• Dernière trouvaille

    Combiner le shopping et la bienfaisance, vous connaissiez sans doute déjà sous forme de piécette dans la sébile posée devant une femme agenouillée, avec ou sans bébé, un homme enroulé dans des couvertures, avec ou sans chien, un jeune ou un vieux mendiant, avec ou sans moignons. 

    Et puis il y a TOMS. Qui vous promet de fournir des chaussures à ceux qui n'en ont pas, en échange de celles que vous leur achèterez. D'offrir des soins oculaires pour votre achat de lunettes. D'offrir de l'aide à l'accouchement en échange de l'achat d'un sac. 

    Une sorte de troc, donc.

    On ne peut qu'espérer que Toms tienne ses promesses... car on s'y est laissé prendre smile 

    toms.jpg

    et on s'est offert de jolies pantoufles 

    en espérant que là-bas, quelque part, 

    ça aiderait un enfant 

    http://www.toms.fr/

    http://www.toms.fr/ce-que-nous-donnons-chaussures

    http://www.toms.fr/partenaires-chaussures

  • Z comme zéolithe

    Ici, dans la cuisine de l'Adrienne, il y a depuis peu un nouveau lave-vaisselle. Ce qui lui a permis d'apprendre un nouveau mot: 

    dec 2015 - vaatwasser - kopie.JPG

    Par contre, on est toujours sans nouvelles des trois armoires commandées depuis juillet dernier. 

    Faudrait-il rappeler le cuisiniste? 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 4 - ici 

    ***

    tout savoir sur la zéolithe? 

    (ou en tout cas en savoir autant que wikisaitout) 

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9olithe

  • Y comme youpie!

    On a tous été bien étonnés quand on a reçu un e-mail de l'école de musique pour annoncer l'arrivée toute proche d'évaluations en vue du bulletin semestriel. 

    Des évaluations? Un bulletin? 

    - Ne vous inquiétez pas! dit Mieke, la gentille dame qui nous apprend le solfège. 

    Alors on ne s'est pas inquiétés et on a continué à chanter et à taper dans les mains. 

    Vendredi dernier, nouvel e-mail. Avec le bulletin. 

    Et une petite phrase qui guérit de cette autre, entendue quand on avait huit ans et exprimé le désir d'apprendre la musique (1)

    On ne chante pas faux.

    Je zingt mooi op toon met begeleiding

    Merci, Mieke!

     002 - kopie.JPG

     ***

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/07/26/v-comme-vocation.html

  • X c'est l'inconnu

    Une fois par quinzaine, dans le quartier de tante Fé, on a le droit de déposer devant la porte trois sortes de choses: les paquets de papier et carton, le léger sac PMD strictement trié (1) et la poubelle vert bouteille contenant ce qui n'est ni dangereux ni recyclable.

    Une fois par quinzaine, au milieu de la nuit, deux sacs PMD apparaissent mystérieusement à la grille de l'Adrienne. Ils ne contiennent qu'une seule chose: un énorme tas de canettes de bière d'une marque bon marché.

    Deux énormes tas de canettes vides. Depuis deux ans que l'Adrienne habite cette maison. Chaque quinzaine.

    Alors l'autre jour, quand charmante voisine numéro deux était si bien disposée à bavarder un moment, l'Adrienne s'est enhardie à lui dire son souci:

    - J'aimerais bien savoir qui vient déposer ses sacs de canettes de bière devant ma porte! Vous n'auriez pas une idée?

    - Oh! ça fait des années! s'écrie-t-elle. Des années! Et ce n'est sûrement pas quelqu'un du voisinage!

    Des années et des années que quelqu'un a honte de mettre ses canettes vides devant sa propre porte et qu'il vient les déposer devant la maison de tante Fé. 

    Depuis deux ans, c'est l'Adrienne qui a la honte.

    maison,ca se passe comme ca,vie quotidienne

    là, côté jardin, près de la clématite

    ***

    (1) je vois qu'en français il s'appelle PMC https://www.fostplus.be/fr/trier-recycler/tout-sur-le-tri/regles-de-tri-pmc

  • W comme WARZONE

    Après les chats,

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/12/23/stupeur-et-tremblements-de-niveau-10-8533277.html#comments

    les coups de fil...  

