• Dernières nouvelles de Muanza

    Attendre, toujours attendre. Deux ans bientôt qu’elle ne l’a plus vu. Qu’elle s’autocensure quand elle lui envoie une cassette audio avec des nouvelles d’elle ou de l’enfant. L’amour d’un homme est chose si éphémère, lui dit-on. Surtout s’il est si loin de toi, et si longtemps, lui dit-on. Il suffit d’une étincelle pour faire vibrer l’envie. Le corps a ses gourmandises, tapies dans les plis les plus obscurs.

    Elle sait bien tout cela, Rosemonde, il est inutile de le lui répéter.

    Elle contemple une vieille photo où ils sont tous les deux. Elle en a si peu, deux ou trois, peut-être. Lui chocolat noir, elle caramel doré, lui sérieux, elle tout sourire. Lui dans sa pose de play-boy, la tête rejetée un peu en arrière, elle la petite abeille ouvrière, toujours une pelote dans les mains, un vêtement à raccommoder, une couture qui a cédé.

    Elle se lève, craque une allumette, rallume le feu pour le fufu et la soupe du soir. Son dernier soir. Ce n’est pas le moment de regretter et de se mettre à pleurer. Courage ou folie ? L’avenir le dira.

    Trop de temps est passé depuis que Muanza s’est évadé de prison. Qui sait combien de belles Nigérianes ou Européennes lui ont fait croquer la pomme ? Elle préfère ne pas y penser.

    Elle est prête pour le voyage : ongles vernis, une touche de parfum au creux des articulations, une dernière lessive séchant aux branches, des sacs de courses pleins à ras bord. Elle va abandonner son petit atelier de couture, tout laisser derrière elle.

     

    Même son petit garçon.

  • Z comme ZUT!

    - Zut! se dit Madame en passant devant les fenêtres qui donnent sur la cour.

    C'était hier matin et il était encore très tôt, mais deux ou trois élèves étaient déjà là, sous les arbres. Un livre à la main.

    - Zut et rezut! se dit Madame, pour une fois que je n'ai pas mon appareil photo!

    Ils lisaient Maupassant.

    ***

    En fait, s'ils lisaient Maupassant, c'est parce que ce jour-là, ils avaient un "test de lecture" sur quelques-unes de ses nouvelles. Et que sans doute ils ne s'y étaient pas pris à temps. 

    Ou comme une élève avait dit la veille à Madame:

    - Hier après-midi, j'ai eu envie de jeter Maupassant à la poubelle! C'est beaucoup trop difficile!

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    tout Maupassant est à lire en ligne
    ici les contes et les nouvelles:
    http://maupassant.free.fr/contes3.htm

     

  • Y comme Yolande

    Parfois, la lecture d'un commentaire me fait suivre un drôle de chemin.

    Hier par exemple, à propos des Brèves de comptoir: une petite recherche me fait découvrir une série de livres, ainsi que le film. Que je commence à regarder... 

    https://www.youtube.com/watch?v=tfjBjn4qB0c

    Tiens, je connais cette actrice! je l'ai vue dans Amélie Poulain, les fontaines Wallace, pleurer comme une Madeleine...

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Yolande_Moreau

    Alors je passe une soirée à écouter des brèves de comptoir au lieu de m'atteler à la rédaction des examens...

    Merci, Edith Rigolant

     ***

    Une chose est sûre:
    le film s'accorde très bien
    aux nouvelles de Maupassant
    que nous lisons en ce moment...

  • X comme histoire X

    - Il n'y a pas la wifi? demande-t-elle à un garçon qui passe entre les tables. Ah bon, alors j'éteins!

    Elle en semble satisfaite, alors qu'allumer son ordinateur portable avait été sa première préoccupation, dès qu'elle était assise.

    - Ils ont un excellent filet américain, ici, dit l'homme qui lui fait face. Je vais prendre ça.
    - Et moi le poisson du jour. J'adore le poisson!

    Après, comme il n'y a pas la wifi, elle parle. De ses deux (ou était-ce trois?) "relations" qu'elle a eues depuis qu'ils se sont quittés, combien de temps elles ont duré, et combien de temps a duré la déprime post-rupture, combien de kilos ça lui a fait prendre et combien elle en a reperdu.

    - Comment tu me trouves? lui dit-elle.
    - ...?
    - Oui, tu me trouves beaucoup changée? Tu trouves que j'ai grossi? Depuis trois ans?
    - Je n'ai pas l'impression. Quand je te prends dans mes bras, ça me fait pareil qu'autrefois.
    - Ah bon? vraiment?
    - Mais oui! absolument pareil. Je ne sens pas de différence.

