• Dernier jour, dernier roman

    Le dernier roman de Régine Deforges m'est tombé dans les mains l'autre jour: il trônait parmi les "nouveautés" et si je l'ai lu, c'est parce qu'il parle de Victor Hugo et de la naissance de son oeuvre magistrale, Le dernier jour d'un condamné. 

    Drôle de coïncidence, d'ailleurs, puisque Régine Deforges est décédée alors qu'elle était occupée à la rédaction de ce livre, dont le titre est La Bergère d'Ivry, même si ladite bergère n'est qu'un prétexte vite oublié au fil des pages. 

    Le véritable protagoniste, c'est donc l'ami Victor, jeune et fougueux artiste de 25 ans, apparemment déjà célébrissime (1) et entouré d'amis qui sont toutes les grosses pointures de son temps (2). Heureux homme laughing 

    Dans une préface, Pierre Wiazemsky s'explique sur deux choses: le livre est inachevé mais on n'a pas effectué de corrections, pas même rectifié "certaines invraisemblances" (p.7) et l'auteur a "oublié la Bergère en route" (p.7) mais avait l'intention d'y revenir (3). C'est dommage pour ce qui concerne les corrections et sans doute aussi pour la Bergère, morte deux fois tongue-out

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    https://www.ladifference.fr/la-bergere-d-ivry

    Sinon, qu'en dire? La lecture est facile, agréable et il vaut mieux être fan du grand Victor, parce que ça frise l'hagiographie. 

    Fan sans être pointilleux parce qu'on est souvent assez loin de la biographie ou de l'exactitude historique dans la chronologie. 

    On le pardonnera à Régine Deforges, de mortuis nil nisi bene...

    ***

    (1) au point que même les servantes d'auberge le connaissent et savent réciter ses vers...

    (2) Châteaubriand, Lamartine, Sainte-Beuve, Daumier, Gautier, Béranger, La Fayette, Dumas, Nerval, Pétrus Borel, Charles Nodier... et même Balzac.

    (3) Je me demande bien comment...

  • Z comme Zsa Zsa Zsu

    Entrer dans un musée et y entendre le jazzy sound des cinq filles du groupe Zsa Zsa Zsu  

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    photos prises à Ostende le 13 février 2016 

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    Ostende, c'est là où je serai dès demain 

    cool

  • Y comme You Jane

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    Voilà, c'est fait, ils ont fêté leurs "cent jours". 

    Cette année, le thème choisi était la jungle. 

    Nous avons donc vu des girafes, des lions, des explorateurs.

    Des Rambo, des Tarzan, des mercenaires. 

    Des papillons, des oiseaux multicolores. 

    Et même le docteur Livingstone. 

    prof,école,élève,photo,hibou

    - Ik ben een plant! (Je suis une plante!) m'annonce J*** en entrant dans la salle où les attend un copieux petit déjeuner.

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    La maman de M*** s'est surpassée pour faire de sa fille la fée de la jungle, dans un vaporeux corsage en tulle garni de fleurs et une jupe formée de branches de lierre... 

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    Les seuls à avoir quatre pattes étaient les singes du décor 

    tongue-out

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 13 - quatre pattes

  • X c'est l'inconnu

    On s'est dit: cette perspective sur le tableau n'est qu'illusion d'optique, inventons le cubisme. 

    On s'est dit: cette représentation de la réalité sur le tableau n'est qu'illusion, faisons du Pollock ou du Malévitch.

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    Jackson Pollock, Painting (Silver over Black and White, Yellow and Red) 1948 
    photo prise à l'expo Daniel Buren à Bozar 

    On s'est dit: ce carré blanc sur fond blanc, c'est encore de la représentation, de la peinture, de l'illusion. Rendons-la complète et faisons le tableau-miroir. 

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    L'illusion est complète puisqu'il suffit de se déplacer légèrement pour voir autre chose 

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    une autre lumière reflétée 

     Bertrand Lavier, On Reflexion, 1984 

    On s'est dit: ce cadre autour de la peinture, n'est que l'illusion d'une limite. Pourquoi l'y confiner? Faisons-le disparaître. Ou mieux encore: exploser!  

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    Côme Mosta-HeirtSans titre, 2015 

    L'Adrienne s'en est retournée fort songeuse. Illusion de relief en mettant d'épaisses gouttes de peinture sur la toile ou en lacérant le canevas de deux coups de couteaux... why not? 

    art,expo,bruxelles,peinture

    Giovanni Anselmo, Oltremare

    Mais que fera-t-on après, quand on aura démonté l'ultime facette de cet art de l'illusion qu'est l'art?  