    J'adore ces réponses 

    cool

  • V comme vue du paradis

    Chaque fois que mon ancien petit groupe de bénévoles organise quelque chose dans ce coin de paradis où je vivais autrefois, je le note soigneusement dans mon agenda et je me dis que je vais y participer. 

    Puis, le moment venu, je n'y vais pas. 

    N'hésitez pas à appeler ça de la peur. De la lâcheté. 

    2076 - kopie.JPG

    Pourtant, ce serait tellement mieux d'aller m'y promener

    au lieu de l'admirer en photo. 

    ***

    Celle-ci date de 2012. 

    Les dernières que j'ai prises sont de l'été 2013... 

     

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

    thème: lumière

     
     
  • U comme Urbano

    bricabook206.png

    © Kot

    Il porte toujours son chapeau de paille claire orné d'un ruban noir. Même dans ce pays où l'hiver est plus long que l'été. Et sa chemise blanche légèrement empesée, au col toujours ouvert, comme quand il avait vingt ans sur son île de soleil. 

    A la main droite, une lourde bague qui est le seul souvenir de son père, à part son prénom et son nom. Une veste sombre. Un pantalon au pli impeccable. Des souliers bien cirés. Ça, c'est lui qui s'en charge. 

    Depuis que ses cheveux blanchissent, il demande au coiffeur de bien lui raser la nuque. Et chaque matin, il passe soigneusement ses doubles lames gillette jusqu'à ses tempes. C'est son ultime coquetterie. 

    Par bonheur, ses cils et ses sourcils sont restés sombres, drus, bien fournis, lui faisant cet œil de velours qu'il a toujours regretté de devoir cacher derrière des lunettes de myope. 

    Aujourd'hui, il en a de moins en moins besoin. Il les enlève pour lire son journal. Ça va même mieux sans.

    Pourtant, c'est écrit tout petit, les offres d'emploi.  

    http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-206-une-photo-quelques-mots/

  • T comme trofiette

    Parfois, il faut vraiment se forcer. Vraiment se dire: "OK, j'y vais!". Vraiment se décider à pousser la porte et à entrer.

    Toute seule.

    Dans un bon restaurant, où chacun est installé avec sa chacune.

    déc 26 (16) - kopie.JPG

    Après quoi, le plus gros du travail est fait. Il ne s'agit plus que de lire le menu et de passer sa commande en essayant de ne pas voir les regards curieux de chacun avec sa chacune quand ils sont en manque de conversation.

    déc 26 (17) - kopie.JPG

    Choisir des coquilles Saint-Jacques en entrée et des trofiette. Les déguster avec un verre de vin blanc dans lequel une mouche vient apprendre à nager.

    Une mouche fin décembre, voilà un des dommages collatéraux quand il ne gèle plus tongue-out

  • Stupeur et tremblements

    Ils sont trois petits garçons, trois petits mecs d'à peine cinq ans, qui sortent ce mercredi midi de la maternelle et marchent derrière une maman qui ne se retourne même pas pour voir s'ils la suivent.

    - Tu as vu? TOUTE cette neige! 

    C'est qu'à cinq ans, on a l'émerveillement météorologique facile. On ne peut pas comparer avec les neiges d'antan smile. Se souviennent-ils seulement de celles de l'an dernier? 2016-01-20 (2) - kopie.JPG

    sous le fin grésil, seuls le terrain de sport et les chemins deviennent blancs

    Ils sont émerveillés par cette poussière de flocons qui commence à tomber. C'est à peine s'ils arrivent à recueillir une minuscule poignée de neige sur le capot des voitures stationnées le long du trottoir. Mais ça suffit à leur bonheur. 

    Voir leurs petites mains nues sur le métal gelé me donne froid dans le dos.

    2016-01-20 (1) - kopie.JPG

    cette mince pellicule sur la cour suffit aussi au bonheur des "grands"

    Plus loin, en attente sous un porche, un tout petit essaie d'attraper son bonnet que son frère s'amuse à tenir juste assez haut pour qu'il ne l'atteigne pas. 

