• P comme Patrimoine

    L'amie A*** aime me servir de guide à Bruxelles lors des journées du patrimoine et cette année le parcours nous a menées du palais d'Egmont jusqu'au siège d'une banque (où les photos étaient interdites) en passant par les joyeux arbalétriers du Grand Serment de Saint-Georges.

    Pour les arbalétriers, c'est ici: http://www.arbaletriers-saintgeorges.be/

    Pour le palais d'Egmont, c'est ici Cool

    bruxelles,amitié

    Il n'est pas tout à fait dix heures du matin mais la foule est déjà compacte

    bruxelles,amitié

    Par chance, si à gauche c'est la cohue jusqu'à l'autre bout de la grande cour, à droite il n'y a qu'une vingtaine de personnes: c'est la queue pour les néerlandophones Cool

    bruxelles,amitié

    Juste le temps de photographier le grand portail qui est encore celui de l'époque précédente, et nous pouvons entrer dans les marbres et les tapisseries du palais

    bruxelles,amitié

    L'escalier monumental, nous dit le guide, est une réplique de celui qu'il y a eu à Versailles à l'époque baroque (mais qui là-bas a été remplacé par un exemplaire rococo)

    bruxelles,amitié

    Dehors, ça ne s'arrange pas du côté des francophones
    ("Ils n'avaient qu'à faire attention à l'école, au cours de néerlandais!" dit l'impitoyable A***
    pour qui la vie est très simple, vu qu'en plus de sa langue maternelle, elle parle couramment l'anglais, l'allemand et même le français. En ce moment elle apprend le danois)

    bruxelles,amitié

    Peu de pièces sont visibles et chaque issue est aussi bien gardée que si elle recélait les joyaux de la reine d'Angleterre: c'est que le lendemain lundi a lieu ici même une rencontre "au sommet" qui met en état d'agitation fébrile les services de sécurité.

    bruxelles,amitié

    un coup d'oeil à la salle de bal, où le parquet vient d'être renouvelé

    bruxelles,amitié

    et nous voilà dehors, dans le joli petit parc d'Egmont avec vue sur le Sablon

    bruxelles,amitié

    Clin d'oeil à Joe Krapov, qui reconnaîtra peut-être la cycliste féline, à gauche
    (désolée pour le grand rayon de soleil qui la fait paraître toute blanche alors qu'elle est rose)

    bruxelles,amitié

    casques à pointe pour une des nombreuses fanfares qui animaient le centre de Bruxelles ce week-end

    bruxelles,amitié

    et fin du parcours à la gare Centrale, à l'heure de reprendre le train, pour un petit coup d'oeil à la Royale Salle d'Attente de Baudouin Ier. Bois de sycomore, nous dit le guide, et cuir de chez Delvaux.
    Selon l'amie A*** c'est du vulgaire skaï...
    Langue tirée
    En tout cas les grands fauteuils le long du mur sont très abîmés et on peut voir par les déchirures (Sic transit gloria mundi) que l'intérieur est de de la vulgaire mousse synthétique...
    (même si elle a reçu l'auguste derrière d'un roi de Thailande)

    Puis l'Adrienne est rentrée chez elle
    où elle a une fois de plus retrouvé sa cave inondée
     

     

  • O comme ô temps, suspends ton vol...

    Ô Temps, suspends ton vol...

    ... ou alors démultiplie-toi et donne-moi des journées et des nuits doubles en longueur.

    Minimum.

    J'ai ma future chambre à terminer et la chambre d'amis à finir de tapisser

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    J'ai les planchers de tout l'étage à récurer et à vernir.

    J'ai une salle de bains à refaire maintenant qu'on y a installé un escalier escamotable.

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    Et après je pourrai m'occuper du rez-de-chaussée, où on a enfin accroché un WC (mais pas de porte), où presque toutes les plinthes sont mises et où l'électricité est presque installée...

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    Ô Temps, suspends ton vol...

    parce qu'il me faut aussi empaqueter, trier, jeter, vider, mettre en boite

    parce que le temps fraîchit terriblement et que je vis toujours sans chauffage

    Ô Temps, suspends ton vol...

    parce que j'ai les classes les plus nombreuses et que je veux aussi bien faire ce travail-là.

    Merci infiniment.

  • N comme nostalgie heureuse

    C'est bien d'avoir des amis. C'est bien d'avoir des amis qui vous invitent. Vous sortent. Vous remontent le moral. Vous nourrissent. 

