• Dernières nouvelles du front de l'Yser

    Quand l'Adrienne est allée montrer son bras au médecin, elle en a profité pour exhiber aussi son orteil, qu'il n'avait pas encore eu l'honneur de pouvoir contempler.

    - Mouais, a-t-il dit en se frottant le menton. Cet ongle va tomber.

    Ce qui conforta l'Adrienne dans l'idée qu'une visite chez le médecin n'est vraiment pas une nécessité première.

    Puis il ajouta:

    - Pour faciliter la repousse de l'autre, il faudrait prendre des bains de pied avec du savon noir. Au moins vingt minutes. Pour que ça se ramollisse.

    L'Adrienne le remercia du conseil.

    Sur le chemin du retour, elle réfléchit où elle pourrait caser ces vingt minutes de baignade dans son emploi du temps déjà très chargé en activités aquatiques.

    Le lendemain matin, après avoir aspiré un troisième seau d'eau dans sa cave, elle s'installa à son ordi les pieds bien au chaud dans une eau savonneuse. Autant que l'autre en profite aussi, n'est-ce pas.

    A peine les y avait-elle plongés tous les deux qu'elle constata qu'elle avait oublié la serviette sur le lavabo.

    A l'autre extrémité de la maison, bien sûr Cool

    ***

    Je vous souhaite une bonne année 2013
    Merci de votre fidélité et de votre gentillesse
    Bisou

     

     

  • Z comme Zigmund

    Désolée, Zigmund, mais avec mes petits soucis de santé et de cave, je n'ai pas tenu ma promesse.

    Je n'ai pas été solidaire dimanche dernier.

    Je n'étais pas occupée à ranger ma table et mon bureau en vue des fêtes en même temps que toi.

    http://le-rhinoceros-regarde-la-lune.over-blog.org/article-sous-les-papiers-la-table-113669523-comments.html#anchorComment

    Il n'y aura donc pas de photo aujourd'hui pour faire pendant aux tiennes.
    Pas de satisfaction du devoir accompli.

    Par contre, la cave n'a jamais été aussi propre Langue tirée

  • Y comme Yvonne

    Voilà une semaine entière qu'Yvonne et son petit mari sont séparés et qu'il décompte les jours. Cette lettre est datée du jeudi 23 avril 1925:

    Ma très chère femme

    Je t'écris encore quelques mots pour te dire comment je vais.

    J'étais très content de la lettre que j'ai reçue de toi et dans laquelle j'ai vu que tu es allée au cinéma. Et bien, ma chérie, si tu ne t'y es pas amusée, n'y va plus, parce que deux dimanches, ce sera vite passé et peut-être seulement un parce qu'il est question ici qu'on puisse rentrer le 2 mai et ainsi nous serons réunis encore plus vite et pour toujours. (1)

    Ma chère petite femme, comment va maman? Est-elle encore malade? Et Zulma? Et comment vont belle-maman et M*** et S***? (2) Est-ce que M*** s'entend bien avec Gilbert? N'oublie pas de lui tenir son café au chaud à neuf heures et à quatre heures. (3)

    Je vais terminer ici, ma chérie, dans l'attente d'une petite réponse de toi.

    Je t'envoie aussi quelques jolies cartes en souvenir.

    Ton chéri qui pense à toi et qui ne t'oubliera jamais.

    Mille baisers à ma petite Yvonne

    ***

    (1) Chaque fois que je lis dans ses lettres le mot "toujours" je suis émue en pensant qu'à peine huit ans plus tard, sa petite Yvonne mourrait.
    (2) Yvonne était l'aînée, sa soeur M*** avait un an de moins qu'elle et S*** était la cadette, celle qui grâce au travail de ses soeurs a pu poursuivre ses études. Yvonne et M*** ont dû arrêter l'école à la mort de leur père. Elles avaient 15 et 14 ans. Du même coup, Yvonne a dû arrêter aussi le piano.
    (3) Ici, avec cette histoire de café, un auteur d'aujourd'hui mettrait un smiley en forme de clin d'oeil.
    M*** avait un fiancé mais elle ne l'a pas épousé. Quelques années après la mort d'Yvonne, c'est elle qui est devenue la seconde épouse de mon grand-père.

    yvonne,lettre

    ***

    Ce même jeudi 23 avril 1925, "Abd-el Krim porte la guerre du Rif jusqu'au Maroc français."
    "Dès le début du siècle, les populations berbères des montagnes du Rif menèrent une opposition farouche à la pénétration européenne. Les Espagnols, qui occupaient alors le nord du Maroc, furent battus à Anoual en 1921. Le chef des insurgés, Abd-el Krim, décida ensuite de poursuivre ses raids dans les régions contrôlées par les Français. Ceux-ci ripostèrent par une opération militaire conjointe franco-espagnole à laquelle participèrent Noguès et Franco. Le premier devait être un homme-clé du régime de Vichy en Afrique du Nord. Le second entra dans l'Histoire sous le surnom de «nabot sanglant». Quant à Abd-el Krim, il capitula en 1926. Déporté à la Réunion, il s'échappa et se réfugia au Caire. Il mourut dans la capitale égyptienne en 1963"
    Je cite le journal Le Soir du 23 avril 1997 http://archives.lesoir.be/d-ici-a-l-an-2000_t-19970423-Z0DM2E.html

    ***

    Le mois prochain, nous serons en janvier, donc nous lirons une lettre de nouvel an.

     

  • X c'est l'inconnu

    On apprend à tout âge, dit le proverbe. Et c'est tellement vrai!

    Par exemple, tenez: si au bout d'une journée à tordre des serpillières, vous sentez une bosse au niveau de l'avant-bras gauche, à peu près comme ceci

    geené 003.JPG

    Ne vous dites pas, comme une Adrienne de ma connaissance

    - Tiens! c'est quoi, ça?

    Mais dites plutôt:

    - Aha! ça, c'est une belle tendinite!

    Comme s'est exclamé le médecin consulté le lendemain matin.

    Autre exemple: au lieu de passer vos jours et vos nuits à tordre des serpillières, écoutez plutôt les amis qui vous parlent d'un "waterstofzuiger". Vous ne savez pas non plus ce que c'est? La belle affaire! G**gl* n'a pas été inventé pour que vous restiez ignare...

