• Y comme yaka...

    "Yaka leur faire regarder un film français, le vendredi après-midi!" proposait l'article qui avait fait s'étrangler Madame dans son petit déjeuner dominical.  

    Car il est évident que des élèves qui sont incapables de parler de la pluie ou du beau temps pourront suivre un film français. 

    Car il est bien connu que le vendredi après-midi, ce n'est pas le moment de leur donner un cours de grammaire. 

    Car il est indiscutable que l'oralité est la panacée

    Yaka voir l'efficacité des méthodes audio-visuelles qui ont sévi jusque dans les années 1970... 

     prof,école,élève,français,langue

    http://www.le-francais-moderne.com/

    Ceci clôt la discussion. 

    Elle est trop mauvaise pour la santé de Madame 

    tongue-out

  • X c'est l'inconnu

    Si vous voulez que Madame s'étrangle dans son bol de flocons d'avoine - avec ou sans framboises portugaises - faites-lui lire ce genre de titre alors qu'elle prend son petit déjeuner par un beau dimanche matin:

    "Wij krijgen al acht jaar Frans en nog steeds ben ik nauwelijks in staat om met een Waal over het weer te praten. Laat staan dat ik er een zinnig gesprek kan mee hebben" (1)

    l'article ici

    Voilà.

    Le procès des profs et de l'enseignement du français en Flandre est réglé en deux coups de cuiller à pot. Du très beau travail de journaliste, profond, fouillé, documenté. 

    Le français, cet inconnu...

    ***

    Bon, la semaine prochaine, Madame et ses élèves reverront le vocabulaire de la météo.

    Pour ce qui est des "vraies conversations", il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

    Ils assument.

    ***

    (1) après huit ans de français, je suis à peine capable de parler de la météo avec un Wallon, et loin d'avoir avec lui une vraie conversation

    EersteSchooldag_07_08_00.JPG

    Premier septembre: des "petits" de 12 ans complètent leur nom dans leur tout nouveau journal de classe. Quand ils arriveront chez Madame, quelques années plus tard, ils sauront déjà parler de la pluie et du beau temps.

    Si, si. 

  • Wagon de train-train quotidien

    Hier 

    collègue blonde et collègue brune 

    avec qui j'étais en formation mardi et mercredi 

    étaient malades 

    001 - kopie.JPG

    Madame était bien seulette dans son bureau 

    ***

    Hier 

    le ciel était bleu  

    et même si février est court 

    on a des envies pressantes de verdure 

    et de nids d'oiseaux 

    habités 

    014 - kopie.JPG

    Hier 

    on est allés au restaurant 

     pour mettre un joli point final

    au séjour belge de monsieur neveu 

     Maison D (4) - kopie.jpg

     

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 8 - hier 

  • V comme vendredi

    Les états d'esprit du vendredi: 

    Fatigue : s'accumule 

    Humeur : assez joyeuse, pour fêter le départ du Neveu, nous allons au restaurant 

    Estomac : je me suis offert des framboises portugaises au petit déjeuner, ce qui est absolument contraire à mes principes tongue-out 

    Condition physique : faudrait que je reprenne la gym, la piscine et les courses dans les bois... mais ici il n'y a pas de bois 

    Esprit : je voudrais avoir le temps de lire (j'ai prolongé déjà de trois fois trois semaines l'unique livre emprunté à la bibliothèque) 

    Boulot : j'ai été absente deux jours pour une formation, il s'est bizarrement accumulé 

    Culture : il faut que j'apprenne à jouer un allegretto de Czerny pour lundi 

    Penser à : téléphoner au plombier pour lui rappeler ses promesses du mois dernier (arf trop drôle) 

    Avis perso : parfois une petite conversation fait un quasi-miracle 

    Message perso : cher Googlebot, pourquoi passez-vous deux cents fois sur mon blog certains jours? 

    Élèves : j'ai l'impression qu'ils ont déjà de nouveau besoin de vacances ! (ils m'ont dit hier que c'est la faute de l'école s'ils sont fatigués: l'école les oblige à se lever tôt) 

    Amitiés : trouver une date pour fêter l'anniversaire de ma plus vieille amie 

    Sorties : vous savez ce que c'est un quizz? on en organise un à l'école ce week-end 

    Divers : quand aurai-je le temps de réfléchir à ce que je vais faire pendant les vacances de Pâques cool ? 