    Vous ouvrent leur bibliothèque.

    Il paraît que 555 livres ont paru à cette dernière rentrée littéraire, j'en aurai donc lu un, Amélie Nothomb, La nostalgie heureuse. Une petite heure et demie de plaisir.

    J'y ai retrouvé ce que j'ai aimé dans Stupeur et tremblements, Métaphysique des tubes et Ni d'Eve ni d'Adam: toute l'émotion de l'aspect autobiographique de son oeuvre mais aussi beaucoup d'humour.

    Oui, j'ai beaucoup ri.

    Et j'ai beaucoup pensé à ma propre démarche avec ce blog et à ma propre "nostalgie heureuse". Ma Nishio-san à moi, c'est ma grand-mère Adrienne.

    Par bonheur, on ne m'a pas arrachée à elle quand j'avais cinq ans.

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130821_00349227

    http://www.moustique.be/culture/les-immanquables/253627/la-nostalgie-heureuse-amelie-nothomb

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    Sur la photo de famille représentant toute la fratrie de mon grand-père classée selon le principe du droit d'aînesse, ma Nishio-san à moi se trouve dans la rangée du haut, à gauche.
    Assis au premier rang, les aînés entourent les parents qui fêtent leurs 50 ans de mariage.
    Nous sommes à la veille de la guerre de 40.
    Mes grands-parents ont 32 et 33 ans. 

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  • M comme mistigri (2)

    Je crois que c’était la fin du mois d’août quand je suis arrivé chez les De Ruiselede. Oui, ça doit être ça : août 1911. C’ étaient encore les grandes vacances et il faisait très chaud.

    Les De Ruiselede n’avaient qu’un seul enfant, un fils de douze ans qui devait normalement entrer au Collège mais qu’on avait préféré garder à la maison. C’était un enfant vraiment doué en tout, mathématiques, histoire, littérature, sciences, musique, tout lui semblait facile.

    Malheureusement, il avait une santé défaillante. C’est pourquoi, ses parents avaient décidé d’inviter chez eux d’éminents précepteurs au lieu de lui faire subir les courants d’air des salles de classe mal chauffées ou la touffeur d’inconfortables dortoirs. Alors, même s’il était souvent malade, il faisait des progrès considérables.

    Avec moi aussi, bien entendu. J’ai passé là les six plus belles années de ma vie.

    Edmond. Il s’appelait Edmond-Antoine mais généralement on l’appelait monsieur Edmond. Et c’est encore ainsi que je le nomme au fond de mon cœur aujourd’hui.

    Cet enfant ne vivait qu’entouré de grandes personnes. Il ne discutait que de choses « élevées ». S’il valait mieux poursuivre l’étude des textes latins par Salluste ou passer tout de suite à Cicéron. Si Mozart était vraiment aussi « léger » que la mode d’alors le prétendait ? Il ne lisait que les journaux sérieux de son père et se tenait au courant de tout : le prix Nobel pour Marie Curie, la découverte du site de Machu Picchu, les expositions internationales…

    L’été 14, il avait quinze ans. Il a été le premier à croire aux rumeurs de guerre. C’est lui, pauvre enfant, qui a eu raison contre son père et tous ces beaux messieurs à moustaches. Quel malheur !

    Le 11 juillet 1917, il a été gazé lors de la bataille de Passendale, avec sa division d’artillerie qui tenait la voie ferrée entre Ypres et Roulers.

    ***

    Deuxième partie de la consigne des Poudreurs d'escampette: Mistigri, un objet, trois propriétaires successifs - le sens figuré de mistigri est porte-malheur.

  • L comme logorallye

    Vacances utiles

    Pour mes deux semaines de congés, comme chaque année, parmi la documentation que j’ai glanée ça et là, j’ai choisi des vacances utiles. J’ai fait un stage de pompier. Enfin, pompier, pompière, comme d’habitude j’ai fait un stage pour un truc qui n’a pas de féminin. Je ne suis pas du genre tricot ou origami. Pompier ou metteur en scène, j’ai hésité, mais monter la pièce « Turlupin et Fanfaronne » ne me branchait pas trop.

    L’an dernier, j’ai fait jardinier : on est bien d’accord qu’une jardinière c’est un pot de fleurs, non ? et je ne suis pas une potiche ! J’ai bichonné des fraisiers et traité des pommiers contre la gale et les lichens. L’année d’avant, j’ai fait cuisinier – ne me traite pas de cuisinière ou tu vas en voir une ignivome ! (1) – mais la popotte, c’est toujours pas mon truc.

