• Z comme zones

    Une lecture que je vous recommande et je remercie Tania de me l'avoir fait découvrir!

    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=197

    zones.gif

  • Y comme y a de la joie

    Il y a toutes sortes d'émotions dans les souvenirs d'enfance évoqués par les élèves. La joie, la tristesse, la fierté, les regrets.

    Toutes les émotions, tous les défauts humains aussi.

    Est-ce pour faire bonne mesure ou est-ce pour la touche d'humour? Chaque petite histoire pourrait illustrer l'adage "On est toujours puni par où l'on pèche".  

    La gourmande est prise en flagrant délit, la bouche pleine de "pralines".
    La curieuse est tombée dans l'étang où elle voulait admirer les poissons.
    Le désobéissant est resté bloqué dans l'ascenseur qu'il avait élu comme terrain de jeux.

    Demain, l'élève qui un jour a fait brûler sa peluche préférée, raté complètement le petit déjeuner d'anniversaire préparé pour maman, perdu ses parents dans la foule en Allemagne, fait souffrir sa grande sœur, qui s'est fait chouchouter par une amie à qui elle avait fait croire qu'elle avait le bras cassé ou s'est ouvert la lèvre en tombant dans la cour... tous ceux-là reçoivent leur bulletin de fin d'année.

    Avec de nouvelles émotions de toutes sortes, joie, tristesse, fierté regrets.

    Et pour certains encore une fois la preuve qu'"on est toujours puni par où l'on pèche." tongue-out 

    30 juni (2) - kopie.JPG

    Madame et ses collègues voient les vacances s'approcher...

    cool 

    La plus drôle, c'est celle-ci:

    "Finalement, mon père a été d'accord pour qu'on ait un chien et c'est lui qui a choisi le nom. Il l'a appelé JP parce que son patron s'appelle Jean-Pierre alors ça l'amuse beaucoup de crier sur le chien."

  • X c'est l'inconnu

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    Voilà ce qui arrive quand on se promène dans Bruxelles

    et qu'on lève le nez

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    On voit des orangers, des bananiers

    On prend quelques photos

    DSCI3225.JPG

    Puis on poursuit sa route

    sous le soleil d'avril  

    et on oublie de noter

    le nom de ce bijou...

    ***

    pour le projet du Hibou

    semaine 26 - bijou

  • W comme WHY?

    Il y en a qui le font dans l'obscurité des salles de cinéma.
    Parfois même au restaurant.
    Ou au bureau.

    Ils sont nombreux à le faire l'été sur la plage ou dans les dunes.
    Ou sur l'herbe.
    Même dans la boue lors d'un festival de plein air.

    La plupart le font chez eux, évidemment.
    Quelquefois chez les autres.
    Ou dans une chambre d'hôtel.

    Il paraît que c'est bon pour la santé.
    Alors on aurait tort de s'en priver.
    Bien sûr.

    D'ailleurs, moi qui suis chauffeur de taxi, vous pensez bien si j'en ai déjà vu qui le faisaient! 

    lakevio.jpg

    Mais ce que je n'ai pas compris avec ce client-ci, c'est pourquoi il les a enlevées juste avant d'aller se jeter dans cette caillasse!

    ***

    image et consigne chez Lakévio!

    ***

    Dans l'avion,
    dans de nombreux lieux de prière,
    en classe...

    Il y a tant d'endroits où on le fait:

    enlever ses chaussures!

    cool

     

     