    En quelques clics vous apprendrez que pour 99,90 € vous pouvez vous en procurer un au brico du coin.

    Par la même occasion vous apprendrez qu'en français ça s'appelle un "aspirateur eau et poussière".

    Alors oui, c'est bien vrai qu'on apprend à tout âge Cool

  • W comme wagon de train

    C'était un samedi de la mi-décembre et je devais me rendre à Bruxelles. A la gare où je prends le train, il y avait plus de monde que d'habitude et quand le train s'est arrêté, il n'y avait pas assez de places libres pour nous caser tous. Pourtant, ce n'est que sa première halte après son point de départ.

    Toute la Flandre, ce samedi-là, avait décidé d'envahir la capitale.

    Les gens étaient venus par bandes: groupes de jeunes, groupes de retraités, familles entières, le verbe haut et le rire sonore. J'étais bien la seule à ne pas être accompagnée et à vouloir lire dans mon coin. Hanif Kureishi, Contre son coeur, intéressant ouvrage autobiographique qui parle de son père, de l'écriture, de l'identité.

    Au retour, l'encombrement était encore plus fort. Car tous ces gens étaient passés par un tas de magasins et portaient au moins quatre ou cinq sacs dans chaque main. Certains étaient si volumineux que je me suis demandé comment ils allaient réussir à tenir tout ça.

    Tapis rose pour chambre de fille, doudou géant rouge et noir, énormes paquets enrubannés, toute la Flandre, ce soir-là, rentrait fatiguée et chargée de cadeaux de Noël.

    Moi seule n'avais rien. Pas même de la fatigue Sourire

    J'ai eu juste le temps de terminer Contre son coeur...

    http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/2775225001/hanif-kureishi-contre-son-coeur.fr.html

  • V comme vue qui réchauffe le coeur

    J'aurais aussi pu dire V comme Veerle ou V comme véritable esprit de Noël!

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    l'amie Veerle que vous avez vue hier, peut-être

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    un jeune collègue venu lundi veille de Noël, alerté par l'amie S

    qu'on peut juste voir ici

    geen 006.JPG

    et toutes les caisses bois vides entassées dans la cave depuis une trentaine d'années
    prestement remontées et démolies pour que je puisse les brûler dans le poêle
    Cool

    V comme vue qui réchauffe le coeur
    et bientôt aussi tout le corps

    Rigolant

  • U comme une chance de cocu

    Samedi dernier, premier jour de vacances, je tchatte paisiblement avec ma carissima nipotina, une pile de mouchoirs et une réserve de pastilles contre la toux à portée de main.

    - Et demain, m'écrit-elle, qu'est-ce que tu as au programme?
    - Demain, dis-je, je ne fais rien!
    - Rien? s'étonne-t-elle. Ce n'est pas possible, je ne te crois pas! (1)

    Alors je lui explique que vu ma fatigue et le rhume et le stress accumulé et tout ça tout ça, le lendemain dimanche je ne ferais rien. Jouer des Spider solitaire ou tapoter des comm sur les blogs, ce n'est pas une occupation avouable, avouez Langue tirée

    Puis, comme elle insiste, j'avoue quand même. Et j'ajoute:

    - Demain matin, j'irai peut-être à la piscine. C'est le dernier jour où ce sera possible avant la fermeture jusqu'en janvier.

    Mais le lendemain à six heures tapantes, la piscine était dans ma cave. (2)

    ***

    Ceux qui en savent assez peuvent s'arrêter ici.

    amitie,ca se passe comme ca

    Ceux qui veulent connaître la suite, et bien, la voilà Clin d'œil

    ***

    Je suis donc allée chercher des seaux et des serpillière et j'ai commencé à "ramasser" l'eau. Mais le temps d'aller verser deux seaux à la rue, je ne voyais déjà plus le résultat de mon travail: on aurait dit que j'avais une source dans ma cave. Malheureusement pas miraculeuse.

    Au bout d'une heure de labeur, j'ai pris le temps d'appeler les pompiers. Deux gars sont venus, se sont gratté le crâne et ont fini par appeler leur chef à la rescousse.

    Mes trois pompiers m'ont aidée à enlever le plus d'eau possible et ont placé trois sacs de sable entre la porte de la cave-source et les deux autres. Ils m'ont conseillé de trouver un entrepreneur qui viendrait étanchéiser ma cave. (3) Je les ai chaudement remerciés.

    Et j'ai continué à éponger l'eau qui coulait de ma source.

    Vers 14 heures, après un repas plus que symbolique (une bouchée à chaque montée ou descente de la cave, no time to waste), j'ai envoyé quelques SMS pour demander aux amis lequel d'entre eux connaissait un entrepreneur qui décrocherait son téléphone en ce temps de Noël, puisque dans le bâtiment on est en congé pour l'occasion.

    C'est alors que le miracle de la source a opéré.

    Les amis sont spontanément venus.

    M'ont apporté à déjeuner, à dîner
    M'ont tartiné un mortier spécial sur les fissures, malheureusement le problème se déplaçait
    M'ont relayée quelques heures pour que je puisse faire un petit somme
    M'ont installé une pompe pour le moment où je ne pourrais plus contrôler la situation et qu'il faudrait se résigner à laisser la cave sous eau
    M'ont remonté le congélateur jusqu'au rez-de-chaussée
    M'ont enlevé des caves tout ce qui pouvait en être enlevé
    M'ont fait ma vaisselle
    M'ont apporté un plein bac de bûches...

    M'ont remonté le moral

    ***

    J'en viens donc au titre de mon billet.

