elle estimait que l'agent aurait dû l'en prévenir et se sentit trompée.

    Un petit monsieur maigre et brun vint leur ouvrir. Dans la première pièce, deux garçonnets étaient assis dans les immenses canapés. L'Adrienne leur dit bonjour et se demanda si l'aîné la reconnaîtrait. Elle en tout cas le reconnut: il était élève dans son école et malgré sa très petite taille, il devait avoir à peu près treize ans. L'autre enfant était un ravissant petit prince aux grands yeux sombres.

    Un bébé marchant à peine s'échappa de la pièce d'à côté où derrière un rideau fleuri se tenaient les femmes de la maison. L'Adrienne sourit d'un air d'excuse à tout ce petit monde qui avait les yeux sur elle.

    Sa gêne ne faisait qu'augmenter. Il fallait examiner leur cuisine, leur salle de bains, leur débarras plein de jouets et de choses diverses, toute cette intimité, puis le petit jardin avec son inévitable cabane et ses deux rosiers. Le petit monsieur suivait, l'air de plus en plus inquiet, une Adrienne devenue mutique.

    Elle l'entendit vaguement vanter le bon état de la toiture, le gaz de ville qui alimentait leur vieux poêle, l'étage qu'il fallait encore visiter... mais l'Adrienne se dirigeait vers la sortie. Quand il tendit le bras vers l'escalier pour l'inviter à monter voir les chambres, elle secoua négativement la tête. Elle préférait ne pas savoir comment on mettait à coucher sept personnes dans deux chambres et s'enfuit comme une voleuse.

    Toute la soirée, toute la nuit, et encore aujourd'hui elle revoit sur le visage un peu buriné de cet homme l'incompréhension et la déception qu'elle a provoquées chez lui.

    Elle a envie de lui demander pardon.

     

  • Stupeur et tremblements d'internaute

    C'est un dimanche que l'Adrienne a commencé à chercher des maisons. En quelques clics on accède aux offres, aux adresses, aux prix et aux aguichantes photos.

    Le dimanche suivant, après sa visite à la banque, elle a continué à écumer cette vaste mer immobilière de façon encore plus ciblée, en y incluant sa fourchette de prix.

    Huit jours plus tard, l'Adrienne constate avec stupeur (et tremblements) qu'elle ne peut plus aller sur "la toile" (1) sans qu'une bannière publicitaire ne s'affiche pour lui offrir des maisons à vendre, précisément dans la ville où elle en cherche une et aux prix qu'elle a indiqués... mais sur un autre site.

    "Uw privacy staat te koop" (2) titrait le journal jeudi dernier. Avec quatre liens vers autant d'articles au titre significatif: "Nous savons qui vous êtes", "Nous savons ce que vous cherchez", "Nous savons ce que vous aimez", "Nous savons ce que vous achetez".

    C'est clairement vrai...

    ***

    (1) sur ce blog-ci et sur la plupart des autres, soit dans une bannière en haut de page, soit en encadré entre le billet et les commentaires, soit dans une des colonnes... rares sont ceux qui sont exempts de publicité et cette publicité est apparemment de mieux en mieux "ciblée" et "personnalisée"

    (2) "Votre vie privée est à vendre". Pour ceux qui lisent le néerlandais: http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20121017_00338984&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=ochtendupdate

     

  • 22 ou la tirade du pied

    La première nuit, j'avais tellement mal que je me suis dit que si on me proposait là, tout de suite, de me couper l'orteil, j'aurais peut-être accepté. Alors pour passer le temps, je me suis joué la scène à la Cyrano:

    Agressif: Moi, madame, si j'avais un tel pied,
    Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse!

    Amical: Mais quel grand malheur, cette casse!
    Pour marcher, n'est-ce pas un sérieux handicap?

    Descriptif: C'est un bloc bleu, un pic rouge, un cap...
    Que dis-je, c'est un cap? C'est une péninsule!

    Curieux: De quoi sert cette oblongue capsule?
    De poupée vaudou ou de boite à meccano?

    Gracieux: Aimez-vous à ce point le piano
    Que maternellement vous vous préoccupiez
    De briser sa lourde chute avec vos deux pieds?

    Truculent: ça, madame, lorsque vous claudiquez,
    Vos amis peuvent-ils le voir sans paniquer
    Qu'ils vous trouveront morte en bas de l'escalier?

    Prévenant: Ne pourrait-on pas vous relier
    Du sofa à une ligne de téléphone?

    Tendre: Cette cure de repos est bien bonne:
    Profitez-en bien de votre petite panne!

    Pédant: L'animal seul, c'est sûr, qu'Aristophane
    Appelle Hippocampelephantocamélos
    Avait au pied tant de chair avec si peu d'os!