    Courses : le frigo est vide 

    Envie de : petits lutins qui fassent mes corrections 

    Pic : à la villa Maritza, à Ostende, un homme tire la langue depuis 131 ans 

    2016-02-12 (4) - kopie.JPG

    Les états d'esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Fedora et The Postman que j'ai trouvé chez Ma'. La règle est simple : on répond aux questions dans l'ordre le vendredi. Ceux qui veulent participer doivent ensuite laisser un petit commentaire sur les 2 blogs des gentils instigateurs.

  • U comme ὕδωρ

    ὕδωρ = eau

    2016-02-12 (9) - kopie.JPG

    celle de la mer

    2016-02-21 (14) - kopie.JPG

    celle qui tombait sous forme de crachin
    dimanche dernier à Bruxelles

    Arthur à Bruxelles 006 - kopie (2).JPG

    celle qu'on boit sous forme de "murmure d’écume"
    et de "perles d’air bondissantes"
    comme le dit si joliment Gabrielle Colette
    dans "Prisons et paradis" (1932)

    ***

    J'aime les trois

    cool

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 8 - eau

  • T comme traduction

    Siempre hay un intruso
     Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Una mirada a veces
    un gesto entorpecido
    una frase
    un olor
    el beso que al unirnos
    nos separa.
     
    Altijd is er een spelbreker
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)
     
    Een blik soms
    een hinderlijk gebaar
    een zin
    een geur
    de zoen die ons verenigt
    scheidt ons.
    (traduction de l'Adrienne)
     

    Paris 16 - Louise Bourgeois.JPG

    oeuvre de Louise Bourgeois
    photo prise à Paris en 2010

    Il y a toujours un intrus
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Un regard parfois
    un geste engourdi
    une phrase
    une odeur
    le baiser qui en nous unissant
    nous sépare
    (traduction de Colo)
  • Stupeur et tremblements

    Stupeur et tremblements, samedi dernier à la foire du livre, non pas chez l'Adrienne, mais chez son neveu, au moment où il s'est trouvé nez à nez avec notre Amélie.

    Arthur à Bruxelles 006 - kopie (3).JPG

    Il y avait une queue incroyable pour recevoir d'elle un autographe, faire un selfie ou même un gros câlin. Amélie prend le temps de bien faire ce qu'elle fait. On a pu la voir consoler une jeune fille en pleurs et poser pour maints photographes de tout âge.

    Comme l'Adrienne avait son appareil et qu'une foule de gens mitraillaient déjà notre vedette, elle y est allée aussi de son petit cliché.

    Malheureusement, au moment du déclenchement, Amélie dit quelque chose qui lui déforme un peu la bouche. Pour ne pas qu'un portrait mal foutu pourrisse le net, l'Adrienne l'a donc soigneusement découpé.

    Arthur à Bruxelles 006 - kopie (2).JPG

    - J'en suis tout retourné, a fini par dire le neveu, qui normalement ne se tait jamais plus longtemps que vingt secondes.

    Puis, comme il est féru de mode et de 'look', il a longuement détaillé et commenté sa tenue. Il a trouvé ses 'gros godillots' inélégants.

    - C'est pour pouvoir tenir le coup longtemps, toute une journée à la foire, l'a excusée l'Adrienne, qui était venue en baskets pour la même raison. 

    - Tiens! a-t-il dit quand il a finalement retrouvé tous ses esprits, elle boit du champagne!

     

  • 22 rencontres (7)

    prof,école,élèves

    Ce week-end, dans l'école de Madame, c'était "grand festin" - comme dans toutes les écoles du pays au moins une fois dans l'année, histoire de remplir les caisses pour l'achat de fournitures diverses.

    La caisse, c'était précisément le travail de Madame. Un poste qui lui permet de voir à peu près tout le monde, toutes les générations d'anciens élèves. Ceux d'il y a longtemps, et dont elle a aujourd'hui les enfants en classe, ceux qui viennent de fonder famille, ceux qui ont à peine quitté les bancs de son local du deuxième étage.