    A six heures du matin, en voyant l'ampleur du problème, cette eau qui coulait et mon impuissance, je me suis dit:

    - Et puis quoi encore? Est-ce que je n'ai pas déjà assez de problèmes? Et est-ce qu'avec ça, ce sera fini? Qui est-ce qui a inventé l'expression "avoir une chance de cocu"? (4)

    Mais le 24 au soir, je savais: oui, j'ai une chance de cocu. Je suis inondée (5) de bonheur. D'avoir les amis que j'ai.

    amitie,ca se passe comme ca
    photo en hommage à l'amie qui est restée jusqu'à deux heures du matin pour que je puisse dormir un peu

    (1) réaction qui devrait conforter mon gentil public dans l'idée que l'Adrienne est une fourmi laborieuse Cool

    (2) Oui, bonnes gens, oui, vous avez bien lu. Trois caves inondées en une seule nuit. Je vous assure que c'est possible. Même si c'est la première fois que ça m'arrive: la cave date d'une quinzaine d'années et a été bien chèrement étanchéisée. Son obsolescence était donc programmée pour Noël 2012.

    (3) comme on était dimanche, j'avais tout le temps d'y réfléchir Clin d'œil

    (4) Car l'Adrienne, tout comme le Montespan, promène fièrement ses cornes, même au bout de six ans Langue tirée

    (5) LOL mais le mot est juste

    et à part ça, joyeux Noël à tous!

    amitie,ca se passe comme ca
    encore une fois le sapin géant de l'autre jour, mais sans le rideau
    juste les cabanes du marché de Noël
    effets spéciaux indépendants de ma volonté

  • T comme tradu-quoi?

    Θα πιω το ουισκακι μου παρεα με τα φυστικια μου τ'αραπικα και θα τον ξεσκονισω σημερα, το χρονο που φευγει! Τι εκανα, τι δεν εκανα, τα θελω και τα πρεπει μου! Μετα θα τα τιναξω ολα, να φυγουν απο πανω μου: τα κακα που ηρθαν χωρις να με ρωτησουν, τα καλα, γιατι ειναι πια παρελθον! Θελω νεα πραγματα, καινουργια, αγνωστα...
    Και θα κλεψω τα λογια απο τη διαφημιση και θα του πω: Να φυγετε κυριε, να πατε αλλου!
    Je bois mon oyiskaki avec mes amis noix t'arapika et xeskonisw aujourd'hui, l'année que feygei ! Quels ont été, ce qu'ils étaient, je veulent et ont besoin ! Après tout, tinaxw sera fygoyn de haut : les maux qu'ils rwtisoyn moi avec, Eh bien, pourquoi est passé de plus ! Je veux de nouvelles choses, nouvelles, agnwsta...
    Et les mots de klepsw de la publicité et la volonté de lui dire : quitter le Kyrie, pour aller voir ailleurs!

    Je bois mon oyiskaki avec mon t'arapika et xeskonisw nuts d'amis aujourd'hui, l'année qui feygei ! Ce qui étaient, ce qui étaient elles, je veulent et ont besoin ! En fait, le fygoyn de tinaxw de ci-dessus sera : les maux avec lesquels ils rwtisoyn je, bien, pourquoi est une chose du passé ! Je voudrais à de nouvelles choses, nouvelles, agnwsta…nEt les mots de klepsw de la publicité et voudraient indiquer à lui : Kyrie, vont partir ailleurs!

    Je boirai mon oyiskaki compagnie avec mes pistaches t'arapika et lui je xeskoniso aujourd'hui, par an qui part ! Que j'ai fait, que je n'ai pas fait, eux je veux et il faut mon ! Après je les secouerai tous, pour ils partent au-dessus mon : les mauvais qui sont venus sans que me demandent, les bons, pourquoi ils sont plus passé ! Je veux de nouvelles choses, nouvelles, de manière inconnue Et je volerai les discours de la publicité et je lui dirai: Pour partiez Monsieur, pour vous alliez autre!
     
    Vous buvez du ouiskaki me prendre à mes pistaches t'arapika et lui saupoudré aujourd'hui, le temps de partir! Qu'est-ce que, ce qui n'a pas, veut et doit me! Meta tout secouer, laisser moi: le mal qui est venu sans me demander, bon, parce que c'est passé maintenant! Je veux de nouvelles choses, de nouvelles et inconnues ...
    Et il vole les mots de la publicité et diront: Seigneur, laisse, allez ailleurs!

    ***

    C'était le message de Noël d'une collègue grecque sur fb
    Généralement, je lui demande de me traduire (elle est collègue prof de FLE)
    Mais là, comme vous l'aurez deviné, j'ai joué avec les traducteurs en ligne...
    Langue tirée
    Je crois que les professionnels ne doivent pas encore trop craindre pour l'avenir de leur métier.

    Bonne journée à tous!

    traduction,langue

    photo du sapin géant qui orne la grand-place de ma ville natale

    (l'effet spécial est indépendant de ma volonté Cool)


  • Stupeur et tremblements d'iatrophobe

    Quand un de ses proches ou amis est malade, l'Adrienne ne manque jamais de lui conseiller d'aller chez le médecin.

    Mais quand l'Adrienne est malade, elle a un tas de bonnes raisons pour ne pas consulter.

    - Ce n'est qu'un rhume! Et comme disait mon père, sans le médecin, ça dure deux semaines. Avec le médecin, ça dure quinze jours.

    - Ce n'est qu'un peu de fatigue. Une bonne nuit de repos et il n'y paraîtra plus! (1)

    - Ce n'est qu'un mal à la tête. Demain ce sera fini.

    Bref, dès qu'il s'agit de sa propre santé, l'Adrienne est du genre "Le docteur? Pour quoi faire?" (2)

    Malheureusement, il arrive que d'autres décident pour elle. Ce qui est arrivé jeudi dernier, pour la troisième fois en deux mois.

    Il a fallu à l'homme de l'art trois minutes et quarante secondes pour lui coller un stéthoscope bien froid en quelques rares endroits chauds de son anatomie, lui enfoncer un manche de cuiller dans le gosier, lui prendre la tension et lui rédiger une ordonnance.

    Une heure plus tard, elle avait son médicament.

    "Lire la notice avant utilisation", c'était bien marqué sur l'emballage mais l'Adrienne fort heureusement ne l'a lu qu'après.

    Car la notice renvoie constamment à la case départ: pour chacun des nombreux avertissements qu'elle contient, une seule piste est offerte, "consultez votre médecin"

    winter 2012-13 004.JPG

    L'Adrienne cette tête de mule ne l'a lue qu'au bout du troisième jour, après avoir avalé sa troisième et dernière pilule.