    Cavalier: Quoi, l'amie, ce bloc est à la mode?
    Pour rouler en auto c'est vraiment peu commode!

    Emphatique: Nul soulier ne peut, pied bancal,
    T'envelopper tout entier sauf cette sandale!

    Dramatique: C'est la mer Rouge quand il saigne!

    Admiratif: Pour un parfumeur, quelle enseigne!

    Lyrique: Est-ce une conque? Etes-vous un triton?

    Naïf: Ce monument, quand le visite-t-on?

    Respectueux: Souffrez, madame, qu'on salue!
    C'est là ce qui s'appelle faire le pied de grue!

    Campagnard: Hé, ardé! C'est-y un pied? Nanain!
    C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain!

    Militaire: Pointez contre cavalerie!

    Pratique: Voulez-vous le mettre en loterie?
    Assurément, madame, il sera le gros lot!

    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:
    Le voilà donc ce pied qui des pas de son maître
    A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître!

    Je sais que ça ne fait que vingt Clin d'œil

    Je compte sur vous pour m'envoyer les deux manquants Bisou

  • R comme revanche du piano

    L'idée de faire "exploser" un piano n'a pas tout de suite plu à l'Adrienne, loin s'en faut. Elle avait failli se laisser convaincre une première fois puis avait reculé devant le "sacrilège" d'une telle opération.

    Il lui a fallu encore un an ou deux pour se faire à l'idée... et quelques tractations supplémentaires.

    Quand elles se sont bien mises d'accord sur toutes les modalités, l'amie espagnole et elle, l'Adrienne a acquiescé: tout serait scrupuleusement récupéré et orienté vers une nouvelle forme de vie, de l'écrou le plus minuscule transformé en bijou jusqu'au bois débité en petites bûches. L'amie espagnole se réservait "la harpe" qu'elle conserverait entière pour sa belle sonorité.

    Les travaux ont commencé un samedi après-midi - car on vivait à l'heure espagnole.

    Le piano, qui trônait depuis six ans au milieu du garage, avait fini par y servir d'étagère: on y trouvait la boîte avec les semences pour le potager, les bouteilles d'engrais pour plantes en pot, le papier, le carton et le plastique pour le tri sélectif. Bien rangées autour des pédales, les bottes de jardinage et quelques boîtes où les chats aiment dormir.

    Après l'opération de déblayage, l'amie a sorti ses outils: dévisser par ici, desserrer par là, le samedi soir le clavier avait disparu et le piano avait le ventre ouvert.

    Dimanche peu après midi, pour la suite des travaux, l'amie espagnole appelle l'Adrienne:

    - Viens donc! viens donc te défouler un bon coup!

    Et cette idiote d'Adrienne reçoit un marteau, on lui montre où elle doit frapper... ce qu'elle fait sans se poser de questions (1).

    L'explosion a eu lieu quand le piano s'est écroulé sur l'Adrienne qui a juste eu le temps d'éviter que ses deux genoux soient broyés.

    C'est le gros orteil gauche qui a tout pris.

    - Juste revanche de sa part, se dit l'Adrienne en se tournant et en se retournant dans son lit cette nuit-là.

    Le médecin lui avait laissé le choix:

    - Soit on vous enlève l'ongle chirurgicalement et ça va durer deux ans avant d'en avoir un tout nouveau. Soit vous gardez l'ongle mais alors vous souffrirez énormément pendant une vingtaine d'heures et vous aurez l'orteil gonflé pendant deux mois.

    L'Adrienne a supporté les vingt heures de douleur en les décomptant une à une: il ne sera pas dit que le piano se vengera d'elle pendant encore deux ans! (2)

    ***

    (1) comme quoi la preuve est faite que blogueuse est synonyme de décérébrée Langue tirée ceci en clin d'oeil à un blog qui parlait de ça récemment

    (2) une ou deux photos seraient à leur place ici mais je manque de courage

  • 20 amis, 20 avis

    - Dans ta situation, me dit MC, tu ne devrais plus t'endetter et acheter, pourquoi est-ce que tu ne louerais pas?

    Mais elle est dans la même situation que moi et possède un appartement en ville ET une maison à la campagne Cool

    - Juste une petite cour et pas de jardin? s'écrie le mari de K. A ta place, je réfléchirais et je chercherais une maison un peu plus petite, mais avec un jardin. C'est absolument indispensable!

    Leur jardin, c'est sa femme qui s'en occupe et lui est toujours devant sa télé Langue tirée

    - Il te faut au moins trois chambres, dit A. Et un grand séjour. L'espace, c'est primordial!

    Elle rêve encore de la grande maison qu'elle n'a pas achetée et à laquelle, à l'époque, elle a préféré son appartement actuel.

    - Une maison? dit S. Mais quelle idée! Pourquoi tu ne t'achètes pas un appartement? C'est tellement plus facile!