  • V comme Voglio una casa

    Voglio una casa, la voglio bella / Je veux une maison, je la veux belle
    Piena di luce come una stella / Pleine de lumière comme une étoile
    Piena di sole e di fortuna / Pleine de soleil et de bonheur
    E sopra il tetto spunti la luna / Et par-dessus le toit se lève la lune
    Piena di riso, piena di pianto / Pleine de rires, pleine de pleurs
    Casa ti sogno, ti sogno tanto / Maison de rêve, je te rêve tant
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa, per tanta gente / Je veux une maison pour beaucoup de gens
    La voglio solida ed accogliente, / Je la veux solide et accueillante,
    Robusta e calda, semplice e vera / Solide et chaleureuse, simple et vraie
    Per farci musica matina e sera / Pour y faire de la musique soir et matin
    E la poesia abbia il suo letto / Et que la poésie y ait son lit
    Voglio abitare sotto a quel tetto. / Je veux habiter sous ce toit.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio ogni casa, che sia abitata / Je veux que chaque maison soit habitée
    E più nessuno dorma per strada / Que plus personne ne dorme dans la rue
    Come un cane a mendicare / A mendier comme un chien
    Perchè non ha più dove andare / Parce qu'il n'a plus où aller
    Come una bestia trattato a sputi / Traité avec mépris comme une bête
    E mai nessuno, nessuno lo aiuti. / Sans que personne jamais ne l'aide.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa per i ragazzi, / Je veux une maison pour les jeunes
    che non sanno mai dove incontrarsi / Qui ne savent pas où se rencontrer
    e per i vecchi, case capienti / Et pour les vieux, de grandes maisons
    che possano vivere con i parenti / Où ils puissent vivre avec la famille
    case non care, per le famiglie / Des maisons pas chères pour les familles
    e che ci nascano figli e figlie. / Et qu'y naissent des fils et des filles.
    Dididindi, Dididindi...

    source du texte / traduction de l'Adrienne

  • U comme un, deux, trois bonheurs!

    A la claire fontaine
    Boire de l'eau glacée

    Chanter il y a longtemps que je t'aime...

    ***

    Dormir huit heures d'affilée
    Etre réveillée par des chants d'oiseaux
    Faire de beaux rêves...

    ***

    Gagner en âge comme en sagesse
    Heureuse de ce qu'on est
    Incurable optimiste...

    ***

    Jeux chez Asphodèle ou le Hibou,
    Krapoveries, Défis du samedi,
    Lakevio, La Licorne, A 1000 mains,
    Mil-et-une, Impromptus...

    Non on ne s'ennuie pas:
    On écrit et on lit
    Pour tous les blogamis.

    Que demander de mieux?
    Rien!

    jeu,blog,les joies d'internet,amitié

    et dans ma rue, des coquelicots pour Coumarine

    cool 

    ***

    Pour Filigrane

    jeu 18

    merci La Licorne!

  • T comme traduction

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre 
    een vrouw van honderd jaar      Une vraie centenaire 
    die veel te veel bewaarde,      Qui conservait de tout 
    ik weet alleen niet waar.      Mais je ne sais pas où

    Wat iemand had vergeten,     Ce qu'on avait oublié,
    wat iemand niet meer zag,     Ce qu'on ne voyait plus,
    wat bijna was versleten,     Ce qui était usé,
    wat in een laatje lag.     Dans un tiroir perdu.

    Wat in antieke kasten      Dans de vieilles armoires
    en diepe putten bleef,      Ou dans de grands trous noirs,
    wat nergens meer in paste,      Ce qui ne marchait plus,
    wat schonkig was en scheef.     Etait laid ou tordu.

    En niet als in de dromen      Et mieux que dans les rêves 
    en elke dag te moe,      Et chaque jour sans trêve
    ze heeft het meegenomen,       Elle l'a emporté
    ik weet niet waar naartoe.      Je ne sais pas où c'est.

    “Er woonde op de aarde” - Joke van Leeuwen
    In: Ozo heppiejer, Versjes van Joke van Leeuwen (Querido, 2012)

    Traduction de l'Adrienne, la plus littérale possible

    juli 2013 (2) - kopie.JPG

    que prouve cette photo?