     

  • W comme windstoot

    Seule sur la digue 
    Seule quand tombe la nuit 
    Seule avec le vent 

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    Léon Spilliaert, De Windstoot, 1904 
    photo prise au Mu.Zee d'Ostende, la ville de Spilliaert.

     

    L'oeil n'est attiré 
    Que par cette tache blanche 
    Nature innocente 

    ***

    De windstoot, c'est ce coup de vent fripon qui soulève les jupons 

    tongue-out

  • V comme voyager

    Le parcours prévu par Daniel Buren à Bozar est une sorte de voyage dans l'art contemporain et ses œuvres maîtresses: étape par étape, il nous fait découvrir celles qu'il a "étoilées". 

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    On est à Venise avec Claude Monet, Le Grand Canal. (1908) 

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    On est Icare avec Matisse (1947)

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    On est dans le train avec Sophie Calle (2007)

    Prenez soin de vous - portrait d'Alice Lenay

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 12 - voyager 

  • U comme un jour

    Le message d'un enfant réfugié a suscité de belles réponses 

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    Sur fb et tw*tt*r, des Bruxellois ont offert une chambre, un repas, à des inconnus bloqués dans la ville.  

    Des automobilistes ont proposé les places libres de leur véhicule pour ramener chez eux les travailleurs après la fermeture des gares.  

    Les hôpitaux ont dû renvoyer chez eux les donneurs de sang, tellement il y en avait. 

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    Du rarement vu: des messages de remerciements non seulement pour le personnel soignant et les pompiers, mais aussi pour la police et l'armée. 

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    Les enfants de six ans ont posé les bonnes questions: "Waarom?" Pourquoi? 

    Et puis il y a l'humour belge, comme celui de Gui-Home, que mes élèves néerlandophones ont découvert avant moi... 

    Moi je leur montre Brel.  

    Tout ça, on l'a fait quand on s'est réveillés le 23 

  • T comme traître

    L'Oncle de Bruxelles et son neveu chti-breton ont quelques points communs, comme par exemple celui d'être de foisonnantes mines de renseignements. 

    C'est ainsi que grâce à l'Oncle j'ai découvert James Hadley Chase et grâce au neveu Les Douze Chaises, dont voici l'incipit: 

       Dans la ville provinciale de N étaient si nombreux établissements de coiffure et bureau de funérailles, semblait-il, les résidents sont nés seulement de se raser, de se raser, se rafraîchir la tête de vezhetalem et immédiatement mourir. Et en fait dans la ville provinciale de N personnes sont nés, morts et rasé assez rare. La vie de la ville était le plus silencieux. soirées de printemps étaient charmants, la saleté sous la lune brillait comme l'anthracite, et tous les jeunes gens de la ville à un tel degré était en amour avec le secrétaire du comité local Kommunalnik il a été tout simplement l'empêcher de percevoir les droits d'adhésion.  

    Les questions de l' amour et la mort ne sont pas inquiets Ippolit Matveïevitch Vorobyaninov, bien que ces questions, en vertu de son service, il était en frais auprès de 9 heures du matin à 5 h tous lesjours, avec pause d'une demi-heure pour le déjeuner. 

    Ce joli travail de traduction du russe vers le français est l'oeuvre d'une machine intelligente, mais pas encore de même niveau que celle qui a battu dernièrement le champion mondial au jeu de go ni de cette autre qui a eu raison de maîtres aux échecs. 

    Ou alors ça veut dire que la traduction est un jeu cérébral de plus haut vol tongue-out

    Sinon, on peut aussi continuer à évoluer vers une seule langue universelle - et je veux bien, à condition que ce soit celle de l'amour...

    One World from Poolhert Productions on Vimeo.

  • Stupeur et tremblements

    La table et les meubles de ma grand-mère étaient assortis de six chaises comme celle-ci: 

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    J'ai gardé les meubles, donné la table et quatre chaises. 

    Inutile d'être expert en calcul mental pour faire la soustraction 

    6 - 4 = 2 

    Or, qu'est-ce que j'ai constaté le jour du déménagement? 

    Des deux chaises que je m'étais gardées, il n'en restait qu'une... 

    *** 

    Jamais je ne saurai ce qu'est devenue l'autre. 

    Si ça vous inspire une idée de roman, ne vous gênez pas! 

    cool 

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 12 - chaise

  • 22 rencontres (8)

    Ils sont montés dans le même compartiment et quand Madame le voit, elle lui fait un grand sourire. Alors il se lève et vient s'asseoir en face d'elle. 

    Ils vont donc bavarder. 