    Pourtant, elle se plaint toutes les fois que je la vois, de ses voisins du dessus, de ses voisins du dessous, de son syndic, des frais généraux, de l'interphone qui ne fonctionne plus et de l'ascenseur qu'il faudra bientôt remplacer.

    - Tu cherches une maison à X? s'écrie L. Moi je ne voudrais jamais y habiter!

    Car elle habite la ville voisine, où tout est teeeeeeelllllement mieux Rigolant

    Et ainsi de suite... Acheter ou louer, maison ou appartement, centre ville ou périphérie, jardin, cour, garage, nombre de chambres, chauffage au gaz ou au mazout, chacun a ses préférences et du choc des idées jaillit la lumière:

    - Un garage? Tu n'as pas besoin de garage, dit ma carissima nipotina, mais d'un grand grenier!

    Elle n'a pas tout à fait tort Clin d'œil

    - Mais pourquoi tu partirais d'ici? demandent les amies espagnoles. Moi je dirais: "J'y suis, j'y reste!"
    - Tiens! C'est la devise de la Syldavie, leur dis-je en riant, "Eih bennek, eih blavek"

  • Question existentielle: comment se débarrasser d'un piano?

    L'Adrienne et l'Homme vécurent trois ans dans la maison qu'ils louaient en ville.

    Chaque semaine, l'Adrienne époussetait soigneusement le piano. Dont le noir brillant se recouvrait instantanément de fines particules poussiéreuses. Chaque fois qu'elle passait devant, elle soulevait le couvercle et effleurait quelques touches. Elle y jouait "J'ai du bon tabac" et ça la faisait rire. Elle admira encore plus les virtuoses qu'elle voyait parfois à la télévision.

    Puis il fallut déménager. Six hommes grands et forts vinrent à grand peine à bout de ce piano alors qu'il eût été si simple de le revendre là d'où il venait.

    - Je reprendrai peut-être des cours de piano plus tard, dit l'Homme-de-sa-vie, quand j'aurai le temps.

    L'Adrienne fit semblant d'y croire et continua d'épousseter le piano qui occupait désormais tout un mur de leur maison à la campagne.

    Mais le mur s'avéra humide et le piano fut bientôt complètement désaccordé. Il n'intéressait plus que les petits enfants des amis, qui pouvaient taper dessus quand ils commençaient à s'ennuyer des conversations des grandes personnes. L'Adrienne fit d'attendrissantes photos de bambins de deux ans qui bavaient sur les touches.

    Il fallut trouver encore deux autres fois des volontaires pour déménager l'encombrant instrument. Ceux-ci, on le comprend, se faisaient de plus en plus rares: l'âge, les problèmes de dos, les expériences précédentes, tout ça rendait prudent.

    Puis ce fut l'Homme-de-sa-vie qui partit.

    Il emporta quelques bricoles, ordinateur, téléphone avec imprimante, appareils photos, collection de disques et de CD, cave à vin... mais laissa le piano.

    - Quand est-ce que tu viens chercher ton piano? demandait l'Adrienne chaque fois qu'elle le voyait ou répondait à un de ses messages.
    - Je vais régler ça, disait-il.

    Les mois puis les années passèrent sans rien régler: ni une camionnette de déménagement, ni quelques amis musclés, ni une vente sur un des nombreux sites de seconde main... rien ne débarrassa l'Adrienne du piano que quelques mains (et bras forts) avaient poussé jusque dans le garage d'où l'Homme aurait pu l'enlever plus aisément.

    On finit par le proposer gratuitement au premier intéressé, du moment qu'il venait le chercher à domicile... Rien n'y fit.

    L'Adrienne l'offrit à diverses actions caritatives qui n'en voulurent pas. Trop lourd, trop loin, trop difficile à manipuler. Pourtant elle s'était prise à rêver d'une seconde vie pour ce piano qui ferait la joie d'enfants de Palestine. Elle le voyait déjà s'embarquer au port d'Anvers avec tous les autres instruments récoltés dans tout le pays... C'était trop beau!

    Alors, quand elle conta cette histoire à l'amie espagnole, celle-ci y vit tout de suites d'énormes potentialités:

    - On va le faire exploser, ton piano, lui dit-elle dans un élan enthousiaste.

    (à suivre)

  • P comme piano

    Nous étions au début des années 80 et c'étaient les vacances d'été. Les dix derniers mois, l'Adrienne avait enfin gagné un premier vrai salaire et dès le mois de septembre l'école qui l'employait lui renouvelait son engagement et lui offrait même un horaire presque complet.

    Tout était bien. Pas encore de quoi se payer un petit voyage, mais ça viendrait. Chaque chose en son temps, comme disait sa grand-mère.

