• Dernière fois

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    Jeudi soir, tout en réarrangeant les cent soixante chaises à son goût, Madame s'est tout à coup fait la réflexion que c'était l'avant-dernière fois qu'elle organisait une soirée d'information pour les sixièmes/Terminales et leurs parents. 

    Un jour, ce sera la dernière fois que madame Verdurin mangera son croissant en lisant le naufrage du Lusitania, la dernière fois que ce goujat de Ronsard invitera Cassandre à l'aimer pendant qu'elle est jeune et belle, la dernière fois que Voltaire ironisera avec les Jeannot de la Jeannotière sur l'utilité du latin, de l'histoire, de la géographie... 

    Peut-être même cette dernière fois est-elle déjà arrivée, puisque Madame ne sait pas si ses derniers élèves, l'an prochain, seront des classes de cinquième/Première ou de sixième/Terminale. 

    Arrivée à ce stade-là de ses réflexions, elle s'est dit que ça valait sans doute mieux de ne pas savoir et de continuer à "cultiver son jardin", c'est-à-dire terminer de vérifier l'ordre de la salle, des chaises, du matériel audiovisuel... et des toilettes tongue-out 

    prof,école,élève,littérature

     

  • Z comme Zoé

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    Aglaé est tout à fait dans son rôle et affiche une mine de circonstance. Avec ses airs de pleureuse antique, son chignon défait, ses yeux gonflés et son nez rougi, on ne voit presque plus qu'elle et Agathe sont sœurs jumelles. 

    Agathe réussit toujours à rester belle, même avec ce masque de douleur: grands yeux mélancoliques, bouche mignonne, petit nez parfait et coiffure impeccable. 

    Comme chaque fois, c'est vers Zoé qu'elle se tourne. L'aînée a son air habituel, sérieux et responsable, le dos droit. On attend qu'elle décide. 

    Mais aujourd'hui elle ne dit rien, le regard au loin, pensive. Alors Agathe lui touche légèrement le pli du coude, pour la rappeler à la réalité: 

    - Zoé... qu'est-ce qu'on fait, pour le cadavre? 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio

    que je remercie!

  • Y comme y a qu'à

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    On s'en souviendra, l'Adrienne a été privée d'accès à son blog pendant tout un week-end. 

    Le samedi, n'y tenant plus, elle envoie un SOS à skynet pour signaler la chose. Elle ne savait pas que c'était "normal" et que skynet était "en maintenance". 

    Le mercredi, elle a reçu cette réponse: 

    "Cela peut paraître étrange, mais essayez via le bouton "Créer un blog" au lieu de My Blog pour vous connecter." 

    Alors, deux choses: 

    1.d'abord, vous qui connaissez l'Adrienne, vous savez sans dire que sûrement ce moyen-là, elle l'avait essayé aussi. Sans succès. 

    2.ensuite, n'est-il pas étrange que le personnel n'ait pas été au courant que la seule et unique cause était cette "maintenance"? 

    Voilà qui donne à réfléchir... 

    *** 

    photo de Sébastien Jacquet

     

  • X c'est l'inconnu

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    - Il y a un ingrédient mystère dans ce petit dessert, dit la gentille Delfine en apportant une assiette surprise ornée de sa bougie d'anniversaire. A vous de le trouver! 

    Alors l'Amie et l'Adrienne dégustent à la petite cuiller et trouvent le spéculoos, le chocolat, le caramel, la banane, le fromage frais... et cette petite mousse au milieu, peu sucrée, au goût de... au goût de... 

    De quoi, au fait? 

    L'Amie est une ancienne collègue, à la retraite depuis sept ans déjà. Elle voyage beaucoup. Elle a passé septembre et octobre chez elle et s'embarque pour les Philippines la semaine prochaine. 

    - Toi, dit-elle, tu sais ce que tu as fait de septembre et d'octobre. Mais moi? qu'en ai-je fait? c'est passé, c'est tout ce que je sais. 

    Et autres considérations philosophiques sur le temps qui passe. 

    - On reviendra ici, dit l'Amie.

     

     

     

     

  • Wagon de train pour Paris

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    L'Homme est d'Ostende et vient d'une famille où on appelle "poisson frais" uniquement celui qui a été pêché dans la nuit d'avant. Par les petits bateaux qui sortent en mer le soir et rentrent avec leur pêche à l'aube. 

    Tout le reste n'est pas digne de se retrouver sur leur table, c'est juste bon pour ces malheureux qui vivent à l'intérieur du pays. Ceux-là ne savent pas ce que c'est, du poisson frais. 