    ***

    (1) L'âge aidant, ces derniers temps deux bonnes nuits de repos sont nécessaires. Trois seraient sans doute encore mieux, mais l'Adrienne a perdu le mode d'emploi.

    (2) Au cas où des médecins me liraient je leur demande bien humblement pardon pour ce manque de confiance.

    ***

    et merci à Joe Krapov qui m'a appris le mot iatrophobe: contrairement à l'abbé de l'Attaignant, je connaissais la chose mais pas le mot
    http://www.poesie.net/attaign1.htm

     

     

  • 22, c'est Bruxelles!

    Vous le savez, on établit des listes de tout et n'importe quoi, les dix lieux à voir ou à ne pas voir, des femmes les mieux ou les moins bien habillées, des animaux ou des langues en voie de disparition, des restaurants où manger, des livres à lire ou des films à voir... il faudra un jour que je fasse la liste des listes.

    La semaine dernière, un magazine en ligne donnait la liste des villes où la qualité de vie est la meilleure. J'ai trouvé ici un bon équivalent en français http://www.urbanews.fr/2012/12/04/27251-qualite-de-vie-vienne-est-toujours-la-meilleure-ville-pour-y-vivre-bagdad-est-la-pire/#.UMW8WKywe0I

    Vous aurez vu dans le titre que Bagdad est la lanterne rouge, il ne fallait pas dépenser des sous en enquêtes pour arriver à cette conclusion, mais soit.

    Pour ce qui est d'aller vivre dans les villes gagnantes, on a intérêt à parler l'allemand: Vienne, Zürich, Munich, Düsseldorf, Frankfurt et Berne sont dans le top 10.

    Tout ça pour vous dire que Bruxelles ma belle est au numéro 22, Paris est 29e et Rome 52e mais qu'elles sont au top trois de mon coeur Cool

    Des autres je ne peux pas parler: je ne les connais pas.

    001 - kopie dec 2011.JPG

    Bruxelles en décembre 2011

  • R comme recette

    Avant que les supervolcans ne fassent tomber le ciel sur nos têtes et de l'eau de mer dans nos assiettes, préparons-nous une succulente pâte à tartiner façon N*t*ll* Langue tirée

    Pour cela il ne nous faut que quelques bons ingrédients: du chocolat fondant (100 gr) qu'on met à ramollir, du sucre de canne (80 gr), des noisettes en poudre (50 gr) et de l'huile végétale (60 ml).

    En fin de parcours on y ajoute encore 100 gr de lait de soja, ainsi même notre amie allergique au lactose pourra s'en faire une belle tartine Bisou

    C'est à conserver au frigo et à manger assez rapidement, mais je ne crois pas que ce soit là que se situera le problème...

    Heureux par les aliments? C'est évident. (1)

    Passez un bel hiver!

    PS pour Patrick: pour toi on fera une pâte à tartiner aux sardines, d'accord?

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/11/10/h-comme-heureux.html

  • 20 choses toutes plus utiles les unes que les autres...

    Vous vous souvenez que l'Adrienne a passé quinze jours sans téléphone et sans internet?

    Le premier jour, elle a tourné comme un ours en cage, ne réussissant pas à se concentrer sur autre chose que sur son manque, en véritable accro qu'elle est.

    Le deuxième jour, elle a décidé de mettre cette panne à profit pour faire oeuvre utile.

    C'est ainsi qu'elle a établi la "liste des choses à faire quand on est privé d'internet".

    La voici:

    1.ranger le bureau (LOL ça s'appelle un marronnier Cool)
    2.faire un tri au grenier
    3.brûler ses lettres d'amour
    4.casser du petit bois
    5.terminer l'Art français de la guerre
    6.réviser un peu d'italien
    7.classer ses photos
    8.cirer les meubles
    9.relire le cours d'espagnol
    10.commencer un tricot
    11.balayer les feuilles mortes
    12.nettoyer les corniches
    13.faire du vélo d'appartement
    14.brouetter le reste de bois du fond du jardin
    15.écrire un roman
    16.se faire une tarte au chocolat
    17.(re)lire A l'ombre des jeunes filles en fleur
    18.nettoyer le congélateur
    19.faire une sieste
    20.rédiger son testament

    Devinez combien de choses elle a pu barrer de sa liste, en fin de parcours...

  • Quelles sont les choses dont tu es fier/fière?

    En vue de l'examen oral, j'avais demandé à mes élèves de Terminale de réfléchir à la question suivante: Quelles sont les choses dont tu es fier (fière)?

    L'examen oral est un tête-à-tête qui permet cette sorte de conversation. De plus, c'est une réflexion qui est intéressante, ne serait-ce que parce qu'elle va dans le sens contraire de ce qu'on fait habituellement. Comme me le disait une élève:

    - J'ai dû vraiment beaucoup réfléchir pour trouver des choses dont je suis fière! Généralement, je réfléchis à ce que j'ai mal fait.

    Le comble, c'est que précisément cette élève-là est quelqu'un de très bien sur le plan humain, fort douée pour les études en général et particulièrement douée en musique, elle a déjà réussi le concours d'entrée au Conservatoire.

    Alors bien sûr j'ai entendu un tas de jolies choses, sur de belles amitiés qui durent, de beaux parcours scolaires, des concours de toutes sortes où on s'est distingué, de grandes performances sportives, etc. jusqu'à celle qui a sauvé sa petite soeur de la noyade.

    Puis il y a les petits comiques, que ce soit volontaire ou non de leur part:

    - Moi je suis fier de bien savoir jouer à la Playstation3! Chaque fois que je perds, je recommence jusqu'à ce que je gagne: ça montre bien que je suis quelqu'un de persévérant!

    - Moi je suis fier d'avoir passé deux nuits blanches successives! La première parce que je devais me lever à trois heures pour aller à mon job de vacances et la deuxième pour aller à la fête d'un ami. Puis de là je suis de nouveau directement allé à mon travail!

    - Je suis fier d'avoir lu un livre de 250 pages! C'est le plus gros livre que j'aie jamais lu!

