• Derniers

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    Derniers concerts de l'été dans ma ville 

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    Derniers moments de tranquillité sur la pelouse de la petite école d'en face 

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    Les derniers canetons ont atteint leur taille adulte 

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    Derniers vestiges d'un rang de petites maisons ouvrières,
    la faïence-support-à-savonnette... 

    automne,nature,école,chat

    et première fois que la bagnole est sous son carport cool

     

     

  • Z comme zéro ami

    Ils vous envoient une demande sans vous connaître. Vous allez vérifier leur profil: zéro ami, une seule photo d'eux, généralement dans le genre quadragénaire sportif chic, qui a tous ses cheveux et des lunettes de soleil sur le front, et là où vous acquérez la certitude que vous ne les connaissez pas, c'est quand ils prétendent habiter en Californie ou à la côte d'Azur. 

    Facebook, machine de la visagéité et de l’amitié posthumaniste, titrait un article que vous auriez bien aimé lire, malheureusement il fallait se créer un profil et celui que vous avez déjà sur fb vous suffit. On peut également l'acheter sur Cairn

    Zéro ami, c'est l'immense peine de ma carissima nipotina. Une collègue qu'elle croyait être une amie vient de la définir ainsi: quelqu'un qui peut être à la fois à 90% autiste et tout de même d'un commerce généralement agréable. Ça lui a filé un sale coup de bourdon... 

    Alors que voulez-vous? Elle se tourne vers ses chats. 

    les joies d'internet,amitié

  • Y comme Y a qu'à demander!

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    Chaque matin au petit déjeuner, Monsieur et Madame vous répètent que ces chaleurs sont exceptionnelles, du jamais vu, et que dès demain la température va baisser. 

    Chaque matin. 

    Puis vous vous dites qu'à force d'attendre au lendemain, votre semaine de vacances italiennes sera passée et que vous n'aurez pas vu les deux musées de la ville. 

    Vous décidez donc d'y aller après la pause de midi (qui dure jusqu'à 17.00 h., ici c'est déjà presque le sud tongue-out

    Surprise! la porte est fermée. Vous étiez pourtant très fière de l'avoir trouvée parce qu'elle ne correspond pas à ce qui est marqué sur le dépliant offert aux touristes par la ville. 

    Vous vous rendez donc quatre rues plus loin à l'autre musée, qui est aussi l'office de tourisme. 

    - Vous voulez voir le musée Cassioli? Mais c'est tout simple, il n'y a qu'à demander et quelqu'un vous y accompagnera. 

    Vous payez un billet combiné pour les deux musées et une dame munie d'un gros trousseau de clés retourne avec vous pour vous ouvrir et attendre patiemment que vous ayez fait votre tour des peintures exposées. 

    Heureusement, c'est vite fait, car on y voit principalement ce genre de croûtes: Cesare Maccari, Leonard de Vinci en train de peindre la Joconde  

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    Ça vous laisse donc du temps pour la promenade. 

    Vous vous dites que c'est le moment de faire le "percorso dei mulini" qui longe la rivière au nord-est de la ville. 

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    Le départ est tout à fait charmant et vous vous enfoncez avec délices dans un peu de verdure, grappillant ici et là les premières mûres. 

    Puis vous tombez sur ça: tous les sentiers d'accès sont barrés. Vous aimeriez savoir pourquoi... 

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    Là aussi, il suffisait de demander: l'explication est un peu défraîchie - elle date du 20 janvier dernier - mais on réussit encore à en déchiffrer l'essentiel: 

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    Le sentier est fermé depuis le 20 janvier parce qu'un malheureux y a trouvé la mort et que la municipalité craint que des curieux ne viennent sur les lieux (tale fatto potrebbe suscitare la curiosità della cittadinanza inducendo le persone a visitare il luogo dell' accaduto) 

  • X c'est l'inconnu

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    Où qu'il soit, Simon ne peut s'empêcher d'étudier les "signes" et ce n'est pas la préparation de sa thèse de linguistique sur les actes de langage qui y changera quelque chose: au sein de la vie sociale, tout est signe et donc significatif pour qui sait voir. 

    Ce matin, dans la salle du petit déjeuner, il a de quoi faire avec l'observation d'une dame seule dont la robe et la serviette de bain aux rayures bleues et blanches sont assorties à la nappe et au service de table. 

    Une dame que personne ne viendra rejoindre et qui pourtant laisse refroidir son œuf à la coque. 

    Qui a ouvert un nouveau paquet de cigarettes sans pourtant en avoir fumé une première. 

    Qui ne s'est même pas encore servi une tasse de café. 

    Qui a posé le Times bien en évidence sur le coin de la table, dans le sens de lecture opposé au sien, donc pour le passant. 

    Qui a ôté la serviette de son rond et l'a jetée en face d'elle. 

    Et qui, les mains jointes, ne cesse de regarder fixement au dehors. 

    Simon la prend en photo: voilà un cliché qu'il soumettra à la sagacité de ses étudiants, le semestre prochain.  

    *** 

    source de la photo et consignes chez Lakévio, que je remercie pour sa merveilleuse constance, même pendant les mois d'été cool

  • W comme wagon de train

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    La veille, l'Adrienne avait omis de lire les petites lettres: le train de 09.23 h. ne roulait que les "giorni festivi" et on était jeudi. 

    Assise sur un des bancs, elle a vu arriver l'homme pressé. Pantalon, chemise blanche, chaussures fermées, pour porter ça par 36° il faut être Italien. 

    - Encore une demi-heure d'attente, dit-il en soupirant. C'est beaucoup trop long! Autant y aller en voiture. 

    - C'est vrai que vous y serez plus vite, mais alors vous aurez le problème du parking... 

    - Oh! un parking, ça se trouve! ce n'est pas un problème! 

    C'est là qu'on se demande pourquoi il avait songé au train. 

    - Non vraiment, je ne vais pas attendre une demi-heure, j'y vais en voiture. Je vous emmène? 

    - J'ai déjà pris mon billet, dit l'Adrienne, comme si ces 3,50 € étaient un argument valable. 