    1.que l'Adrienne, au moins une fois dans sa vie, est allée au parc à conteneurs

    2.que la chose est si exceptionnelle qu'elle en a fait une photo

    3.qu'elle aurait mieux fait d'attendre: les plaques de gyproc étaient intactes et par après il a fallu en racheter pour le faux plafond des toilettes et du kot" à chauffage

    tongue-out

  • Stupeur et tremblements vénitiens

    C'est un petit ouvrage d'à peine 58 pages dans sa version italienne qui paraît ce mois-ci en traduction française https://diacritik.com/2016/05/18/roberto-ferrucci-venise-est-lagune-venezia-e-laguna/  

    Venezia non è una città di mare. Venezia è laguna.

    Venise n'est pas une cité de la mer. Venise est lagune.

    I veneziani che escono in barca, si aggirano per le sue fragili e bellissime acque verdi, raramente escono a fendere quelle azzurre dell’alto Adriatico. È questo il paradosso enorme di quell’assurdo dibattito su grandi navi sì, grandi navi no. La laguna non è mare. Anche e soprattutto per questo il resto del mondo sa che la risposta a quel falso dilemma è NO.

    Les Vénitiens qui sortent en bateau et se déplacent sur leurs merveilleuses et fragiles eaux vertes, vont rarement jusqu'à celles toutes bleues du haut Adriatique. Voilà le paradoxe énorme de cet absurde débat à propos des grands paquebots oui, grands paquebots non. La lagune n'est pas une mer. C'est aussi et surtout pour cette raison que le reste du monde sait que la réponse à ce faux dilemme est NON.

    E forse oggi Venezia è in mano a qualcuno che la vuole trasformare in un grande contenitore commerciale, di consumo. […] Solo se si ritornerà a pensarla e a rispettarla come città di laguna, accettando la sua preziosa e unica fragilità, Venezia potrà continuare a essere la città più bella e amata al mondo.

    Et aujourd'hui peut-être Venise se trouve entre les mains de celui qui veut la transformer en un haut lieu de commerce et de consommation. [...] Ce n'est qu'en la repensant et respectant comme ville lagunaire, en acceptant sa fragilité unique et précieuse, qu'on pourra la garder comme la ville la plus belle et la plus aimée au monde.

    Le polveri sottili che una grande nave rilascia nell’aria sono l’equivalente di quattordicimila automobili circolanti in un giorno. Un ecomostro in movimento che avanza lento verso il bacino di San Marco. […] Centomila tonnellate d’acciaio che solcano le gracili acque della laguna, milioni di chili che fanno sussultare le pietre di Venezia […] ma lasciano apparentemente intatta l’acqua attorno a loro. […] Salvo che poi, eccolo, qualche minuto dopo, l’effetto risucchio e pistone […] senti all’improvviso la terra sotto ai tuoi piedi agitarsi come fosse preda di una mareggiata […] devastanti sul lungo periodo per le rive e le fondamenta di Venezia. 

    Les particules fines émises par un paquebot sont l'équivalent de 14000 voitures circulant une journée. Un monstre écologique en mouvement qui s'avance lentement vers Saint-Marc. [...] Cent mille tonnes d'acier qui rident les eaux fragiles de la lagune, des millions de kilos qui font tressauter les pierres de Venise [...] mais laissent l'eau tout autour en apparence intacte. [...] Sauf qu'après quelques minutes, par l'effet de remous, tu sens tout à coup la terre s'agiter sous tes pieds, comme en proie à une tempête [...] dévastant les rives et les quais (ou fondations) de Venise.

    Les extraits viennent d'ici http://www.michelecatozzi.it/2015/12/28/venezia-e-laguna-un-pamphlet-contro-le-grandi-navi/ (c'est moi qui ai traduit).

