• Z comme zélatrice

    A la mi-avril, mon frère était en Belgique avec sa femme et son fils cadet.
    Nous avons - évidemment - parlé de mon père. 

    Et c'est avec une grande fierté - que dis-je? fierté? orgueil de race, comme l'écrirait Delly - que nous avons exhibé, mon frère et moi, notre auriculaire. 

    Là, en plein restaurant. 
    Entre l'entrée et le plat principal. 

    Pour montrer que nous avions hérité du bon patrimoine génétique. 

     DSC00109 - kopie.JPG

    Nous avons, tout comme mon père,
    et nous en sommes grandement fiers, 
    les auriculaires de travers 

    cool

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 17 - patrimoine 

  • Y comme yamamoto kadératé

    Mardi soir, je voyageais paisiblement avec mon fidèle destrier, quand il a exhalé un long soupir.

    Celui qu'on appelle le dernier.

    J'ai tenté de le réanimer.
    Rien n'y a fait.
    Il fallait se rendre à l'évidence.

    C'était devenu un corps sans vie.

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    le voici, en des jours meilleurs...

    ***

    J'ai donc sorti de l'écurie 
    un animal plus jeune 

    que je tenais en réserve pour le jour où... 

    - car l'ancien avait déjà montré quelques signes de grosse fatigue - 

    malheureusement il manque de nerf 
    et de souplesse 

    et de bonne volonté. 

    En un mot: il m'énerve. 

    ***

    Le comble, c'est que contrairement aux avis que je donne moi-même - et que j'ai donnés encore tout récemment à Godelieve - j'ai cru améliorer ses performances en téléchargeant Windows 10 (1)...

    ça va prendre une heure et demie de temps, me dit-on par écran interposé. 

    Trois heures plus tard, 18% de cet "upgrade" avait été réalisé. 
    Je l'ai laissé travailler seul et suis allée dormir... 

    ***

    Le lendemain matin, j'ai tout de suite éliminé un tas d'applications inutiles, pensant rendre son fardeau plus léger. 

    Peine perdue. 

    Une heure plus tard: 

    "Alles is bijna gereed" (2) me dit-il, 
    "zet uw PC niet uit" 

    ***

    Je crois que je vais le remettre à l'écurie 
    et m'en acheter un plus fringant
    qui m'obéira au doigt et à l'oeil. 

    smile

    ***

    (1) dans les commentaires, de nombreuses personnes en semblaient satisfaites...

    (2) tout est presque fini, n'éteignez pas votre ordi

     

  • X c'est l'inconnu

    Tout à coup, je me suis trouvée face à ce mur de BD 

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    qui présente les personnages de Marc Sleen

    Je me demande dans quelle mesure ses BD ont été traduites et je crains fort qu'elles soient très mal connues d'un public autre que néerlandophone... 

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    en bas, à gauche, Petoetje et Petatje, 
    couché dans l'herbe avec sa loupe, le détective Van Zwam, 
    aux pieds de Jan Spier, le génial petit Adhémar, 
    portés à bout de bras par Jan Spier, monsieur et madame Pheip, 
    Nero qui tend la main aux oiseaux 
    et enfin, dans les feuillages, Abraham Tuizentfloot... 

    *** 

    Tout ça fait un bien joli mur 
    que j'ai eu du plaisir à voir 

    cool

  • W comme wablieft?

    Je suppose que c'est volontaire,  

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    ces orthographes fantaisistes,  

    2016-04-23 (5) - kopie.JPG

    mais je n'en ai pas saisi le but...

    ***

    la bourse = beurs

    théâtre = schouwburg 

    théâtre de la Bourse = Beursschouwburg

    ***

    c'est sans doute de l'humour bruxellois flamand

    tongue-out 

     

  • V comme Vends maison de famille

    "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite" ... Chaque vers était écrit de plus en plus gros, jusqu'au dernier, "IL A FILÉ", qui éclaboussait la feuille comme pour se moquer du lecteur trop lent à qui le bonheur venait d'échapper." 

