• X c'est l'inconnu

     jeu,fiction,muanza

    - Encore un peu de gâteau ?

    - Non, merci ! dit Muanza.

    Belle-maman a un réflexe de surprise : ce « non » est tellement inattendu ! Jamais personne n’a eu le culot de refuser une seconde part de son excellent moka, ne serait-ce qu’une infime tranchette qu’on accepte en disant d’un air hypocrite « C’est vraiment par gourmandise ! ». Surtout le jour de son anniversaire.

    Mars dans les Polders. Des goélands tourbillonnent à grands cris et le bouleau au bout du jardin plie avec souplesse sous un vent à six ou sept beaufort. Fils aîné entretient le feu dans la cheminée, « Noël au balcon, Pâques aux tisons », l’adage lui vient à point deux fois par an, même si ce n’est pas très objectif. La famille n’a jamais passé Noël au balcon. Il n’y en a pas, d’ailleurs.

    Belle-maman n’a pas l’occasion de reposer sa question. Muanza a passé le temps du dîner d’anniversaire à mûrir sa réflexion sur son avenir et déclare tout de go à la famille rassemblée :

    - Je vais partir… Je vais aller aux Pays-Bas.

    On sent bien que c’est une décision longuement méditée, pas une inspiration du moment, même si ces deux dernières semaines quelques coups du hasard  l’y ont aidé.

    - Ne fais pas ça ! s’écrie Pierre. Ça n’a pas de sens ! On va trouver une solution !

    - Non, dit Muanza. Ici la bataille est perdue. On ne m’acceptera jamais. Et je ne vous cause que des problèmes…

    Il règne un silence consterné quand le Père revient de sa cave, avec sous le bras ses bouteilles de cognac, d’armagnac et de whisky.

    - Quelqu’un est mort ? demande-t-il.

    - C’est Muanza, dit Pierre, il pense qu’il a plus de chance d’être reconnu comme réfugié politique s’il va en Hollande.

    ***

    écrit pour les Plumes d'Asphodèle n°41
    avec les mots imposés:

    Question, inattendu, merci, gâteau, méditer, souplesse, culot, surprise, hasard, décision, inspiration, trouver, hypocrite, goéland, bataille, réflexion, objectif, tourbillonner, tison.

     

    asphodèle.jpg

     

  • W comme wagon de train

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    © Thiophene_Guy.

     

    http://ecrire-and-co.fr/patchwork-de-plumes-jeu-n-2/

    merci Débora!

    ***

    Il s’appelle Traian en l’honneur de l’empereur romain qui a fait de son pays une enclave latine dans un océan slave.

    Prénom choisi et voulu par sa mère, qui pourtant l’appelle uniquement Puiu, poussin.

    Même quand elle monte dans son train bondé, qu'il doit faire preuve d'autorité dans la chasse aux resquilleurs et que du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il porte crânement le béret, le sifflet et la lourde sacoche.

    - Ne m’appelle pas comme ça, Mămică
    - Et pourquoi pas, mon Puiu ?

  • V comme voyager

    Voyager "pour ralentir le temps", voilà une belle réponse à la question du pourquoi.

    De fait, chacun a pu le constater, lorsque nous partons et abandonnons nos habitudes sédentaires, le temps s'allonge inespérément. La raison en est, selon moi, que lorsque nous sommes confrontés à une foule de choses nouvelles, nous retombons dans une sorte d'innocence perceptive qui entrave la niveleuse conceptualisation, laquelle oblitère les détails inutiles à l'action. Lorsque nous nous extirpons de nos cadres coutumiers, notre regard et tout notre entendement s'arrêtent sur la disparité inscrite à la surface des choses et l'émerveillement peut de nouveau faire brèche dans la carapace de notre fonctionnement utilitariste.

    Denis Grozdanovitch, Petit éloge du temps comme il va, Folio 2014, page 100.

    Vous me répondrez que le temps a une fâcheuse tendance au ralentissement pendant nos moments d'attente et à l'accélération quand on s'amuse.

    Mais il est vrai aussi que si nous "abandonnons nos habitudes sédentaires" il prend un cours différent. Il ne faut d'ailleurs pas aller bien loin pour l'éprouver. 

    Une simple promenade au parc suffit Cool

     lecteur,lecture,littérature,carpe diem,nature

     du soleil et des ombres

    lecteur,lecture,littérature,carpe diem,nature

    lecteur,lecture,littérature,carpe diem,nature

     de vrais faux sous-bois

    et la touchante poésie de l'arbre mort

    lecteur,lecture,littérature,carpe diem,nature

     photos prises près de chez moi
    dimanche dernier (22 février)

    une demi-heure a suffi
    pour ralentir le temps

  • U comme univers-renaud

    Vous qui ne venez pas ici pour la première fois, vous savez sans doute déjà que l'Adrienne fond pour ce blondinet qui lui a appris le français argotique.

    Madame en abreuve d'ailleurs ses élèves, annonçant toujours la couleur: "Je sais que pour vous ce sont des vieux machins d'un vieux pépé, mais Madame au moins se fait plaisir". C'est important, quand on est prof.

    Mais jamais encore Madame n'a fait écouter "Mistral gagnant", une superbe chanson, cependant. Jusqu'à aujourd'hui, elle ne savait pas trop à quoi le titre faisait référence. Il faut dire qu'elle n'avait pas trop cherché non plus.

