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  • O comme oubli

    Quand elle est arrivée à la Gare du Nord, elle a rapidement dépassé la foule. Voyageuse sans bagages, elle s’est dirigée d’un bon pas vers les portillons du métro. Heureusement, il lui restait un ticket de son précédent voyage à Paris, elle n’aurait pas à faire la queue aux guichets ni devant une borne qui en fin d’opération signale qu’elle n’est pas en mesure de fournir le billet commandé.

    Un trajet en bus aurait été plus agréable que la foule compacte, les couloirs venteux et l’ambiance surchauffée de la ligne 4 du métro mais il fallait qu’elle soit à l’heure à Montparnasse. A huit heures cinquante, elle avait un train pour Granville. Trois heures de trajet, largement le temps de finir le Maupassant qu’elle avait emporté pour l’occasion. Toujours sa manie de vouloir lire « in situ » des lectures appropriées à sa destination… Elle avait fini de relire Les Diaboliques entre Bruxelles et Paris, sous prétexte que Barbey d’Aurevilly était né dans la Manche. Elle avait laissé le volume sur la banquette du train, dans l’espoir de lui offrir une seconde vie.

    A Granville, il était juste midi. Elle avait le temps de manger un sandwich au jambon cru et de s’offrir un café avec une dernière douceur avant le départ du bus. Il était blanc, décoré de boules vertes et bleues et portait l’inscription Manéo. Ma… Manche ? et ? o… océan ?

    A Granville, c’est le Maupassant qu’elle a laissé sur le petit banc de l’abribus. Elle était prête, elle n’avait plus besoin de lecture. Elle a fermé les yeux pour mieux respirer l’air du large. Il faisait frais et humide, c’était normal, en cette saison.

    Pour la modique somme de deux euro vingt, elle allait pouvoir admirer la mer pendant une quarantaine de minutes : la ligne 4 va jusqu’à Avranches en longeant la côte. Il n’y avait presque personne en ce lundi midi de sorte qu’elle pouvait contempler le paysage en toute tranquillité: Saint-Pair-sur-Mer, Jullouville, Carolles, Champeaux, chaque nom de lieu lui faisait venir un léger sourire aux lèvres.

    Après Champeaux, c’était tout de suite Saint-Jean-le-Thomas. Le bus s’était arrêté devant un hôtel-restaurant. Comme elle s’y attendait, elle ne reconnaissait rien dans ce village. C’était sans importance. Elle n’était pas venue pour remuer des souvenirs. Elle était venue pour la mer, avec ses marées basses qui laissent découvertes de longues distances de sable et ses marées hautes qui vous surprennent d’un coup, vous obligeant à retrouver la côte à la nage, ou qui vous engloutissent inexorablement.

    Comme l’été de ses huit ans. Elle se promenait avec le petit frère à la main et la mer montante les avait surpris. Elle en a eu des cauchemars pendant des années, elle se revoyait tirer l’enfant vers la plage où leur mère lisait tranquillement un magazine. Jamais elle n’avait su qu’elle avait failli perdre son fils chéri.

    Seul le père avait été inquiet, ne les voyant plus :

    - Où étiez-vous tout ce temps ? avait-il demandé.
    - Là-bas…

    Elle avait fait un geste vers la baie et le Mont.

    - On a été loin ! a dit le petit frère, dont elle tenait toujours solidement la main, alors que tout danger était écarté.
    - A l’avenir, vous resterez toujours là où on vous voit, c’est compris ?

    Elle avait bien senti à son ton et à sa voix qu’il s’était fait du souci. Il avait peur de l’eau et ne savait pas nager, qu’aurait-il pu faire, sur cette plage déserte ?

    Bien sûr, elle avait promis de ne plus jamais s’éloigner et cette promesse n’avait pas été difficile à tenir. Elle avait eu trop peur pour le petit frère, qui n’avait que trois ans et ne savait pas encore nager.

    Tout ça était bien loin, à présent, et elle n’avait plus de promesse à tenir pour personne. Elle poussa la porte du bar Chez Marcel et s’installa pour un dernier café en feuilletant une ultime fois le calendrier des marées. Il s’agissait de ne pas se tromper.