    François-Guillaume Lorrain, Vends maison de famille, Flammarion 2016, p.12

    La maison normande, qui suinte l'humidité et où toute l'activité se concentre dans le jardin potager et fruitier, c'est le bonheur du père. Chaque week-end, il y emmène son épouse et ses deux enfants, qui ont été embrigadés dès leur plus jeune âge pour réaliser un rêve qui n'est pas le leur: vivre en autarcie.

    Le dimanche soir, on rentre à Paris épuisés, la voiture chargée de fruits et de légumes. On finira par élever aussi des poules, des moutons. Qu'il faudra tuer. C'est un travail d'homme, même si l'homme n'est encore qu'un enfant. 

    Un enfant isolé qui, au fil des week-ends et des vacances à travailler sous la dure férule d'un père exigeant, peu aimant, aux colères et aux punitions terribles, rêve d'une autre vie, rêve d'avoir le temps d'aller voir un film au cinéma, de lire un livre, d'avoir un moment de liberté. 

    "Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit: des souvenirs. Le mercredi à treize heures, mon père venait me cueillir à la sortie du collège et je m'affalais sur la banquette arrière, fait comme un rat. Au loin, mes camarades s'en allaient jouer au foot, flirter avec les filles, profiter de l'après-midi. J'étais le rat des villes qu'on kidnappe pour l'emmener à la campagne. Sans doute cela ne lui effleurait-il pas l'esprit que j'en étais malheureux." (p.23)

    Quand l'histoire commence, le narrateur est adulte et vit à l'étranger, le plus loin possible de cette maison de campagne que sa mère a gardée et continue à entretenir seule depuis la mort du père.

    "C'était moi, bien sûr, qui aurais dû m'atteler à cette tâche. Mais depuis plus de deux décennies, je croisais au large, loin de la France, toujours en pointillé. J'étais le bon à rien. A peine arrivé et déjà prêt à repartir, tout juste capable, pour la soulager, de scier une grosse branche ou de porter quelques bûches." (p.11)

    Jusqu'au jour où elle fait une chute et se casse le col du fémur: elle sait que son fils voudra vendre la maison et lui envoie un album photo. 

    Au fil des pages de cet album, le narrateur va découvrir d'autres facettes que ce qu'il a gardé en mémoire depuis l'enfance. Et au-delà des souvenirs pénibles, il va comprendre certaines choses concernant les motivations de son père et son attitude envers sa famille.

    Le livre réussit donc ce double défi: faire resurgir un passé douloureux sans tomber dans l'amertume et les rancœurs. 

    Je le recommande smile 

    Je pense que chacun est comme le narrateur "un adulte irradié par son enfance" et que ce qui est valable pour lui (ou moi) l'est pour tous: "La pile enfouie en moi continuait à émettre ses ondes radioactives."  

    livre,lecture,lecteur,hibou,souvenir d'enfance,maison

    source de la photo: 

    http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=49336&levelCode=litterature 

    *** 

    pour le projet Hibou

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     thème 17 - jardinage

  • U comme una giornata particolare

    Samedi, huit heures du matin 

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    sans que je m'en rende bien compte, 
    sans que ce soit prémédité 

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    mes pas me portent vers la Bourse,
    où normalement je ne vais jamais. 

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    C'est à peine si j'ose photographier,
    comme si c'était impudique,  
    comme un manque de respect. 

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    Ici une réponse à un certain jambon 

    et sur tous les murs, des marques d'espoir. 

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     Bruxelles m'a émue.

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  • T comme Turbine

    La plupart des gens sont favorables aux énergies renouvelables 

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    et trouvent l'installation de turbines et d'éoliennes 

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    évidente, primordiale et indispensable 

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    à condition que ça ne leur gâche pas leur horizon.  