    Des photos absolument sidérantes de ces paquebots géants qui frôlent les rives et les quais de Venise: Are these giant cruise ships destroying Venice?

    venezia.jpg

    photo prise du blog de l'auteur, Roberto Ferrucci: son livre s'inscrit dans la liste des cris d'alarme lancés ici et là.

    venezia2.jpg

    le même triste débat dans un film documentaire allemand de 2012

  • 22 rencontres (11)

  • R comme Rodho

    prof,école,élève

    Rodho, le dessin de la semaine chez Diakritik 

    pour le projet du Hibou

    semaine 25 - oreille

    car il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

    et nos gouvernements ne cessent de se faire tirer l'oreille

    chez nous en Flandre aussi:

    A quoi bon être parmi les plus performants en maths, en sciences et en compréhension de l'écrit, si c'est pour avoir les plus gros décalages selon l'origine sociale?

    un exemple? en maths, 1.Shanghai (Chine) 613 2.Singapour 573 3.Hong-Kong (Chine) 561 4.Taipei chinois 560 5.Corée 554 6.Macao (Chine) 538 7.Japon 536 8.Liechtenstein 535 9.Suisse et Belgique (Communauté flamande)531 (source  enquête Pisa 2012)

    autre exemple? "Shanghai (Chine) a obtenu le score le plus élevé en culture financière ; viennent ensuite la Communauté flamande de Belgique, l’Estonie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la République tchèque et la Pologne." (source enquête PISA 2012)

  • 20 ans

    Sur toutes les photos, on la voit souriante, ravissante, rayonnante de bonheur. 

    Les demoiselles d'honneur, la petite comme les trois grandes, roses et charmantes comme les lendemains qui chantent. 

    Le jeune marié prévenant et empressé, les père, mère, oncles, tantes au sourire bienveillant. Une union approuvée unanimement par les deux familles: c'est assez rare. 

    Un mariage de rêve au soleil de juin. 

    Parfois, ici ou là dans le coin d'une photo, il y a moi, la caméra au poing, l'oeil et l'objectif braqués sur elle. 

    lakévio6.jpg

    jeu et source de l'image chez Lakévio

  • Question existentielle récurrente

    La question qui préoccupe Madame depuis ses débuts, c'est que l'école ne réussit pas assez à être l'"ascenseur social" qu'elle devrait être. 

    "Tout s’y (1) passe comme si le poids du déterminisme, des luttes et conflits de classe, les questions liées au travail, au logement, à la précarité, au manque d’argent, à la ségrégation sociale et géographique, etc. étaient vus comme un ensemble de données exogènes, jamais intériorisées, qui ne relèveraient ni de l’intime, ni du quotidien ni de la vérité profonde des êtres qui en sont l’objet." 

    Olivier Adam, source: Le Noubel Obs, 6 mars 2013 

    Deux élèves de Terminale sont déjà sûrs d'avoir raté leur année: ils ont décroché juste avant les examens.

    Le premier est dans une filière technique qui ne l'intéresse pas mais dans laquelle il a atterri faute de travail. Il vit avec sa mère et ses trois frères dans une petite maison dont les rideaux et les volets sont toujours fermés: sa mère travaille la nuit et dort le jour. 

    Le second est dans une filière professionnelle où il ne fournit que peu d'efforts: il a des problèmes de santé et des parents qui vivent la plupart du temps à l'étranger, lui laissant le soin des deux petits frères. 

    Dans les deux cas, les parents ne sont pas - ou à peine - joignables. Dans les deux cas, il y a précarité financière, obligeant les gamins à s'investir plutôt dans les petits boulots que dans les études. Dans les deux cas, Madame se heurte au déterminisme social. 

    Et elle déteste ça! 

    prof,école,élève
    photo prise à la journée portes ouvertes 

    (1) Dans l'article d'Olivier Adam, il s'agit du roman. Mais c'est parfaitement transposable à l'école. 

     

  • P comme perles de poésie

    Sur le pont Beaurami 

    Il attend son amie 

    Sur le pont Beaumira

    Jamais ne reviendra 

    Mirabeau 

    Rime à beau 

    *** 

    L'élève s'embrouille dans les syllabes 
    Madame s'évade dans les nuages 

    Barimo 
    Maribo 
    Robami 
    Mobari 

    On a ri! 