    Elle paya sa consommation et se rendit aux toilettes, où elle fit disparaître dans les profondeurs des poubelles à clapet le peu de choses qu’elle avait encore sur elle, son portefeuille, ses papiers d’identité.

     

    Puis elle se dirigea vers la plage Saint-Michel. La marée était effectivement au plus bas et le flux promettait d’être sans pardon.

    fiction,père

    image du site de la commune
    http://www.saintjeanlethomas.com/Les-pecheries-prehistoriques-de-Saint-Jean-le-Thomas_a55.html

  • Question existentielle aoûtienne

    c’est quoi exactement, AOUT,  pour vous ?

     https://ecritoire2012.wordpress.com/2013/08/02/ecrire-en-aout-sur-aout/

    Quand août commence, on n’est qu’à la moitié des congés scolaires, mais on a l’impression que déjà ils se terminent. Dans les magasins et les publicités toutes boîtes, les soldes de juillet ont laissé la place aux cahiers neufs, aux classeurs colorés et à toutes ces fournitures qu’il faut apparemment renouveler chaque année si on veut que les enfants réussissent à l’école.

    La saison avance et les jours raccourcissent. Les chants d’oiseaux qui nous réveillaient à cinq heures vingt en juillet débutent une bonne demi-heure plus tard dès que le mois d’août s’annonce. Fini aussi de profiter des derniers rayons à dix heures du soir. On rallume les lampes, les torches ou les bougies… et on se fait dévorer par les moustiques de plus en plus nombreux.

    Dans les champs, les moissons se terminent. Ce qui faisait dire à ma grand-mère, pour qui le verre était toujours à moitié vide, « de kouter is geschoren, de winter is geboren », ce qu’on pourrait traduire par « champs moissonnés, l’hiver est né ». Chaque fois nous hurlions pour la contredire : ‘Mais non ! on n’est qu’en août, tout de même ! Il est encore loin, l’hiver !’ Aujourd’hui, c’est nous qui proférons ces paroles.

    Nombreux sont ceux qui, dans le but de prolonger au maximum la sensation de vacances, organisent encore une escapade le plus tard possible dans la saison. De préférence juste avant de rentrer dans l’automne et la nouvelle année scolaire. Durant toute notre enfance, nous terminions l’été par un petit séjour à la côté belge. C’était un temps béni auquel nous aspirions tout le reste de l’année.

    Nous en avons encore la nostalgie, mon frère et moi… Trois semaines de camping en Ardèche en juillet, c’est formidable, mais le 15 août à Westende ! ah ! c’est incomparable ! Même le goût du pain de chez Vandenbussche nous revient en mémoire quand nous évoquons cette trêve bénie dans le cours un peu monotone des jours.

    Après Westende, nous étions prêts. Prêts à affronter les dix mois qui nous séparaient des prochaines grandes vacances. Avec un peu de chance, nous trouverions encore quelques grains de sable, des semaines plus tard, dans le repli d’une poche. Que nous prendrions bien soin d’y laisser à l’abri des lessivages, le plus longtemps possible.

    Nous n'avions pas besoin, nous, de fournitures scolaires neuves chaque année. Nous avions nos coquillages, nos fleurs en papier crépon et nos grains de sable.

     mer,écritoire,souvenir d'enfance,belgique


  • Première participation chez Asphodèle

     Espace

    Au Petit-Château, chacun apportait son passé et ses rêves d’avenir. Seul le présent était intolérable de non-vécu : après l’immensité de la steppe russe d’où venait Tamerlan, l’étendue des mers et des océans traversés par Xian, la majestueuse nature africaine d’Atuahene, il y avait de quoi souffrir de claustrophobie à rester enfermés jour et nuit entre ces murs, derrière ces fenêtres et leurs invisibles barreaux.  

    Après l’euphorie des premiers temps – enfin l’Europe ! enfin la sécurité ! – les candidats réfugiés retombaient très vite dans une atmosphère d’attente infinie.

    Évidemment, il leur arrivait de s’éclipser un moment de la morosité de leur quotidien et de s’offrir quelques instants de liberté : ils en avaient un besoin vital, sous peine de s’enfoncer dans la dépression ou la folie.