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    Ainsi, il a fallu convaincre les Ostendais 

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    que les éoliennes installées au large
    ne se verraient absolument pas depuis la côte...

    http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_parcs-eoliens-offshore-la-belgique-en-veut-cinq-nouveaux-en-mer-du-nord?id=8696981

    http://www.lesoir.be/842014/article/demain-terre/energie/2015-04-03/l-electricite-pour-800000-menages-grace-aux-eoliennes-cote-belge

    http://economie.fgov.be/fr/consommateurs/Energie/Energies_renouvelables/Eolien_offshore/

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 16 - horizon 

  • Stupeur et tremblements

    Stupeur de l'Adrienne, il y a une quinzaine de jours, en lisant que les fabricants de crayons de couleur sont en rupture de stock. 

    Et vous savez pourquoi? 

    Parce que les adultes ont la rage du coloriage. 

    C'est un article de The Independent qui est à l'origine de nombreux autres dans la presse néerlandophone et francophone (par exemple Libération ou De Volkskrant). 

    De plus, les adultes ne se satisfont pas de "seulement" 36 couleurs, ils préfèrent les boîtes de 72 ou même 120 crayons. Et ils s'offrent la meilleure qualité, celle des crayons pour "artistes". 

    Ainsi, une boîte de 108 crayons Faber Castell à 250 €, ou encore 100 € de plus pour une belle boîte en bois chez Caran d'Ache. 

    Stupeur devant ces adultes qui font des activités enfantines mais avec des investissements "adultes". 

    Et tremblements pour notre planète aux ressources malheureusement pas inépuisables. 

    En bois de cèdre, par exemple. 

    Parce qu'en plus, si on s'achète une boîte de 120 couleurs, on n'en "use" finalement que quelques-unes... et il faut racheter une nouvelle boîte. 

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    330 € pour cette boîte de 120 Faber-Castell

     

  • 22 rencontres (9)

    Lundi dernier, Madame est installée à sa table avec tout son attirail - l'ordinateur, les fiches des conseils de classe, l'aperçu des résultats de tous les carnets de notes depuis septembre, l'agenda, le suivi des élèves en difficulté, tout un déménagement pour se rendre compte finalement qu'il manque encore quelque chose. Le seul problème, c'est qu'on ne sait jamais quoi à l'avance. 

    Quelques collègues sont installés à d'autres tables. Les premiers parents d'élèves arrivent. 

    Un homme entre que Madame reconnaît immédiatement - ô miracle! - comme étant le papa d'une jeune fille qu'elle a eue en classe l'an dernier. Ou il y a deux ans. Et qui s'appelait Louise. Ou peut-être Sofie. Elle n'en est plus très sûre. 

    Lui aussi a reconnu Madame, il vient vers elle, tout sourire. 

    C'est bien gentil, pense Madame, de venir me dire bonjour. Je vais en profiter pour lui demander des nouvelles de Louise. Ou Sofie. 

    - Bonsoir! dit-il en tendant la main. Je suis le papa de Virginie!

    ***

    Bref, 

    le lendemain 

    Madame s'est excusée auprès de Virginie 

    parce qu'elle a eu besoin de huit mois 

    pour découvrir qu'elle était la sœur de Louise. 

    Ou de Sofie. 

    - On ne se ressemble pas? a demandé Virginie. 

    - Non, a dit Madame: la couleur des cheveux est différente, la couleur des yeux... 

    Elle allait continuer mais Virginie hochait déjà vigoureusement la tête: 

    - C'est vrai! dit-elle, on ne se ressemble pas. 

    Et elle en paraissait toute contente.

  • R comme retour à Bruxelles

    Demain soir, je serai de retour à Bruxelles ma belle, où je n'ai plus été depuis le 12 mars. 

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    Je n'irai pas dans des endroits dangereux, 

    ai-je dit à ma mère. 

    Comme si ça existait, 

    des endroits dangereux et pas dangereux...  