    - Je suis fier de ne pas avoir peur en avion. Parce que mon père il a peur de prendre l'avion.

    Je ne sais pas si c'est un pur effet de hasard mais vous l'aurez remarqué comme moi: les petits comiques, ce sont toujours les garçons de la classe. C'est d'ailleurs pour ça qu'on les aime. Comme ce dernier qui m'a dit:

    - Moi je suis fier d'être un type modeste.

     

     

  • P comme précoce

    C'était une enfant précoce.

    A l'âge de trois ans, elle était parfaitement bilingue.

    A quatre ans, elle skiait et obtenait ses premiers brevets.

    A cinq ans, elle jouait du piano. Elle connaissait par coeur toute une série de petites pièces.

     - ...

    - Et après? demande Madame.

    - Après?

    - Oui, après? A six ans, tu faisais quoi?

  • O comme optimisme

    "Je suis optimiste parce que je trouve le monde féroce, injuste, indifférent.

    Je suis optimiste parce que j'estime la vie trop courte, limitée, douloureuse.

    Je suis optimiste parce que j'ai accompli le deuil de la connaissance et que je sais désormais que je ne saurai jamais.

    Je suis optimiste parce que je remarque que tout équilibre est fragile, provisoire.

    Je suis optimiste parce que je ne crois pas au progrès, plus exactement, je ne crois pas qu'il y ait un progrès automatique, nécessaire, inéluctable, un progrès sans moi, sans nous, sans notre volonté et notre sueur.

    Je suis optimiste parce que je crains que le pire n'arrive et que je ferai tout pour l'éviter.

    Je suis optimiste parce que c'est la seule proposition intelligente que l'absurde m'inspire.

    Je suis optimiste parce que c'est l'unique action cohérente que le désespoir me souffle.

    Oui, je suis optimiste parce que c'est un pari avantageux: si le destin me prouve que j'ai eu raison d'avoir confiance, j'aurai gagné; et si le destin révèle mon erreur, je n'aurai rien perdu mais j'aurai eu une meilleure vie, plus utile, plus généreuse."

    Le credo de l'optimisme moderne, in Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent..., Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2010, pages 105-106

    ***

    Je suis exactement le même genre d'optimiste Cool

    beethoven schmitt.jpg

    photo prise du site des éditions Albin Michel

  • N comme No time to waste!

    Nos lycéens belges ont deux sessions d'examens chaque année.

    En Terminale ils doivent m'écrire un texte argumentatif. Pour la session de décembre, je leur ai proposé un choix de dix titres variés, dans l'espoir que chacun y trouverait son inspiration.

    Et pourtant, il semblerait que ça n'ait pas suffi!

    Dans une de mes classes, un élève m'a demandé la permission de disserter sur la question de savoir si Napoléon est plutôt un héros ou un boucher de l'histoire...

    Que les Français se rassurent, il conclut que pour réaliser ses ambitions, il était bien obligé de faire quelques victimes et que par ailleurs Hitler et Staline en ont fait davantage.

    Un second a voulu parler du dopage dans le cyclisme.

    Que les fans se rassurent, il me démontre que les méthodes de dépistage sont de plus en plus performantes et qu'il ne s'agit finalement que d'une minorité qui se dope.

    Et un autre a tenu à me prévenir de l'imminence de la fin du monde.

    Si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que les premiers cataclysmes révélateurs auront lieu le 18: il vous reste donc exactement deux jours pour réserver vos billets d'avion.

    Pour l'Afrique.

    Si, si. C'est là que vous serez en sûreté.

    Mais que tous se rassurent, lui-même n'y croit pas et passera Noël en famille.
    Dans notre Flandre profonde.
    Si, si. Nous y serons encore en sécurité.

    ecole,prof,eleves

    et puis eux, l'Afrique, ça ne les branche pas trop ;-)

  • M comme malentendu

    Chère Madame

    Je vois que j'ai eu un zéro pour mon devoir.

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi.

    Il y a sûrement un malentendu.

    M.

     

     

    Chère M.

    J'avais demandé de me remettre ce devoir lundi. Je l'avais aussi noté dans le journal de classe.

    Lundi, tu ne l'avais pas.

    J'ai dit: OK, donne-le-moi mercredi.

    Mercredi tu ne l'avais pas.

    J'ai dit: Demain jeudi, dernière limite!

    Jeudi tu ne l'avais pas.

    Tu as raison: il y a sûrement un malentendu!

     

     

  • L comme lettre

    À Rome, le 10 décembre 1621

    Monseigneur ;

    Ni dans les déserts de l'Afrique, ni dans les abîmes de la mer, il n'y eut jamais un si furieux monstre que la sciatique ; et si les tyrans, dont la mémoire nous est odieuse, avaient eu de tels instruments de leur cruauté, c'eût été la sciatique que les martyrs eussent endurée pour la religion et non pas le feu et les morsures des bêtes. À chaque pointe qu'elle donne, elle porte un pauvre malade jusque sur les bornes de l'autre monde, et lui fait toucher sensiblement les extrémités de sa vie. Et certes, pour la supporter longtemps, il faudrait une plus grande vertu que la patience et d'autres forces que celles des hommes. À la fin, Dieu m'a envoyé quelque relâche, après avoir essayé une infinité de remèdes, dont les uns aigrissaient mon mal et les autres ne le soulageaient pas. Maintenant que la violence de la douleur cesse, je commence à jouir de ce repos que la lassitude et la faiblesse apportent aux corps qui ont été travaillés ; et quoi que je sois en un état de santé beaucoup moins parfait que ne sont ceux qui se portent bien, toutefois le mesurant par la proximité du mal que j'ai eu et la comparaison des peines que j'ai souffertes, je me loue bien fort de ma fortune présente, et je ne suis pas si hardi que j'ose encore me plaindre de la grande débilité qui m'est demeurée. Il est vrai pourtant que je n'ai plus de jambes que par bienséance et que, si je voulais entreprendre de cheminer, j'aurais autant de peine d'aller d'un bout de ma chambre à l'autre que s'il fallait passer des montagnes et traverser des rivières par les chemins. Mais avec cela je vous dirai une chose de laquelle vous vous étonneriez, si je vous avais rien dit, c'est qu'en cet état-là, qui vous fera pitié de quatre cents lieues, je suis d'un côté devenu si vaillant que je ne fuirais pas si j'étais poursuivi d'une armée et de l'autre si glorieux que, quand le pape me viendrait voir, je ne l'irais pas conduire jusqu'à la porte. Voilà l'avantage que je tire de mes mauvaises jambes et les remèdes qui naissent en mon lit dont je tâche de me soulager sans le secours de la médecine.