    - Dommage! ça m'aurait fait de la compagnie... on aurait bavardé... 

    L'Adrienne est bien embêtée d'avoir eu une prudente grand-mère qui lui a inculqué de ne jamais suivre un monsieur, quoi qu'il offre tongue-out 

    Il tourne encore un peu en rond sur le quai, ôtant et remettant ses lunettes de soleil, regardant cette entêtée qui préfère perdre une heure au lieu de profiter de l'agrément de son auto et de sa conversation. 

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    Dans le train, l'entêtée a redit des tas de fois: "Che bellezza" 

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    à gauche, à droite, à l'aller et au retour, "che bellezza!" 

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    tout en essayant de prendre des photos tongue-out

     

  • V comme voyage

    Demain matin, un ami s'envole pour Moscou, où il montera à bord du Transsibérien: c'est un voyage qu'il rêve de faire depuis longtemps et pour s'y préparer, il a suivi plusieurs années de russe. 

    Il sera accompagné de son fils aîné. Il n'a pas réservé d'hôtels: il compte sur son éloquence et l'hospitalité des gens. 

    Et puis, il a envie de vivre sa dose d'aventures. 

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    En 2012, Sylvain Tesson a fait un même genre de voyage russe: parti de Moscou, il refait le trajet de la retraite napoléonienne après le désastre de 1812. Une sorte de célébration du bicentenaire qu'il voit comme un hommage aux soldats. On peut voir ici le reportage photo qu'en a fait Thomas Goisque, qui faisait partie du trio de voyageurs dans leur moto avec side-car. 

    Quand on lit son image de la France, on comprend mieux pourquoi il a toujours envie d'être sur la route: 

    "(...) ses régulations, des charcutiers poujadistes, des socialistes sans gêne, des géraniums en pot et des ronds-points ruraux. La France, petit paradis peuplé de gens qui se pensent en enfer, administré par des pères-la-vertu occupés à brider les habitants du parc humain (...)" 

    Sylvain Tesson, Berezina, p.25, éd. Guérin, janvier 2015 

    voyage,france,russie,lire,lecture,lecteur,littérature

    source wikipedia commons 

    Il y avait ce tableau de Edouard Bernard Swebach, exposé au musée des Beaux-Arts de Besançon. On y voyait un cuirassier assis sur la croupe de son cheval couché. L'homme avait l'air désespéré. Il regardait ses bottes. Il savait qu'il n'irait pas plus loin. Dans son dos, une colonne de malheureux traînant, à l'horizon. Mais c'était le cheval qui frappait. Il reposait sur le verglas. Il était mourant - peut-être déjà mort. Sa tête était couchée délicatement sur la neige. Son corps était une réprobation: "Pourquoi m'avez-vous conduit ici? Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n'est celle des bêtes." (...) Sur ces trois cent mille bêtes [des chevaux], deux cent mille moururent pendant les six mois de campagne. (p. 153) 

    S'il y a une innocence fauchée par la guerre, c'est bien celle des animaux (p.152)

    ***  

    source photo, info et extrait à lire ici, sur le site de la maison d'édition

  • U comme une vie

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    On aurait peur de dire à Maria que ses fleurs sont "bellissime", il faut aussitôt qu'elle vous en offre. Alice le sait, pourtant elle n'y a pas pensé quand elle s'est spontanément exclamée que ses roses étaient magnifiques. Maria lui a répondu "Aspetta!" et a sorti son sécateur de la poche de son grand tablier de jardin. 

    Alice n'a pas de vase et remplit une carafe dans sa cuisine. 

    Puis elle oublie d'y mettre les fleurs.  

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    Elle a un peu recoupé la photo qu'Ugo a prise d'elle et l'a collée dans son carnet à spirale. Elle s'observe. Comme sur la photo, elle se retient de rire. Il lui avait enroulé ses longs cheveux sous une sorte de bonnet au crochet et fait retomber une mèche sur le côté. La visière lui descendait sur l'oreille. De l'autre côté il lui avait fait mettre une grande boucle d'oreille et dans les larges mailles de ce drôle de couvre-chef, il avait encore piqué une plume orange et un oiseau de papier multicolore. Elle s'était laissé faire sans rien demander, son italien n'était pas encore assez bon pour ce genre de conversation. 

    Finalement, elle était assez contente du résultat. 

    Elle espérait que lui aussi... 

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    Un mois déjà qu'elle est installée à Rome. Le temps file! Elle se dit qu'elle ne se lassera jamais de ce pays, de ses odeurs, de ses bruits, de sa cuisine, de son soleil, de ses habitants. Elle se dit que c'est ici qu'elle aurait dû naître. Elle se dit que si on peut adopter un enfant, on devrait aussi pouvoir adopter une maman. Elle aimerait bien être la fille de Maria.

    Il faudra qu'avant six mois elle ait trouvé quelque chose de stable. Un vrai travail.

    Ce ne sera pas évident. Tant de jeunes galèrent dans ce pays, ou s'expatrient. 

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    Le lendemain, elle a sa mère au téléphone:

    - Bon anniversaire, ma chérie! Tu as bien reçu ton paquet?

    Oui, elle l'a reçu. Sa mère croit apparemment que la France lui manque et lui a envoyé le dernier Sollers, des galettes Saint-Michel, un mirliton, une petite bouteille de sirop de violettes...

    Encore un malentendu! 

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    Elle passe beaucoup d'heures dans les musées. Elle dessine, elle prend des notes. Elle ne voit pas le temps passer et n'entend même plus ce que débitent les guides... ou les visiteurs. Elle se demande quand elle trouvera son propre style. Elle ne sait pas qu'elle le possède déjà. 

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    Elle se promène beaucoup aussi. Elle explore. Elle s'installe devant une vieille maison aux volets fermés, sort son matériel d'aquarelliste. Tout en peignant, elle imagine qui y a vécu. Qui l'a construite. Qui y est né et mort. Parfois la maison n'est pas vide: un volet s'ouvre, une vieille dame sort, vient voir l'oeuvre en cours. Parfois Alice lui offre son travail. 