     
    Paul Jorion répond aux questions de Patrick Cohen par franceinter

  • Le bilan du 20

    Ils sont cinq à avoir de grosses difficultés en français. Alors depuis la première semaine de janvier, ils sont invités à venir chaque mardi après les cours pour un petit supplément d'explications, d'exercices, et de temps en temps aussi un mini-test. Histoire de découper la matière en petites portions bien digestes. 

    Hier soir, ils étaient supposés connaître le participe passé d'une liste de verbes. Madame leur envoie chaque semaine un rappel du programme de rattrapage à suivre.

    - Ah? dit N., il fallait étudier quelque chose pour aujourd'hui?

    - Je n'ai pas pu réviser, dit C., je me suis foulé la cheville. 

    - J'ai étudié un peu, dit Z., mais j'ai encore d'autres matières... 

    Z. a encore de la grammaire à rattraper depuis fin janvier: les pronoms personnels. Mais sa mère lui interdit d'étudier pendant les vacances et pendant l'année, il n'a pas le temps. 

     

    Bref, il y a des moments où Madame se demande pourquoi elle fait des heures supplémentaires. 

  • P comme pain

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    C'est la chaleur qui fait que le pain monte bien 

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    C'est la chaleur des briquettes de charbon qui a sauvé l'Adrienne cet hiver-là où son chauffage était en panne 

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    C'est la chaleur de l'amitié qui fait que l'Adrienne tient debout. 
    Merci à ma nièce qui n'est pas ma nièce et à ma tante qui n'est pas ma tante. 

    kiss

    ***

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 16 - chaleur 

    ***

    parce que l'Adrienne non plus ne vit pas que de pain 

    tongue-out

     

  • O comme orchidées

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    Depuis des semaines déjà, c'est la pleine saison des orchidées 

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    et elles ont du mérite, parce qu'il suffit que je les déplace, arrose, époussette... pour qu'il y ait des dégâts collatéraux... 

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    Heureusement elles sont gaillardes et généreuses 

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    et chacune d'entre elles me relie à ceux qui me l'ont offerte, 

     

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    c'est aussi pour cela qu'il faut en prendre bien soin 

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    10 ans déjà que François n'est plus là.

  • M comme musique

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    Le grand escalier de l'académie est aussi le lieu où se donnent les concerts: 

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    soit les marches servent de siège au public et les musiciens sont au niveau du sol - les pianistes, par exemple - soit chœur et orchestre sont disposés sur les marches et le public est au niveau du sol. 

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    Pour l'Adrienne, ce sera bientôt l'heure des examens de solfège: clé de sol et clé de fa...

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 15 - sol 

    il y a le sol de l'académie

    et la clé de sol 

  • L comme Laurent-Perrier

    - A quoi bon être riche si ce n'est pour boire d'excellents champagnes? Vous qui êtes obsédé par l'or, ne savez-vous pas que le champagne en est la version fluide?

    Amélie Nothomb, Barbe bleue, Albin-Michel 2012, p.50

    - L'inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes: il a transformé l'or en grenadine.

    idem, p.59

    - Du Laurent-Perrier cuvée Grand Siècle! Vous avez bien fait les choses! Je débouche!

    idem, p.66

    - C'est du velours, ce champagne. Du velours doré. Incroyable, dit-elle.

    idem, p.78, en parlant du Dom Pérignon 1976

    - Il y a un réconfort que seul le grand champagne procure, soupira-t-elle.

    idem, p.135, un Krug grande cuvée brut

    - C'est la plus belle des bouteilles de champagne. Elle a incroyablement réussi l'osmose du cristal et de l'or.

    idem, p.151, le Cristal-Roederer

     

    - Le bon champagne aide à penser, dit-elle.

    idem, p.156

    C'est ainsi qu'au fil de l'histoire, on entend à intervalles réguliers "le plus beau bruit du monde:" (p.152) une bouteille de champagne qui perd son bouchon. 

    nothomb.jpg

    source de la photo  

    http://www.albin-michel.fr/Barbe-bleue-EAN=9782226242969

     

    59 

  • N comme neveu

    Qu'est-ce qui fait le bonheur de l'Adrienne? 