    - Chaque fois que je vois une Mme Z., je lui demande comment tu vas et parfois c'est ta maman, parfois c'est ta tante, je me trompe tout le temps!

    - Pourtant, elles ne se ressemblent pas...

    Madame a envie de répondre qu'elles ont la même taille, la même morphologie qu'on devine sous le foulard et la longue robe, le même sourire... 

    D'ailleurs, ce sont deux sœurs ayant épousé deux frères, même leurs enfants se ressemblent tongue-outCe qui fait que quand Madame rencontre un petit Z. et qu'elle lui demande s'il est le frère de Mohamed, il y a une chance sur deux pour que la réponse soit non. Ou oui. 

    Il fait des études d'économie à l'université. La deuxième année est beaucoup plus difficile, dit-il, mais il a réussi tous les examens de la session de janvier, ce qui rend Madame très heureuse, évidemment. 

    - Et tes cours de français, comment sont-ils? 

    Justement, il avait l'intention de réviser quelques pages de vocabulaire pendant le trajet. Il les montre à Madame et la conversation continue sur les langues, l'économie, la vie d'étudiant, le choix du campus bruxellois (1).

    - Tu n'as plus du tout de philosophie? demande Madame, qui se souvient qu'il se contentait de régurgiter poliment Voltaire et Montesquieu. 

    Alors il se met à parler avec feu d'un prof qu'il a eu la chance d'avoir l'an dernier (2). Son enthousiasme a quelque chose de touchant. 

    - Je vois, dit Madame en riant, que tu as découvert le bonheur d'apprendre. (3) 

    Elle doute qu'il se souvienne d'avoir lu ce texte en classe avec elle mais elle est heureuse de sa réponse convaincue: oui, il a découvert le bonheur d'apprendre. 

    Et ce, avec le cours auquel il s'attendait le moins, lui qui a toujours été uniquement passionné de maths et d'économie: la philosophie. 

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    (1) https://nl.wikipedia.org/wiki/Katholieke_Universiteit_Leuven_campus_Brussel

    (2) https://nl.wikipedia.org/wiki/Dirk_De_Schutter

    (3) texte de François de Closets ici: Le bonheur d'apprendre

     

  • R comme recalé!

    J'ai longtemps hésité, parce que c'est toujours plus agréable de dire du bien d'un livre que de le critiquer. Mais plus j'y pense, plus je me demande d'où vient cet engouement planétaire pour un bouquin bourré de fautes de grammaire (1), d'orthographe (2) et de clichés. 

    Impossible de dire ce qui m'a le plus gênée. Les fautes sont tellement nombreuses que je m'étonne qu'aucun critique littéraire ne mentionne ce fait. Si nombreuses que je m'étonne que les éditions Au diable Vauvert ne disposent pas de correcteurs. Que je m'étonne qu'aucun blogueur ne s'en étonne.  

    Même remarque pour les clichés. Peut-être cela a-t-il quelque chose de rassurant pour le lecteur, l'association de 'sec' + 'comme un coup de trique' et autres expressions usées, mais d'un auteur on attend tout de même mieux que cette accumulation: les vieilles dames ont forcément des cheveux "violine" et sentent l'eau de Cologne, une Ivoirienne est forcément "rigolarde" et en boubou multicolore , les "mauvais" et leur méchante machine mangeuse de livres portent des noms à consonance étrangère, Kowalski, Brunner, Zerstor et s'accompagnent de tout un vocabulaire nazi, depuis la couleur vert-de-gris jusqu'au mot génocide. Il me semble qu'à ce point-là, on ne peut pas parler d'humour ni de clin d’œil. 

    Bref, un bouquin dont la première moitié a des promesses de fable moderne (un homme épris de littérature travaille dans une usine qui recycle les surplus de livres pour en faire de la pâte à papier) et la seconde moitié raconte une bluette (l'homme trouve une clé USB qui contient 72 pages du journal intime d'une dame pipi, on quitte le génocide pour la love story). 

    Les clichés ne manquent pas non plus dès qu'on en arrive aux dames pipi et à leur public. Pourquoi en serait-il autrement dans un livre où ils abondent? Mais je vous les épargne tongue-out

    Mon reproche le plus grave concerne l'histoire: pourquoi avoir complètement abandonné la fable à mi-chemin pour passer à la bluette? Peut-on impunément faire de l'héroïne de la deuxième partie une sorte de clone (en plus jeune) de la concierge de Muriel Barbery (3)? Comment est-il possible de créer un personnage féru de théâtre classique et amoureux de l'alexandrin, et de commettre des erreurs dans la citation des extraits? (4) Enfin, est-ce que personne n'a relu ce manuscrit pour y déceler les incohérences? (5)

    Bref, il y a de l'idée, il y a du "feel good" dans ce monde de brutes et la fable se change en conte de fées. 