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    Son modèle préféré, c'est Antonio, le mari de Maria. Inutile de lui demander de ne pas bouger, il s'assoupit dès qu'il s'assied. Il peut rester des heures à contempler le bout de ses baskets. 

    Alice essaie de restituer toute la dignité de l'homme même si on devine le mal qui lui ronge le cerveau. 

    Il faudrait voir, dit Maria, comme il était bel homme! Et elle va dans leur chambre à coucher, décroche la photo de leur mariage. "Guarda!" dit-elle. On sent tout l'amour et la fierté pour cet homme qu'aujourd'hui elle doit laver et habiller comme un enfant. 

    *** 

    merci aux Plumes d'ici et d'ailleurs
    pour les consignes et photos quotidiennes 
    tout l'été! 

    celles-ci sont de la semaine du 11 au 17 juillet

  • T comme Tryst

    Tryst, ça veut dire rendez-vous. Le mot appartient à la langue familière mais le traduire par 'rancard' serait aller trop loin, puisque là on est déjà dans le langage carrément populaire, voire argotique. 

    Tryst, c'est le titre d'un livre que j'ai lu à l'adolescence. J'avais oublié le mot ainsi que le nom de l'auteur, Elswyth Thane (ce qui se comprend, je pense, vu son exotisme tongue-out) mais je me souvenais parfaitement bien de l'histoire. 

    Pourtant, je l'ai relu avec plaisir, je dirais même dévoré, en une soirée. 

    Il commence ainsi: 

    Sabrina had never picked a lock in her life, but it was done every day in books. She tiptoed along the carpeted upper passage and whisked around the corner to the second flight of stairs leading to the top floor of the house. Gripped tightly in one hand she carried her burglar tools- nail scissors with curved points, a button-hook, and some wire hairpins stolen from Aunt Effie’s dressing-table. 

    Sabrina n'avait jamais crocheté une serrure de sa vie, mais ça se faisait tous les jours dans des livres. Sur la pointe des pieds, elle suivit le tapis du couloir et tourna au coin vers la seconde volée d'escaliers qui menait à l'étage supérieur. Fermement serrés dans une main, elle tenait ses outils de cambrioleur - des ciseaux à ongles aux bouts ronds, un tire-boutons et quelques épingles à cheveux volées à la table de toilette de tante Effie. 

    (traduction de l'Adrienne) 

    traduction,lecture,souvenir,lire,lecteur

    photo et compte-rendu de lecture ici 

    *** 

    J'aimais alors - et j'aimerais encore maintenant - voir la mort comme elle est présentée dans le livre: ceux qui ont disparu ne le sont pas pour qui sait voir. Et en mourant, on retrouve ceux qu'on aime.

  • Stupeur et tremblements

    Non, se dit l'Adrienne en lisant dans le journal que le premier août, une firme américaine implante un "chip" dans la main de son personnel. 

    Non, se dit-elle, je ne veux pas vivre comme ça. Même si ça permet d'ouvrir automatiquement les portes de l'entreprise, de faire marcher l'ordi et la photocopieuse, de payer à la cafétéria... 

    Puis sa stupeur passe à la vitesse supérieure quand elle lit, en fin d'article, qu'une firme belge le fait depuis décembre dernier.  

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    source de la photo et article de décembre dernier ici 

    Le tatoueur qui les implante comme un piercing entre pouce et index prétend qu'il l'a déjà fait chez plus de 450 personnes, aussi bien des particuliers que du personnel d'entreprises, principalement pour une utilisation en domotique. 

    Les Belges étant de doux dingues, leur "chip" servira à leur donner la météo ou l'état des routes et leur permettra de se connecter à leur "playlist" sur Spotify... 

     

  • 22 rencontres (1bis)

    La première fois que Madame l'a revu après qu'il avait quitté les bancs de sa classe, il faisait du stop. Elle s'est arrêtée pour le prendre, bien sûr. 

    C'est alors qu'elle a remarqué qu'il était pieds nus. Il lui a dit de ne pas s'en inquiéter, ça avait un rapport avec le lieu d'où il venait - un camp scout - et non, il n'avait ni froid aux orteils ni mal à la plante des pieds. 

    La deuxième fois que Madame l'a revu, il a fait irruption dans son bureau des coordinatrices. Beaucoup d'années avaient passé, il s'était laissé pousser une barbe et travaillait comme éducateur. Il s'occupait d'enfants sourds et les aidait dans leur scolarisation. 

    En rentrant de vacances - Madame avait réussi l'exploit de ne presque pas penser à l'école, aux élèves ou aux anciens élèves pendant une quinzaine de jours - elle l'a revu au rayon des fruits et légumes du supermarché. 

    Devant l'étonnement de Madame quand il lui a annoncé qu'il suivait une formation de flic, il a déclaré: 

    - Je vais avoir 36 ans, tout de même! 

    Comme si ça avait un rapport avec sa nouvelle vocation... 

    prof, école, élève

    source de l'image 

    Quel dommage, se dit Madame depuis jeudi dernier, qu'un gars si doué pour l'accompagnement d'élèves en difficulté soit obligé de se chercher un autre boulot... Quelle perte pour l'enseignement, toutes ces restrictions budgétaires qui sous prétexte d'"inclusion" font entrer dans nos classes des enfants aux problématiques très diverses, sans aucun soutien approprié: que les enfants et les profs se débrouillent.

  • R comme racines

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    - Ça me fait quelque chose, me dit-elle, de passer par ici. 

    - Oui, à moi aussi! 

    Nous avions six ans et nous faisions la route ensemble quatre fois par jour. Sa maman était toujours là pour faire traverser la grand-route à ses enfants, surtout depuis qu'un garçonnet s'était fait écraser en sortant de l'école. 

    Nous étions dans la même classe et nous avons passé six ans côte à côte. Six ans d'une amitié indéfectible qui a suffi à nous faire traverser une moitié de vie, éloignées l'une de l'autre, et à nous retrouver comme si nous nous étions quittées la veille. 

    - Ça me donne des émotions, de passer par ici, me dit-elle. 