    On leur apporte les assiettes. Ils mangent en silence. L'assiette vide, la conversation reprend. Sur l'horaire de l'enfant qu'il faut aller chercher après l'école un vendredi sur deux, quand c'est son week-end à lui. Chez elle, c'est chacun sa semaine.

    - Tu sais, lui dit-il, que j'ai toujours gardé une photo de toi dans mon portefeuille?
    - C'est vrai? s'écrie-t-elle, ravie.

    Alors il la sort, pour le lui prouver, et lui met entre les mains une petite photo carrée sur laquelle on voit la tête d'une très jeune fille. C'est un peu sombre et flou.

    - Oh! mon Dieu! mais quel âge j'avais, là? Quinze ans! Mais quelle tête!
    - Je te trouve très jolie sur cette photo, dit-il.

    Puis il se rattrape:

    - D'ailleurs, je te trouve encore très jolie.

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    Voilà comment l'Adrienne et sa mère
    assises à la table d'à côté
    ont pu suivre plusieurs chapitres
    du roman de ce couple...

    Voilà pourquoi l'Adrienne et sa mère
    se sont dépêchées de payer et de sortir
    tout en regrettant
    que l'établissement n'ait pas la wifi


    ça leur aurait peut-être permis
    de manger à l'aise
    sans avoir l'impression
    de faire du voyeurisme

     10 mai (8) - kopie.JPG

     

     

  • W comme wagon de train

    Par la fenêtre du train, en ce beau samedi soir de fin mai, je vois des gens dans leur jardin qui font une parlote avec le voisin. Entre eux il y a une petite haie bien taillée ou un grillage.

    Ça me rappelle mes huit ans et le jardinet de ma grand-mère. Dans celui d'à côté, séparé par un grillage plus haut que moi, il y avait Anneke, la petite-fille des voisins. Nous jouions "ensemble" chacune de notre côté du grillage, entre le rosier de ma grand-mère et la clématite de mon grand-père.

    ***

    Quarante ans plus tard, je sonne à la porte de la maison de ma grand-mère. Elle est à vendre et je voudrais la revoir. La dame qui vient m'ouvrir est belle, jeune et blonde aux yeux bleus. Quarante ans ont passé mais je la reconnais tout de suite: c'est Anneke.

    ***

    De wagon de train en jardinets, de ce siècle au précédent, aucun bond n'est trop grand pour la mémoire Cool

    Et quels qu'en soient les méandres, elle me ramène toujours chez Adrienne.

     

  • V comme verdure

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    photo prise à Bruxelles
    au Cercle Royal Gaulois

    Pour ceux qui voudraient en savoir plus

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Verdure_%28tapisserie%29

    Cette tapisserie n'entre pas à proprement parler dans la catégorie des "verdures", puisqu'elle comporte des personnages, mais elle m'y a fait penser, par l'importance de son décor végétal de ce bleu vert si typique

    et qui entre donc parfaitement dans le Projet 52 de Ma'
    dont le thème cette semaine est précisément

    vert / bleu

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052-2015

  • U comme UDO

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    © Marion Pluss

    http://www.bricabook.fr/2015/05/atelier-decriture-web-177e/

    Chaque année, pour l'anniversaire de Marie-Ange, un grand goûter est organisé. C'est un honneur d'être parmi la quinzaine d'élus à cette fête.

    Chaque année, le grand-père de Marie-Ange tient à faire un numéro de clown.

    On rit, on applaudit, on en redemande.

    Sauf Marie-Ange.

     

  • T comme Tata Yoyo

    Assise à son clavier (1), l'Adrienne chante à tue-tête "O mio babbino caro, mi piace, è bello bello, vo’ andare in Porta Rossa a comperar l’anello! Si, si, ci voglio andare! E se l’amassi indarno, andrei sul Ponte Vecchio ma per buttarmi in Arno! Mi struggo e mi tormento, O Dio! Vorrei morir! Babbo, pietà, pietà! Babbo, pietà, pietà!"

    Elle le chante une première fois avec Maria Callas (2), une deuxième fois avec Anna Netrebko (bof), une troisième fois avec un enfant prodige...

    Puis elle se rend compte qu'elle n'habite plus à la campagne et que Voisine-Casque-d'Or ou les passants-qui-passent doivent se demander de quel mal elle souffre.

    ***

    (1) d'ordinateur! le piano, c'est pour plus tard Clin d'œil

    (2) https://www.youtube.com/watch?v=69pxWVjlbNo

     

  • Stupeur et tremblements français

    C'est une journaliste française installée depuis trois ans en Belgique.

    Comme il est toujours intéressant d'avoir un point de vue extérieur sur soi, voyons ce qui continue de l'étonner dans notre pays...

    Huit choses auxquelles elle n'arrive pas à s'habituer et qui font de la Belgique un "pays exotique".

