D comme désuétude

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Ses vastes connaissances tenaient à une passion qui occupait tous ses loisirs. Célibataire, Åke Leander habitait un petit appartement à Kungsholmen d'où il communiquait avec ses innombrables amis, qui formaient ensemble un réseau mondial de radioamateurs enthousiastes. [...] Une légende remontant à un passé lointain voulait que le Premier ministre de l'époque ait eu besoin de connaître, pour on ne sait quelle raison, l'état de la météo au mois d'octobre et de novembre sur Pitcairn Island - cette île du Pacifique où les marins du Bounty s'étaient mutinés contre le capitaine Bligh avant de mettre le feu au navire et de rester là pour toujours. Åke Leander avait pu communiquer l'information au Premier ministre dès le lendemain. 

Henning Mankell, L'homme inquiet, Seuil policiers, 2010, Prologue (p.10) 

Comme il est loin de nous, déjà, le temps où on avait besoin des postes CB de nos radioamateurs pour avoir ce genre de renseignement. 

Comme il est loin de nous aussi le temps où "dès le lendemain" était jugé le summum de la rapidité... 

*** 

pour passer de branché à ringard,
le chemin devient de plus en plus court... 

photo ci-dessus prise à Ostende en janvier 2018 

une oeuvre de l'expo The Raft/Het Vlot

Commentaires

  • Il y a toujours des radioamateurs
    Les nôtres ont même un site https://www.uba.be/fr/acceuil

  • oui je sais qu'ils existent toujours, quand je parle de désuétude, c'est quand il s'agit d'avoir recours à eux pour savoir quel temps il fait sur Pitcairn et d'être heureux d'avoir déjà une réponse le lendemain ;-)

  • Ne vous tracassez pas. Votre texte n'est pas comme l’œuvre de Hans van Houwelingen. J'avais compris. ;-)

  • en voyant ces deux fossiles accrochés au dos du confessionnal, je me suis dit: que font ici ces trompes d'éléphant?
    ce n'est qu'en lisant l'explication du site que j'ai compris ;-) (j'ai mis le lien)

  • Les Grandes oreilles m'ont fait penser au confessionnal ... cela allait bien avec désuétude.
    Bonne semaine.

  • merci Nicole! j'ai choisi la photo aussi pour sa valeur de "confessionnal" parce que je pense que le hobby "CB" est un peu comme les réseaux sociaux d'aujourd'hui, on s'y dévoile ;-)

  • La question posée à l'Eglise vaut pour nombre d'institutions et pour chacun de nous, elle n'est nullement désuète ;-)

  • l'illustration est là pour l'aspect historique (des objets et des institutions et des coutumes naissent, évoluent et tombent en désuétude) et pour l'aspect 'confessionnal' (j'ai en ce moment un ancien élève en cure de désintoxication qui me prend pour son confesseur, heureusement c'est en """"mode privé""")

  • Je te copie, Adrienne des Flandres. Je te copie.
    Je me souviens que la connexion se faisait comme ça.
    Souvenir d'un cousin passionné de CB.

  • ah oui il y avait des passionnés, qui avaient tout leur attirail dans leur bagnole :-)

  • En 1960, la CB avait permis à ma mère d'avoir des nouvelles de mon père resté au Congo.

  • il y aurait sûrement une belle et touchante liste d'anecdotes à rassembler sur ce sujet!
    merci Mme Chapeau!

  • à une telle vitesse que même mes grands gamins de 18 ans trouvent que "ça va trop vite" et qu'il "faudrait que ça s'arrête" (ils m'ont bien fait rire ce jour-là :-))

  • On est d'autant plus sensibles à ce billet qu'on est allés au restaurant à Nantes samedi. Maintenant chez les branchés il n'y a plus personne pour prendre votre commande, c'est vous qui l'inscrivez sur une tablette !
    Bientôt il y aura un robot qui mangera à notre place.
    Il ne nous restera plus qu'à payer l'addition et on aura l'air de vrais idiots en sortant du restau !

  • faudra même plus passer à la caisse, ce sera débité de ton compte sans intervention humaine :-)
    Νη καλημέρα, νη ώρα καλή, ni bonjour ni bonsoir (comme chez Nerval et Cat Stevens ;-))

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