    - Bonnes ou mauvaises? 

    La question est difficile. Il y a eu des petits bonheurs et tant de grands malheurs, surtout dans sa vie à elle. 

    - En fait, dit-elle, je suis contente de repasser par ici. 

    Et moi je ne sais toujours pas pourquoi j'ai choisi de revenir vivre dans le quartier de mon enfance. 

     *** 
    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • 20 miracles de la nature (9)

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    A peine avait-elle quitté les montagnes suisses

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    qu'elle en retrouvait une dans son propre jardin! 

    *** 

    Chez nous on dit "berg" pour une montagne, qu'elle soit suisse à 2000 m ou flamande à 150 m au-dessus du niveau de la mer. 

    On dit aussi "berg" pour un tas. 

    Car il y a une petite chose à laquelle l'Adrienne n'avait pas pensé. 

    C'est que pour obtenir ceci 

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    il faut passer par cela 

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  • Question existentielle

    La question du mois est la suivante: 

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    est-ce que ça vous fait rire? 

    Murakami sa culotte à l'envers 

    Lamartine à la ferme 

    Prévert solitaire 

    Le charme Hopper 

    ... 

    Moi je me suis esclaffée dans cette pourtant très sérieuse et silencieuse librairie, à Neuchâtel 

    laughing

  • P comme pareil partout

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    Comment est-ce possible, s'insurgeait un politicien qui n'est pas mon ami, comment est-ce possible que des écoles, par manque de moyens, doivent faire appel à toutes sortes de bonnes volontés pour réaliser les travaux nécessaires l'été avant la rentrée? 

    Pourquoi, continue-t-il, trouvons-nous ce bénévolat normal quand il s'agit de l'école? Accepterions-nous la même chose pour, par exemple, les maisons de retraite ou les hôpitaux, que les familles soient invitées à venir donner un coup de main pour faire le grand ménage, repeindre, réaliser diverses réparations? 

    Non, évidemment. 

    Par hasard, la veille de la parution de l'article, j'avais photographié l'affiche ci-dessus, me disant qu'à Asciano on allait encore plus loin que dans notre école: on invite tout bonnement les parents d'élèves à s'associer aux profs pour repeindre ensemble les locaux. 

  • O comme onze

    jeu,fiction,françois bon

    (1) Depuis ses 15 ans, il connaît The Matrix par cœur. Depuis ses 15 ans, il ne s'habille plus qu'en noir, avec le manteau très long et les lunettes sombres. Malheureusement, depuis ses 20 ans une calvitie sévère l'empêche de jouer pleinement les Keanu. 

    (2) A 60 ans, elle a eu envie de faire le trajet Belgique-Compostelle à vélo. Elle s'est un peu entraînée, quelques samedis, et puis elle est partie. Personne n'ose lui demander si elle n'a pas triché et pris le train, ici et là, pour alléger le parcours. 

    (3) Ses parents l'ont appelé Christophe mais il a choisi la graphie Kristof. Toute la vie il leur reprochera ce prénom français. Malheureusement, il n'a pas pu changer son nom de famille, qui est d'origine picarde. 

    (4) Elle regrettait d'être née trop tard pour pouvoir être hippie. Ça ne l'a pas empêchée de se parfumer au patchouli, de fumer de la marijuana et d'abandonner ses études à 17 ans. Ni d'enseigner l'anglais en Inde. 

    (5) Ses trois frères font la fierté de leurs vieux parents: ils ont bien réussi dans leur entreprise de toiture, plomberie, chauffage, électricité. Ils ont des villas, des piscines, un manège. Lui seul est un gagne-petit: il a fait des études et est prof dans le secondaire. 

    (6) Depuis de nombreuses années, sur tous les billets de banque qui lui passent entre les mains, elle écrit consciencieusement au stylo bleu: "L'argent, c'est de la merde". Depuis de nombreuses années, elle espère en vain qu'un de ces billets lui reviendra en mains. Aujourd'hui, elle se demande si elle n'a pas inspiré un Brestois. https://attaque.noblogs.org/post/2017/07/31/brest-finistere-largent-cest-dla-merde/

    (7) Arrête de faire le pitre! lui disait constamment sa mère.
    Tu vas encore te faire remarquer avec tes grimaces et tes pitreries! lui sifflait-elle. 

    Après sa mort, il a trouvé un carnet où elle consignait pieusement toutes ses facéties. 

    (8) Si vous saviez, dit-elle, comme j'ai galéré! Galéré des années, des années avant de trouver ce que j'aime vraiment faire! Ça me désespérait!

    Elle vient d'avoir vingt ans. 

    (9) Après deux opérations aux genoux, ligaments, rotule, il a dû arrêter le foot. Il s'est mis au vélo: il a parcouru toute la Corse, grimpé le mythique Mont-Ventoux, passé l'hiver sur son VTT. C'est comme ça qu'un soir de neige et de boue, un camion l'a percuté.

    (10) Elle a préparé le petit déjeuner familial, les boîtes à tartines pour les enfants, rangé la maison. Elle a conduit les enfants à l'école et leur a dit à ce soir, travaillez bien. Puis elle est allée se jeter dans le canal.

    (11) Il était ambulancier. Le roi de la vitesse et de l'efficacité. Le jour où l'ambulance a dû venir pour lui, elle est arrivée trop tard. 

    *** 

    atelier d'été de François Bon - consigne 1: onze personnages en 3 phrases chacun 

    source de la photo wikipedia

  • N comme nationalités

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    - Tous ces Africains qui débarquent par milliers en Italie, dit Monsieur, c'est un vrai problème! Un grand problème! 

    Quelques-uns d'entre eux sont arrivés à Asciano. Le matin, ils vous accueillent tout sourire lorsque vous allez faire vos courses au supermercato COOP. Ils vous disent buongiorno à votre arrivée et à votre départ. Quelques gentilles vieilles dames se laissent attendrir et leur offrent une piécette en échange d'un peu d'aide pour charger le contenu du chariot dans le coffre de la voiture. Elles se disent sans doute que là-bas en Afrique ils ont une mère, une grand-mère, qui s'inquiètent pour eux. 