    Voilà sans doute où réside le secret de son succès. Il paraît même qu'on va en faire un film. 

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    http://www.20minutes.fr/culture/1388141-20140529-liseur-6h27-futur-best-seller

    (1) l'accord du verbe avec le sujet, l'accord du participe passé et tous les autres accords à faire ou à ne pas faire posent problème: l'empreinte tiède que son corps avait laissé, p.10;les tuiles transformait les 36 m² en fournaise, p.54; lorsqu'une grande colère ou une émotion le submergeait, p.56; le vieux et son fauteuil roulant avait déboulé, p.70; flambants neufs, p.78; c'est toi qui parle, p.85; on mange à onze heures et demi, p.90 et p.93, ce n'est donc pas un hasard; j'en ai mangées,  p.157... je suppose que ça suffit comme exemples?

    conjugaisons: le jeune homme s'endormît, p.57; le chef avait du se foutre de sa gueule, p.62; que personne n'ai pensé, p.73... etc, je ne vais pas continuer jusqu'à la page 218. Plus la confusion entre le futur simple et le conditionnel présent. 

    (2) décrépi, p.16; celle des anciens missels quand il était enfant de cœur, p.56; ce sera moins fatiguant, p.89; "quoi que" systématiquement confondu avec "quoique", le remord, en mon fort intérieur, la gente féminine, réfréner... la liste est longue, fort longue. 

    (3) L'élégance du hérisson

    (4) ce personnage s'appelle Yvon Grimbert et ne parle qu'en alexandrins, soit des créations personnelles, soit des extraits de Racine, Corneille et Molière. Un exemple d'erreur (Phèdre): "qui va du dieu des morts déshonorer ma couche" (p.202)

    (5) pendant le trajet du matin en RER, il a le temps de lire à haute voix une dizaine de doubles pages; à la maison de retraite, une heure et demie de temps s'est écoulée pendant la lecture de deux ou trois de ces mêmes doubles pages: combien de temps dure ce trajet en RER? vingt minutes! (p.53)

    autre exemple: un homme en fauteuil roulant a tout un mur de son appartement "mangé" par des étagères recouvertes de livres qu'il passe son temps à épousseter... 758 livres! Même moi qui ne suis pas en fauteuil roulant, il me faudrait une échelle tongue-out

     

  • Le bilan du 20

    Ce n'est pas bien, je sais, ce n'est pas bien. 

    Voilà trois semaines que je n'ai plus touché le piano. 

    Trois semaines que je ne suis plus allée au cours de solfège. 

    Et trois semaines que j'écris mes petits mots d'excuses à ma prof de piano et de solfège. 

    Ce n'est pas bien, je sais, ce n'est pas bien. 

     

  • Question: un panier, oui, mais lequel?

    J'ai failli opter pour le plus prosaïque de tous, l'énorme panier de linge sale qui attend d'être lavé et étendu au soleil. 

    Puis j'ai pensé au panier rapporté de Tunisie par une amie: il est à l'école, avec les bottillons rouges que Madame met parfois quand elle a un sursaut d'élégance. 

    Finalement, c'est celui-ci qui a gagné:

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    Pour moi, "panier" sera toujours associé à "chats" 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 11 - panier 

  • P comme pas de panique!

    Un père violent et absent, une mère psychotique. Des dettes jusqu'au cou. Aucun autre lien familial. Il n'a personne. 

    Sauf Madame qui essaie de le sortir de là et se heurte à des murs. 

    Pourtant, ça s'appelle Protection de la jeunesse, ces murs. 

    Des murs de tracasseries juridiques et administratives. 

     

  • O comme oiseau

    Comme j'ai pris le train le week-end dernier, j'ai enfin lu La langue des papillons, une nouvelle de Manuel Rivas.

    Une présentation du livre ici chez Gallimard

    Dans cette nouvelle, un oiseau très particulier est cité, le ptilonorhynque, qui décore son nid de bleu et est même capable de faire de la peinture bleue pour mieux attirer une femelle dans son intérieur coloré. 

    Le jardinier satiné par RCavignaux

    Voilà comme les choses sont simples, aujourd'hui... Un mot nous intrigue? Nous tapotons notre clavier et nous avons des réponses, des images et des vidéos. 