    L'Homme n'a fait qu'une exception: c'est quand un "restaurant de la mer" s'est ouvert à Louvain. L'Homme et l'Adrienne avaient vingt et un ans et la bourse plate, mais chaque événement se devait d'être fêté par un repas aux odeurs exclusivement maritimes, chez l'Ami Michel. 

    Si un jour vous allez à Paris, dit l'Ami Michel, il faut aller chez l'Ami Louis. C'est en son honneur que j'ai appelé mon resto l'Ami Michel. Il faut y aller pour l'ambiance et pour le foie gras. 

    Alors ils y sont allés. 

    Ils ont vu la petite salle vieillotte. Les chaises inconfortables. Les prix prohibitifs. Le personnel de salle, uniquement masculin et à leurs yeux de vingt ans, des papys. 

    Ils ont vu entrer, petit à petit, les autres clients. Ils ont vu que comparés aux belles dames en manteaux de fourrure, aux hommes apparemment célèbres et fortunés, eux deux faisaient tache. Comme le disait l'Homme à cette époque, "c'est nous qui devrions être enquêteurs Michelin ou Gault&Millau, on n'en a ni l'âge ni le look". 

    Ils ont vu avec ébahissement comment les papys en veste blanche lançaient de loin et avec une infaillible dextérité les lourds manteaux de vison sur les rayonnages placés au-dessus de la tête des dîneurs, tout le long du mur. 

    Ils ont été impressionnés par la façon dont le maître d'hôtel a quasiment choisi le menu à leur place: une assiette de foie gras pour deux, de l'agneau, des fraises des bois, alors que l'Homme et l'Adrienne prétendaient ne pas avoir envie de dessert. Vous imaginez ce que ça coûte, une coupelle de fraises des bois, dans un tel lieu parisien, en plein hiver? Surtout pour des gens qui ont des fraises des bois dans la nature près de chez eux... 

    Bref, pour ce qui est du foie gras, l'Ami Michel avait raison: l'assiette prévue à l'époque pour une personne comptait onze belles tranches, que l'Homme et l'Adrienne se sont partagées équitablement. 

    Comme c'était il y a plus de trente ans, l'Adrienne a été fort surprise de voir que l'établissement fonctionnait toujours, même si aujourd'hui la ration de foie gras pour une personne se limite à deux tranches. Tout le reste, semble-t-il, est resté pareil: clientèle huppée, prix à tomber à la renverse, visons volant vers les patères... 

    https://www.simonsays.fr/l-ami-louis-est-il-le-plus-mauvais-bistrot-au-monde-suite

    La photo ci-dessus est un détail d'une des photos de murs parisiens (Sébastien Jacquet)

     

  • V comme Véronique

    Elle marche vite en longeant le mur. Dans les deux mains serrées sur sa poitrine, elle tient un mouchoir roulé en boule et un objet de forme allongée, protégé par un sachet plastique de récupération. 

    Un des soldats l'arrête. C'est une jeune femme. Elle paraît déguisée, cet affreux casque contraste avec ses sourcils épilés, ses yeux soigneusement maquillés. A sa ceinture est accrochée une arme lourde qu'on a du mal à imaginer dans ses mains aux ongles longs et manucurés. 

    Mais ce n'est pas un déguisement et l'arme n'est pas un jouet. 

    Elle arrête la petite. C'est la routine. 

    - Et ça, c'est quoi? demande-t-elle en désignant l'objet. 

    Elle le prend. Le sort de son plastique fripé. L'examine sans états d'âme. 

    La petite garde la tête baissée. Ne jamais croiser le regard de ces gens-là. Sous le bord de son foulard, on aperçoit de longs cils de femme et un petit nez enfantin. Elle n'a pas douze ans. 

    - C'est un cadeau pour ma grand-mère, dit-elle sans regarder la femme soldat. 

    Et dans un souffle elle ajoute: 

    - C'est un cadre pour y mettre une photo. C'est moi qui l'ai fait à l'école. 

    La femme déchiffre la phrase calligraphiée qui entoure l'espace réservé à la photo: "Mon cœur est en mille morceaux

    - C'est ce que je devrais faire aussi avec ton cadre, dit-elle d'un air dégoûté. 

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    photo prise d'une photo de Véronique Vercheval 

    voir son travail 

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    texte écrit à l'atelier d'écriture - la photo était au choix, seuls étaient imposés le thème du mur et la phrase "Mon cœur est en mille morceaux"

  • U comme una giornata particolare

    Le matin tôt, être la fille sur qui on peut compter. Avoir réglé son réveil la veille, sauter du lit, faire le service de réveil au téléphone pour sa mère, se préparer, retéléphoner pour annoncer sa venue dans les cinq minutes et repréciser qu'elle se tienne prête avec la valise en bas de l'appartement, sortir la voiture... 