    Les enfants des autres. 

    Ses élèves. 

    Ses neveux, ses nièces. 

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    Le cadet de la famille, 16 ans, qui fait semblant de jouer du piano 

    cool

  • K comme kopeck

    L'Adrienne n'ira sans doute jamais en Russie parce qu'elle est persuadée qu'il faut connaître la langue pour apprécier le pays et rencontrer ses habitants. Or, elle ne connaît que trois ou quatre mots de russe, grâce à la comtesse de Ségur: dourak, kopeck, isba, moujik. Autrement dit, des mots en réponse desquels on risque plus l'insulte que les félicitations tongue-out 

    « Je la remerciai, et je pris de toute la vitesse de mes jambes le chemin que cette bonne fille m’avait indiqué. Je courus pendant plusieurs heures, me croyant toujours poursuivi. Mon voyage devint de plus en plus périlleux à mesure que j’approchais du centre de la Russie. J’osais à peine acheter du pain pour soutenir ma misérable existence, quand me trouvai près de Smolensk, dans les bois de votre excellent oncle, dont j’ignorais le séjour dans le pays ; je n’avais rien pris depuis deux jours et je n’avais plus un kopeck pour acheter un morceau de pain. Il y avait près d’un an que j’avais quitté Ékatérininski-Zavod, un an que j’errais inquiet et tremblant, un an que je priais Dieu de terminer mes souffrances. Elles ont trouvé une heureuse fin, grâce à la généreuse hospitalité de votre bon oncle, grâce à votre bonté à tous, dont je garderai un souvenir reconnaissant jusqu’au dernier jour de mon existence."

    Le général Dourakine, en ligne ici

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    merci à l'ancienne collègue de ma mère qui m'a offert sa collection de livres de la comtesse dans cette édition Hachette des années 1930 illustrée par A. Pécoud. 

    Pour ceux qui voudraient s'initier aux insultes russes, le mot "dourak" et quelques autres ici.

  • J comme jetée

    Depuis juin 2011, un service de bac gratuit relie le centre d'Ostende au Linkeroever. 

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    L'Adrienne, qui rêve de croisière transatlantique tongue-out, l'a donc pris un beau samedi de début avril. 

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    Il part à hauteur de l'Aquarium 

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    et vous dépose de l'autre côté du chenal en quelques minutes. 

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    Le soir on fait longuement la queue 

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    pour le retraverser dans l'autre sens. 

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    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 15 - bac

     

  • I comme inspiration chez Tania

    On lui avait certifié qu'il y avait des sirènes. 

    Qu'on connaissait l'endroit. 

    Qu'on pourrait l'y amener. 

    Bien sûr, ça coûterait de l'argent. 

    Il faut bien vivre, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, il faudrait l'attacher au mât. 

    A cause du chant des sirènes, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, eux, les marins, se mettraient de bons bouchons d'oreilles. 

    Pour la même raison, n'est-ce pas? 

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    Sur un tableau d'Albert Droesbeke (1896-1929)

    toute l'info chez Tania que je remercie

  • H comme hippocampe

    Un jour que mini-Adrienne devait faire un exposé à l'école primaire, elle a choisi de parler de l'hippocampe. Son titre était: "L'hippocampe ou cheval marin". 

    Voilà un épisode que j'avais complètement oublié et qui m'est revenu en mémoire en visitant l'Aquarium d'Ostende.

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    Où je suis tombée en arrêt, fascinée par ce petit hippocampe qui se déplaçait du haut en bas, par légers frétillements. 