    Ceux-là viennent de passer leurs premiers examens dans leurs études supérieures. Ils s'approchent , hilares. C'est avec ce groupe que Madame a eu le plus de fil à retordre, l'an dernier. Ils lui ont donné des soucis et des maux de tête. En échange, ils ont bien souvent reçu d'elle de mauvaises notes et de petits laïus, courts, nets et tranchants.

    Mais ils sont là.

    Les plus marioles de la petite troupe annoncent, tout farauds, qu'ils ont réussi tous leurs examens du premier semestre.

    C'est à des moments comme celui-là que Madame reprend confiance en l'univers cool

    prof,école,élèves

     la déco était l'oeuvre des plus jeunes (ils ont 12 ans) sur le thème de la propreté:
    jetez vos déchets à la poubelle et n'oubliez pas le tri sélectif
    cool

    celui-ci a sans doute voulu faire plaisir à sa prof de biologie 
    qui est contre la voiture et fait 13 km à vélo pour venir à l'école
    par monts et par vaux 
    et par tous les temps

     

  • R comme reflets

    2016-02-12 (12) - kopie.JPG

    Reflets colorés dans l'étang du parc

    2016-02-12 (21) - kopie.JPG

    Reflétées dans la vitre, les "œuvres d'art" y gagnent un peu de mystère

    2016-02-14 (2) - kopie.JPG

    Reflété dans les miroirs de l'entrée de la galerie Beau-Site, le groupe écoute attentivement son guide

  • Le bilan du 20

    La deuxième saison du Projet 52 de Ma' est bien entamée et je pensais faire cette année de nouveau un "sans faute"... mais voilà, j'ai raté les légumes du 6 février, alors qu'ils constituent un de mes plats préférés, sauf le chou rouge cuit, comme chacun sait ;-)

    Bref, aujourd'hui, le thème est "rond".

    2016-02-12 (18) - kopie.JPG

    nous sommes d'accord que ceci est rond...

    mais qu'est-ce que c'est?

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 7 - rond 

  • Question existentielle

    La question existentielle du mois est:

    êtes-vous bricoleur?

    2016-02-12 (13) - kopie.JPG

    la prise de la salle de bains

    2016-02-12 (15) - kopie.JPG

    la peinture

    2016-02-12 (22) - kopie.JPG

    le bouton et la tuyauterie du radiateur

    2016-02-12 (16) - kopie.JPG

    il y a du boulot dans la chambre de Marilyn!

  • P comme promenade ostendaise

    2016-02-12 (1) - kopie.JPG

    p comme plage vendredi 

    2016-02-12 (3) - kopie.JPG

    p comme 'phone home'?

    (trois promeneurs adultes occupés tous les trois avec leur téléphone)

    2016-02-12 (6) - kopie.JPG

    p comme printemps 

    le 13 février, les jardiniers sont déjà en train d'enlever les jonquilles pour les remplacer par autre chose...

    (à droite le Thermae Palace et à gauche la bibliothèque)

    2016-02-13 (12) - kopie.JPG

    p comme poésie

    (au Mu.Zee, dessin de Spilliaert sur un poème de "je-ne-sais-plus-qui-ô-honte-sur-moi) 

    2016-02-14 (4) - kopie.JPG

    p comme parc au crépuscule

    ostende

    p comme plage dimanche

  • O comme origines

    001 - kopie.JPG

    Vous ne pourrez probablement pas lire les petits papiers avec les noms des différents pays - et de toute façon ils sont écrits en néerlandais wink - mais vous pourrez distinguer les divers petits drapeaux.

    Ce collage a été réalisé pour montrer que dans notre petite école, dans notre petite ville, dans notre petit coin de Flandre, des gens aux origines très diverses vivent ensemble en harmonie. 

    Tous uniques, tous pareils.

    En tout 48 nationalités pour une petite communauté. 

    Cet hiver, nous avons voulu montrer que nous en sommes fiers. 

     

  • N comme nonante-neuf

    Depuis que l'Adrienne a déménagé en ville, elle ne va plus à la piscine. Ne cherchez pas le rapport, il n'y en a pas.

    Elle ne va plus non plus courir dans les bois. Là, le rapport est évident.

