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Demain les cours reprennent. Or, il manque encore 755 profs. Pour la Flandre uniquement. 

En septembre dernier, les inscriptions pour les formations d'enseignants ont encore chuté. 

Vivement que les robots nous remplacent pour que mes deux jeunes collègues puissent faire leur bébé à l'aise et nous quitter quelque temps sans culpabiliser tongue-out

Commentaires

  • Quelle est la raison de ce manque de profs? Un métier peu convoité? Un manque de budget?

  • je vois souvent des parents d'élèves essayer de dissuader leur fils (parfois leur fille) de s'engager dans cette voie, donc pour moi c'est la plus belle preuve que les gens, tout en se moquant de nos nombreuses vacances, savent très bien qu'on peut faire une plus belle carrière pour le même investissement dans les études ;-)

  • je vous crois, c'est mondial ;-)

  • Tout problème a une solution sans acheter de coûteux robots : que les flamands (et les autres) fassent moins d'enfants, que les élèves aient moins d'heures de cours, que les classes soient plus nombreuses ... et surtout qu'on fasse (enfin) travailler davantage ces enseignants fainéants !
    PS : je viens de postuler pour un poste de haut fonctionnaire au ministère de l'Educ Nat ;-)

  • tout ce que vous dites est en pleine réalisation et sera encore accéléré ;-)

  • C'est une situation tragique... Ca va faire un écart -un grand écart - épouvantable. Ceux qui apprennent vite et bien, qui auront de bons profs, auront le succès (mérité), mais ceux qui par exemple seront en difficultés provisoires pour telle ou telle situation familiale seront abandonnés, ainsi que ceux qui sont à la traine pour certaines matières. Enfin... je n'apprends rien à personne. Mais je me demande : à qui profite le crime?

  • le crime profite à deux catégories de personnes: aux profs qui se recyclent en "coaching" ou répétiteurs privés et les enfants dont les parents ont les moyens de se les payer.
    Ainsi sera réalisée la belle injustice sociale dont rêvait déjà mon plus vieil ancien élève, un fils de "patron" qui trouvait que les "fils d'ouvriers" n'avaient pas leur place à l'université... sinon, argumentait-il, qui voudra encore devenir ouvrier?

  • Nicole a plein de bonnes idées ;) A chaque fois que je demande aux élèves s'il y en a qui veulent devenir profs, ils répondent parfois : ah non, alors, je pourrais pas supporter les élèves ;)

  • oui exactement!!! ils me répondent "ah non! jamais! les élèves sont trop embêtants"

  • et puis quand il y en a un qui a la vocation prof, ses parents s'efforcent de la détruire en disant: "mais non, tu ne vas quand même pas faire prof! tu pourrais faire BEAUCOUP MIEUX que ça!"

  • C'est dramatique...
    Tant que les décisions seront prises par des gens qui mettent leurs enfants dans de riches écoles privées...Rien ne changera.
    Il y en a qui n'ont rien. Il y en a qui ont vraiment trop.
    ¸¸.•*¨*• ☆

  • nous n'avons pas de ces écoles privées (les dites "libres" sont également subventionnées par l'Etat) mais certaines réussissent tout de même, en partie par leur localisation, leur réputation et quelques stratagèmes à avoir un public mieux nanti

  • Il faudrait composer "Le Blues de la rentrée des classes" !
    France Gall l'a interprété côté élèves. Ca s'appelle "Sacré Charlemagne" .