    Lettre de Jean-Louis Guez de Balzac au cardinal de la Vallette

    ***

    En voilà un qui sait de quoi il parle!

    Bonne santé à vous tous Sourire

  • K comme kokkerellen

    C'était un dimanche particulièrement triste, venteux et gris de décembre, et l'Adrienne était seule chez elle. Il ne faisait pas très chaud non plus dans la maison, ce qui faisait deux bonnes raisons pour préférer le confort à l'élégance.

    Dans ses désormais célèbres sandales crades, l'Adrienne portait deux paires de bas superposés, de longs gris en tricot main et des courts, en fleece violet à pois noirs. Au-dessus de son pantalon de training gris clair, elle avait superposé trois ou quatre couches de tissu, la supérieure étant constituée d'une épaisse veste noire doublée de teddy. Gris aussi, le teddy.

    Elle avait justement l'intention de se rendre à la cuisine pour se faire un café - la tasse de café, ça réchauffe bien les doigts un peu gourds - quand on sonna à la porte.

    - Je n'ouvre pas, se dit-elle. Pas dans cette tenue. Et de toute façon, ce sont sûrement des témoins de Jehovah.

    Elle avait surtout peur que ce soit un de ses collègues-amis joggueurs ou vététiste-du-dimanche, mais bien sûr, elle ouvrit.

    - Ah! fit la voix jeune du fils aîné des voisins, tout heureux de voir que la porte s'ouvrait, finalement. On voudrait faire un cake, mais il nous manque un oeuf!

    - Un seul? dit l'Adrienne. Attends, je dois avoir ça.

    ***

    Chez les voisins, de temps en temps on a une petite envie culinaire à satisfaire dans l'instant. Quand l'instant est un dimanche après-midi, l'Adrienne sera généralement au courant.

    Dimanche à crêpes, dimanche à biscuits, dimanche à cake, parfois c'est la farine qui manque, parfois le sucre ou le sel. Ou un oeuf.

    Ce dimanche-là, l'envie était contagieuse:

    - Avec l'oeuf qui me reste, se dit l'Adrienne, je me ferais bien un mini-cake au chocolat Langue tirée

    ***

    Comment dit-on "kokkerellen" en français?

    Je ne peux en donner qu'une définition: faire la cuisine en amateur enthousiaste.

     

  • J comme je n'aime pas

    Je n'aime pas les examens. Je n'aime ni les préparer, ni les surveiller, ni les corriger.

    J'aime voir qu'ils ont bien appris.

    Je n'aime pas les jours sombres et froids de décembre.

    J'aime éclairer tous les coins de lumignons et de bougies.

    Je n'aime pas la goutte d'eau qui tombe juste dans la nuque et fait froid dans le dos.

    J'aime écouter le vent qui souffle en rafale quand je suis sous la couette.

    Je n'aime pas le jardin spongieux sans fleurs ni légumes.

    J'aime que la pelouse cesse de pousser.

    Je n'aime pas les jingle bells qu'on entend partout et les pères Noël qui pendouillent aux façades.

    J'aime les vrais sapins qui sentent bon et les illuminations.

    Je n'aime pas le glühwein.

    J'aime le homard...
    et un tas d'autres choses que je n'ose plus nommer ici Langue tirée

    winter 2012 006.JPG

    à l'école, le 6 décembre dernier, saint Nicolas a fait un tour de jardin avec les petits de maternelle...
    la pelouse était givrée, mais pour jouer à saint Nicolas il faut l'être un peu aussi Cool

  • I comme inspiration chez Lali

    lali 290.jpg

    http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-290/

    Quand Arthur et son Papy vous lancent d’une voix joyeuse: “On va au grenier faire des rangements! », surtout faites semblant de les croire. Par exemple dites-leur : « Vous n’avez pas oublié la brosse et la ramassette ? ». Vous verrez, ça leur fera plaisir et ils monteront les étages en se donnant des petits coups de coude complices et en essayant d’étouffer quelques rires jusqu’à ce qu’ils se croient à l’abri de votre regard et de vos oreilles.

    D’ailleurs, le chat aussi le sait bien, qu’Arthur et Papy ne remueront pas beaucoup de poussière et qu’il pourra faire une sieste tranquille pendant qu’ils revivront une fois de plus la terrible bataille des Ardennes…

    ***

    Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire, c'était en décembre 44/janvier 45 et on peut se renseigner ici: http://www.batarden.be/index.php?option=com_content&task=view&id=10&Itemid=6&lang=fr

  • H comme heureux

    L'article qui a pulvérisé les records de consultation en ligne le mois dernier est celui qui a comme titre "La nourriture qui te rend heureux".

    D'ailleurs moi aussi j'ai fait monter l'audimat en cliquant sur le lien: qui n'a pas envie d'être heureux?

    Après, comme dirait un de mes élèves blasé de naissance et que rien n'étonne plus (comme je le plains, pauvre garçon, mais ceci est une autre histoire), après, disais-je, vous ne serez pas surpris par la liste des aliments qui doivent nous apporter du bonheur:

    1.le maquereau ou le hareng, poissons gras bourrés d'oméga-3 donc excellents pour le moral, c'est le professeur Matthew F. Muldoon qui le dit (1).

    2.les noix, 30 grammes par jour pour nous aider à fabriquer de la sérotonine. Ce sont des chercheurs espagnols qui l'ont dit (2).

    3.le chocolat, of course, tout le monde le dit!

    4.la cannelle, pour son influence sur le taux de glucides (3)

    5.les légumineuses, pour le magnésium, autre porte ouverte qu'on enfonce régulièrement...

    ***

    Alors, vous mangez quoi, ce soir?