    Je me demande ce qu'ils font le reste de la journée. Et quelles perspectives ils ont. 

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    - Vous avez sûrement déjà remarqué nos Chinois? dit Monsieur. 

    En effet, j'avais déjà rencontré des Asiatiques, toujours entre eux par petits groupes, parlant fort une langue comprise par eux seuls. Ils ont de beaux vêtements, des sacs griffés, leur Ipod et leurs oreillettes. 

    - Ils sont ici pour apprendre l'italien, dit Monsieur. Ils suivent des cours pendant quelques mois, ensuite ils poursuivent une formation ailleurs en Italie, dans la mode par exemple. 

    J'en ai vu quatre dans le train pour Sienne. En sortant de la gare, ils n'avaient que l'esplanade à traverser pour entrer dans leur école de langue. Apparemment le cours ne commençait qu'à onze heures. 

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    Les Belges d'Asciano se filment et se photographient, boivent du vin, mangent des spécialités locales, puis un soir ont tout à coup une envie de frites, même s'il fait encore 36° à la terrasse de la trattoria

    voyage,italie,italien,belge,belgique

    Assis toute la journée jusqu'à minuit passé à leur coin de rue, les Italiens d'Asciano contemplent tout ça en donnant des commentaires.
    Ne vous méprenez pas en voyant ces bancs vides, ils sont bien là, ils ont placé leurs sièges en plastique de l'autre côté des buissons, à l'ombre. 

    Je me demande quand ils mangent ou dorment tongue-out 

  • M comme monts et merveilles

    La Suisse, ça se mérite 

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    de quelque côté que vous vouliez entrer 

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    il y a des files et des formalités 

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    et même des feux rouges le long de l'autoroute... 

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    Alors vous êtes d'autant plus content 

    d'avoir atteint le but! 

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  • L comme long et loin

     

    - Et pour retourner à Bologne, comment fait-on? demande l'Adrienne à la dame qui renouvelle les rouleaux de papier toilette pendant que tout un car de Japonaises fait la queue. 

    - Vous prenez la prochaine sortie, dans une dizaine de kilomètres, répond-elle en riant. 

    L'Adrienne aime bien faire rire les gens alors à chaque arrêt c'est le pompiste, le barista, la caissière, tous ceux à qui elle demande la route qui rigolent et qui ne peuvent que conclure qu'elle est en effet drôlement "fuori strada" cool 

    Le plus comique, c'est qu'Antoinette avait dit: 

    - Oh pour trouver le chemin du retour, tu n'auras pas besoin de carte ni de GPS! Partout il sera marqué "Gottardo! Gottardo!" 

    Et bien vous savez quoi? La première fois que l'Adrienne l'a vu mentionner, c'était à la frontière suisse. 

    Entre-temps, il y avait déjà eu de franches rigolades avec une dame des toilettes, un barista, une caissière, un pompiste et trois jeunes gens dont l'un voulait l'envoyer en Ligurie et les deux autres "toujours tout droit" tongue-out 

    voyage,italie

    première mention du Gottardo

  • K comme Krapu

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    Eva-Lena a trente-neuf ans, un mari, trois enfants, et sa vie se trouve à un point mort au moment où, par un malheureux concours de circonstances, elle se retrouve enfermée dans le cagibi de la photocopieuse, un vendredi soir. 

    Elle n'en sera "sauvée" que le lundi matin, de sorte qu'elle a eu de très nombreuses heures pour réfléchir à son passé, son présent et son avenir. 

    Voilà pour le pitch

    info et photo sur le site de l'éditeur 

    lire, lecture, lecteur, nordique

    deuxième lecture pour le challenge chez Margotte. 

    Au début, ça m'a très fort fait penser au Lièvre de Vatanen, peut-être à cause des oreilles sur la photo de couverture, ou parce que l'auteur est née en Finlande, mais il me semblait retrouver des similitudes dans la situation burlesque d'Eva-Lena et celle de Vatanen ainsi que des ressemblances de ton, d'atmosphère. 

    J'ai juste failli arrêter de lire en me rendant compte que le portrait d'Eva-Lena comme prof ressemblait un peu trop au mien: celle qui vient déjà pendant les vacances préparer sa classe, celle pour qui aucun manuel n'est assez bon et qui préfère fabriquer tout son matériel elle-même, celle qui pense tout le temps à l'école, à ses élèves, à ses cours, s'interroge tout le temps sur ses méthodes, ses évaluations, le bien-être de ses élèves. Et qui a tout le temps le nez dans ses copies, méritant ainsi les sarcasmes de son mari: pourquoi faire toutes ces heures supplémentaires sans être payée? 

    Or, je ne voulais surtout pas lui ressembler! 

    Heureusement, les ressemblances n'allaient pas plus loin tongue-out et j'ai suivi avec attention (et espoir tongue-out) l'introspection forcée de l'héroïne qui arrive aux bonnes conclusions: "J'ai fait partie des personnes les plus prétentieuses qui soient" (p.239) cherchant la perfection dans un tas de domaines - elle est par exemple un as du planning, de l'organisation, du ménage et de la traque anti-poussière - et en a oublié ce qui compte réellement.  

    "Quand je sortirai d'ici, j'aurai à nouveau le choix. D'innombrables options s'offriront à moi. 
    Maintenant, il faut que je note les choses que je ne veux pas rater à l'avenir. Et les choses dont je peux me passer." (p.256) 

    Elle ne gardera qu'un seul principe, finalement: l'amour. De soi et des autres. Le plaisir. 

  • J comme jubilé, jubilons!

    voyage,italie,musique,amitié

    C'est Antoinette qui s'en souvenait, il y a exactement 10 ans qu'on s'est rencontrées pour la première fois, à ce festival en pays siennois. 

    Nous avons donc levé notre verre à dix ans d'amitié. 

    Enfin, elle buvait de l'eau, avec son groupe elle était allée à Montepulciano où elle avait dégusté cinq vins différents pendant le repas, et elle avait l'estomac en compote. 