    Bien sûr, la mère a encore voulu faire deux trois trucs - alors qu'elle se disait "prête depuis six heures!" - et l'Adrienne garée en catastrophe - il n'y a jamais de place en bas de l'appartement, sauf celle pour handicapés - gêne la circulation. Parce que c'est évidemment à ce moment-là que le bus doit passer. 

    Enfin la mère arrive, déclare que l'Adrienne est "vraiment un sac de nerfs", parle toute la route de sa voisine d'à côté, de celle du haut et de celle du bas. Une bonne demi-heure plus tard, elle est à destination, valise, guichet, billets, train... ouf. 

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    Deuxième temps, le retour: être l'Adrienne qui ne rate pas une occasion de faire le mauvais choix à un carrefour ou comme dans ce cas-ci, dans le noir, des travaux, une circulation dense, un territoire inconnu... et hop! un petit "remake" du retour d'Italie, sans carte, sans GPS, l'Adrienne s'est dirigée au pif et a traversé chaque hameau, chaque village, cherchant vainement une indication de lieu qui la remettrait sur la piste. Heureusement, le soleil s'était levé, lui indiquant le nord-est tongue-out 

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    Troisième temps, redevenir Madame, calme, sereine, souriante, heureuse et impatiente de retrouver ses chéris. Même la perspective d'un mercredi après-midi et d'une soirée occupés à des entretiens avec des parents d'élèves, oui même ça, tout est préférable au voiturage d'une mère qui part pour deux semaines chez son fils. 

  • T comme temps

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    Dans la liste il manque le mot temps tongue-out 

    Or, "Temps perdu ne se rattrape pas"... 

    L'Adrienne le sait très bien 

    Elle a été élevée à coups de proverbes. 

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    "Chaque chose en son temps" 

    Le temps d'un casse-croûte au soleil d'octobre 

    avec quelques-uns des chéris de Madame 

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    "Il y a un temps pour tout" 

    Certainement! 

    Mais tout demande du temps 

    Et il est bien ennuyeux  

    d'être privée de clavier 

    tongue-out 

     

  • Stupeur et tremblements

    les joies d'internet

    De vendredi soir à lundi matin, l'Adrienne aurait pu brancher une guirlande électrique sur son compte skynet: il n'arrêtait pas de clignoter. 

    Oui, non, oui, non, oui, non... une fois toutes les deux secondes la tentative de connexion se terminait par un échec. 

    Et l'Adrienne, après les premiers moments de stupeur, est vite passée aux tremblements de rage, de colère, d'impuissance et d'impatience. 

    Au point qu'elle a consacré une partie de son dimanche après-midi à faire des recherches de tableaux comparatifs sur les mérites réels ou supposés de tous les fournisseurs de blogs et de sites, les gratuits ou pas, avec et sans publicité, à énorme ou faible capacité de stockage, etc. 

    C'est ainsi qu'elle a incidemment appris que si son blog clignotait comme un sapin de Noël, c'était parce que skynet était "en maintenance". 

    Ce qui est aussi frustrant que le "work in progress" qu'affichent certains sites au moment où on a besoin d'un renseignement qu'eux seuls peuvent fournir... 

    Voilà pourquoi, chers lecteurs, vous recevez des billets à n'importe quelle heure et avec un alphabet complètement en déroute tongue-out

  • 22 rencontres (3bis)

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    Madame allait traverser le parc quand elle a vu arriver un landau à deux étages, derrière lequel disparaissait presque complètement une grande jeune femme blonde. 

    - Lien! (1) s'écrie Madame, quel bonheur de te voir "en vrai" (2). Et de voir tes bébés!

    Lien est devenue il y a peu la maman de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Ils sont dans ces "landaus superposés" et dorment à poings fermés. Littéralement. 

    Madame s'extasie longuement sur la beauté des bébés et au fil de la conversation, Lien dit: 

    - Je n'aurais jamais cru que ça m'aurait fait cet effet-là, d'être maman! 

    Madame ne peut qu'acquiescer: oh oui! elle a bien changé, la tête folle d'autrefois kiss 

    *** 

    (1) prononcer Line 

    (2) "en vrai" parce que Madame a pu suivre toute la grossesse, la naissance et la croissance sur fb tongue-out 

    prof,élève

  • R comme retard

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    Il faudra, pense la petite en arrangeant ses fleurs, que je vérifie dans un dictionnaire comment on écrit 'chrysanthème'. Je suis sûre que Mademoiselle nous donnera un devoir sur la Toussaint.

