K comme kot

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C'est ici, dit la carissima nipotina, au numéro 14, que j'ai été en kot pendant toute la durée de mes éudes... 

Des années heureuses, pleines de souvenirs qu'elle chérit et aime raconter, elle qui prétend n'avoir aucune mémoire. 

Il y avait un toit plat à l'arrière, dit-elle, et la propriétaire nous interdisait d'y aller, parce qu'on l'abîmait et après il y avait des infiltrations d'eau... 

Mais bien sûr, on s'y installait quand même, avec tables et chaises, et on y organisait des fêtes... 

L'Adrienne se dit "pauvre kotmadam" mais se tait sagement, pendant que la nipotina, emportée par son récit, continue en riant: 

Alors notre kotmadam a condamné la fenêtre qui donnait accès au toit, elle y a fait clouer des planches, mais tu penses bien, avec un kot plein d'étudiants ingénieurs en bâtiment, combien de temps ces planches y sont restées! On a tout arraché vite fait et les fêtes sur le toit ont continué. 

Elle soupire de bonheur en l'évoquant. 

Les fêtes qu'on organisait à notre kot étaient célèbres dans toute la ville... 

L'Adrienne l'imagine aisément. 

Je me demande bien, conclut la nipotina après un instant de réflexion, pourquoi depuis lors ce kot est à l'abandon... 

La kotmadam, se dit l'Adrienne, a dû en avaler les clés de dépit et de découragement.

 

 

 

 

Commentaires

  • Parfois, devenu·e adulte, on a comprend le point de vue de l'autre et on regrette certains de ses méfaits.
    ;-)

  • dans ce cas, je crains que ma nipotina ne le devienne jamais ;-)

  • n'est-ce pas! et vide, à l'abandon de puis des années...
    tout ce quartier de l'hippodrome est plein de jolies maisons de la Belle-Epoque

  • Se taire lorsque l'autre est incapable d'entendre, Adrienne est fort sage. Heureusement pour nous ses lecteurs, elle nous met sur La Voie ;-)

  • je connais ma nipotina depuis ses trois ou quatre ans, ça aide à la comprendre ;-)

  • c'est toujours mieux que de réécrire l'histoire ;-)

  • De temps en temps, par les plus belles journées d'été, moi qui vis à hauteur des toits, j'aperçois soudain des adeptes du bronzage qui sont sortis par la fenêtre pour s'installer sur l'une ou l'autre toiture plate des environs - l'appel irrésistible du soleil. Tables et chaises, non, une serviette de bain, un livre, un verre...

  • j'ai aussi un toit plat dont je pourrais faire un jardin zen, s'il n'était exposé à tous les regards (et seulement accessible après acrobatie par-dessus un mur et un radiateur ;-))

  • " toit plat dont je pourrais faire un jardin zen" votre carissima nipotina saurait sûrement comment y grimper et l'aménager... les beaux souvenirs donnent des ailes.

  • c'est un projet qui me tente mais qui coûterait un peu trop cher ;-)

  • Je viens de découvrir le Kot, pour moi je dis Toit-terrasse mais maintenant je dirai KOT

  • Je crains que vous ne confondiez : le mot "kot" désigne en Belgique un logement étudiant, lequel était dans le cas présent assorti d'un toit plat

  • c'est ça :-)
    et la "kotmadam" est la dame qui loue des "kot" aux étudiants

  • elle n'est ni occupée, ni à vendre ni à louer

  • S'il y avait des musicien-ne-s il s-elles faisaient le boeuf sur le toit ?
    https://youtu.be/uf24HMfNxuA
    Y avait-il la Vénus de Milhaud dans la bande ?

    Promis, après cette dernière mauvaise vanne, je vais me coucher !

  • il y avait sûrement des musiciens, la nipotina a longtemps été la pianiste d'un groupe ;-)

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