    1.nos poubelles sont de simples sacs posés à terre les jours de l'enlèvement des ordures. Elle trouve que ça ne fait pas joli mais elle constate que le tri sélectif est une chose infiniment mieux respectée.

    (dans nos provinces flamandes, pas de sacs mais des poubelles à roulettes et à couvercle, vert bouteille, dotées d'un "chip" qui enregistre combien de fois et combien de kilos on a ramassés)

    2.la couleur dominante est le jaune (amis belges, êtes-vous aussi étonnés que moi en lisant ça?). Et elle cite l'éclairage de nos autoroutes, nos frites, croquettes et mayonaise, les chicons (?), la bière et les trams. 

    3.les cigarettes se vendent dans les supermarchés

    4.la patience des Belges quand il s'agit de faire la queue. (Non, je ne vous dirai pas les choses désobligeantes qu'elle écrit à ce propos sur ses compatriotes égalité-fraternité Langue tirée)

    5.en Belgique, l'administration ne te soupçonne pas de tentative de profitariat et te donne les allocations auxquelles tu as droit (Non, je ne vous dirai pas les choses désobligeantes qu'elle écrit à ce propos sur ses compatriotes liberté-égalité-fraternité, zavez qu'à les lire vous-même Langue tirée) 

    6.on boit de la bière, même aux fêtes organisées par l'école, sans risquer de passer pour un alcoolique

    7.beaucoup de gens ne se gênent pas pour tenir des propos "racistes" alors qu'ils entretiennent de vrais contacts avec leurs concitoyens d'origine étrangère. Elle en conclut que c'est un "racisme de surface" et j'espère que son analyse est correcte. J'aurais d'ailleurs assez tendance à penser la même chose quand j'entends certains de mes élèves...

    8.on cède sa place à une femme enceinte, les enfants sont bien acceptés partout... "on en voit dans la rue", s'étonne-t-elle. Ben voyons! 

    Là, c'est moi qui m'étonne quand je lis ce qu'elle dit sur la France!

    http://weekend.knack.be/lifestyle/reizen/8-dingen-in-belgie-die-de-fransen-verbazen/article-normal-564203.html?utm_source=Newsletter-27/04/2015&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBWKREIS

    Dans la version originale en français, qui date déjà du 18 mars, il y a deux points de plus qui concernent l'usage de la langue, comme par exemple l'usage abusif de 'savoir' là où il faudrait dire 'pouvoir'.

    http://www.levif.be/actualite/belgique/10-choses-qui-frappent-les-francais-qui-arrivent-en-belgique/article-normal-70509.html

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    allez hop, on remet ça

    Langue tirée

  • 22 raisons d'aller en Irlande (suite)

    12.pour la propreté. Le plus mauvais souvenir du voyage, ce sont les toilettes crasseuses de l'autoroute française, pourtant à péage, pourtant à seulement neuf heures du matin, où le verrou manque autant que le papier...

    13.pour la mer, jamais très loin...

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    14.pour les excellents cappuccino qu'on sert partout (je sais, ce n'est pas très "couleur locale" Langue tirée mais j'ai drôlement apprécié!)

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    oups! déjà tout bu Langue tirée

    15.pour la quantité impressionnante de beaux arbres vénérables, le long des routes, dans les parcs, les jardins, les villes...

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    16.et dans les cimetières qui, étrangement, ne me font pas l'effet de tristesse que j'y éprouve habituellement

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    17.pour le soin apporté à la préservation du patrimoine, jusque dans les moindres détails

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    les anciennes cuisines du château sont devenues "tea room"

    18.pour les innombrables gâteries offertes à toute heure (comme ces étonnantes pancartes qui annoncent des "breakfast all day long")

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    19.pour les enseignes à l'ancienne (rien de clinquant dans le paysage urbain)

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    20.pour la musique (irlandaise, bien sûr) qu'on peut écouter en "live" dans les pubs

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    21.pour les villes faites à l'échelle du piéton, avec de nombreux passages permettant de couper au plus court

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     22.enfin, pour ces innombrables beautés dont je n'ai pas encore parlé

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     la première série de 11 est ici:

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/04/22/22-raisons-d-aller-en-irlande-8423293.html 

     

  • R comme raison et relation

    Il y a un sigle très important en Flandre, c'est le BV (1), c'est-à-dire le "Bekende Vlaming", le "Flamand célèbre". Généralement, d'ailleurs, il n'est célèbre que dans la seule Flandre.

    Nous avons ainsi nos BV artistiques, sportifs, radiophoniques, télévisuels, universitaires, bref chaque domaine ou aspect de la vie a son spécialiste dont le nom est connu d'un large public.

    Ils sont consultés, interviewés, filmés, publiés, regardés, écoutés, lus.