    De plus, bonbecs, carambars, roudoudous, coco-boer, mint'hos, tout ça ne veut rien dire pour l'Adrienne, qui a été élevée sans sucre et dans un pays où les bonbons portaient d'autres noms que ceux-là. Par conséquent, ça veut encore moins dire aux élèves de Madame. Et chacun sait que ça enlève beaucoup de charme s'il faut tout expliquer de A à Z.

    C'est tout à fait par hasard (et grâce à lectrice Lulu, merci Lulu!) que le mystère des "mistral gagnants" a enfin été éclairci:

    Mistral gagnant: L'introduction au piano est magnifique, d'une nostalgie bouleversante. Par ailleurs, Renaud égrène, au long du texte, tous les bonbons de son enfance et les nôtres, avec mention spéciale pour les vrais roudoudous "qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents". Mais des Mistral gagnants, il ne dit rien. Les deux mots suffisent pour ranimer un cérémonial singulier. Mistral gagnant: c'était Mistral perdant, le plus souvent, car on ne gagnait rien, une fois sur dix. La petite pochette allongée de papier blanc avait, tout en bas, au verso, un rabat qu'on soulevait dès l'objet acheté. "Gagnant", c'était un sachet gratuit en prime. Mais "perdant", au-delà de la petite résignation obligatoire passagère, c'était l'occasion de centrer son plaisir sur une réalité palpable, qui n'avait plus rien du miroir aux alouettes évoqué par le titre: dans Mistral gagnant, la moitié qui comptait, c'était Mistral. A preuve, on ne pouvait gagner qu'un autre Mistral - qui n'eût pas doublé le plaisir -, et c'est donc dans l'essence du Mistral que reposait l'espoir d'une satisfaction.

    OK, tout ça est expliqué de façon fort compliquée, mais la suite est plus claire:

    Une montagne stylisée sur le sachet (en orange, ou en vert? L'un et l'autre, peut-être) évoquait un contenu oxygéné, nordique et roboratif. On avait droit, pour le même prix, à un mince chalumeau de réglisse, destiné à aspirer la substance mystérieuse. Mais quelques irrépressibles mâchouillements avaient bien vite raison de cette pompe savoureuse que le fabricant vouait sans doute à une consommation post-mistralienne - en fait, on le mangeait toujours avant. Alors on tapotait avec d'infimes précautions le sachet incliné, et le Mistral déversait directement sa neige acidulée jusqu'au fond du gosier. Les lèvres et la langue essayaient en vain de maîtriser ce flot sucreux, piquant, qui faisait tousser avec une jubilation alpestre. On s'en mettait un peu partout, une bonne partie restait collée au tuyau de réglisse. Qui peut maîtriser le mistral?

    Philippe Delerm, Dickens, barbe à papa, Folio 2005, pages 23-24.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=XdjWMHAdYDU

  • T comme transports

    Etre en manque de lecture alors qu'on est "en voyage", c'est tout simplement abominable, même si ce n'est que pour une journée et à seulement une soixantaine de kilomètres de son domicile.

    Si le lieu de "villégiature" s'appelle Bruxelles, le mal est vite réparé. De toute façon, le chemin de la gare mène par la galerie de la Reine où la librairie Tropismes fait de l'oeil à la passante, qu'elle soit ou non abondamment pourvue en littérature (et dépourvue de place où la ranger). 

    On a donc poussé la porte de ce lieu de perdition tout en se faisant la leçon: un seul ouvrage, de petit format, promis juré.

    Et on en ressort avec deux petits formats, dont un titre qui fait dire au caissier d'un air narquois plein de sous-entendus grivois:

    - Bons transports!

    Ce qu'on ne comprend que quinze jours plus tard, à la lecture de la nouvelle d'Emmanuel Carrère, L'usage du "Monde".

    Pour ceux d'entre vous qui aimeraient comprendre le clin d'oeil assez gras du vendeur, voici cette nouvelle:
    http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/nouvelle2.pdf

     

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    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Transports-amoureux

    après votre lecture de la nouvelle, rendez-vous ici:
    http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/06/19/quand-emmanuel-carrere-imagine-un-jeu-erotique_4441272_4415198.html

    Bizarrement, le vendeur-caissier n'a fait aucune remarque à propos de l'autre ouvrage acheté ce jour-là:

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    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Petit-eloge-du-temps-comme-il-va

    Le seul à faire une remarque a été Monsieur Neveu:

    - Grozdanovitch? ce n'est pas un Français, ça!
    - Mais si, il est Français.
    - Avec un nom pareil?

    On voit bien qu'il n'a pas été élevé avec Fernand Raynaud, pauvre petit Langue tirée

    "Moi, j’aime pas les étrangers parce que moi, je suis Français et je suis fier d’être Français ! Mon nom à moi, c’est Koularkerstensky du côté de ma mère et Piazzano Venditti, du côté d’un copain à mon père !"

    (vers 0'50" dans l'excellent sketch "Le douanier" 
    https://www.youtube.com/watch?v=ppzQ-dsdquI)

  • Stupeur et tremblements

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    © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2015/02/155e-atelier-decriture-une-photo-quelques-mots/

    merci Leiloona!