    - Tu n'as pas froid? dis-je au petit. Tu ne crois pas qu'il devrait le mettre, son bonnet? dis-je au plus grand. 

    C'est à ce genre de remarque, pensais-je en m'éloignant, qu'on reconnaît le prof. 

    Et ça m'énerve tongue-out

    hiver,projet 52,photo,prof,école,élève

    mon sapin de Noël a enfin son habit de fête 

    mais bien sûr, on est encore loin des merveilles de l'hiver 2010 

    hiver,projet 52,photo,prof,école,élève

    il était beau, mon paradis cool 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 3 - hiver

     

  • 22 rencontres (6)

    Bien sûr, Madame aime tous les revoir. Les Johanna fières de leur fils, les Ilse - ou était-ce Inge - toujours aussi timides et rougissantes qu'à 16 ans, les Emile devenus musiciens, acteurs, flics ou conducteurs de train. 

    Mais ce qui réjouit le plus le cœur de Madame, c'est de rencontrer un de ces anciens ado nihilistes ou société-je-te-hais. 

    De le rencontrer accompagné de sa femme et de ses enfants. 

    De le voir en paix avec lui-même et le monde qui l'entoure.

    Et de voir qu'il en est content. Réconcilié avec la vie. 

    Comme celui qui à 18 ans estimait qu'il aurait mieux valu qu'il n'y ait qu'un seul sexe, sur la terre. Que ça simplifierait l'existence s'il n'y avait pas des hommes ET DES FEMMES. 

    Et qui - aujourd'hui - a une épouse et deux petites filles.

    Alors vous comprenez, c'est ça qui réjouit le plus le cœur de Madame. 

    "La nature est bien faite!" se dit-elle chaque fois qu'elle le rencontre. 

    Elle ne montre à personne son petit sourire en coin, qui raccourcit sa pensée à un simple "Bien fait!" tongue-out

     

  • R comme résolutions

    Abandonner l’autobiographique
    Bannir l’autobiographique
    Cacher l’autobiographique
    Déguiser l’autobiographique
    Eliminer l’autobiographique
    Fuir l’autobiographique
    Guérir de l’autobiographique
    Honnir l’autobiographique
    Interdire l’autobiographique
    Juguler l’autobiographique
    Karchériser l’autobiographique
    Larguer l’autobiographique
    Mater l’autobiographique
    Nier l’autobiographique
    Oublier l’autobiographique
    Pourfendre l’autobiographique
    Quarantainer l’autobiographique
    Rayer l’autobiographique
    Sublimer l’autobiographique
    Tuer l’autobiographique
    Ubiquiter (1) l’autobiographique
    Violer l’autobiographique
    Wateriser(2) l’autobiographique
    X-terminer l’autobiographique
    Ypériter (3) l’autobiographique
    Zigouiller l’autobiographique

    (1) lui aller faire voir ailleurs si j’y suis
    (2) jeter au cabinet d’aisances et tirer à la chasse 
</section>
<section class=

  • 20 mots imposés

    Un jour qu’ils ne s’y attendent plus et que Pierre profite d’une éclaircie pour rentrer du bois, le téléphone sonne. Marie lâche son fer à repasser et décroche avec agacement. 

    C’est lui. C’est Muanza. 

    - Je me sens un peu coupable de vous avoir laissés si longtemps sans nouvelles, dit-il, mais ça a pris du temps avant que je sois installé quelque part. 

    Sent-elle un petit air mélancolique dans sa voix ou est-ce le reflet de sa propre humeur en entendant Muanza, sa gentillesse, sa chaleur ? 

    - Quel plaisir de t’entendre ! Et Pierre aussi sera si content ! s’écrie-t-elle après avoir respiré un bon coup pour essayer de maîtriser le rythme syncopé de son cœur. 

    - Je suis à Alkmaar, dit-il. Il faudra venir me faire une petite visite... 

    Elle a envie de courir, de sauter, de danser la farandole. Oubliés, le linge, les balais, les serpillières !