    Ainsi, Atuahene fit profiter Muanza d’une balade en voiture : il avait un ami installé à Tongres qui vint les prendre en début d’après-midi pour une petite virée à la côte belge. Comme on était en janvier, le soir tombait déjà vers les quatre heures. Assis sur le sable froid, Muanza écoutait la vaste respiration de la mer en regardant s’allumer les premières étoiles. Il aurait voulu que Rosemonde, là-bas, puisse voir les mêmes, et se demandait si elle pensait à lui en cet instant.

     fiction,désir d'histoires,mer

    A côté de lui, Atuahene et son ami discutaient en twi. Le ton montait, les gestes se faisaient plus vifs. Muanza ne comprenait rien à la discussion; il espérait juste qu’Atuahene aurait l’intelligence de ne pas fâcher un homme qui devait encore les ramener au Petit-Château dans sa bagnole. Il chercha comment faire diversion…

    - Atuahene ! cria-t-il dans leur direction. Regarde !

    Il s’était levé et tendait le bras vers le ciel :

    - Regarde ! à ton avis, c’est une fusée ou une étoile filante ?

    Et dans l’immensité du cosmos, quelque part dans notre galaxie, sur ce minuscule grain de poussière qu’est notre terre, il y avait ce soir-là trois hommes noirs debout sur du sable blanc, qui scrutaient le ciel en formulant un vœu silencieux.

    fiction,désir d'histoires,mer
    les deux photos de la plage ont été prises un soir de l'hiver 2013

    ***

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    écrit pour http://leslecturesdasphodele.wordpress.com/

    les mots imposés étaient
    liberté,  fusée, nature, étoile, respiration, steppe, vital, étendue, océan, voiture, majestueux, claustrophobie, galaxie, infini, atmosphère, cosmos, euphorie, évidemment, éclipser.

  • O comme onze vues

    Je l'ai déjà dit, pendant mes promenades dans les montagnes autour de Malaga, chaque paysage, chaque sous-bois, chaque arbre me semblait si beau qu'il fallait que je le prenne en photo.

    Alors pour ceux qui aiment ça, voici onze vues:

    1.ici et là, une oliveraie dans la montagne

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    2.les "palmitos" sont la "mauvaise herbe" du coin

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    3.le terrain de jeu des chasseurs

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    4.j'ai toujours l'impression qu'on construit partout

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    5.parfois il n'y a plus de sentier et il faut escalader des rochers

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    6.une brume entoure la montagne à six heures du soir

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    7.le chemin des chasseurs

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    8.mais que la montagne est belle (bis... ou ter? Langue tirée)

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    9.le terrain de jeu des jeunes

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    10.mais que la montagne est belle! (quater, comique de répétition ou radotage? Cool)

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    11.et quand on est du bon côté, on peut voir Malaga et la mer...

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  • J comme j'aime j'aime la mer

    Trois photos pour faire plaisir à tous les amoureux de la mer Cool

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    C'était à Mijas (Costa del Sol) le premier janvier 2012

    voyage,espagne,mer,amitié

    une rue espagnole, une reine des Belges et une pizzeria italienne avec un nom anglais:
    cherchez la couleur locale Langue tirée

  • L comme Longue Liste

    C'était dimanche soir et j'avais du vague à l'âme. Pourtant, j'avais quasiment terminé toute ma longue Liste-de-choses-à-faire-le-week-end, toutes ces choses qui s'accumulent pendant la semaine ou qu'on n'a le temps de faire que le samedi et le dimanche.

    Ce qui fait que samedi, au lieu d'aller me promener sous le beau soleil dans la ville en fête - oui, il y avait fête dans la ville où j'enseigne et il faisait très chaud - j'ai ramassé et décortiqué une caisse de noisettes, travaillé au potager, tondu la pelouse, corrigé des devoirs.

    Dimanche, au lieu d'aller visiter quelque monument à la Journée du Patrimoine, j'ai fait du pain, scié des bûches, rentré du bois, passé la boue de la bagnole au k*rch*r, nettoyé la maison, fait des vaisselles, corrigé un autre paquet de devoirs.