    Côté profs, qui s'y colle ? ;-)

  • je n'ai pas le blues de la rentrée, je suis mal placée pour composer ce genre de chanson (mais quand j'aurai pris ma retraite je l'aurai peut-être, qui sait ;-))

  • Euh, courageusement, chaque fois que j'ai perdu un emploi dans le privé, je retournais donner cours. Les problèmes étaient toujours les mêmes à Bruxelles, désignations en professionnelle (3ème P) ou en Cefa (je n'osais même pas y aller tant j'avais peur, ma mère me donnait un porto pour que j'aie le courage de partir), pas de préparation, pas beaucoup d'accueil, prise des élèves au pied levé, parfois, alors que j'avais les mains vides - j'improvisais totalement. Un ami de mon fils, traducteur, s'est lancé, lui ... Comme prof de néerlandais je pense. Ce n'est pas vraiment un cadeau à Bruxelles. Donc, on manque de profs, en langues vivantes, en math, on en manquait à Bruxelles, mais vraiment, je ne me vois plus le faire.
    Déjà en 1990 et quelque, entre deux écoles de la Ville de Bruxelles, le P.O. envoyait un intérimaire dans une école cotée, et pas dans la petite école de quartier où les classes étaient divisées. J'ai donc fini par mettre mon fils dans une école cotée, mais pas aussi snob qu'on le prétendait, enfin, je ne l'ai pas trouvé.
    Peut-être faudrait-il remasculiniser la profession ? Je ne sais pas si les hommes réussissent mieux au niveau discipline... C'est un peu là que le bât blesse. Quand on débute comme intérimaire. Et on débute longtemps, avant d'être nommée.

    Je me souviens avoir dû jouer des pieds et des mains (je donnais cours à des adultes) pour ne pas abandonner ce poste-là pour aller dans un athénée bruxellois qui n'avait pas bonne réputation. La proviseure faisait vraiment pression, limite menaces, pour que j'y aille ............. Je préférais mourir je crois...

  • si on veut "remasculiniser" la profession, il n'y a qu'un moyen, c'est une hausse des salaires...
    j'ai vu de nombreux collègues masculins quitter la profession, à commencer par l'HDMV, et gagner le double dans le privé (plus voiture de fonction, essence gratuite et tout le toutim... )

  • Bonne reprise demain. Je le souhaite aussi à tous les lecteurs et les lectrices profs.

  • merci Pivoine! je me réjouis de revoir mes élèves et mes "zorgenkindjes", vraiment :-)

  • Pas très réjouissant tout ça.
    J'ai un ami prof qui était déçu que son fils ainé choisisse la même voie.
    C'est dire si on ne va pas vers le beau !
    :p

  • voilà, voir ma réponse à Pivoine sur la "masculinisation" du métier: il n'y a pas de secret, la solution est étonnamment simple!

  • Ah le monde de Blade Runner, il semble moins flippant que l'idée de robots nous remplaçant.

  • je commence à m'y faire , j'essaie de m'y préparer mentalement (dans les "maisons de repos" nous aurons aussi les robots soignants hahaha)

  • Pour avoir travaillé avec des collègues femmes et hommes, je m'insurge contre l'idée que ceux-ci auraient forcément plus d'autorité et d'efficacité que celles-là. C'est faux. Il faut surtout des profs aux compétences indiscutables et engagés dans le métier, et des directions d'écoles exigeantes sur la qualité du travail, le niveau à atteindre.
    Ce qui met, entre autres, la profession en péril, c'est d'une part le manque de revalorisation salariale pour attirer davantage de "bons éléments" (comme c'était le cas jusqu'à ce qu'on commence à "défaire" l'école dans les années 80-90) ; d'autre part les réformes successives qui sapent et la liberté pédagogique des enseignants et leur autorité (recours en tous genres) et leur créativité (mettez-vous dans le moule et vous aurez la paix).
    Bon, je m'arrête. Madame sait de quoi je parle.

  • tu as entièrement raison (je n'avais pas voulu débattre de ce sujet mais c'est aussi mon expérience)
    cependant c'est une idée qui reste répandue...
    comme jeune futur prof, la première école où je me suis présentée m'a refusée "parce que les femmes ont plus de problèmes avec la discipline"
    j'en ai été outrée!!!
    depuis les dizaines d'années que j'enseigne et que je vois défiler des collègues, je sais très bien que ça n'a RIEN à voir avec le sexe...
    et pour tout le reste aussi, tu as entièrement raison :-)
    entièrement!

  • je continue à adorer mon métier et à aimer (énormément) mes élèves, tous mes élèves

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