    La petite aime sa nouvelle institutrice, excellente pianiste et fine pédagogue. Avec elle, toutes les petites corvées deviennent un honneur et elle les distribue de manière judicieuse et équitable.

    La petite espère que lundi ce sera son tour d'arroser le bel hortensia bleu qui orne le coin de la fenêtre. Et que l'après-midi, quand la classe ira à la piscine, personne ne tentera de lui arracher sa bouée, comme cet affreux Kevin a fait avec Anabelle, la dernière fois, pendant que Mademoiselle surveillait les derniers, ceux qui essaient d'entrer dans l'eau sans passer par la douche. C'est vrai qu'elle est un peu fraîche et que tout le monde y passe en courant, la petite aussi.

    Au fait, pourquoi Kevin s'en prend-il toujours à Anabelle, qui a une tête de plus que lui? Mordant son bras, tirant ses cheveux ou sa jupe, essayant d'ouvrir la porte quand elle est aux toilettes...

    Elle décide que dès le lendemain elle sera très gentille avec Anabelle, pour qui ça doit être fort pénible d'être toujours sur ses gardes quand Kevin est dans les parages.

    Tout comme les fleurs peuvent éclairer une pièce, une petite élève peut éclairer une classe.

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie! 

    Jeu des Papous N°2

    A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les huit mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte.

    dictionnaire - pianiste - hortensia - bouée - affreux - mordant - pénible - éclairer

    Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes.

  • 20 miracles de la nature (11)

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    Prenez d'abord un tunnel, de préférence très long et même formant un coude, de sorte que vous ne voyiez pas la lumière au bout. 

    Puis installez-y des lampes à néon que vous allumerez le matin et éteindrez le soir. 

    Après il vous suffit d'attendre une petite infiltration d'eau, et c'est le miracle de la nature: 

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    Sous les pavés la plage? 

    Sous les néons les fougères tongue-out 

    *** 

    photos prises en octobre 2017 sur un ravel entre la Belgique et l'Allemagne

     

  • Lequel vous conseilleriez?

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    Les gentilles dames de la bibliothèque ont de la chance: le samedi d'octobre où elles organisent leur "verwendag" (1) il fait toujours beau cool 

    C'est toujours un grand plaisir d'aller les saluer, de boire un café et de papoter autour du thème du jour. 

    Cette année, on demandait de noter sur une carte postale quel livre on conseillerait et pourquoi. Tâche ardue d'en choisir un... parmi tous ceux qu'on a aimés! 

    Les gentilles dames pour leur part avaient affiché leur TOP 10 en livres, musique et films.  

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    - Ça me fait drôlement plaisir, a dit Madame à Sophie, que tu aies mis le Petit Prince dans ton top 10! 

    Sophie a ri: 

    - C'est le premier livre que j'ai lu en français, dit-elle. 

    Oui, c'était un beau samedi! 

    *** 

    (1) verwendag veut dire la journée des gâteries (du verbe verwennen, gâter, chouchouter) 

    photo 1: un des chênes du parking de l'école, samedi matin 14 octobre, vers 08.45 h., face au soleil 

    photo 2: le choix de Sophie, la meilleure des gâteries qu'on puisse faire à Madame cool

  • P comme père

    Nous étions attablés chez Michel Bras, à Laguiole. Je dis bien Michel: c'était vers 1990. 

    Mon père était heureux de pouvoir nous offrir ce repas d'exception et d'avoir autour de lui toute sa petite famille: une table de six personnes, trois couples. 

    L'endroit était merveilleux, la cuisine excellente. 

    Pendant une promenade en fin d'après-midi, lui qui ne se confiait jamais, qui n'osait jamais formuler de vœux ni évoquer ses rêves, il me dit: 

    - Mon rêve, ce serait de revenir ici tous les six, pour tout un week-end... 

    Alors en septembre dernier, quand j'ai lu que le fils de Michel Bras renonce à ses étoiles Michelin, ça m'est revenu en mémoire. 

    Mon père n'a jamais pu réaliser ce rêve. 

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    la photo du père et du fils, sur leur site

     

  • O comme or

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    Il faudra que les Suisses trouvent rapidement une solution, sinon l'actualité va donner tort à Monsieur B&B (1) 

    De quoi s'agit-il? Des eaux usées suisses: elles contiennent chaque année pour 3 millions de FS (ou 2,6 millions d'euro) d'or et d'argent. Ou si ça vous parle plus: 43 kilos d'or et 3 tonnes d'argent. 