    Ce qu'il y a de bizarre à ce festival dans des villages toscans, c'est qu'on n'y voit et entend quasiment que des Flamands. Un ou deux francophones et presque aucun Italien. 

    On y fait donc salle comble, ou plutôt "église comble", rien qu'avec des gens venus spécialement de Belgique. 

    voyage,italie,musique,amitié

    Mais quels gens cool Que du beau monde élégant et bien coiffé, bien chaussé. Qui vient chaque année et qui porte le badge "abonné" ou "mécène" autour du cou, se connaît et se retrouve bien serré au coude à coude autour des amuse-gueule d'avant concert. 

    voyage,italie,musique,amitié

    C'est en admirant une dame particulièrement soignée, collier de perles, sac Delvaux, vertigineuses sandalettes dorées, que je me suis rendu compte que je portais la même robe qu'il y a dix ans tongue-out 

  • I comme illogique

    voyage,italie

    Antoinette est venue en voyage organisé. Elle loge avec le groupe dans un hôtel très étoilé, situé à une dizaine de kilomètres de la petite ville. La vue sur les collines siennoises est merveilleuse. Il y a une piscine et tout l'hôtel est parfaitement climatisé. 

    L'Adrienne est venue toute seule et loge comme vous savez cool. Elle n'a vue sur rien, sauf sur une porte qu'elle doit garder bien fermée et protégée du soleil. Il n'y a évidemment pas de piscine ni de climatisation. 

    Antoinette a un buffet de petit déjeuner avec œufs, fromages, charcuteries, viennoiseries toutes plus délicieuses les unes que les autres. Mais vu qu'elle a déjà des repas gastronomiques avec force vins, tous les jours, elle a l'estomac dérangé et se contente d'une pomme. 

    L'Adrienne déjeune comme vous savez. Le cake maison qui a suivi celui des trois premiers jours est jaune, en forme de couronne, et brûlé par en-dessous. Vous préférez celui-ci ou celui d'avant, a demandé la dame, et l'Adrienne a longuement hésité avant d'être capable de trancher... 

    Antoinette dès le matin tôt n'a pas de temps à perdre: se préparer, déjeuner, retrouver le groupe pour le départ en excursion avec le minibus. Elle ne rentre que très tard le soir. La nuit est tombée depuis longtemps. 

    L'Adrienne en journée reste dans sa chambre: même sans clim', il y fait plus frais que dehors. Elle sort juste un peu le matin, pour une balade, un musée, et le soir, pour un concert. Elle passe son temps à lire-au-lit. 

    Au bout de cinq jours, Antoinette n'a toujours pas eu l'occasion de profiter de la piscine.  

    voyage,italie

    Eglise de Sant'Agata, le soir. 
    Sant'Agata est la sainte patronne de la ville. 

  • H comme hôtes et hôte

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    - Je vous conseille, me dit-elle, de garder la porte-fenêtre bien fermée, à cause de la chaleur. Mais ouvrez-la cette nuit, pour avoir un peu de fraîcheur. (1) 

    Ouvrir la porte la nuit, pour la fraîcheur, je veux bien, mais les moustiques? 

    - Oh! des moustiques? il n'y en a pas la nuit! Et puis il y a ça: 

    voyage,italie

    Le lendemain, je me lève avec de grosses cocardes rouges sur les bras, les jambes et la joue: oui, les moustiques siennois dorment la nuit... avec moi tongue-out 

    - Il y a un frigo, me dit-elle, si vous voulez mettre des choses au frais... 

    Ah super, me dis-je. 

    Quand je l'ouvre, je vois qu'il est rempli de petites bouteilles. Il n'y a même pas la place d'y entreposer un œuf dur. Il y a aussi cette affichette dedans: 

    voyage,italie

    Sans doute puis-je y mettre au frais mes sous-vêtements, comme Marylin dans The Seven Year Itch 

     La chambre est au rez-de-chaussée, les hôtes logent au premier. Je les entends faire des va-et-vient, l'un fait slof slof, probablement en savates, l'autre fait kloiiing kloiiing avec une sorte de sabots. Je les entends aussi discuter, faire pipi, tirer à la chasse. 

    Alors une pompe se met en marche à côté de ma chambre. C'est pratique pour savoir qu'il est quatre heures du matin wink 

    Régulièrement, ça fait slof slof ou kloiiing kloiiing dans le couloir derrière ma porte ou dans la pièce à côté. Je finis par me demander s'il n'y a pas un œilleton pour surveiller l'hôte undecided 

    (1) Fraîcheur toute relative, au plus frais de la nuit il fait encore 24° - sur la photo il est six heures du matin et il fait encore un brin plus frais dehors que dedans tongue-out 

  • G comme GPS

    voyage, italie

    Faites demi-tour aussi vite que possible! a répété deux ou trois fois Madame GPS, alors que l'Adrienne roulait dans un tunnel. Probablement parce qu'il n'était pas encore construit quand Madame GPS est née. 

    En fait, entendre sa voix lors de ce premier trajet, vendredi dernier, tenait du miracle: elle est restée muette pendant des heures, de sorte que l'Adrienne avait déjà raté une entrée d'autoroute, à une trentaine de kilomètres de chez elle, et qu'elle s'est dirigée au pif en direction du Luxembourg.  

    Puis à force de l'éteindre et de la rallumer - à déconseiller quand on est au volant, mais que voulez-vous - elle a tout à coup déclaré: 

    Veuillez faire attention à la limitation de vitesse! 

    Jamais l'Adrienne n'a été aussi heureuse de s'entendre sermonner. 

    Bref, vendredi Madame GPS a plus ou moins fait son boulot, même si de temps en temps il faut rectifier le tir et surtout ne pas la prendre trop au sérieux. 

    Mais samedi matin, Madame GPS a refusé tout service: l'Italie? Elle ne connaissait plus ce pays. 

    Obligeant l'Adrienne à aller de Kempten à Asciano sans carte et sans G(uide) P(eu) S(ûr). 