    - Voyez, disait l’homme de l’art en nous mettant un affreux machin brun sous le nez, comment extraire la quintessence de la fève tonka ! Humez ces ineffables effluves de coumarine !

    Il aurait dû faire poète. Moi, coumarine, coulemelle, coucou de Malines, pff non franchement ! Sans compter qu’il était Québécois indépendantiste, il nous faisait tout décorer de fleurs de lys : gâteau fleurdelisé, passe encore, mais même le filet de poisson dans sa papillote, non merci !

    Donc cette année, pompier ! Je ne te cacherai pas que c’est le beau calendrier des pompiers new-yorkais qui m’en a donné l’idée. Si tu veux voir des vrais mecs baraqués et tout, c’est pas sur la plage qu’il faut aller, même pas à Ibiza, où il n’y a que des minets.

    Manque de bol, avec la désectorisation (1) récente, c’était la grogne dans la caserne et les plus beaux spécimens étaient partis faire voir ailleurs leurs sextillions d’hormones mâles en chaleur.

    Alors quand au boulevard Saint-Sigismond le condominium flambant neuf a flambé en même temps que l’usine de meubles shaker, il a bien fallu choisir.

    Ce que je n’ai pas compris, c’est ce que le journaliste a voulu dire avec ce con Comitance… ou con comme y tance ? On n’a tancé personne ! On pouvait juste pas être à deux endroits en même temps.

     

    (1)   Faut pas croire que les pompiers c’est des guignols ! j’ai appris des tas de mots compliqués !

    ***

    consigne 177 des Poudreurs d'escampette

    jeu,fiction,poudreurs d'escampette

    avec les mots imposés
     
    Documentation – Turlupin – Origami – Shaker – fleurdelisé – Désectorisation – Coumarine – Sextillion – Popotte – Ignivome – fraisier – Concomitance – Condominium – Bichonner – Lichen

  • J comme j'aime, je n'aime pas

    J’aime tous mes élèves mais pas tous mes collègues.

    J’aime les fruits mais pas en boîtes.

    J’aime les animaux mais pas les limaces dans le potager.

    J’aime la musique dite « classique » mais pas la contemporaine genre Stockhausen.

    J’aime la lecture mais pas la science-fiction.

    J’aime le chocolat noir mais pas le blanc (désolée, Amélie)

    J’aime l’opéra mais pas Pelléas et Mélisande.

    J’aime Camus mais pas Sartre. Voltaire mais pas Rousseau.

    J’aime Bruxelles. J’aime l’Italie. J’aime l’Italie qui descend l’Escaut. J’aime Brel.

    J’aime la Belgique et son merveilleux climat Rigolant. Je n’aime ni la chaleur ni le froid.

    J’aime le Renaud des années 80. C’est grâce à lui que j’ai appris plein de mots argotiques.

    J’aime les langues. J’aimerais les parler toutes.

    J’aime les sketches de Fernand Raynaud qu’on écoutait en famille à la radio alors qu’il était déjà mort depuis longtemps.

    J’aurais aimé étudier l’archéologie mais mon père a dit que ce n’était pas avec ça que j’allais gagner ma croûte.

    J’aime les films des années 30 mais pas les blockbusters d’aujourd’hui.

    J’aimais déjà Brassens avant de comprendre tout ce qu’il disait.

    J’aime cuisiner mais pas faire les poussières.

    J’aime ne rien faire mais je n'aime pas le désordre sur mon bureau.

    J’aime la mer ET la montagne.

    J’aime évoquer ma grand-mère Adrienne alors qu’elle est morte depuis 20 ans.

  • H comme heureux qui comme Ulysse...

    Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

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    ou comme celui-là qui conquit la toison

     

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    et puis est retourné dans sa propre maison

     september 2013 (1) - kopie.JPG

    pour y continuer ses grattages et collages...

    *

    ***

    *

    de tout coeur un grand merci
    aux amis qui m'ont sortie
    tout un week-end de mes soucis
    Bisou 



  • G comme Glaz!

    Il y a eu un appel à textes, j'ai participé, mon texte a été refusé parce qu'il faisait plus de 150 mots (il en fait 165, la première version en comptait 205) et je ne me sens pas capable de l'amputer d'encore 15 mots car il me semble déjà réduit au minimum indispensable à une bonne compréhension.

    Alors je le publie ici.