    Il y a des endroits, dit l'article, où la concentration dans les boues d'épuration est si élevée que ça vaudrait la peine de les recycler pour récupérer cet or. 

    Pour ceux que ça intéresse, tout ça est bel et bien confirmé par les Suisses eux-mêmes: voyez ici

     *** 

    (1) qui m'a entretenue, pendant plus d'une heure, dès qu'il a su que ma prochaine destination était la Suisse, de toutes les rancœurs qu'il a mis une vie à accumuler contre ce pays... 

    *** 

    source article et photo ici

  • N comme notaire

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    Arrêtée au passage piétonnier devant le feu rouge, elle voit qu'elle a un message de sa mère: 

    je te donne mon emploi du temps aujourd'hui visite à ghislaine en bus demain matin coiffeuse samedi matin banque alimentaire au delhaize après midi chez denise et dimanche katty si tu veux me voir avant mon départ il faudra prendre rendez-vous comme chez le notaire 

    La seule différence entre sa mère et le notaire, se dit-elle en déchiffrant, c'est que lui met des points et des virgules quand il écrit... 

    ***  

    tableau et consignes chez Lakévio
    que je remercie!

  • M comme montagne

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    source photo BELGAIMAGE et article ici 

    Il s'éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n'a pas de douche ni d'eau chaude, son "ermitage" est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

    Mais il est heureux. 

    J'en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d'ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l'expérience dès le printemps prochain. 

    Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s'éclairer avec des lampes LED, douche. 

    "Ma prière ne sera pas meilleure", argumente-t-il, "si je vis comme il y a 350 ans." Je trouve l'argumentation intéressante tongue-out

    Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu'il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

  • L comme Livre des Baltimore

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    La canicule italienne a eu pour effet, en août dernier, que je n'ai eu aucun scrupule à passer mon temps "enfermée à lire un livre" (1) 

    J'avais emporté une dizaine de gros pavés, parmi lesquels Le livre des Baltimore. J'avais tellement aimé La vérité sur l'Affaire Harry Quebert que j'avais envie de lire d'autres œuvres de Joël Dicker. 

    On retrouve le même narrateur, Marcus Goldman. On retrouve donc aussi les Etats-Unis et sa société à la fois hypocrite et violente (2). Les deux livres sont découpés en flash-back et maintiennent un fort suspense jusqu'à la fin: enquête policière pour l'affaire Quebert, enquête sur le passé familial des Baltimore. 

    J'ai beaucoup aimé ces deux livres et ce n'est certes pas parce que l'auteur est "beau gosse" (3) vu qu'aucun des deux livres n'a mis sa photo en quatrième de couverture. 

    Je ne savais donc ni qu'il était jeune ni qu'il était suisse tongue-out Je savais juste qu'il a le talent d'écrire, de décrire finement divers milieux et de maintenir ses lecteurs en haleine, page après page.  

     *** 

    (1) quoi? rouler tous ces kilomètres pour faire ce qu'on peut faire chez soi? 

    (2) violences policières, violences dans les rapports humains en général, et en même temps un puritanisme qui fait nier ces violences...  

    (3) comme le lui reproche Télérama

    *** 

    source de la photo et lecture des premières pages ici

  • K comme Kristof

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    Un autre grand classique de tout atelier d'écriture: s'inspirer du Grand cahier d'Agota Kristof pour rédiger un texte d'où on ôte soigneusement tout ce qui ressemble à de l'affect, tout ce qui est expression d'un jugement, d'une appréciation, d'un sentiment. Des critiques du Grand cahier sont à lire ici.

    *** 

    Il marche face au vent qui s'engouffre sous son duffle-coat devenu beaucoup trop large. Il ne sait pas combien de temps il tiendra le coup. Arrivera-t-il jusqu'à la brasserie pour s'y réchauffer le cœur et le corps d'une gaufre et d'un café noir? Ou devrait-il faire demi-tour et rentrer chez lui? 

    Ces promenades sur la plage ne sont plus pour lui. Il devrait se rendre à l'évidence et ne plus sortir de chez lui sans son déambulateur. 

    *** 

    L'incipit était imposé (il marche face au vent). 

    D'autres avaient pioché "Le parc était désert", "Cette femme est un monstre d'égoïsme", "Un cri retentit dans la chaleur du matin", "Assise au milieu du bruit incessant" etc.

  • J comme japonaiseries

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    Je me demande si la notoriété de dame Sei Shonagon aurait atteint un tel retentissement sans les ateliers d'écriture. 