    ***

    - Les consignes sont claires, dit Jeffrey. Il n’y a rien à ajouter !

    Lui qui habituellement passait ses deux pouces sous ses bretelles était obligé, depuis qu’il devait porter le gilet pare-balles, d’y accrocher tous ses doigts. Il trouvait que ça lui donnait l’air plus imposant.

    Beaucoup plus imposant, en tout cas, que cet imbécile de Sam, qui les fourrait dans les poches de son blouson comme un jeune malfrat qui tente de cache son arme.

    - Et ça, a fait le Jeunot en montrant du doigt le gros tas de neige sale, on doit le fouiller aussi ?

  • 22! l'immortalité nous guette!

    Tout l'enthousiasme de ce monsieur n'arrive pas à me rassurer: je n'ai pas envie d'être immortelle. Vous si?

    https://www.youtube.com/watch?v=KGD-7M7iYzs

    cycle de conférences qui datent déjà de 2012
    Sur la courbe il n'est pas prévu qu'on continue à s'entretuer
    un peu partout dans le monde

  • R comme réponse

    broodthaers.jpg

     Marcel Broodthaers, Grande casserole de moules, 1966

    je sais maintenant que les photos sont interdites à cette expo dont je parlais mardi et mercredi, mais on trouve l'image sur trente mille sites et blogs divers: https://www.google.be/search?q=marcel+broodthaers+grande+casserole+de+moules&espv=2&biw=1280&bih=666&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=PP7iVKqOD6vD7gby_YGoAQ&ved=0CAgQ_AUoAQ

    En juin 2000, un parlementaire s'inquiète de savoir si cette casserole de moules vaut bien les cinq millions de BEF que la Communauté flamande s'apprête à y investir, c'est-à-dire la moitié du coût total, à l'époque (En novembre de la même année, un journal flamand s'exclamera qu'on a fait une bonne affaire puisqu'une autre casserole de moules a été vendue 17 millions de BEF chez Christie's à New York Langue tirée (1)).

    Il suggère qu'il serait plus judicieux d'acheter une nouvelle casserole et de la remplir de coquilles de moules.

    La réponse qui lui est faite s'étale sur trois pages dactylographiées. C'est un peu long pour tout vous traduire: 
    http://www.vlaamsparlement.be/Proteus5/getFile.action?id=118774 

    Pour ceux qui s'intéresseraient à la question, Broodthaers, ses moules et ses coquilles d'oeufs inspirent des réponses sur le pourquoi et le comment de l'art à des tas de gens, voir par exemple ceci:

    http://www.guillaumedesanges.com/spip.php?article105

    On n'a pas fini de s'ébahir sur la belgitude ni sur ce qui est de l'art Langue tirée

     

    (1) http://www.gva.be/cnt/oid96612/archief-mosselpot-brengt-17-miljoen-op, prouvant par la même occasion le bien-fondé du message de l'artiste concernant le rapport entre l'art, le musée et la valeur marchande... 

    ***

    Projet 52 - semaine 8 - thème: casserole

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

  • le bilan du 20

    Deux ans aujourd'hui que l'Adrienne a signé des papiers pour exprimer son envie que la maison de tante Fé devienne la maison d'Adrienne.

    Il faudra sans doute encore deux ans pour que tout ce qui doit être accroché aux murs soit fixé dans les bons trous et les bonnes chevilles (1), que tous les murs soient recouverts de peinture ou de papier peint, que toutes les boîtes aient disparu de la cuisine et du bureau.

    Mais il est vrai qu'on revient de loin Langue tirée

    juni 2013 (22) - kopie.JPG

    juin 2013 - le plâtre tombe plus facilement des murs que le vieux papier peint

    juli 2013 (1) - kopie.JPG

    juillet 2013 - l'électricien prend des initiatives pas toujours heureuses

    september 2013 (1) - kopie.JPG

    septembre 2013 - l'Adrienne met du parme sur les murs de sa future chambre

    okt 2013 (1 kopie).JPG

    octobre 2013 - l'électricien poursuit ses initiatives pas toujours heureuses

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    novembre 2013 - il y a une porte aux toilettes

    etc.

    etc.

    Cool

     

    (1) voir ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/01/06/e-comme-expert-8354221.html

  • Question existentielle

    Pourquoi

    les livres n'ont-ils pas tous

    le même format?

    ***

    Ils seraient tellement plus pratiques à ranger

    et le résultat final

    serait infiniment plus esthétique

    boeken (1) - kopie.JPG

    les boîtes de livres ne seraient pas des puzzles

    boeken (4) - kopie.JPG

    et ça ferait moins désordre

  • P comme peindre la mer

    Nous étions samedi à cette expo ostendaise, ce "salut d'honneur" à Jan Hoet et à la mer (1).

    Monsieur Neveu a des goûts très "classiques", ce qui est parfaitement normal à son âge. Il aime qu'un tableau représente quelque chose de réaliste et de reconnaissable et qu'il soit peint avec un minimum d'académisme. Son amour de la peinture s'arrête par conséquent aux impressionnistes.