    ***

    Notre BV en psychologie vient de me donner un argument imparable pour la prochaine fois que quelqu'un me dira que le bonheur, c'est forcément à deux.

    "Il n'y a aucun argument rationnel pour commencer une relation amoureuse."

    Bien sûr que vous et moi le savions déjà. Mais si un BV l'a dit, ça s'appelle l'argument de l'autorité Langue tirée

    Le début de l'interview est ici:

    http://www.knack.be/nieuws/gezondheid/paul-verhaeghe-er-is-geen-enkel-rationeel-argument-om-een-relatie-te-beginnen/article-normal-571609.html?utm_source=Newsletter-20/05/2015&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGKN&M_BT=265941086196

    Flandre, actualité

    ***

    (1) Prononcez bévé, tout simplement, et vous aurez l'accent qui convient Langue tirée

  • Vingt et quelque

    C'est Madame qui a eu la charge, l'autre mardi, d'accompagner le groupe des garçons de "seconde B" (1) pour leur journée des sports. 

    Une grosse vingtaine de petits mecs ainsi que la paperasse qui les accompagne: parce qu'ils ne sont pas des modèles de vertu. C'est pour ces gamins-là que l'école flamande a inventé la "klasvolgkaart" (2).

    Et bien vous savez quoi? Nous n'étions pas à la mi-journée que Madame était déjà tombée en amour de tous ces remuants zozos.

    Du petit Bart, qui a le vertige dès qu'il est à un mètre du sol.

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    De Sohaib, qui est tellement poli qu'il y a un "Madame" dans toutes ses phrases. (3)

    De Ben, un grand maigre au regard toujours étonné.

    De K***, qui parle mieux le hongrois que le néerlandais.

    De Mohamed, à qui Madame a conseillé de dire "purée" chaque fois qu'il a envie de dire "putain": ça lui fera des remarques en moins sur sa "klasvolgkaart" (2). En tout cas, c'est ce que Madame espère!

    De N***, qui a un si beau nom italien que personne ne prononce correctement.

    De Jimmy, qui après quelques bonnes paroles et un peu de glace sur le genou douloureux a pu participer au match final.

    D'Arno, qui a de si innocents yeux bleus dont il use comme la Louisette du petit Nicolas Langue tirée

    De James, qui s'est échappé d'une activité qu'il n'aimait pas pour pouvoir faire deux fois du VTT.

    De Youri et Robin, qui ont zappé le VTT en prétendant qu'ils s'étaient retrouvés enfermés dans les tribunes pendant le jeu d'orientation Langue tirée.

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    D'Ilias, à qui on a "trafiqué" une pédale de vélo pendant la pause de midi.

    De Yassin, qui l'a aidée à connaître tous leurs noms.

    De Yacine, le plus grand et lourd de la bande, qui avait choisi le plus freluquet comme partenaire à la boxe (kickboxing, il paraît que ça ressemble à de la boxe française)

    De tous ceux qu'il a fallu calmer en leur faisant faire 20 pompes.

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    Bref... C'est Madame qui a eu la joie, l'autre mardi, d'accompagner le groupe des garçons de "seconde B" (1) pour leur journée des sports et qui a eu du mal à les voir partir en fin de journée.

    Comment fait-on pour ne pas les aimer?

     ***

    (1) Les secondes, comme nous ne comptons pas à l'envers, ce sont des gamins de 14 ans, parfois plus. Parce que les B, c'est l'abréviation pour "beroep", ce qui veut dire les classes professionnelles. Et qu'ils ont souvent eu un parcours scolaire qui a déjà été chaotique avant d'arriver chez nous.

    (2) chaque jour et pour chaque heure, les profs doivent consigner pour chaque élève si son comportement a été correct; les rubriques sont variables, de la politesse jusqu'au respect du matériel, on peut tout y mettre.

    (3) la règle de politesse qu'on apprend aux enfants quand ils s'adressent à quelqu'un: "altijd met twee woorden spreken" (littéralement: toujours parler avec deux mots) implique qu'ils disent "oui, madame" ou "merci, madame" et pas seulement "oui" ou "merci" Cool

     

  • Question pour un champion

    "Combien y a-t-il de fortes femmes à Westende?"

    Voilà la question-pour-un-champion que se posait récemment quelqu'un... et que ça a mené jusqu'à mon blog!

    Intriguée, je fais à l'ami g**gl* la même demande.

    Et à mon grand étonnement, à la page 4 des résultats, j'arrive à ceci:

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/04/27/wagon-de-train.html#comments

    Un billet "wagon de train" qui date d'avril 2012. Je vois avec émotion que Jaku était encore parmi nous.

    ***

    Sinon, pour une raison que je ne m'explique pas, les mots clés qu'on introduit dans les moteurs de recherche sont généralement "censurés", ces derniers temps (keywords unavailable)

    C'est un peu frustrant.