    Son seul sport consiste à tout faire à pied et à porter ses sacs de courses. Ce n'est déjà pas mal.

    Son activité sportive principale a lieu entre les murs de l'école: entre cinq et six fois par jour, elle monte un tas d'escaliers jusqu'au dernier étage, là où est sa classe. C'est sûr que ça maintient en forme et qu'elle a souvent plus de souffle, en arrivant en haut, que la plupart des élèves moins bien entraînés.

    Et quand ce sont les vacances?

    Il faut trouver d'autres escaliers pour ne pas perdre la main (ou le pied? ou le souffle?)

    2016-02-13 (6) - kopie.JPG

    à Ostende, le musée de la ville

    2016-02-13 (7) - kopie.JPG

    est la maison où est décédée notre première reine des Belges

    2016-02-13 (8) - kopie.JPG

    Louise-Marie à la santé si fragile qu'il lui fallait le bon air de la mer

    2016-02-13 (9) - kopie.JPG

    et qu'on hissait dans une nacelle tout en haut du belvédère pour qu'elle puisse mieux le respirer

    ***

    monter les marches, voilà pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 7 - sport

    ***

    pour ceux que l'histoire intéresse:

    hibou,photo,ostende,prof,école,élève

    La maison (1) achetée par Théodore van Moorsel en 1789 a été quartier général de Napoléon, revendue en 1815 à Eduard Serruys qui l'a louée dès 1835 comme résidence d'été au roi Léopold Ier et à la reine Louise-Marie. On peut y voir la chambre où celle-ci est décédée en 1850 (2). En 1867, Léopold II a acheté la maison où il venait souvent en hiver. Elle est propriété de l'Etat depuis 1908 et a eu diverses fonctions. Elle est devenue musée en 2000.

    ***

    (1) appelée pompeusement "oud koninklijk paleis" sur cette plaque, "ancien palais royal", alors qu'elle n'a rien d'un palais, c'est une grande maison bourgeoise

    (2) Son royal époux lui a survécu encore 15 ans, malgré leur énorme différence d'âge. Il avait 22 ans de plus qu'elle...

     

  • M comme mer

    A l'hôtel simple mais confortable, la vue sur la mer était comprise dans le prix - fort modique - de la chambre. 

    2016-02-12 (17) - kopie.JPG

    Malheureusement, on avait dû construire un immeuble devant, juste après que l'Adrienne avait réservé.

    Des bâtisseurs polonais, très probablement, puisque à peine trois semaines s'étaient écoulées depuis la réservation 

    tongue-out

     

     

  • L comme Lakévio

    lakevio5.jpg

    tableau d'Edward Hopper chez Lakévio

    Voilà bien longtemps que John ne se posait plus la question de savoir s'il avait fait le bon choix, vingt ans auparavant, d'épouser Selma. 

    D'abord, parce que les moments de calme propices à la réflexion étaient fort rares. Selma détestait le voir inactif et lui n'aimait pas la contrarier. 

    Ensuite, parce qu'il était un mari modèle et qu'il fallait que ce soit bien clair pour tout le monde.

    Enfin, parce qu'une question d'un tout autre ordre le préoccupait beaucoup plus, ces derniers temps. 

    Depuis trois mois, en fait.

    Trois mois qu'il se demandait si dans le café du plateau déjeuner qu'il montait chaque matin à Selma, il ne fallait pas augmenter la dose d'arsenic.

     

  • J comme je m'en vais...

    Comme Ferrer, je m'en vais. Non pas au pôle Nord, mais à Ostende.

    Certaines mauvaises langues vous diront que la différence n'est pas bien grande, vu les moins quarante que nous avons ici généralement en hiver, comme on a pu l'entendre de la bouche de Galabru au début du film Bienvenue chez les Ch'tis.


    Bienvenue chez les Ch'ti extrait 2 par manudelac

    Bref, je vais passer un week-end (pardon, un weekend) de fête de la saint-trucmachin à Ostende.

    Il y aura la carissima nipotina, Pipo Rossi, la mer, des livres, de la bonne bouffe et plein de musées et de galeristes ouverts samedi soir avec accompagnement musical en nocturne.

