• O comme Odette

    lakévio66.jpg

    Odette riait. On ne savait pas toujours pourquoi. Elle semblait heureuse alors on l'était aussi. Elle riait, et même elle minaudait. Elle prenait ses airs de petite fille candide, clignait des paupières, souriait. 

    Elle jouait avec son écharpe rose. Son chapeau rose, sa robe rose, elle ne voulait plus porter que du rose. Elle avait dû porter du noir trop longtemps, trop souvent. Elle avait bien le droit, maintenant, de porter ce qui lui plaisait. Pourquoi pas du rose, comme ses petites-filles de dix et douze ans. 

    Odette pleurait aussi, parfois. Un chagrin tout à coup l'accablait. Elle était incapable d'expliquer pourquoi. On se sentait si impuissants et malheureux pour elle. Que pouvait-on faire pour chasser les idées noires? Pour lui rendre son sourire? 

    On regardait de vieux albums. Elle tournait les pages, sans rien dire. Parfois elle regardait ailleurs. Les choses l'ennuyaient vite. Alors on allait se promener au jardin. Avec son chapeau rose et son écharpe rose. Elle marchait à petits pas.  

    Puis tout à coup elle disait: il faut vous en aller maintenant. 

    Ou d'autres fois, c'est elle qui voulait partir. Il faut que je rentre, disait-elle. Elle devenait nerveuse, fébrile. 

    Et elle répétait: Il faut que je rentre! mon papa va s'inquiéter. 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!