    - Quel bonheur ! dit-elle. Quand ?       

    muanza,fictionhttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3a/Dutch_Municipality_Alkmaar_2006.png

    Jour, gentillesse, coupable, fer, visite, farandole, maison, plaisir, éclaircie, mélancolique, serpillière, agacement, chaleur, respirer, syncopé, humeur, content, linge, cœur, bonheur.

  • Question existentielle du voisinage

    2016-01 - kopie.JPG

    - Bonjour! dit charmante voisine numéro 2 au moment où l'Adrienne sort de chez elle avec son plus grand balai brosse.

    - Bonjour! répond l'Adrienne avec l'esprit de répartie qu'on lui connaît.

    Il faisait beau dimanche dernier mais la neige tombée la veille avait formé une énorme flaque juste devant le sentier qui mène à la maison de tante Fé. C'est que là, exactement à cet endroit du trottoir, il y a "un trou" large et assez profond qui se transforme en plan d'eau dès qu'il tombe trois gouttes. Ou en patinoire comme en ce moment. 

    - Je vais une fois de plus faire un travail désespéré, dit l'Adrienne, montrant la grosse flaque et le balai.

    Charmante voisine numéro 2 compatit:

    - Mais quand donc vont-ils y commencer, à la réfection de notre rue? Voilà plus de dix ans qu'on l'attend!

    C'est ainsi que l'Adrienne a trouvé un nouveau sujet de consolation: pour elle, ça ne fait que deux ans qu'elle attend un trottoir bien plat.

    2016-01 - kopie (2).JPG

    Même après le plus vigoureux des brossages, il reste toujours de l'eau dans le creux... 

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

    thème: reflet

  • P comme pas de panique

    bricabook205.jpg

    © Vincent Héquet 

    Pas de panique, il avait dit, on va trouver. 

    Et c'est vrai, ils avaient trouvé. 

    Il y avait même un arbre, juste devant la fenêtre. 

    Malheureusement elle était barricadée par des planches. 

    A cause des vitres qui manquaient. 

    Sinon il fallait aller encore plus haut. 

    Mais faire encore deux ou trois étages de plus 

    sans ascenseur 

    c'était au-dessus des forces de mémé.

    bricabook.jpg

     http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-205-une-photo-quelques-mots/

     ***

    coda

    http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/binnenland/1.2543362

    De 2008 à 2013, le nombre de familles - rien qu'en Flandre - contraintes par la loi à quitter leur domicile, généralement pour cause de loyer non payé, est passé de 10.780 à 12.958.

  • O comme oncologie

    Pour son Dictionnaire de la mauvaise humeur, l'Adrienne sait déjà quel mot elle mettra à la lettre O.

    Oncologie

    Parce qu'elle en a marre de se sentir si impuissante devant le chagrin et l'inquiétude de ses élèves pour une maman, pour un petit frère, pour une grand-mère bien-aimée. 

    Parce que ça lui fait pleurer un certain François qui a dix-huit ans depuis dix ans. 

    Parce qu'elle est bien d'accord avec les 62% de Belges qui, selon une enquête récente, ont peur que "ce mal qui répand la terreur" ne leur tombe dessus. 

    http://immunotherapie.prezly.com/belgen-en-kanker-eerste-barometer-bijna-7-op-10-belgen-denken-dat-kanker-ooit-overwonnen-wordt 

    http://immunotherapie.prezly.com/premier-barometre--les-belges-face-au-cancer--pres-de-7-belges-sur-10-pensent-que-le-cancer-sera-un-jour-vaincu 

    Parce que - comme tout le monde - elle a peur que ce mal agresse encore une fois quelqu'un qu'elle aime. 

    Alors elle propose de retourner à l'époque de son petit Robert où ce mot n'existait même pas. 

    002 - kopie.JPG

  • N comme nocturne

    oudejaar 15-16 (1) - kopie.JPG

    Pour supporter les soirs d'hiver 

    il suffit de deux bougies 

    et d'un miroir 

    smile

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 2 - soir

     

  • M comme Michon

    L'Adrienne s'est fait avoir. Complètement. Jusqu'à la dernière page. A tel point que ce billet a failli s'intituler G comme gefopt (bien attrapée). 

