I comme inventaire

Inventaire des choses qui ont un aspect sale

Armoires de cuisine dans la future maison d’Adrienne (merci, Vim!)

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Bottes et bottines après une promenade en forêt (par saison de pluie, c’est-à-dire le plus gros de l’année)

Chien qui s’est roulé dans des bouses de vache (si ce ne sont pas des étrons humains)

Dalles de la piazza San Marco une heure après leur nettoyage vigoureux

Echelle d’Adrienne portant les traces de son utilisation par divers corps de métier

Façades décrépites de maisons inhabitées (ou qui suintent la pauvreté)

Grenier abandonné aux souris et aux araignées (pour ne parler que du plus visible)

Humeurs et autres crachats glaireux qui ornent le trottoir

Index, pouce et dents du fumeur de longue date

Jatte de lait pour chats dans laquelle la nuit des tas de grosses limaces sont venues se noyer

Képi, chapeau ou bonnet de quelqu’un qui ne se lave visiblement ni les cheveux, ni les mains

Livre qu’on me rend couvert de taches brunes (et écorné, en plus)

Murs d’où on a retiré les meubles (et ça fait un an que la fée du logis n’est plus passée)

Ongles noirs après le jardinage (ou l’épluchage de noix)

Peintures qui s’écaillent et tombent par plaques (l’école doit connaître ses priorités : ordi ou déco ?)

Quai où se dépose tout le rebut de notre société de consommation

Rues où les éboueurs ne sont pas passés (surtout si c’est l’été et le sud de l’Italie)

Salsifis (d’ailleurs quand elle était petite l’Adrienne croyait que c’étaient des sales sifis)

Toilettes publiques un jour d’été sur une autoroute française (c’est pour ça que Vison Buté appelle ce jour NOIR)

Urine s’écoulant d’un recoin où des buveurs de bière se sont soulagés en toute impunité

Vaisselle en attente dans la machine (alors qu’on a mangé du poisson)

Wagon de train qui a transporté des hooligans britanniques (ivres, mais ça, c’est un pléonasme)

Xérès hors d’âge (ou tout autre vénérable bouteille) qu’on n’a pas épousseté avant d’en ôter le bouchon

Yeux de mineur sortant de son trou de houille (ou ceux de l'Adrienne quand elle a une blépharite)

Zébu et vaches se baignant dans le Gange à côté de vieillards, de femmes et d’enfants faisant la même chose

***

À la manière de Dame Sei Shonagon (une femme de lettres japonaise, auteure de Notes de chevet, l'un des deux chefs-d'œuvre de la littérature japonaise de l'époque Heian), réalisez l’inventaire des choses qui vous marquent: les choses qui ont un aspect sale (Poudreurs d'escampette 186)

Commentaires

  • Ah, les salsifis ! En plus ça colle à mort quand on les épluche !
    Je le sais, c'est toujours à moi que mon épouse confie le boulot...

  • Ah les livres que l'on récupère cochonnés.... cela m'est encore arrivé il y a peu.... J'ai donc soigneusement esquivé un nouveau prêt pour la personne qui ne sait pas prendre soin de mes chers livres...

  • Dans le domaine de la saleté il y a certains propos racistes aux relents nauséabonds proférés par les hommes politiques, ceux qui nous gouvernent devraient se laver la bouche...

  • c'est que tu le fais sans doute trop bien, Walrus (comme disait mon grand-père, il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir faire, ainsi on y échappe... )

    parce qu'en plus, on n'ose même pas leur dire combien on le trouve grave, Margotte ;-)

    ah Jeanmi, si ça pouvait suffire, de se laver la bouche ;-)
    (je ne savais pas que l'expression existait en français, ma belle-mère ostendaise disait "veeg je mond af" - essuie-toi la bouche - quand un de ses enfants utilisait un mot qu'elle jugeait vulgaire)

    merci et bonne fin de journée à tous

  • J'en ai connu, dans la Wallonie profonde, qui vous faisaient lécher le savon :-)

  • sans blague, Walrus?
    ;-)

  • J'ai l'air d'un blagueur ?
    Bon, oui, mais c'est quand même vrai.
    J'ai aussi eu un instituteur qui lorsqu'on mâchait du chewing gum en classe, sortait du tiroir de son bureau un vieux marron d'inde et un petit canif : il grattait de petites particules de la chair du fruit et vous les faisait incorporer à la gomme à mâcher que vous étiez exceptionnellement autorisé à continuer à mastiquer pendant quelques minutes. Ah, la vie était amère à cette charmante époque !

  • justement, j'étais en voiture et j'entendais à l'autoradio une citation (de je ne sais plus qui) disant que le passé c'est bien joli mais que c'est mieux de vivre au présent ;-)
    je le pense aussi :-)
    bonne soirée, Walrus, et douce surtout!

  • Oh, mais moi je rapporte des faits vus, je ne risquais rien personnellement : je ne me serais jamais permis le moindre gros mot ni le moindre mâchouillement en classe (excepté celui du bout de mon crayon).

  • Dans ma famille, on nous menaçait de nous laver la bouche au savon en cas de "gros" mots. Et ça marchait.
    ;o)

  • j ai souvent travaillé dans la crasse, et je m étonne comme mes mains sont devenues belles depuis que je suis chômeur. Dans un an et demi sonnera l heure de la retraite.
    Bonne soirée Adrienne
    Latil

  • LOl Latil, tu me fais penser à ma belle-mère, qui trouvait illogique que je mette des gants pour faire la vaisselle, mais pas pour travailler au jardin ;-)

    les menaces suffisaient, Mme Chapeau?
    ma mère a essayé de faire mettre des sous dans une titelire (par mon frère) chaque fois qu'il disait un gros mot, puis quand il en disait un elle faisait la sourde oreille LOL

    sage comme une image, le petit Walrus? j'aimerais bien voir ça en photo :-)

    merci et bonne soirée à tous!

  • Je me réfère à ce que racontait ma mère, si tu as une table, nous évoquerons son témoignage lors d'une séance de spiritisme ;-)

  • faut encore que je la déménage ;-)

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