    - Il me faut un piano! annonça l'Homme un samedi matin. J'ai demandé conseil à GP et il va m'accompagner pour en choisir un bon.

    L'Adrienne ne douta pas un seul instant que les conseils de l'ami GP fussent judicieux, vu qu'il était un brillant pianiste et claveciniste. Par contre, elle émit quelques doutes prudents sur la nécessité d'un si gros achat et sur le coût total de l'opération.

    - Il me faut un piano, répéta l'Homme, en septembre je vais prendre des cours.

    Comment l'Adrienne, qui souffrait depuis l'âge de huit ans d'un rêve musicien brisé, aurait-elle pu mettre un frein à celui de l'Homme qu'elle aimait? Elle applaudit, félicita et encouragea. (1)

    L'Homme et l'ami GP allèrent donc chez le meilleur vendeur de pianos du pays et en revinrent très satisfaits d'eux-mêmes et de l'instrument de leur choix. Bien sûr, pour une telle qualité sonore et esthétique, il avait fallu mettre le prix, "mais ça gardait sa valeur".

    L'instrument arriva dans le courant de la semaine suivante, hissé, poussé, porté par deux hommes forts disposant de tout l'outillage nécessaire pour le faire passer de leur camion dans la maison. C'était grand, lourd, massif et d'un noir brillant. Le croirez-vous, l'Adrienne ne pensa pas mélodies ni sonates, elle pensa poussières à enlever et déménagements futurs...

    Il dut aussi venir un accordeur, évidemment, avant que l'Homme puisse poser les doigts sur les touches.

    Septembre arriva ainsi que les premiers cours de piano.

    L'Homme fut mortifié de voir la facilité avec laquelle des enfants d'à peine dix ans apprenaient leurs gammes et décréta qu'il avait "les doigts raides".

    Il abandonna le piano et prit un abonnement au magazine Diapason.

    (à suivre...)

    ***

    (1) pour ceux qui auraient raté cet épisode, c'est ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/07/26/v-comme-vocation.html

  • O comme opération (presque) réussie

    L'opération qui consistait à faire exploser un piano a parfaitement réussi.

    On déplore seulement quelques dommages collatéraux.

    C'est normal, l'opération la mieux préparée ne peut les exclure. On ne peut pas tout prévoir.

    Et il arrive qu'un pied se trouve au mauvais moment au mauvais endroit.

    Même pas un pied: juste un o comme orteil... ou mieux encore: o comme l'ongle et l'os de l'orteil.

  • N comme nuit noire

    Pourquoi, se demandait l'Adrienne dans la nuit de dimanche à lundi, oui pourquoi appelle-t-on en français "nuit blanche" ces heures qu'on passe à chercher infructueusement le sommeil?

    Serait-ce par antiphrase?

    Car il n'y a rien de blanc à ces longues heures qu'on passe dans l'obscurité à broyer du noir.

  • M comme midi-minuit

    Ce vendredi-là, l'Adrienne prenait le café chez des amis mais quand on lui en proposa une seconde tasse, elle répliqua promptement:

    - Non merci! il faut que j'y aille parce qu'une amie vient loger et j'ai encore des tas de choses à faire!

    Il était pourtant excellent, ce café, joliment mousseux, à l'arôme délicat, et tout à côté une boîte dorée offrait ses pralines en chocolat. Mais l'Adrienne était pressée et fit ses adieux.
     
    En cours de route, elle passa mentalement sa liste des choses à faire: le poêle était prêt à y mettre une allumette, les chambres propres, la bouteille de bulles au frigo depuis l'avant-veille... il lui restait à mettre des draps frais et à prévoir des affaires de toilette, puis elle pourrait se mettre aux fourneaux: les invitées auraient sûrement faim, après une aussi longue route, et envie d'un plat revigorant. Elle avait prévu des souris d'agneau, des pommes de terre, des carottes et des lentilles vertes. Dans le sac des courses, il y avait de l'oignon rouge. Etait-ce possible qu'elle n'eût rien oublié?
     
    Pour le dessert, elle hésitait encore entre des brownies au chocolat et aux noix ou un crumble aux mûres mais elle trancha vivement la question: brownies le premier jour, crumble le second et après on verrait bien. Elle était assez satisfaite de son menu.
     
    Le jour d'avant, elle avait eu son amie au bout d'un fil appelé skype:

    - Combien de temps on mettrait de Paris jusque chez toi? voulait-elle savoir.

    L'Adrienne dut faire un gros effort de sa fantastique mémoire (les habitués de l'Adrienne savent qu'elle a une mémoire terrifiante pour les souvenirs d'enfance mais qu'il n'y a plus de place pour rien d'autre) et se rappeler la dernière fois où elle avait fait ce trajet en voiture avec l'homme-de-sa-vie.
    Aussi s'avança-t-elle prudemment:

    - Et bien... ça dépend de la vitesse à laquelle tu roules, n'est-ce pas?