     

    mirabeau.JPG

    Le pont Mirabeau 
    sous lequel coulent la Seine 
    et les amours d'Apollinaire... 
    source
    de la photo 

     

  • O comme obsession

    "Il y a deux grands clubs d'écrivains: le club Stendhal et le club Perec. Le club Stendhal ne fait pas de plan, c'est mon cas à moi. Stendhal est mon saint patron. Il ne sait pas finir ses romans et tue tout le monde.

    Après, il y a le club Georges Perec, qui fait un cahier des charges. Alors c'est complètement différent: Stendhal, c'est les hystériques, et Perec, c'est les obsessionnels."

    Marie Darieussecq en conversation avec Valérie Moeneclaey, Passa Porta, le 14 mars 2014, in Les présents de l'écriture, éd. Passa Porta Les impressions nouvelles, 2015

    Passa Porta.jpg

    source de l'illustration

     

  • N comme nouvelles perles

    Les premiers oraux d'hier ont donné quelques moments d'hilarité - fort bien contenue, rassurez-vous.

    - Nous disons que nous sommes des crétins mais nous n'agissons pas en crétins.

    Madame se pince les lèvres devant ce beau commentaire d'un passage de Montesquieu et n'ose même pas dire à R* qu'il a un problème de prononciation:

    Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

    Montesquieu, De l'esprit des lois, XV, 5

    perles, prof, école, élève

    tous les chéris de Madame font partie de son programme cool 

     

  • M comme Miller

    Vous êtes tombé sur une photographie d'Adamine dans le Jamaica Star et vous l'avez découpée. C'est une photo en noir et blanc, au grain prononcé, d'une jeune femme de vingt-cinq ans. Le visage est flou, on dirait que le flash a déformé ses traits plutôt qu'il ne les a fait ressortir. Elle est debout derrière une table, on ne la voit donc qu'à partir de la taille. [...]

    Vous avez épinglé cette photo sur la porte, espérant que lorsqu'elle passerait devant, Adamine saisirait soudain un reflet d'elle-même, que le passé lui reviendrait au galop et la submergerait. Ça fait un bail que vous avez commencé ce petit jeu: essayer de lui rendre la mémoire. [...]

    Vous espérez que les souvenirs lui reviennent. Mais surtout, vous voudriez qu'un jour, elle se souvienne de vous.

    Kei Miller, L'authentique Pearline Portious, éd. Zulma 2016, p. 110-111 (traduction de Nathalie Carré)

    littérature, traduction

    J'en avais déjà parlé ici il y a une dizaine de jours...

    Magistral roman à deux voix: il y a d'abord celle du narrateur, qui avance peu à peu à la fois dans l'écriture de son livre et dans son enquête sur son personnage principal, Adamine Bustamante.

    A la voix du narrateur se mêle celle d'Adamine, clairement reconnaissable à son langage mêlé de mots et d'accent antillais.

    Coup de chapeau au travail de la traductrice!

    Les fils se nouent, les pièces s'assemblent, le tout est une construction parfaite qui tient en haleine jusqu'au bout.

    Et non, je n'en dis pas plus, de peur de dévoiler l'intrigue ou le dénouement cool 

    Un coup de coeur!

     

  • L comme le lendemain

    - Et toi, comment tu vas gérer ce problème? demande Madame à un de ses élèves fan de foot.

    - Je vais regarder tous les matches des Diables rouges, répond-il après deux secondes d'hésitation.

    Les autres footeux de la classe acquiescent d'un sourire et d'un signe de tête: ce ne sont pas des événements qui supportent le différé, seul le "live" vaut la peine d'être vécu. Qu'on soit en pleine période d'examens ne change rien à l'affaire.

     duivels3.jpg

    source de la photo

    Dans son coin, au premier rang devant à droite de Madame, Z* rigole doucement. Lui, son truc, c'est le vélo. Mais il regardera tout de même les matches, "pendant mes pauses", dit-il. Z*, c'est celui qui n'a qu'à peine 40% en français:

    - Je me tue à étudier du français et j'ai encore de mauvais résultats! 

