Première et dernière fois

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Souviens-toi! se disait-elle, généralement quand elle était au volant de sa voiture, arrêtée par un tracteur garé sur le chemin étroit ou par des hordes de motards prenant sa sinueuse ruelle pour un circuit automobile. Il faudra que tu t'en souviennes, le jour où tu auras la nostalgie de ta campagne. 

Te souvenir du fermier qui te coupait tes arbres ou t'aspergeait la haie de désherbant, te souvenir de ses moqueries quand il venait récupérer ses vaches mangeant tes jeunes haricots, piétinant tes précieux semis. 

Te rappeler les matins noirs de l'hiver où tu pataugeais deux kilomètres dans la neige en espérant trouver un bus au village, ou ces fois-là où tu as marché 14 km pour aller à l'école, et qu'il fallait revenir de même le soir, avec aux pieds des bottes en caoutchouc. 

Oui, la neige y était plus féerique qu'en ville, les bois plus beaux qu'ailleurs, l'air plus pur, le silence plus profond, les oiseaux plus colorés. Mais quand tu penseras avec regret aux jacinthes sauvages, aux mûres juteuses, aux fleurs de sureau et aux noisettes, quand tes chats te manqueront, ta famille de hérissons ou le chant de la grive, c'est alors qu'il faudra te souvenir de tout le reste. 

De ton dos cassé sur des travaux trop lourds, des promeneurs du dimanche qui arrachaient tes fleurs, des cyclotouristes qui jetaient leurs détritus dans ton talus. 

Et des chasseurs qui ont tué ton chien.  

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*** 

tableau et consigne chez Lakévio, que je remercie!

Commentaires

  • et bien lister ses arguments entre le coeur et la raison ;-)

  • Ouais, mais ça, c'est un truc pour gens raisonnables, pas pour les grandes sentimentales...

  • c'est pour ça qu'elles ont besoin de ces "quatre grains d'ellébore" que sont les arguments soigneusement choisis et listés ;-).

  • un moyen comme un autre, je dirais ;-)

  • ah tu aimes que je me torture depuis trois ans ;-)
    bises Caro

  • La campagne, c'est bien... le dimanche !
    Je fais plutôt partie de ceux qui "arrachaient la mauvaise herbe", hélas...
    Merci de ce texte sensible.

  • merci à toi, Lakevio!
    (je n'y retourne même plus le dimanche ;-))

  • Il y a des indélicats partout...
    Le calme de la campagne est apaisant, et laisse des moments de répits que l'on retrouve peu en ville.

  • ah oui, c'est sûr, en ville aussi des gens jettent négligemment des détritus!

  • merci, Célestine, même si je me serais bien passée de ce coup de poing ;-)

  • Bien vu et bien écrit ! il faut raison garder dit on souvent ........ et savoir faire des choix en conséquence ! bon 1er mai Adrienne ! bises

  • "il faut raison garder", c'est ce que mon père disait aussi :-)
    merci et bonne journée!

  • merci Aman Bou, bonne fin de journée!

  • Serais-je capable de vivre à la campagne ? Oui sans doute avec tous les avantages que nous offrent nos conditions actuelles, mais je me sens si bien en ville, dans le quartier calme où je vis, où nos jardins occupent le centre d'un vaste quadrilatère de rues dont les plus hautes maisons n'ont qu'un étage... Où geais, rouge-gorges, tourterelles se partagent l'espace avec il est vrai, des pies qui se gavent de nos cerises, et de piafs insolents ...

  • un peu de campagne en ville, voilà qui réunit tous les avantages :-)

  • Ohlala, je dois avoir de la chance mais ma campagne ne m'a jamais fait vivre de telles mésaventures. Le désherbant, les arbres coupés, et surtout la mort du chien, c'est rude quand même :( !
    J'aime vivre à la campagne, mais je crois que je pourrais vivre en ville aussi (petite, la ville, faut pas pousser non plus !).

  • oui, le fermier qui louait la prairie d'à côté m'en a fait voir de toutes les couleurs, il me faisait de plus en plus peur

  • Des avantages et des inconvénients un peu comme partout, sauf peut-être qu'en ville les chasseurs ne peuvent sévir...

  • je conçois que mon texte peut être déplaisant à lire mais comme je viens de le dire à Loulou, cette famille a réussi à me terroriser (mon texte reste très en dessous de la vérité)

  • La campagne je ne pourrais m'en passer mais les voisins on ne les choisit pas... on s'est fait voler par 2 fois on savait que c'était notre premier voisin mais on ne pouvait rien faire. Rien. Un autre dont la femme ne cessait de crier après les enfants. Insupportable. Mais couper des arbres et faire tuer son chien c'est top.

  • et grignoter du terrain en rapprochant la clôture ;-) ah c'était du fermier à la Maupassant ;-)
    pourtant je la regrette, ma belle campagne!

  • de quoi décourager d'aimer la campagne.... même si à la base on l'aimait bien pourtant, mais trop, c'est trop! Ta note ne m'a pas dérangée, juste un peu attristée parce-que c'est dommage quand-même! Un mauvais voisinage est une plaie!

  • oui c'est important de bien s'entendre avec les gens autour de soi, pour se sentir bien quelque part (pour moi c'est même essentiel)

  • La campagne, c'est tout : le meilleur comme le pire... Cela dépend des son état d'esprit ou de ce qu'on souhaite y trouver. Suis passée de la grande ville au petit village pour ma plus grande joie ! Et tant pis pour les désagréments ; je râle un coup et passe à autre chose (bien moins nombreuses que quand j'étais en ville, ces "râleries".)

  • si la maison n'avait pas été mise en vente, j'y serais sans doute encore, dans ma campagne, même avec ces désagréments dont je parle ici

  • Ce n'est pas la campagne qui ètait fautive, mais des gens dèplaisants, comme il peut y en avoir partout. Mais les grives et les jacinthes, ah, c'est sur qu'il doit falloir se repeter souvent pourquoi on les a quittès pour s'en persuader

  • oui, il suffit d'un fermier abusif pour vous pourrir la vie, et celui-là s'y est bien employé, surtout à partir du moment où j'ai vécu seule

  • Moi je me souviens de l'air chantonné, dans la cité luronne : "Peau de lapin" ! ou "rémouleur"... Le matin, j'allais, avant l'heure de l'école chercher le lait, le pot à lait à la main, toujours à Lure. Puis, ici, en sortant du lycée, lampe de poche en main, nous allions trois copines ou deux soeurs, à la ferme voisine, juste après le passage à niveau... Oui, souvenirs, souvenir...

  • le rémouleur passait dans la rue de ma grand-mère quand j'étais toute petite (moins de 8 ans) et le laitier passait avec du lait frais qu'il fallait faire bouillir (et qui faisait de vilaines "peaux" sur le café ;-))

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