    Dès l'incipit, on apprend que Tiepolo a fait son portrait. Au chapitre deux, on reçoit sa biographie et celle de ses ascendants. Au chapitre trois est décrit le tableau. Les Onze. On se dit qu'il est urgent de retourner visiter le Louvre et qu'on a raté quelque chose d'important, la dernière fois qu'on est entrée au Pavillon de Flore. Il faut dire que c'était il y a longtemps. On est dans un train et pour la toute première fois on regrette de ne pas avoir ce merveilleux joujou qui permettrait de vérifier tout ça en ligne.

    Alors on fait confiance à l'auteur et aux "mille biographes dont [il s]'inspire librement" (p.45) et on poursuit avidement sa lecture. La deuxième partie du livre raconte avec une foule de détails dans quelles circonstances le tableau a été commandé. 

    Tout cela vous l'avez lu aussi, dans les encadrés de l'antichambre. Vous vous êtes même arrêté devant la reproduction de l'esquisse à l'huile de Géricault qui n'est pas ici au Louvre, qui dort parmi les Girodet dans le musée de Montargis: Corentin en ventôse reçoit l'ordre de peindre les Onze.

    Pierre Michon, Les Onze, Folio 5193, p.117

    C'est là qu'on se dit encore une fois que l'acquisition d'un Smartphone devient inéluctable. Voir! On veut voir, ces tableaux, ces musées, ces références. Surtout quand arrive celle qu'on croit vraiment solide, Michelet. Lui aussi a vu ce tableau du Louvre et en parle "dans les célèbres douze pages" (p.124) "dans le chapitre III du seizième livre de l'Histoire de la Révolution française." (p.119)

    On ajoute mentalement Michelet à la liste des livres à lire.

    Bref, on est gefopt jusqu'à la dernière ligne, où après un dernier conseil (1) l'auteur termine sur cet excipit:

    Et les puissances dans la langue de Michelet s'appellent l'Histoire.

    Pierre Michon, Les Onze, Folio 5193, p.132

    On peut en dire autant de Michon. Magistral Michon!

    lire - kopie (2).JPG

    le 3e à partir de la droite: ce n'est qu'après le retour à la maison et après vérification sur internet qu'on comprend pourquoi en couverture se trouve un extrait d'un tableau de Goya, et non Les Onze.

    ***

    (1) (...) si comme je vous le conseille vous vous écartez du tableau, si vous lui tournez résolument le dos, si vous revenez carrément sur vos pas, si vous sortez de la pièce et faites quelques pas dans la galerie du Bord-de-l'Eau, et de nouveau faites volte-face, de nouveau par artifice pénétrez dans la grande salle où à l'exclusion de tout autre tableau se tient Les Onze; si vous vous arrêtez alors sur le seuil et regardez Les Onze comme si vous les voyiez pour la première fois - alors oui, vous savez presque à quoi cela vous fait penser. (p.130)

  • L comme Lucette Desvignes

    On dit bien LIBRA pour la Balance, et SAGITTARIUS, et VIRGO, et SCORPIO. On devrait pour moi fabriquer un nouveau signe du zodiaque qui symboliserait l'influence dominante de l'Ecole sur mes jeunes années - et la suite. SCHOLA, me fournissant l'hérédité, le cadre. Me situant dans un univers dont ni mon enfance ni mon adolescence ne purent jamais se libérer - le voulaient-elles d'ailleurs? Conditionnant mes réflexes et ma vision du monde. Sans aucun doute me faisant ce que je suis, et planant sur le cours de ma vie comme les autorités sidérales, dit-on, sur les humeurs ou les actions des individus, avec cette différence que pour ma part l'influence est patente, indiscutable. Logique.

    Lucette Desvignes, Le miel de l'aube, Editions de l'Armançon, 2000, p.19 (incipit)

    Voilà, le ton est donné, le cadre installé. On est parti pour presque deux cents pages de souvenirs d'enfance, "une enfance en Bourgogne sous l'Occupation", comme le précise le sous-titre. Vous qui venez de temps en temps chez l'Adrienne, vous devinez que ça ne peut que lui plaire.