    Il était tout juste d'accord pour trouver joli un tableautin représentant un canot de pêcheurs

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    Johan Barthold Jongkind
    Vissersboot op het strand, 1861 
    (musée d'Otterlo)

    Nous avons beaucoup rigolé en voyant l'oeuvre du Roumain Belu-Simion Fainaru: ce n'était pas une peinture mais un verre d'eau dans lequel il y avait un oeuf (cuit dur, je suppose). Sur la mini-surface d'eau flottait un minuscule bateau fait d'un peu de cire (ça ressemblait au dentier de mon arrière-grand-père), d'un cure-dents pour le mât et d'un triangle de papier pour la voile. On peut le voir ici: http://sofievandevelde.be/artists

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    Après avoir scrupuleusement visité chaque recoin du musée que monsieur Neveu a trouvé joyeusement labyrinthique, nous étions tout de même d'accord que l'oeuvre qui nous plaisait le plus était absolument moderne. Il s'agissait l'une peinture de Thierry De Cordier, une mer très belle, comme palpable, sensuelle, et à la fois très menaçante, que je n'ai pas photographiée mais qu'on trouve en suivant ce lien: 
    http://www.xavierhufkens.com/artists/thierry-de-cordier

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    MER DU NORD, Étude n°1, 2011
    Oil paint and enamel on canvas
    120 × 150 cm | 47 ¼ × 59 inches

    (1) http://www.muzee.be/fr/muzee/t204250/la-mer-salut-d-honneur-jan-hoet

  • O comme Ostende

    Nous avons pris des trains

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    Nous avons vu la mer

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    Nous avons visité une expo

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    Nous avons pris des photos sans savoir que c'était interdit 

     Ostende, expo,peinture

    Léon Spilliaert
    De zeedijk van Oostende vanop het staketsel gezien (1)
    aquarelle, vers 1910

    Nous avons admiré un arc-en-ciel

    Oostende (12) - kopie.JPG

    ***

    (1) la digue d'Ostende vue depuis l'estacade

  • N comme neveu

    Hier l'Adrienne a dû faire le guide à Bruxelles pour sa mère et son neveu. Ils voulaient voir le musée de l'automobile, au Cinquantenaire.

    Monsieur Neveu a pris le métro pour la première fois de sa vie, non sans appréhension Langue tirée

    Pendant que sa mère et son neveu discutaient comme des pro - ils sont tous les deux fous d'automobiles - l'Adrienne prenait des photos.

    Le seul problème c'est que, comme elle n'y connaît rien, si elle n'a pas noté les noms des marques, elle ne s'en souvient pas.

    Voici donc quelques belles inconnues

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  • M comme montagne

    On était trois semaines avant Noël. J'étais arrivée au Val par le seul train possible, celui de onze heures. Tous les autres arrêts avaient été supprimés. Pour gagner quelques minutes au bout, m'avait-on dit.
    C'était où, le bout? C'était quoi?
    Le train a passé le pont, a ralenti dans la courbe. Il a longé le chenil. Je me suis plaqué le front à la vitre, j'ai aperçu les grillages, les niches, les chiens. Plus loin, la scierie sombre et la route droite. Le bungalow de Gaby, la boutique à Sam, les boîtes aux lettres sur des piquets, le garage avec ses deux pompes et le bar à Francky.

    Claudie Gallay, Une part de ciel, Actes Sud, 2013, page 7

    Voilà, dès l'incipit le décor est bien planté, l'atmosphère suggérée, et la narratrice va avancer subtilement sur 445 pages sans nous lasser une seule minute.

    C'est qu'il y en a des choses à dire, des questions à poser et des personnages à étoffer au fil du texte. Chacun prend vie dans toute sa complexité, les habitants d'un rude village de montagne, la famille et ses étranges liens, ses absents et ses non-dits.

    Entre le 3 décembre et le 20 janvier, la narratrice a le temps de renouer avec le lieu de son enfance et ceux qui n'ont jamais cessé d'y vivre. Mais aussi de batailler avec quelques démons personnels, comme sa place dans la fratrie, l'amour de sa mère, l'échec tout récent de son couple et l'absence de ses deux filles, parties vivre en Australie.

    Le train a ralenti encore dans un grand bruit de freins, il est venu s'immobiliser le long du quoi. Les portes se sont ouvertes.
    J'ai posé ma valise sur le marchepied. La sacoche à côté. Tout ce que Gaby venait de me confier se bousculait en images dans ma tête. Et tout se recomposait.
    Un train est arrivé dans l'autre sens, celui de Modane, il s'est arrêté sur le quai en face. Dans les wagons, des voyageurs debout s'apprêtaient à descendre.
    Je suis revenue vers Gaby.
    - Pourquoi tu me racontes tout ça maintenant?
    - Avant, tu ne pouvais pas comprendre.
    - Et maintenant, je peux?
    Elle a penché la tête de côté, m'a regardée avec un sourire doux comme une étreinte. Une caresse qui s'est gravée sur les parois de mon âme.
    - Maintenant, oui, tu peux.