    Une carte d'Italie, elle en a une pourtant, achetée en 2012, un bon gros volume Michelin. Malheureusement elle l'a prêté à quelqu'un. 

    voyage, italie

    photos prises à divers endroits entre Arbia et Asciano: Che bellezza! che bellezza! 

    voyage, italie

  • F comme faim

    voyage,italie

    - Le petit déjeuner entre huit et neuf heures, dit la dame. 

    L'Adrienne, qui a passé la nuit à écouter aboyer les chiens des environs, et a très peu mangé pendant les douze heures passées au volant la veille et l'avant-veille, meurt de faim dès six heures et décompte patiemment les minutes. 

    A huit heures tapantes, elle se pointe à la cuisine de ses hôtes (1) 

    - Café ou thé? ou un cappuccino? demande le monsieur. 

    Vous connaissez la réponse de l'Adrienne smile 

    - Un morceau de gâteau? demande la dame en montrant un reste de cake sous une cloche de plastique. 

    L'Adrienne hésite. Est-ce tout ce qui est prévu? 

    - Il y a aussi des biscottes, dit la dame en posant sur la table quatre de ces petits carrés sur lesquels on pourrait se casser les dents. 

    Sûrement que l'Adrienne a eu sa tête d'ahurie, car la dame a ajouté: 

    - Ou vous voulez peut-être une brioche? 

    Elle montre un emballage du supermarché dans lequel sont serrés deux ou trois croissants qui sont la honte de la boulangerie. 

    - Je crois que je vais prendre un morceau de gâteau, dit l'Adrienne. 

    La dame lui en coupe une tranche et remet le reste sous la cloche. On se rend compte en le mangeant qu'il a dû survivre aux 40° des derniers jours. 

    Quand le morceau de cake et le cappuccino ont été avalés, la dame débarrasse. 

    Et l'Adrienne est sortie de là en se demandant comment elle tiendra le coup jusqu'à midi. (2)

    voyage,italie

    photo 1: six heures du matin
    photo 2: huit heures, le soleil apparaît derrière l'arbre 

    *** 

    (1) c'est un B&B dans un appartement, la chambre était un garage, les propriétaires sont au premier étage. 

    (2) je sais ce que vous allez me dire, "Paese che vai, usanze che trovi", mais c'est quand même la première fois que c'est à ce point-là "à l'italienne", juste un café et un petit truc sucré tongue-out

  • 7 fois!

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    Oui, vous voyez bien: ceci est une petite Renault transportant deux énormes pylônes. 

    Vous trouvez ça bizarre? Vous n'êtes pas le seul: un riverain a alerté la police. 

    Celle-ci a arrêté le conducteur et fait les constats suivants: 

    1.cette façon de transporter des pylônes n'est pas réglementaire. 

    2.la voiture n'est pas assurée. 

    3.le permis de conduire du chauffeur n'est pas valable. 

    4.le chauffeur pue l'alcool. 

    5.il est déjà fiché pour divers délits.

    6.par exemple, il s'est servi à une station-service sans payer. 

    7.on vérifie la provenance des pylônes: tout porte à croire qu'ils ont été volés.

    C'est une histoire hollandaise tout à fait vraie et elle m'a beaucoup fait rire. Vous aussi, peut-être, ça vous a rappelé ce cher Fernand: 


    Fernand Raynaud "la prévention routière" sketch par marmiton93 

    source de la photo (politie Lelystad) et article ici

     

  • E comme Encore est vive la souris!

    voyage,italie

    Maintenant elle peut l'avouer: l'Adrienne a eu peur. 

    Elle sait que c'est un peu fou de vouloir faire le trajet Belgique-Italie (Sienne) avec sa vieille petite bagnole, toute seule, sans carte et avec un vieux GPS de m... (comme disait Cambronne). 

    En plus un week-end comme celui-ci, que tous les visons butés d'Europe déconseillaient fortement. Files et encombrements à gogo. 

    Et en effet, ça s'est vérifié. Par exemple il a fallu quatre heures rien que pour traverser ce petit bout d'Autriche par Innsbruck et le Brenner. 

    On comprend pourquoi tous ceux à qui on avait demandé conseil: Gottardo? ou Brennero? n'avaient su quoi dire tongue-out 

    Bref. C'était fou, long et dur, mais ça en valait la peine. 

    La dernière centaine de kilomètres, l'Adrienne s'est mise à répéter sans arrêt: Che bellezza! che bellezza! 

    Ça doit être ça, le syndrome de Stendhal tongue-out 

    voyage,italie

    12 heures séparent les deux photos: files le matin, bellezza le soir, mieux vaut ça que le contraire cool 

    Et d'un bout à l'autre, la vaillante petite Mazda!

  • D comme dernier défi

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    Il a ajusté la partie supérieure d'une roulotte de romanichels à la barge qu'il utilise le plus souvent pour aller sur la rivière. A cause de cette roulotte, il est impossible de voir ce qu'il trafique à l'intérieur, et ça intrigue beaucoup les paysans, les pêcheurs et les gens du village. On le soupçonne d'y emmener des dames, une ou même deux à la fois, pourquoi pas, et qu'on imagine très peu vêtues, puisqu'il a toujours le prétexte de sa peinture, de son art. 

    Ce en quoi on ne se trompe pas. 

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    Ce jour-là précisément Aline est à bord, vêtue cependant, de sa plus jolie robe et de son chapeau neuf. Il l'emmène déjeuner à Chatou, chez le père Fournaise avec ses amis les canotiers. Aline a tenu à emporter son chien et fait des mines que l'ami Gustave semble trouver à son goût. 

    On l'aime bien, Gustave, c'est lui qui règle la note... 

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    L'a-t-il peinte, son Aline! Aline en lectrice, assise en tailleur dans l'ombre bleue du salon, Aline au bain, soulevant légèrement sa jambe de statue, Aline au jardin, moment de farniente parmi les papillons, les mésanges et les fleurs, Aline dans le champ de blé, avec le village en arrière-plan, Aline lui faisant un baiser d'au revoir, la bouche en coeur au bout de ses jolis doigts... 