    Car elle se souvenait surtout que l'homme-de-sa-vie considérait chaque trajet comme une course contre la montre et que c'était un défi personnel d'améliorer à chaque fois son chrono. Le dernier record dont l'Adrienne ait eu connaissance s'élevait à 180 minutes mais elle supposait qu'il avait dû encore en grignoter quelques-unes depuis lors.

    - Vous prendrez l'autoroute? demanda-t-elle encore à l'amie.
    - Oh non! répondit-elle. Nous préférons la route normale!
     
    A ce moment-là, l'Adrienne a tout de même froncé les sourcils. Heureusement, elle ne disposait pas de l'outillage nécessaire pour être vue de l'autre côté du réseau skype.

    - Il vaudrait mieux que vous soyez ici avant qu'il fasse noir, dit-elle, parce qu'avec ces petites routes, ce ne sera pas facile de vous y retrouver.
    - Oh oui! fit-on avec une grande conviction, nous partirons à midi et nous serons certainement chez toi vers cinq ou six heures!
    - Parfait! s'exclama l'Adrienne toute rassérénée. Je t'envoie encore un mail avec l'itinéraire précis et détaillé.

    Et c'est dans ces excellentes dispositions qu'elles se quittèrent en se lançant maints Hasta mañana.
     
    ***
    Ce vendredi vers les quatre heures de l'après-midi, l'Adrienne alluma son ordi. Elle y vit un message de l'amie espagnole:

    - J'ai oublié de noter ton numéro de GSM, lui écrivait-elle. Tu m'envoies un SMS?

    L'Adrienne sortit donc son antique téléphone portable des profondeurs de son sac, fut tout heureuse de constater qu'elle se souvenait des quatre chiffres de son code d'accès, tapota un joli SMS avec tous les points, les virgules et les accents nécessaires et appuya sur la touche d'envoi. Elle reçut - ô merveille! - une réponse immédiate:

    - Nous sommes en train de charger l'auto et après nous partons, vit-elle sur le petit écran.

    Il était exactement 16.14 h.
     
    Elle disposait tout à coup d'une infinité de temps et ne sut pas tout de suite ce qu'elle devait regretter d'abord, la seconde tasse de délicieux café ou l'arrivée tardive de l'amie.

    - J'aurais le temps d'aller nager! se dit-elle.

    Mais elle préféra allumer le poêle à bois. Il ne faisait que quinze degrés dans la maison et l'Espagnole la plus aguerrie trouverait ça probablement un peu frisquet.
     
    Vers six heures moins le quart, elle entendit une deuxième fois résonner son GSM:

    - Nous sommes bloquées sur le périph', écrivait l'amie.

    L'Adrienne ne put s'empêcher de répondre (avec le trait d'union, la cédille, l'accent et en toutes lettres):

    - Est-ce que ça étonne quelqu'un?

    Le "LOL" qu'elle y ajouta ne parvenait probablement pas à masquer sa frustration.
     
    Ensuite elle n'entendit plus rien pendant des heures...
     
    Elle se prépara à une longue, très longue soirée, alors qu'elle tombait déjà de sommeil, vu qu'elle s'était levée avant six heures du matin. C'est alors qu'elle se rendit pleinement compte de la portée de cette petite phrase que l'amie espagnole avait prononcée lors de sa précédente visite en Belgique:

    - Nous ne vivons pas au même rythme.

    ***

    Pero te quiero mucho
    Bisou

  • L comme liste

    Il y a celle qui promet de vous emmener dans sa propre voiture puis qui oublie votre rendez-vous

    Il y a celle qui vous donne les clés et vous laisse aller seule à la découverte d'une maison en parfait état. A votre retour, elle vous concède qu'en effet, c'est du bricolage inachevé, d'une qualité plus que douteuse et d'une crasse épouvantable.

    Il y a celle qui ne répond pas à vos questions

    Il y a celui qui est surtout intéressé par une expertise de la maison où vous habitez (vous lui avez pourtant dit qu'elle ne vous appartenait qu'à moitié)

    Il y a celui qui est fermé tous les après-midis et ouvert aux heures où vous faites la classe

    Il y a celui qui doit poser chacune de vos questions à son collègue du bureau d'à côté

    Il y a celui qui vous fait la bise parce qu'il est votre ancien élève mais qui, hélas, n'a rien d'intéressant dans la ville où vous désirez vous installer. Vous vous demandez s'il se souvient qu'un jour vous l'avez vertement mis à la porte (1)

    Il y a celui qui vous dit que pour le prix que vous voulez mettre vous ne trouverez pas de maison dans laquelle il n'y a pas de gros travaux à faire (alors vous pensez aux blogamis qui vous enjoignent de ne pas désespérer Bisou)

    Il y a celui qui ne révèle qu'à contrecoeur l'adresse des maisons qui vous intéressent. Si vous insistez, il vous donne le nom de la rue, mais pas le numéro. Pourtant, de grandes affiches de son agence ornent les fenêtres

    Il y a celui que vous contactez par mail et qui vous renvoie un message pour vous dire: "Uw vraag is correct ontvangen door Immo XXX. Wij behandelen uw vraag zo snel mogelijk." (2) Mais quatre jours plus tard vous n'avez toujours rien vu ni entendu.