     Claudie Gallay, Une part de ciel, Actes Sud, 2013, page 445

    ***

    claudiegallay.jpg

     http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/une-part-de-ciel

    Je me retrouve entièrement dans ces deux excellents articles, la critique du Figaro http://www.lefigaro.fr/livres/2013/09/18/03005-20130918ARTFIG00475-claudie-gallay-une-part-de-ciel.php et celle du Huffington Post http://www.huffingtonpost.fr/francois-xavier/rentree-litteraire-2013-claudie-gallay_b_3788950.html. Un bon article aussi pour La libre Belgique, sauf que le petit Moïse s'appelle en réalité Marius 
    http://www.lalibre.be/culture/livres/l-envoutante-part-de-ciel-de-claudie-gallay-52522cf93570458368c16d5b.
    Je vous épargne les autres, qui n'ont d'intérêt que si vous désirez jouer à "chercher les erreurs" Langue tirée

     

     

  • L comme lieu

    Un lieu chargé de tout un passé:

    autrefois église

    ensuite garage

    et bientôt "passage" 

    avec boutiques et restaurants.

    Le passé remis à neuf...

    OMD (11) - kopie.JPG

     Voilà ma participation au jeu de Ma'

    Projet 52 - semaine 7 - thème: le passé

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

     

  • K comme krapoverie

    L’aïeule accroupie sous l’aubépine chantait ses alléluias d’une voix assourdie. C’est à peine si elle bougeait les lèvres. Dans les buissons épineux, un oiseau savourait les dernières baies. La boulangerie d’Edouard répandait ses arômes de petits pains au chocolat.

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    Pendant que nous nous aventurions sur la plage à la recherche de coquillages, petits baroudeurs barbouillés de confiture de framboises, Marie-Louise la sauvageonne ne quittait pas sa chambrette.

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    Aujourd’hui on trouverait l’info sur notre ordinateur et on découvrirait que cette petite était anorexique. Mais grand-mère ne pouvait que se lamenter quand elle ne touchait ni à sa fameuse bouillabaisse, ni à ses succulentes ratatouilles.

    ***

    Choisir deux photos parmi celles qui illustrent un calendrier collaboratif de 2011 et un autre de 2012, écrire un texte pour illustrer une des deux ou les deux photos choisies et y insérer au moins dix mots comprenant 4 ou 5 voyelles différentes.

    J'en ai utilisé 20. Merci à Joe Krapov!

    accroupie - accueillons - aïeul - alleluia - andouillette - anorexique - assourdie - aubépine - autonomiste - aventurerions - Bakounine - barbouillé - baroudeur - bijouterie - bitumage - boisseau - bougeait - bouillabaisse - boulangerie - brouillage - carabistouilles - coquillage - cueillera - Edouard - élucubrations - embrouillamini - épanouissement - Essaouira - évanouissement - gargouille - giratoire - glaïeul - guignolade - incontournable - innovateur - kaléidoscopique - Marie-Louise - Marioupol - naturologie - oiseau - oiseleur - ordinateur - palindrome - Papouasie - papouille - pointeuse - protubérance - pirouettant - purgatoire - Raspoutine - ratatouille - roucoulerai - saucière - saucissonner - sauvageonne - savourait - soupesait - tambouille - toupie - tyrannosaure - yaourtière 

     

     

  • J comme jour sans

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  • I comme illuminations

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    - Ah! tu as oublié d'enlever ta guirlande lumineuse! me dit ma Tantine.

    On était à la mi-janvier et cela suppose que la déco de Noël ait disparu de la maison.

    - Euh..., dis-je, en fait je comptais la laisser encore tout le mois, j'aime cette lumière douce, je l'allume tous les matins...

    Elle n'a pas insisté, pas commenté, mais il y a des silences qui en disent long Langue tirée

    ***

    Bientôt nous serons la mi-février. Et vous savez quoi?

    Ma guirlande lumineuse est toujours là.

    Je l'enlèverai za Pâques... ou za la Trinité!

    https://www.youtube.com/watch?v=5Bi_V9z6H7Y

  • H comme histoire, la petite et la grande

    "S'il est une dimension qui importe au psychanalyste, c'est bien celle de la vérité, ce tissu de souvenirs remaniés, embellis par la mémoire, dans lequel nous nous drapons, romanciers de notre propre histoire. Tout souvenir est fiction, récit imaginaire dont nous sommes les auteurs, bousculant lieux et dates, et c'est sur cette fiction que nous construisons, plus sûrement que sur la réalité des faits."

    Philippe Grimbert, Rudik l'autre Noureev, éd. Plon, janvier 2015, p.39

     

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    Voilà le passage qui pour moi explique le mieux la démarche de l'auteur: écrire une fiction (1) construite sur des faits (2). Philippe Grimbert combine ainsi des éléments de la biographie de Rudolf Noureev, sa connaissance de la psychanalyse et plus que probablement des détails de sa propre histoire.

    Le tout donne un livre que je n'ai plus lâché dès que j'en ai entamé la lecture Cool

    On est tout de suite "pris" par le narrateur qui commence son histoire au moment où Noureev, après un quart de siècle d'exil, a enfin pu retourner au pays pour y revoir sa mère mourante... qui ne le reconnaîtra pas.

    C'est ainsi que peu à peu se dévoile un homme qui présente les blessures et les failles que nous sommes si nombreux à avoir: le besoin d'être reconnu et aimé dans ce que nous faisons et dans ce que nous sommes, surtout de la part de nos proches, notre père, notre mère.