    Je me ferais bien des brownies au chocolat et aux noix, si je les parfume à la cannelle j'atteins un taux de bonheur de 3/5 Rigolant

    ***

    (1) Comment, vous ne connaissez pas le professeur Matthew F. Muldoon?
    Ben moi non plus Langue tirée

    (2) voilà qui ne m'étonne pas, l'amie espagnole grignote des amandes quand elle a un petit creux et s'en porte très bien!

    (3) ne me demandez pas qui l'a dit!

  • G comme G...V...D...!

    Je sais qu'aujourd'hui c'est le jour du Seigneur

    Je sais qu'on ne peut pas invoquer le nom de Dieu en vain (1)

    Je sais tout ça mais Pivoine a suggéré que je fasse un billet sur les jurons en flamand.

    Alors je ne vous parlerai pas aujourd'hui des G...V...D... ni de leurs variantes.

    Mais je vous livrerai celui-ci, qui était l'insulte la plus grave dans la cour de récré ostendaise à l'époque où l'homme-de-ma-vie avait dix ans (2):

    "Bescheten dakvenster!"

    ***

    Petite leçon de vocabulaire:

    een dak: un toit
    een venster: une fenêtre
    een dakvenster: une fenêtre dans le toit, donc une lucarne
    schijten: chier
    bescheten: sur quoi on a fait caca

    Vous voyez bien que le langage a des caractéristiques universelles Langue tirée

    ***

    (1) rappelez-vous cet autre billet avec ces paroles de ma mère "On n'invoque pas le nom de Dieu en vain!", mots qui faisaient s'écrier le petit frère: "Tu l'as dit! Tu l'as dit!" - "Quoi?" - "Nom de Dieu!"

    (2) et aujourd'hui encore, apparemment, j'en trouve 1440 entrées si je l'introduis dans mon moteur de recherche préféré...

  • F comme Fruit-tella

    Les grands de Première ou de Terminale, tout comme les petits des classes primaires, ont l'habitude d'offrir une friandise aux copains à l'occasion de leur anniversaire.

    Alors il arrive que Madame soit de la fête, si elle a cours dans cette classe au moment où l'élu songe à célébrer l'événement:

    - C'est mon anniversaire, lui annonce-t-on comme si c'était un mérite personnel d'être né ce jour-là, je peux offrir un bonbon?

    Bien sûr qu'on peut!

    Si la classe est "in the mood" on peut même chanter une chanson... en français, évidemment! Et Madame n'est pas avare de ses "Hip hip hip hourra!"

    D'ailleurs, ça défoule et on travaille d'autant mieux après Langue tirée

    C'est ainsi que Madame, dernièrement, a pu plonger la main dans un sac de Fruit-tella et en extraire un bonbon à la fraise qui, à son grand étonnement (1), avait encore exactement le même goût qu'il y a ... euh ... trente ou quarante ans, elle a du mal à se rappeler en quelle année elle a mangé son dernier fruit-tella.

    Seul l'emballage avait un peu changé.

    Alors, en dégustant son fruit-tella, Madame a vaguement espéré recevoir un déclic à la Proust, qui déclencherait enfin le roman-fleuve qui fera sa gloire universelle... mais rien de semblable n'est arrivé.

    - La prochaine fois, se dit Madame, j'en prendrai un au citron!

    école,élèves,prof,souvenirs d'enfance

    ***

     (1) je sais, je me répète, c'est fou le nombre de choses qui continuent d'étonner Madame...

  • 7 petites perles... fines!

    "Il faut créer des bas", m'écrit une jeune fille. (1)

    "C'est contradictionnaire", m'écrit un garçon qui semble trouver que certains mots ne vont pas bien ensemble.

    Ce qui m'a beaucoup fait réfléchir, c'est qu'"un homme averti en veut deux." Finalement, je conclus qu'il devait s'agir d'une coquille...

    Le plus joli à l'écrit était un "à mon ravi tu n'as pas raison!"

    De jolies perles s'égrènent aussi à l'oral:

    "Madame Verdurin a vu le naufrage du Lusitania à la télé", m'affirme une autre jeune fille.

    "Montaigne a appris le grec d'une manière lucrative" (2)

    Et pour terminer, un mignon lapsus: "Jeannot et Câlin", de Voltaire...

    ***

    (1) Elle voulait dire "débat", bien sûr.

    (2) je crois que l'intention était de dire "d'une manière ludique"

  • E comme extra

    La première neige le 3 décembre, de la neige demain, de la neige dimanche, "december wordt extra koud" (1) peut-on lire dans les journaux et magazines en ligne.

    Moi qui ne me suis jamais beaucoup inquiétée de la météo, je dois avouer que ces derniers temps je la suis avec un intérêt inusité.

    http://www.knack.be/nieuws/planet-earth/we-duiken-nu-echt-de-winter-in-december-wordt-extra-koud/article-4000217725275.htm?nb-handled=true&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-05/12/2012&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGKN

    Un conseil à ceux qui comme moi vivent en sandales en plein hiver: j'ai pu constater qu'on a moins froid aux pieds si on les laisse nus plutôt que si on garde des chaussettes de laine trempées de pluie (ou de neige).

    N'est-ce pas que voilà une chose qui vous sera bien utile et qu'il fallait que je vous la dise?

     vie quotidienne,hiver

    Puis en cherchant une photo pour illustrer mon propos, je vois qu'en 2010 la neige était déjà au rendez-vous en novembre, alors de quoi se plaint-on  Rigolant

    ***

    (1) décembre sera extrêmement froid

  • D comme Dandoy

    Dans quelques heures, saint Nicolas profitera de la nuit pour caracoler sur nos toits et faire passer par nos cheminées des gâteries pour les enfants sages.

    Le matin du 6 décembre, le sucre, la carotte ou le navet pour son cheval auront disparu et à leur place il y aura des jouets, des mandarines, des chocolats et des speculoos.

    Ce serait merveilleux si cette année il n'oubliait personne... Dans mon école et dans ma ville, en tout cas, on a fait tout ce qu'on a pu pour que cela soit.