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    Il fait à peine quelques centimètres. Pourtant, à l'époque de mon exposé, ce sont les mots "cheval marin" qui m'avaient attirée. Le cheval occupait une des premières places dans mon cœur de petite fille. En rentrant de l'école, je ne manquais jamais de caresser le museau de celui qui était dans une prairie non loin de chez moi. Un jour que son propriétaire m'a vue, il m'a soupçonnée de lui donner des friandises, ce qui était faux. 

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    Ces drôles de sachets, c'est la nursery où les petits sont à l'abri des prédateurs.

     

     

  • G comme guilleret

    Tout guilleret ce début d'avril, entre deux giboulées, coups de grêle, coups de vent et coups de soleil blanc et frais. 

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    Les canards du jardin japonais sont en couple 

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    Tranquilles, les portes de leur domaine sont encore fermées 

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    "Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout" et "ne sont là pour personne" 

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    Les cuistax rutilent sur la digue... 

    C'est le printemps à Ostende! 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 14 - printemps 

     

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Il y a de ces moments où il faut se résigner à utiliser un téléphone: trois ou quatre fois par an, pour fixer un rendez-vous avec les successeurs de Francis, coiffeur-philosophe. 

    - Vous savez, précise l'Adrienne après avoir donné son nom, celle qui vous demande de lui couper les cheveux à sec. 

    Ah! oui, elle voit. 

    Il n'y a personne dans la boutique en ce mardi matin et la coiffeuse s'affaire autour de la tête de l'Adrienne. Dans le miroir, on la voit se bagarrer avec les mêmes épis qui énervaient tellement Francis. Elle s'arrête de couper, perplexe. Ça fait beaucoup rire l'Adrienne: 

    - Vous avez un problème avec mes "corniches"? 

    Car c'est ainsi que dans la famille du père on désignait les mèches qui rebiquent à hauteur des oreilles. 

    Cette coiffeuse-ci appartient à une autre école philosophique: elle croit qu'il ne faut pas contrarier la nature et laisse à l'Adrienne ses ponts d'Avignon. 

    On papote. Ou plutôt elle papote. Elle raconte qu'elle est allée visiter la mosquée de la ville. Qu'elle y a été très bien reçue. Que parfois au salon vient une maman voilée avec sa petite fille et que ça lui a valu le commentaire d'une vieille dame, que "ce n'est pas bon pour le commerce". 

    Le téléphone sonne. La coiffeuse décroche, lève les yeux au ciel, essaie un inutile "je te rappellerai, là je suis au travail". Peu après, elle reprend ses ciseaux. 

    - C'était ma mère, dit-elle.

    Ça, on l'avait deviné. Elle a perdu tout son entrain. 

    - Elle me dit: il y a ta photo dans le journal. De la visite de la mosquée. Elle me dit: Et ça, c'est mauvais pour le commerce! 

    ***

    Alors vous savez quoi? 

    L'Adrienne a décidé de l'aimer doublement, sa nouvelle coiffeuse. 

    Pour preuve de son estime, elle l'appellera désormais 

    Francine, coiffeuse-philosophe.

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    été 1927 
    l'oncle n'a que deux ans et pas encore de "corniches"

     

  • 7 petits extraits

    D'abord, il y a à la fois l'envie et la difficulté d'écrire sur le père et de nombreuses réflexions sur l'écriture, à commencer par celle-ci: 

    "On n'est jamais déçu, avec l'écriture. Quand elle a faim, elle ne cesse de vous mordiller comme un chiot rageur, de japper sur la page: écris-moi! écris-moi! Repoussez-la, elle va faire un tour et revient avec un appétit redoublé."

    Yann Queffélec, L'homme de ma vie, éd. Guérin, 2015, Avant-propos

    Puis il y a l'immense amour pour la mère, morte d'un cancer quand l'auteur avait 21 ans: 

    "Ses quatre enfants (...), maman pensait ne jamais les avoir, pas même le premier. Sur un cliché minute en noir et blanc, (...) on la voit le pire jour de sa vie, juste après la guerre. On venait de lui annoncer qu'elle devait se résigner, et pourquoi pas, à l'adoption."