    Je m'en vais mais je reviens dimanche soir cool

    Je parlerai peut-être une autre fois de Jean Echenoz, Je m'en vais, éd. de Minuit, 1999. Ceux qui le désirent peuvent en lire ici les premières pages

    Bon week-end (pardon, weekend) à tous!

  • H comme homochronie

    Quand voisine Casque d'Or remonte ses volets, l'Adrienne ouvre son piano

    c'est l'homochronie de huit heures

    Quand sa mère l'appelle au téléphone juste au moment où les pâtes sont al dente 

    c'est l'homochronie habituelle

    Quand deux élèves sont "malades" précisément pendant cette demi-journée où ils ont un grand test de français

    c'est l'homochronie honni-soit-qui-mal-y-pense  

    Quand l'amie Anne l'appelle au téléphone à l'instant où l'Adrienne se demande comment elle va

    c'est l'homochronie heureux hasard

    Quand 40 000 personnes s'inscrivent pour participer ensemble à la journée du végétarisme

    c'est l'homochronie herbivore

    Quand le soleil se couche et l'Adrienne aussi

    c'est l'homochronie horizontale

    ***

    jeu, prof, école, élève, vie quotidienne
     

    si après ces exemples

    le mot homochronie

    n'entre pas encore dans les dictionnaires

    c'est qu'ils sont mal faits

    tongue-out

     

  • G comme Guillaume

    TourEiffel.gif

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Guillaume_Apollinaire_Calligramme.JPG

    - Un calligramme, explique-t-elle à ses élèves, est un poème qui a la forme typographique de la chose dont il parle. 

    Alors elle leur montre cette tour Eiffel de l'ami Guillaume: 

    - Vous voyez? Les lettres sont disposées de façon à former une tour Eiffel. 

    Ils voient. 

    006 (3) - kopie.JPG

    Et un objet qui a la forme de la chose pour laquelle on est venu, comment ça s'appelle?

    ***

    question que je pose dans le cadre du projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 6 - forme

  • F comme folie bergère

    À la fin tu es las de ce monde ancien 

    Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin 

    Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine 

    Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes 
    La religion seule est restée toute neuve la religion 
    Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation 

    Zone - Guillaume Apollinaire

    bricabook208.jpg

    photo de Leiloona

    À la fin tu en veux à ce monde ancien 

    Horlogère ô tour Eiffel le troupeau fait tic tac ce matin

    Tu en as assez de vivre dans le rat race à l'américaine

    Ici même les aspirines ont l'air d'être tacticiennes
    La folie seule est restée toute simple la folie
    Est restée entière comme la citadelle de Tripoli

    ***

    élucubrations d'Apollinaire et de l'Adrienne
    pour l'atelier de Leiloona bricabook 208

     

  • Sept choses que je sais d'elle

    Hier après-midi, je suis montée au grenier pour y prendre du fil à tricoter. Des aiguilles numéro 2 et demi. Et j'ai fait un échantillon: trente mailles font 11 centimètres. Apprend-on encore la règle de trois aux enfants de l'école primaire? C'est le truc le plus utile que je connaisse tongue-out

    souvenir d'enfance,flamand,flandre,vie quotidienne

    J'ai d'abord cru que je ne saurais plus faire des mailles bien égales, après tout ce temps. La dernière fois que j'ai fait un tricot, c'était pour l'HDMV. Un pull à col roulé et à manches raglan, en jacquard. Il doit bien y avoir quinze ans de ça. 

    Alors évidemment, en tricotant je ne pouvais que penser à celle qui me l'a appris. Celle qui a ramassé les premières mailles que je laissais filer. Qui m'a montré comment faire les rangs à l'endroit, les rangs à l'envers. Et tout le reste. 

    souvenir d'enfance,flamand,flandre,vie quotidienne

    De fil en aiguille - ça n'a jamais autant été le cas de le dire - j'ai repensé à toutes ces autres choses qu'elle m'a apprises. Comme la cuisine de grand-mère, dans le vrai sens du mot...

    Au fil de mes réflexions, il m'est venu des envies de plats du terroir flamand, lapin à la bière, tarte à la semoule. 

    Et des envies de parler patois cool 

    souvenir d'enfance,flamand,flandre,vie quotidienne

     

  • E comme Er was eens...