    Surprise!

    Quand elle quitte le parking, le brouillard est tout à fait tombé. Elle tâte dans sa poche pour y trouver la clé de la maison. Panique : la clé n’y est pas. Elle sent uniquement un minuscule sachet de plastique. Se serait-elle trompée de manteau en quittant le bureau ? C’est tout à fait possible. Magda et elle ont à peu près le même modèle à capuche. L’un est juste un peu plus sombre que l’autre.

    Que faire ? Retourner au bureau ? C’est inutile, il n’y a plus personne et tout est fermé. Appeler Magda ? Elle n’a pas son numéro. Du bout des doigts, elle triture le petit sachet. On dirait qu’il contient un anneau. Une bague. On sent la petite pierre. 

    Sa porte est ouverte. Un cri :

    - Will you marry me ?

    Harry est là avec tous ses copains. Avinés. Ils sifflent, chantent, scandent son prénom pour appuyer sa demande.

    - Rends-moi ma clé, dit-elle froidement. Et allez-vous-en. Tous !

  • F comme faire connaissance

    La semaine passée, Madame a fait la connaissance de ses nouvelles classes... 

    Et comme Le temps c'est de l'argent et qu'il n'y a pas une minute à perdre, elle leur a déjà donné un premier devoir. Un texte à rédiger.

    - Surtout, leur dit-elle, ne vous faites pas aider par papa, maman, tante Françoise ou grand-papa! Parce que ça me donnerait une idée fausse de ce que vous savez faire!

    Madame promet que le devoir ne sera pas noté. Alors c'est bon, on dit qu'on le fera tout seul.

    ***

    Le lendemain, Madame ramasse les devoirs et demande ici ou là:

    - Et tu l'as fait tout(e) seul(e)?

    - Ma mère voulait m'aider, dit Charlotte, mais je le lui ai interdit.

    - Bravo! dit Madame. 

    Et elle lève les deux pouces pour bien congratuler la résistante.

  • le 7e jour

    Le septième jour, Dieu s'est reposé.

    Et c'est ce que l'Adrienne a décidé de faire aussi.

    Car même si elle ne se prend pas pour Dieu, elle a tout de même hérité d'un autre gros défaut de son père, again an inside joke, c'est l'orgueil.

    Comment ça, vous ne voyez pas le rapport?

    Langue tirée

    Bon samedi à tous et bon repos à ceux qui en ont l'occasion!

    augustus 2013 (23) - kopie.JPG

    L'Adrienne est si contente
    de son nouveau seuil
    qu'elle veut le partager avec vous
    Rigolant 

  • E comme espoir

    Muanza a très envie d’accorder sa confiance à cette Gemma mais il ne sait pas trop par quel bout commencer son histoire.

    Par le dernier regard lancé vers sa terre natale par-dessous l’aile de l’avion qui s’envole pour l’Europe ? Ou bien avant ça, par cet espoir de changement qu’on a réussi à insuffler à tout un peuple, d’abord chrysalide puis joli papillon… mais qu’on a impitoyablement écrasé sous sa botte ?

    Comment parler de ce tourment qui ne vous lâche pas jour et nuit ? Comment raconter l’Afrique et ses récentes métamorphoses ? Comment expliquer le luxe, le clinquant, la soie et les yachts de quelques-uns ? Alors qu’à côté des femmes accouchent dans un tel dénuement qu’elles mettent au monde un orphelin... Comment dire cette célébration du fric facile et triomphant ?

    Il ne veut pas s’entendre dire que chacun a son lot de misères dans le courant impétueux de la vie, que nul n’est à l’abri des bourrasques ou d’autres raisonnements de pacotille qui n’ont que le seul but d’éluder les vrais problèmes. Comme on chasse une mouche importune.

    Muanza plaît aux femmes. Il le sait. Rosemonde aussi le sait et s’inquiète que son mari profite de son éloignement pour courir le cotillon. Mais Gemma ?

    Si Gemma était la solution de ses problèmes ?