    Yann Queffélec, L'homme de ma vie, éd. Guérin, 2015, p.17

    Beaucoup d'humour, de l'autodérision aussi, un humour attendri pour les siens... 

    "Ma nounou s'appelait Marie. Elle était brune, jolie, rieuse, elle ressemblait à maman. Je passais mon temps suspendu à son cou. Je crains qu'elle n'ait aujourd'hui recours au déambulateur suite à mes témoignages d'affection réitérés."

    Yann Queffélec, L'homme de ma vie, éd. Guérin, 2015, p.20

    Un humour qui empêche de tomber dans l'amertume quand on mesure la différence entre la part d'amour que reçoivent les uns et les autres dans la fratrie: 

    "Dernier né, baptisé à la clairette de die, photographié sans flash ni déclic, Tanguy resplendit néanmoins sur le degré supérieur dans l'affection des siens. Il arrivait sous le signe du bisou, car nous nous comportâmes envers lui comme des sauterelles avinées dans un champ de maïs."

    Yann Queffélec, L'homme de ma vie, éd. Guérin, 2015, p.21

    Etre le fils d'un grand homme de la littérature, raconté avec drôlerie 

    "Papa se mit en rogne en voyant nos affaires en charpie, nos faces griffées. Combien de Recteurs de l'île de Sein, bonté divine! Combien de phares d'Armen allait-il devoir façonner jour et nuit, combien de cargos en détresse envoyer à la mort sur des récifs embrumés pour élever des saligauds qui lui ruinent le portefeuille quand ils vont jouer au ballon. Et en plus on leur a volé leur ballon à ces deux andouilles! Un ballon: une conférence d'une heure et quart en Afrique pour l'Alliance française!" (p.31-32)

    Comment réussir à pardonner à ce père si peu aimant pour lui alors que depuis sa naissance il met sur un piédestal son fils aîné, Hervé 

    "Kodak à volonté pour cet envoyé du ciel plus divin dans ses langes et ses pleurs qu'une hostie consacrée." (p.18)

    A lui, alors qu'il était encore tout enfant, son père a dit les paroles terribles de rejet: 

    "Tu t'es trompé de famille".

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    quelques critiques dans la presse:

    Télérama

    Paris-Match

    L'Express

     lire un extrait et voir d'autres liens sur le site de la maison d'édition

     

  • E comme Ensor

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    En 1964, Félix Labisse peint ce portrait de James Ensor (décédé en 1949) Il s'y représente à ses côtés, avec la mer comme décor. Le troisième personnage est une figure "folklorique" ostendaise qu'on appelait par dérision "Col & manchette" parce qu'il s'habillait uniquement à la mode de la Belle Epoque, avec haut col dur et grandes manchettes.

    Le titre du tableau est Bonjour Monsieur Ensor
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    La peinture de Labisse et cette photo-ci ont été prises dans la maison de James Ensor

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    Sur cette gravure de 1888, Ensor se représente tel qu'il sera en 1960. Il a 28 ans et ne pense pas devenir centenaire...

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    Et ici le jeune homme de 23 ans smile

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    "Masque constant et sourire sans fin"

  • D comme direct et définitif

    Mardi dernier, je trouve cette petite carte dans ma boite aux lettres: 

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    Ne laissez pas les problèmes envahir votre vie!
    me dit le professeur Alyfa, medium, spécialiste des cas urgents, même des plus désespérés. 

    Et il ajoute: "Grâce à mes dons, je résous vos problèmes une fois pour toutes, quels qu'ils soient: famille, dépression, impuissance, commerce, affaires, agriculture, sorcellerie, chance au jeu, travail, malheur, maladies inconnues et incurables, retour direct et définitif de l'être aimé.