    Walrus aout 2012 041 - kopie.JPG

    un détail de l'intérieur de chez Dandoy (oui oui, j'ai demandé la permission de prendre des photos)
    en haut au centre, quelques moules en bois pour faire des biscuits

    Walrus aout 2012 042 - kopie.JPG

    l'escalier et le fond du magasin
     http://www.biscuiteriedandoy.be/

  • C comme citation

    "Alle verdriet kun je verdragen als je het kunt onderbrengen in een verhaal, als je er een verhaal over kunt vertellen." (1) est une citation de la philosophe Hannah Arendt, née la même année que ma grand-mère Adrienne (2). 

    Voilà, me dis-je en la lisant au hasard de mes "navigations" sur le Net, voilà exactement le but premier de l'écriture de ce blog.

    Il me rend la vie supportable Cool

    Parce que de l'autre côté de l'écran et du clavier, il y a vous qui me lisez, vous qui me répondez.

    Je vous dis merci.

    Aujourd'hui je me sens comme celui qui chante son merci à qui lui a offert quatre bouts de bois, un feu de joie, quatre bouts de pain, un grand festin ou un sourire Bisou (3)

    Merci à tous.

    L'Adrienne, vraiment, est une privilégiée.

    ***

    (1) je traduirais par: "Tout chagrin est supportable si on peut le faire entrer dans une histoire, si on peut le raconter"

    (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt

    (3) http://www.youtube.com/watch?v=3GA0ue9F79o

  • B comme broutilles et bagatelles

    Quand l'Adrienne est arrivée à Bologne avec sa mère, un beau dimanche de la fin de juillet, elle s'est tout de suite rendue au stand de location de voitures, a exhibé les papiers prouvant qu'une auto réservée à son nom était dûment payée et a sorti son permis de conduire.

    La dame - qui s'appelait Angela mais n'avait rien d'angélique - a tout de même exigé une carte de crédit. Pour l'assurance, a-t-elle dit, c'est marqué dans le contrat.

    Malheureusement, la carte de crédit n'a pas voulu fonctionner dans l'appareil de la dame.
    - Ce n'est pas possible! a dit l'Adrienne, je l'ai encore utilisée ce matin!
    Alors la dame a disparu dans les profondeurs de son cagibit mais en est ressortie en secouant négativement la tête:
    - La banque refuse la transaction, dit-elle toujours sans sourire. Client suivant, s'il vous plaît!

    L'Adrienne n'a donc pas reçu la voiture réservée et payée et a dû prendre avec sa mère un tas de bus et de trains, plus un taxi, pour arriver à l'hôtel aux environs de Sienne, deux cents kilomètres plus loin.

    Entre-temps, le dimanche entier était passé, et le premier concert aussi.

    Le lendemain lundi, l'Adrienne a pu contacter sa banque, qui lui a certifié qu'il n'y avait aucun problème avec sa carte de crédit. Sa mère et elle ont donc repris un tas de bus et de trains pour retourner chercher la voiture, qu'on leur a de nouveau refusée.
    - Le contrat pour cette voiture a été annulé, lui a-t-on dit.

    L'Adrienne n'a rien compris, sauf qu'elle devait en louer - en en payer - une autre.

    Les semaines suivantes, elle n'a cessé d'envoyer des mails de réclamation dans l'espoir d'être remboursée, mais c'était peine perdue: le contrat stipule que si la voiture n'est pas enlevée le jour dit, le client est quitte de ses sous.

    L'Adrienne a beau être une nature naïve et confiante, elle soupçonne l'arnaque.

    ***

    Depuis, elle essaie d'oublier. D'ailleurs, elle a eu d'autres soucis, avec l'explosion du piano et la fuite dans le système de chauffage - ou était-ce le contraire? - la traversée de la place du marché un oreiller sous le bras et la vie sans téléphone ou internet mais avec sandales crades.

    Et voilà que samedi dernier, elle reçoit un coup de fil de la banque.

    - N'utilisez plus votre carte de crédit, lui dit une belle voix mâle.
    - Ma carte de crédit? fait l'Adrienne. Mais je ne l'ai plus utilisée depuis le mois d'août!
    - En effet, dit la voix. Dernière transaction le 6 août.

    Puis elle entend:

    - Quelqu'un s'est en servi dernièrement. Votre carte a été copiée.

     

     

     

  • A comme Adrienne

    L'épouse de l'ami G*** est, aux dires de son mari, la spécialiste-ès-poêle à bois.

    - Elle sait exactement, me dit-il, comment agencer les briquettes pour qu'elles durent le plus longtemps possible.

    C'est elle qui prépare le feu, l'alimente au bon moment, vide le poêle de ses cendres. Elle le veille comme les Vestales le feu sacré.

    - Tu ne penses pas qu'il faudrait remettre une ou deux bûches? demande l'ami G*** à sa femme.
    - Pas maintenant, lui répond-elle sans même se lever de son fauteuil.

    Car elle entend au ronflement du poêle si c'est nécessaire ou pas.

    ***

    Il y a plus de trente ans, on pouvait assister à un rituel comparable chez ma grand-mère Adrienne, où il y avait un poêle à charbon, gros, noir, brillant et de fabrication belge.

    Ma grand-mère l'allumait aux premiers jours frais de septembre et ne le laissait s'éteindre que l'été venu. Honte sur la ménagère imprévoyante qui trouverait son feu "continu" éteint!

    adrienne,souvenirs d'enfance,amitié

    - Tu ne penses pas qu'il faudrait remettre du charbon? demandait mon grand-père.
    - Pas maintenant, répondait Adrienne sans se lever de son fauteuil.

    Je crois bien qu'elle aussi l'entendait au ronflement du poêle quand c'était nécessaire de l'alimenter.

    Ce qu'elle faisait de préférence vers la fin du film, le samedi soir, faisant tomber à grand fracas quelques kilos d'anthracites dans le ventre du poêle au moment où John Wayne disait une chose absolument décisive et indispensable à la compréhension de toute l'histoire.

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    Un jour, quelqu'un d'autre avait essayé d'allumer le poêle.

    Il n'était parvenu qu'à nous enfumer.

    Bien sûr, c'était la faute du poêle Langue tirée