    Vous finissez par vous demander si les agents immobiliers ont envie de vendre une des maisons de leur catalogue...

    ***

    (1) vous aviez 22 ou 23 ans, lui 17 ou 18, et il avait osé vous la jouer façon Gabin, dans son meilleur français: "Vous avez de beaux yeux, madame!"

    (2) ce qui équivaut à: "Nous avons bien reçu votre question et nous y répondrons le plus vite possible"

  • K comme Kleypas

    En vérité je vous le dis, c'est une première: mon tout premier roman de la rubrique "romance historique", mon tout premier "aventures et passions" Langue tirée

    Sur la foi d'une dame qui semblait s'y connaître et y avait consacré un long article sur un blog d'un auteur très sérieux (si, si), j'ai découvert qu'il existait des romans roses contemporains de qualité. (si, si... bis)

    Je vous le dis tout de suite, rien à voir avec les Delly de votre grand-mère Cool que les religieuses du pensionnat très sévère pour jeunes filles de bonne famille mettaient entre les mains des virginales demoiselles... même si chez madame Kleypas, la morale est sauve, puisque les protagonistes, aux yeux du monde, sont "époux".

    Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le machin, il est d'ailleurs assez transparent dès le début et l'auteur ne parvient pas vraiment à nous surprendre... Mais là n'est visiblement pas son propos!

    Première étreinte et premiers frissons d'extase à la page 27 et ultime frisson à l'ultime page, la trois-cent-dix-septième, n'y cherchez pas autre chose et vous en aurez pour votre argent, surtout si comme moi vous l'empruntez gratuitement à la bibliothèque municipale Langue tirée

    - J'arriverai bien à te faire parler un jour, assura-t-elle en lui embrassant le cou, ce qui le fit frissonner de plaisir. Tu n'as pas la plus petite chance de pouvoir me résister.

    - Pas la plus petite chance, admit Cameron, avant de s'emparer à nouveau de ses lèvres.

    Lisa Kleypas, L'imposteur, J'ai Lu n°5524, point final page 317.

    kleypas.jpg

    Vraisemblance zéro, c'est Boileau qui aurait été content Langue tirée

  • J comme jàcaras

    Parce que ce week-end, c'est un petit bout d'Espagne qui descendra mon Escaut

    et aussi un petit peu parce qu'aujourd'hui c'est la fête nationale espagnole

    http://www.youtube.com/watch?v=Zm2ZIZXna0A

    Mais en même temps J comme je je je parce que c'est ainsi qu'on rit en espagnol, et je sais qu'on rira beaucoup Rigolant

    amitie,espagne,musique

    j'ai prévenu l'Espagne d'apporter les moufles et les vestes fourrées... il fait encore douze degrés dans la salle de bains Cool

    ***

    Pour ceux qui ont envie de deux heures de belle musique, pour les fans de Philippe Jaroussky (voir à 5'40" par exemple) ou les aficionados de l'Amérique Latine, je recommande fortement http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=zra1BvTAciU

    Bon week-end à tous!

  • I comme inspiration chez Lali (9)

    Lali 277.jpg

    Quand on annonça à Miss Betty Books que bientôt tous les livres papier seraient remplacés par de petits écrans plats, pas une de ses dix mille feuilles ne tressaillit:

    - Pff! fit-elle en tournant d’un seul mouvement du pouce gauche la page qu’elle venait de terminer, ce qui lui permettait de garder la main droite sur le prochain livre qu’elle avait déjà sélectionné.

    Voilà tout l’effet que cette nouvelle lui produisit.

    Un jour, il y a bien longtemps, on lui avait dit aussi que les coiffures à la Marie-Antoinette étaient passées de mode et que plus personne ne portait de robes à panier ni de gants montants:

    - Pff! avait-elle fait aussi cette fois-là, en tournant la page de son livre.