    J'ai du mal à me souvenir comment je faisais, à vingt ans, pour me documenter en vue de mon mémoire de licence (ce qu'on appelle aujourd'hui un master). Des heures infructueuses, des journées perdues à lire des tas de documents dans des bibliothèques, avant de trouver les bons. Des milliers de notes griffonnées. La mauvaise humeur du bibliothécaire, vieil homme bougon qui semblait préférer qu'aucun étudiant ne vienne lui demander de livres. 

    C'était, quand j'y repense, vraiment une autre époque tongue-out

  • N comme nature

    Dimanche, l'Adrienne a emmené sa mère visiter un projet écologique... 

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    un chauffeur en voiturette électrique les y conduit 

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    il y a la rivière, il y a la forêt... 

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    et après une belle rangée de hêtres 

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    le paysage s'ouvre sur des étangs 

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    dont le plus grand a des allures de petit lac 

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    d'une eau parfaitement limpide. 

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    Vous qui connaissez l'Adrienne 

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    vous imaginez sa frénésie à photographier des arbres 

    et à se réjouir le cœur de chants d'oiseaux.

  • M comme merveille

    Samedi matin 

    il fait -1°C 

    et au moment d'aller à la gare 

    tu vois ton pot de fleurs 

    qui commence à devenir bien bleu 

    alors tu sors l'appareil 

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    Samedi soir 

    il fait 10°C 

    quand tu reviens de la gare 

    et tu vois ton pot de fleurs 

    devenu tout à fait bleu 

    alors tu reprends ton appareil 

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    et tu remercies 

    tes crocus et tes jacinthes 

    pour leur vélocité: 

    grâce à elles

    tu as enfin trouvé 

    comment illustrer 

    le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 11 - rapidité

  • L comme lignes

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    Samedi dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'expo de Daniel Buren, accompagnée des commentaires (plus que nécessaires) d'une charmante guide. 

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    Comme vous pouvez le voir, la "touche" Buren est bien présente dès le hall d'entrée. 

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    Après, c'est "le parcours du combattant" ou le "jeu de piste" ou le puzzle géant ou la carte qui vous guide vers diverses îles aux trésors: chaque salle comporte des œuvres d'artistes - principalement des 20e et 21e siècles - qui ont eu une influence sur son propre travail ou sur son parcours de vie. 

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    J'y ai passé plus de deux heures debout à écouter notre guide, ça m'a cassé le dos, mais je suis tout de même bien contente de l'avoir vue pour ce que ça m'a appris sur une part importante de l'art dit "moderne". 

    J'en reparlerai probablement... on avait le droit de prendre des photos cool 

    Toute l'info sur cette expo

    Daniel Buren à Bozar

  • K comme Koers

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    Là où l'Adrienne habitait autrefois, la petite rue qui donnait sur son cul-de-sac était le lieu, au moins deux ou trois fois par an, du passage d'importantes courses cyclistes. Ce qui obligeait l'Adrienne soit à rester chez elle avec des provisions suffisantes pour tout le week-end, soit à prévoir un séjour ailleurs, où sa mobilité ne serait pas réduite et son ciel moins encombré d'hélicoptères. 

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    Là où l'Adrienne habite aujourd'hui, la rue en béton est le lieu de passage obligé de toutes les courses cyclistes du pays flamand. Ce qui n'est pas peu dire. 

    La première de la saison était le premier week-end de mars. L'Adrienne s'est postée à la fenêtre du premier étage et a enclenché son appareil à chaque fois qu'un coureur se montrait. 

    Malheureusement, entre le moment où on enclenche et celui où la photo est prise, il se passe la seconde nécessaire pour que le cycliste soit déjà hors-champ. 

     La seule preuve du passage d'une course cycliste, c'est l'absence totale de circulation et de voitures garées. 

    tongue-out

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 10 - par la fenêtre 

  • J comme João

    Pour toi, GBalland, en portugais kiss

    En 2011, João Pereira de Souza découvre un pingouin entre les rochers, sur un îlot non loin de Rio de Janeiro. L'animal est très mal en point et il ne faut pas moins d'une semaine pour le débarrasser de tout le mazout qui lui colle au corps. 

    Quand le pingouin est rétabli, il est remis à la mer. 

    Quelques mois plus tard, le revoilà sur l'île. Il retrouve l'homme qui l'a soigné et reste huit mois auprès de lui. Puis retourne sur les lieux de reproduction. 

    On estime que ce pingouin, depuis 2011, nage chaque année environ 8000 kilomètres pour retrouver son sauveur. 

    Les scientifiques et biologistes trouvent cette histoire tout à fait exceptionnelle... 

    Moi je la trouve exceptionnellement belle.

  • I comme inspiration chez Lali

    A une certaine époque, ceux qui voulaient taquiner l'Adrienne lui posaient cette question:

    - Mais dis-moi, tu as combien de chats?