    Il était une fois l'eau - Peter Verhelst 

    Il était une fois l'eau
    Où était-ce?
    Au bord de l'eau
    Là où ça touche terre
    Où dis-tu?
    Là où l'eau touche terre
    De qui?
    Là où notre eau devient notre terre, tu veux dire
    Là où notre eau est notre terre et notre sable est notre sable
    C'était là
    Là où les nuages et les ciels sont à nous, je veux dire
    C'était là
    Comment c'était là
    Comment c'était couché là, les mains à côté de la tête
    Comment on l'a emporté et il restait couché
    Même quand on l'a emporté, il restait, pendant qu'on l'emportait, couché là dans le sable
    Même quand on ne regardait plus
    Surtout là où on ne regardait plus il restait couché sur le sable
    Que ça partirait bien un jour de lui-même, pensions-nous parfois
    Mais qu'il devenait nôtre au moment où on l'emportait
    Nous le savions
    Il était une fois, avons-nous encore essayé de penser, mais
    Aussi fort que nous le pouvions, nous avons essayé de continuer à penser
    Il était une fois, il était une fois

    (traduction française de l'Adrienne)

    01-31 (1) - kopie2.JPG

    photo prise à Bruxelles samedi dernier en allant à la BRAFA

    Er was eens het water - Peter Verhelst

    Er was eens het water
    Waar was het?
    Aan de rand van het water
    Waar het aan land komt
    Waar zeg je?
    Waar het water aan land komt
    Van wie?
    Waar ons water ons land wordt, bedoel je
    Waar ons water ons land is en ons zand ons zand is
    Daar was het
    Waar de wolken en de luchten van ons zijn, bedoel ik
    Daar was het
    Hoe het daar lag
    Hoe het voorover lag, zo, met de handen naast het hoofd
    Hoe we het wegnamen en het voorover bleef liggen
    Zelfs toen we het wegnamen, bleef het, terwijl we het wegnamen, voorover op het zand liggen
    Zelfs toen we niet meer keken
    Vooral waar we niet meer keken bleef het op het zand liggen, voorover
    Dat het op een dag wel uit zichzelf zou vertrekken, dachten we soms,
    Maar dat het van ons werd toen we het wegnamen
    Wisten we
    Er was eens, probeerden we nog te denken, maar
    Zo luid we konden, probeerden we er was eens, er was eens te blijven denken 

    L'original ici, avec la photo que chacun connaît et aura sans doute reconnue, ainsi qu'une traduction en anglais:

    http://www.ntgent.be/fr/news/er-was-eens-het-water-once-upon-a-time-peter-verhelst/c/plus

  • D comme donne-moi la main

    - Donne-moi la main!  

    Depuis mes cinq ans, combien de fois ai-je dit cette petite phrase?

    - Donne-moi la main! Reste sur le trottoir! 

    Nous revenions de l'école. J'étais le tracteur, lui la remorque qui se faisait de plus en plus lourde, de plus en plus capricieuse. 

    - Donne-moi la main! Ne va pas trop loin! 

    Nous étions à la côte et tout à coup je ne le voyais plus, caché par une vague. Je savais tout juste nager et lui pas encore. 

    - Donne-moi la main pour traverser! 

    Il filait sans regarder ni à droite ni à gauche et moi j'étais responsable. 

    Il faut croire qu'il y a un ange gardien spécialisé dans les petits frères.

     miletune1.jpg

    photo de Plume d'Ambre

    https://amillemains.wordpress.com/2016/02/01/atelier-n1/

  • C comme chat, LE CHAT

    Parmi la tristesse des natures mortes et des Vanitas, des crucifixions, des masques africains arrachés à leur terre, des terres cuites précolombiennes arrachées à la leur, il y a ce grand moment de joie  

    bruxelles,art,expo,peinture

    dans un stand consacré plus qu'à moitié à des œuvres de Geluck 

    qui font rire tout le monde de bon cœur 

    et surtout l'Adrienne 

    qui en ce domaine donne toujours l'exemple 

    tongue-out

    bruxelles,art,expo,peinture

    merci aux responsables qui ont permis de prendre ces photos!