    Chapitre 1, Schola, chapitre 2, Musica: l'enfance studieuse dans un foyer aimant où le père et la mère sont instituteurs. Ce sont les années trente. On trempe la plume dans un encrier, chacun le sien, assis autour de la table éclairée par l'unique lampe au plafond. Le jeudi, on joue de la musique. Française: Lali, Gounod, Massenet...

    Peu à peu, on quitte le cadre strictement scolaire. Au chapitre 3, on commence à faire du tourisme. Il y a beaucoup de beaux passages humoristiques sur la voiture du père, les trajets, le mal de voiture, le triste état des routes. Lucette Desvignes possède l'art de raconter, de recréer une époque, une ambiance. Tout y participe, les personnages, les objets, les vêtements, les couleurs, les parfums, les sons et on ne peut qu'admirer le prodigieux travail de mémoire. (1)

    Sept chapitres en tout dont les deux derniers, un peu plus longs, relatent la période de la guerre et de l'occupation annoncée dans le sous-titre. Ajoutant ainsi un intérêt purement historique à ce livre de souvenirs, pour la qualité et la précision du témoignage.

    Avec en plus, chers au cœur de l'Adrienne, ici et là quelques détails qui lui ont rappelé son père, jeune ado lui aussi sous l'occupation, et son grand-père, qui a quelques traits en commun avec le papa de Lucette Desvignes.

    incipit,litterature,lire,lecteur,lecture,souvenir d'enfance

     le voilà, parmi les autres lectures en cours

     

     (1) L'auteur s'explique sur son travail et sur le choix du titre dans les quatre dernières pages, qui commencent ainsi: "Je n'ai pas tout dit, bien sûr. Il y a ce que j'ai oublié - peu de chose - et puis ce que j'ai écarté crainte de ne jamais finir. J'ai trié, non selon l'importance peut-être mais selon l'intensité de la couleur telle qu'elle s'est gravée en moi." Voilà une belle illustration du pacte autobiographique smile.

  • K comme Köln

    Les statistiques officielles nous apprennent qu'en 2013, en Belgique, huit plaintes pour viol ont été déposées chaque jour. 

    Ces chiffres sont en hausse, selon toute probabilité parce que de plus en plus de femmes osent porter plainte. 

    Il est vrai que ce n'est pas une chose simple, en premier lieu parce que dans la majorité des cas, l'agresseur fait partie de l'entourage de la victime. Et aussi parce que la première réaction de la victime est d'essayer d'effacer toute trace... (1) 

    La situation est à peu près la même dans les pays qui nous entourent. (2) 

    Alors j'aimerais bien qu'on ne mélange pas tout. 

    Car il me semble que ceux qui aujourd'hui crient haut et fort qu'il faut renvoyer chez eux tous ces violeurs barbus, sont exactement les mêmes que ceux qui, en mars dernier, se gaussaient des jeunes femmes qui osaient dire qu'elles en avaient assez de subir des remarques sexistes et attouchements divers. 

    C'est qu'en mars dernier, il ne s'agissait pas de barbus. 

    Ceux qui nous traitaient de "juffrouw truttenbol" en nous disant, dans ces mêmes journaux et réseaux sociaux où ils s'insurgent aujourd'hui, plus blancs que neige, qu'il fallait prendre ça pour des compliments et qu'on se plaignait vraiment pour pas grand-chose. 

    Et qu'on l'avait bien cherché, en se promenant seule habillée comme ça. 

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/03/23/stupeur-et-tremblements-8406779.html

    trut.jpg

    ***

    (1) Voir par exemple ceci http://www.courrierinternational.com/article/belgique-victime-de-viol-tu-porteras-plainte-tout-de-suite-ou-pas-du-tout

    (2) Chiffres pour la France: http://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-viols-en-france.html  et rapport d'une enquête de l'Union européenne http://fra.europa.eu/sites/default/files/fra-2014-vaw-survey-main-results-apr14_en.pdf

  • J comme je gère

    Le Hibou propose "papier" comme thème 2. L'occasion rêvée pour l'Adrienne de se vanter encore une fois du désordre sur son bureau. En voici donc les photos les plus récentes - elles datent de dimanche dernier. Je vous laisse admirer le tout et le détail.