    Comme elle maîtrise très mal l'art du mensonge - sauf peut-être celui par omission - elle rougissait et balbutiait:

    - Euh... quatorze... je pense...

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    Elle ajoutait "je pense" au cas où l'une de ses chattes aurait donné naissance, entre-temps, à une nouvelle nichée.

    La réponse - pour une raison inconnue d'elle jusqu'à ce jour - faisait toujours beaucoup rire son auditoire:

    - Quatorze chats! hahahahahahaha!

    On s'esclaffait, on se tordait, on en avait des larmes aux yeux et des crampes dans les muscles abdominaux... 

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    probablement parce qu'on s'imaginait ce tableau-ci... 

    Lali 464 

    La seule fois où on n'a pas ri, c'est quand elle a répondu "Vingt!" d'un air de défi. Personne n'a voulu le croire tongue-out.

    C'était pourtant l'exacte vérité: quatre matous castrés et trois chattes lubriques qui avaient chacune une nombreuse progéniture.

    La blague n'a pris fin que le jour où l'Adrienne a répondu:

    - Des chats? J'en ai deux.

    Deux chats, ça ne faisait plus rire personne et tout le monde était très déçu.

    C'était pourtant un duo très comique.

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    Pipo et Moussa lisant le journal

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    Pipo et Moussa dormant comme des bûches 

     

  • H comme humanité

    Il y a un tas d'arguments pour les rejeter à la mer. 

    Les arguments économiques, d'abord. 

    Les arguments plus ou moins ouvertement racistes, ensuite.  

    Et toutes ces peurs qui nous sont inoculées... 

    ***

    Il n'y a qu'un seul argument 

    pour les accueillir, 

    c'est l'humanité. 

     

    http://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-en-ligne/article/forteresse-europe-changeons-de-cap-en-2016

  • G comme Galère

    G pas tué G pas volé
    Mais G pas cru ma mère

    Chante le Galérien

    G pas le temps
    G pas le temps

    Chante l'Adrienne

    ce qui est - vous en conviendrez - moins triste mais beaucoup plus monotone

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gal%C3%A9rien

     

  • F comme fotoboek

    001 - kopie (4).JPG

    Sur la couverture de l'épais album, le titre est en anglais: Birth Day. Peut-être pour indiquer dès l'emblée son approche internationale. Planétaire.

    Le sous-titre est en néerlandais: Comment le monde accueille ses enfants. Ou plus littéralement: leur souhaite la bienvenue

    Lieve Blancquaert est une photographe belge (d'expression néerlandaise) qui est très célèbre en Flandre grâce à ses reportages pour la télévision et son engagement humanitaire en faveur des femmes, principalement pour améliorer les conditions précaires (et trop souvent mortelles) dans lesquelles des millions de femmes de par le monde doivent accoucher. 

    002 - kopie (2).JPG

    L'idée de Birth Day a germé dans la capitale afghane, Kaboul. C'est là que j'ai vu pour la première fois dans quelles horribles circonstances des femmes devenaient mères. Plus tard, je l'ai revu au Burundi et au Congo.

    Où et comment un enfant naît, c'est un miroir de la société. Toute sa vie semble déjà fixée par ces deux mètres carrés où sa mère l'a mis au monde. Dans l'utérus, il n'y a pas de place pour la frime. Pauvre, riche, blanc, noir, croyant ou pas... chaque enfant commence par un même premier cri. Ce moment ne dure pas plus d'une fraction de seconde. Après, nous sommes tous différents. Le premier contact, le premier lange définiront le reste de notre vie.

    Ça m'a tellement touchée que l'idée m'est venue de parcourir le monde pour voir de mes propres yeux comment ce monde accueille ses enfants. J'ai rencontré des parents, des grands-parents, des sages-femmes, du personnel médical et des tas d'autres gens qui s'investissent pour les mamans et leurs enfants. Ce que je raconte est basé sur mes expériences personnelles, émouvantes et effarantes. J'ai surtout essayé de ne pas juger mais de comprendre.

    ***

    Voulez-vous que je vous dise? 

    C'est un très beau livre. 

    Émouvant, toujours. 

    Effarant, souvent. 

    ***

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 10 - couverture

    Des photos du livres sont visibles sur le site de Lieve Blancquaert 

    http://www.lieveblancquaert.be/portfolio/birth-day/193

    Et moi, en voyant le thème "couverture", j'avais d'abord pensé à celle-ci: 

    Christine de Pisan: Virelai

       

    Je chante par couverture,
    Mais mieulx plourassent mi œil,
    Ne nul ne scet le traveil
    Que mon pouvre cuer endure.
     