    Mais sur le planning que Madame lui a demandé de faire, il a noté qu'il a travaillé dix minutes à son test de grammaire et trois heures à nettoyer son vélo de course.

    Comment résisterait-il, alors, à la folie du foot qui règne depuis des semaines dans tous les étalages, que ce soit un salon de coiffure, une pâtisserie ou un magasin de sous-vêtements?

     duivels2.jpg

    Tout feu tout flamme aussi, les enfants de l'école primaire, lundi matin, jour du premier match des Diables: dès sept heures trente, les premiers arrivés dans la cour donnaient des concerts de vuvuzelas, enveloppés dans des capes tricolores et coiffés de tout l'assortiment de couvre-chefs offerts avec les bacs de bière, les saucissons, la mayonaise, les friandises, les sodas...

    En rentrant chez elle à midi, Madame voit les écrans géants que la ville et les commerçants installent sur les placettes pour que personne n'échappe à Belgique-Italie.

    Madame se dit que si les Diables gagnent, elle l'entendra aux coups de claxon et aux cris de joie sous ses fenêtres...

    duivels.jpg

    pour le projet du Hibou

    semaine 24: feu

  • K comme krak

    L'Adrienne était tranquillement occupée à son bureau

    quand tout à coup

    krak.jpg

    Krak! Dzinng!

     

    La corde qui retenait

    le cadre des ancêtres

    accroché à son clou

    venait de céder

    dans la pièce d'à côté...

    famille 001 (2).JPG

    La famille tout entière

    s'est retrouvée par terre

    dans mille bris de verre...

    ***

    Comme l'Adrienne n'est pas superstitieuse, elle ne croit pas que cela aura des conséquences négatives pour les deux personnes encore vivantes figurant sur la photo parmi les arrière-grands-parents, les grands-oncles et les petits-cousins cool

     

  • J comme (in)justice

    "Un homme, un Monégasque, pas un de ces étrangers errants qu'on rencontre par légions sur ces côtes, un mari, dans un moment de colère, tua sa femme." 

    Ainsi commence la nouvelle de Maupassant, Le condamné à mort.

    "Un homme, un brave père de famille de ma ville, époux soumis et employé modèle, dans un moment de désespoir, tua sa femme."

    Ainsi pourrait commencer la chronique judiciaire du procès dont je parlais hier.

    Dix ans après, les questions restent.

    Dans quelle mesure cet homme était-il coupable et dans quelle mesure était-il victime? Jusqu'à quel point peut-on tenir compte des circonstances qui ont mené au crime? Faut-il prendre en compte le fait qu'il n'y avait aucun risque de récidive, qu'il ne représentait pas de danger pour la société? S'est-on laissé attendrir par sa honte, ses regrets, ses aveux... et ses larmes pendant le témoignage de ses filles?

    Lors du procès, j'ai été pleinement satisfaite de l'heureuse issue - pour lui, pour ses filles. Issue pour laquelle j'avais mis tout mon poids dans la balance.

    Ensuite, en le rencontrant par hasard en ville faisant son marché, j'ai chaque fois eu comme un choc. Une gêne.

    Cet homme, finalement, avait tout de même tué.

  • I comme (in)justice

    Il y aura bientôt dix ans que l'Adrienne a été appelée à siéger dans un jury d'assises.

    Comme le meurtrier était un homme de "sa" ville, vous devinez la suite: elle avait eu sa plus jeune fille en classe.

    L'Adrienne comptait bien sur cet argument pour être dispensée de corvée: comment juger avec équité si on connait de si près une des personnes intéressées? Voilà l'argument qu'elle a utilisé face aux juges et aux avocats.

    Mais c'est le contraire qui a eu lieu: ayant apprécié sa franchise et ses scrupules, c'est précisément elle que le "comité de sélection" voulait voir figurer parmi les membres du jury.

