W comme wagon de train

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Les trains assourdissants autour de moi hurlaient. 
Grand, mince, pâle, la crinière impétueuse, 
Le regard baissé, la bouche voluptueuse 
Qu'une barbe comme celle du Ché ourlait, 

Il avait l'air noble et absent d'une statue.
Moi, je passais, nerveuse et crispée, espérant
Voir dans son œil, beau regard sombre et conquérant,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Jour après jour, cette fugitive beauté 
Tant de sentiments divers en moi faisait naître, 
Et mille vains espoirs qu'on ne pouvait m'ôter. 

Un jour, sur ce quai... Qui sait? ou jamais peut-être! 
Il m'abordera, demandera où je vais...
C'est ce que je pensais et mon mal s'aggravait.  

*** 

peinture et consignes chez Lakévio, que je remercie! 

vous aurez reconnu le schéma des rimes de la Passante de Baudelaire cool

Commentaires

  • Aux fantasmes du navetteur renouvelés chaque jour, certains préfèrent les heures passées dans les embouteillages. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent ;-)

  • c'est vrai, c'est inouï :-)

  • Quel plaisir de retrouver Ernesto et Bernadette, celle-ci toujours aussi sensible aux côtés gonfleurs du mâle ! ;-)

  • mais elle est devenue moins entreprenante, je trouve ;-)

  • c'est le meilleur des fantasmes ;-)

  • merci aman bou

  • merci pour le compliment, Coumarine :-)

  • Chapeau bas devant autant de finesse dans l'observation et l'expression.

  • oh merci, Nicole, pour ce beau compliment :-)

  • Admiration Adrienne !
    J'aime beaucoup. Tout d'abord pour le poème et puis pour les émois spéciaux à la mémoire revenus au souvenir d'inconnus croisés souvent dans la rue...
    Bravo !

  • hé oui j'avoue, j'avoue... j'ai fantasmé sur de beaux inconnus, dans le train ou ailleurs, j'en ai inventé des vies et des histoires ;-)

  • Ben mon colon ! N'en v'là du pastiche réussi ! Blague à part, j'ai beaucoup aimé !

  • merci Gwen, j'ai beaucoup compté sur mes douze doigts LOL

  • hé oui, c'est le genre de brun ténébreux qui nous fait craquer :-)

  • Que c'est délicieux ces pensées ! La concrétisation anéantirait peut-être la magie. Qu'elle se résigne à ne vivre que cela...

  • ah oui peut-être est-ce un goujat ;-)

  • Lu une fois en silence, puis à haute voix; il sonne tellement bien ton poème, très très réussi bravo pour le travail madame.
    Vrai qu'il fait rêver c't'homme-là...gardons les rêves...
    Bonne journée Adrienne!

  • merci Colo :-)
    ces jours-ci c'est l'hiver au petit matin, le toit plat est blanc de givre, et c'est l'été à midi, avec un grand soleil et des gens qui se promènent en short :-)

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