    Pour ce muce ma doulour
    Qu’en nul je ne voy pitié,
    Plus a l’en cause de plour
    Mains treuve l’en d’amistié.
     
    Pour ce plainte ne murmure
    Ne fais de mon piteux dueil ;
    Ainçois ris quant plourer vueil,
    Et sanz rime et sanz mesure
    Je chante par couverture.
     
    Petit porte de valour
    De soy monstrer dehaitié,
    Ne le tiennent qu’a folour
    Ceulz qui ont le cuer haitié
     
    Si n’ay de demonstrer cure
    L’entencion de mon vueil,
    Ains, tout ainsi com je sueil,
    Pour celler ma peine obscure,
    Je chante par couverture.

  • 7 lieux (1)

    Ou comment les tasses à petits motifs bleus Boch made in Belgium font remonter les souvenirs d'enfance. Même des souvenirs de lieux de vacances, où pourtant elles étaient totalement absentes. 

    Quand mini-Adrienne a quatre ans, elle est en vacances à Eguilles (quelque part entre Aix et Salon-de-Provence) avec ses parents.

    Si elle s'en souvient, c'est parce qu'un jour qu'elle s'ennuyait gentiment sous un arbre, dans le parc de l'hôtel, elle s'est évanouie. Elle se rappelle parfaitement que sa grand-mère lui est apparue en vision au moment où elle tournait de l’œil.

    Si ce n'est pas de l'amour, ça?

     souvenir d'enfance,voyage,france

    http://www.france-voyage.com/villes-villages/eguilles-1482.htm

  • E comme ECO-logiques

    Lundi dernier, comme thème pour le débat qu'il devait mener, Ruben avait choisi le sujet des "comportements responsables". 

    Vous voyez d'ici le bonheur de Madame après toutes ces années où personne parmi les élèves ne semblait vraiment s'intéresser à ces problèmes, voire en être conscient (1). 

    - Jetez-vous parfois un détritus à terre? demande Ruben en préambule. 

    Oui, répond à peu près le tiers de la classe devant Madame qui ouvre des yeux grands comme des soucoupes Boch frères n°2. (2) 

    - Mais uniquement sur un sol dur, jamais quand je suis dans la nature, précise Sam, persuadé que ça rend la chose moins grave. 

    D'autres questions leur font avouer leurs petits péchés écologiques: ils oublient souvent d'éteindre en quittant une pièce, ils aiment rester longuement sous la douche et préfèrent encore prendre des bains, ils se font conduire partout en voiture au lieu d'aller à pied ou à vélo...  

    Madame regarde cette belle jeunesse dorée (3) avec attendrissement et inquiétude: que feront-ils si la grande crise annoncée survient? 

    Elle ne peut qu'espérer qu'ils auront du ressort et trouveront les bonnes réponses. 

    examen dec 2015 (3) - kopie.JPG

    dans la classe de Madame, vous ne trouverez pas un détritus à terre 

    cool

    (1) quant à Madame, elle frise l'éco-fanatisme et la radicalisation tongue-out 

    (2) voir le billet d'hier 

    (3) Madame les trouve bien "dorés" parce qu'à 17 ans ils ont vu une bonne partie de la planète, ont le permis de conduire et parfois déjà une voiture personnelle, font du ski l'hiver, la fête chaque week-end et du shopping tous les quatre samedis...

  • D comme détail

    Chez grand-mère Adrienne, le "service de tous les jours" était ce Boch Frères made in Belgium (La Louvière) à motifs bleus dont je parlais hier. 

    005 - kopie.JPG

    Il y a les grandes tasses pour le café au lait du petit déjeuner - voyez le numéro 2 gravé à côté du logo - et les petites - elles portent un numéro 3 - pour le café de l'après-midi avec la cousine Marguerite, la tante Jeanne et l'amie Yvonne. 

    J'aime les utiliser même si leur forme ronde est désuète et leur épaisseur peu raffinée. 

    Ce sont les tasses qui rappellent la toile cirée fleurie ou à rayures, selon les années, le sucre de Tirlemont, si dur à casser en deux, les speculoos Lotus, les biscuits Delacre et Destrooper dans leur boîte en fer blanc, le lait frais qui a bouilli dans son poêlon émaillé et laisse d'horribles "peaux" épaisses dans le café. 