    Pour ceux qui en veulent plus, il y a le site d'Amylee

    http://www.amylee.fr/2015/09/hommage-artistes-philippe-geluck/ 

    et celui du maître himself

    http://www.geluck.com/dessin-gallerie-29.html

  • B comme BRAFA

    Quatre possibilités s'offraient à l'Adrienne: 

    1.ne pas y aller (semaine fatigante, besoin du week-end pour se reposer et faire tout ce qui reste en rade) 

    2.y aller seule (viva la libertà, on va et on vient comme on veut, on mange où et quand on veut, on rentre à l'heure qu'on veut) 

    3.y aller avec une amie (c'est toujours agréable d'avoir quelqu'un avec qui échanger ses impressions) 

    4.y aller avec sa mère (en espérant lui faire plaisir) 

    ***

    vous avez deviné? 

    ***

    - Tu es libre, samedi prochain? lui demande-t-elle au téléphone.

    - Mais oui!

    - Alors je t'emmène à Bruxelles, à la foire aux antiquaires, à Tour et Taxis.

    - D'accord! mais je dois être rentrée pour sept heures!

    - Pas de problème! On rentrera par le train de cinq heures, ça nous laisse largement le temps.

    ***

    Finalement, on a dû quitter la foire vers deux heures, parce qu'il fallait attraper le train de trois heures, parce qu'elle voulait être à la maison à six heures et demie, et qu'il n'y a qu'un train toutes les deux heures, et qu'au lieu de pouvoir visiter la foire à l'aise jusqu'à cinq heures... - sans compter le temps passé au restaurant à déguster du canard, et à boire un café, et la queue au vestiaire (deux fois) et les quatre passages aux toilettes - vous suivez toujours?

    Bref, la visite à la BRAFA a été une véritable course contre la montre.

    01-31 (2) - kopie.JPG

    pas question de se poser un instant sur un banc, comme le monsieur de Folon 

    cool

    merci aux responsables de m'avoir permis de prendre cette photo

     

  • Adrienne aime les nuages

    Les couleurs du temps 

    Ciel rose et bleu de janvier 

    Au petit matin 

    2016-01-22 (1) - kopie.JPG

    2016-01-22 (2) - kopie.JPG

     Fins moutonnements 

    Dans le ciel bleu de décembre 

    Beauté de l'hiver 

    dec 15 (3) - kopie.JPG

    dec 15 (9) - kopie.JPG

    pour le projet photo du hibou

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 5 - nuage

  • Première fois

    C'est une fille de la campagne et ça fait partie de son charme. C'est une créature de soleil qui vit à l'ombre de sa province, de son clocher. 

    Elle rentre par les champs quand un jeune homme vêtu de noir s'approche d'elle avec sur le dos l'attirail d'un peintre. Elle ressent tout de suite pour lui une si vive attirance qu'elle se met en colère contre elle-même. Elle voudrait le fuir et n'y arrive pas. 

    Il la regarde marcher depuis un long moment. Peu lui importe qu'elle soit belle ou laide, qu’elle ait la main large et les doigts rougis! Elle a encore les joues rondes de l'âge tendre et ses pas sont au rythme de l'enfance. Elle ne marche pas, elle sautille, elle court, elle virevolte. C’est elle qu’il veut peindre. 

    Trop bouleversée par la demande, elle bredouille des remerciements et des refus en cachant ses mains dans son tablier. Pour la première fois de sa vie, elle commence à comprendre le sens de certaines questions que l'abbé Roland lui pose dans le confessionnal. Elle ne contrôle plus rien. 

    Quand ils arrivent au village en longeant le ruisseau, elle s'imagine qu'un grand nombre de regards sont posés sur elle et ça ne fait qu'ajouter à son trouble. Du côté de la fontaine, les femmes s'arrêtent de battre le linge des vivants et des morts. 

    Etre une enfant douée et avoir le désir d'apprendre, cela n'a pas suffi. Depuis l'âge de douze ans, elle n'a plus eu d’autre livre en mains que son missel des dimanches. Elle n'a rien en commun avec ce beau monsieur vêtu de noir qui la regarde, la palette à la main.

    bricabook207.jpg

    © Julien Ribot 

    écrit pour l'atelier 207 de Leiloona 

    http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-207e-une-photo-quelques-mots/