    Cependant, on voit à quels billets ils mènent.

    Ce qui permet de conclure que le top du top reste toujours ma tirade du pied (faut croire que ce genre de pastiche est beaucoup demandé par des profs, ça fait trois ans que ça a un "succès fou" Avare sans que ça ne me rapporte rien, pas même un commentaire, ça se trouve ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/10/22/22-ou-la-tirade-du-pied.html) et la question de savoir comment se débarrasser d'un piano (ah! j'ai dû en décevoir, des gens, avec ma réponse!) 

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  • P comme petit bonze

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    © Sabine

    http://www.bricabook.fr/2015/05/atelier-decriture-176e-une-photo-quelques-mots/

    Ce n'est pas parce qu'on a la tête rasée depuis hier,

    Ce n'est pas non plus avec le port tout récent d'un vêtement orange

    Qu'on cesse d'être un enfant.

     

    Il court, il saute, 

    le tout nouveau petit bonze.

    Il brandit une arme imaginaire pour terrasser les monstres.

     

    Il court, il saute!

    Oui, l'avez-vous vu?

    Il plane.

    Langue tirée

     

  • O comme oiseaux

    Dimanche dernier, à la fête de l'Iris, de drôles d'oiseaux attendaient sagement de pouvoir participer à la parade.

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    D'autres tout aussi beaux - bien que sans plumes - se laissaient gentiment photographier

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     Il y avait même des oiseaux à moustaches
    très entourés et très admirés
    par toutes ces dames

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     et dans le petit parc à côté de l'Albertine
    quelques volées d'oiseaux fureteurs
    tout heureux de découvrir des tas de livres
    offerts "pour qu'ils circulent"

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    et merci à Mme Chapeau, grâce à qui cet après-midi nous découvrons "de ganzenfanfare"!
     
  • N comme nom?

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    photo prise à Bruxelles le 10 mai dernier

    Projet 52 - semaine 20 - thème: chemin

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/312277...

    ***

    Qui devinera le nom de ce chemin... de fer qu'on était en train d'installer pour la fête de l'Iris, dimanche matin à Bruxelles sur la place Royale?

    Langue tirée

  • M comme Moment Magique

    Ce moment magique où on va lâcher les amarres

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    et où, dans un énorme vrombissement, le bateau s'éloigne du quai...

    Nous n'étions pourtant que deux à l'admirer, une autre dame et moi.

    - C'est magique, lui dis-je.

    - C'est ma première fois, me répond-elle.

    - Première fois ou pas, pour moi ça reste magique..., lui dis-je. Je me sens chaque fois sur le Titanic quittant Southampton.

    - Oh! non! fait-elle, horrifiée.

    Je m'étais sans nul doute mal exprimée Langue tirée

  • L comme logorallye

    Ils sont installés dans le petit salon avec un couple d’amis, trempés comme des naufragés. Un orage les a surpris pendant la promenade et ils se réchauffent aux saveurs d’un thé, d’un café et de scones aux mûres. Paul a mis l’ambiance en colportant les dernières histoires comiques de son cabinet de médecine. Avec lui, il semble bien établi que son métier est le plus drôle au monde.

    Pourtant, la seule idée qui continue de tarauder Marie, la seule chose qu’elle ne comprend pas et qu’elle tourne et retourne dans sa tête, c’est comment des preuves aussi évidentes que les cicatrices que Muanza porte à la tête et son iris gauche amoché par les coups, n’ont pas suffi à lui offrir le sésame qui s’appelle permis de séjour.

    - Mon fils veut savoir s’il y a des éléphants dans ton pays, traduit Liesbeth en s’adressant à Muanza.

    - Oui, bien sûr ! Dans les parcs nationaux…

    - Tu en as vu en vrai ?

    Muanza rit et Pierre profite de cette hilarité pour lui tirer le portrait – il aime bien prendre des photos « sur le vif ».

    - En vrai ? ceux que j’ai vus en vrai portaient des maillots jaune et vert…

    - … ?