     

    http://www.maman-et-moi.org/

    ***

    écrit pour Désir d'histoires n°109

    muanza

    avec les mots imposés

    tourment – tempétueux – bourrasque – envoler – avion – aile – papillon – métamorphose – chrysalide – soie – luxe – yacht – fric – clinquant – pacotille – cotillon – célébration

    ***

    pour ceux qui veulent lire "tout Muanza"
    suivre le tag Muanza
    Cool
     


  • D comme décor

    L'Adrienne en ayant vraiment assez des démolitions et des saletés a décidé de consacrer son mercredi après-midi à "faire du joli"

    Elle a commencé à tapisser un premier mur de sa future chambre à coucher

    september 2013 (3) - kopie.JPG

    pour constater que l'ancien papier peint, qui ne partait ni à sec ni abondamment mouillé, se détachait une fois qu'il était encollé Langue tirée

    Entêtée comme elle est (c'est un des nombreux défauts hérités de son père - LOL - insiders joke) elle a persévéré avec un mur de son futur bureau:

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    Comme vous pouvez le constater, l'Adrienne, qui vit depuis quinze ans dans une maison toute blanche, a résolument opté pour la couleur.

    Les fleurettes quant à elles doivent donner l'illusion bucolique...

  • C comme Caracas

    Ses études secondaires terminées, elle vient passer une année scolaire chez nous. Mais elle ne parle pas un mot de néerlandais. Ni de français, notre seconde langue. Elle ne connaît que son espagnol natal et un peu d'anglais.

    - Tu es arrivée quand? je lui demande.
    - Samedi, me dit-elle.

    L'été s'attarde par chez nous cette semaine, il fait encore plus de 25° à six heures du soir, mais elle a tout le temps froid, me dit-elle encore. Et tout le temps envie de pleurer parce qu'elle est si loin de chez elle.

    Aux cours, elle s'ennuie à mourir: elle ne comprend pas la langue. Même aux cours de maths et de sciences, qui sont pourtant sa spécialité.

    - Vous pourriez peut-être m'apprendre un peu de français, me dit-elle. Me donner quelques exercices pour débutants?

    Je crois que pour bien apprendre les premiers rudiments d'une langue, on a besoin d'un prof qui vous dit comment prononcer et qui vous fait parler. Intensivement. Mais je ne vois pas comment je pourrais m'occuper d'elle en particulier quand je dois en même temps lire Voltaire dans une classe de 26 élèves aux hormones survoltées.

    - Mais quelle est ton intention, je lui demande. Tu es venue ici dans quel but?
    - En fait, me répond-elle, c'est aux Etats-Unis que je voulais aller. To improve my english.

    prof,école,élèves


  • B comme bonjour les dégâts

    Personne ici ne s'étonnera que les travaux ne se passent pas sans dommages collatéraux.

    Personne, sauf l'Adrienne.

    Qui fut une fois de plus tout étonnée de voir qu'en ôtant un vieux chambranle pourri, l'ouvrier a causé quelques pertes et fracas parmi les fameuses faïences dont on prenait tant de soin...

    augustus 2013 (22) - kopie.JPG

    ici, il y aura donc un peu moins de peinture beige à gratter de la faïence bleue
    et peut-être faudra-t-il se résoudre à repeindre, pour camoufler le morceau perdu? 

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    ici, il a fallu plâtrer pour remplacer les faïences cassées
    et pour plâtrer, le plâtrier a défait le travail de l'électricien:
    les fils électriques pendouillent
    les interrupteurs aussi

    ***

    et en mettant une nouvelle porte
    les ouvriers menuisiers-PVC ont fait tomber une plaque de "faux marbre"
    et cassé un bout de deux autres plaques

    non, pas de photo
    même l'appareil avait la larme à l'oeil 

    ***

    si après tout ça l'Adrienne n'est pas devenue
    LA REINE DES PHILOSOPHES
    elle ne le sera jamais

    Cool
     

  • Adrienne et sa mère

    - Ah? Vous êtes mère et fille? s'étonne la dame au bout d'une heure ou deux de conversation.
    - Oui, oui! Mais nous ne nous ressemblons pas du tout.
    - En effet, vous ne vous ressemblez pas...
    - Ma fille ressemble à son père.
    - Ah...
    - Oui, pas seulement le physique mais aussi le caractère.
    - ...
    - Elle a hérité de son caractère de cochon.

    La dame est un peu déconcertée et ne trouve rien de mieux à faire que de se tourner vers une Adrienne restée muette, le sourire de bonne contenance légèrement figé:

    - C'est vrai, ça?

    Que voulez-vous répondre à cela?

    - Si ma mère le dit..., fait l'Adrienne.

    Mais depuis cette sorte de désaveu, depuis hier, donc, elle s'en veut. Alors elle tient à rectifier ici en déclarant bien haut et bien fort que son père était l'homme le plus doux et le plus conciliant de la terre.