H comme horions (verbaux)

Rivées à leur mini-clavier, à leur écran miniature, elles échangent des horions. De bonnes grosses baffes verbales qui font très mal. Qui laissent des traces. Qu'on peut photographier, envoyer à d'autres, conserver, montrer. Au petit ami, à d'autres copines: non mais tu as vu comment elle me traite? tu as vu ce qu'elle ose me dire? 

Et chacun se jette dans la mêlée et donne à son tour quelques coups plus ou moins bas.  

C'est un engrenage dont elles ne réussissent plus à sortir et qui dure depuis des semaines. 

Alors que voulez-vous, Madame a fini par s'en mêler, au risque de se prendre quelques baffes elle aussi. 

Pourtant la solution est simple: vous voulez vraiment que ça cesse? vous voulez vraiment vous réconcilier? alors éteignez vos smartphones et parlez-vous autour d'une table. Je veux même jouer les arbitres. 

*** 

le comble, c'est qu'au plus fort de la bataille elles avaient cours chez une collègue de psychologie: "comment régler les conflits? comment vivre ensemble dans la paix?"

Commentaires

  • J'ai quitté l'école en 2011. A cette époque, nos élèves ne pouvaient pas utiliser leur GSM en classe.

  • ça ne se passe pas en classe, ni même à la récré, où ils sont interdits aussi... mais c'est en classe qu'on constate les dégâts ;-)

  • L'apprentissage de la résolution non-violente des conflits devraient être au programme de toutes les écoles...

  • on leur apprend ces techniques quand ils ont 12-13 ans, une heure est consacrée à la vie de classe, la vie en société, des choses comme ça, des techniques pour s'écouter, communiquer, que sais-je...
    malheureusement, quand il s'agit de mettre en pratique et qu'on est empoisonné par ces maudits réseaux sociaux... on réussit juste à s'invectiver

  • je leur ai fait établir ce lien mais elles ont surtout envie de démontrer combien elles ont raison et l'autre tort ;-)
    ah les procès sont vite faits, sur fb et instagram et tous ces autres endroits où on assassine en 140 caractères!

  • Je ne suis pas sûre que les ados aient attendu les réseaux sociaux pour s'envoyer des noms d'oiseaux à la tronche...
    Mais c'est sûr que rien ne va en s'arrangeant... (oups, voilà que je parle comme une vieille) ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

  • le problème c'est que bien à l'abri derrière leur smartphone, sous leur couette, ils s'envoient à vitesse grand V tellement de paroles irréparables et à tout le groupe, que ça prend vite des proportions énormes... et de plus: scripta manent!

  • agressivité et haine ont trouvé leur mode d'expression idéal, et en route pour le harcèlement

  • en effet, à 7 contre une, c'est du harcèlement, il fallait intervenir

  • Un univers de violence difficilement maitrise et aux conséquences parfois irréversibles malheureusement ! Bel après midi !

  • c'est sûr que ça laisse des traces, surtout chez la victime...
    merci et bel après-midi!

  • Quel malheureux engrenage... qui s'étend à folle vitesse et qui écorche tant de petits êtres sensibles.

  • elles ont 17 à 18 ans et se donnent beaucoup de mal à se faire du mal, si bêtement... et le reste de la classe est témoin et ne sait que faire

  • Aïe, c'est difficile ! Surtout que les victimes n'ont plus aucun répit, le smartphone les suit jour et nuit. Madame a là une mission délicate.

  • délicate, oui ;-)
    c'est à la maison que ça se passe

  • Et ça me rappelle le temps où on se faisait traiter de"racuspotte", "racusette", "rapporteuse" quand on démarrait des rumeurs/rancoeurs dece type... Maintenant o pleurniche sur scène et on donne des preuves de ce qu'on subit, même des adultes sur Facebook qui n'arrivent plus à rien gérer seuls... Il leur vaut des supporters. Et il y a toujours celui qui fonce dans le tas et dit tout le contraire, et ce sont des drames à épisodes...

  • oui même des adultes, hélas, sont souvent trop rapides de la gâchette à sms!

  • Quelle violence ! Ces nouveaux outils démultiplient les effets. J'ai souvent donné comme sujet de dissertation "La violence est l'arme de ceux à qui manquent les mots" (Kleist), ici les mots deviennent l'arme de ceux qui manquent... de coeur ?

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