    - Muanza a joué dans l’équipe nationale de foot, explique Marie pendant que Muanza se tord de rire. Leurs adversaires de la Côte d’Ivoire s’appellent « les Eléphants »…

    ***

    écrit pour Ecriture créative 126 avec les mots imposés suivants: Idée - tarauder - éléphant - cicatrice - iris - portrait - établi - naufragé - colporter - saveur 

     fiction,muanza,écrire

     http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/

  • K comme KWIS

    Quand Madame explique le système scolaire français ou fait lire en classe un article sur le sujet, il y a toujours un tas d'acronymes à expliquer: le CAP, le CDI, le CPE, le DS, l'EPS, une ZEP, la liste est infinie (http://www.ac-grenoble.fr/sitegm/spip.php?article46)

    Mais là où ça devient vraiment réjouissant, c'est quand Madame s'informe sur les programmes de ses collègues de France. Elle avait déjà beaucoup ri à l'époque des "instruments scripteurs" de Ségolène Royal: 

    Dites : « Depuis de nombreuses années,
    dès le cycle des approfondissements de
    l'école primaire et plus encore dans les
    classes de collège, on peut constater
    que de très nombreux enfants,
    droitiers ou gauchers,
    ont de réelles difficultés à tenir
    un instrument scripteur. »
    Ségolène Royal
    (B.O. N°24 du 17/06/99,
    NOR : SCOE9900890C,
    RLR : 554-9, CIRCULAIRE N° 99-082 DU 10-6-1999,
    MEN DESCO A1)
    http://www.education.gouv.fr/bo/1999/24/ensel.htm

    Et ne dites plus :

    « ça fait un bail que les instits et les profs ont remarqué que pas mal d'élèves savent même plus tenir un stylo »

    Mais ces jours-ci, on a atteint des sommets dont toute la presse se gausse à qui mieux mieux.

    On peut même faire un petit test de novlangue jargonesque: http://www.liberation.fr/societe/2015/04/24/education-parlez-vous-le-nouveau-programme_1261738#go-quiz

    Tout ça, très probablement, réjouit beaucoup moins les collègues français. Madame les plaint de tout son coeur et prie pour que son Educ'Nat' à elle continue de s'abstenir de telles dérives.

    Amen.

  • J comme Jill

    Elle est étudiante, elle a 20 ans, et nos journaux flamands ont à peu près tous parlé d'elle. Pourquoi? Parce qu'elle a décidé, pendant tout le mois d'avril, de se nourrir uniquement de ce que les magasins d'alimentation jettent à la poubelle.

    Elle a créé un blog, Leven op restjes (vivre de restes) où elle relate jour après jour ses expériences: http://jilldegraaf.wix.com/levenoprestjes

    Enfin, consécration suprême Langue tirée, la télé régionale a fait un petit reportage sur son action:

    Sur 10 détaillants auxquels on s'adresse, dit-elle, trois sont d'accord pour donner des produits qu'ils ne peuvent plus vendre, principalement - presque uniquement - des fruits et légumes. Le plus généreux étant le Surinamien du coin Cool

  • I comme Iris

    Par un heureux hasard, le week-end de la fête des Mères coïncidait avec la fête de l'Iris, de sorte que certains lieux bruxellois étaient exceptionnellement accessibles au public.

    A condition de s'inscrire à l'avance, évidemment.

    C'est ainsi que l'Adrienne et sa mère se sont promenées dans les luxueux salons du Cercle Gaulois, bien caché dans le parc de Bruxelles, derrière le théâtre du Parc.

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    et ça, vous savez ce que c'est?

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  • H comme honte

    - Tu sais, me dit-elle, M*** m'a demandé où tu habitais, mais je ne le lui ai pas dit.

    - ...?

    - Je suis restée évasive. C'est en bas de la rue ***, je lui ai dit.

    - ...?

    - Elle a insisté, elle voulait savoir où exactement, mais j'ai chaque fois répondu: c'est en bas de la rue.

    - Tu as bien fait, ai-je fini par répondre.

    Lâchement.

    ***

    Depuis, je ne cesse d'y penser: elle a donc tellement honte de l'humble maisonnette où je vis aujourd'hui?

  • G comme gentil monstre

    Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coupe : il s’est fait raser la nuque et a gardé fort longs les cheveux au sommet du crâne. Ils lui tombent au ras des yeux.

    - C’est pour accentuer le contraste ? demande Madame, qui a tout de même entrevu le regard quémandant une réaction.

    Oui, gentil monstre trouve le look important, il l’a déjà dit. Par exemple, il choisit ses T-shirts avec soin et tous les jours sa tenue est message.

    - Oui ! dit-il tout heureux d’avoir été si bien compris. C’est pour le contraste !

    Puis il ajoute, en triturant ses longues mèches blondes sur le devant de la tête:

    - Ma copine voudrait que je coupe tout, mais moi je ne veux pas.

    ***

    Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coiffure. Il s'est fait, au sommet du crâne, un minuscule chignon bien serré.

    - Tu t’es inspiré des coiffures traditionnelles japonaises ? demande Madame, en réponse au regard qui implore le « tu-m’as-vu-dis-tu-m’as-bien-vu ? »

    Cette fois, il est étonné. Il ne comprend pas à quoi Madame fait allusion.

    - Mais si, tu sais bien, comme les lutteurs de sumo ! dit son voisin de gauche.