    Et bien vous savez quoi? Le soir, au lieu de me laisser tomber dans le divan avec un bon roman et la satisfaction du devoir accompli, je me suis mise à écrire ce billet: j'avais "la saudade". Comme Célestine!

    http://celestinetroussecotte.blogspot.com/2011/09/sensations.html

    Je reprends donc son excellente définition: "Un mélange étrange de mélancolie, de tristesse, de rêverie et d'insatisfaction non définie."

    ***

    Et le week-end prochain? Je ne fais rien. Je vais à la mer Cool

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  • Dernière promenade à Ostende

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    Ce n'est pas parce que le temps est gris à l'intérieur du pays qu'il l'est aussi à la côte.
    Comme le répétait souvent ma belle-mère: à Ostende, il ne pleut jamais! les nuages sont emportés par le vent et la pluie tombe un peu plus loin Clin d'œil
    Malheureusement, son message n'est pas parvenu aux foules, qui étaient donc restées dans un Bruxelles sans doute fort gris en cette belle journée ostendaise ensoleillée...

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    La température de l'eau était identique à celle de l'air: on a donc moins froid dans l'eau qu'en dehors de l'eau (tous les Ostendais vous le diront)

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    les jolies dunes de Bredene

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    ah! j'aime la mer Cool

  • Liste de 20 plaisirs de l'été

    L'idée vient de chez Captaine Lili, mais chez moi bien sûr ce sera alphabétique, je ne connais toujours pas de meilleure façon de classer les choses Clin d'œil

    http://captainelili.blogs.psychologies.com/vivre_avec_et_croire_enco/2011/06/plaisirs-d%C3%A9t%C3%A9.html

    Le bilan du 20 aura donc la forme d'une Liste des plaisirs de l'été. Aujourd'hui la première partie, suite et fin le 20 août:

    A comme achat compulsif d'une robe rouge, achat occasionné par l'ambiance du lieu, le beau temps, l'absence de stress... ou qui sait quoi encore?

    B comme baignade à 7.30 h

    C comme concerts et conférences

    D comme découverte d'un ailleurs

    E comme escapade, évasion du quotidien

    F comme fruits de l'été, melon, pastèque, pêche, abricot, framboise...

    G comme glaces et gelati: nocciola, tiramisù et fior di latte à la gelateria Astra, via Rossini

    H comme hôtel, lieu privilégié d'observation (voir à O)

    I comme Italie, bien sûr, même si j'y vais parfois en d'autres saisons

    J comme jeux interdits: sourire à des inconnus, mouiller sa robe en marchant dans la mer, lire jusqu'à "se fatiguer les yeux"

    bilan, voyage, Italie, Pesaro, amitié

    la plage à 7.30 h.

  • M comme mer

    Dès que nous étions installés dans l'avion, le pilote nous a accueillis en nous prévenant gentiment que nous aurions un choc en arrivant à Charleroi: il y ferait 22 degrés de moins!

    Nous avions en effet des jours caniculaires en Italie, ils appelaient ça avec leur emphase habituelle "un caldo africano", et précisément en Belgique à notre arrivée il faisait la journée la plus froide de juillet depuis des années.

    Alors dès le lendemain de mon retour, en regardant les photos prises sur l'Adriatique, j'ai de nouveau eu une envie de mer Cool

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    avec les jolis bleus

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    la transparence de l'eau

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    et la plage pour moi seule

    ***

    à condition bien sûr de ne pas regarder de l'autre côté Langue tirée

    voyage, Italie, Pesaro, mer

  • V comme Viens voir la mer...

     Viens voir la mer…

    - Viens, petit. Viens voir la mer. Tu sais, la mer, je t’ai raconté, tu te souviens ? Avec le sable et la plage et de l’eau jusqu’au bout de l’horizon ? Et l’odeur… et le bruit… et l’écume des vagues ?

    Tiens, petit, regarde, tu la vois, la mer, là-bas, au loin ?

    Attends, je vais te mettre sur mes épaules, tu verras mieux. Là-bas, tu vois ?

    - Tu y es déjà allé, toi, papa, jusque là-bas ?

    - Moi non, petit, mais demande à Papy, tu verras, il te racontera des histoires que son grand-père lui racontait, comment il s’était baigné dans la mer et qu’il jouait au ballon avec ses copains sur la plage. Demande-lui, tu verras.

    - Et là, papa, sur la pancarte, c’est quoi ?