    Pas un, qu'il soit virtuel ou en présence réelle, qui ne fasse appel à ses Notes de chevet... 

    Vous savez bien, ces:

    • Choses désolantes
    • Choses dont on néglige souvent la fin
    • Choses que l'on méprise
    • Choses détestables
    • Choses qui font battre le cœur
    • Choses qui font naître un doux souvenir du passé
    • Choses qui égayent le cœur
    • Choses peu rassurantes
    • Choses que l'on ne peut comparer
    • Choses rares
    • Choses qu'il ne valait pas la peine de faire
    • Choses dont on n'a aucun regret
    • Choses qui paraissent agréables
    • Choses qui semblent éveiller la mélancolie
    • Choses splendides
    • Choses qui ont une grâce raffinée
    • Choses gênantes
    • Choses qui frappent de stupeur
    • Choses pénibles
    • Choses qui sont loin du terme
    • Choses qui perdent à être peintes
    • Choses qui gagnent à être peintes
    • Choses qui émeuvent profondément
    • Choses qui paraissent pitoyables
    • Choses qui donnent une impression de chaleur
    • Choses qui font honte
    • Choses sans valeur
    • Choses embarrassantes
    • Choses qui emplissent l'âme de tristesse
    • Choses qui distraient dans les moments d'ennui
    • Choses qui ne sont bonnes à rien
    • Choses qui sont les plus belles du monde
    • Choses effrayantes
    • Choses qui semblent pures
    • Choses qui paraissent malpropres
    • Choses qui semblent vulgaires
    • Choses qui remplissent d'angoisse
    • Choses ravissantes
    • Choses sans retenue
    • Choses dont le nom est effrayant

    etc, etc. 

    Bref, mardi soir on n'y a pas échappé. 

    sei shonagon.jpg

    *** 

    les deux illustrations représentent dame Sei Shonagon et sont du domaine public
    source wikipédia 

    *** 

    Choses qu'il ne valait pas la peine de faire 

    repasser un pantalon en lin 

    se priver de chocolat sous prétexte que c'est le carême et qu'on veut se prouver qu'on est capable de faire pénitence 

    cultiver un potager à côté d'une prairie d'où les vaches affamées s'échappent régulièrement 

    donner 100 € pour un GPS qui ne sait pas où se trouve l'Italie 

  • I comme inspiration chez...

    Si vous donnez à l'Adrienne cet incipit à continuer:

    "Je n'ai peur de rien, sauf...

    Que croyez-vous qu'elle écrive? 

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    abrarac.jpg

    source des images ici 
    (mais on les trouve aussi ailleurs tongue-out)

    *** 

    Malheureusement, dans l'histoire il fallait utiliser une orange, un cintre ou une horloge cassée. 

    Tant pis, s'est dit l'Adrienne, je reste avec mes amis les Gaulois... 

    *** 

    Parce que franchement, vous avez envie, vous, de dévoiler vos vraies peurs? 

     

  • H comme heure

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    Ce soir l'Adrienne retourne en pays wallon pour y assister une deuxième fois à un atelier d'écriture. 

    Il y a quinze jours, chacun devait piocher une question dans le sachet qui faisait le tour de la table: "De quoi tu as peur?", "Qu'est-ce que tu attends?", "A quoi tu penses?", "Qu'est-ce qu'il y a?"... et avait trois minutes pour y répondre. 

    Pour l'Adrienne, c'était "Quelle heure est-il?" 

    C'est une question que je me pose rarement parce que je vis sans montre. La question que je me pose plutôt, c'est: quelle heure serait-il? J'aime deviner et vérifier que mon "horloge interne" fonctionne bien. Il y a toujours un clocher d'église, une enseigne de pharmacien, un fronton de gare ou tout autre moyen de le savoir. Alors on est puérilement content d'avoir visé juste. 

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    Sauf parfois la nuit, quand on n'a pas envie d'ouvrir les yeux et qu'on se demande: Quelle heure serait-il? qu'on soulève péniblement les paupières pour vérifier le réveil et qu'on aimerait s'être trompé. 

    ***

    photo 1: été 2017, une montre suisse cool 

    photo 2: mai 2017, une canicule belge (et la tour de la gare de Gand)

     

  • G comme geitenwollensokken

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    Geitenwollensokken (1) c'est le mot par lequel on désigne - pour les dénigrer ou s'en moquer - ces gens qui ont été jeunes à l'époque du flower power et qui en ont gardé quelque chose d'écolo et de non conformiste. Même quand on les désigne par "wereldverbeteraars" (2) c'est aussi à connotation négative. 

