D comme Danielle

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Il y a des jours où Danielle change de coiffure et laisse ses cheveux libres, au lieu de les serrer dans un chignon. 

Des jours où elle tourne le dos aux autres et se colle à la vitre avec un livre. 

Des jours où elle garde ses lunettes noires, même à l'intérieur d'une rame de métro. 

Des jours où elle dit à sa gentille collègue, en riant un peu trop fort, qu'elle s'est encore malencontreusement cogné le coin de l’œil à sa table de nuit.  

*** 

consignes et tableau chez Lakévio
que je remercie!

Commentaires

  • merci Mme Chapeau!

  • le plus longtemps possible, c'est vrai, bien vu!

  • L'impuissance à aider l'autre ... je ne m'y ferai jamais. J'espère que cela n'a rien à voir avec le SOS de votre élève.

  • non, rien à voir (même si on a des élèves battus, parfois)

  • Oh ben alors !
    Léger et plain d'espoir, ton texte ce matin.
    C'est bref mais efficace, comme un coup de poing dans le plexus. ( qui lui ne laisse pas de trace)

  • c'est vrai! mais il sait qu'elle servira un bobard à ceux qui s'inquiètent
    (je t'ai envoyé un e-mail il y a un jour ou deux, tu l'as eu ou il est passé aux spam? bises)

  • Chute choc pour un texte qui commence léger...
    Bravo Adrienne, le sujet est important.
    Trop de femmes battues encore sur terre.
    ¸¸.•*¨*• ☆

  • merci Célestine

  • Très joli texte, avec une belle "finale", comme toujours. J'ai eu un choc! Je crois qu'il y a plus de violence conjugale qu'on ne le croit, qu'on croise peut-être une victime tous les jours, sans le savoir...

    A part par l'éducation, je ne vois pas très bien comment y mettre fin.

    Bisous,
    lulu

  • beaucoup plus qu'on ne le croit!
    il faudrait surtout une aide efficace pour que la victime ne soit pas de nouveau victime après avoir parlé

  • Oh ! Terrible... Combien supportent sans trahir l'auteur de leur maltraitance. Trop !
    Merci, Adrienne.

  • oui, vu qu'il y a peu d'issues valables

  • Hé bé dis donc !
    C'est clair et concis !
    Elle devrait songer à coller une baffe à "sa table de nuit" avec le fer à repasser (et sur "fil", pas sur "soie") .
    Quand on se maque avec une table de nuit comme ça, on change de chambre vite fait.
    Il y en a d'autres plus accueillantes, où elle serait câlinée, chauffée, abritée.
    En aucun cas battue.
    Mais bon, ce n'est que mon avis, hein.

  • en théorie, ça marche (c'est un très joli pays, la Théorie ;-))

  • Texte émouvant et situation courante, j'avais une boulangère qui se cognait beaucoup et qui portait des lunettes noires dans sa boulangerie.

  • merci, Heure-Bleue, votre exemple montre bien l'impuissance de la victime et de ceux qui voudraient lui venir en aide

  • Mon épouse peur lui prêter son "chef" forgé pleine soie chez Bargoin à Thiers, longueur de lame 40 cm.
    Comme la dame est forte en excuses bidons, elle n'aura qu'à dire qu'il a dérapé en épluchant les patates.

  • très drôle :-)
    en lisant "mon épouse peut lui prêter..." je croyais que tu allais lui proposer la chambre d'amis :-)

  • Rude problème... Quand mon ex-mari et moi avons été confrontés à un couple où l'homme battait sa femme (mon ex a reçu un coup de poing dans la mâchoire... Je venais juste de quitter le resto avec mon fils, c'étaient les parents d'un petit copain de son école), nous nous sommes retrouvés très démunis. J'en ai parlé à l'école... Au directeur, mais à l'époque, je n'étais pas aussi au fait des adresses que quelques années plus tard. A noter que lorsque j'ai fait un dossier pédagogique sur les images de la citoyenneté au féminin, à mon boulot, l'équipe des chefs a sucré une bonne partie de mon chapitre sur les femmes et la violence, le réduisant à 4 pages. Je leur en veux encore. Et la violence conjugale a ceci de particulier qu'elle traverse absolument tous les milieux...

  • quand un enfant vient nous montrer ses coups et blessures, nous sommes toujours aussi démunis, même après constat (médecin, police) l'enfant doit rentrer chez lui

  • Très beau billet "texte coup de poing" si je puis dire.
    L'endroit est idéal du coup (?) pour placer la krapoverie de vendredi que je n'ai pas osé sortir en public : "Beaucoup de fans de Noir Désir aiment moins Bertrand Cantat depuis qu'il a fait de la prison. C'est frappant."

    OK, je sors !

  • je ne tape que mon clavier :-)

  • c'est le moins qu'on puisse dire ;-)

  • eh bin moi une fois cela m'est arrivé à la porte de mon ancienne garde-robe, lunettes noires mdr la honte biz

  • et on t'a crue quand tu as dit que c'était la faute de l'armoire?
    :-)

  • C'est difficile à comprendre, cette réaction de vouloir protéger son agresseur plutôt que de se protéger soi-même. Et pourtant c'est très fréquent, malheureusement.

  • c'est parce qu'on pense que protéger son agresseur, c'est se protéger soi-même.

  • Oui, sans doute, la peur des conséquences, des représailles.
    Et puis celles qui espèrent toujours que ça va aller mieux, qu'il va changer.

  • que la prochaine fois elle lui donnera tout de suite raison, qu'elle fera en sorte qu'il n'ait jamais de motif de mécontentement...

  • Un texte tout en subtilité mais qui dit clairement.
    Il y a trop de Danielle beaucoup trop... piégée bien souvent par un manque de confiance en soi. Le déni semble leur seule porte de sortie jusqu'au moment où un drame où une prise de conscience les sortent de là.

  • merci Maty!
    c'est tout à fait ça!

  • Brrrr .......... chacun de tes mots résonne juste .... des cas tellement fréquents malheureusement et si peu de solutions valables ....

  • peu de solutions valables, je le pense aussi!
    bonne journée, Colette

  • Pour moi ce D a très longtemps été associé à une Danielle. La seconde lettre était le N et ces deux initiales ornaient les pages de mes cahiers et bouquins de lycée......

  • bon, si j'ai bien compris tu ne la frappais pas mais elle t'avait tapé dans l'oeil ;-)

  • visiblement, Danielle n'est pas Joséphine ;-)

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