    L'Adrienne a donc dû sécher les cours pendant une semaine et décider si cet homme qui avait tué sa femme était coupable d'avoir agi avec préméditation.

    Aujourd'hui encore elle se demande si elle a bien fait...

    ***

    Dernièrement, ses deux filles ont mis une petite annonce dans le journal pour annoncer le décès de celui qui a tué leur mère.

    Comment vit-on après un tel drame?

  • H comme Hong Kong

    Quand il a dit à ses parents qu'il voulait étudier la sinologie, ils ont manqué d'enthousiasme. A quoi pourrait mener ce genre d'études? se demandait sa mère. D'où lui vient cette idée bizarre? s'interrogeait le père.

    Mais ils ont laissé faire...

    Quand il a été question, deux ans plus tard, d'effectuer un stage de longue durée en Chine, les parents ont manqué d'enthousiasme. C'est tout de même très loin, la Chine, a dit sa mère. Je me demande comment tu vas te débrouiller, là-bas, a dit le père.

    Mais ils ont dû s'incliner et ont installé skype...

    Quand il est revenu de Chine, il avait une fiancée là-bas qui n'attendait que son retour, et des projets plein la tête pour une vie de l'autre côté de la Grande Muraille. Les parents n'ont plus rien dit.

    Ils ont pris l'avion pour aller voir les lieux, les gens, l'appartement, la famille.

    - Ce n'est pas si loin que ça, la Chine, a dit la mère.

    - Il se débrouille bien, là-bas, a dit le père.

     todoliste.jpg

     pour A 1000 mains 

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

    DSCI3265 - Copie.JPG

    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • F comme figaro

    Pour ceux qui aiment lire un petit compte-rendu 
    de la visite chez les successeurs du coiffeur-philosophe 
    il faudra revenir en fin de journée 
    quand l'Adrienne se sera fait couper les cheveux

    smile 

    extrait du Mariage de Figaro 

    sous la direction de René Jacobs

    Figaro: Se a caso Madama la notte ti chiama, din! din! in due passi da quella puoi gir.
    Vien poi l’occasione che vuolmi il padrone, don! don! in tre salti lo vado a servir...

    Susanna: Così se il mattino il caro Contino, din! din! e ti manda tre miglia lontan,
    don! don! a mia porta il diavol lo porta, ed ecco in tre salti … 

     Se vuol ballare, signor Contino, il chitarrino Le suonerò.
    Se vuol venire nella mia scuola, la capriola Le insegnerò.
    Saprò... Ma, piano: Meglio ogni arcano, dissimulando, scoprir potrò.

  • 7 boules

    Sept boules, et elles ne sont pas de cristal. 

    Elles sont d'acier inoxydable... 

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    Sept boules visibles ici sur les neuf 

    dont six qu'on peut visiter 

    ***

    pour le projet 52 du Hibou 

    semaine 23: sphère 

    ***

    et le week-end prochain 

    Adrienne revoit Bruxelles la belle 

    cool

     

  • E comme édulcorant

    Le peintre a rajouté des reflets d'or dans ses cheveux 

    Il lui a mis du rose aux lèvres et aux joues 

    Il a corrigé son léger strabisme 

    Il lui a mis un gros bouquet de reines-marguerites entre les mains 

    Il a assorti le décor à la couleur de sa robe et de ses yeux 

     

    Et tout le monde a trouvé très beau 

    et très ressemblant 

    le portrait de la petite fille morte. 

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    pour Lakévio 

    en souvenir d'une blondinette

  • D comme débile

    Le chocolat, tous les aficionados vous le diront, est excellent pour la mémoire. 

    Aussi, l'Adrienne ne manque pas de s'en offrir une plaquette, de temps en temps. Du noir sucré à la stévia, pour mettre toutes les chances de son côté. 