    La petite chorale où l'Adrienne pousse la chansonnette, une fois par mois, se compose presque exclusivement de "geitenwollensokken". 

    Ils sont retraités pour la plupart et s'habillent comme à l'époque où ils étaient étudiants. Les T-shirts "save the planet" ou "save the Arctic" ont succédé aux "Atoomenergie? nee, bedankt!" (3) ou "Geen kernraketten!" (4) causes pour lesquelles beau-frère et belle-sœur numéro 4 sont si souvent descendus dans la rue, un peu partout dans le pays, fin des années 70. 

    Aussi l'Adrienne ne s'y sent-elle pas dépaysée, avec son vieux jean élimé et ses sandales en simili-plastique tongue-out

     ***

    (1) ceux-qui-portent-des chaussettes-en-poil-de-chèvre 

    (2) ceux-qui-veulent-rendre-ce-monde-meilleur 

    (3) énergie atomique? non merci!

    (4) pas de missiles nucléaires

    *** 

    on peut cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand 
    source ici 

    La blogueuse hollandaise définit trois types de 'geitenwollensokken', le militant, toujours donneur de leçons, toujours sur les barricades, et qui se fâche facilement; le suiveur, qui ne sait pas trop pourquoi il est là et qui est toujours d'accord avec tout le monde; le gentil idéaliste, qui marche au consensus et à la bonne humeur, et qui apporte des idées ou des solutions pratiques.

  • F comme fête

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    Il paraît que le 5 octobre, c'est la fête des profs. Ou plutôt World Teachers' Day

    Cette année, le magazine flamand Klasse incite les profs à afficher leur bonheur d'enseignant via leur photo de profil sur fb. 

    Aussi, dès l'avant-veille du Jour J a-t-on pu voir fleurir de plus en plus de "Ik geef blij les" (1) 

    Madame n'a pas suivi le mouvement.
    Parce qu'elle n'aime pas ce qui est grégaire.
    Qu'elle pense qu'il n'est pas nécessaire de le prétendre mais de le vivre.
    Et que son grand-père avait le plus grand mépris pour tous ceux qui affichaient leurs opinions sur leur bagnole.(2) 

    Que ce soit leur amour des chiens ou des chats, de la chasse ou de la pêche, des déclarations nationalistes ou d'ordre intime. 

    ***

    (1) "Ik geef blij les" joue sur un double sens, j'enseigne dans la joie et je suis content(e) d'enseigner 

    (2) fb n'existait pas et on n'ose imaginer ce que le grand-père en aurait pensé, lui qui trouvait ces auto-collants déjà tout à fait inconvenants tongue-out

  • Reviens vite, ils sont 7!

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    On peut être propriétaire d'une maison de vacances en pleine nature et avoir envie parfois de se promener au lieu d'attendre le client. Surtout si celui-ci n'a pas su dire s'il arrivait à quatorze heures ou en soirée. 

    En pleine forêt, le téléphone de l'ami émet sa chansonnette incongrue. C'est le vigilant voisin qui l'appelle. 

    - Reviens vite! il y a sept types sur ton parking. Des types un peu louches... basanés! 

    Alors il rentre le plus vite qu'il peut, courant presque. Sept types? Il en attendait deux. Basanés, ça le fait rigoler: ce sont des Portugais. Donc oui, plus petits et plus sombres que le germano-belge moyen du coin. 

    Sur le parking de sa maison de vacances, des types attendent en fumant. Un seul parle un peu de français. Il revient d'un chantier en Suède, est en Belgique pour un autre travail qui prendra une quinzaine de jours, et ainsi de suite. Ses collègues et lui seront logés deux à deux dans diverses locations. 

    Et le vigilant voisin? Il devait être tellement ému qu'il a mal compté: ils étaient huit tongue-out

     

  • E comme Eupen

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    C'est long, le train jusqu'à Eupen. Surtout si le livre est lu, le casse-croûte avalé, la nuit tombée. On ne peut même plus admirer le paysage. 

    Le jeune homme à côté de l'Adrienne lit Tiens ferme ta couronne pendant que son ami, assis en face, feuillette le Guide bleu Belgique et en lit des passages à haute voix. On comprend qu'ils ont visité Bruges mais on ne voit pas l'intérêt de cette lecture après coup: pour chacune des "curiosités" recommandées, ils se demandent s'ils l'ont vue ou pas... 

    Ils descendent à Liège en emportant soigneusement tous les restes de leur repas, deux pommes, deux poires, du pain bio, un bloc de fromage de Bruges. 