    Seulement voilà, son propre père le rejette à partir du moment où il décide de devenir danseur et le renie quand il choisit de passer à l'Occident. Sa mère, qu'il revoit enfin grâce à la nouvelle politique de Gorbatchev, ne le reconnaît plus: "Ona ne ouzmala menya" (3) est la première phrase échangée entre l'artiste et son psychanalyste.

    Un livre qui est probablement à la fois très proche de la vérité et très universel.

    Un bon livre, quoi Cool

     ***

    si vous voulez voir l'appartement parisien du danseur, il est ici, tel qu'il est scrupuleusement décrit par l'auteur: http://haute.decoration.over-blog.com/article-rudolf-noureev-son-appartement-du-quai-voltaire-a-paris-72330589.html 

    une petite vidéo de Noureev jeune http://www.ina.fr/video/CPF07009903

    la première partie d'un reportage biographique qui lui a été consacré sur les chaînes françaises et qui retrace ses débuts et son passage à l'Occident: http://www.dailymotion.com/video/xzkjx7_rudolf-noureev-le-prix-de-la-liberte-part-i_creation

    ***

    (1) il est bien marqué "roman" sur la couverture...

    (2) en fin d'ouvrage, Philippe Grimbert remercie Ariane Dollfus, dont la biographie de Noureev lui "a permis de donner à [son] roman sa touche de réalité et (...) ses accents de vérité" 

    (3) "elle ne m'a pas reconnu" (p.29)

     ***

    merci à Masse critique
    qui m'a offert le livre!

  • G comme Georges

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    © Romaric Cazaux

    Georges aimait tellement la neige que dès qu'il voyait tomber les premiers flocons, il s'armait d'un large balai et sortait dégager le trottoir.

    Comme sa maison était à un coin de rue, il avait la joie de pouvoir déblayer deux fois autant de mètres carrés que ses voisins.

    - A quoi bon balayer pendant que la neige tombe encore à gros flocons? lui disait Madame Georges au moins trois fois par hiver, en moyenne.

    Mais elle devait accepter cette folie... certaines de ses amies devaient en supporter de bien pires!

    Elle n'y mettait qu'une condition: qu'il s'abrite sous le grand parapluie!

    - A quoi bon me faire tenir cet énorme parapluie? se demandait Georges, au moins trois fois par hiver en moyenne. J'ai besoin de mes deux mains pour tenir le balai!

    Mais il devait accepter cette folie... certains de ses copains devaient en supporter de bien pires! 

    http://www.bricabook.fr/2015/02/154e-atelier-decriture-une-photo-quelques-mots/

    merci Leiloona!

  • F comme finalement

    Finalement, je n'ai pas pu me résoudre à l'abandonner.

    Pourtant "on" me disait:

    - à quoi bon?

    - ce vieux truc?

    - et ça ne marche même plus!

    - tu n'as pas la place!

    - et pour en faire quoi?

    - mais c'est affreux, laisse ça!

    - c'est tout rouillé! 

    - le bois est tout abîmé!

    Mais c'était plus fort que moi.

    La toute dernière fois que j'étais dans l'ancienne maison, je l'ai vue là, toute seule, abandonnée, j'ai pris mon tournevis, je l'ai démontée, je l'ai transportée à grand-peine jusqu'à ma voiture et je l'ai installée dans mon nouveau chez-moi.

    Et vous savez quoi?

    J'étais toute contente.

    nov kopie.JPG

    abandonner la vieille singernaaimasjien de ma grand-mère
    c'était lui manquer de foi

    c'est à cause de - ou grâce à? - cette machine à coudre que mes grands-parents ne se sont pas jetés sur les routes de l'exode, en mai 1940.

    - Jamais! disait Adrienne, jamais je n'abandonnerai ma nouvelle Singer aux Allemands!
    (c'est pourtant de là qu'elle venait Langue tirée)
    Alors toute la famille, le père, la mère, Adrienne, son mari et leur petite fille,
    toute la famille est restée auprès de la machine à coudre.

    Rigolant

     

    F comme fidélité

    ***

    et pour ceux qui lisent le néerlandais:

    http://www.dbnl.org/tekst/osta002gedi02_01/osta002gedi02_01_0103.php

  • Le 7e jour

    L'homme ne vit pas que de pain.

    La preuve?

    005 - kopie.JPG

    il lui faut des merveilleux

    (pour Célestine)

    006 - kopie.JPG

    des gaufrettes fourrées à la crème

    (pour ma grand-mère Adrienne)

    007 - kopie.JPG

    les bonnes choses de chez Dandoy

    (pour Françoise et les siens)

    ***

    Voilà ma participation au jeu de Ma'

    Projet 52 - semaine 6 - thème: le pain

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

    photos prises à Bruxelles le week-end dernier 

  • E comme expert

    Dans l'experte-ès-interrupteurs rencontrée ici hier, vous aurez aisément reconnu l'Adrienne, j'en suis sûre.

    Il faut dire que dans cet hôtel, elle s'est fait remarquer par sa sagacité.

    Elle a cru que l'ascenseur ne fonctionnait pas, jusqu'à ce qu'une gentille dame lui montre la fente où introduire la clé électronique de sa chambre.