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    papier (2) - kopie.JPG

    papier (3) - kopie.JPG

    Finalement, comme ma ville a dignement fêté le carnaval, je préfère encore vous montrer ce papier-ci: 

    papier (5) - kopie.JPG

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

  • I comme Icare

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    © Ada

    http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-204e/

    Quand il lui a dit qu'il logeait au Harbour Hotel, elle a compris qu'elle touchait enfin au but.

    Le Harbour Hotel, le lieu de rendez-vous des armateurs et des agents maritimes: tout le gratin du port s'y retrouvait, c'était bien connu.

    C'est avec joie et ivresse qu'elle est montée avec lui jusqu'à sa suite à l'étage supérieur. Qu'elle s'est grisée au champagne et à la vue de l'estuaire et du bras de mer au coucher du soleil. Qu'elle s'est donnée à lui.

    Le lendemain matin, l'estuaire et le bras de mer baignaient dans une douce lumière bleutée. Elle était seule dans le lit défait.

    Il ne lui avait laissé que la note à payer.

     

     

  • H comme hédonisme

    "L'hédonisme, c'est le pur plaisir d'exister". 

    Voilà. 

    Fan de Michel Onfray, depuis de nombreuses années.

    pour ceux qui auraient 50 minutes de disponibilité 

    wink 

    (on peut aussi aller vers la 37e minute pour entendre la définition ci-dessus)

  • G comme gageure

    Sur la table du réveillon de nouvel an sont rassemblés les livres en cours de lecture. A gauche, celui de Barrico qui m'a inspirée pour illustrer des photos de Bricabook. Puis un 'giallo' dont l'action est située à Torino et que je n'ai pas réussi à terminer pendant le voyage en avion. Eva dorme, que je projette de lire depuis sa parution. Deux livres de Lucette Desvignes que je lis simultanément - je sais, ce n'est pas très malin - et qui évoquent toute une vie, tout un monde aujourd'hui disparus. Enfin, trois livres de Pierre Michon achetés lors de mon dernier passage à Bruxelles. J'ai commencé par les Onze, puis j'ai lu son Rimbaud, maintenant j'en suis donc aux Vies minuscules. Encore une belle découverte! 

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    Parce que ce projet est une gageure 

    et que trouver le temps de lire en est une autre

    tongue-out

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 1 - livre

    ***

    comment? c'était au singulier?

    oups

    tongue-out

  • F comme filles

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Nina, parce que j'aime avoir raison tout le temps.

    Ce n'est pas du tout mon vécu, pense Madame, mais peut-être que les temps ont changé?

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Amelie, parce que j'ai le droit de pleurer devant un beau film.

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Kaat, parce que je peux dormir avec mon ours en peluche, même si j'ai seize ans.

    Quand il y a un insecte qu'on n'aime pas, écrit Julia, on a le droit de crier et de partir en courant.

    On peut regarder des émissions enfantines sans que ce soit bizarre, écrit Emilie.

    Je peux me sentir comme une princesse, de temps en temps, écrit Alicia.

    La seule à penser comme Madame au même âge est celle qui porte un nom d'oiseau:

    Je voudrais être un gars parce que les garçons ont vraiment beaucoup d'avantages.

  • Sept garçons

    Je suis bien content d'être un garçon, écrit Saad, parce qu'on a la vie plus facile. C'est simple d'être un garçon. On profite bien de la vie.

    On ne doit pas avoir peur quand il est tard et qu'on marche seul dans la rue, écrit Viktor.

    Les garçons ne doivent pas se maquiller pour être beaux, écrit Felix, ils peuvent rester naturels.

    Les garçons ne sont pas si vite critiqués pour leur look, écrit Aaron.

    Ce n'est pas honnête, écrit Joris, mais ce sont les garçons qui ont tous les avantages dans notre société.

    Je constate que nous, les mecs, on a la vie plus facile, écrit Malek: on est plus souvent dans notre lit pendant que les filles font le ménage ou à manger. Et dans la rue, on n'a pas le problème d'être regardé par les hommes.