    Eupen. Terminus. Depuis Verviers, il ne reste plus qu'un groupe d'hommes dans le wagon. Ils se quittent en se donnant de viriles accolades accompagnées de fortes tapes dans le dos. 

    Le rituel est amusant à voir mais on se dit qu'il faut être de construction solide, quand on a des amis germano-belges tongue-out

  • D comme détournements de dentelles

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    La dentelle aux fuseaux, si vous croyiez comme moi que ça servait surtout à faire de jolies fraises et de mignons mouchoirs, 

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    des voiles de mariées et des robes de baptême, 

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    vous vous trompiez... et moi aussi tongue-out

  • C comme champignons

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    L'ami-qui-l'a-vue-naître n'est pas un adepte du champignon. Sur l'autoroute, il roule tranquillement sur la bande de droite: par principe, il ne va jamais au-delà du 110 à l'heure. 

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    Par principe aussi, il se maintient à 65 quand on peut faire du 70 et à 45 quand la limitation est à 50 km/h. Aussi peut-on aisément imaginer que le chauffeur derrière lui ait des envies de meurtre. L'Adrienne en tout cas en aurait. Lui, ça le fait rigoler, et il baisse encore la vitesse dès que quelqu'un "lui colle au cul". 

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    On annonce des travaux ou un virage? L'ami relève déjà le pied (et le type derrière bouffe son volant) 

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    - On va aller jusqu'à Clervaux, dit-il, on y trouvera bien un restaurant. 

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    Mais comme avec lui le temps passe plus vite que les kilomètres, il change d'avis à mi-chemin: 

    - On ira plutôt à Troisvierges, fait-il. 

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    On traverse deux fois le patelin sans découvrir le moindre endroit où se restaurer (l'Adrienne avait déjà faim à onze heures, comme d'hab tongue-out

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    - On trouvera bien quelque chose en route, dit-il. 

    Les deux restaurants rencontrés "en route" affichent COMPLET, et ça étonne l'ami que tant de gens aient des envies de resto le dimanche midi tongue-out 

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    - On va aller du côté allemand, dit-il, c'est plus rural, on y trouvera sûrement quelque chose. 

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    C'est ainsi qu'en une heure et à l'allure pépère, l'Adrienne a visité trois pays cool 

    *** 

    toutes les photos de champignons ont été prises le premier octobre 
    sur un tout petit tronçon du GR
    entre Saint-Vith et la frontière allemande

  • B comme brumes matinales

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    Quand on se lève, la lune veille et le cheval dort. 

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    Le talus, la prairie, tout est bleu au petit matin. 

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    La photographe a dérangé le sommeil du petit cheval. 

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    Puis le soleil s'est levé derrière un rideau de brume 

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    et l'attirance des arbres et des sentiers est devenue de plus en plus forte 

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    l'automne a commencé à mettre des couleurs 

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    le temps s'est éclairci 

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    et l'Adrienne a vu des arbres 

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    autant qu'elle en voulait cool 

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    C'était bien. 

    C'était allokataplictique tongue-out

     

     

  • A comme allokataplixis

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    Ça a débuté comme ça. Hector Vanderheiden, coiffé de sa casquette neuve et chaussé des souliers de cuir réservés aux grandes occasions, la moustache peignée et retaillée, un mouchoir propre en poche, s'était rendu dans la capitale à l'invitation d'un notaire. 

    Chez qui il n'est jamais arrivé. 

    Mais ça, la famille ne l'a su que quand il était trop tard. 

    Hector Vanderheiden, les mains derrière le dos, a pris tout son temps pour flâner. Il était largement en avance pour le rendez-vous et en a profité pour admirer les étalages. Il y avait là des choses inouïes, des choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence et qui le faisaient tomber d'émerveillement en émerveillement. 

    C'est ainsi qu'il s'est retrouvé, sans qu'il ait bien compris comment la chose s'était faite, sur les moelleux fauteuils de la Maison Polant. Où sa naïveté lui a valu un traitement de faveur. C'est bien normal. 

    C'est bien normal aussi que son cœur ait lâché. 

    Bien normal que son fils et sa belle-fille n'aient pas jugé utile de faire des frais pour le rapatriement du corps.  

    En fait, madame Polant, déléguée par la famille, avait seule suivi le corbillard. 

    *** 

    Allokataplixis, le mot vient d'être inventé par un professeur américain pour désigner l'émerveillement, la fascination du touriste devant ce qui est différent de chez lui (donc une notion fort différente du syndrome de Stendhal) - merci à Lakévio pour le tableau, l'incipit et l'expicit imposés!