G comme gros lot

Chapitre 1: G comme Gino 

Gino a un passe-temps qu'il partage avec de nombreux Belges, aussi bien du côté flamand que wallon. Il est colombophile. Ça veut dire que dans son jardin il a un kot à pigeons qu'il entraîne à la course. Le dimanche matin, ces petites bêtes acheminées par paniers entiers vers un lieu éloigné de leur domicile, sont relâchées dans un ciel plus ou moins clair et supposées rentrer dare-dare chez elles, retrouver leur duivenkot, leur partenaire, leur nid. Gino et ses copains colombophiles les attendent de pied ferme pour les attraper dès leur arrivée et pouvoir enregistrer leur temps de vol grâce à la bague à faire passer dans la petite machine. (1)

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Chapitre 2: G comme Golden Prince 

Gino est un pro dans son hobby et ses pigeons sont des "coulons futés" (2) qui gagnent tous les concours. Comme son Golden Prince, par exemple, qui a battu tous les records de palmarès en 2014. Alors Gino s'est dit que c'était le moment de rentabiliser son hobby et de passer à autre chose. On peut supposer que madame Gino a envie de prendre des vacances. 

Chapitre 3: G comme gros lot 

C'est ainsi qu'une vedette internationale comme Golden Prince s'est retrouvée à une vente aux enchères - tout se vend aux enchères, même les œufs à couver - et qu'il vient de faire remporter l'ultime gros lot à son propriétaire, 316 000 €, le meilleur prix jamais donné pour un pigeon. Non pas, comme c'est généralement le cas ces dernières années, par un acheteur chinois, mais par un Sud-Africain. 

Article et photos ici... 

cette folie colombophile est à l'origine de quelques chansons narquoises, comme ik zie zo geiren mijn duivenkot, j'aime tant mon pigeonnier, ou cette ode ironique en patois anversois au "blauwe geschelpte", le pigeon aux taches bleutées 

 

 (1) comme je l'ai vu faire par de vieux colombophiles quand j'avais huit ans, je ne sais pas dans quelle mesure ça a évolué cool 

(2) les Wallons d'à côté de là où j'habite disent 'coulon' pour pigeon

Commentaires

  • Chez nous, mon père élevait des pigeons pour manger les pigeonneaux...

  • les "duivenmelkers" que j'ai connus en mangeaient aussi ;-)

  • Je pense que coulon est répandu partout en Wallonie et on dit coulonneux pour colombophile. Cela doit provenir de colombe j'imagine.

  • c'est en effet l'étymologie que donne le Littré en ligne: "ÉTYMOLOGIE
    Latin, columbus. Coulon ou colon était, dans l'ancienne langue, le nom du pigeon."

  • Dans ma normandie natale, j'assistais tous les dimanches matins à un lâcher de pigeons (en camions) qui traversaient la Manche pour retrouver l'Angleterre. Mon père récupérait souvent les égarés et il n'était pas question de les manger ;)

  • nous avons un jour rapporté un égaré à la société colombophile où on nous a froidement dit qu'un pigeon perdu était bon pour passer à la casserole! nous en avons été fort choqués

  • merci aman bou

  • J'ai connu moi aussi les mots "coulon" et "coulonneux". Les Ch'tis ne sont finalement que des Wallons de l'Ouest ! ;-)

  • apparemment, "coulon" est le mot désuet ;-) puisque dans "l'ancienne langue" il désignait le pigeon (mon petit Robert m'apprend que le mot pigeon n'est apparu qu'au 13e siècle, du bas latin pipio)

  • Je ne connais rien à la colombophilie, je ne crois pas que ce soit très répandu ici.
    Mais il y en a eu certainement puisque les patronymes Coulon, de Coulon, Colombin, etc ne sont pas rares.

  • ici http://nl.geneanet.org/familienamen/COULON tu verras une carte avec tous les "Coulon" répertoriés par Généanet :-)

  • Mon grand-père était fier de ses pigeons, de son "champion" quand il gagnait des courses. Je vois encore comme il tenait le pigeon tendrement et déployait son aile pour montrer comme il était beau et fort.

  • je vois le geste!
    :-)

  • Voilà un article qui nous change de la politique : au moins tu ne nous prends pas pour des pigeons !
    ¸¸.•*¨*• ☆

  • j'espère bien!
    ;-)

  • Mon arrière-grand-père maternel (du côté des femmes), qui était aussi forgeron, était colombophile et avait des pigeons. Tout pour les pigeons pensaient sa femme "Boman" et ma grand-mère... Je ne sais pas ce qu'il est advenu de tout cela, mais enfants, ma tante et ma mère ont une fois enfermé leur petit cousin dans une cage à pigeons (c'est possible ça ?) Ce devaient être des cages de bonnes dimensions. L'idée du pigeon à manger ne me plaît pas trop trop... Même aux petits pois.

  • oui c'est possible, le colombophile peut se tenir debout dans son pigeonnier, ce sont de véritables "kot" ou cabanons avec toit, porte et fenêtres :-)

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