    Je suis content d'être un garçon, conclut Elie, le téléviseur est à moi quand il y a du foot. Et je peux dire ce que je veux sans être jugé.

  • E comme expert, experte

    L'Adrienne, c'est celle qui demande la clé de la chambre 205 alors qu'elle a la 206. 

    Le plus étrange, ce n'est pas qu'elle se trompe dans les chiffres, c'est que le patron en personne lui remette cette clé. 

    A experte, expert et demi tongue-out

    expert

    Ostende, fin décembre 2015, a room with a view... 

    au 206

  • D comme décor

    Ce n'est pas du tout le but de faire de ce blog un blog-photos mais je n'ai pas pu résister à un second appel à participation, cette fois de la part du Hibou. Le thème de la première semaine est "parquet". 

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-sujets/

    september 2013 (8a).JPG

    Voilà qui commence bien, s'est dit l'Adrienne, de parquet, je n'en ai point.

    september 2013 (9) - kopie.JPG

    Par contre, il y a du plancher à l'étage. Un plancher qui a vécu - je paraphrase Maurice Fombeure quand il écrit à propos de sa plus très jeune épouse, "Et plus belle d'avoir vécu". 

    Ces deux photos doivent donc vous montrer un plancher "plus beau d'avoir vécu". Un plancher où chaque tache, chaque griffe, chaque trou est une belle marque du temps qui passe. 

  • C comme cortège

          Tu crois que c’est une bonne idée ?

    Marie s’inquiétait : peut-être y aurait-il des choses gênantes ? Comme ces « Zwarte Piet » qu’elle avait cru devoir expliquer, justifier, en novembre dernier.

    -      Mais bien sûr que c’est une bonne idée ! S’il doit vivre ici, il doit apprendre à tout connaître !

    C’était vrai, bien sûr. D’ailleurs, les « Zwarte Piet » ne l’avaient pas du tout choqué, au contraire, il les avait trouvés amusants et sympathiques : n’était-ce pas eux qui distribuaient les friandises aux enfants pendant que le saint homme saluait du haut de son cheval ?


    Début janvier, on emmena donc Muanza voir le carnaval. Il regarda défiler des ribambelles d’adultes qui se conduisaient comme des enfants, manifestant une joie délirante. Sans sourciller, il vit une succession de chars et de groupes aux costumes les plus étranges. Il fut le seul à ne pas rire quand passèrent des hommes en tutu rose et ne comprit rien aux acclamations de la foule lors de la cérémonie de la remise des clés de la ville au roi et à la reine des fous.

     

    fiction,muanza

    char de carnaval se frayant un chemin vers le cortège
    (photo de l'Adrienne)

     

  • B comme Bruxelles

    J'ai eu la chance d'arriver à Bruxelles précisément le jour où on passait pour la dernière fois le film de Maria Tarantino, Our City. Dans la vidéo ci-dessous, la réalisatrice s'explique sur ses choix et ses méthodes de travail. On peut également y voir quelques extraits significatifs. 

    J'ai beaucoup aimé cette réflexion sur la ville et sur la question identitaire.

    Et le lendemain, comme une suite logique au précédent, je suis allée voir le Tout nouveau testament de Jaco Van Dormael cool  

    Sorte de conte philosophique avec une bonne tranche d'humour, d'autodérision et d'absurde à la belge - ce qui n'a pas plu à de nombreux critiques français, allez comprendre tongue-out - je me retrouve bien dans l'analyse de la RTBF et de La Libre

    http://www.rtbf.be/video/detail_la-critique-d-hugues-dayez-2-septembre-2015?id=2040163

    http://www.lalibre.be/culture/cinema/le-tout-nouveau-testament-decouvrez-la-critique-de-la-libre-55e54db535709767896a6a83

    Bref, j'ai passé de très bons moments au cinéma et j'en suis sortie deux fois d'excellente humeur laughing.

  • Adrienne admire le ciel

    Le matin il suffit de trois ou quatre minutes 

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    pour que le ciel passe du violet 

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    au rose 

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    et à l'or 

    ***

    en attendant que Ma' affiche le programme 

    du projet 52 pour l'année 2016 

    cool