    Le seul don qui lui manque, c'est celui d'écrire sans fautes. 

    ***

    Madame aussi a sa carte de Prof.
    Sauf qu'il n'est pas marqué Prof.
    Ni quels dons elle possède 
    Ni aucune promesse du genre 
    Résultat direct - 100% garantie
    tongue-out

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    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 14 - carte

  • C comme coucher de soleil

    Admirer le ciel, le soleil, les nuages 

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    un vendredi soir où le vent est tombé. 

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    Refaire ce que des milliers de gens ont fait
    des milliers de fois: 

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    photographier le soleil 

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    qui éclairera bientôt d'autres lieux 

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    et s'en réjouir.

  • B comme beau

    C'est beau, la mer 

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    C'est beau, les anémones de mer 

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    C'est beau, la mer de Spilliaert 

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    C'est beau, les baigneuses de Van Rysselberghe 

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    C'est beau, la mer, la plage, les enfants, les bateaux 

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    ***

    Anémones de mer, photo prise au Noordzeeaquarium, Visserskaai 

    Léon Spilliaert, photo prise au Stadsmuseum, Langestraat 69 

    Théo Van Rysselberghe, photo prise au Mu.Zee, Romestraat 11 

  • Adrienne aime le chocolat

    Adrienne aime le chocolat
    noir

    noir
    noir

    en barres, en truffes, en pralines, en gâteaux, en glaçage, en mousse, en crème... 

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    Mais ça, c'est du pain. 

    Noir
    noir
    noir

    Sans un gramme de chocolat

    tongue-out

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 13 - chocolat 

  • Première fois

    La première fois que j'ai entendu un poème de Victor Hugo, je ne savais pas que c'était de lui. Je ne savais même pas qui était Victor Hugo. 

    Pourquoi je raconte ça? Parce que dernièrement, trois éléments d'origines diverses m'ont ramenée à ce souvenir. 

    Il y a d'abord eu la lettre d'Umberto Eco à son plus jeune petit-fils, parue dans l'Espresso et que j'ai relue à l'occasion de son décès en février dernier. "Impara a memoria", lui écrit-il. Apprends par cœur, fais travailler ta mémoire. Même message dans une interview récente de Michel Onfray, où il évoque son père qui, malgré le peu d'années passées sur les bancs d'une école, connaissait par cœur quelques beaux textes littéraires.  

    Puis il y a eu ce billet-souvenir de Bonheur du Jour, dans lequel elle parle des récitations qu'il fallait apprendre à l'école primaire et débiter le soir pour montrer qu'on connaissait sa leçon: "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne..." 

    Enfin, le livre dont je parlais hier, à la gloire du jeune Hugo. 

    Tout ça devait concourir à me rappeler mon grand-père et sa récitation préférée, Après la bataille. Il nous faisait le grand jeu, roulait des yeux terribles sur les passages les plus poignants, 

    Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "
    Le coup passa si près que le chapeau tomba 

    accélérait puis ralentissait le rythme pour s'apaiser dans le dernier vers et déclamer d'un air modestement héroïque:

    "Donne-lui tout de même à boire", dit mon père.  

    Mon petit frère et moi étions sidérés et impressionnés comme si notre grand-père avait été lui-même l'auteur de ce poème. 

    Lui non plus, comme le père de Michel Onfray, n'avait pas usé fort longtemps ses fonds de culotte sur les bancs d'une école. D'abord parce que les Allemands avaient fermé la sienne, en pays flamand. Toute sa vie il en a gardé une sorte de "manque" et il se plaisait à railler ce qu'il appelait "ses universités", ce temps passé dans une petite école wallonne où son père l'avait finalement envoyé, parce qu'il n'aimait pas voir son gamin de dix ans traîner dans les rues et faire les quatre cents coups à une époque aussi dangereuse que l'occupation allemande entre 1914 et 1918. 

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    1939