    ***

    Gentil monstre, un autre jour peut-être, viendra à l’école avec une crête d’Iroquois, une tignasse verte, une perruque Louis XIV ou la boule à zéro.

    Mais par un mystérieux mystère, toujours il restera ce gentil monstre sympathique.

    Il peut tout se permettre.

    Rien ne réussit à le rendre ridicule.

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    « Hirata Atsutane02 » par Hannah — Japanese Book 『國文学名家肖像集』. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hirata_Atsutane02.jpg#/media/File:Hirata_Atsutane02.jpg

     

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Surprise de l'Adrienne, en passant dans la petite rue de son Francis préféré: une double pancarte accolée à la vitrine annonce en lettres noires sur fond bleu et blanc que le commerce et la maison sont à vendre.

    Où donc l'Adrienne trouvera-t-elle quelqu'un qui, pour vingt euro, sera prêt à lui donner quelques regards de commisération sur ses cheveux qui rebiquent aux mauvais endroits, quelques réflexions bien profondes sur le temps qui passe, les choix de vie, le triste sort réservé aux greyhounds en Espagne (http://www.greyhoundsinnood.be/nieuws/spanje-update)... et à manier les ciseaux entre deux phrases?  

    coiffeur,vie quotidienne,espagne,chien

    Gustave Courbet - Les Greyhounds du Comte de Choiseul 
    Saint Louis Art Museum official site. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons
    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg#/media/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg

  • 7 réponses à Pierre Maury

    1. Adrienne1 mai 2015 10:45

      je vais donc devoir finir par m'équiper d'un E-reader ;-)

      Répondre 
    2. Pierre Maury1 mai 2015 14:45

      Comment peut-on vivre sans?

      Répondre
    3. Pierre Maury est un compatriote qui vit à Madagascar et qui a un excellent blog littéraire auquel je suis abonnée - par feedly interposé - depuis deux ans. Je n'y laisse pas de commentaire et je n'ai jamais mentionné non plus que je connais son père pour l'avoir rencontré à un atelier d'écriture.
    4. Le premier mai dernier, j'ai fait une exception, comme vous pouvez le voir ci-dessus.
    5. La réponse qui m'a été faite m'a donné envie de réagir. Cependant, de peur d'être mal comprise, je préfère le faire ici Sourire

    ***

    Comment peut-on vivre sans E-reader?

    1.exactement comme pendant toute mon enfance et mon adolescence, j'ai pu vivre sans télévision. Il y avait des livres et la radio. C'est grâce à cette dernière que je connais les sketchs de Fernand Raynaud par coeur. Ainsi que l'eau ferrugineuse Langue tirée

    2.ou comme, de mes 16 à 21 ans, j'ai pu me passer de mobylette: j'avais un p'tit vélo...

    3.jusqu'à présent, j'ai toujours trouvé le livre plus pratique: il n'a pas besoin d'énergie et ne peut donc pas "tomber en panne"

    4.il est d'une manipulation très simple, je n'ai pas à faire la rude traversée d'un mode d'emploi sybillin (je me connais)

    5.je suis déjà beaucoup sur des écrans, grands et petits, et je préfère lire sur du papier: ça va plus vite (ne me demandez pas comment ça se fait) et sur le papier aucune faute ne m'échappe (LOL)

    6.je pourrai continuer à m'en passer, aussi longtemps que les éditeurs publieront sous les deux formats, papier et numérique

    7.enfin, je continuerai à m'en passer aussi longtemps que les modèles seront aussi éphémères que des coquelicots (en bien moins joli): tablettes iPad, Android ou simples liseuses se succèdent à un rythme effréné sur le marché, sitôt arrivées, sitôt supplantées... et jetées dans le grand dépotoir africain...

  • E comme En vos mots

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    http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-420/

    Le lundi soir

    dès que s'allument les lampes dans les livings

    Lili ouvre la fenêtre

    et de sa belle voix de contralto

    lit un passage de l'Iliade.

    ***

    Lucien la traite de folle

    Louis la montre du doigt

    Mais Léa et Léo

    ne s'en lassent pas.

  • D comme défi

    Mon cher Muanza

    Comme tu le sais, après le referendum du 28 avril 1992, je suis venu travailler ici, à Abu Dhabi, dans une exploitation pétrolière. Je me suis bien accoutumé au climat, un peu moins à un certain nombre de choses dont je te parlerai une autre fois. Pourrais-tu me rassurer à propos de l’argent que j’ai envoyé à ma femme ? J’ai toujours supposé qu’elle le recevait mais je commence à en douter.