    - Ah ! là…

    Il est marqué : « Danger !! mines !! »

    Tu vois, c’est pour ça qu’il y a du barbelé partout, tu comprends ?

    Allez, viens, on rentre à la maison…

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    écrit pour le défi 154

     


  • P comme plie et P comme Pacific

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    C'est dans un hôtel-pension-de-famille d'Ostende (mais je précise qu'il ne s'agit pas de celui-ci, seul le nom m'y a fait repenser) que l'ex-homme-de-ma-vie a travaillé pour la première fois l'été de ses 16 ans.

    Il y a tout appris, faire les lits, manier l'aspirateur, servir et desservir à table en tenant des assiettes en équilibre sur la main et l'avant-bras et quantité de verres entre les doigts.

    Il y a aussi appris que certaines catégories de touristes sont méprisées.

    Depuis, je me méfie des pensions de famille... et pourtant, pour la première fois de ma vie, en juillet je prendrai une semaine de vacances dans une véritable pension de famille. A la mer.

    Mais ce sera en Italie Cool

  • O comme Ostende

    A Ostende, le week-end du 9-10 avril, le jardin japonais était ouvert au public. Et gratuit. Sans doute parce que les floraisons n'étaient pas encore à leur top - le sous-bois est planté essentiellement de hostas qui ne faisaient que poindre - mais la visite en valait tout de même la peine.

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    A l'intérieur du jardin japonais, il y a une deuxième "enceinte" qui enferme un second jardin japonais avec cascade, plan d'eau, arbustes taillés, prunus en fleurs...

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    il faisait bon prendre le soleil sur un banc avec vue sur la "Villa royale"

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    Aujourd'hui la Villa royale est un centre de revalidation pour des personnes souffrant d'un cancer http://www.koninklijkevilla.be/

    Et puis juste à côté, bien sûr, il y a la mer... où il y avait ce matin-là les deux premiers baigneurs! D'accord, il faisait un temps magnifique, mais tout de même...

    ostende

     

     

     

     

  • T comme thalassa! thalassa!

    L'amour de la mer, l'excitation au moment de la (re)voir, le bonheur de l'entendre et de la sentir, tout ça me fait crier "Thalassa! thalassa!" comme Xenophon et ses soldats en vue de la mer Noire.

    Cet hiver, je l'ai vue de loin, la mer, mais tout de même avec un grand plaisir

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    Elle est retrouvée.
    Quoi ? - L’Eternité.
    C’est la mer allée
    Avec le soleil.

    Arthur Rimbaud, L'Eternité, première strophe (Derniers vers)

     

  • M comme mer

    Le Bosphore, la Corne d'Or, ce n'est sans doute pas la mer, mais pour moi ça me fait le même effet: ça m'attire irrésistiblement - même le matin où je voulais prendre un autre chemin et aller vers les parcs, je me suis retrouvée descendant vers le Bosphore... et quand je m'en suis rendue compte, je n'ai pas viré de cap - et je regarde cette étendue d'eau avec l'oeil de Colomb rêvant de s'embarquer pour les Indes...

    En tout cas, c'est ainsi que je l'imagine, l'oeil de Colomb.

    Alors, voilà pour terminer en beauté quelques vues aquatiques. Je crois bien qu'après ça, j'aurai épuisé à peu près tout mon stock de 48 photos prises à Istanbul en 48 heures. 

    En commençant par celle où j'ai rejoué Xénophon: Thalassa! thalassa! comme chaque fois que je revois la mer:

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    partout de très nombreux pêcheurs

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    au loin, un pont... mais je n'ai pas eu le temps de le traverser pour aller en Asie

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    c'est cette dernière qui m'a le plus fait rêver

  • Premiers instants à la mer et Premier homme

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    Comme vous pouvez le voir, cette année j'ai dû attendre jusqu'au 18 juillet pour jouir de mes premiers instants à la mer. Je venais directement de Bruxelles et il était l'heure de passer à table. Voici donc, "immortalisés" (hahaha) mon verre de spumante, la ciabatta, le petit bol d'huile d'olive, mes lunettes de soleil et ma lecture du jour, Albert Camus, Le premier homme.
     