    Comme on en vend dans son supermarché préféré, il n'y a rien de plus facile: la plaquette passe du rayon dans le caddie et de la caisse au sac à provisions.  

    Dans le fond duquel l'Adrienne l'oublie.

    stevia.jpg

    source image 

    écrit pour le défi du samedi: j'ai la mémoire qui flanche

  • C comme chaussures

    Avant le voyage à Paris, Madame a demandé à ses élèves de réfléchir à un bon thème pour un mini-reportage photo que chacun présenterait au retour.

    Le but est d'éviter de voir 25 fois les mêmes monuments et d'inciter à un regard plus attentif aux détails.

    Opération plus que réussie avec la classe de sciences-humaines dans laquelle certains se sont montrés particulièrement critiques.

    Ainsi Larissa a choisi de nous éduquer en matière de chaussures. Le titre de son mini-reportage est : Les chaussures bizarres vues à Paris.

    Madame y a appris qu'on ne porte pas de chaussures rouges avec un pantalon rouge, que les épaisses semelles blanches sont du dernier plouc et que des modèles "sport" avec des semelles compensées sont l'horreur ultime.

    Quand elles ont vu le regard navré de Madame pour ses pauvres sandales de marche - tellement inélégantes - Larissa et ses copines l'ont rassurée:

    - Chacun porte ce qu'il veut: les vêtements sont le reflet de la personnalité!

    ***

    Au cours suivant, avec ses Terminale, Madame n'a pu s'empêcher de partager son étonnement et ses toutes fraîches expertises.

    - Le vintage, c'est très bien aussi, a dit Simon en conclusion.

    Et chacun a sagement opiné.

    Il est vrai que ce jour-là, Madame portait un pull et un pantalon datant de 1985.

    toms camila.jpg

    Le lendemain, une bride des sandales plates a lâché - probablement suite à un grave choc affectif - et Madame a mis ses sneakers de chez Toms.

    Vous avez vu ses épaisses semelles blanches?

     

  • B comme bébés

    Hier pendant la pause

    Madame et sa collègue

    ont regardé avec une émotion
    mêlée d'un tas d'autres sentiments

    les premières images de la naissance d'un bébé panda

    entre des grillages et sous l'œil des caméras.

    ***

    Espérons que ce bruyant limaçon rose

    s'en tirera

    sur cette drôle de planète

    où un congélateur thaïlandais

    est rempli de bébés tigres

    et où des bébés humains

    meurent noyés en Méditerranée

     

  • Adrienne et Charles

    Le temps a gardé son manteau 
    De vent de froidure et de pluie, 

    N'est pas vêtu de broderie 
    De soleil luisant clair et beau 

    Il n'y a bête ni oiseau 
    Qu'en son jargon ne chante ou crie: 

    Le temps a gardé son manteau! 

    Rivière, fontaine et ruisseau 
    Gonflent leur livrée jolie. 
    Chacun s'enferme bien au chaud: 
    Le temps a gardé son manteau. 

     charles prisonnier.JPG

    Charles prisonnier dans la Tour de Londres
    source wikipedia

  • Première impression

    "Il était une fois une léproserie en Jamaïque. Si vous vouliez aujourd'hui vous y rendre, il vous faudrait trouver un homme répondant au nom d'Ernie McIntyre mais que vous appelleriez simplement Mr Mac parce que - comme lui-même, sa propre mère et tous les autres le précisent avec insistance - c'est sous ce seul nom qu'il est connu." 

    C'est ainsi que commence L'authentique Pearline Portious, du Jamaïcain Kei Miller, dans une excellente traduction de Nathalie Carré aux éditions Zulma (2016) 

    C'est ainsi que ça commence, un peu comme un conte, où l'oralité d'une narratrice se mêle à la voix de l'écrivain, pour ajuster, rectifier, commenter. 

    Et vous êtes définitivement pris par l'histoire. 

    On en reparlera, c'est sûr smile 

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    http://www.zulma.fr/livre-lauthentique-pearline-portious-572131.html