    Bien à toi

    Atuahene

    consigne 1: Une carte postale d'un premier continent – mots imposés : referendum, exploitation, accoutumé, supposé

    ***

    Muanza tourne et retourne cette feuille de papier qui est arrivée ce matin. Dans cette page et demie d’un effrayant charabia administratif, il ne sait pas ce qui l’étonne et le révulse le plus. Etrangement, ce n’est pas le refus qui lui est fait de se reconstruire une vie en Europe : c’est cette image qu’on essaie de donner de son pays natal, où tout serait paisible, où personne n’a rien à craindre pour sa vie, quelles que soient ses opinions ou ses activités politiques. Où le pouvoir en place serait représentatif du vote des citoyens.

    Comme le gibier rabattu par la meute, il ne sait plus où aller.

    consigne 2: une lettre d'un second continent – mots imposés : paisible, représentatif, effrayant, rabattre

    Quinze ans plus tard, il est vrai, le discours peut être différent : le pays n’est pas resté enlisé dans ses marasmes et essaie d’exploiter ses atouts touristiques. Il a même droit à son guide L*n*l* Pl*n*t (made in Australia):

    Le festival Kwafie offre de grandes réjouissances populaires en commémoration des ancêtres qui auraient apporté au pays leur connaissance du feu. Les chants et les danses se succèdent pendant une dizaine de jours et se terminent en apothéose par un gigantesque feu d’artifice.

    Muanza tourne encore quelques pages puis est pris d’un rire inextinguible. Marie vient lire par-dessus son épaule :

    - Qu’est-ce qu’il y a ?

    Du doigt, il montre un bout de texte :

    Pour valoriser la culture locale, un musée a été ouvert afin de présenter le médecin traditionnel Nzema.

    - On aura vraiment tout vu, dit-il après un dernier hoquet de rire. 

    consigne 3: un guide touristique d'un troisième continent – mots imposés : médecin, discours, festival, enliser

    selon les consignes de "Tu dînes ce soir"

    https://tudinescesoir.wordpress.com/2015/03/22/qui-veut-jouer-on-ouvre-latelier-cest-le-printemps/

    qui en a fait un véritable défi

    avec 4 auteurs et styles différents, 4 continents différents, et des mots imposés.

    Le quatrième continent suit...

    et bien sûr ce sera enfin l'Afrique elle-même!

    Sourire

    petite précision:
    tous les textes sont de moi, que les guides toutistiques se rassurent, je ne les ai pas copiés Langue tirée

  • C comme ciseau

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    © Julien Ribot

    Merci à Leiloona de l'atelier Bricabook!

    http://www.bricabook.fr/2015/04/atelier-decriture-174e-une-photo-quelques-mots/

     Dans la maison et le jardin, tout est le domaine de grand-mère, de la cave au grenier, de la pelouse à la haie de ligustrum, sauf quatre choses: la clématite, qu'il soigne et attache brin par brin en tremblant du menton; le garage, aux dimensions exactes de sa voiture, et comme il a pris un peu d'embonpoint, il préfère qu'on ne soit pas là quand il s'en extirpe; son bureau, un meuble énorme que grand-mère a juste le droit d'épousseter; et l'appentis, où sont rangés ses outils.

    Quoi qu'il fasse, la petite le suit, fascinée. Elle lui signale les pousses de clématite ayant besoin d'être rattachées à la gloriette, elle l'admire quand il rentre sa voiture dans l'étroitesse du garage, elle fait ses plus beaux dessins sur le papier à en-tête où son nom et sa fonction s'étalent en noir et bordeaux.

    Mais le plus beau de tout, c'est quand il sort un de ces mystérieux outils. Ils sont de métal sombre et lourds, toujours bien affûtés, bien graissés, bien rangés.

    Personne n'a le droit d'y toucher.

     

  • B comme beaux arbres

    A la demande de Mme Chapeau
    les beaux arbres
    de Woodstock Gardens
    (Irlande)

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    j'aurais dû demander à ma carissima nipotina
    de se placer devant
    pour qu'on voie mieux la taille de ces géants

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    mais elle fuit la photographe
    et il faut donc être extrêmement rapide
    et discret

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    la même allée
    vue de l'autre côté

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    des arbres, des arbres...

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    beaucoup de séquoias géants
    (sorte de pléonasme,
    même si le séquoia aussi commence probablement par être petit Langue tirée)

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    un des rhododendrons géants, vraiment impressionnant

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    ma carissima nipotina, toujours pressée, ne semble regarder que ses pieds

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    pendant que l'Adrienne tombe en arrêt (et en pâmoison) devant chaque tronc

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    même pas le temps de noter les noms

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    et nous revoilà à la sortie!

     

  • Adrienne aime Montesquieu

    Si j'avais à soutenir le droit que nous avons d'acheter des vêtements bon marché sans nous soucier de leur provenance, voici ce que je dirais.

    Aujourd'hui comme au 18e siècle, "le sucre serait trop cher, si on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."