    Ce sont les tasses qui font revivre l'amie Yvonne, la tante Jeanne et la cousine Marguerite, vieilles dames du temps jadis, qui ont connu deux guerres - elles s'en vantaient bien assez tongue-out - l'apparition du téléphone, des automobiles, de la télévision et de tant d'autres choses qu'elles abordaient avec circonspection. 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 9 - gros plan 

  • C comme café

    Ce sont les voyages en Italie qui ont fait que l'Adrienne, buveuse exclusive de thé, a découvert la saveur du café. 

    Découvert et pas redécouvert, car il n'a rien de comparable au café au lait qu'elle a bu chez sa grand-mère pendant toute son enfance, dans les grandes tasses Boch Frères à motifs bleus. 

    L'Homme raillait "la chaude eau" (1) et ne buvait que du café pour lequel il avait un percolateur. L'Adrienne a toujours trouvé le breuvage qui en sortait de qualité plutôt médiocre, même le plus fin des maragogype ne pouvait la convaincre de lâcher ses merveilleux thés de chez Fortnum & Mason.

    C'est la raison pour laquelle, suite à ses séjours chez des amis pourvus d'une magnifique machine à espresso, elle a commencé à rêver d'investir dans du beau matériel. 

    Non pas les dosettes et autres capsules vantées par des acteurs américains mais le fin du fin made in Italy qui coûte malheureusement dix fois plus.

    Et qui encombre aussi beaucoup plus. 

    Elle a failli se l'offrir à Noël. A reculé devant le prix et le volume de l'appareil. Puis elle a vu ceci:  

    café - kopie.jpg

    http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/11/pause-cafe-premiere-partie/

    Encombrement zéro, prix dérisoire, utilisation d'une extrême facilité (2), entretien simplissime, aucune panne à craindre... et surtout, elle fait, selon Guillaume Long, le meilleur des cafés. café2 - kopie.gif

    café3 - kopie.gif

    café3 - kopie (2).gif

    http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/12/pause-cafe-seconde-partie/

     

    Reste à trouver une boutique où ça se vend cool

    ***

    (1) voir Astérix chez les Bretons

    (2) l'Adrienne est une analphabète des modes d'emploi

  • B comme Ballykissangel

    Le vent ne suffisait pas à chasser les nuages. Il semblait au contraire à Marie que malgré les promesses répétées du guide, il les poussait tous vers ce coin de l'Irlande où elle avait décidé de passer la journée. 

    On était encore tôt le matin et l'ombre des quelques arbres s'allongeait sur l'herbe rase. La lumière basse et blanche, les cahots de la route, sa sinuosité surtout, qui la jetait sans cesse à droite et à gauche de son siège dans le minibus, lui faisaient rater toutes ses photos. Seul ce cliché d'une lande assez désolée était de bonne qualité.  

    miletune2.jpg

    Elle ne comprenait pas comme elle avait réussi à prendre une photo sur laquelle n’apparaissait aucun mouton, alors qu'ils étaient des centaines, peut-être des milliers, éparpillés dans le paysage. 

    Et quand le minibus a enfin atteint le but de son voyage, elle a constaté que la pile de sa caméra était à plat et qu'elle n'en avait pas en réserve. 

    Pourtant, c'était à sa demande que le guide avait proposé un arrêt devant le fameux "Fitzgerald's" de Ballykissangel 

    texte écrit pour https://amillemains.wordpress.com/2016/03/01/atelier-n2/

  • A comme Accra et Alkmaar

    Rosemund dort dans le canapé, les mains agrippées à la chemise de Muanza sur qui elle est à moitié couchée. Sa première journée de flânerie dans une ville européenne l'a épuisée. Accra est loin d’être un endroit calme mais baguenauder dans Alkmaar l’a exténuée.

    Accra, Alkmaar. Même si tout est tellement différent ici, elle voit dans la similitude des noms un signe divin, une intervention céleste. Elle se dit que dans ce pays de vertes prairies et de vaches girondes, le bien-être les attend. Un grand enthousiasme s’est mêlé à son étonnement devant les canaux rectilignes, les maisons serrées dont les fenêtres à petits carreaux sans rideaux laissent voir la vie à l’intérieur.

    Tout ici a ce parfum de liberté et de bohème proprette.

    Muanza la regarde dormir et sourit dans l’ombre de leur petit studio au troisième étage sous les toits. Ce n’est peut-être pas encore la fin de l’errance, les circonstances sont loin d’être idéales mais il n’est plus prisonnier de son passé, il n’est plus un paria. Jeter son passeport et ses papiers a été le geste libérateur.

    fiction,muanza,jeu

    libellule rouge du Ghana (Trithemis arteriosa mâle)

    Par Sandy Rae — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17932001

    écrit avec quelques mots d'Asphodèle

    Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier, errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.