    écrit pour Lali (277) sur une illustration de Levi Hastings

  • H comme le hasard n'existe pas

    Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Leucippe Langue tirée

    Oὐδεν χρῆμα ματην γίνεται ἀλλα παντα ἐκ λόγου τε και υπ'ανάγκης
    Aucune chose ne devient sans cause, mais tout est l'objet d'une loi [raison] (λόγος), et sous la contrainte de la nécessité. (http://www.normalesup.org/~adanchin/causeries/Atomistes.html)

    A vingt ans, l'Adrienne s'est accommodée d'un petit studio où elle disposait de deux plaques électriques, mais pas de four. Alors, pour recevoir dignement sa toute nouvelle belle-famille, qui ne tolérait que les desserts faits "maison", elle fouettait des sabayons au rhum ou des crèmes mousseuses au citron.

    Puis, pendant trois ans, elle a vécu dans une maison en ville, où elle avait une vraie cuisinière avec four et trois brûleurs, mais un seul poêle au gaz: l'hiver, les vitres de la chambre à coucher se couvraient d'une pellicule de glace et le dessus de la couverture était toujours humide.

    Ensuite il y a eu la petite maison en pleine nature, avec ses murs d'une simple brique, son carrelage posé sur du sable et son toit par où entrait la neige. Vêtements et chaussures y moisissaient en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et les habitants avaient perpétuellement des problèmes aux voies respiratoires. Mais la campagne était si belle...

    Quand l'Adrienne s'est cru au sommet de la félicité domestique, avec de grandes baies vitrées, une cuisine équipée, de bonnes chambres pour les amis, une salle de bains rutilante, une cave au sec, une large terrasse pavée, des murs et un toit bien isolés, elle ne s'est tout à coup plus trouvée qu'en possession d'une demi-maison. L'homme-de-sa-vie était parti avec l'autre moitié.

    Aujourd'hui, presque six années ont encore passé et il est l'heure de penser à l'étape suivante: l'Adrienne va retourner en ville, dans une maison qui n'aura sans doute pas de jardin mais une cuisine, une salle de bains, du chauffage et des chambres pour les amis.

    ***

    Il a bien raison, Leucippe: tout ça n'est pas l'effet du hasard, mais arrive "sous la contrainte de la nécessité".

    Carpe diem Cool

  • G comme gîte rural

    La maison est toujours cinq épis et Premium pour la situation mais pour ce qui est du confort, elle a drôlement dégringolé dans le classement Langue tirée

    Depuis fin septembre, je dois prévenir les amis qui viennent loger chez moi:

    - Surtout, n'oubliez pas de prendre de bonnes grosses chaussettes de laine et des pulls d'hiver!

    Heureusement, jusqu'à présent chacun s'est accommodé de la récente rusticité de l'endroit. On fait craquer une allumette et ronfler le poêle à bois, on prépare des nourritures qui tiennent bien au corps et on se dit qu'une tarte au chocolat qui cuit dans le four réchauffera les coeurs et les corps. Pour les doigts, on a la théière Cool

    Pas d'eau chaude au robinet, pas de bain ni de douche (sauf écossaise), et quand le thermomètre du séjour marque dix-neuf degrés on trouve qu'il fait bien bon dans la maison...

    "'t Is ne keer iets anders", disent mes amis flamands (1)

    Pour le moment, tout ça est encore parfaitement faisable parce que dehors le soleil brille et que les températures restent très clémentes.

    Mais j'aimerais tout de même passer les mois les plus froids dans de meilleures conditions. D'ailleurs, je n'ai presque plus de bois à brûler... (à suivre)

    ***

    (1) traduction littérale belgo-belge: "C'est une fois autre chose" Rigolant

    vie quotidienne

    photo de l'automne dernier avec cheminée et bout de toit Sourire

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Jeudi dernier, Francis le coiffeur-philosophe était d'humeur badine:

    - Vous voulez que je vous rase le tour de l'oreille? me fait-il en se retenant à grand-peine de rire. Comme ça, tout un côté... et je peux aussi vous le faire des deux côtés, si vous préférez.

    Je le regarde puis je secoue la tête:

    - Je ne crois pas que ça m'irait...
    - Je ne le pense pas non plus, répond-il avec un large sourire.

  • 7 naines

    La Prof a de la place pour un bureau mais pas pour un lit

    La Simplette n'a ni cuisine ni salle de bains

    Dans la Grincheuse tout coince et tous les murs sont de travers

    L'Atchoum a des taches d'humidité, le papier peint tout gondolé et on voit le ciel à travers les tuiles

    La Dormeuse a une vaste chambre à coucher sous le toit mais un tout petit séjour sombre et rustique

    La Joyeuse a 60 m² de murs multicolores

    Dans la Timide mes cheveux touchent presque le plafond

    (à suivre...)

  • E comme experte

    Samedi dernier, l'Adrienne se couche toute guillerette:

    - Cette nuit on passe à l'heure d'hiver, se dit-elle en tirant bien fort sa couette jusqu'au-dessus de son nez-tout-gelé, ça me fait une heure en plus à dormir... ça fera du bien à mon rhume!