    Elle a essayé d'introduire ladite clé à la porte 606 alors qu'elle avait la 608 (pas simple de retenir trois chiffres plus de trente secondes)

    Elle n'a pas remarqué que l'affreux jojo de la réception a coché la case "petit déjeuner non compris" alors qu'il l'était (détail important, vu que l'Adrienne a de l'appétit dès six heures du matin)

    Elle n'a pas arrêté de se bagarrer avec la climatisation (trop froid ou trop chaud et surtout trop bruyant)

    Et avec tout ça, pour la première fois de sa vie, elle a failli arriver en retard quelque part. A la Monnaie, plus précisément, où les spectacles commencent à l'heure militaire... et c'est très bien ainsi Cool

    Bref, elle a amplement mérité de vous parler des Demeurées de Jeanne Benameur. 

    Ça peut faire rire, mais elle a retrouvé dans le personnage de l'intitutrice la même "ardeur pédagogique" (page 47) qui l'anime elle aussi. Elle aussi "a le coeur ému d'une étrange exaltation" (page 47) quand elle fait un pas en avant, si infime soit-il, dans le coeur et la tête d'un(e) réfractaire au FLE. "Elle croit en la vertu des choses faites en ordre et doucement" (page 50). Elle aussi en perd parfois le sommeil.

     bruxelles,expert,experte,ca se passe comme ca

     http://www.avuedoeil.fr/avo3/livres/livre.php?item=30136&cat=&url=&rg=0

    Comment une petite fille si sage peut-elle rester à ce point ignorante? Mademoiselle Solange a voué sa vie à combattre les préjugés des esprits courts, "telle mère, telle fille". La petite pose une énigme qu'elle ne résout pas.

    Jeanne Benameur, Les demeurées, éd. A vue d'oeil, 2014, p.34

    Mademoiselle Solange soupçonne qu'au fond de la tête de cette enfant se niche une dureté têtue, une obstination qu'il s'agirait de vaincre. (...) Des enfants que l'étude n'intéresse pas, mademoiselle Solange en a rencontré, en face d'elle, dans les rangées bien alignées.
    C'était bêtise, c'était paresse.
    Avec Luce, il s'agit d'autre chose.

    Jeanne Benameur, Les demeurées, éd. A vue d'oeil, 2014, p.41

    Elle mesure qu'elle est et restera seule, celle par qui le savoir arrive. Et comment désormais ne pas se demander si c'est un bonheur ou un malheur pour chaque enfant d'apprendre? Il faudrait toujours se poser cette question avant de les obliger à s'asseoir, à écouter, à répéter. Elle ne pourra plus jamais être innocente.

    Jeanne Benameur, Les demeurées, éd. A vue d'oeil, 2014, p.79

    ***

    envie de lire les premières pages? c'est ici:

    http://www.avuedoeil.fr/avo3/imagelivres/AVUE/Les_Demeurees.pdf

     

  • D comme demeurées

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    http://www.avuedoeil.fr/avo3/livres/livre.php?item=30136&cat=&url=&rg=0

    envie de lire les premières pages? c'est ici:

    http://www.avuedoeil.fr/avo3/imagelivres/AVUE/Les_Demeurees.pdf

    Je vous parlerai peut-être une autre fois de cet excellent livre - dévoré en moins d'une heure vendredi dernier - parce qu'aujourd'hui sous ce titre il faut que je vous raconte une petite histoire...

    ***

    Quand Nadia s'affale sur le divan, en rentrant du travail, tout est à sa place habituelle. Mounir devant la télé, les enfants dans leur chambre.

    - Je crois bien qu'aujourd'hui j'ai touché le fond!

    Avec cette entrée en matière, elle a tout de suite capté son attention.

    - Regarde le billet qu'une dame avait laissé dans sa chambre:

    002 - kopie.JPG

    - Et alors?

    - Et alors? j'ai pas réagi, j'ai cru que c'était une blague! et quand elle est rentrée, dans l'après-midi, elle est venue me trouver pour m'expliquer son problème, j'ai bien vu que c'était pas une blague!

    - Et alors?

    Mounir n'y comprend pas grand-chose, mais le mieux à faire, avec Nadia, c'est de lui laisser terminer son histoire.

    - Alors? je l'ai accompagnée dans sa chambre et je lui ai expliqué, pour les interrupteurs...

    004 - kopie.JPG

    Que le grand, c'était pour la lampe du couloir et que pour éteindre celles autour du lit, il fallait appuyer sur les petits boutons gris...
    Ah! je te jure, j'en vois de toutes les sortes, dans cet hôtel, mais là, vraiment, j'ai touché le fond de la bêtise humaine! une demeurée, je te dis, une véritable demeurée !!!

  • C comme Ça devait arriver un jour!

    C'est pendant le premier entracte, en se rendant aux toilettes, que l'Adrienne tout à coup est apostrophée par un:

    - Ah! tu es là aussi!

    Auquel elle a répondu par un simple "Oui" tout en poursuivant son chemin. Puis elle est descendue à la librairie, a feuilleté les quelques rares bouquins qui s'y vendent encore - les CD et DVD ont mangé presque tout l'espace - et est retournée à sa place terminer le livre de Jeanne Benameur qu'elle avait commencé avant le début du spectacle.