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    édition Folio n° 3320, février 2010
    D'autres infos sur l'année 2010, cinquantenaire de la mort d'Albert Camus, http://www.folio-lesite.fr/Folio/actualite.action?idActu=456, avec des liens vers des extraits video et audio autour de la remise du prix Nobel ou d'autres interviews de l'auteur.

  • A comme Adrienne

    Une des raisons pour lesquelles je n'étais jamais allée à La Panne, c'est que ma grand-mère Adrienne ne connaissait que Knokke, qui se situe exactement à l'extrémité opposée de notre petit bout de côte. Knokke-le-Zoute et Albert-Plage, non point par snobisme, mais c'était tout simplement la station balnéaire la plus proche. Et pour elle, la plus jolie, avec ses petites maisons de style anglo-normand: pas besoin d'aller voir ailleurs, il ne pouvait en être autrement.

    Il n'y avait pas encore de vilains blocs d'appartements et il y avait le Zwin où on pouvait encore se promener librement et même cueillir quelques brins de 'zwinneblomme' pour se souvenir pendant le reste de l'année de notre séjour estival.

    Et il y avait le café "Au Roi Chevalier" pour mon grand-père et les bonnes gaufres de Moeder Siska pour ma grand-mère.

    zwinneblomme

    Zwinneblomme (limonium vulgare)

  • Premier mars, premier jour à La Panne

    En ce dimanche premier mars, je suis pour la première fois de ma relativement longue vie à La Panne!

    Pourquoi est-ce si incroyable?

    D'abord, parce que notre côte belge est si petite, qu'on l'a vite vue en entier.

    Surtout si on a déjà eu cinquante ans pour le faire.

    Ensuite, parce que chaque Belge, même le plus déshérité, est allé à la côte: en train, à vélo, en voyage scolaire, avec le mouvement de jeunesse, en bande avec les copains, en famille avec le pique-nique...

    Enfin, parce que La Panne, c'est aussi le parc d'attractions que "tout le monde" a vu et les plus belles dunes du pays.

    En ce dimanche premier mars, j'y suis pour ma première promenade dans les dunes...

    lapanne

  • V comme vide

    Stéphane Mallarmé, Brise marine

    La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
    Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
    D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
    Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
    Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
    Sur le vide papier que la blancheur défend,
    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
    Lève l’ancre pour une exotique nature !
    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
    Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
    Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
    Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

  • bilan de fin de vacances

    En ce 20 du mois, jour des bilans, (j'aspire au jour où je ne saurai même plus pourquoi j'ai choisi la date du 20 pour faire mes petits bilans...) il me reste tout juste assez d'euros pour aller encore passer un jour ou deux à la côte belge.

    Ce qui est, finalement, ma destination préférée Rigolant

    Comme disait Fernand Raynaud, vous pouvez pas savoir ce que c'est, vous, à Paris...

     

  • M comme mer

    A la mer

    "Comme on va à la cour, à la côte, à la montagne, à la pêche, à la poste, à la cuisine, à la foire, à l'armée, au lit, à l'assaut, à l'aveuglette, à l'abattoir, à la guerre, à la Mecque, à la messe, à la morgue, à la mort, à la police, à la queue leu leu, le Belge, n'ayant pas le choix et sûr qu'elle est vraiment la sienne, éprouve un tel sentiment d'accord avec les vagues, les marées, les brise-lames, le sable, les dunes et la digue, qu'il se réjouit d'aller, le plus souvent en famille, A LA MER car en Belgique il n'y en a qu'une (...)"

    Patrick Roegiers, Le mal du pays, autobiographie de la Belgique, éd. du Seuil, coll. Points, 2005, p.21

    roegiers

  • M comme mer

    Verhaeren

    (…)
    Dites pourrais-je un jour,

    En ce port calme, au fond d'un bourg,

    Quoique dispos et clair,

    Me passer d'elle ? La mer ! la mer !  Elle est le rêve et le frisson Dont j'ai senti vivre mon front. Elle est l'orgueil qui fit ma tête Comme de fer, dans la tempête. Ma peau, mes mains et mes cheveux Sentent la mer Et sa couleur est dans mes yeux ; Et c'est la houle et le jusant Qui sont le rythme de mon sang !


    Émile Verhaeren,

    "Au bord du quai", dans Les Villes tentaculaires