    Dimanche matin, l'Adrienne ouvre l'oeil à son heure habituelle, c'est-à-dire à six heures moins dix exactement.

    - Quel bonheur! se dit-elle en lorgnant vers les chiffres rouges de son réveil, je vais profiter du changement d'heure pour paresser un peu au lit, c'est toujours ça de gagné sur le froid...

    Et elle se rendort béatement, chose qui ne lui était plus arrivée depuis l'adolescence, à peu près.

    Peu avant huit heures, revoilà l'Adrienne, tout heureuse de ses deux heures de sommeil supplémentaire: elle se sent en pleine forme, fait sa petite gym pour le dos, ses petites ablutions dans une salle de bains à 14 degrés (faut qu'elle s'endurcisse, l'hiver n'a pas encore commencé) et va allumer son ordinateur.

    - Quelle corvée, se dit-elle en passant devant le four, devoir remettre ces montres à l'heure!

    Car l'Adrienne, en véritable experte, n'aime pas tout ce qui a plus de deux boutons. Cependant, la théière tourne dans le micro-ondes, l'ordi ronronne ses préparatifs...

    - Tiens! se dit-elle. L'ordinateur n'a pas adapté l'heure! C'est bizarre, ça!

    Puis l'Adrienne consulte son calendrier et constate que le passage à l'heure d'hiver n'est prévu qu'un mois plus tard.

    - Pas grave, se dit-elle, ça me fera une deuxième grasse matinée.

    Et déjà elle se met à rêver si elle la fera dans son igloo ou si elle ira chauffer ses vieux os ailleurs...

  • D comme devinettes

    Devinette numéro 1:

    Quel est le lien entre un cours de chant et le service des urgences?

    Devinette numéro 2:

    Quel est le lien entre la banque et le carrelage?

  • C comme chaos

    chaos chaos

    chaos chaos

    chaos chaos

    chaos chaos

    chaos chaos

    chaos chaos

    mais ne vous inquiétez pas l'Adrienne va s'en sortir Bisou

  • B comme bagnole

    - Chéri! n'oublie pas de rentrer la voiture au garage!

    Walrus aout 2012 128 - kopie.JPG

    Photo prise un soir d'août dernier
    en hommage à toutes les oublieuses mémoires qui me lisent:
    cette auto entièrement recouverte de post-it Cool
    dont la plupart, malheureusement, au bout de deux trois jours
    gisaient un peu partout le long de la rue...

    ***

    - Un jour tu oublieras ta tête, quelque part!
    disait ma mère à mon père.
    Moi j'ai surtout peur d'oublier mes clés...
    Jusqu'à présent, ma tête m'a toujours suivie Langue tirée

  • Adrienne aime les arbres

    En voici quelques-uns, photographiés dans le parc du château de Trazegnies en août dernier:

    Walrus aout 2012 111 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 112 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 115 - kopie.JPG

    ci-dessus et ci-dessous, le platane de la cour, géant âgé de 300 ans...
    voyez le nombres de voitures qui peuvent se garer à l'ombre de ses branches Cool

    Walrus aout 2012 120 - kopie.JPG

    Enfin, encore trois autres beaux exemplaires:

    Walrus aout 2012 119 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 122 - kopie.JPG

    Walrus aout 2012 123 - kopie.JPG

    je suis comme Rob Vanoudenhoven, j'aime la Wallonie Cool
    http://www.youtube.com/watch?v=BLxmmXQqsBQ

  • Premier octobre

    Première fois à la piscine après une semaine de rhume carabiné, première fois que je nage en toussant et ça fait baisser ma moyenne Clin d'œil. Première fois que j'ai vu un nageur qui avait besoin de sa boisson énergisante - la piscine est un endroit où personnellement je n'ai jamais soif Langue tirée. Chaque fois qu'il avait fait deux longueurs il devait se réhydrater...

    Premières mandarines dans les supermarchés, la semaine dernière il y avait encore des fraises. Premiers potirons et premiers décors d'halloween. Pour la première fois, j'ai aussi un potiron sur ma terrasse, reçu d'une amie à la mi-août, et tellement gros et lourd que je risque une hernie discale rien qu'en le regardant.

    Première fois que je vais suivre de vrais cours de chant. C'est demain la première leçon: ça me fera déjà une soirée que je pourrai passer au chaud (non, je ne vous raconte pas mes tristes problèmes de chauffage, non non n'insistez pas Langue tirée)

    Par contre je peux vous offrir ce petit sujet de méditation:

    "(...) l'exercice qui consiste à dresser la liste de ses propres premières fois est scandaleusement narcissique et à tout prendre sa lecture devrait n'intéresser personne d'autre que celui qui l'établit."

    Vincent Wackenheim, Petit éloge de la première fois, Folio 2011, page 36.