    Il se dit qu'il finira sans doute par l'épouser. Il a cinquante ans passés et leur petit Pierre bientôt cinq. 

    *** 

    Dernier défi des Plumes d'ici et d'ailleurs
    jours 18 (Claude Monet, La barque atelier, 1874), 19 (Renoir, Le déjeuner des canotiers, 1871) et 31 (logorallye avec les mots des objets présents sur la photo: lectrice, statue, mésange, bleue, tirelire, au revoir, village, tailleur, farniente)

  • C comme casque d'or

    Voisine Casque d'Or est une pimpante petite vieille dame qui fait ses courses et son ménage en souliers vernis, balaie devant sa porte en élégant tailleur rose bonbon et semble toujours sortir de chez son coiffeur. 

    Le contraste ne peut pas être plus grand avec l'Adrienne, son vieux jean noir qui s'effiloche, ses sandales plates et ce peigne qu'elle a encore oublié de se passer dans les cheveux le matin. 

    Chaque fois qu'elles se voient, elles se font le même genre de conversation, à commencer par la météo et l'état de plus en plus lamentable du trottoir et de la rue, avec la date sans cesse remise pour les travaux annoncés - aujourd'hui il est question de janvier prochain. 

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    - Mais cette chose-là, que vous avez fait mettre dans votre jardin, c'est quoi, au juste? 

    - ... ? 

    - J'en parlais avec ma voisine, elle ne savait pas non plus à quoi ça pouvait servir... 

    - Ah! vous voulez parler du carport

    Carport 2017-07 (2).JPG

    le carport, en cours de construction 

    elle m'a bien fait rire avec sa question smile 

    je lui avais pourtant annoncé ce projet, mais bon, il y a plusieurs mois déjà, elle l'aura oublié

     

     

  • B comme bonne idée!

    Chaque année, nous explique-t-on dans la vidéo, de grands et coûteux travaux sont nécessaires pour remettre "à niveau" le sable le long de notre côte belge. Surtout à cause des tempêtes hivernales, qui emportent au large des tonnes de sable. 

    On pourrait peut-être régler le problème de manière moins coûteuse et tout à fait écologique, en créant une sorte de récifs artificiels constitués de plantes marines, de coquillages et bien sûr de moules tongue-out 

    Ces récifs formeraient une sorte de filtre et empêcheraient l'érosion des plages. 

    Ce mois-ci, un projet pilote sera installé sur un bout de côte, à hauteur de La Panne. S'il est concluant, dans trois ans il sera réalisé à grande échelle. 

    mer,actualité,belge,belgique

    source de la photo (Jimmy Kets) et article ici

     

  • Adrienne à Amsterdam

    Vous le savez déjà, l'Adrienne a passé une semaine à Amsterdam. 

    Elle y a dépensé plus d'argent en musées qu'en nourriture: le billet d'entrée coûte plus cher qu'un plat du jour. 

    Un musée par jour donc, pas d'overdose, et chaque fois un endroit qui puisse intéresser également Monsieur Neveu. 

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    Découverte d'un peintre que je ne connaissais pas, le Bruxellois Colijn de Coter (né entre 1450/55 et décédé entre 1522/32), huile sur panneau, Bewening van Christus.   

    Monsieur Neveu n'a été que fort peu impressionné par les Rembrandt, Vermeer, Van Dijck, Jordaens. Par contre, en bon petit Français, il s'est extasié devant cette toile-ci tongue-out. De même qu'il trouvait nulles les sculptures dans le jardin du musée et qu'il a complètement changé d'avis quand je lui ai dit qu'elles étaient de Dubuffet. 

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    Comprenne qui pourra, au Rijksmuseum on peut photographier toutes les œuvres grandioses exposées, mais le lendemain, au musée Van Gogh, les photos sont interdites. Je le déplore. La photo ci-dessus a été prise au Rijksmuseum, c'est un "jeune" Van Gogh qui, à peine arrivé à Paris, peint la butte de Montmartre dans un style encore très classique, naturaliste. 

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    Le troisième jour, nous l'avons passé entièrement au Tropenmuseum et nous en sommes partis à regret. La riche collection permanente, les expos temporaires, tout nous a intéressés. La photo ci-dessus représente un "tablier de danse" porté par les femmes du nord de la Papouasie, autour du lac Sentani. Ces motifs peints sur les écorces d'arbre ont inspiré des artistes européens comme Henri Matisse et Joan Miró. En voici un autre exemple: 

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    Par contre, le lendemain au musée de l'Hermitage, nous nous sommes juste contentés d'y prendre un repas. Payer 17,50 € par personne et par expo nous semblait prohibitif, surtout que Monsieur Neveu ne montrait que peu d'intérêt pour le dernier des Romanov ou pour les Hollandais du 17e siècle. 

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    Que peut-on conclure en voyant cette photo d'un plat principal au café-restaurant du musée de l'Hermitage? 
    1.qu'il est normal que le billet d'entrée coûte plus cher que le plat, vu la taille du saumon et les quantités de légumes qui l'accompagnent 
    2.qu'on peut facilement passer huit jours en Hollande sans prendre un gramme 

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    Par contre, la visite des établissements du diamantaire Gassan sont gratuites (sur réservation) et dans la langue de votre choix. 

    La visite se termine évidemment par d'alléchantes vitrines devant lesquelles Monsieur Neveu a eu bien du mal à résister à l'achat d'une montre. 

    voyage,peinture,art,amsterdam

    Touchante visite - en tout cas pour l'Adrienne - de la maison où a vécu Rembrandt de 1639 à 1658. Ce coin de cuisine a rappelé des souvenirs à l'Adrienne, dont la chère grand-mère a eu le même genre de "pompsteen" avant que le grand-père ne décide qu'il était temps d'avoir une cuisine "moderne", c'est-à-dire un affreux évier en inox au lieu du vaste bac en pierre naturelle... 

     *** 

    petite note pour ceux qui ont compté jusqu'à sept: oui, il en manque deux: le musée des sciences NEMO et le petit musée archéologique Allard Pierson

    cool