    Entre-temps, lui aussi avait regagné sa place au premier rang du parterre, mais restait debout, tourné vers la salle et la scrutant du regard pour essayer de découvrir où elle était assise. Elle a rentré la tête dans les épaules, s'est penchée un peu vers la droite pour se cacher derrière le dos d'un couple qui avait eu la bonne idée de se lever pour converser avec une connaissance.

    Quand la musique a repris, les mots racontaient leur histoire, crudel, ingrato, inganno, infedele, sdegnata, traditore, abbandonata... comme à peu près tout le répertoire des opéras.

    Pendant le deuxième entracte, il s'est de nouveau levé pour observer la salle et l'Adrienne s'est tassée encore un peu plus sur son siège. Les gens autour d'elle ont commencé à la regarder bizarrement Langue tirée

    A la fin de la représentation, elle est sortie pendant les applaudissements, pour être sûre de ne pas le rencontrer aux vestiaires.

    Dans son carnet, elle a soigneusement noté quelle formule d'abonnement elle ne devait surtout pas prendre, à la saison prochaine, si elle ne veut pas se retrouver chaque fois confrontée à l'homme-de-sa-vie.

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    http://www.lamonnaie.be/fr/opera/425/Alcina

     

     

     

  • B comme blog à Lysette

     

    blog,les joies d'internet

    C'est Lysette qui m'offre de participer à ce tag, alors jouons Cool car je pense que mes fidèles connaissent déjà toutes les réponses... ou presque Langue tirée

    http://lysette.canalblog.com/archives/2015/01/28/31418783.html 

    1 - Le livre qui t'inspire le plus ?

    C'est toujours celui (ou plutôt ceux) que je suis en train de lire, plus deux ou trois immortels, comme le Petit prince, l'Etranger ou les Identités meurtrières.

    2 - Ta citation favorite ?

    Carpe diem!

    3 - Chien ou chat ?

    Je ne choisis pas: j'ai eu un superchien et des superchats, j'adopte même les araignées

    4 - Ton plat préféré ?

    J'aime toutes les bonnes cuisines mais pour me faire déguster du chou rouge cuit, il faut avoir de l'envergure aux fourneaux ;-)

    5 - La chose dont tu ne pourrais pas te passer ?

    Mon ordi, il me semble. Un ordi et une connexion internet, c'est lire, écrire, visiter des musées, écouter de la musique, regarder des films, tchater...

    6 - Ta saison préférée ?

    Tout me va, sauf une grisaille qui s'incruste, un "ciel si bas qu'un clocher s'est pendu"

    7 - Quel genre de musique écoutes- tu ?

     

    Je ne connais pas grand-chose en dehors de la musique dite "classique" mais je me cultive, en ce moment j'écoute Dire Straits et Queen (ne me félicitez pas, on me les a conseillés ;-))

     

    8 - Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu ?

    Je ne voudrais pas changer d'époque, pour un tas de bonnes raisons ;-) mais j'aimerais aller en visiteuse/exploratrice/ethnologue dans toutes les époques de l'humanité.

    9 - Quel blog t'a donné envie d'en avoir un ?

    Je crois que c'est celui de notre célibattante nationale, Anaïs Valente, Le célibat ne passera pas par moi.

    10 - Où te vois-tu dans dix ans ?

    J'espère que je serai à la retraite et assez en forme pour voyager :-)

    11 - Tu préfères la ville ou la campagne ?

    Les deux ont leurs avantages, même si je regrette souvent le calme, les arbres, les chants d'oiseaux de mon paradis perdu, je m'adapte aussi à ma vie en ville.


    ***

    Pour lire les réponses, il suffit de passer le curseur sur les "blancs"

    et pour y jouer aussi, il suffit de se servir

    Cool

     

    blog,les joies d'internet

  • Adrienne en bateau

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    © Kot

    http://www.bricabook.fr/2015/01/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-153e/

    L'Adrienne a soigneusement choisi ce lieu de villégiature pour son petit port de mer. Depuis toujours, les voyages en bateau la font rêver.

    L’excursion est prévue pour le dimanche matin. Elle s’en réjouit à l’avance et tient à être la première sur le quai, quitte à attendre une demi-heure l’ouverture du petit guichet. Au moins, elle sera assurée d’avoir une place. Les bateaux ne sont pas grands, et il n’y en a que deux.

    Le dimanche matin, le quai est désert et la mer étale. Quand la baraquette s’ouvre enfin, elle s’avance, le portefeuille à la main.

    - Les bateaux ne sortiront pas, aujourd’hui, lui dit un homme après l'avoir laissée poireauter dix minutes sous prétexte qu'il déguste un croissant à la crème.

    - Ils ne sortiront pas ? Et pourquoi pas ?

    - La mer est trop agitée, fait-il en se servant le reste du café de sa thermos.

    De son autre main, il a un geste vague vers la surface de l’eau où on ne repère même pas une vaguelette.

    Son café bu, il referme le cadenas de la baraquette.

  • Première chaleur

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    soleil d'hiver, premiers rayons 

    un peu de chaleur pour le projet 52 de Ma

    photo souvenir

    cinq ans déjà

    maart 2010 001 - kopie.JPG

    aujourd'hui ils vivent comme ça:

    projet 52,chat,hiver

    l'Adrienne réveillonne avec sa nipotina et ses chats Langue tirée

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html